29 juin 2006
Bonbons assortis
Bonbons assortis - Michel Tremblay ![]()
Leméac / Actes Sud, 179 pages
Résumé:
La petite enfance de Michel Tremblay contient en germe la sensibilité et l'émotivité si vives de l’œuvre à venir. Quand il ouvre le tiroir de ce paradis perdu, les trésors qu'il y découvre sont plus vivants que jamais, plus savoureux parce que plus de cinquante ans ont passé, qui les ont affinés en vibrants récits. C'était l'époque où la magie du père Noël opérait encore et où les gentils mensonges des adultes tenaient lieu de vérités: ceux de son frère Jacques et de sa marraine Robertine, ceux de son oncle Josaphat et de sa grand-mère Tremblay, mais surtout ceux de sa mère Nana, qui mêle bonne et mauvaise foi avec un égal bonheur et dont le rire sonore fuse à travers tout l'univers de l'écrivain.
Mon opinion:
Petit recueil savoureux de récits d'enfance, Michel Tremblay a le don de nous replonger dans notre jeunesse. Ses souvenirs sont si bien racontés qu'on se laisse prendre au jeu, on sourit beaucoup et on retrouve un peu de cet émerveillement propre aux enfants (que les adultes gagneraient parfois à retrouver). Que ce soit en racontant sa première communion ou des souvenirs reliés au Père Noël, c'est avec beaucoup de sensibilité et de détails amusants que Tremblay nous livre quelques moments de son enfance. J'y ai retrouvé beaucoup d'éléments de ma famille ou de gens que je connais. Un livre que j'ai adoré, qui me donne envie de relire l'oeuvre de Tremblay, qui m'a accompagnée pendant mon adolescence mais que je n'ai pas lu depuis des années. Un petit livre à découvrir, assurément. Peut-être le meilleur de ses livres pour aborder l'oeuvre foisonnante de Michel Tremblay.
Quelques extraits:
"...j'avais fini par développer une peur bleue des orages. D'ailleurs, tout le monde dans la maison, sauf mon père, était dans le même cas. Y compris ma grand-mère, beaucoup moins fanfaronne quand un orage éclatait que lorsqu'elle racontait celui qui l'avait terrassée dans sa jeunesse. Si un orage surgissait sans prévenir au milieu de l'après-midi, les placards de la maison se remplissaient de femmes affolées, munies de rameaux et d'eau bénite..."
p.54
"Un ourson en peluche s'adresse à l'imagination et tout ce qui s'adresse à l'imagination est plus qu'aimable, admirable."
p.80
10/10
28 juin 2006
Un barrage contre le Pacifique
Un barrage contre le Pacifique - Marguerite Duras
Folio, 364 pages
Résumé:
"Les barrages de la mère dans la plaine, c'était le grand malheur et la grande rigolade à la fois, ça dépendait des jours. C'était la grande rigolade du grand malheur. C'était terrible et c'était marrant. Ça dépendait de quel côté on se plaçait, du côté de la mer qui les avait fichus en l'air, ces barrages, d'un seul coup d'un seul, du côté des crabes qui en avaient fait des passoires, ou au contraire, du côté de ceux qui avaient mis six mois à les construire dans l'oubli total des méfaits pourtant certains de la mer et des crabes. Ce qui était étonnant c'était qu'ils avaient été deux cents à oublier ça en se mettant au travail."
Mon opinion:
Un barrage contre le Pacifique est le premier Duras que je lis. Et je ne suis pas déçue. J'ai longtemps hésité à attaquer son oeuvre puisque Duras est un véritable monument littéraire. Ça m'effrayait. Puis, Sylvie du site Passion des livres conseillait d'attaquer Duras par ce livre. Il m'a bien plu, si bien que je compte en lire d'autre. J'aime découvrir des auteurs qui ont une grande production derrière eux. Ça permet de rester plus longtemps dans leur monde.
