Le violon du fou
Le violon du fou - Selma Lagerlöf
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Loin de chez lui, Gunnar passe ses journées à jouer du violon au détriment de ses études. Lorsqu’il apprend que le domaine familial est en décrépitude, que sa mère est ruinée, il décide de rentrer, d’oublier sa musique et d’être enfin raisonnable. Confiant, le jeune héritier se met donc au travail en investissant leurs derniers sous dans l’élevage. Mais le troupeau est décimé par l’hiver. Impuissant, désespéré et honteux, Gunnar perd la raison. Devenu colporteur, il sillonne la région avec son éternel violon tel un mendiant halluciné, jusqu’au jour où, effrayé par d’obscures visions, il se réfugie dans un cimetière. Reprenant ses esprits, il perçoit soudain un bruit étrange. Du fond de son tombeau, une morte se relève…"
Mon opinion:
Un petit roman touchant, qui parle essentiellement d'amour et de musique. Une histoire qui se lit bien, beaucoup mieux que mon dernier essai avec l'auteur, "La légende de Gösta Berling". Les descriptions ne sont pas trop longues, les personnages crédibles et la petite Ingrid m'a touchée. Je l'ai lu en quelques heures à peine. Un beau roman, mpeme s'il n'est pas mon préféré de l'auteur.
Quelques extraits:
"La nostalgie retire à la rose son parfum et à la lune son éclat."
p.127
"Gunnar Hede avait l'impression qu'il ne pourrait pas lui dire à quel point il l'aimait. Cela ne pouvait pas se dire avec des mots, mais se montrer, par contre, chaque jour et à chaque instant tout au long d'une vie."
7.5/10
Et la brume et la neige
Et la brume et la neige - Michael Innes
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Querelles familiales et jalousies exacerbées des voisins désireux de racheter le domaine Arthur Ferryman ne s'attendait pas à une telle ambiance en arrivant au prieuré de Belrive pour y passer Noël auprès des siens. Et encore moins à ce qu'un de ses cousins y soit retrouvé mort ! Accident, erreur de personne ou crime délibéré ? Brillantes déductions, esprit caustique et humour so british : l'Ecossais Michael Innes nous plonge au cœur de la gentry anglaise des années trente-quarante, pour une quatrième enquête de John Appleby, le sympathique gentleman-policier de Scotland Yard."
Mon opinion:
J'avais très envie de lire ce volume depuis longtemps. Toutefois, je n'ai pas été si entousiasme après ma lecture. Le roman décolle très très tranquillement et il ne se passe quelque chose qu'à la moitié du livre. On se demande même parfois si on lit réellement un roman policier... pas l'ombre d'un meurtrier, d'un crime ou d'un policier avant la moitié du livre. Tous ont des raisons d'avoir commis le crime: ils s'amusent à élaborer chacun, une raison pour qu'un autre membre de la famille l'ait fait. L'histoire est légèrement invraisemblable et on ne croit pas le moins du monde aux réactions de cette famille... C'est lourd et rempli de détails inutiles... Mis à part quelques phrases bien choisies et un ou deux "punchs" intéressant, c'est un style de roman policier qui ne me convient pas, hélas!
5/10
La légende de Gösta Berling
La légende de Gösta Berling - Selma Lagerlöf
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Selma Lagerlöf nous raconte la vie bizarre, brutale et à demi fantastique d'une petite commune du Vermland, sa province à elle, dans la première moitié du XIXe siècle. Ses héros sont des paysans, des officiers retraités, des bohèmes et surtout Gösta Berling, le pasteur défroqué, buveur, joueur, débauché, qui répand autour de lui la joie, et la folie de vivre. On lit La légende un peu comme on assiste à une longue veillée où des personnages rudes, impulsifs, fantasques, viennent chacun raconter leur histoire..."
Mon opinion:
J'ai bien aimé la première partie du livre. L'histoire commence bien et est intéressante. Toutefois, plus le livre avançait, plus je m'emmêlais: trop de personnages, de noms de lieux différents, de péripéties difficiles à suivre... Parfois, je n'étais plus certaine si je lisais un roman, des contes ou des nouvelles, tellement tout changeait trop vite. L'auteur, que j'apprécie grandement depuis que je l'ai découvert, passe avec ce livre, du coq à l'âne sans préavis. Dur à suivre... je l'ai finallement abandonné aux 3/4, n'en pouvant plus et me trouvant toute sorte de prétextes pour ne pas le terminer... Décevant.
