Une rose pour Emily et autres nouvelles
Une rose pour Emily et autres nouvelles - William Faulkner
Lu: août 2005
Résumé:
"Au centre des plus célèbres nouvelles de William Faulkner, trois portraits de femmes denses et profonds: la tragique Miss Emily, cloîtrée dans sa maison comme dans ses souvenirs; Minnie Cooper, vieille fille tourmenté par l'indifférence des hommes jusqu'au meurtre, et Nancy, la blanchisseuse noire abandonnée par son mari, dont le jeune Quentin raconte les peurs et les superstitions."
Mon opinion:
Ce recueil contient quatre nouvelles de William Faulkner, soit: Une rose pour Emily, Chevelure, Soleil couchant et Septembre ardent. J'ai beaucoup aimé la première histoire, un peu mystérieuse, qui commence bien le recueil. Les autres histoires sont agréables à lire mais nous laissent parfois un peu perplexe quant à la fin. Au lecteur de spéculer sur ce qui est réellement arrivé aux personnages. On retrouve toutefois bien le style de Faulkner, avec ses histoires du village de Jefferson, la présence du racisme, la poussière du sud et la mentalité de l'époque. Ces nouvelles peuvent être une façon d'aborder l'auteur pour qui ne connaît pas.
Quelques extraits:
"Sa voix était sèche et froide: "Je n'ai pas d'impôts à payer à Jefferson. Le colonel Sartoris me l'a expliqué. Peut-être l'un d'entre vous pourra-t-il consulter les archives de la ville, et vous donner satisfaction à tous.
-Mais nous l'avons fait. Nous sommes les autorités de la ville, Miss Emily. N'avez-vous pas reçu un avis du shérif, signé de sa main?
-Oui, j'ai reçu un papier, dit Miss Emily. Il se croit peut-être le shérif... Je n'ai pas d'impôts à payer à Jefferson.
-Mais il n'y a rien qui le prouve dans les registres. Il faut que nous...
-Voyez le colonel Sartoris. Je n'ai pas d'impôts à payer à Jefferson.
-Mais Miss Emily...
-Voyez le colonel Sartoris. (Il y avait près de dix ans que le colonel Sartoris était mort). Je n'ai pas d'impôts à payer à Jefferson. Tobe!" Le Noir apparut. "Raccompagne ces messieurs."
p.17
"Le coiffeur remonta rapidement la rue où les rares lampadaires, encerclés d'insectes, suspendaient dans l'air sans vie leur éclat rigide et violent. Le jour était mort sous un linceul de poussière. Au-delà du square sombre enseveli sous la poussière retombée, le ciel était aussi clair que l'intérieur d'une cloche de cuivre. Sous la ligne de l'orient on sentait la rumeur d'une lune deux fois pleine."
p.116
7.5/10
Le pont de Londres
Le pont de Londres - Louis Gauthier
Lu: août 2005
Résumé:
"De retour d’un bref voyage en Irlande et se préparant à poursuivre sa route vers l’Inde, le narrateur de ce court récit se voit contraint de passer le temps des Fêtes à Londres. Désemparé, il y restera une quinzaine de jours, vivant à la remorque de son ami Jim et observant d’un oeil ironique les gens et les événements qui l’entourent. Sur fond de désespoir, dans l’atmosphère légèrement trouble que font naître désir et jalousie, choses dites et choses tues, sa paranoïa, alimentée par la drogue et ’alcool, lui fait remettre en question l’amour, l’amitié et le sens de la vie."
Mon opinion:
Ce roman a sûrement une part autobiographique car je sais que l'auteur a voyagé: ses romans parlent souvent de voyage. L'écrivain du Pont de Londres trouve refuge chez un ami, qui ne l'accueille pas avec grand plaisir. Il dérange, il le sent, même si son ami ne lui dit pas. Il y restera plusieurs jours, au grand dam de l'ami en question. C'est ce sentiment et cet événement que nous décrit l'auteur, suivi de tout ce qui en découle. C'est là-bas, à Londres, qu'il remettra sa vie en question, vie peuplée de départ, d'arrivée, de voyage, de rencontre et d'alcool. Un petit roman qui se lit bien, une longue remise en question de la vie, mais qui ne m'a pas laissé un souvenir de lecture impérissable. Bien, sans plus.