Un barrage contre le Pacifique est un livre un peu triste. Une famille qui vit misérablement, avec l'espoir au coeur, qui poursuit sans relâche une vie qui ne lui donne rien, ou si peu. Une sorte d'éternel recommencement. Seul l'espoir les fait vivre, puisque la concession qu'on leur a donnée est incultivable. On a l'impression que les personnages, désoeuvrés, sont sur la corde raide. Il n'y a qu'un pas entre la vie et la mort qu'ils souhaitent, parfois, quand ça va trop mal. Un roman un peu étrange, certes, mais intéressant. À tendance autobiographique.
Un extrait:
"Au bout d'une semaine tous à peu près s'étaient mis à la construction des barrages. Un rien avait suffit à les faire sortir de leur passivité. Une vieille femme sans moyens qui leur disait qu'elle avait décidé de lutter les déterminait à lutter comme s'ils n'avaient attendu que cela depuis le commencement des temps."
p.54
8/10
21 juin 2006
Le voile de la peur
Le voile de la peur - Samia Shariff
Éditions JCL, 385 pages
Résumé:
"Samia est encore toute petite lorsqu’elle comprend qu’elle n’est pas la bienvenue dans cette riche famille musulmane où la présence d’une fille est une véritable punition d’Allah.
Son père la domine, sa mère la rejette et ses deux frères aînés, conscients du traitement injuste dont elle est victime, ne peuvent rien pour elle. Elle est seule au monde, et lorsqu’on daigne s’adresser à elle, ce n’est jamais pour la porter aux nues.
Elle n’a que seize ans lorsqu’on la marie malgré elle à un employé de son père. Un régime de terreur s’installe alors dans sa nouvelle demeure. Elle se tourne vers son père et sa mère pour obtenir de l’aide, mais elle reçoit toujours la même réponse: elle est une femme, et une femme doit respect et obéissance à son mari en n’importe quelle circonstance.
Battue et violée à répétition, Samia ne peut s’appuyer que sur elle-même pour se sortir de ce cauchemar qui n’en finit plus. Les années passent et la situation ne fait que se détériorer. De surcroît, l’Algérie a basculé dans l’intégrisme religieux; l’usage du chantage et de la peur est devenu quotidien.
Samia, maintenant mère de plusieurs enfants, n’a désormais qu’une seule idée en tête: fuir vers la liberté ; fuir pour respecter sa promesse faite à ses petits qu’un jour la lumière et la paix seront au menu tous les jours de leur vie. Mais sa route est jonchée de milliers d’obstacles et de dangers mortels…"
Mon opinion:
Je ne suis pas une lectrice très friande de cas vécus et de témoignages. Ça me bouleverse beaucoup et j'en reste profondément marquée.
Ce livre-ci m'a beaucoup touchée. D'une vie marquée par la violence et la souffrance, dans un contexte où, au nom de la religion, on brime les droits des femmes, Samia Shariff a tout fait pour s'en sortir et offrir à ses enfants une vie meilleure, un espoir possible. Cette femme a énormément de courage et une force intérieure admirable.
Révoltant, impensable pour mes yeux de Nord-Américaine, ce témoignage est bouleversant. Il nous fait d'autant plus apprécier la vie que nous menons ici.
Je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour cette famille et je souhaite de tout coeur que leur vie ici soit maintenant plus douce que tout ce qu'ils ont pu connaître auparavant.
9/10
19 juin 2006
Délires illusoires
Délires illusoires - Nathan Williams
Éditions Messagers des étoiles, 109 pages
Résumé:
Délires illusoires. Ou illusion d’un délire? La réponse risque de ne jamais venir. Mais si chacun prenait simplement le temps de pénétrer l’esprit d’autrui, il réaliserait que le délire de l’un n’est rien de nous que la réalité d’un autre. Que ce fou incompris se révèle plus logique que nous-mêmes. On se croit invincible, on se croit sain et puissant, au contraire des autres. Mais ces autres, que disent-ils? Que pensent-ils? Ils se croient sains, invicibles, puissants. Et si ce délire devenait le vôtre!
