21 septembre 2005

La duchesse de Bloomsbury Street

duchesse_de_bloomsbury_streetLa duchesse de Bloomsbury Street - Helene Hanff

Lu: septembre 2005

Résumé:

"Imaginez un croisement entre madame de Sévigné et Woody Allen : vous obtiendrez Helene Hanff (1917-1997), qui doit son passeport pour l'éternité à un talent unique d'épistolière joint à une perfusion d'humour juif new-yorkais et à un amour immodéré pour la littérature anglaise. Son best-seller, 84, Charing Cross Road, est né de vingt ans de correspondance (1949-1969) avec le personnel d'une librairie londonienne spécialisée en livres rares. " Après toute une vie d'attente ", Helene arrive enfin à Londres en juin 1971. L'ami libraire, Frank Doel, est décédé sans qu'elle l'ait jamais rencontré, mais sa veuve, sa fille et une foule de personnages hauts en couleur l'accueillent lors de ce séjour, ses premières vacances à l'âge de cinquante-quatre ans. S'adressant cette fois directement au lecteur, Miss Hanff nous offre un pèlerinage unique en son genre émaillé de points de vue savoureux sur des sujets aussi divers que le fonctionnement des douches, la prostitution, la famille royale, la préparation du martini, Shakespeare et George Bernard Shaw, deux des guest-stars littéraires de ce journal intime."

Mon opinion:

Ce récit de l'épopée de Helene Hanff en Angleterre, voyage rêvé pendant des années suite à ses échanges avec les employés du 84, Charing Cross Road, est une suite logique au livre du même nom. Helene Hanff nous raconte son voyage, ses impressions, sa plongée dans un univers mondain, dont le retour à la vie "normale" n'a pas dû être facile. Au-delà de ses rencontres, de ses invitations et des visites des divers endroit d'Angleterre, sur la piste de nombreux écrivains, c'est un peu l'auteur que nous apprenons à connaître. Parfois drôle, parfois cinglante, ce livre est une intéressante suite à ses correspondances. On y découvre une Angleterre littéraire, un voyage historique intéressant. Peut-être moins touchant que 84, Charing Cross Road, un peu moins magique que ses correspondances, n'empêche que La duchesse de Bloomsbury Street reste un complément agréable à lire, pour quiconque est tombé amoureux des échanges de Helene Hanff et Frank Doel.

Quelques extraits:

"84, Charing Cross Road. En entendant l'adresse, j'ai eu l'impression de rêver. Pendant vingt ans, j'avais acheté des livres au 84, Charing Cross Road. Je m'y étais fait des amis que je n'avais jamais rencontré. La plupart des volumes envoyés par Marks & Co. étaient probablement disponibles à New York. Des années durant, des proches m'avaient conseillé d'"essayer O'Malley's" ou d'"essayer Dauber & Pine". Je n'ai jamais suivi leurs recommandations. Je voulais un lien avec Londres, et j'ai su le créer."
p.34

"Vous ne pouvez imaginer combien je suis amusée chaque fois qu'on évoque mon élégance. J'ai porté le même genre de vpetements toute ma vie, et des années durant on m'a fait comprendre que j'avais tout d'une bohémienne. [...] Ce qui fait que pendant des années j'ai été cette petite horreur qui courait de tous côtés en talons plats, pantalon et sac à bandoulière. Aujourd'hui je n'ai toujours rien changé à mes habitudes, mais après une vie entière de disgrâce mon style est salué dans les pages de L'Evening Standard."
p.41

"J'en ai plus qu'assez d'entendre dire combien il est effrayant de vivre à New York, surtout venant de gens qui n'y ont jamais vécu."
p.126

8/10

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19 septembre 2005

Relecture: 84, Charing Cross Road

84_charing_cross_road184, Charing Cross Road - Helene Hanff

Relecture: septembre 2005.

Pour lire la critique déjà parue (et complétée après cette relecture): cliquez ici.

Posté par Allie à 09:23 - Commentaires [0]
18 septembre 2005

Cul-de-sac

cul_de_sacCul-de-sac - Douglas Kennedy

Lu: septembre 2005

Résumé:

"Je n'avais rien contre l'Australie avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune et de rencontrer Angie sur une plage ensoleillée. Douce, chaude, Angie. Un vrai rêve pour le voyageur fatigué. C'est quand j'ai su que je l'avais épousée que les choses se sont gâtées, vraiment gâtées jusqu'au cauchemar."