Quelques extraits:
"Je revins d'Irlande à la mi-décembre avec l'intention de ne passer à Londres que deux ou trois jours, le temps de saluer Jim, d'établir un itinéraire et de trouver un moyen de transport bon marché vers l'Orient. Noël approchait, il fallait que je me dépêche."
p.9
"Au fond, la vie ne m'intéressait pas, seule la littérature m'intéressait, et ce qui dans la vie ressemblait à la littérature. C'était à la fois ma perte et mon salut."
p.70
"Écrire, écrire, écrire... Je me demandais si j'y parviendrais un jour. Plusieurs fois, chez Ruth, j'avais cru le moment venu, le fruit mûr. J'avais sorti crayons et papier, je m'étais installé confortablement. Je rêvais à tous ces écrivains qui entraient dans leurs livres comme dans un vaste théâtre et qui inventaient des personnages si vivants, si extraordinaires, si attirants. Et moi, par je ne sais quel masochisme, j'étais toujours au prise avec la réalité la plus plate, que je ne voulais pas transfigurer, que je m'ingéniais à réduire à ses dimensions les plus banales, à ses détails triviaux, à l'ennui. Je finissais toujours par crayonner de vagues dessins sur le papier."
p.87
7/10
Le récital des anges
Le récital des anges - Tracy Chevalier
Lu: août 2005
Résumé:
"Londres, janvier 1901 : la reine Victoria vient de mourir. Comme la coutume l'impose, les familles se rendent au cimetière. Leurs tombes étant mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman vont faire connaissance et leurs petites filles vont immédiatement se lier d'amitié. Pourtant, les familles n'ont pas grand-chose en commun. L'une incarne les valeurs traditionnelles de l'ère victorienne et l'autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, véritable coeur du roman, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dam de leurs parents. Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni même une liaison ne suffisent à lui donner goût à la vie. Jusqu'au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais."
Mon opinion:
Le roman de Tracy Chevalier est construit de sorte que chaque chapitre laisse la parole à un personnage différent. Tour à tour nous entrons dans les pensées et commentaires de Lavinia, Maude, leurs familles, la bonne, Simon, etc. L'histoire se déroule de 1901 à 1910 et plusieurs événements tragiques viendront affliger les deux familles. J'ai bien aimé ce roman et l'histoire qui nous est racontée. Nous avons l'impression de faire une petite incursion au début du siècle, avec son lot de convenances et de coutumes. Un bon roman, peut-être pas aussi fort que La jeune fille à la perle, mais une histoire agréable à lire.
Quelques extraits:
"Sans doute Richard m'a-t-il poussée à faire cela pour me prouver qu'il n'était pas aussi conventionnel que je le craignais, mais cela a produit sur moi l'effet inverse. Il est devenu tout ce que je n'aurais jamais imaginé qu'il deviendrait lorsque nous nous sommes mariés: il est devenu ordinaire."
p.11
"Nous nous sommes approchées en rampant, nous cachant derrière une pierre ombale, ne voulant pas que le père de Simon nous aperçoive car il est sale, il a le visage tout rouge et barbu et il empestait l'alcool jusque là où nous étions. Lavinia prétend qu'on le croirait droit sorti de Dickens. Sans doute que tous les fossoyeurs sont comme ça..."
p.44
8/10
Le roi du fleuve
Le roi du fleuve - Alice Hoffman
Lu: août 2005
Résumé:
"Dans la petite ville de Haddan (Massachusetts), chacun a plutôt tendance à rester à sa place. Les étudiants de la prestigieuse école privée installée dans l'agglomération depuis plus d'un siècle ne se mélangent pas avec le reste de la population locale. Même à l'intérieur de l'établissement, tout est fait pour que les élèves, le personnel et les professeurs tiennent leur rang. Jusqu'au jour où le cadavre d'un étudiant est découvert dans la rivière qui jouxte les bâtiments de l'école privée. Abel Grey, le policier chargé de l'enquête, va pénétrer dans l'enceinte sacrée de ce véritable sanctuaire et faire tomber une à une toutes les frontières, visibles et invisibles."
