Le jardin anglais de Vita Sackville-West: les secrets de Sissinghurst
Tony Lord
Éditions Albin Michel
168 pages
Résumé:
Par son anticonformisme, la romancière et poétesse anglaise Vita Sackville-West (1892-1962) défraya la chronique. Cette aristocrate, qui forma avec Harold Nicolson un couple hors norme, vécut l'amour en toute liberté. De sa liaison avec Virginia Woolf, est né, dit-on, le personnage d'Orlando. Pourtant, en contrepoint de cette vie fougueuse, Vita sut goûter en esthète le charme et la tranquillité de la nature. Ainsi nous a-t-elle laissé, outre ses œuvres littéraires, le jardin de Sissinghurst où, comme dans ses amours, " l'excès se marie à un calme subtil ". En déambulant à travers les " pièces à ciel ouvert " de ce lieu qui reste aujourd'hui encore un des joyaux du paysagisme anglais, le visiteur passe de l'intimité du jardin de cottage à la profusion de la roseraie, de l'éclat printanier qui illumine l'allée des Tilleuls à l'élégance éblouissante du jardin blanc. La variété et l'originalité des associations végétales, le choix minutieux des couleurs font de ce paradis des fleurs une source exceptionnelle d'inspiration. Les amateurs pourront puiser des idées dans cet ouvrage pour donner à leur jardin privé le charme inégalable d'un jardin anglais.
Mon commentaire:
L'écrivain Vita Sackville-West et son mari Harold Nicolson achètent Sissinghurst en 1930. Ce sont des ruines, construites au Moyen-Âge, et il y a beaucoup à faire pour les rendre habitables. C'est de la folie, mais Vita et Harold ont le coup de foudre pour cet endroit, qu'ils finissent par acquérir. Sissinghurst devient habitable en 1932 et la famille s'y installe.
Dès l'enfance, Vita s'intéresse aux jardins. À Sissinghurst, c'est un véritable travail en couple que de concevoir ce jardin. Harold et Vita ne sont pas toujours d'accord, Vita tempère bien souvent le caractère extravagant de son mari. Le jardin prend de l'ampleur, avec ses différentes sections bien définies. Vita et Harold vivaient autant à la maison que dans le jardin. Ils créent donc un jardin constitué de pièces à ciel ouvert, chacune ayant une particularité bien définie: la roseraie, le jardin blanc, le verger, le potager, la tour, les tilleuls, la coudraie, le jardin de simples...
Le couple travaille très fort à son jardin et dès 1938, il est ouvert au public. À partir de 1967, Sissinghurst passe aux mains du National Trust. Nigel, l'héritier du château et du jardin, étant économiquement incapable de faire vivre tout le travail de ses parents. L'aide du National Trust, cet organisme britannique qui oeuvre à conserver et mettre en valeur les bâtiments et sites historiques, est bienvenue. C'est une décision qui a permit à Nigel de travailler à faire connaître le jardin de ses parents et à continuer de l'entretenir. Les visiteurs eux, ne cessent d'affluer, si bien qu'au fil des ans, on a dû instaurer une limite de visites afin de préserver le jardin d'une trop grande affluence.
L'ouvrage s'attarde véritablement sur le jardin. Il explique les étapes de sa création, nous parle des plantes qui le composent et de la structure du jardin. Vita adorait les roses et la roseraie semble être le coin du jardin le plus à son image. On nous parle également des choix qui ont été faits pour le jardin au fil des ans et des différents jardiniers en chef qui y sont passés.
J'aime beaucoup le jardinage, mais je ne connais pas suffisamment les plantes, surtout la végétation rustique d'Angleterre, pour apprécier pleinement tous les détails relatifs aux espèces utilisées. J'ai donc feuilleté le livre essentiellement pour ses photos et pour les passages expliquant l'historique des lieux et les changement effectués. Les détails sur les plants et leurs noms m'ont plutôt échappé.
L'ouvrage est complété par une section qui parle des travailleurs du jardin, de ceux qui l'entretiennent, font des choix de plantes dans l'esprit de Vita Sackville-West et de son mari, du travail à effectuer dans un aussi grand jardin au fil des saisons. De jolis plans à l'aquarelle complètent chaque section, si l'envie vous prenait par exemple de reproduire l'esprit de Sissinghurst chez vous!
Un joli livre, quoique un peu technique pour les non initiés. Il m'a tout de même fait rêver avec ses magnifiques photographies et m'a aussi donné envie de découvrir un peu plus Vita Sackville-West, que je n'ai encore jamais lue.
Napoléon Ratté l'empereur du ballon rond
François Barcelo
Illustrations de Jean Morin
Soulières éditeur
112 pages
Résumé:
« — Tu ne sais pas la nouvelle ? demande Simon en constatant que son fils semble déçu de ses cadeaux. — La nouvelle ? — Le journal Le Clairon a gagné : il va y avoir une ligue de soccer pour les jeunes de ton âge. Avec des équipes dans tous les arrondissements. Et je t’ai inscrit ! L’entraînement commence dimanche prochain. C’est pour ça qu’on a décidé de te donner tes cadeaux d’anniversaire tout de suite. Napoléon n’a pas l’air très content. Ce ne sera probablement qu’une nouvelle occasion de démontrer qu’il ne s’appelle pas Ratté pour rien. » Que se passera-t-il si Vanessa s’aperçoit que Napoléon est le pire joueur de soccer de la planète ?
Mon commentaire:
Napoléon Ratté est un jeune garçon assez peu habile en sport. Selon lui, il porte bien son nom. Surtout qu'il vient de découvrir que Napoléon Bonaparte, de qui il tient son prénom, était un vrai dictateur. Les choses deviennent encore plus compliquées quand ses parents l'inscrivent dans la nouvelle équipe de soccer de sa ville, lui qui n'est absolument pas doué pour les sports. Il voit déjà les catastrophes lui tomber dessus. D'autant plus qu'il doit maintenant jouer contre sa meilleure amie, celle qu'il espère épouser quand il sera grand...
Napoléon Ratté est un petit personnage fort sympathique. Il réfléchit beaucoup, est relativement doué à l'école, aimerait écrire au gouvernement pour demander qu'on lui change son nom, s'imagine toutes sortes de scénario amusants et a des réflexion très drôles et ironiques sur le monde qui l'entoure. Il vit avec ses parents et un grand-père d'origine Corse, qui adule Napoléon Bonaparte et se dit ancien champion de "foot". Quand ce grand-père se retrouve entraîneur de l'équipe de Napoléon c'est, pour le jeune garçon, la fin du monde.
Un roman jeunesse drôle et amusant, bien écrit et de qualité, qui joue sur les mots et les situations pour nous faire passer un excellent moment. J'aimais déjà l'auteur François Barcelo pour les grands, je le découvre avec grand plaisir pour les plus jeunes. À lire, surtout si vous aimez le soccer! Ou si vous vous considérez assez peu habile avec un ballon, tout comme Napoléon, ce roman est pour vous!
Seuls: le maître des couteaux
Bruno GazzottiEn complément:
Le site web de la série.
Ces gens qui changent la terre
Suzanne Dion
Pascale Tremblay
Éditions La Presse
183 pages
Résumé:
Quel est le portrait actuel de l'agriculture au Québec ? Celui d'un domaine qui a subi une mutation profonde depuis les vingt dernières années et qui doit s'adapter encore et encore. Taille des exploitations agricoles, diversité de productions, exigences du consommateur... Des hommes et des femmes se retroussent les manches devant les défis en place et font preuve d'imagination en innovant, en faisant les choses différemment.
Mon commentaire:
Ces gens qui changent la terre ont de fameuses idées pour repenser le modèle agricole différemment. L'agronome Pascale Tremblay et la consultante Suzanne Dion se penchent avec ce livre sur l'agriculture renouvelée, biologique, différente. Elles nous présentent une nouvelle vision de l'agriculture à travers une vingtaine de portraits.
Les idées et les solutions sont nombreuses pour aborder le monde agricole avec une vision plus respectueuse de l'environnement et des animaux. D'une famille qui sauve une race de vaches laitières canadiennes, jusqu'à la fromagerie qui recycle elle-même ses eaux usées, en passant par le semis direct et le non travail de la terre, des productions biologiques, à la mise au point du cidre de glace, de la bataille pour une appellation réservée, jusqu'à la mise en valeur de nos plantes indigènes, les projets sont ambitieux, les réussites nombreuses.
L'ouvrage présente chaque portrait en donnant la parole à ceux qui travaillent la terre. Le livre contient également des photos à chaque page. Le livre aborde, via les portraits des producteurs, différents aspects agricoles: les enjeux à considérer; la mise en marché; la culture pour produire, protéger, préserver; des frontières qui reculent; une ode aux entêtés et aux aventuriers; la récolte du savoir; ainsi qu'un plaidoyer pour une agriculture renouvelée.
