Un barrage contre le Pacifique
Marguerite Duras
Folio
364 pages
Résumé:
"Les barrages de la mère dans la plaine, c'était le grand malheur et la grande rigolade à la fois, ça dépendait des jours. C'était la grande rigolade du grand malheur. C'était terrible et c'était marrant. Ça dépendait de quel côté on se plaçait, du côté de la mer qui les avait fichus en l'air, ces barrages, d'un seul coup d'un seul, du côté des crabes qui en avaient fait des passoires, ou au contraire, du côté de ceux qui avaient mis six mois à les construire dans l'oubli total des méfaits pourtant certains de la mer et des crabes. Ce qui était étonnant c'était qu'ils avaient été deux cents à oublier ça en se mettant au travail."
Mon commentaire:
Un barrage contre le Pacifique est le premier Duras que je lis. Et je ne suis pas déçue. J'ai longtemps hésité à attaquer son oeuvre puisque Duras est un véritable monument littéraire. Ça m'effrayait. Puis, on m'a conseillé d'attaquer Duras par ce livre. Il m'a bien plu, si bien que je compte en lire d'autre. J'aime découvrir des auteurs qui ont une grande production derrière eux. Ça permet de rester plus longtemps dans leur monde.
Un barrage contre le Pacifique est un livre un peu triste. Une famille qui vit misérablement, avec l'espoir au coeur, qui poursuit sans relâche une vie qui ne lui donne rien, ou si peu. Une sorte d'éternel recommencement. Seul l'espoir les fait vivre, puisque la concession qu'on leur a donnée est incultivable. On a l'impression que les personnages, désoeuvrés, sont sur la corde raide. Il n'y a qu'un pas entre la vie et la mort qu'ils souhaitent, parfois, quand ça va trop mal.
Un roman un peu étrange, un peu gris,, certes, mais intéressant. À tendance autobiographique.
Un extrait:
"Au bout d'une semaine tous à peu près s'étaient mis à la construction des barrages. Un rien avait suffit à les faire sortir de leur passivité. Une vieille femme sans moyens qui leur disait qu'elle avait décidé de lutter les déterminait à lutter comme s'ils n'avaient attendu que cela depuis le commencement des temps." p.54
Commentaires sur Un barrage contre le Pacifique
Il y a petit livre de marguerite duras qui s'appelle "ecrire" et il est vraiment bien. Il parle de l'écriture et de l'approche qu'en a Marguerite Duras. Toi qui écris je pense qu'il pourrait t'interesser et peut-être te plaire...
Je ne connaissais pas ce livre! Je commence tout juste à connaître l'univers de Duras. Alors je le note celui-là! Merci! ![]()
J'ai lu ce livre en seconde si je me souviens bien. J'en garde un bon souvenir. Comme un goût dans la bouche.
A chaque fois, je me dit "Faudrait que je me relise un Duras" et puis je lis autre chose, c'est bête...
PS : j'aime bien ton blog !
Merci David! ![]()
On a découvert Marguerite Duras grâce à notre professeur de français qui connaît du bout des doigts cet auteur et ses oeuvres...j aime bcp
Dadine: je partage ton enthousiasme! ![]()
J'ai aussi aimé celui-là et j'ai aussi commencé à lire Duras par celui là. On m'avait conseillé de commencer par là aussi.
Les itinéraires de lecture se ressemblent souvent...
Ce livre est autobiographique.
Je n'ai pas lu écrire. Je pense que je vais le faire.
merci pour ton blog qui est très interressant.
Sylvie: merci pour tes beaux commentaires! En effet, je pense qu'aborder l'oeuvre de Duras par ce livre est une bonne chose. On y plonge, mais pas tout à fait donc ce n'est pas trop rebutant.
Très beau blog que vous avez là et que je découvre au hasard d'une recherche d'image sur google...
Mais je reviendrai !
Je viens de lire ce livre de Duras, c'est pour ma part le 8e que je lis de cet auteur. On associe souvent Duras à de la littérature "classique" et souvent qui dit classique dit lourd et pesant. Pas de ça chez Duras, c'est toujours un plaisir et je vous conseille vivement la lecture de "La pluie d'été" ainsi que de "Yann Andrea Steiner".
Après un coup d'oeil sur la liste des critiques je constate qu'un auteur que j'apprécie beaucoup n'y figure pas : Regis de Sa Moreira, il a écrit trois livres qui sont de vraies merveilles :
- Pas de temps à perdre (mon préféré),
- Le libraire
- Zéro tués.
Tous trois disponibles en poche.
Touane: merci pour vos commentaires et pour vos suggestions! Je note les Duras que vous me conseiller! C'est un auteur que j'ai le goût de relire. Pour ce qui est de Sa Moreira, effectivement je ne l'ai aps lu encore... mais c'est en projet! ![]()
... Et ce n'est pas peu dire : on retrouve quelque part une certaine "écriture temporalisée", un style peu percutant, mais une certaine idée que le colonialisme ignore l'âme des colonisés , et pervertit les colons. Le docteur Bardamu en Afrique fait le même constat, dans "Voyage au bout de la nuit".Les situations, pour drôles qu'elles soient parfois, ont cette saveur de lendemains qui vont déchanter, rien qu'à la couleur de l'aube. Evidemment la comparaison s'arrête là : on sent bien que les personnages sont "freudiens" (l'inconscient emmagasine tout ce que les comportements extérieurs refoulent du naturel des personnages) , quitte à exploser et à faire étalage de la laideur accumulée. L'espoir est toujours dans la fuite ou le recommencement, et c'est bien par là que l'on rejoint les éternels thèmes de la vie, de l'amour, et de la mort qui attend son heure.
Reste parfois la dérision, -et Duras sait en user!- qui fait toujours mouche.
Je croyais en ouvrant ce livre attaquer une oeuvre soporifique, mais je n'y étais pas : c'est bien un livre qui mérite d'être lu, même s'il faut parfois un peu de courage.





