Mon opinion:
Le roman d'Alice Hoffman en est essentiellement un d'atmosphère. En près de 350 pages il ne se passe en fait pas grand chose: un corps est retrouvé dans la rivière et nous voyons évoluer, au fil des pages, certains étudiants, professeurs et habitants du petit village de Hadden. Mais le talent de l'auteur réside à créer une atmosphère, une ambiance psychologique qui nous pousse à tourner les pages. Ce roman me rappelle un peu le livre Le maître des illusions de Donna Tartt, tant par son sujet que par sa lenteur à raconter l'histoire. Tranquillement, Alice Hoffman nous fait entrer dans un monde fermé, scolaire, froid et nous conduit, à travers de longues descriptions, sur le campus d'un groupe assez étrange. Un bon roman, à lire quand on a le temps, car les chapitres sont longs, et l'histoire perd de son charme si on l'entrecoupe à tout bout de champs. Une auteur intéressante, que je me promet de lire à nouveau.
Un extrait:
"La tristesse est ainsi: à chaque fois qu'une personne court, elle laisse derrière elle un infini sillage de douleur. La nuit était sombre et les bois pleins de ronces, mais Gus n'y faisait pas attention. Certains étaient destinés à gagner, d'autres à perdre, et il savait exactement qui il était. Le garçon qui trébuchait à cause de ses grands pieds, celui dont le coeur cognait dans sa cage thoracique tandis qu'il courait dans les bois, celui qu'elle n'aimerait jamais."
p.107
8.5/10
Stevenson sous les palmiers
Stevenson sous les palmiers - Alberto Manguel
Lu: août 2005
Résumé:
"Aux îles Samoa, où il s'est installé avec sa femme sur la fin de sa vie, le célèbre écrivain Robert Louis Stevenson oscille entre nostalgie des brouillards de son Edimbourg natal et une fascination grandissante pour l'exotique volupté des îles. Taraudé par une maladie qui ne lui laisse guère de répit, frustré par la froideur de la couche conjugale, il poursuit néanmoins son entreprise littéraire entre deux redoutables quintes de toux. Un jour est retrouvée morte, après avoir été violée, une jeune fille dont la danse langoureuse avait captivé l'écrivain lors d'une fête locale. A cause d'un chapeau abandonné sur les lieux du crime, voici que Stevenson est mis en demeure par la police locale de rendre compte de son emploi du temps le jour du drame..."
Mon opinion:
Manguel connaît bien l'histoire de l'écrivain Robert Louis Stevenson. C'est en puisant dans les Lettres de R.L. Stevenson à sa famille et à ses amis que Manguel est en mesure de créer une histoire exotique, mettant en scène le célèbre auteur de L'Île au trésor. En moins de 100 pages, nous entrons dans le monde tourmenté de l'écrivain à la santé chancelante. Nous avons l'impression de vivre un peu nous aussi sous les palmiers, la vie de l'auteur, dans une fable pour adulte, où la vie n'est pas toujours des plus simples. Un bon petit livre qui nous donne envie de nous plonger dans l'oeuvre fascinante de Stevenson, de la découvrir ou de la redécouvrir!