Les portraits des agriculteurs qui nous sont présentés sont très intéressants. Ce sont des gens inspirants, qui nous donnent envie de se dépasser. Leurs productions, des plus traditionnelles (ferme laitière, céréalières) aux plus originales (création d'un alcool à base de sève d'érable par exemple) vont toutes dans la même direction: présenter une agriculture plus verte, biologique, une façon de faire plus humaine.
La mondialisation est parfois un vrai problème car elle nous pousse à abandonner la richesse de notre patrimoine agricole pour produire toujours plus à moindre coûts. En résulte un appauvrissement des terres, une monoculture qui épuise les sols et nuit grandement à la flore et à la faune. Cette vingtaine de portraits de gens qui changent la terre démontre que plusieurs producteurs travaillent à mettre en avant la qualité, plutôt que la quantité.
Plusieurs aspects du domaine agricole m'attriste. Je crois que notre façon de faire n'est pas toujours la meilleure. Bonne nouvelle! Ce livre démontre que d'autres ont à coeur le développement durable et la qualité de notre patrimoine agricole, en plus d'avoir un grand souci de faire les choses dans le respect de l'écologie, en pensant aux générations à suivre.
Chapeau à tous ces agriculteurs et producteurs qui changent, à leur façon, notre agriculture. Un livre à lire absolument.
Quelques extraits:
"Il est étonnant, pour ne pas dire sidérant, de constater à quel point on a accordé peu d'importance au sol au cours des dernières décennies, alors qu'on lui a tant demandé." p.85
"Ces gens ont tous su sortir du cadre étouffant dans lequel se trouve actuellement l'agriculture du Québec, cadre qui les empêche d'innover, qui les oblige à réclamer de plus en plus d'aide que les gouvernements ne peuvent plus fournir parce qu'ils ont bien d'autres besoins à combler. Le Québec a toujours produit de ces aventuriers qui ont considéré l'Amérique du Nord comme leur territoire. Depuis quelques décennies, l'agriculture compte sur des originaux qui dépassent le cadre qui leur est proposé et voient le monde comme leur terrain d'exploration tout en restant bien ancrés dans leurs terres. Ce sont ces gens qui bâtissent l'avenir. Notre avenir." p.143
Étoiles d'aujourd'hui, légendes de demain
Peter Bailey
Éditions Broquet
144 pages
Résumé:
Étoiles d’aujourd’hui, légendes de demain rend hommage aux plus brillantes étoiles du hockey. Comptant plus de 100 photographies couleur et le profil statistique complet de chaque joueur, ce livre est un véritable annuaire des futurs membres du Temple de la renommée. Depuis les premiers choix de première ronde du repêchage jusqu’aux gagnants de la coupe Stanley et aux vedettes olympiques, Étoiles d’aujourd’hui, légendes de demain raconte la vie des meilleurs joueurs de hockey : leur enfance, leur grande chance, leur ascension vers les sommets de la LNH.
Mon commentaire:
Daniel Alfredsson, Martin Brodeur, Sydney Crosby, Evgeni Malkin, Roberto Luongo, Ryan Miller, Carey Price ne sont que quelques uns des trente "jeunes" joueurs présentés dans ce livre. Il sont habiles, rapides et sont parmi les étoiles montantes du sport professionnel. Certains nous sont plus familiers que d'autres. Tous liés à la LNH, ils connaissent aussi une carrière internationale dans les tournois ou aux jeux olympiques.
L'ouvrage présente les portraits de trente joueurs, de leur enfance à leur carrière comme joueurs de hockey. Chacun des portraits tien sur quatre pages et comporte des photos couleurs prisent lors de moments mémorables sur la glace ainsi que des anecdotes sur le joueur. Un encadré "Le saviez-vous?" complète le portrait et intéressera l'amateur de hockey car on y parle de toutes sortes de choses en lien avec le joueur: sa carrière, son lieu de naissance ou des anecdotes humoristiques sur un aspect de sa vie.
Des tableaux statistiques sur les performances avant le repêchage, pendant la saison régulière de la LNH, pendant les séries éliminatoires, ainsi que les statistiques internationales sont présentées en fin de volume pour chacun des joueurs. On peut donc avoir rapidement un portrait professionnel des joueurs en un coup d'oeil en consultant les tableaux et des informations plus anecdotiques et biographiques en consultant les portraits.
Ce beau livre abondamment illustré nous rappelle que de nombreux jeunes joueurs de hockey forment désormais la nouvelle génération de notre sport national et deviendront, pour plusieurs d'entre eux, des légendes.
Un bel ouvrage pour tous les amateurs de hockey.
Klondike la ruée vers l'or
James A. Michener
Éditions Souffles
253 pages
Résumé:
En 1897, alors que le monde entier se ruait vers l’or canadien, Lord Luton, aristocrate fier et borné, Anglais au tempérament d’acier, désirait l’aventure sans compromis, sans fouler le sol de l’Alaska, propriété des États-Unis, l’ex-colonie qui 120 années auparavant se souleva contre son pays. Pour descendre le Mackenzie, un des fleuves les plus puissants du monde, franchir les hautes Montagnes Rocheuses, traverser l’immense Grand Nord où même les Indiens se risquent rarement, Luton choisit trois de ses compatriotes: son jeune neveu, frais émoulu d’Oxford, et un de ses amis poètes, cousin vétéran des explorations les plus risquées de l’armée britannique, et son «ghillie» irlandais, un paysan rude et roué. Cependant, très rapidement, la détermination aveugle et résolue de leur chef plonge les cinq hommes dans une épreuve extrême, courageuse et désastreuse. Malgré la faim, le scorbut, le terrain inconnu, le froid polaire, Luton s’obstine. Après deux ans, 2000 miles et deux longs terribles et sombres hivers arctiques, seuls le lord et son ghillie atteindront, à pied, le pays de l’or: Klondike.
Mon commentaire:
James A. Michener est connu pour ses romans d'une épaisseur monumentale. Ce sont toujours de gros pavés et je dois dire que ça me fait souvent hésiter à commencer un de ses livres. J'ai Alaska (naturellement!) dans la mire depuis au moins l'adolescence. Je n'ai toujours pas franchis le pas... Par hasard, je suis tombée sur Klondike la ruée vers l'or. Cette partie de l'histoire m'intéresse énormément. C'est avec surprise que j'ai appris que ce roman ne contenait que 253 pages. L'histoire, ou plutôt son traitement, m'a étonnée.
Nous sommes en Juillet 1897. Les nouvelles arrivent à Seattle informant le monde entier que "des tonnes d'or" ont été retrouvés au Klondike. La nouvelle se rend naturellement en Angleterre. Lord Evelyn Luton, 31 ans, est un insupportable snob qui rêve d'expédition. Il entraîne avec lui son jeune neveu Philip Henslow, 19 ans, frais émoulu d'Eton et déshérité, il a donc besoin d'argent; Harry Carpenter, 36 ans, diplômé avec distinction et militaire; Trevor Blythe, 22 ans, étudiant d'Oxford, grand ami de Philip et poète en devenir. Le groupe ne serait pas complet sans un homme de main, capable de tout, un fils de fermier, garde-chasse des terres de Luton, Timothy Fogarty. C'est un irlandais fort capable, qui leur sera d'un grand secours.
Luton est fort entêté. Détestant royalement les États-Unis, il n'est pas question pour lui de mettre ne serait-ce qu'un pied dans ce pays. Il est donc décidé à entrer au Klondike en ne traversant que le Canada, peu importe si c'est "impossible" ou dangereux. Il veut le faire et il va le faire. On ne refuse pas grand chose à Lord Luton. C'est un personnage détestable, dépaysant, imbu de lui-même, plein de préjugés, il lève facilement le nez sur les autres. Mais c'est un voyageur implacable, curieux et infatiguable. Il est très à cheval sur les conventions et c'est un homme plein de contradictions. On serait tenter de le détester et pourtant, son voyage nous intéresse.
Le roman se divise en cinq parties, qui suivent en quelque sorte l'évolution du voyage. Le périple commence pendant la traversée de l'Atlantique. Les cinq hommes préparent leur voyage, en faisant des lectures et en étudiant les cartes. Puis ils doivent prévoir les provision et s'enquérir d'un bateau, avant de partir rapidement et de se préparer à leur premier hivernage. Il y en aura deux en tout. L'histoire raconte essentiellement le périple des hommes pour se rendre au Klondike. Les motivations de Luton sont assez ambiguës car, si certains membres du groupe rêvent d'or, Lord Luton lui recherche plutôt l'aventure. On a l'impression d'un homme qui s'ennuie et qui a besoin de se mettre à l'épreuve pour se prouver qu'il a raison.
