11 novembre 2004
Une histoire des maîtresses
Une histoire des maîtresses - Elizabeth Abbott ![]()
Lu: novembre 2004
Résumé:
"Au XVIIIe siècle, la princesse indienne Pocahontas tourne le dos aux forêts de l’Amérique du Nord pour suivre son amant anglais dans les rues de Londres. Dans la France du XVIIe siècle, Madame de Montespan ne jouit pas seulement des faveurs du Roi-Soleil, mais à titre de maîtresse royale se révèle une figure clé de Versailles. Avant d’être l’un des philosophes les plus importants du XXe siècle, Hannah Arendt fut aussi, en son temps, la disciple et la maîtresse du philosophe Martin Heidegger. De nos jours enfin, chacun peut suivre dans les journaux la patiente conquête du cœur du prince Charles par une certaine Camilla Parker-Bowles, puissante rivale contre laquelle même la beauté et la jeunesse d’une Lady Di n’ont pu rien faire.
Qu’ont en commun toutes ces femmes? Elles font partie de cette catégorie qui, suivant les époques, a hanté les coulisses de l’histoire, en a récrit à sa façon le déroulement ou a fait les délices des journaux à potins. On les appelle des maîtresses, parfois des concubines. Avec fougue et conviction, Elizabeth Abbott évoque leur vie mouvementée, souvent douloureuse. Même près du pouvoir, ces femmes l’ont-elles jamais détenu? Suivons-les et relisons l’histoire à travers leur regard. Cela change tout."
Mon opinion:
Cette "histoire des maîtresses" est un gros pavé, qui se lit pratiquement comme un roman. À travers les époques, les différentes périodes, que ce soit dans la Rome antique, le Japon des Geishas, les maîtresses et la religion, durant l'Holocauste ou au cinéma américain, les maîtresses sont partout et à travers toutes les époques. L'auteur nous raconte leurs histoires mais c'est aussi l'histoire de l'évolution de la femme et des mentalités. J'ai appris pleins de choses, certaines pas toujours des plus joyeuses! Par exemple, dans la Rome antique, lors de la naissance d'un enfant, le bébé était déposé aux pieds du père. Si celui-ci prenait l'enfant, il lui accordait le droit de vivre. Dans le cas contraire on abandonnait l'enfant dans la nature et il finissait par en mourir (de faim, de froid ou attaqué par des bêtes sauvages). Dans l'aristocratie, les mariages comme on le sait étaient arrangés (pour affaires ou par convention sociale). Les femmes devaient donner un héritier (enfant mâle) au Roi ou au Duc. Par la suite elles pouvaient prendre un amant, étant libérées de leurs obligations d'épouses.
Saviez-vous qu'avant l'an 325 le mariage des prêtres catholiques étaient permis? Afin de laisser plus d'argent dans les caisses des églises (un prêtre seul coûte moins cher qu'une famille complète) et pour soi-disant laisser plus de temps au prêtre pour s'occuper de sa paroisse, le mariage fût banni. Les hommes déjà mariés n'avaient alors plus le droit d'avoir des relations sexuelles avec leurs épouses!
À l'époque des premiers colons d'Amérique, les mariages inter-raciaux étaient impensables. Les colons prenaient les femmes indigènes pour maîtresses jusqu'à ce qu'une femme blanche "bonne à marier" se pointe. Alors il laissait tomber l'indigène (et ses enfants) qui elle, croyait être sa femme. La compagnie de la Baie d'Hudson du temps de la traite des fourrures interdit tout d'abord les mariages inter-raciaux, avant de les tolérer, alors que la compagnie du Nord-Ouest les encourageait.
Autres vies, autres moeurs! Toutefois, ce livre est une source d'informations intéressante et j'en ai adoré la lecture! Je compte bien m'attaquer au premier bouquin de l'auteur: "Histoire de la chasteté et du célibat". Sa façon de raconter est captivante, je suis sûre que celui-ci est intéressant aussi!
9.5/10
Commentaires
félicitation
Si tout le monde pensait comme vous il y aurait plus de respect entre les humains.BRAVO
merci
du fond du coeur pour votre billet ca fait chaud au coeur ...Bravo ! je viens vous lire souvent mais ne post que rarement ...
Cordialement,
Sabrina
J'aimerai beaucoup lire ce roman, mais je me demandais ou je pouvais le trouver, et s'il était sortie en poche, sachant que je vis en France. Merci beaucoup pour cette belle critique.
Pauline: le livre est paru chez Fides. Je ne sais pas si ce sera facile de le trouver en France. Il n'existe pas en poche à ma connaissance. C'est plutôt un essai qu'un roman en fait...









