30 janvier 2005
Le violon du fou
Le violon du fou - Selma Lagerlöf
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Loin de chez lui, Gunnar passe ses journées à jouer du violon au détriment de ses études. Lorsqu’il apprend que le domaine familial est en décrépitude, que sa mère est ruinée, il décide de rentrer, d’oublier sa musique et d’être enfin raisonnable. Confiant, le jeune héritier se met donc au travail en investissant leurs derniers sous dans l’élevage. Mais le troupeau est décimé par l’hiver. Impuissant, désespéré et honteux, Gunnar perd la raison. Devenu colporteur, il sillonne la région avec son éternel violon tel un mendiant halluciné, jusqu’au jour où, effrayé par d’obscures visions, il se réfugie dans un cimetière. Reprenant ses esprits, il perçoit soudain un bruit étrange. Du fond de son tombeau, une morte se relève…"
Mon opinion:
Un petit roman touchant, qui parle essentiellement d'amour et de musique. Une histoire qui se lit bien, beaucoup mieux que mon dernier essai avec l'auteur, "La légende de Gösta Berling". Les descriptions ne sont pas trop longues, les personnages crédibles et la petite Ingrid m'a touchée. Je l'ai lu en quelques heures à peine. Un beau roman, mpeme s'il n'est pas mon préféré de l'auteur.
Quelques extraits:
"La nostalgie retire à la rose son parfum et à la lune son éclat."
p.127
"Gunnar Hede avait l'impression qu'il ne pourrait pas lui dire à quel point il l'aimait. Cela ne pouvait pas se dire avec des mots, mais se montrer, par contre, chaque jour et à chaque instant tout au long d'une vie."
7.5/10
27 janvier 2005
Et la brume et la neige
Et la brume et la neige - Michael Innes
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Querelles familiales et jalousies exacerbées des voisins désireux de racheter le domaine Arthur Ferryman ne s'attendait pas à une telle ambiance en arrivant au prieuré de Belrive pour y passer Noël auprès des siens. Et encore moins à ce qu'un de ses cousins y soit retrouvé mort ! Accident, erreur de personne ou crime délibéré ? Brillantes déductions, esprit caustique et humour so british : l'Ecossais Michael Innes nous plonge au cœur de la gentry anglaise des années trente-quarante, pour une quatrième enquête de John Appleby, le sympathique gentleman-policier de Scotland Yard."
Mon opinion:
J'avais très envie de lire ce volume depuis longtemps. Toutefois, je n'ai pas été si entousiasme après ma lecture. Le roman décolle très très tranquillement et il ne se passe quelque chose qu'à la moitié du livre. On se demande même parfois si on lit réellement un roman policier... pas l'ombre d'un meurtrier, d'un crime ou d'un policier avant la moitié du livre. Tous ont des raisons d'avoir commis le crime: ils s'amusent à élaborer chacun, une raison pour qu'un autre membre de la famille l'ait fait. L'histoire est légèrement invraisemblable et on ne croit pas le moins du monde aux réactions de cette famille... C'est lourd et rempli de détails inutiles... Mis à part quelques phrases bien choisies et un ou deux "punchs" intéressant, c'est un style de roman policier qui ne me convient pas, hélas!
5/10
25 janvier 2005
La légende de Gösta Berling
La légende de Gösta Berling - Selma Lagerlöf
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Selma Lagerlöf nous raconte la vie bizarre, brutale et à demi fantastique d'une petite commune du Vermland, sa province à elle, dans la première moitié du XIXe siècle. Ses héros sont des paysans, des officiers retraités, des bohèmes et surtout Gösta Berling, le pasteur défroqué, buveur, joueur, débauché, qui répand autour de lui la joie, et la folie de vivre. On lit La légende un peu comme on assiste à une longue veillée où des personnages rudes, impulsifs, fantasques, viennent chacun raconter leur histoire..."