Ce qui est étonnant dans ce livre, c'est la façon dont les personnages abordent leur aventure. Ce décalage entre ce que représente véritablement la ruée vers l'or pour le commun des mortels et pour quelqu'un comme Lord Luton qu'on croirait à peine sorti d'un salon de thé! Ces cinq gentlemen accueillent l'expédition au Klondike comme une promenade de villégiature... jusqu'à ce qu'ils doivent contrer le scorbut, le froid, la faim. Ce n'est plus un simple voyage, mais une lutte pour la vie. Et même quand on lui dit que ça ne se fait plus, Lord Luton s'entête à poursuivre sa ruée vers l'or... en sol Canadien.
Un roman que j'ai bien aimé et qui m'a plutôt surprise par ses personnages un peu décalés. La littérature est bien présente dans le livre car les soirées d'hiver sont consacrées à la lecture et aux conversations. La poésie prend également beaucoup de place (avec de nombreux poèmes qui nous sont livrés pendant l'expédition et en fin de volume) puisque le jeune Trevor Blythe aspire à devenir un grand poète.
Maintenant que j'ai lu mon premier Michener, ça me donnera peut-être le coup de pouce manquant pour aborder, enfin, Alaska.
Quelques extraits:
"Tel est le pouvoir de la poésie: faire surgir de mots morts depuis longtemps des expériences vivantes." p.106
"Même proche de la réussite de leur effrayant périple il demeurait incapable d'accepter le blâme pour les choix mortels qu'il avait faits: seule la nature implacable pouvait être blâmée" p.201
Les secrets du Taï-Chi du papillon
Martin Faulks
Éditions Le Jour
64 pages
Résumé:
Élaboré en Chine il y a plusieurs siècles, le taï-chi est une pratique unique en son genre. D'une remarquable efficacité, il augmente le dynamisme, améliore l'endurance, tout en réduisant le stress.
Mon commentaire:
Le taï-chi traditionnel compte 108 mouvements qui requièrent souvent un grand espace. De plus, il n'est pas toujours facile de se rappeler chacun des mouvements. L'auteur a donc conçu une série de mouvements facile à exécuter dans un petit espace. Ces mouvements s'inspirent de ceux du papillon. Tout dans ce livre est conçu afin d'apprivoiser le taï-chi et de le pratiquer partout, régulièrement.
Le guide est simple, carré et facile à transporter. C'est un tout petit livre en fait. L'auteur nous explique dans un premier temps ce qui l'a amené à créer les mouvements du taï-chi du papillon. Il nous raconte l'histoire du taï-chi, nous parle du tao, du yin et du yang et des bienfaits de la discipline sur la santé. Ensuite, il nous explique comment pratiquer le taï-chi, quel état d'esprit avoir et de quelle façon se déplacer.
Viennent finalement les différents mouvements de la discipline. Chacun d'eux est illustré simplement sur fond bleu, sur la page de droite, alors que la figure est expliquée sur la page de gauche. Le guide offre deux séances de mouvements. Le premier présente la base des mouvements. On peut par la suite approfondir avec des mouvements avancés quand on maîtrise les premiers exercices.
Je m'intéresse au taï-chi depuis quelques années. Cependant, je trouve souvent les livres sur le sujet compliqués et beaucoup trop longs. Ils sont décourageants avant même d'avoir commencé. Ce qui me plaît le plus avec le livre de Martin Faulks, c'est sa simplicité. Le livre est suffisamment petit pour être amené partout avec soi. Il est épuré et clair, ce qui en facilité la présentation et la compréhension. Les descriptions sont simples et tiennent la plupart du temps sur une page ou deux. Simplicité et facilité sont au rendez-vous.
Vraiment, un petit livre pratique à avoir sous la main si on s'intéresse au taï-chi. On sait que cette discipline aide à diminuer le stress et apporte des éléments bénéfiques sur la santé. Pourquoi ne pas commencer maintenant?
Chasse au gorille ou n'est pas Lord Dickinson qui veut...
Stéphane Henrich
Editions Kaléidoscope
30 pages
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Résumé:
"Mon illustre réputation me conduit aujourd'hui en Afrique. Ma mission est de capturer un gorille et de le ramener vivant." Ainsi démarre ce journal d’un explorateur légèrement prétentieux et insupportable. Mais ô combien drôle dans le ridicule…
Mon commentaire:
J'ai adoré cet album! L'histoire raconte celle de lord Dickinson, un explorateur accompagné du major Stanford. Les deux hommes ont pour mission de capturer un gorille et de le ramener en Angleterre. C'est son journal qui nous est livré pages après pages, accompagné d'illustrations et de "photographies". Le texte est écrit "à la main", en lettres attachées.
Lors Dickinson est un personnage qui a tout du colonisateur. Il est élancé, fier de lui, suffisant, prétentieux, ridicule. il raconte ses "exploits" dans son journal. S'il est fidèle à ce qu'il vit au début de son journal, on constate assez vite que ce qui s'y passe réellement n'est pas ce qu'il écrit!
Tout à coup, les illustrations ne correspondent plus avec le texte et ça devient pour le lecteur vraiment très drôle. Lord Dickinson en rajoute dans son journal, pour tenter d'avoir l'air d'un brave explorateur, courageux et légendaire, finalement reconverti en naturaliste suite à ses expériences dans la jungle. Le problème c'est que ce fameux lord Dickinson a une vision assez exagérée des choses et c'est ce qui fait toute l'absurdité de ce qu'il nous raconte.
J'ai bien aimé les illustrations, qui sont simples et conçues dans le même esprit humoristique que le reste de l'album.
Un album vraiment amusant, qui nous amène sur les traces d'un explorateur particulièrement... ridicule! Pour notre plus grand plaisir!
Les quatre de Baker Street: Le rossignol de Stepney
J.B. Djian
Olivier Legrand
dessins de David Etien
Série Les quatre de Baker Street t.3
Éditions Vents d'Ouest
56 pages
Résumé:
Les Quatre sont de retour ! Billy le fin limier, Charlie le garçon manqué et Black Tom le monte-en-l'air (sans oublier le chat Watson) nous entraînent dans une nouvelle aventure palpitante, placée sous le signe de Sherlock Holmes. Hiver 1891. Londres est sous la neige et nos héros sont dans la panade. Chargés par leur célèbre mentor de garder un oeil sur un jeune lord amoureux d'une jolie chanteuse de cabaret, nos apprentis détectives se retrouvent bientôt aux prises avec la pègre de l'East End... Ce qui devait être une mission de routine tourne alors au cauchemar. Traqués par le terrifiant Bloody Percy, nos héros vont devoir redoubler de courage et d'ingéniosité pour sauver leur peau - et celle de leurs deux protégés !
Mon commentaire:
Le père de Grace, une jeune chanteuse talentueuse qu'on appelle le rossignol de Stepney, opère un cabaret. Il se fait cependant extorquer de l'argent par le crime organisé, en échange d'une soi-disant protection. Comme il ne peut plus payer, on s'en prend à lui et à sa fille.
Parallèlement, il y a un jeune Lord qui fréquente les bas-quartiers de Londres car il est amoureux et l'objet de sa tendresse y vit. Pour lui, peu importe les classes sociales, c'est l'affection qui prime. Sa famille cependant, ne le voit pas du même oeil.
Sherlock Holmes a donné aux quatre de Baker Street, la mission de surveiller le Lord pour le compte de la famille qui souhaite savoir ce qu'il trame. Mais les jeunes se rendent vite compte que les deux affaires, celle du rossignol de Stepney et celle du Lord, sont liées. Sherlock Holmes n'est pas d'une très grande aide pour les quatre de Baker Street. Occupé à traquer Moriarty qu'il a retrouvé, les jeunes devront se débrouiller seuls. Ils demanderont l'aide du Dr Watson et de sa femme. Il est très intéressant de voir le rôle que les auteurs ont attribué à Watson ici. Watson est le nom du chat de Charlie en plus d'être aussi ce bon docteur, nouvellement marié, qui tentera de se servir de son titre pour aider les jeunes enquêteurs.
Dans ce troisième album de la série, on perçoit clairement la ville corrompue, les policiers que l'on peut acheter et la violence qui est partout. On entre aussi à Bedlam, dont on parlait dans le premier tome (un très vieil asile pour les malades mentaux), un endroit qui fait froid dans le dos. On le visite avec Charlie, qui peut y entrer facilement, puisque sa mère y est internée. On leur charge des frais pour la visite, à l'entrée, un peu comme une attraction!
L'enquête est très intéressante et comme d'habitude, les auteurs ont bien su rendre l'atmosphère du Londres victorien. On la retrouve aussi dans la qualité des dessins et dans le scénario, qui fait la part belle au docteur Watson pour une fois, tout en offrant plusieurs clins d'oeil à l'oeuvre de Conan Doyle. Pour la première fois, on voit également l'intervention de Lestrade à la fin de l'album.