3/10
Le banni
Le banni - Selma Lagerlöf
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Telle est la malédiction qui poursuit Sven Elversson : on croit savoir qu’au cours d’une expédition polaire qui a tourné au désastre, il aurait mangé de la chair humaine. De retour dans son île natale, il est livré à la réprobation publique par le pasteur du village. Désormais, quels que soient ses efforts pour se racheter, Sven fera figure de coupable — même aux yeux de la jolie femme du pasteur, qui ne peut démêler les troubles sentiments que le "banni" lui inspire…"
Mon opinion:
Ce livre est le deuxième roman que je découvre de l'auteur Selma Lagerlöf. L'histoire est intéressante et c'est le genre de livre qui nous pousse à réfléchir un peu plus sur la vie, la mort, le bien et le mal. Lire un roman de Lagerlöf c'est se laisser guider. Parfois, on ne sait pas du tout où elle veut en venir et l'on se demande bien sur quel chemin on est. Nouveaux personnages, nouvelles situations. Mais l'histoire est très bien tissée et le roman, très touchant. Un beau regard également des plaines rocailleuses de la Suède...
Quelques extraits:
"...chagrin? C'est quoi? Pleurer un mort! C'est quoi? C'est quoi comparé à pleurer un vivant?"
p.199 (éd. Actes Sud, différente de l'image)
"Il est peut-être dangereux pour un vivant de s'associer avec la mort. Elle peut vous prendre au sérieux."
p.215
"-Tu sais ce qu'il est advenu de notre second officier? dit Joël. Après qu'il avait regardé ce désastre un moment, il a fermé les yeux et il a sauté par-dessus bord pour dispraître à jamais. Il savait qu'après avoir vu ça, il ne pourrait plus supporter la vie."
p.285
"-Si mon malheur pouvait faire que les gens se mettent à penser qu'un être vivant est inattaquable, dit-il, qu'il ne doit pas être dépouillé de sa vie, ni mis hors d'état d'en profiter, alors quelque chose de bon aura quand même germé des semailles amères de mes tourments."
p.289
8.5/10
Virginia Woolf
Nigel Nicolson
Fides
227 pages
Résumé:
"La vie de Virginia Woolf, membre du cercle avant - gardiste de Bloomsbury, ne laisse pas d'intriguer. Nigel Nicolson, le fils des écrivains Harold Nicolson et de Vita Sackville - West - l'une des plus proches amies de Virginia Woolf - , puise dans ses souvenirs pour raconter l'histoire de Virginia. Nicolson évoque son enfance avec Virginia, ses promenades autour de la propriété ancestrale, son ébauche d'Orlando ou encore la création des célèbres Mrs. Dalloway et Vers le phare. Cet ouvrage explore notamment les positions de Virginia Woolf sur le féminisme et la nature de la guerre, et révèle la profonde admiration de l'auteur pour cet incomparable écrivain."
Mon commentaire:
J'aime beaucoup le format de cette petite collection de biographies de Grands Écrivains paru chez Fides. Le livre sur Virginia Woolf est intéressant à bien des égards: l'auteur est le fils de l'amante de Virginia Woolf. J'ai appris beaucoup de choses sur le vie de Virginia. Ses parents sont décédés lorsqu'ils étaients assez jeunes. Les enfants Stephen (nom de famille de jeune fille de Virginia) ont vécus longtemps ensembles dans une maison qu'ils louaient, jusqu'à ce que chacun se marie ou décède.
Virginia a toujours été faible et fragile émotionnellement. Avec son mari, elle créera une petite maison d'édition, la Hogart Press, et imprimera ses propres livres ainsi que ceux d'écrivains réputés: Vita Sackville-West (la mère de l'auteur de ce présent livre), Freud, T.S. Eliot et R.M. Rilke.
Virginia n'aimait pas les enfants et n'en voulait pas. Le médecin lui interdit d'ailleurs d'en avoir à cause de sa santé chancelante. Virginia traversera de nombreuses crises de panique et de folie à travers sa vie, pour finalement, après plusieurs tentatives de suicides, des hallucinations auditives et une grande détresse psychologique, se suicider. Elle se jettera dans la rivière, des cailloux dans les poches et se laissera couler...
J'ai mis plusieurs jours à terminer le livre de Nicolson, alors qu'il ne s'agit que d'une biographie d'un peu plus de 200 pages. Le livre me laisse l'impression d'une femme pleine de préjugés, qui avait des opinions très arrêtées sur des sujets qu'elle ne connaissait pas. Elle n'aimait pas l'Amérique alors qu'elle n'y était jamais allée et méprisait ceux qui en sont natifs. Elle ne leur reconnaît aucune culture ni littérature.