Mon opinion:
J'ai bien aimé la première partie du livre. L'histoire commence bien et est intéressante. Toutefois, plus le livre avançait, plus je m'emmêlais: trop de personnages, de noms de lieux différents, de péripéties difficiles à suivre... Parfois, je n'étais plus certaine si je lisais un roman, des contes ou des nouvelles, tellement tout changeait trop vite. L'auteur, que j'apprécie grandement depuis que je l'ai découvert, passe avec ce livre, du coq à l'âne sans préavis. Dur à suivre... je l'ai finallement abandonné aux 3/4, n'en pouvant plus et me trouvant toute sorte de prétextes pour ne pas le terminer... Décevant.
3/10
23 janvier 2005
Le banni
Le banni - Selma Lagerlöf
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Telle est la malédiction qui poursuit Sven Elversson : on croit savoir qu’au cours d’une expédition polaire qui a tourné au désastre, il aurait mangé de la chair humaine. De retour dans son île natale, il est livré à la réprobation publique par le pasteur du village. Désormais, quels que soient ses efforts pour se racheter, Sven fera figure de coupable — même aux yeux de la jolie femme du pasteur, qui ne peut démêler les troubles sentiments que le "banni" lui inspire…"
Mon opinion:
Ce livre est le deuxième roman que je découvre de l'auteur Selma Lagerlöf. L'histoire est intéressante et c'est le genre de livre qui nous pousse à réfléchir un peu plus sur la vie, la mort, le bien et le mal. Lire un roman de Lagerlöf c'est se laisser guider. Parfois, on ne sait pas du tout où elle veut en venir et l'on se demande bien sur quel chemin on est. Nouveaux personnages, nouvelles situations. Mais l'histoire est très bien tissée et le roman, très touchant. Un beau regard également des plaines rocailleuses de la Suède...
Quelques extraits:
"...chagrin? C'est quoi? Pleurer un mort! C'est quoi? C'est quoi comparé à pleurer un vivant?"
p.199 (éd. Actes Sud, différente de l'image)
"Il est peut-être dangereux pour un vivant de s'associer avec la mort. Elle peut vous prendre au sérieux."
p.215
"-Tu sais ce qu'il est advenu de notre second officier? dit Joël. Après qu'il avait regardé ce désastre un moment, il a fermé les yeux et il a sauté par-dessus bord pour dispraître à jamais. Il savait qu'après avoir vu ça, il ne pourrait plus supporter la vie."
p.285
"-Si mon malheur pouvait faire que les gens se mettent à penser qu'un être vivant est inattaquable, dit-il, qu'il ne doit pas être dépouillé de sa vie, ni mis hors d'état d'en profiter, alors quelque chose de bon aura quand même germé des semailles amères de mes tourments."
p.289
8.5/10
21 janvier 2005
Virginia Woolf
Virginia Woolf - Nigel Nicolson
Lu: janvier 2005
Résumé:
"La vie de Virginia Woolf, membre du cercle avant - gardiste de Bloomsbury, ne laisse pas d'intriguer. Nigel Nicolson, le fils des écrivains Harold Nicolson et de Vita Sackville - West - l'une des plus proches amies de Virginia Woolf - , puise dans ses souvenirs pour raconter l'histoire de Virginia. Nicolson évoque son enfance avec Virginia, ses promenades autour de la propriété ancestrale, son ébauche d'Orlando ou encore la création des célèbres Mrs. Dalloway et Vers le phare. Cet ouvrage explore notamment les positions de Virginia Woolf sur le féminisme et la nature de la guerre, et révèle la profonde admiration de l'auteur pour cet incomparable écrivain."
Mon opinion:
J'aime beaucoup le format de cette petite collection de biographies de Grands Écrivains parue chez Fides. Le livre sur Virginia Woolf est intéressant à bien des égards: l'auteur est le fils de l'amante de Virginia Woolf. J'ai appris beaucoup de choses sur le vie de Virginia. Ses parents sont décédés lorsqu'ils étaients assez jeunes. Les enfants Stephen (nom de famille de jeune fille de Virginia) ont vécus longtemps ensembles dans une maison qu'ils louaient, jusqu'à ce que chacun se marie ou décède. Virginia a toujours été faible et fragile émotionnellement. Avec son mari, elle créera une petite "maison d'édition", la Hogart Presse, et imprimera ses propres livres ainsi que ceux d'écrivains réputés: Vita (la mère de l'auteur de ce présent livre), Freud, T.S. Eliot et R.M. Rilke.