Une autre aventure fort passionnante et très réussie, dans les bas-fonds du Londres victorien. Vraiment, je vous conseille ces albums qui sont un vrai plaisir de lecture!
L'affaire de Road Hill House
Kate Summerscale
Éditions 10-18
526 pages
Résumé:
Au cours de l'été 1860, un fait divers atroce bouleverse l'Angleterre, déclenchant à travers tout le pays une hystérie médiatique sans précédent. Qui a tué le jeune Saville Kent, trois ans, dernier-né d'une famille de respectables bourgeois de la campagne anglaise ? Parmi les membres de la famille, chacun semble coupable car chacun a quelque chose à cacher. Immédiatement, les journaux s'emparent de l'affaire, et l'enquête, menée par Jack Whicher, célèbre détective de Scotland Yard, dévoile à tout le pays l'intimité d'une famille au-dessus de tous soupçons. Récit d'un scandale, acte de naissance du pouvoir de la presse, mais aussi du roman policier anglais, L'Affaire de Road Hill House est avant tout une histoire aussi vraie que captivante...
Mon commentaire:
C'est en 1842 que l'on nomme, en Angleterre, les premiers détectives de la police de Londres. Ils sont huit, dont Jonathan Wicher, qui enquêtera sur l'affaire de Road Hill House. Cette sombre affaire, non résolue pendant un bon moment, nuiera au reste de sa carrière. Il faut dire que l'Angleterre victorienne protège farouchement la vie privée et familiale. Ce qui se passe entre les quatre murs d'une maison, y reste. Il n'est pas de bon ton de mettre son nez dans les affaires de famille des autres, même si c'est pour élucider un crime.
Ce document d'enquête de Kate Summerscale nous ouvre les archives d'une ancienne affaire de meurtre. Le petit Saville Kent est retrouvé mort dans les latrines. On découvre aussi une fenêtre de la maison entrouverte, alors qu'elles sont toujours fermées le soir venu. Les policiers locaux piétinent et c'est tardivement qu'on dépêche sur les lieux un détective. On soupçonne quelqu'un de l'extérieur, puis tour à tour chacun des membres de la famille et des domestiques. L'enquête n'avance pas. Le détective Wincher verra sa réputation entachée, même s'il soupçonnait depuis le début la bonne personne... Ça prendra des aveux du meurtrier, quelques temps plus tard, pour venir à bout de cette affaire.
L'intérêt de ce document réside dans beaucoup de choses. Il aborde l'affaire de Road Hill House, mais également énormément de sujets. Ce qui fait sa force fait aussi sa faiblesse. C'est un texte très complexe, qui traite de différents détails relatifs, ou non, à l'affaire. L'auteur part dans de nombreuses directions tout au fil de l'enquête qu'elle nous raconte. Elle élabore énormément avant de revenir à l'intérêt principal: l'enquête de Road Hill House. C'est donc très intéressant, mais aussi très dense. En développant autant d'histoires autour du récit, le texte devient par moments un peu long. Si certains thèmes me parlaient vraiment, d'autres m'ennuyaient un peu. C'est peut-être mon seul reproche: l'auteur s'écarte beaucoup et souvent de l'enquête, en s'éparpillant autour de nombreux autres thèmes. Il est intéressant de connaître des détails sur certains personnages ou sur l'époque, cependant trop de détails donnent un peu l'impression d'être surchargé.
Ce que j'ai particulièrement aimé cependant, c'est l'apport de cette enquête à la littérature. L'auteur aborde souvent à travers son récit, les liens entre l'enquête de Road Hill House et la création d'oeuvres littéraires, de Dickens en passant par Wilkie Collins, Poe, Henry James. Ces éléments littéraires m'ont particulièrement intéressée. On réalise qu'il y a beaucoup de cette affaire dans des oeuvres de fiction qui ont été écrites par la suite.
L'époque victorienne est particulièrement bien abordée. On traite des conditions sociales et des conventions de l'époque, de la façon dont la police et surtout les détectives étaient perçus. Ils en étaient à leurs balbutiements en la matière et assez peu respectés des gens qui les percevaient comme des intrus dans leur vie quotidienne. La description du déroulement de l'enquête captive aussi beaucoup, puisqu'on réalise que les méthodes ont bien changées depuis. On y parle des procédures, de la façon de vivre le deuil et de la place des domestiques. L'auteur a puisé dans les archives de l'époque où l'on retrouve des comptes rendus détaillés de tout ce qui concernait cette affaire: vêtements utilisés et portés, fonctionnement de la maison, allées et venus des gens, vie quotidienne. L'auteur analyse également le fonctionnement de la maison et l'interaction des membres de la famille entre eux. Toutes ces informations donnent une bonne idée de la vie d'une maisonnée bourgeoise au XIXe siècle.
L'affaire de Road Hill House m'a donné l'impression d'avoir accès aux archives relatives à cette affaire criminelle et d'y suivre l'auteur à travers ses recherches. Cet aspect du document est passionnant. Il s'agit d'une chronique judiciaire tout autant qu'une leçon d'histoire victorienne, qui démontre bien les moeurs de l'époque et la criminalistique. Le parallèle avec la littérature est intéressant. L'ouvrage est complété de divers plans des lieux du crime, d'arbres généalogiques, d'une liste des principaux protagonistes, de reproductions de lettres et de photos d'époque, d'une soixantaine de pages de notes et de deux cahiers de photos insérés dans le livre. J'ai énormément apprécié ce contenu visuel, il me semble que ça donne encore plus de consistance à l'atmosphère entourant l'enquête. En les voyant, on a l'impression de connaître les lieux et les gens.
Toute bonne famille a sa propre dynamique et ses secrets. L'affaire de Road Hill House nous fait pénétrer dans le quotidien des Kent, via le meurtre du petit Saville, victime que l'on a parfois tendance à oublier pendant la lecture, tellement il s'agit d'une chronique judiciaire complexe et détaillée. Tout de même, ne serait-ce que pour le portrait d'une époque et l'impact qu'a eu cette affaire sur l'imagination des victoriens, cette lecture en vaut la peine.
Quelques extraits:
"L'agent [de police] devait porter son uniforme même lorsqu'il n'était pas en exercice, de sorte qu'il ne pût jamais être accusé de dissimuler son état." p.93
"Observer, c'est se montrer sélectif." p.145
"L'on peut véritablement regarder la physiognomonie des enfants comme le meilleur indicateur de météorologie familiale." p.147
"L'affaire de Road Hill House porta à de nouvelles hauteurs l'enthousiasme national pour les crimes déconcertants." p.252
J'haïs les bébés
François Barcelo
Éditions Coups de tête
144 pages
Résumé:
Viviane haït les bébés. Viviane a des enfants, mais ne les voit presque plus. Elle leur fait même croire qu’elle passe Noël dans le Sud alors qu’elle part s’installer dans une cabine à Percé, seule. La première nuit, un panier est laissé à sa porte avec dedans un bébé naissant. Question d’épargner à l’enfant une vie d’enfer, Viviane décide d’abréger ses jours. Bien sûr rien ne se passe comme prévu : on ne se débarrasse pas d’un bébé comme ça, surtout quand les cabines voisines sont remplies de touristes français et que nos pas laissent des traces dans la neige...
Mon commentaire:
Après le hockey, c'est au tour des bébés de passer à la moulinette de François Barcelo. Dans J'haïs le hockey, le personnage d'Antoine est confronté à ce qu'il déteste le plus. Ici, c'est pareil. Viviane déteste les bébés. Elle nous raconte son aventure en avion, qui fait vraiment sourire. On se demande pourquoi Viviane a eu des enfants, mais on l'apprend assez rapidement. Elle nous raconte ça, et d'autres choses, au moment où elle découvre au pas de sa porte un panier de pique-nique avec, dedans, un bébé tout rose. Comme sa fille Véronique devait accoucher bientôt, elle est persuadée que le bébé vient d'elle. Il faut dire que sa fille est plutôt mésadaptée et ne mène pas une vie très saine...
Viviane se met alors en tête de se débarrasser du bébé. Comme Barcelo a le grand talent de rendre parfaitement normale n'importe quelle scène frisant la folie, on le suit dans les déboires de Viviane pour mettre fin à la vie du bébé. Mais c'est que ce jeune garçon, qu'elle baptise Rock "avec un K", est coriace et ne se laisse pas mourir aussi facilement.