Quelques extraits:
"Dans cette partie du monde, les histoires qu'on raconte deviennent un élément de la réalité. Voyez-vous ce que je veux dire? J'ai un jour écrit une histoire à propos d'une bouteille magique, une bouteille à souhaits. Eh bien, après que je l'avais lue un soir à un groupe de villageois, ils ont demandé à voir la bouteille. Ils me le demandent encore, de temps en temps. Ils croient qu'elle est en ma possession. Ils la croient réelle, parce qu'elle a figuré dans une histoire."
p.33 (ma version diffère de celle illustrée)
"Quelqu'un avait un jour observé qu'une vie romanesque ne convenait pas à un auteur de romans: qu'un homme n'écrivait pas de meilleurs récits d'aventures pour avoir appris à couper du bois et à dépiauter un lièvre."
p.40
"Je ne me refuserais pas un verre et un bon plat. Et je ne les refuserais pas à mon prochain. L'amour de la vie est une passion puissante, et j'ai toujours suivi ses élans, même dans des choses triviales telles que la nourriture et la boisson."
p.56
8/10
L'affaire Jane Eyre
L'affaire Jane Eyre - Jasper Fforde
Lu: août 2005
Résumé:
"Nom : Thursday Next
Age : trente-six ans
Nationalité : britannique
Profession : détective littéraire
Signe particulier : vétéran de la guerre de Crimée
Animal domestique : un dodo régénéré, version 1.2, nommé Pickwick
Loisirs préférés : rencontrer des personnages de romans, chercher à découvrir le véritable auteur des pièces de Shakespeare, occasionnellement, aider son ami Spike à traquer des vampires
Mission actuelle : capturer l'un des plus grands criminels de la planète, j'ai nommé... Ah ! c'est vrai, j'oubliais - il ne faut surtout pas prononcer son nom car il vous repère aussitôt ; disons simplement que c'est l'homme qui tue dans un éclat de rire ! "
Mon opinion:
On entend parler de ce livre depuis un moment déjà. Plusieurs l'ont qualifié d'événement littéraire. C'est d'abord le titre qui m'a attirée vers le roman de Jasper Fforde: j'adore Jane Eyre. Je dois cependant avouer que L'affaire Jane Eyre m'a un peu déçue. Le roman m'a paru long, pour rien. J'ai trouvé également les passages parlant de la Guerre de Crimée plutôt ennuyant et ça m'a pris plus de la moitié du roman avant de vraiment me sentir entraînée dans l'histoire... Le récit m'a parfois paru un peu décousu, si bien qu'à plusieurs reprises j'ai bien failli laisser tomber le livre. Je trouvais les personnages peu attachants et la façon de raconter de l'auteur assez froide. Cependant, je dois avouer que Jasper Fforde déborde d'imagination. Sa création du Dodo régénéré, de la brigade littéraire, du voyage entre les pages d'un roman, des vers correcteurs, de sa manipulation du roman de Charlotte Brontë, est un pur plaisir pour le lecteur! Dommage simplement que la structure du récit n'ait pas été à la hauteur de l'imagination débordante du roman.
Quelques extraits:
"Le Service des Opérations Spéciales a été créé pour gérer des missions jugées trop particulières ou trop ciblées pour relever du ressort de la police générale. Il comprenait trente section en tout, à commencer par la plus triviale, Troubles du Voisinage (OS-30), en passant par la Brigade Littéraire (OS-27) et celle des Arts (OS-24). Tout ce qui se situait au dessous de OS-20 était frappé de confidentialité, même s'il était bien connu que la ChronoGarde était OS-12, et l'Antiterrorisme, OS-9. La rumeur voulait que OS-1 soit chargée de surveiller tous les autres OpSpecs."
p.11
"... m'efforçant d'assimiler tout ce que j'avais toujours soupçconné mais que je me refusais à admettre. Mon frère s'était planté. Personne jusque-là n'avait pris la peine de le formuler aussi simplement; le tribunal militaire avait invoqué "les erreurs tactiques dans le feu de l'action" et "une incompétence crasse". Étrangement, "s'était planté" rendait la chose plus crédible; tout le monde commet des erreurs dans son existence, certains plus que d'autres. C'est seulement quand le coût se chiffre en vies humaines que cela saute aux yeux. Si Anton avait été boulanger et avait oublié la levure, on n'en aurait pas fait tout un plat, et pourtant, il se serait planté pareillement."