Virginia n'aimait pas les enfants et n'en voulait pas. Le médecin l'interdit d'ailleurs d'en avoir à cause de sa santé chancelante. Virginia traversera de nombreuses crises de panique et de folie à travers sa vie, pour finalement, après plusieurs tentatives de suicides, des hallucinations auditives et une grande détresse psychologique, se suicider. Elle se jettera dans la rivière, des cailloux dans les poches et se laissera couler...
J'ai mis plusieurs jours à terminer le livre de Nicolson, alors qu'il ne s'agit que d'une biographie d'un peu plus de 200 pages. Le livre me laisse l'impression d'une femme pleine de préjugés, qui avait des opinions très arrêtées sur des sujets qu'elle ne connaissait pas. Elle n'aimait pas l'Amérique alors qu'elle n'y était jamais allée et méprise ceux qui y sont natifs, ne leur reconnaît aucune culture ni littérature. Le livre me laisse aussi le sentiment que Virginia était une femme pleine de paradoxes. Elle entretenait des relations homosexuelles (très mal vues à l'époque et encore aujourd'hui) alors qu'elle condamnait beaucoup de gens ou d'opinions sans vraiment les connaître. Je pense que le livre de Nigel Nicolson nous laisse sur une impression un peu négative de l'auteur. En lisant d'autres livres d'elle, je crois que je pourrais m'en faire une idée un peu plus claire.
6.5/10
18 janvier 2005
Dashiell Hammett: une vie
Dashiell Hammett: une vie - Diane Johnson ![]()
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Lillian Hellman, la compagne de Dashiell Hammett, a ouvert ses archives à Diane Johnson, révélant ainsi des aspects inconnus de la vie de cet immense écrivain, décédé en 1961, miné par l'alcool et la tuberculose. Dashiell Hammett; originaire d'un comté rural du Maryland, quitte l'école à quatorze ans pour excercer divers métiers. C'est à la parution de son cinquième livre, L'introuvable, qu'il connaîtra le succès. Après avoir fréquenté les milieux du cinéma à Hollywood, il subira lors de son retour de la Seconde Guerre mondiale les attaques violentes du maccarthysme, et connaîtra la prison, victime de son soutien à l'URSS.
Son œuvre a révolutionné la littérature de notre époque, et Dashiell Hammett, l'inventeur du «polar noir», est considéré aujourd'hui comme l'égal des plus grands."
Mon opinion:
Une biographie des plus captivantes! Depuis quelques temps j'entends beaucoup parler de Dashiell Hammett, auteur de romans policiers que je ne connaissais que de nom et que je n'ai encore jamais lu. C'est par le livre "Histoire des maîtresses" qui parlait de sa compagne Lillian Hellman que je me suis intéressée à Hammett. La biographie est très complète, avec des tonnes d'extraits de lettres, de romans, de dépliants, d'articles de journaux, etc. L'auteur connaît son sujet et on le voit bien. La lecture de cette biographie est très riche. On en sait beaucoup sur Hammett quand on referme le livre... Il y a certains passages qui m'ont un peu perdue, surtout ceux qui traitent du communiste. N'en connaissant pas grand chose mis à part les grandes lignes, j'avais un peu de difficultés à suivre. Mais le reste est très bon. Si vous avez déjà lu Dashiell Hammett et que vous avez aimé, cette biographie est toute trouvée. Car l'auteur, a eu une vie extraordinaire et il parle énormément de son écriture dans les extraits des lettres qui nous sont présentés.