Si j'ai aimé la plupart du roman, j'ai trouvé qu'aux deux-tiers, l'esprit humour noir tombe un peu dans la simple cruauté. La ligne est mince entre les deux et ici, elle la frôle par moments un peu trop à mon goût. Je me serais bien passée de la scène du micro-ondes qui pourtant, semble être une fixation chez Viviane. Par contre, j'ai aimé suivre la folie de Viviane, ses réflexions totalement tordues, qui sont très noires et ses déboires avec le bébé. C'est au moment où les jeunes filles cognent à sa porte que j'ai sentis que l'histoire retombait un peu. Cependant, lauteur se reprend dans les dernières pages avec une fin qui me convient tout à fait.
J'haïs les bébés est une histoire audacieuse, dans la lignée de son premier de la série, J'haïs le hockey. Par contre, il n'a pas sa force et manque un peu de consistance. C'est un roman qui se lit rapidement, qui est intéressant par moments. J'espère néanmoins que l'auteur poursuivra l'idée avec d'autres titres du même genre, je crois que l'idée de base, bien exploitée comme dans J'haïs le hockey, a beaucoup de potentiel.
Les meilleures recettes de biscuits
Phoebe Gibb
Éditions Broquet
224 pages
Résumé:
Les meilleures recettes de biscuits, biscuits, biscuits ! Peu de choses sont aussi tentantes qu’une fournée de biscuits tout juste sortie du four. Cette collection appétissante de recettes comporte quelques vieux favoris, quelques nouvelles tentations et plusieurs surprises. Des collations santé pour les enfants aux délices riches et décadents pour les adultes et des fantaisies mignonnes jusqu’aux délicates gâteries salées. Les meilleures recettes de biscuits s’adaptent à tous les goûts ainsi qu’à toutes les occasions.
Mon commentaire:
L'introduction de cet ouvrage explique rapidement l'historique du biscuit et nous met tout de suite en appétit. Le biscuits est un aliment réconfort par excellence, à combiner avec un verre de lait, un thé bien chaud ou un bon café. Il existe des biscuits pour tous les goûts et ce sont des petites douceurs fort agréables à recevoir en cadeau.
Les biscuits peuvent être créés avec un minimum d'équipement. On nous en offre un tour d'horizon, ainsi que les ingrédients de base utilisés. Quelques pages sont consacrées à la conservation des biscuits, aux régimes spéciaux, aux glaçages et aux décorations.
Le livre présente plusieurs catégories de biscuits: les classiques, les barres-biscuits, les biscuits au chocolat, les biscuits-desserts, les biscuits salés et les craquelins, les biscuits pour les occasions spéciales, pour les enfants et pour les régimes spéciaux. On en a donc pour tous les goûts.
Les photographies sont alléchantes, quoique parfois d'un peu moins bonne qualité. Mais toutes les recettes comportent des photos, ce qui est très apprécié pour la visuelle que je suis. Les recettes sont présentées en mesures métriques et impériales.
Personnellement, j'adore les biscuits. Ils sont faciles à confectionner et toujours bons. Je me suis laissée tenter par les délicats biscuits à la cannelle et aux amandes, les biscuits bananes et noix (qui rappellent le gâteau du même nom), les fondants à la vanille. Les carrés aux pommes et gingembre sont à essayer. J'ai trouvé étonnante la recette de biscuits au chocolat et au chili (que je n'ai pas encore essayé). La section des biscuits salés est vraiment intéressante car elle présente des recettes qu'on voit plus rarement.
Un livre qui combine classiques et nouveautés, avec plusieurs recettes à essayer.
Le dé en or
Virginia Woolf
illustrations de Napo
Éditions Fernand Nathan
24 pages
Résumé:
La vieille nurse Lugton a le sommeil lours. Elle ne s'est jamais aperçu que les animaux sauvages brodés sur son ouvrag prennent vie dès son cinquième ronflement. Le soir venu ils vont boire tous ensemble au bord du lac Millamarchmontopolis. Ah! si elle savait...
Mon commentaire:
C'est par hasard que j'ai mis la main sur cet album pour enfant, écrit par Virginia Woolf. L'album a du vécu, son édition en français chez Fernand Nathan date de 1983. Je n'avais jamais entendu parler de cet ouvrage et j'étais très curieuse de le lire. À ma connaissance, il n'a jamais été réédité en français.
En faisant quelques recherches, j'ai pu trouver un peu d'informations sur ce titre. Très peu en fait. J'ai lu que l'histoire du Dé en or, se retrouvait avec le manuscrit de Mrs Dalloway. Il s'agirait d'une histoire écrite par Virginia Woolf pour sa nièce, autour de 1924. La Hogarth Press, la maison d'édition fondée par Leonard et Virginia Woolf, a publié cet ouvrage en 1966. On sait qu'une autre version de cette histoire a été découverte dans un autre manuscrit et que cette version est parue en 1991 chez Livres Gulliver. Les illustrations étaient de Julie Vivas.
La version que j'ai lu, celle éditée en français en 1983, est très colorée. Les illustrations sont vraiment attrayantes et accrocheuses, avec leurs formes rondes et leurs couleurs éclatantes. Les illustrations sont encadrées de fioritures et contiennent beaucoup de motifs, tant dans le décor que sur le rideau brodé. Qu'en est-il du texte en lui-même?
Virginia Woolf met en scène une vieille femme, la nurse Lugton, qui s'occupe de broder des rideaux pour Mme Gingham. Par moment, la nurse s'endort au coin du feu. C'est alors que les animaux imprimés sur les rideaux prennent vie! Tranquillement, sans faire de bruit, l'antilope, l'éléphant, le zèbre et tous les autres animaux de la jungle s'éveillent et se dirigent vers le lac pour boire. Qu'en dirait la nurse Lugton si elle le savait, elle qui a une peur bleue des animaux?
Fantastique et enfantin, ce genre de livre est attirant par son sujet: des objets inanimés qui prennent vie, lorsque tout autour tombe endormit. Combinée à cette histoire, une sorte de légende autour d'une vieille ogresse mesquine qui aurait capturé tous les animaux...
Le dé en or est une autre facette de Virginia Woolf qu'on ne lui connaissait pas. Peut-être y aurait-il des analyses et explications intéressantes à tirer de cette histoire, pour ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de Virginia Woolf?
Les quatre de Baker Street: Le dossier Raboukine
J.B. Djian
Olivier Legrand
dessins de David Etien
Série Les quatre de Baker Street t.2
Éditions Vents d'Ouest
56 pages
Résumé:
Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié. Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes. Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar… Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups!
Mon commentaire:
Cette second bande dessinée de la série Les quatre de Baker Street commence avec la une du journal: un meurtre a eu lieu dans l'East End et on soupçonne Jack L'éventreur d'être de retour. Cette situation soulève la hargne des quatre de Baker Street, surtout parce que celle qui a fait les frais du meurtrier était bien connu de Billy. Le trio, accompagné de Watson le chat, décide de trouver l'auteur du crime.
Parallèlement, on assiste à des réunions entre des membres protestataires d'un groupe. Ce sont des russes exilés, partisans de la révolution socialiste. Ils présentent des discours pour réveiller les gens, promouvoir la rébellion et le soulèvement contre la monarchie et les têtes couronnées. Katia et Victor font partie du groupe. Les choses se compliquent quand Victor est arrêté et Katia, molestée.
Les quatre de Baker Street qui se rendaient chez Sherlock Holmes (qui naturellement n'est jamais là quand on a besoin de lui!) se retrouvent à aider Katia. Ils devront donc se débrouiller sans Holmes et aider Katia du mieux qu'ils le peuvent. Les temps sont difficiles dans les bas-fonds de Londres. L'ombre de Jack L'éventreur plane sur des crimes sordides. La hargne de la population contre les événements trouve un exutoire en s'en prenant aux étrangers. Naturellement, leur statut de nouveaux arrivants a le dos large et ils sont rapidement catalogués comme étant responsables de tout ce qui arrive de mauvais dans la ville. Black Tom le vit aussi difficilement puisqu'il est irlandais.
Machination et accusations sont au rendez-vous dans cette semaine aventure qui mêle crime et politique. Ces enfants des rues, qui se nomment eux-mêmes les francs-tireurs de Baker Street, sont débrouillards et intelligents. Ils vivent dans un monde plein de dangers et ils s'en sortent merveilleusement bien.
Vraiment, le thème social abordé dans ces bandes dessinées est tout à fait intéressant! À découvrir!
En complément:
On peut visionner une bande annonce du livre.
Mes livres de non fiction
Depuis que je me suis inscrite au projet de non fiction de Flo, je réfléchis à ma liste de livres de non fiction préférés. Même si j'adore les listes, je trouve celle-ci difficile à dresser. J'ai rapidement retenu une trentaine de titres, avant de stagner et d'avoir bien du mal à la réduire aux dix requis. Il faut dire que j'ai toujours lu de la non fiction, même dans mes premières lectures d'enfant.
