22 juin 2004
La nuit de l'oracle
La nuit de l'oracle - Paul Auster
Lu: juin 2004
Résumé:
"Après un long séjour à l’hôpital, l’écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l’ampleur de ses dettes et par l’angoisse de ne plus jamais retrouver l’inspiration.
Un matin alors qu’il fait quelques pas dans son quartier, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu.
Le soir même, presque dans état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu’il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve de plus dangereuses surprises…"
Mon opinion:
Ce livre m'a redonné le goût d'écrire. Malgré une histoire de fond sommes toutes assez banale (triangle amoureux, couple qui se déchire puis se retrouve), "La nuit de l'oracle" parle essentiellement de l'écriture. Entre les cahiers de Sidney Orr, son fameux carnet bleu, les personnages de son histoire, son ami écrivain, tout nous donne envie de rester chez soi et d'écrire, simplement. Ce livre tombait à point dans ma vie.
8.5/10
Commentaires
La nuit de l'oracle
J'ai commencé "La nuit de l'oracle" et je n'ai pas dépassé quelques pages... ennuyée par la scène dans la papeterie. Mais cette présentation m'incite à le reprendre au plus vite, d'autant plus que l'écriture est ma vie... avec la lecture !! Merci, donc. A bientôt, Elisabeth.
Je suis une inconditionnelle d'Auster... J'aime le personnage, les livres... Je n'ai pas encore tout lu mais chaque fois que je retrouve l'univers de cet écrivain, je suis transportée!
Je n'ai pas tout lu non plus, mais j'ai aimé tout ce que j'ai lu de lui. Lu et relu. J'ai bien fait d'ailleurs, car j'avais oublié certaines de ses histoires.
Le maître de l'inconstance
Paul Auster est sans conteste le maître de l'inconstance. Il peut nous pondre une incroyable Trilogie new-yorkaise ou un excellent Lévithan, puis nous décevoir avec une piètre Musique du hasard ou, pire encore, le monologue interminable d'un chien perdu dans Tombouctou. La nuit de l'oracle fait malheureusement partie de cette deuxième catégorie (c'est quoi cette histoire sans fin d'écrivain pris dans une sorte de bunker rempli d'annuaires téléphoniques ?). Je dois cependant admettre que son roman précédent, Le livre des illusions, est excellent. Du Paul Auster à son meilleur.
Les impasses bleues obscures.
Cette histoire sans fin d'un écrivain dans un bunker rempli d'annuaires téléphoniques, c'est peut-être quand la mémoire est un piège et qu'elle n'a pas de fin.
Inconstance...
Tiens c'est étrange, ça... je trouve aussi que Paul Auster est inconstant, mais pourtant j'ai bien aimé La musique du hasard, et détesté Le livre des illusions. Comme quoi les goûts varient. Je dirais que ses meilleurs livres sont la Trilogie New-Yorkaise, le Voyage d'Anna Blume et Moonpalace.
Inconstance ou Goût ?
Chacun a ses propres goûts et son propre caractère à aimer tels romans par rapport à d'autres mais je partage exactement les mêmes préférences de Paul Auster que Darnziak :
- Trilogie New-yorkaise
- Moon Palace
- Le voyage d'Anna Blume
- La musique du hasard
Enfin, je ne devrais pas dire forcément "préférences" mais en tout cas, je me souviens beaucoup + de ces 4 romans, lus il y a plusieurs années, que des plus récents comme Le livre des illusions, la nuit de l'oracle ou brooklyn follies. A quoi cela est dûe ? J'avoue, je n'en ai aucune idée. Je ne pense pas que ces livres soient moins bons que le précédents. Alors peut-être un effet "nostalgie", la découverte d'un auteur qui ont faits que mes premières lectures m'ont beaucoup plus marquées...
J'avais beaucoup aimé "Le voyage d'Anna Blume"... Hum, à relire, car ça fait très longtemps de ça...
Je l'ai enfin lu!!!! Magistral! :)
:) tout à fait d'accord!
Je n'ai pas lu grand chose du grand Auster, mais j'ai absolument détesté le premier tome de la Trilogie. Argh.
Je pense qu'en plus du caractère de chacun, il faut une prédisposition d'humeur :P
J'ai adoré «La nuit de l'oracle». J'ai souvent cette étrange conception de l'écriture, qui me fait fuir un peu l'autofiction par peur de la voir se réaliser. Étrange, non? Lire ça a exorcisé une partie de ma crainte et m'a donné envie de reprendre mes cahiers. Cahiers d'écriture, mais aussi cahiers de croquis.
L'effet s'est un peu dissipé depuis ma lecture :P Les circonstances de la vie ont fait que. Les belles excuses, hein? mdr!
Dernièrement, n'empêche: des jumelles. Ça occupe. mdr!