Quelques extraits:
"La vie était d'une tranquilité rare sur ces îlots pelés qui forment la partie la plus inaccessible de l'Alaska. Hammett s'y adapta vite. [...] Il travaillait à la station de radio de la base; on l'avait chargé de la rubrique littéraire; et cela lui convenait très bien."
p.264 (éditons Payot et non celle imagée)
"Il était plus actif que jamais, car il entendait bien montrer que la prison ne l'avait nullement brisé. Il n'avait pas changé d'opinion, et il voulait le clamer haut et fort. La liberté de penser était sacrée pour lui. S'il avait une conviction vraiment profonde, ça ne pouvait être que celle-là."
p.377
"N'importe quel écrivain a ses bons jours, les jours où il voit tout en rose. Et ses mauvais, ceux où rien ne va, qui le rendent morose, abattu, dépressif."
p.381
"Je me réjouis que tu ne sois pas comédienne (écrit-il à Lillian Hellman): ces gens-là sont capables de gamineries que le reste du monde n'imagine même pas, et si jamais je m'aperçois que je me goure et que le reste du monde est aussi puéril que les comédiens, je renoncerai à toute activité politique destinée à l'amélioration de la race humaine et je me mettrai au tricot."
p.400
"Réaliste. Rigoureux. Plein de sève. Cynique. Amoral. Immoral. Brutal. Dur-à-cuire. Ce sont des épithètes que l'on a accolées au nom de Hammett à divers moments de sa carrière. Mais il en est une qui lui va mieux que toutes les autres: authentique."
p.431
9/10
16 janvier 2005
Hammett
Hammett - Jean Dufaux & Marc Malès
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Etats-Unis, début des années 50 : Mc Carthy pourchasse tous ceux qui de près ou de loin encouragent les idées communistes. L'écrivain Samuel Dashiell est de ceux-là. Traqué par le FBI, il raconte l'histoire de Poisonville, bourgade imaginaire d'un de ses romans. Tout débute trente ans plus tôt alors qu'il était détective de l'agence Pinkerton. Le jeune Hammett arrive à Butte dans le Montana afin d'y découvrir un certain Frank Little. La politique, le crime, les chantages, les femmes, vont transformer la vie du jeune détective."
Mon opinion:
Lisant parallèlement la biographie de Dashiell Hammett, cette bande dessinée s'imposait d'elle-même. J'y ai donc retrouvé des moments de la vie de Hammett, raconté sous forme d'intrigue policière. J'ai bien aimé la façon de faire des auteurs, le scénario et les dessins. Les auteurs me sont aussi très sympathiques (principalement à cause de la longue note sur la première page). Je pense aussi que c'est une bonne initiative d'avoir créé la collection Grands écrivains en bande dessinée. C'est un hommage très intéressant. J'ai cependant quelques bémols à apporter. J'ai trouvé que les dessins étaient très beaux, mais certains personnages beaucoup trop ressemblants... Si bien que j'avais parfois de la difficulté à savoir de qui il s'agissait. Ma version était également mal imprimée (j'ose espérer que tous les livres ne sont pas ainsi) et parfois, il me manquait des mots en plein centre des phrases...
Malgré tout une bande dessinée intéressante si vous connaissez déjà Hammett. Peut-être pas à lire si vous ne savez pas du tout qui c'est. Vous pourriez alors rester un peu perplexe...
7/10
11 janvier 2005
Il faut tuer Constance
Il faut tuer Constance - Ray Bradbury
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Par une nuit de tempête, un romancier en panne d'inspiration reçoit l'étrange visite de Constance Rattigan, une actrice mythique. Elle se sent persécutée. Pour preuve, ce " livre des morts " déposé devant chez elle et dans lequel sont énumérées les personnalités défuntes qu'elle a connues autrefois, ainsi que le nom de morts à venir. Elle figure sur cette liste... Afin de venir en aide à son amie et de percer ce mystère, l'auteur plonge dans le passé de la star, convoque le fantôme de ses producteurs, de ses partenaires connus et inconnus, ressuscitant ainsi l'univers légendaire du Hollywood de la grande époque."
Mon opinion:
Ce volume est le troisième opus du cycle de Constance Rattigan. Je n'ai pas lu les deux autres volumes (qui sont "La solitude est un cercueil de verre" puis prolongé par "Le Fantôme d'Hollywood".) Comme il ne s'agit pas vraiment de suites, je ne pense pas que l'on doive tout lire pour bien comprendre. Cependant, je n'ai vraiment pas aimé ce livre et je n'ai pas pu le terminer. Rien dans le récit me poussait à me rendre jusqu'à la fin. J'en ai quand même lu une bonne partie. C'est d'ailleurs dans le premier quart du roman que j'ai puisé mes extraits, puisque le début du livre donne envie de poursuivre la lecture. Mais lorsque les deux protagonistes partent à la recherche de Califa, de l'homme aux journaux, de Monsieur Rattigan, ils m'ont totalement perdue en route: je n'avais plus envie de continuer. Bradbury nous a habitué à de meilleurs romans!
