21 juillet 2005
City
Lu: juillet 2005
Résumé:
"D'abord le titrer. Une ville. Pas une ville précise. Plutôt l'empreinte d'une ville quelconque. Son squelette. Je pensais aux histoires que j'avais dans la tête comme à des quartiers. Et j'imaginais des personnages qui étaient des rues, et qui certaines fois commençaient et mouraient dans un quartier, d'autres fois traversaient la ville entière, accumulant des quartiers et des mondes qui n'avaient rien à voir les uns avec lkes autres et qui pourtant étaient la même ville. Je voulais écrire un livre qui bouge comme quelqu'un qui se perd dans une ville.
Des personnages - des rues - il y en a beaucoup : il y a un coiffeur qui le jeudi coupe les cheveux gratis, il y en a un qui est un géant, un autre qui est muet. Il y a un petit garçon qui s'appelle Gould, et une fille qui s'appelle Shatzy Shell (rien à voir avec celui de l'essence). Il y a aussi dans City deux quartiers, assez vastes, un peu décalés en arrière dans le temps. Il y a une histoire de boxe, et il y a un western. Le western, c'est quelque chose à quoi je pensais depuis des années. J'étais toujours là à essayer de m'imaginer comment diable on pouvait bien faire pour écrire la fussillade finale. Quant à la boxe, là c'est un monde dingue, superbe. Si en plus tu es qulqu'un qui écrit, tôt ou tard tu y viens. Mieux vaut tôt, me suis-je dit. » A.B.
Mon opinion:
City est un drôle de roman. J'avais entendu plusieurs commentaires négatifs sur ce livre mais je l'avais quand même acheté. Mon opinion ne diffère pas beaucoup des autres commentaires, malheureusement. J'ai été un peu déçue car j'avais beaucoup aimé Soie du même auteur. City n'est pas un si mauvais livre en soi. L'idée est originale et l'histoire est constituée d'une sorte de collages de situations, de personnages, de vies, comme les rues labyrinthiques d'une ville. Plusieurs personnages entre en scène, des réels, des imaginaires, et ce qui m'a le plus agacée au niveau de la lecture est que l'auteur passe d'un à l'autre sans nous avertir. Il faut être très alerte pour ne pas perdre le fil! À travers les personnages, le lecteur a droit à un combat de boxe, l'histoire d'un petit garçon qui est un génie, une jeune femme qui le garde, un western (assez intéressant), un discours sur les Nymphéas de Monet, un autre sur les vérandas... Il ne faut pas s'attendre à lire un roman uniforme, avec une histoire continue. Ce n'est pas le cas et c'est très déstabilisant. Je dois avouer qu'aux trois quarts du livre, j'ai commencé à sauter des pages, ici et là. En général j'ai aimé le contenu du livre mais c'est sa forme cahotique qui m'a dérangée. Et les longues descriptions de combats de boxe... Si on aime le genre, parfait, sinon ce livre n'est peut-être pas pour vous.
Quelques extraits:
"L'arbitre siffle mais le sifflet, plein d'eau, ne fonctionne pas, l'avant-centre tire avec le coup-de-pied, l'arbitre siffle de nouveau mais le sifflet s'enraye encore, le ballon vient se planter en pleine lucarne, l'arbitre essaie de siffler dans ses doigts mais ne réussit qu'à se baver dans la main, l'avant-centre part comme un possédé vers le piquet de corner, enlève son maillot, prend appui sur le piquet, esquisse quelques pas d'une dans brésilienne imbécile avant de finir réduit en cendres par un éclair venu frapper en plein ledit piquet."
p.118
"Contrairement à ce qu'une consommation naïve pourrait le suggérer, les Nymphéas ne montrent pas des nymphéas, mais le regard qui les regard. [...] ...Les Nymphéas présentent une absence de coordination, autrement dit qu'ils apparaissent flottant dans un espace sans hiérarchie, où il n'y a ni proximité ni éloignement, ni dessus ni dessous, ni avant ni après. Techniquement parlant, c'est le regard d'un oeil impossible. Le point de vue qui les regarde n'est pas au bord de l'étang, il n'est pas en l'air, il n'est pas à fleur d'eau, il n'est pas loin, il n'est pas dessus. Il est partout."
p.145
"Moi j'aime bien aller sous l'eau. Là-dessous c'est pas pareil. Il n'y a pas de bruit, tu ne peux pas faire de bruit, même si tu veux, tu ne peux pas le faire, c'est sans bruit, là-dessous. Tu bouges lentement, de toute façon tu ne peux pas faire des gestes brusques, ou je ne sais pas, des gestes rapides, tu dois bouger lentement, tout le monde est obligé de bouger lentement. Tu ne peux pas te faire mal, personne ne peut t'envoyer ces grandes claques stupides dans le dos, ou des choses de ce genre, c'est un bel endroit."
p.173
"Les gens du chemin de fer réfléchirent un peu à la question. Ils dirent que ce n'était pas l'idéal de faire passer une voie ferrée sur une terre où le temps n'existait plus. Probablement s'imaginaient-ils des trains qui s'évanouissaient dans le néant, et se perdaient à jamais. Ils revendirent les terrains et firent passer la voie ferrée plus à l'ouets. Ici, personne n'en fit un drame. Qui est habitué à vivre sans destin peut bien vivre sans une voie ferrée."
p.404
6/10
Commentaires
Barrico
C'est que, City est un roman de n'importe quoi, ce serait comme voir un film de sofia coppola en attendant des péripéties, une immense déception, teintée de la rageuse frustration d'être passé à côté de quelque chose.
Je l'ai lu après soie, novenceto pianiste, océan mer, et, sans sang. Autant dire que j'en attendais beaucoup. Et après tous ces romans fluides, conteurs, enveloppants, lents, avec un rythme qui rappelle presque la mer, inexorable, cette torpeur des personnages qui relie tous les romans, city arrive franchement comme un cheveu sur la soupe...
mais c'est drôle, votre article m'a donné envie de l'apprivoiser.
C'est facile de passer à côté...
C'est vrai que ce roman est un mélange d'un peu tout... il faut vraiment être conditionné pour accrocher pleinement, sinon on passe à côté.