Pour constituer ma liste, j'ai réfléchis à des titres que j'ai beaucoup lu de l'adolescence à maintenant. Certains sont trop loins dans ma tête pour être ajoutés ici, même si à l'époque ils ont fait l'objet de nombreuses lectures. Une liste de livres préférés est toujours difficile à établir - du moins pour moi - car mes goûts changent au fil du temps.
Après réflexion et après avoir évalué l'empreinte de chaque livre sur ma vie de lectrice, j'ai réussis à réduire la liste à dix titres. Ils y apparaissent car ils ont eu un impact important pour moi ou m'ont procuré de grands moments de plaisir, de bien être, de réflexion. Voici donc ces titres:
- 1 -

Une année à la campagne
Sue Hubbell
Ce récit est celui d'une femme, partie vivre seule à la campagne, après avoir quitté la ville, un poste confortable et une existence prévisible. Ce livre est précieux pour moi. Pour avoir un parcours de vie similaire et pour avoir eu à un moment quelques doutes sur mes choix, je me suis retrouvée totalement à travers ce récit. J'ai surtout lu ce livre au bon moment dans ma vie et il m'a réconforté quant aux choix que je faisais. Mon édition est la même que celle illustrée, en format poche, toute simple. Pourtant ce livre vaut de l'or pour moi. C'est peut-être le plus précieux de ma bibliothèque parce que je peux l'associer intimement avec ma vie personnelle.
- 2 -

Une histoire de la lecture
Alberto Manguel
Cet ouvrage m'avait été offert à Noël par mes parents. Un livre qui raconte l'histoire de la lecture ne pouvait que me plaire. C'est le premier véritable essai que j'ai possédé. Je l'ai toujours. Le propos m'est précieux puisqu'il aborde une des choses les plus importantes dans ma vie: les livres. C'est un livre passionnant, instructif. À relire.
- 3 -

Attirer les oiseaux chez soi
Suzanne Brulotte
Ce guide pratique est un incontournable chez moi. Je l'ai choisis pour cette liste car, outre le dictionnaire, c'est peut-être celui que je consulte le plus souvent. Les pages ont du vécu. Des bouts de papier, de notes et d'à peu près n'importe quoi sont coincés dans ses pages, pour me rappeler mille et une chose. Il trône parfois dans la bibliothèque, parfois près du poste d'observation des oiseaux, parfois un peu partout. C'est un livre en constant déplacement dans la maison, qui m'est très utile, en plus d'être pratique et bien conçu.
- 4 -

Ma vie avec ces animaux qui guérissent
Victor-Lévy Beaulieu
Voilà un ouvrage magnifique qui m'a personnellement beaucoup touchée. Il aborde la relation de l'homme avec l'animal d'une façon peu commune. D'autant plus que l'auteur est un monument comme écrivain au Québec. Un auteur pour lequel j'ai beaucoup de respect, d'admiration. Un auteur que j'ai rencontré dans le passé et qui m'a profondément impressionnée. Cet ouvrage très personnel est venu me chercher.
- 5 -

Le jardin enchanté de Maria Hofker
Marie France Boyer
Celui-là est plus récent dans mes lectures et pourtant, c'est un ouvrage qui m'a bouleversée en l'espace de quelques heures. Je ne l'ai pas en ma possession, c'était un emprunt, mais les pages me hantent, me manquent. J'ai été émerveillée, totalement sous le charme de ce jardin et de cette femme qui redonnerait envie à quiconque de retourner à l'essentiel: la terre, le jardin, la beauté de la nature.
- 6 -

Abolissons l'hiver!
Bernard Arcand
Ceux qui me connaissent bien savent à quel point j'aime l'hiver. Je ne m'en lasse pas et je me passerais bien de l'été et de la fin du printemps que je trouve trop chauds à mon goût. Je ne revis que l'hiver. Et j'étais curieuse, à l'époque de la sortie de ce livre en 1999, de voir ce qu'avait à en dire l'anthropologue Bernard Arcand. J'ai beaucoup ris, j'ai été d'accord (ou pas), j'ai été séduite par sa façon de présenter son propos. Ce livre m'a tellement plu que je l'ai relu plusieurs fois.
- 7 -

Pays littéraires du Québec
Denise Pérusse
Ce guide de voyage nous amène sur les traces des auteurs clés de notre littérature. C'est un ouvrage que j'ai trouvé tout à fait intéressant, par son originalité. Il nous mène hors des sentiers battus, nous fait découvrir des détails relatifs aux écrivains et aux lieux qui les ont inspirés. J'ai été enchantée par tout ce que j'ai découvert dans cet ouvrage, par ce parcours qui nous amène sur les traces des écrivains québécois.
- 8 -

Perdre le nord
Dominique Forget
Un essai très éclairant sur notre gestion du grand Nord et de l'Arctique, parallèlement aux conditions climatiques qui se dégradent à vue d'oeil. Ce livre m'a intéressé pour son aspect écologique et parce qu'il traite d'un territoire clé de notre pays. Une lecture qui m'avait beaucoup informée et que j'ai trouvé passionnante. Naturellement, quand on parle de neige, de glace et de grand Nord, je suis toujours partante!
- 9 -

Maisons d'écrivains américains
J.D. McClatchy
Un autre ouvrage sur les lieux d'écrivains. Cette fois, l'auteur s'attarde sur les maisons qui ont vu naître les plus grands écrits de la littérature américaine. Ce très bel ouvrage combine quelques unes de mes passions: la photographie (ici en lumière naturelle le plus possible, avec des intérieurs où l'atmosphère est totalement prenante), la littérature (naturellement), mais surtout la littérature américaine (qui est l'un de mes champs d'étude) et les maisons (qui en disent beaucoup sur leurs propriétaires).
- 10 -

No logo
Naomi Klein
Cet essai pamphlétaire m'a beaucoup remuée lors de ma lecture à l'époque. J'étais une jeune adulte, je commençais ma vie active. Je me questionnais beaucoup sur le monde, la politique, la mondialisation. J'ai lu cet ouvrage en étant à la fois étonnée, choquée, en constatant que je savais bien peu de choses sur ce qui se passait ailleurs. C'est un ouvrage qui m'a beaucoup fait réfléchir par la suite aux choix que je faisais, à la consommation, qu'elle soit sociale ou personnelle. Un livre remueur de conscience que j'aimerais d'ailleurs relire bientôt.
J'ai constaté, en élaborant ma liste, que nos lectures de non fiction représentent beaucoup ce que nous sommes. J'ai beau lire un peu de tout, m'intéresser à une foule de sujets et "papillonner" ici et là, mes lectures tournent beaucoup autour de deux thèmes qui reviennent tout le temps: la nature et la littérature. Sur les dix titres choisis, neuf abordent soit l'un ou l'autre de ces sujets. Plusieurs sont aussi au coeur de mes préoccupation: la mondialisation, l'écologie et les animaux. "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es".
J'espère que cette liste vous donnera envie de découvrir de nouveaux titres de non fiction.
Bonne lecture!
La princesse aux petits doigts
Colas Gutman
illustrations de Marc Boutavant
L'école des loisirs
44 pages
Résumé:
Que faire quand on est une princesse avec des petits doigts affreusement boudinés ? Renoncer à se marier et pleurer dans son château ou aller chiper les doigts de la Belle aux super doigts dans la forêt voisine ? Accompagnée de son fidèle Mon Chien, un serviteur zélé, la princesse s’enfonce dans la forêt des contes perdus, peuplée de personnages de seconde zone. Arrivera-t-elle à transformer son petit doigt Chipolata en auriculaire princier ? Réussira-t-elle les épreuves de stupidité, de débilité et de crétinerie ultime ? Rien n’est moins sûr, car pour y parvenir elle devra laisser son intelligence de côté, et la princesse est aussi intelligente que ses doigts sont boudinés.
Mon commentaire:
Une princesse est malheureuse comme les pierres puisqu'elle n'aime pas ses doigts. Elle croyait qu'aucun prince charmant de pouvait l'aimer. Elle décide donc de partir en quête de la Belle-aux-superdoigts et de les lui voler. Elle se rend dans la forêt des contes perdus à sa recherche.
Si vous cherchez un conte de fée à la Walt Disney, passez votre tour! La princesse aux petits doigts est un conte irrévérencieux et impertinent. Avec Mon chien, un serviteur qui la suit comme un petit chien de poche, Crottin le cheval qui crotte et Yvette la chèvre qui pète, la princesse part en quête de jolis doigts qui ne sont pas boudinés. La forêt des contes perdus la changera totalement. Mais elle avait été prévenue...
