31 octobre 2005

Drôle de tendresse

drole_de_tendresseDrôle de tendresse - Miriam Toews

Lu: octobre 2005

Résumé:

"Après que Trudie et Natasha, sa mère et sa soeur, sont portées disparues, Nomi reste seule avec son père, Ray, pour tenter de comprendre pourquoi. Elle tente aussi de trouver un moyen d’échapper à toute une vie de travail à l’abattoir de poulets qui se dresse à l’entrée d’East Village, qui n’a rien à voir avec le quartier branché de New York, où Nomi rêve de vivre, mais qui n’est qu’un bled perdu du sud du Manitoba. Ayant pour principales attractions une rue principale qui débouche sur le vide et la réplique d’un village d’antan, qui rappelle l’époque où la vie était simple et que les individus qui défiaient la règle étaient irrémédiablement exclus, East Village est gouverné par Hans, l’oncle de Nomi, homme à la piété farouche. À mesure que Nomi s’approche de la vérité, elle se trouve engagée sur une voie qui l’amènera fatalement à s’opposer ouvertement à son oncle et à la seule communauté qu’elle ait jamais connue."

Mon opinion:

Le roman de Miriam Toews a fait les manchettes cette année. On en parlait beaucoup. Le roman a remporté le prix du Gouverneur Général 2004. La majorité des écrits de Miriam Toews ont d'ailleurs remportés des prix. C'est donc avec beaucoup d'attentes que j'ai attaqué ce roman... et avec beaucoup de déception que j'en ai enfin terminé la lecture. Le quart du roman m'a bien intéressée et je pensais en apprendre plus sur la vie des mennonites. Sans vouloir lire une biographie ou bien un récit de leur vie, je m'attendais quand même à en avoir un parallèle intéressant avec la vie hors communauté. Cependant, je trouve que l'auteur n'en parle pas vraiment. Selon moi, Drôle de tendresse, un roman de plus de 350 pages, ne raconte pas grand chose. Il y a beaucoup de répétitions dans l'histoire, de retours en arrière. Nomi nous parle de sa famille à travers des détails plutôt insignifiants, si bien qu'on a toujours l'impression d'attendre le dénouement de quelque chose qui ne se produit pas... Ce style peut plaire à certains lecteurs mais moi je m'égare et j'ai l'impression de lire un texte décousu. J'ai cependant noté quelques passages qui m'ont bien plu, soit par leur forme ou leur humour, mais en général, pour moi, cette lecture est loin d'être marquante et je suis plutôt déçue de ce roman. Vraiment dommage.

Quelques extraits:

"J'avais huit ans, Trudie, environ trente-cinq. Elle portait un manteau de laine rouge et des moonboots. Comme, ce matin-là, elle n'avait pas réussi à mettre la main sur le sèche-cheveux, les pointes de ses cheveux étaient gelées. Regarde, avait-elle dit. Saisissant une mèche, elle l'avait pliée comme une paille. Elle m'avait donné son foulard aux motifs cachemire pour que je l'enroule autour de mes oreilles. Je ne sais pas exactement ce que nous fabriquions chez Carson, en plein carnage. Je suis à peu près certaine que les choses n'avaient pas débuté sur cette note, mais le carnage a la vilaine habitude de vous rattraper où que vous soyez."
p.11

"Nous sommes mennonites. À ma connaissance, il n'y a pas, pour une adolescente, de sous-secte à laquelle il soit plus gênant d'appartenir. Il y a cinq cents ans, en Europe, un homme du nom de Menno Simons s'est mis en tête de pratiquer la religion à sa manière, bizarre, faut-il le préciser [...]. Imaginez que l'élève le plus mésadapté de votre école fonde une clique dissidente de fidèles dont le manifeste interdit les médias, la danse, le tabac, les climats tempérés, le cinéma, l'alcool, le rock'n'roll, le plaisir sexuel, la nage, le maquillage, les bijoux, le billard, la fréquentation des villes et les veillées qui se prolongent après neuf heures. Cet élève, c'est Menno. Merci pour tout, Menno."
p.14

6/10

Posté par Allie à 12:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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