Mon opinion:
Un petit livre un peu à part. Un recueil de nouvelles et de réflexions par un jeune auteur qui avait à peine 17 ans lors de la parution du livre. Je le classe dans les nouvelles puisque c'est de cette façon qu'il est présenté chez son éditeur.
Le thème récurrent de ces nouvelles: la mort, le suicide et les grandes questions sur la société actuelle. Le jeune auteur tente de mettre des mots sur des situations observées, de comprendre un peu mieux la nature humaine, le monde qui nous entoure. Ma nouvelle préférée: Humanité terrestre, qui a su venir me chercher. Le livre comporte aussi des photos en noir et blanc, illustrant les propos.
Un recueil donc, qui n'a pas vraiment de personnages puisqu'on parle toujours de "L'homme" ou de "Il". Un contenu un peu déstabilisant qui passe de "vraies" nouvelles (avec de bonnes chutes dont certaines sont réellement intéressantes) à des réflexions sur la vie, sur le monde, sur le pourquoi de ce qui nous entoure. Ce côté questionnement m'a peu touchée. Peut-être plaira t-il plus aux amateurs de poésie et aux jeunes adultes? Toutefois, je suis consciente que Nathan Williams a du talent, une jolie plume et je souhaite éventuellement lire autre chose de lui.
7/10
16 juin 2006
Coeur de Gaël tome 4 : La rivière des promesses
Coeur de Gaël tome 4 : La rivière des promesses - Sonia Marmen
Éditions JCL, 660 pages
Résumé:
Au milieu du XVIIIe siècle, Alexander Macdonald est soldat de l’armée anglaise en terre de Nouvelle France tout récemment conquise. Amoureux d’une Canadienne française de Québec, Isabelle, il ne peut en aucun cas unir sa destinée avec celle qu’il considère comme la femme de sa vie. Les chemins retors du destin ont fait en sorte que, malgré des sentiments réciproques brûlants, tout les sépare cruellement, inexorablement.
C’est un amour impossible, qui condamne Alexander à devenir un «chien errant». À l’instar de Pierre-Esprit Radisson quelques années plus tôt, il se retrouve malgré lui chez les Iroquois où il développe une tendre relation avec Tsorihia, une magnifique jeune femme qui l’aime puissamment tout en sachant qu’une autre hante les jours et les nuits d’Alexander.
Non, il n’a jamais oublié Isabelle, jamais, pas un seul instant depuis que les lois des hommes les ont séparés.
Tourmenté, obsédé par le besoin de retourner vers celle dont l’absence le consume à petit feu, finira-t-il par quitter la tribu qui l’a adopté ? Cette passion qui le dévore aura-t-elle raison du regard bouleversant de la lumineuse Tsorihia ?
Mon opinion:
Ouf! Un quatrième tome riche en rebondissements! Il se passe tellement de choses que le lecteur est littéralement happé par l'histoire. On voudrait lire plus vite pour connaître la fin! C'est avec joie que l'on retrouve les personnages du tome 3, mais aussi avec un peu de tristesse qu'on quitte tout ce petit monde.
Un regard sur la série...
En terminant ce dernier tome, j'ai eu l'impression de quitter ces personnages qui ont peuplés mes soirées depuis quelques semaines. L'auteur a une belle plume et sait raconter des histoires, qui nous gardent en haleine. Elle manie bien les faits historiques qui se fondent au roman et qui ne l'alourdissent pas.
Le quatrième tome, avec le deuxième, est probablement mon préféré. J'ai toutefois eu beaucoup de plaisir à entrer dans cette histoire et je souhaite que Sonia Marmen publie autre chose...
Coeur de Gaël, une belle série à découvrir!