Quelques extraits:
"C'était une sombre nuit de tempête. N'est-ce pas ainsi qu'on appâte son lecteur?"
p.9
"La seule chose qui bougeât à dix kilomètres à la ronde était la Mort. Et quelqu'un courant à toutes jambes pour lui échapper. Et venant cogner à la porte de papier de mon bungalow [...]"
p.9
"Minuit apporte un plaisir rare quand les ombres sous les arbres soulèvent leurs jupes et glissent. Le vent se lève, les feuilles tombent. Les bruits de pas trouvent un écho. Les poutres et les planchers grincent. La poussière tombe des ailes d'anges sculptés dans la pierre. Les mystères prennent leur essor telle des corneilles. Avant j'aube, les lampadaires s'éteignent et, pendant un bref instant, la ville est aveugle."
p.26
4/10
09 janvier 2005
Théâtre: La Nuit de Valogne, Le Visiteur, Le Bâillon, L'École du Diable.
Théâtre tome 1 - Eric-Emmanuel Schmitt ![]()
Lu: janvier 2005
Résumé:
"«La philosophie prétend expliquer le monde, le théâtre le représenter. Mêlant les deux, j'essaie de réfléchir dramatiquement la condition humaine, d'y déposer l'intimité de mes interrogations, d'y exprimer mon désarroi comme
mon espérance, avec l'humour et la légèreté qui tiennent aux paradoxes de notre destinée. Le succès rend humble :
ce que je croyais être mon théâtre intime s'est révélé correspondre aux questions de beaucoup de mes contemporains
et à leur profond désir de réenchanter la vie.» Eric-Emmanuel Schmitt."
Mon opinion:
Ce livre regroupe 4 pièces de théâtre de l'auteur:
La nuit de Valognes
Cette pièce raconte le procès de Don Juan, le grand séducteur, fait par un groupe de femmes qu'il a aimées et flouées.
Le visiteur
Il s'agit de la rencontre entre Freud, un athé, et Dieu, au temps du Nazisme et des camps de concentration.
Le Bâillon
est une pièce en un acte, un long monologue d'un homme atteint d'une maladie mortelle.
L'école du diable
cette pièce en un acte est une réflexion sur le mal. Le diable est en dépression car il trouve que le mal est désormais banalisé et que notre siècle ne fait plus grand cas de lui, comme dans le passé.
J'ai adoré ces pièces, principalement les deux premières. Mais le livre entier est très intéressant. Teinté de philosophie, ces pièces traitent de sujets toujours chers à Schmitt, des sujets assez difficiles: la mort, la justice, la guerre, le bien et le mal. Du théâtre qui se lit facilement, très accessible et pas très compliqué, malgré la richesse de ses réflexions.
Quelques extraits:
"Jusqu'à ce soir, tu pensais que la vie était absurde. Désormais tu sauras qu'elle est mystérieuse."
p.215, Le visiteur.
"Voyez, Monsieur, depuis que je suis ici, rien ne va plus. Je souffre. Car le mal, ce n'est pas la douleur - non, ça, c'est une idée de vétérinaire -, le mal, c'est l'imagination!"
p.230, Le bâillon.
9.5/10
06 janvier 2005
Bilan littéraire 2004
Cette année de lecture 2004 a été remplie de belles découvertes et d'auteurs que je n'avais jamais lus, mais aussi de livres à éviter. Mes choix cette année n'ont pas toujours été judicieux...
Nombre de livres lus: 91
Découvertes:
Histoire des maîtresses (Elizabeth Abbott)
Pour l'histoire. L'histoire des maîtresses à travers les âges, en passant par les harems, les princes et princesses, les auteurs, les muses, les contemporains, bref une histoire reliée aux femmes d'hier et d'aujourd'hui, pour différents motifs. J'ai énormément appris.