p.200
"Les barrières entre réalité et fiction sont plus minces que nous ne l'imaginons, un peu comme un lac gelé. Des centaines de personnes epuvent le traverser, mais un soir, ça dégèle à un endroit, et quelqu'un tombe dans le trou. Le lendemain matin, la couche de glace s'est déjà reformée."
p.218
7/10
Dors, petite fille
Dors, petite fille - Sergio Bleda
Lu: août 2005
Résumé:
"« Dors, petite fille » est un conte d'horreur racontant l'histoire d'une fillette autiste prénommée Chris, adoptée à plusieurs reprises après la mort de ses parents. Sauf que chaque couple adoptif finit par mourir mystérieusement dans son sommeil. Juan, aspirant-écrivain de science-fiction et journaliste à la petite semaine, s'intéresse de près à ce cas pour y avoir discerné un bon reportage éventuel. Inconscient du danger auquel s'exposent ceux qui approchent de trop près la petite Chris, il commence à étudier son passé. Lorsqu'il visite la maison vide des parents biologiques de Chris, il est victime d'hallucinations auditives et entend la voix d'une enfant le suppliant de l'aider. Il suit les instructions de l'enfant et découvre un passage secret menant aux sous-sols..."
Mon opinion:
Cette bande dessinée est particulièrement étonnante car l'auteur réussit à créer un véritable sentiment d'angoisse à son lecteur. Les couleurs choisies et le fini des dessins aidant particulièrement à rappeler une atmosphère effrayante. Le contour des pages est noir, le récit très fluide et l'histoire, digne des meilleures histoires d'horreur. J'ai beaucoup aimé ma lecture et je la conseille aux amateurs de frissons! Un auteur à découvrir.
Un extrait posé en épigraphe:
Dors petite fille
Dors tranquille
Ou le croquemitaine viendra
Et te dévorera
(berceuse espagnole traditionnelle)
8.5/10
Dossiers: La littérature Américaine
La littérature américaine
En parlant de littérature américaine, je parle de littérature provenant des États-Unis. Nous pourrions bien sûr englober toute l'Amérique mais le terme de "littérature américaine" est connu générallement pour se limiter aux États-Unis.
Un peu d'histoire...
Le commencement
Du XVIIe au XIXe siècle les pionniers conquièrent le territoire américain. C'est pendant cette période mouvementée que la littérature américaine trouvera ses fondations. Apparaissent alors de nouveaux courants de pensées, l'idéologie de liberté, de fraternité, l'appel de la nature, le désir de se couper de l'emprise de l'europe, renforcera les écrits publiés à cette époque et sera continuellement présent dans les récits et les histoires. Ce que l'on appelle Le rêve américain provient essentiellement du fait que les premiers colons établis en Amérique devaient se détacher de l'Europe pour se créer une nouvelle vie, affronter la nature, les grands espaces. Nous retrouvont ce thème récurrent à travers la production littéraire américaine. Il y a aussi la guerre de l'Indépendance, l'esclavagisme, les Amérindiens, la guerre de Sécession, l'influence de la religion et de la Bible qui ont façonnés les écrits de fiction.
On considère les Lettres d'un fermier américain (1782) du fermier et écrivain Michel-Guillaume Hector St John de Crèvecoeur, comme la première oeuvre littéraire américaine.
Suivra la signature de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis en 1776. C'est à travers le fable de Washington Irving, Rip Van Winkle (1819) que l'on retrouve le mieux l'histoire de la naissance d'une nation.
Entre 1827 et 1846 paraîtront les oeuvres de Edgar Allan Poe, précurseur dans le genre et reconnu pour sa contribution aux débuts du roman policier.
En 1850 paraît le roman de Nathaniel Hawthorne, La lettre écarlate. Ce roman nous démontre bien l'atmosphère de l'Amérique puritaine de l'époque ainsi que l'inexistance de vie privée. Le roman raconte l'histoire d'un adultère. Le récit est empreint de la religion de l'époque.