Le livre me laisse aussi le sentiment que Virginia était une femme pleine de paradoxes. Elle entretenait des relations homosexuelles (très mal vues à l'époque et encore aujourd'hui, l'homosexualité demeure tabous dans bien des cultures) alors qu'elle condamnait beaucoup de gens ou d'opinions sans vraiment les connaître. Je pense que le livre de Nigel Nicolson nous laisse sur une impression un peu négative de l'auteur. En lisant d'autres livres d'elle, je crois que je pourrais m'en faire une idée un peu plus claire.
Dashiell Hammett: une vie
Dashiell Hammett: une vie - Diane Johnson ![]()
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Lillian Hellman, la compagne de Dashiell Hammett, a ouvert ses archives à Diane Johnson, révélant ainsi des aspects inconnus de la vie de cet immense écrivain, décédé en 1961, miné par l'alcool et la tuberculose. Dashiell Hammett; originaire d'un comté rural du Maryland, quitte l'école à quatorze ans pour excercer divers métiers. C'est à la parution de son cinquième livre, L'introuvable, qu'il connaîtra le succès. Après avoir fréquenté les milieux du cinéma à Hollywood, il subira lors de son retour de la Seconde Guerre mondiale les attaques violentes du maccarthysme, et connaîtra la prison, victime de son soutien à l'URSS.
Son œuvre a révolutionné la littérature de notre époque, et Dashiell Hammett, l'inventeur du «polar noir», est considéré aujourd'hui comme l'égal des plus grands."
Mon opinion:
Une biographie des plus captivantes! Depuis quelques temps j'entends beaucoup parler de Dashiell Hammett, auteur de romans policiers que je ne connaissais que de nom et que je n'ai encore jamais lu. C'est par le livre "Histoire des maîtresses" qui parlait de sa compagne Lillian Hellman que je me suis intéressée à Hammett. La biographie est très complète, avec des tonnes d'extraits de lettres, de romans, de dépliants, d'articles de journaux, etc. L'auteur connaît son sujet et on le voit bien. La lecture de cette biographie est très riche. On en sait beaucoup sur Hammett quand on referme le livre... Il y a certains passages qui m'ont un peu perdue, surtout ceux qui traitent du communiste. N'en connaissant pas grand chose mis à part les grandes lignes, j'avais un peu de difficultés à suivre. Mais le reste est très bon. Si vous avez déjà lu Dashiell Hammett et que vous avez aimé, cette biographie est toute trouvée. Car l'auteur, a eu une vie extraordinaire et il parle énormément de son écriture dans les extraits des lettres qui nous sont présentés.
Quelques extraits:
"La vie était d'une tranquilité rare sur ces îlots pelés qui forment la partie la plus inaccessible de l'Alaska. Hammett s'y adapta vite. [...] Il travaillait à la station de radio de la base; on l'avait chargé de la rubrique littéraire; et cela lui convenait très bien."
p.264 (éditons Payot et non celle imagée)
"Il était plus actif que jamais, car il entendait bien montrer que la prison ne l'avait nullement brisé. Il n'avait pas changé d'opinion, et il voulait le clamer haut et fort. La liberté de penser était sacrée pour lui. S'il avait une conviction vraiment profonde, ça ne pouvait être que celle-là."
p.377
"N'importe quel écrivain a ses bons jours, les jours où il voit tout en rose. Et ses mauvais, ceux où rien ne va, qui le rendent morose, abattu, dépressif."
p.381
"Je me réjouis que tu ne sois pas comédienne (écrit-il à Lillian Hellman): ces gens-là sont capables de gamineries que le reste du monde n'imagine même pas, et si jamais je m'aperçois que je me goure et que le reste du monde est aussi puéril que les comédiens, je renoncerai à toute activité politique destinée à l'amélioration de la race humaine et je me mettrai au tricot."
p.400
"Réaliste. Rigoureux. Plein de sève. Cynique. Amoral. Immoral. Brutal. Dur-à-cuire. Ce sont des épithètes que l'on a accolées au nom de Hammett à divers moments de sa carrière. Mais il en est une qui lui va mieux que toutes les autres: authentique."
p.431
9/10
Hammett
Hammett - Jean Dufaux & Marc Malès
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Etats-Unis, début des années 50 : Mc Carthy pourchasse tous ceux qui de près ou de loin encouragent les idées communistes. L'écrivain Samuel Dashiell est de ceux-là. Traqué par le FBI, il raconte l'histoire de Poisonville, bourgade imaginaire d'un de ses romans. Tout débute trente ans plus tôt alors qu'il était détective de l'agence Pinkerton. Le jeune Hammett arrive à Butte dans le Montana afin d'y découvrir un certain Frank Little. La politique, le crime, les chantages, les femmes, vont transformer la vie du jeune détective."