Mon opinion:

Voilà un genre avec lequelle Douglas Kennedy ne nous a pas habitués: le roman noir. Il s'agit aussi du premier roman de l'auteur, d'un style totalement différent de ses autres livres. C'est surprenant, pour qui a lu La poursuite du bonheur par exemple. Dans ce roman, les événements surviennent, à la limite du vraisemblable et c'est avec une sorte d'horreur mêlée d'étonnement qu'on pursuit la lecture et qu'on suit les tribulations de Nick dans l'outback Australien. Puis, au fur et à mesure, le casse-tête s'emboîte et on y croit à ce véritable cauchemar. Pour moi, l'histoire se situe un peu entre La plage d'Alex Garland et Cauchemar Nippon de Matthew Kneale. C'est un bon roman noir, bien construit, un cauchemar qu'aucun voyageur ne voudrait jamais vivre!

Quelques extraits:

"Je craque pour une carte périmée dans une librairie de Boston et deux heures après, dans un hôtel à puces et entre deux haut-le-coeur, je décide de tout plaquer et de partir pour le trou du cul de l'Australie. [...] Je demande un visa. Je prends un billet d'avion. Et, trente-six heures plus tard, je débarque à Darwin. Moralité: À trop aimer les cartes, on perd la boussole."
p.27

"Dès que je l'ai vu, j'ai su que je ne pourrais pas résister. C'était une vraie pièce de collection: un combi VW des années 70, qui m'a tout de suite rappelé mes années de fac - l'époque où tout adepte de la contre-culture s'Achetait un minibus d'occasion, le bombait en rose indien, et se tirait sur les traces de Kerouac pour communier avec le karma de la Route."
p.29

"J'ai fait halte à la station-service, à la sortie de Kununurra. Rien ne m'y obligeait: j'avais fais le plein la veille, mais quand j'ai aperçu le panneau planté au bord de la route - PROCHAINE POMPE: 400 KM -, ça m'a fichu les jetons. "
p.53

9/10

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15 septembre 2005

Xingu

xinguXingu - Edith Wharton

Lu: septembre 2005

Résumé:

"Dans le cadre de leur club très fermé, des femmes de la meilleure société américaine ont invité la romancière en vogue Osric Dane, celle qu’il faut absolument avoir lue. Précieuses et ridicules, elles y vont de leurs commentaires insipides, et ne manquent pas de s’attirer en retour les foudres de l’écrivain. Contre toute attente, l’une d’elles renverse la situation et met à mal l’écrivain en lui demandant ce qu’elle pense de Xingu… Quel est donc ce Xingu que tout le monde semble connaître ?"

Mon opinion:

Xingu est une nouvelle bien construite, une critique acerbe d'une société bourgeoise et du snobisme culturel dont les femmes de cette société font preuve. L'auteur joue avec les mots et les revirements de situation en quelques pages à peine et réussit à amadouer son lecteur qui se laisse agréablement prendre au jeu. Il s'agit de ma première incursion dans l'univers de Wharton et certainement pas la dernière! Ce court livre m'a donné envie de découvrir les autres écrits de l'auteur comme Les yeux ou bien Les new-yorkaises. Son écriture critique et sans pitié pour une société  qui se prend un peu trop au sérieux est une petite bombe d'ironie bien agréable à lire!

Un extrait:

"Est-ce qu'ils se marient à la fin? s'enquit Mrs Roby.
-Qui ça? s'exclama le Lunch Club d'une seule voix.
-Qui? La fille et le gars, bien sûr. C'est un roman, non? Je pense toujours que c'est la seule chose qui compte vraiment; sinon, cela gâche mon dîner."
Mrs Plinth et Mrs Ballinger échangèrenet des regards outragés et Mrs Ballinger ajouta: "Je ne vous conseille guère de lire
Les ailes de la mort dans cet état d'esprit. Pour ma part, je me demande comment, alors qu'il y a tant de livres auxquels on ne peut échapper, certaines personnes trouvent encore le temps de lire pour s'amuser."
p.13

9/10

Posté par Allie à 17:24 - Commentaires [11]

Un lieu béni

lieubeniFannie Flagg
Flammarion Québec
250 pages

Résumé:

Condamné par son médecin, Oswald T. Campbell reçoit une brochure sur Lost River, un endroit au climat plus doux, où son médecin lui conseille d'aller passer un peu de temps. Croyant y vivre son dernier Noël, Oswald s'y installe à contrecoeur. Mais c'est toute une communauté qu'il rencontrera; et surtout Jack, l'oiseau rouge, le Cardinal, que l'épicier du coin a accueillit et soigné. Frances Cleverdon, une de quatre veuves et de trois femmes célibataires en ville, a bon espoir de pousser Oswald et sa soeur Mildred à se fréquenter. Si seulement Mildred ne s'entêtait pas à colorer ses cheveux tous les jours d'une couleur différente! La vie de Frances et Oswald changera du tout au tout quand ils feront la connaissance de Patsy Casey, une jeune fille abandonnée avec une jambe estropiée, fascinée par l'oiseau...

Mon commentaire:

Un lieu béni est une sorte de conte pour adulte, sur la magie de Noël et de la nature. Le genre d'histoire qui fait chaud au coeur et ranime notre émerveillement d'enfant. Les personnages de l'histoire sont très sympathiques et rendent le récit intime. Ils donnent au lecteur l'impression de connaître ces gens, leurs histoires, de faire en quelque sorte parti de leur petit village.

Le roman est rempli d'extraits du journal local de la petite bourgade inventée par l'auteur et ces journaux accentuent le sentiment d'entrer dans la vie du village. L'histoire est tendre, touchante et rend un bel hommage à la nature qui nous entoure.

Comme j'adore les oiseaux, j'ai particulièrement aimé les passages où l'on parle de Jack, le Cardinal, ainsi que des autres oiseaux en liberté. Un roman à lire pour mettre un baume sur des journées parfois grises.

En complément:

À noter que le réalisateur John Avnet, qui avait aussi adapté le roman Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg, a acquis les droits d'Un lieu béni.

Posté par Allie à 14:26 - Commentaires [4]
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13 septembre 2005

Une bouffée de mort

bouffee_de_mortUne bouffée de mort - Isaac Asimov

Lu: septembre 2005

Résumé:

"C'est à l'Université, dans le laboratoire de chimie, que la mort a frappé. S'agit-il d'un accident, d'un suicide ou d'un meurtre ? Les trois hypothèses s'accordent avec la cause de la mort : substitution de cyanure de sodium à de l'acétate de sodium au cours de l'expérience qu'effectuait Ralph Neufeld, élève aussi peu prisé de ses camarades que de ses maîtres. La police penche pour le suicide, mais Brade, professeur adjoint de chimie, croit plutôt au meurtre.
Neufeld était son élève et c'est lui qui a découvert le cadavre ; c'est le choc alors éprouvé qui l'incite à s'informer en marge de l'enquête officielle. Il ira ainsi de choc en surprise et apprendra tout d'abord que le défunt le haïssait. Pourquoi ?"

Mon opinion:

Ce roman policier en est un des plus classique, une histoire qui se lit bien, assez bien écrite, mais sans fioritures. Une sorte d'histoire de déduction classique. Ce qui en fait son charme est le domaine universitaire des chimistes dans lequel elle prend place. On en apprends sur les expériences et la façon qu'est gérée l'université. Asimov étant un grand intellectuel, professeur et chercheur, nous sentons bien cette influence au cours du récit. C'est un assez bon roman policier, qui a peut-être un peu vieillit mais qui reste intéressant quand même.

Un extrait:

"Dans tout cela, aucun contact avec la vie; toujours la fuite devant les réalités. Une Université n'appartient pas plus au domaine de la vie qu'une crique tranquille n'appartient au cours d'un fleuve. Les étudiants, amenés par les rivières affluentes, traversent la crique, y séjournent quelques temps, puis se lancent dans le grand courant, vers les horizons inconnus. Mais Brade, lui, restait dans l'eau paisible."
p.20 (ma version diffère de celle illustrée)

7.5/10

Posté par Allie à 16:37 - Commentaires [0]
02 septembre 2005

Un rêve d'Armageddon

reve_darmageddonUn rêve d'Armageddon précédé de La porte dans le mur - Herbert George Wells

Lu: septembre 2005

Résumé:

"Quelle attitude adopter lorsqu'un homme étrange vous aborde dans un train pour vous raconter le plus terrifiant des rêves ? Nuit après nuit, il vit la fin du monde et sa propre mort... Faut-il croire cet ami qui vous dévoile le secret qui le hante depuis l'enfance : " la porte dans le mur " ? Franchir cette porte, c'est se retrouver dans un monde merveilleux et mystérieux."