Je suis assez tentée par «Le voyage d'Anna Blume». :)
Charlie Bobine: je n'ai pas encore essayé sa trilogie. Il est sur ma PAL, son tour viendra. Jusqu'à maintenant, "Le voyage d'Anna Blume" reste un livre qui m'a beaucoup marquée, troublée et mon préféré je crois...
Mais c'est noir et peu positif... Ça en a rebuté plus d'un. Je serai curieuse de lire ton avis sur ce livre.
Paul Auster
J'ai lu la nuit de l'oracle après Moon Palace que je n'avais pas aimé et celui là par contre m'a emportée dans la spirale du vertige de Paul Auster et je les lis dans le désordre ce qui n'est pas grave en ce qui le concerne, le désordre serait même un plus. Je garde la trilogie pour la fin. Tombouctou par contre m'a permis de voir à travers les yeux d'un chien, c'est certain que ce n'est pas à notre honneur.
Frarelo: Moon palace est dans ma PAL... Tout comme Tombouctou! Je découvre Auster peu à peu mais c'est un auteur que j'aime beaucoup!
Enorme !
Lui aussi je l'ai lu, et j'ai absolument adoré : l'histoire, le style, les émotions et l'auteur !!
Je reste à la porte
je reste un peu à la porte de ce roman. En fait je n'ai aucune empathie pour les personnages: je ne les vois pas. Comme si leur représentation restait trop abstraite, pas aboutie. Ni le narrateur, ni la femme qu'il aime, ni l'ami, ni le personnage du roman qu'il écrit ne prennent corps dans mon esprit. Ils fonctionnent comme des marionnettes qui passent d'une situation (eu confortable) à une autre (encore moins confortable).
Je me faisais l'impression d'être une grenouille qui saute d'une feuille de nénuphar à une autre...
Autre remarque vacharde: notre écrivain a le goût très américain du détail; on sait à quel heure est pris le déjeuner, celle ou est rangée la vaisselle.("A sept heures, j'allai à la cuisine préparer un repas pour accueillir Grâce"). Ce que je déteste dans les biographies souvent bien faites des auteurs américains, je le retrouve là. C'est peut-être ça l'autofiction: mélanger son ordinaire à des aventures improbables...
Bon, que vais-je faire maintenant avec Paul Auster? J'essaie la Trilogie dont tout le monde dit du bien ici?
Pagine: c'est drôle comme la perception d'un roman d'une personne à l'autre peut être bien différente... Je n'ai pas du tout senti ce détachement face aux personnages...
Je suis désolée de voir qu'Auster n'a pas le même effet sur toi que sur moi! Décidément tu es bien persévérante pour te lancer encore dans autre chose de lui!
J'espère que cette fois-ci sera la bonne ;)
Tombouctou
Malgré la critique de Louis qui évoque "le monologue interminable d'un chien perdu dans Tombouctou", j'ai pris hier ce livre à la bibliothèque... Je continue ma découverte de P. Auster, "l'inconstant"...
Je n'ai pu accéder au site de Louis pour l'interroger.
Peut-être, Allie as-tu lu ce roman, bien qu'il n'apparaisse pas dans ta liste?
A bientôt donc pour mes impressions.
Pagine: je n'ai pas lu Tombouctou... Mais il est sur ma liste de livres à me procurer! Pour deux raisons: 1- j'adores les chiens! 2- J'adore Paul Auster ;)
Un avatar du roman picaresque
je crois avoir trouvé ( du petit bout de ma lorgnette, s'entend): les oeuvres de Paul Auster sont des avatars du roman picaresque. Il faut que les personnages vivent une succession d'aventures, d'incidents, de désagréments en tous genres pour exister...
La limite du genre romanesque serait-elle illustrée par ce romancier: on n'ose plus traiter d'histoires simples, mais il faudrait une surabondance d'aventures pour intéresser le lecteur...
J'en reviens à mon image de patchwork, où l'on passe d'un thème à un autre, comme dans une juxtaposition d'exercices imposés. c'est ce trop plein qui me gêne, plus que les déambulations physiques et intérieures qui ne sont pas sans me déplaire.
Virginia Woolf nous avait donné déjà un succulent "Flush" qui se trouvait confronté aux logiques, aux habitudes, aux codes des humains. Elle avait déjà écrit la symphonie des odeurs à laquelle succombe son personnage, la limite du langage réduit à l'aboiement. Mais, cet exercice de style (là aussi) où apparaît le destin d'une femme à travers la vision de son épagneul (comme chez Auster) n'a pas besoin, au contraire,d'aventures hors du commun pour parvenir à se fins: l'infirmité de la différence se donne à lire dans le quotidien.
Pagine: c'est toute une analyse que tu fais là de ce roman... Je ne sais trop quoi y répondre car j'avoue n'être pas allée aussi loin lors de ma lecture... Mais bon, avec Auster, je ne me pose même plus de questions, c'est une valeur sûre pour moi...
Au fait, Flush a-t-il été traduit en français? J'aimerais bien mettre la main dessus...