Mon opinion:
Lisant parallèlement la biographie de Dashiell Hammett, cette bande dessinée s'imposait d'elle-même. J'y ai donc retrouvé des moments de la vie de Hammett, raconté sous forme d'intrigue policière. J'ai bien aimé la façon de faire des auteurs, le scénario et les dessins. Les auteurs me sont aussi très sympathiques (principalement à cause de la longue note sur la première page). Je pense aussi que c'est une bonne initiative d'avoir créé la collection Grands écrivains en bande dessinée. C'est un hommage très intéressant. J'ai cependant quelques bémols à apporter. J'ai trouvé que les dessins étaient très beaux, mais certains personnages beaucoup trop ressemblants... Si bien que j'avais parfois de la difficulté à savoir de qui il s'agissait. Ma version était également mal imprimée (j'ose espérer que tous les livres ne sont pas ainsi) et parfois, il me manquait des mots en plein centre des phrases...
Malgré tout une bande dessinée intéressante si vous connaissez déjà Hammett. Peut-être pas à lire si vous ne savez pas du tout qui c'est. Vous pourriez alors rester un peu perplexe...
7/10
Il faut tuer Constance
Il faut tuer Constance - Ray Bradbury
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Par une nuit de tempête, un romancier en panne d'inspiration reçoit l'étrange visite de Constance Rattigan, une actrice mythique. Elle se sent persécutée. Pour preuve, ce " livre des morts " déposé devant chez elle et dans lequel sont énumérées les personnalités défuntes qu'elle a connues autrefois, ainsi que le nom de morts à venir. Elle figure sur cette liste... Afin de venir en aide à son amie et de percer ce mystère, l'auteur plonge dans le passé de la star, convoque le fantôme de ses producteurs, de ses partenaires connus et inconnus, ressuscitant ainsi l'univers légendaire du Hollywood de la grande époque."
Mon opinion:
Ce volume est le troisième opus du cycle de Constance Rattigan. Je n'ai pas lu les deux autres volumes (qui sont "La solitude est un cercueil de verre" puis prolongé par "Le Fantôme d'Hollywood".) Comme il ne s'agit pas vraiment de suites, je ne pense pas que l'on doive tout lire pour bien comprendre. Cependant, je n'ai vraiment pas aimé ce livre et je n'ai pas pu le terminer. Rien dans le récit me poussait à me rendre jusqu'à la fin. J'en ai quand même lu une bonne partie. C'est d'ailleurs dans le premier quart du roman que j'ai puisé mes extraits, puisque le début du livre donne envie de poursuivre la lecture. Mais lorsque les deux protagonistes partent à la recherche de Califa, de l'homme aux journaux, de Monsieur Rattigan, ils m'ont totalement perdue en route: je n'avais plus envie de continuer. Bradbury nous a habitué à de meilleurs romans!
Quelques extraits:
"C'était une sombre nuit de tempête. N'est-ce pas ainsi qu'on appâte son lecteur?"
p.9
"La seule chose qui bougeât à dix kilomètres à la ronde était la Mort. Et quelqu'un courant à toutes jambes pour lui échapper. Et venant cogner à la porte de papier de mon bungalow [...]"
p.9
"Minuit apporte un plaisir rare quand les ombres sous les arbres soulèvent leurs jupes et glissent. Le vent se lève, les feuilles tombent. Les bruits de pas trouvent un écho. Les poutres et les planchers grincent. La poussière tombe des ailes d'anges sculptés dans la pierre. Les mystères prennent leur essor telle des corneilles. Avant j'aube, les lampadaires s'éteignent et, pendant un bref instant, la ville est aveugle."
p.26
4/10
Théâtre: La Nuit de Valogne, Le Visiteur, Le Bâillon, L'École du Diable.