Suivront les romans de Mark Twain dont les plus connus sont: Les aventures de Ton Sawyer (1876) et Huckelberry Finn (1884). Ses romans marquent un changement dans la littérature américaine avec un langage moderne et une prose à l'apparence plus légère. Sous des airs de romans d'aventure, les histoire de Twain traitent de nombreux sujets "graves" tel que le racisme, l'égalité des races, le refus de se conformer aux normes établies de la société.
À compter de 1900, le développement du pays est beaucoup plus important. Les richesse de la terre attirent l'immigration. Suivra une révolution industrielle et le développement du chemin de fer. Les écrits se font critiques et plus pessimistes. Edith Wharton, Sinclair Lewis (premier américain à recevoir le prix Nobel en 1930) et Henry James sont de ces écrivains.
Lost Generation
L'amérique d'entre les deux guerres voit foisonner plusieurs romanciers (qu'on appelle la Lost Generation) pour qui l'Europe devient un continent attrayant puisque l'Amérique change, la mafia règne et la prohibition est chose courante. On retrouve des parcelles d'Europe dans certains écrits comme Paris est une fête d'Hemmingway (l'auteur reçoit le prix Nobel en 1954). Francis Scott Fitzgerald et son Gatsby le magnifique, nous raconte un monde de luxe où il existe un problème de société, une fêlure. Pour sa part, Henry Miller parle beaucoup de sexualité dans son oeuvre, refusant l'esprit puritain de l'époque, comme on peut le constater dans Tropique du cancer (1931). Ses romans sont crus et on longtemps été interdits de publication aux États-Unis. John Dos Passos pose un regard original sur la littérature avec des romans sous forme de "collages", tandis que John Steinbeck (prix Nobel en 1962) traite principalement de l'exploitation et de l'injustice. Des souris et des hommes ou bien Les raisins de la colère en sont de bons exemples. Erskine Caldwell parle aussi de misère humaine mais d'une façon loufoque. Ses descriptions de la misère humaine d'un ton direct ont choquées à l'époque, comme dans son roman La route au tabac (1932). William Faulkner recevra le Nobel en 1949. Avant d'être connu, il changea son nom de Falkner en Faulkner, pour se distancer de son père avec qui il n'avait pas une bonne relation. On retrouvera d'ailleurs dans ses romans, une figure paternelle pas très reluisante. Il joue également avec les formes narratives comme dans Tandis que j'agonise (1930), roman qui raconte la mort d'une mère de famille.
La beat generation
On appelle la Beat generation les écrivains de la fin du rêve américain qui sera à son apogée avec la guerre du Vietnam et l'assassinat de Kennedy (1940-1970). La Beat Generation est née d'un anticonformisme et du refus de faire partie de la société. On associe souvent les écrivains Jack Kerouac (1922-1969) avec son livre Sur la route (1957), Allen Ginsberg (1926-1997) avec Howl (1957) et William Burroughs (1914-1997) avec Le festin nu (1957) au mouvement. Ces écrivains prônent une vie bohème, peuplée de voyages, de petits travails temporaires et des excès comme l'alcool, la drogue et le sexe. Le mouvement ne compte pas vraiment de femmes et ce sont surtout les traces d'écrivains masculins qui ont façonnées cette génération.
En marge de la Beat Generation apparaît quelques écrivains qui nous parlent des tourments de l'âme et du mal de vivre, de la révolte, de la misère et du racisme. J.D. Salinger est un de ceux-là avec son roman sur la jeunesse très connu, L'attrape-coeurs (1951). Avec ce livre, Salinger fut l'un des plus grand succès de l'édition américaine.
Le contexte de la société de l'époque donnait plus de place aux écrivains Afro-Américains. Nous verrons alors plusieurs romans sur le racisme apparaître comme Black Boy (1945) de Richard Wright et Beloved (1977) de Toni Morrison (prix Nobel en 1993). La société laisse aussi plus de place aux écrivains Amérindiens comme Louise Erdrich et son roman L'amour sorcier (1984) ou aux écrivains juifs tels que Saul Bellow (prix Nobel en 1976), Nathanael West et L'incendie de Los Angeles (1939) ainsi que Philip Roth et Goodbye Columbus (1959).