La nuit de l'oracle (Paul Auster)
Pour l'auteur. On aime ou on n'aime pas, Paul Auster. Pour moi, le retrouver est toujours un plaisir qui prends plusieurs jours, tant je déguste littéralement tout ce que je lis de lui. Un beau livre, rempli de retour en arrière, de projections, de passé, de futur, de notes, bref, un livre qui m'a redonné envie de reprendre ma plume et d'écrire...
Wilfrid Derome: expert en homicides (Jacques Côté)
Pour nous avoir fait découvrir le premier fondateur d'un laboratoire de médecine légale en Amérique du Nord. Pour les propos justes et l'histoire de mon pays, à travers les yeux d'un homme merveilleux. La meilleure biographie que j'ai lu à ce jour. Simple, facile et ça se lit comme un roman! Merci monsieur Côté!
Le transmetteur (Jacques Diamant)
Pour le sujet du clonage, très actuel. Pour la façon d'écrire, pour le suspense, d'une page à l'autre. Pour m'avoir empêchée de boire, manger, dormir, pendant une journée pour le finir, une histoire qui m'a littéralement captivée! Un auteur que je surveille de très très près!
Yukon: rêves canadiens (Jacques Ducoin)
Pour la beauté. Du livre. Du récit. De l'invitation au voyage. Pour l'histoire, la compréhension. Tout ce qu'on peut y apprendre. Pour m'avoir donné envie, à moi aussi, de partir...
Adieu Betty Crocker (François Gravel)
Pour m'avoir touchée et rappelée un peu de bons souvenirs de la famille québécoise typique. Pour la douceur des propos qui y sont racontés. Pour la vie. Et le titre amusant.
Le bizarre incident du chien pendant la nuit (Mark Haddon)
Pour l'incursion dans le monde d'un enfant autiste. Pour la fragilité des mots, la sensibilité du texte, l'humour parfois qui se cache au détour d'une page. Pour être resté longtemps dans mes pensées...
No logo (Naomi Klein)
Pour le choc du sujet, l'ébranlement des idées préconçues et pour faire bouger les choses, un livre qu'on devrait tous lire, pour se conscientiser un peu plus...
Le livre de Noël (Selma Lagerlöf)
Pour retrouver la magie de Noël, dans des contes superbes et originaux. Pour l'écriture magique de l'auteur. Un bijoux à lire et relire chaque Noël...
Nouveaux auteurs marquants:
Selma Lagerlöf
Jacques Diamant
Tonino Benacquista
Elizabeth Abbott
Michel Rabagliati
Eric-Emmanuel Schmitt
Donna Tartt
Banana Yoshimoto
À éviter:
Une relation dangereuse (Douglas Kennedy) - insipide et beaucoup trop à l'eau de rose.
Robert des noms propres (Amélie Nothomb) - le moins bon de l'auteur, pour moi. Vite lu, vite oublié.
Amélie Nothomb de A à Z (Michel Zumkir) - l'année 2004 n'a pas été une bonne année pour moi et les livres de Nothomb... J'ai plutôt décroché alors que je l'aime bien. Cette biographie n'apporte pas grand chose à ce que l'on sait déjà de l'auteur. Préférable de l'emprunter si on est curieux plutôt que de l'acheter.
Smilla et l'amour de la neige (Peter Hoeg) - je n'ai pu terminer le livre... l'écriture de l'auteur me laisse perplexe et malgré une intrigue qui s'annonçait intéressante, j'ai totalement décroché. Malheureux.
Vendredi 13 (David Goodis) - noir, noir et... noir. Il ne s'y passe pas grand chose. Je n'ai ni aimé l'histoire, ni le langage utilisé. Comme policier, il y a mieux!
Appartement à New York (Jane Smiley) - on m'en a souvent parlé. Il n'y a rien à faire, je n'aime réellement pas le style d'écriture de l'auteur. On annonce ce livre comme un roman policier mais... c'est une écriture vraiment étrange.