Dans ce conte de fée qui n'en est pas vraiment un, on aborde le culte de la beauté. Le propos est connu. Tout le monde sait qu'il est préférérable d'avoir un peu de jugeotte plutôt que de jolis doigts par exemple. L'intelligence prime et devrait toujours primer sur la beauté, beauté qui est aussi très relative d'une personne à l'autre. Ici, cette "morale" tout à fait connue est traité de façon vraiment différente. La façon de la présenter est divertissante et audacieuse. On va plutôt loin et tout n'est pas robe bonbon au royaume de la princesse.
Au contraire...
Adèle et son dragon
Geneviève Mativat
illustrations de Fabrice Boulanger
Éditions Pierre Tisseyre
71 pages
Résumé:
Adèle aussi petite qu’une perle vivait avec son grand-papa dans un pays triste et froid. Les arbres étaient sans feuilles. Le ciel sans soleil. Les prés sans blé. Tout cela à cause du dragon chevelu, perché sur le mont Pointu. Son souffle avait tout brûlé. Et comme si ce n’était pas assez, la bête adorait gronder. Le jour comme la nuit, ses cris résonnaient et faisaient vibrer les volets. Puis la belle Adèle en eut assez et décida d’affronter le monstre tant redouté. Adèle réussira-t-elle là où tant de chevaliers ont échoué ? Qui sait… Tout pourrait changer !
Mon commentaire:
Ce petit roman jeunesse est écrit tout en poésie et en rimes qui se prolongent d'une page à l'autre. Le sujet attirera bien de jeunes lecteurs: la présence d'un dragon dans l'histoire. Mais pas n'importe quel dragon. Un dragon qui a perdu un rubis qui lui était très précieux, qui a contribué à incendier une grande partie de la région, qui a fait fuir la plupart des villageois. Il ne reste qu'une poignée de gens qui n'ont pas voulu partir, dont Adèle et son grand-père.
Le village où ils vivent est triste, sombre, gris. Plus rien ne pousse. Tout est recouvert de cendres. Le dragon gronde et ronfle, il empêche les gens de dormir, de se reposer, il les empêche de vivre. Il agit comme une menace sur le village abandonné et presque déserté. Le dragon est un problème de taille (il est immense!) qui nuit dangereusement à la qualité de vie des gens. Adèle décide donc de s'en occuper et de miser sur sa petite taille pour déjouer le dragon et arriver à ses fins. Ce qu'elle ignore, c'est qu'une improbable histoire d'amitié est sur le point de naître.
Ce court roman jeunesse est parsemé de jolies illustrations en noir et blanc de Fabrice Boulanger. Il réussit à rendre de belle façon l'incroyable aventure d'Adèle et de son dragon. Car ensemble, ils accompliront de nombreuses choses positives et redonneront vie à un village complètement désert. En jumelant leurs efforts et en faisant appel à leur imaginations, les deux amis s'apprivoiseront et offriront à tout un village, une seconde vie.
Une belle histoire sur l'entraide, l'amitié, la différence et la compréhension, en plus d'être un beau récit sur les dragons!
À conseiller à partir de 6 ans.
Un extrait:
" L'erreur des géants est d'ignorer les plus petits à leurs pieds." p.13
Les quatre de Baker Street: L'affaire du rideau bleu
J.B. Djian
Olivier Legrand
dessins de David Etien
Série Les quatre de Baker Street t.1
Éditions Vents d'Ouest
56 pages
Résumé:
Billy, Charlie et Black Tom sont inséparables. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l'East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la protection d'un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d'espions des rues... Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve... en s'adjoignant les services d'un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l'époque victorienne !
Mon commentaire:
J'ai adoré cette bande dessinée! Je voulais la lire depuis longtemps, mais j'ai eu du mal à mettre la main dessus. Heureusement, j'ai maintenant les trois tomes sous la main!
Cette bande dessinée se déroule dans les bas-fonds de Londres, à Whitechapel, dans l'East End, en 1889. On voit, à travers la vie quotidienne des enfants des rues, le mode de vie de ces quartiers pauvres où grouillent voleurs, trafiquants en tout genre, prostitution et magouilles. Olivier Legrand qui co-écrit la série, est d'ailleurs un passionné de l'époque victorienne et on le sent! Le livre regorge de détails sur cette époque, d'informations sur la vie de l'époque, la façon de gagner sa vie (honnêtement ou pas), de se nourrir, de survivre. On nous parle de Bedlam, l'hôpital pour malades menteaux fondé en 1400 et des "clappendoggen" (mendiants qui font semblant d'être infirmes).
Les quatre de Baker Street sont avant tout trois, quand l'histoire débute. Black Tom, le plus vieux du groupe, est irlandais. Il est amoureux de Betty, une petite marchande fleurs, qui sera enlevée sous ses yeux. Billy est charmeur et beau parleur. Il prend beaucoup de place, baratine sans arrêt, mais c'est quelqu'un de bien. Charlie est le troisième du groupe. Sa mère est internée à Bedlam. Charlie cache quelque chose. On apprendra son petit secret vers la fin de l'album. Le quatrième comparse se joindra au trio en cours d'album et c'est un compagnon assez particulier.
Les quatre de Baker Street servent d'yeux et d'oreilles à Sherlock Holmes dans les bas fonds de la ville. Holmes paye les gamins pour leur faire accomplir filatures et quête d'informations pour son compte. Il leur offre également l'occasion de se reposer un moment chez lui, pendant que Madame Hudson leur sert de bonnes brioches (qu'ils dévorent comme des goinfres, étant donné qu'ils ne mangent pas toujours à leur faim).
Dans cette première aventure, on assiste à l'enlèvement de Betty, l'amoureuse de Tom et à sa captivité dans une maison close. Les bas-fonds regorgent de ce genre de trafic et de personnalité corrompues prêtes à tout pour faire de l'argent. C'est en lien avec cette affaire que nous apprenons qui est vraiment Charlie et toute l'imagination dont les jeunes des rues sont capables pour se protéger et se fondre dans un monde qui ne leur fait pas de cadeaux.
Le dessin m'a aussi beaucoup plu. Il est détaillé et illustre parfaitement la vie dure des rues de Londres et les gens parfois louches qui y vivent. On retrouve beaucoup de détails fort intéressant sur l'époque, en plus de vivre auprès des quatre de Baker Street toutes sortes d'aventures. J'adore la physionomie des principaux personnages. J'aime également beaucoup le travail autour de Sherlock Holmes que les auteurs ont fait dans cette série.
Vraiment, une bande dessinée à découvrir, si le Londres victorien vous intéresse!
L'autre voie de guérison
Jean-Paul Simard
Éditions Le Jour
192 pages
Résumé:
Lorsque la souffrance et la maladie frappent à notre porte, nous nous adressons spontanément à la médecine pour nous sauver. Mais qu'arrive-t-il lorsque cela ne fonctionne pas ? N'y a-t-il pas une « autre » voie de guérison ? Diverses approches thérapeutiques abordent aujourd'hui la santé dans sa globalité, tenant compte du corps, du cœur et de l'âme. Remettant au premier plan les dimensions psychologique et spirituelle du mieux-être, l'auteur nous redonne foi dans le « pouvoir guérisseur » intelligent du corps humain. Il nous propose de nombreux outils pour régénérer notre santé tout naturellement ainsi que des pistes de réflexion pour changer notre regard face aux épreuves. Nous sortons de cette lecture habités par une nouvelle confiance en notre force intérieure et avec l'envie de croire en la vie, d'abord et avant tout.
Mon commentaire:
La souffrance, qu'elle soit physique ou psychologique, fait mal. Il faut pouvoir lui donner un sens si on veut la comprendre, l'apprivoiser, la connaître. Quand la médecine ne peut rien pour nous ou quand on choisit de ne pas rester inactif face à notre condition, on peut se tourner vers d'autres voies. Voir, comme le dit si bien le sous-titre, au-delà de la souffrance et de la maladie.
J'ai particulièrement aimé cet ouvrage, qui nous invite à laisser tomber le statut de victime, lorsqu'on a l'impression que la vie s'acharne sur nous et à devenir son propre thérapeute afin de mieux comprendre sa souffrance. Attention, l'auteur ne dénigre pas la médecine traditionnelle. Mais dans le monde où l'on vit, les maladies sont souvent traitées à la chaîne, en se souciant beaucoup plus de l'organe malade que du patient tout au bout. L'être humain étant une machine complexe, le corps, l'esprit et le coeur forment pour moi un tout. Pensée que je partage avec l'auteur de ce livre.
Tout le monde, un jour ou l'autre, doit affronter la souffrance. Et tout comme la mort, on la refuse, elle nous rebute, mais elle fait partie de nous. C'est un élément essentiel à l'apprentissage de toute une vie. Cet ouvrage contient beaucoup de références, qu'elles soient littéraires, artistiques ou issues du domaine de la psychologique. L'auteur, à travers ces anecdotes et ces informations, tente de démystifier la souffrance. Pourquoi souffre-t-on? Qu'est-ce que la maladie nous apporte? Il nous apprend à trouver un sens à cette souffrance et à du même coup, un sens à notre vie.