Mon opinion:

Tant j'ai bien aimé la première nouvelle (La porte dans le mur) que contient ce volume, tant la deuxième (Un rêve d'Armageddon) m'a profondément déplue. Les histoire de ce petit recueil peuvent apporter un moment de réflexion sur le monde qui nous entoure. Cependant, la seconde histoire (la plus longue) m'a assez ennuyée, avec l'impression d'attendre un dénouement qui ne se produit hélas pas. La première nouvelle quant à elle parle du rêve d'une belle façon et la chute finale est excellente. Donc je laisse une note mitigée à ce volume pour démontrer l'inégalité de ses histoires.

Un extrait:

"À l'instant même où la porte se referma derrière moi, j'oubliai la rue et les feuilles de marronnier, les cabs et les voitures de livraison; j'oubliai l'attraction machinale qui aurait dû me ramener à l'obéissance et à la discipline familiale; j'oubliai les hésitations et les craintes, les conseils de la prudence en réalités intimes de l'existence. Sur-le-champ, je fus un bambin joyeux et heureux, dans un monde surprenant..."
p.22

6/10

Posté par Allie à 21:41 - Commentaires [9]
01 septembre 2005

Vincent et Van Gogh

vicent_et_van_goghVincent et Van Gogh - Gradimir Smudja coeur43

Lu: septembre 2005

Résumé:

"Et si Van Gogh n'avait jamais été un artiste de génie, mais un pauvre type sans aucun talent ? Et si l'une des oeuvres parmi les plus célèbres de l'histoire avait été entièrement peinte par un autre et usurpée par Van Gogh ? Hypothèse farfelue, scandaleuse forfaiture ? Pas si sûr. Car Van Gogh, une nuit en Arles, sauva la vie d'un mystérieux petit chat appelé Vincent, qui se mit à créer les toiles les plus extraordinaires..."

Mon opinion:

Gradimir Smudja a un talent de dessinateur exceptionnel. À travers des croquis rappelant les toiles de Van Gogh, des clins d'oeil amusant aux différents peintres comme Monet, Gauguin, Degas, Picasso et à leurs oeuvres, Smudja réussi une histoire rocambolesque sur l'art de peindre, le talent et bien sûr, Van Gogh. Mais attention, ce livre n'est pas une biographie. S'inspirant de faits réels, l'auteur a élaboré une histoire intéressante sur Van Gogh qui ne sait pas peindre et un chat, Vincent, qui peint pour lui! Les couleurs sont belles, chaudes et rendent bien la peinture de l'époque. Le dessin est réellement magnifique et donne l'impression au lecteur de plonger carrément dans une toile! Une bande dessinée magnifique, à découvrir absolument!

10/10

Posté par Allie à 08:18 - Commentaires [14]

Un goût de cendres

gout_de_cendresUn goût de cendres - Dan Christensen

Lu: septembre 2005

Résumé:

"James Whitaker tient une librairie d'occasion dans la 4e avenue. Un quartier plutôt moche, où il ne fait pas bon se promener la nuit. Que vient donc y faire Sara, cette jeune femme d'allure fragile qui dissimule un revolver dans son sac à dos? Et qu'a-t-elle à voir avec ces deux voyous qui ont essayé de vendre à Whitaker un livre volé? Tout cela aurait-il un rapport avec le drame qui a eu lieu un an plus tôt, lorsque la librairie a brûlé, causant la mort de l'ancien propriétaire?"

Mon opinion:

Voici le premier tome d'une série (à venir) consacrée à différents récits très noirs, se passant dans une ville (imaginaire) des États-Unis. Le coup de crayon de Christensen est vif et va bien avec le propos de ses histoires. La bande dessinée se lit très bien, comme un bon roman policier. Cependant, n'attendez pas une fin magique, heureuse, à l'Hollywoodienne: Christensen dépeint une Amérique noire, dure. La fin est à l'image du récit.

7/10

Posté par Allie à 08:08 - Commentaires [2]


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