Théâtre tome 1 - Eric-Emmanuel Schmitt ![]()
Lu: janvier 2005
Résumé:
"«La philosophie prétend expliquer le monde, le théâtre le représenter. Mêlant les deux, j'essaie de réfléchir dramatiquement la condition humaine, d'y déposer l'intimité de mes interrogations, d'y exprimer mon désarroi comme
mon espérance, avec l'humour et la légèreté qui tiennent aux paradoxes de notre destinée. Le succès rend humble :
ce que je croyais être mon théâtre intime s'est révélé correspondre aux questions de beaucoup de mes contemporains
et à leur profond désir de réenchanter la vie.» Eric-Emmanuel Schmitt."
Mon opinion:
Ce livre regroupe 4 pièces de théâtre de l'auteur:
La nuit de Valognes
Cette pièce raconte le procès de Don Juan, le grand séducteur, fait par un groupe de femmes qu'il a aimées et flouées.
Le visiteur
Il s'agit de la rencontre entre Freud, un athé, et Dieu, au temps du Nazisme et des camps de concentration.
Le Bâillon
est une pièce en un acte, un long monologue d'un homme atteint d'une maladie mortelle.
L'école du diable
cette pièce en un acte est une réflexion sur le mal. Le diable est en dépression car il trouve que le mal est désormais banalisé et que notre siècle ne fait plus grand cas de lui, comme dans le passé.
J'ai adoré ces pièces, principalement les deux premières. Mais le livre entier est très intéressant. Teinté de philosophie, ces pièces traitent de sujets toujours chers à Schmitt, des sujets assez difficiles: la mort, la justice, la guerre, le bien et le mal. Du théâtre qui se lit facilement, très accessible et pas très compliqué, malgré la richesse de ses réflexions.
Quelques extraits:
"Jusqu'à ce soir, tu pensais que la vie était absurde. Désormais tu sauras qu'elle est mystérieuse."
p.215, Le visiteur.
"Voyez, Monsieur, depuis que je suis ici, rien ne va plus. Je souffre. Car le mal, ce n'est pas la douleur - non, ça, c'est une idée de vétérinaire -, le mal, c'est l'imagination!"
p.230, Le bâillon.
9.5/10
Lila, Lila
Lila, Lila - Martin Suter ![]()
Lu: décembre-janvier 2005
Résumé:
"Lorsque David Kern, serveur dans un bistrot branché d'une grande ville, fait l'acquisition chez un brocanteur d'une vieille table de chevet écornée, rien ne lui annonce que sa vie va basculer. Tel va pourtant être le cas : la table de nuit contient, dans son tiroir coincé, le manuscrit d'un roman qu'un mystérieux auteur semble avoir oublié là avant de se suicider. L'amour d'une jeune cliente du bar pousse alors David vers la plus folle des aventures, qui le comblera de bonheur. Jusqu'à l'apparition d'un mystérieux personnage, clochard respectueux, alcoolique retenu, qui prend rapidement le contrôle du jeune homme..."
Mon opinion:
Suter a le don du suspense. Bien qu'il s'agisse d'un roman, on est entraîné d'une page à l'autre et on se laisse tout simplement engloutir dans les mots de l'auteur. J'ai particulièrement aimé ce roman, pour son histoire qui touche les livres et pour tout l'univers entourant ce fameux manuscrit que Martin Suter a créé. Un roman intéressant qui me donne qu'une envie: découvrir les autres romans qu'il a écrit!
Quelques extraits:
"David connaissait les commandes par coeur et les aurait apportées sans rien demander si cela ne lui avait pas valu une mauvaise expérience, un soir où il avait apporté son rioja à Ralph quelques instants après l'avoir vu s'asseoir.
-Je n'ai pas commandé de rioja, avait dit Ralph.
-Excuse-moi. Je me disais, comme tu commandes toujours un rioja... Qu'est-ce que je te sers, alors?
-Un rioja.
David avait déposé le verre devant lui, un rictus aux lèvres.
-Pas ce rioja-là. Je voudrais le rioja que j'ai commandé."
p.29
"-Voilà Silvie. Elle apprend aux jeunes à dessiner de vieilles chaussures d'après nature. Sandra veille à ce que les passagers ne gonflent jamais leurs gilets de sauvetage avant de quitter l'avion. Roger rédige ces trucs qu'on lit sur les publicités que personne ne lit. Rolli fait en sorte qu'elles restent illisibles, même pour ceux qui voudraient les lire. [...] Et toi?"
p.42
"Au cours des quelques mois de son succès, il avait appris tout ce qu'un écrivain devait pouvoir faire. La seule chose qui lui manquât encore, c'était l'écriture."
p.303
Voilà! Le ton est donné. Bonne lecture!
9.5/10





