Amérique Moderne
Depuis 1970 les formes romanesques ont beaucoup changées. De nouvelles expérimentations ont été faites par les écrivains. On appelle la génération des écrivains d'aujourd'hui la génération post-moderne. De nouveaux styles sont à développer, de nouveaux auteurs arrivent sur le vaste marché de l'édition. Et des écrivains tels que Paul Auster et sa Trilogie New Yorkaise (débutée en 1985), Tom Wolf, Kurt Vonnegut, Richard Brautigan sont en voie d'édifier des oeuvres complexes et intéressantes pour l'Amérique moderne.
Quelques suggestions d'auteurs américains à découvrir...
Paul Auster
Melissa Bank
Russell Banks
Saul Bellow
Lawrence Block
Marion Zimmer Bradley
Richard Bratigan
Charles Bukowski
Willian Burroughs
Tim Burton
Erskine Caldwell
Truman Capote
Raymond Carver
Michael Chabon
Tracy Chevalier
Mary Higgins Clark
Michael Crichton
Harlan Coben
Laurie Colwin
Douglas Coupland
Michael Cunningham
John Dos Passos
Bret-Easton Ellis
James Ellroy
Nicholas Evans
John Fante
Francis Scott Fitzgerald
William Faulker
Ken Follett
Richard Ford
Diana Gabaldon
Alex Garland
Allen Ginsberg
Arthur Golden
Graham Greene
Ken Grimwood
Dashiell Hammett
Helene Hanff
Joanne Harris
Jim Harrison
Nathaniel Hawthorne
Ernest Hemmingway
Alice Hoffman
John Irving
Henry James
Stephen King
Jeffrey Eugenides
Douglas Kennedy
Jack Kerouac
Dennis Lehane
Jack London
Alison Lurie
Armistead Maupin
Frank McCourt
Arthur Miller
Margaret Mitchell
Rick Moody
Toni Morrison
Vladimir Nabokov
Anaïs Nin
Joyce Carol Oates
Edgar Allen Poe
Anne Rice
Philip Roth
Richard Russo
Jerome David Salinger
Hubert Jr. Selby
Tom Sharpe
Dan Simmons
Jane Smiley
John Steinbeck
John Kennedy Toole
Mark Twain
Kurt Vonnegut
Larry Watson
Evelyn Waugh
Rebecca Wells
Donald Westlake
Edith Wharton
Tenessee Williams
Ton Wolfe
Richard Wright
etc, etc...
Notes:
Merci à mon ancien professeur de littérature américaine, Marcel Labine, pour ses cours fascinants! ![]()
Pour plus de détails et une histoire complète de la littérature américaine, je vous invite à lire le livre de M. Labine, Le roman américain en question, publié aux éditions Québec Amérique.
Sources:
* Le roman américain en question, Marcel Labine, Éditions Québec Amérique, 2002
* Wikipédia, l'encyclopédie libre, http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
* Mes notes de cours...:)
Bon voyage sur la route de l'Amérique!
Les auteurs cités dans ce texte sont à titre de référence uniquement. Il est humainement impossible de résumer la littérature américaine en quelques lignes. J'ai donc tracé le portrait rapidement, en tenant compte des auteurs les plus connus. À votre tour de fouiller le sujet plus en profondeur!