J'ai aimé que plusieurs aspects soient abordés. On parle de souffrances physiques, liées à la maladie et même à la mort, en plus d'aborder la souffrance psychologique, l'angoisse, le stress et la culpabilité. L'auteur nous apporte son point de vue, mais aussi celui de spécialistes qui pensent différemment. Il croit à la pensée positive, mais pas à l'optimisme béat. La pensée négative apporte une lucidité sur notre état, cependant il serait dangereux de sombrer dans le pessimisme.
On parle beaucoup de l'âme et du soin de l'âme dans ce guide. La religion aussi est abordée. Dans la pensée positive, il y a aussi les bienfaits de la prière et de la méditation. On peut être de toutes confessions religieuses et trouver de la force dans la prière. On nous offre également deux exercices de visualisation qu'il peut être intéressant de mettre en pratique. L'imagerie mentale peut être très forte, qu'elle soit négative ou positive. Vaut mieux alors miser sur ce qui est positif afin d'en tirer le meilleur parti.
L'autre voie de guérison est un ouvrage fort intéressant, qui aborde plusieurs aspects de méthodes dites alternatives à la médecine moderne. Je crois personnellement qu'il y a du bon à aller puiser ailleurs aussi, sans négliger ce que peut faire la médecine pour nous. Toutefois, en se reposant uniquement sur la médication, je crois que l'on peut passer à côté de beaucoup d'autres choses, ne serait-ce que ce peut apporter de positif une certaine spiritualité.
Un ouvrage qui m'a beaucoup apprit et qui me fait voir les choses différemment. Il apporte plusieurs pistes de réflexion fort intéressantes, que l'on soit d'accord ou non avec l'auteur. Je pense que plusieurs pourront trouver un certain accompagnement à travers cette lecture. Chez moi, ce livre a trouvé sa place sur ma table de chevet. J'en relirai des passages à l'occasion.
L'auteur, Jean-Paul Simard, est anthropologue, auteur et conférencier.
Quelques extraits:
"L'homme a cette possibilité de souffrir plus que les autres êtres vivants de la Création, en cela même qu'il peut penser à sa souffrance. Il peut l'appréhender, la sentir venir, en mesurer l'impact. Et cette conscience contribue à augmenter considérablement sa douleur." p.30
"Pour avancer dans la vie, chacun a besoin de croire en quelque chose ou en quelqu'un, en un idéal, en la vie ou même en quelque chose qui le transcende." p.160
Les Anges de New York
R.J. Ellory
Sonatine Éditions
553 pages
Résumé:
Frank Parish, inspecteur au NYPD, a des difficultés relationnelles. Avec sa femme, avec sa fille, avec sa hiérarchie. C’est un homme perdu, qui n’a jamais vraiment résolu ses problèmes avec son père, mort assassiné en 1992 après avoir été une figure légendaire des Anges de New York, ces flics d’élite qui, dans les années quatre-vingt, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Alors qu’il vient de perdre son partenaire et qu’il est l’objet d’une enquête des affaires internes, Frank s’obstine, au prix de sa carrière et de son équilibre mental, à creuser une affaire apparemment banale, la mort d’une adolescente. Persuadé que celle-ci a été la victime d’un tueur en série qui sévit dans l’ombre depuis longtemps, il essaie obstinément de trouver un lien entre plusieurs meurtres irrésolus. Mais, ayant perdu la confiance de tous, son entêtement ne fait qu’ajouter à un passif déjà lourd. Contraint de consulter une psychothérapeute, Frank va lui livrer l’histoire de son père et des Anges de New York, une histoire bien différente de la légende communément admise. Mais il y a des secrets qui, pour le bien de tous, gagneraient à rester enterrés.
Mon commentaire:
Frank Parrish est un policier comme on en voit souvent dans les romans: c'est un rebelle dans l'âme, qui défie les règles de son service de police, qui a des problèmes familiaux, est divorcé et alcoolique. Par contre, c'est un bon policier. Sa vie n'est pas simple. Il la passe essentiellement avec des cadavres et des criminels, de là une certaine frustration. Être policier et enquêteur à New York à notre époque est loin d'être de tout repos.
Une phrase du roman résume bien l'esprit du personnage:
"Que même quand les gens font les choses de la mauvaise manière, ils peuvent les faire pour les bonnes raisons." p.551
C'est l'essence même du personnage de Frank Parrish. C'est encore plus vrai lorsqu'il est confronté à une sordide histoire mêlant des adolescentes et qu'il en fait une fixation. Il y joue sa carrière et même sa vie.
J'ai particulièrement aimé cette lecture. L'histoire avance à bon rythme, mais c'est dans sa construction que j'ai le plus apprécié ce roman. On fait tout d'abord la connaissance de Frank Parrish. L'auteur nous laisse nous faire une idée du personnage, qu'il est facile de cataloguer à la première impression, mais qui s'avère ne pas correspondre tout à fait à l'image qu'il donne. Il est impoli, arrogant, a reçu de nombreux avertissements, s'est fait suspendre son permis de conduire, a une retenue sur son salaire et doit rencontrer régulièrement une psychologue. Il vit aussi dans l'ombre de son père, le grande John Parish, un policier décoré, que l'on disait vertueux. Mais Frank sait que ce n'est pas vrai. Il doit apprendre à vivre avec ça. Le roman alterne entre les conversations de Parrish avec Marie la psychothérapeute, et ses enquêtes.
Parrish s'occupe de plusieurs affaires en même temps. Jusqu'à ce qu'il soit appelé sur les lieux d'un crime: Danny, un petit trafiquant, a été tué. Sa jeune soeur aussi, une belle adolescente qu'on a bizarrement habillée. Parish fouille pour trouver des réponses et plus il creuse, plus cette affaire le trouble et l'intéresse. Il décide de s'y consacrer le plus possible. C'est cette affaire qui prend d'énormes proportions que raconte le roman.
Le talent de l'auteur, c'est de nous plonger totalement dans le monde des policiers de New York. Leur vie difficile, les appels à toute heure pour se rendre sur les lieux d'un crime, les risques du métier. Parish qui a touché le fond, trouvera malgré lui du réconfort en rencontrant Marie, en parlant de son père, en tentant de trouver le coupable de son enquête en cours. C'est un roman complexe et touffu, qui parle de nombreuses affaires. C'est ce que j'ai aimé personnellement. Il n'y a pas qu'une enquête en cours et pas juste un seul point d'intérêt. Je sais que normalement, pour les romans policiers, on recherche l'intrigue avec un grand I. Pour moi, le plaisir de cette lecture réside justement dans son aspect crédible. Un policier newyorkais travaille sûrement sur plus d'une chose à la fois, en voit des vertes et des pas mûres et doit combiner sa vie personnelle (difficile dans le cas de Parrish) à ses propres valeurs face à la cruauté dont l'humain est capable.
Les Anges de New York est un roman d'enquête, un roman noir, sur le profilage d'un tueur et sur la façon dont certains policiers peuvent vivre difficilement leur impuissance à tout résoudre. Il y a de belles scènes dans le livre et la dualité d'une relation père-fils compliquée. Surtout que le père n'est plus là. Le portrait de Frank Parrish est celui d'un homme qui recherche la justice à tout prix. Si son but est louable, les moyens qu'il utilise ne le sont pas toujours, du moins selon les règlements de la police. L'enquête est captivante et j'ai particulièrement aimé tous les détails sur la façon de mener une enquête. Les pages défilaient vite, l'intrigue m'intéressait et la forme que prend le roman encore plus. Il me semble qu'il y avait longtemps que je n'avais pas lu un aussi bon roman policier.
Quelques extraits:
"À un moment, les chaînes qui liaient les enfants à leurs parents devaient se briser. À un moment, il fallait accepter le fait que le monde était là, qu'il les attendait, et que s'ils devaient s'en sortir... eh bien, ils s'en sortiraient. Ou pas. Si on décidait d'aller les chercher à l'école un jour pour s'assurer qu'ils rentreraient sains et saufs à la maison, alors ce serait peut-être le lendemain qu'ils se feraient renverser par une voiture à un passage clouté. La vie avait des angles aigus et des bords coupants. La vie était pleine d'embûches." p.77
"Frank Parrish aurait aimé croire en Dieu, mais il estimait que la foi devait être mutuelle. Elle devait être réciproque. Et il savait, avec une absolue certitude, que Dieu ne croyait pas en lui." p.180





