La naissance de Vénus
La naissance de Vénus - Sarah Dunant
Lu: août 2005
Résumé:
"Depuis la mort de Laurent de Médicis, il souffle sur Florence un air nauséabond : des cadavres mystérieux surgissent dans la ville à la faveur de la nuit, tandis que Savonarole, prédicateur ardent, inocule à la populace la haine des vanités. Soudain, le beau, l'élégance, la peinture et l'éveil des consciences deviennent suspects. Bravant le nouvel ordre moral, Alessandra Cecchi, fille rebelle d'un marchand d'étoffes, demeure passionnée d'art... et d'artistes. En particulier d'un jeune moine, peintre de génie, que son père a embauché pour réaliser la chapelle familiale. Mais l'audace n'est pas de mise en ces temps troublés. La peste se propage, l'armée française menace les rives de l'Arno, les bûchers flambent sur les piazzas, on dépouille les palais de leurs splendeurs, les femmes de leurs atours, et l'on enchaîne Alessandra à un homme qu'elle n'aime pas. Souillées l'une comme l'autre, l'orgueilleuse ville de Florence et l'impétueuse Alessandra repartent à la conquête de leur liberté."
Mon opinion:
Une grande fresque Florentine à la fin du règne de Laurent de Médicis. L'histoire d'une jeune fille à l'avance sur son temps, quelque peu rebelle et qui affronte les règles sises à son statut et à son époque. C'est sa vie que raconte le roman, rempli de passages intéressants sur les moeurs de l'époque, la puissance de l'église ainsi que l'art à Florence et en Italie, qui était chose plus ou moins acceptées pour les femmes de l'époque. Néanmoins, nous suivons Alessandra dans ses rêves d'artiste, dans sa vie, ses échecs, sous toile de fond historique magnifiquement bien rendue. J'ai beaucoup aimé ce roman qui n'a pas la lourdeur de nombreux romans historiques. L'incursion dans le monde de l'art de l'époque m'a fascinée. Une belle histoire, très bien racontée.
Quelques extraits:
"À présent, il apprenait à jongler avec les couleurs. Je le voyais sur ses doigts. Que n'aurais-je pas donné pour avoir les ongles salis par le sang séché de tant de teintes!"
p.112
"J'avais conclu un pacte avec moi-même. Si je devais me marier et finir enterrée vivante, je ne mourrais pas sans avoir vu ne fût-ce qu'un petit peu de mon Orient. Je me devais bien ça."
p.135
"Erila avait raison. Trop de religion fêlait le cerveau de ceux qui, hantés par Dieu, ne discernaient plus ce qu'il y avait d'humain en eux."
p.248
9/10
Le roman américain en question
Le roman américain en question - Marcel Labine ![]()
Lu: août 2005
Résumé:
"Le Roman américain en question propose un survol clair et concis de la production romanesque du XXe siècle aux États-Unis. Les questions, regroupées en quatre parties qui vont de l’héritage du XIXe siècle jusqu’au roman contemporain, abordent les œuvres et leurs auteurs dans des perspectives à la fois historiques et esthétiques. Synthétiques sans jamais être superficielles, les réponses permettent au lecteur de se faire rapidement une idée de l’ensemble de la littérature romanesque américaine et d’en apprécier la diversité. Quels sont les mythes fondateurs de l’imaginaire américain ? Quels ont été les romans importants du XIXe siècle ? Quel est le rôle de l’esprit du protestantisme dans le paysage romanesque américain ? Quelles sont les principales caractéristiques des romans issus du Sud profond ? Qui sont les romanciers amérindiens majeurs ? Pourquoi le sport occupe-t-il une place importante dans les romans américains ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles ce livre apporte de passionnantes réponses."
Mon opinion:
Ce livre retrace l'histoire du roman américain, de ses mythes fondateurs aux écrivains modernes et post-modernes. Un survol assez rapide pour nous donner un aperçu du roman américain, son histoire, l'histoire de certains de ses écrivains, complété d'images, de pages couvertures et de portrait d'auteurs, tout en donnant la possibilité au lecteur de pousser plus loin si le sujet l'intéresse. Pour ma part j'ai trouvé le livre de monsieur Labine des plus intéressant et j'ai retrouvé dans ce livre une partie de ses cours passionnants (en effet, Marcel Labine a été un de mes professeurs pendant mes études.) Un livre que je conseille à tous ceux que la littérature américaine passionne. Clair, bien écrit, c'est un plongeon dans l'histoire des plus agréables.
10/10






