Tome 1: La vallée des larmes
Tome 2: La saison des corbeaux
Tome 3: La terre des conquêtes
Tome 4: La rivière des promesses
9/10
13 juin 2006
Coeur de Gaël tome 3 : La terre des conquêtes
Coeur de Gaël tome 3 : La terre des conquêtes - Sonia Marmen
Éditions JCL, 580 pages
Résumé:
Au milieu du XVIIIe siècle, Alexander MacDonald, dit Alasdair, fils de Marion et Duncan, petit-fils de Caitlin et Liam, porte en lui un secret terrible concernant la mort de son grand-père. Comme il se sent rejeté par sa famille, il quitte sa lande natale et son village Glencoe. Errant et vivotant, il finit par être capturé par l’ennemi anglais qui le jette en prison. Alexander est encore tout juste un adolescent et ne doit qu’à sa jeunesse le fait qu’il soit encore vivant tellement sont atroces les conditions de vie au Tollbooth. Par bonheur, il réussit presque par miracle à s’en évader et poursuit son errance pendant quelques années. Son destin, fait de passions dévorantes et de terribles tragédies, le conduit à la fin de la vingtaine dans l’armée anglaise. C’est ainsi qu’en 1758, il débarque en sol nord-américain et participe à la conquête de la Nouvelle-France. Là il rencontre l’amour de sa vie, Isabelle. Mais Isabelle est une Canadienne française, elle personnifie l’ennemi !
Depuis toujours, Alexander a trouvé le moyen de faire face à l’adversité la plus cruelle et de la surmonter. Mais cette fois, son cœur, prêt à éclater de désir pour cette femme, ne risque-t-il pas de le mener pour de bon à sa perte ?
Mon opinion:
Ce troisième tome met en scène Alexander, le fils de Duncan et Marion. Les deux premiers tomes avaient une fin en soi mais ce troisième tome laisse place à beaucoup de questions, à un suspense qui garde le lecteur en haleine... l'histoire se poursuit dans le tome 4, que je débute à l'instant. L'histoire se passe majoritairement au Québec, pendant les événements qui se sont déroulés sur les Plaines d'Abraham. J'ai apprécié de connaître un peu "l'envers de la médaille" de ces faits historiques, même s'il s'agit d'un roman, l'histoire est très bien documentée. Elle est d'ailleurs un peu différentes des deux premiers volets, mais toujours aussi enlevante. Les faits historiques se fondent à merveille dans le récit si bien qu'on s'y croirait dans cette Nouvelle-France des années 1750-1760. La suite avec le quatrième et dernier tome!
Un petit extrait:
"Caitlin contemplait son petit-fils qui, hochant la tête, se mordillait la lèvre pour ne pas pleurer. Cet enfant était d'une sensibilité à fleur de peau. Son besoin d'amour était si grand... La vie s'annonçait bien difficile pour lui.
-Tu sais, lui chuchota-t-elle doucement, tu ressembles beaucoup à ton grand-père Liam.
Il la regarda visiblement bouleversé par ce compliment.
-Vraiment?
-Vraiment.
Liam aussi avait cette sensibilité qui l'avait touchée dès leur première rencontre. Ce besoin de faire bercer son âme par des bras solides. Plusieurs hommes du clan y verraient une forme de faiblesse. Mais Caitlin y avait plutôt décelé une maturité sprirituelle consistant justement à savoir reconnaître ses points faibles."
p.31
8.5/10
12 juin 2006
La face cachée d'un génie: La vraie vie d'Alfred Hitchcock
La face cachée d'un génie: La vraie vie d'Alfred Hitchcock - Donald Spoto
Éditions Albin Michel, 615 pages
Résumé:
Si tout le monde connaît les films d'Alfred Hitchcock (Les Trente-Neuf Marches, La Mort aux trousses, La Main au collet, Psychose, Fenêtre sur cour, Les Oiseaux...), aucune biographie n'avait évoqué jusqu'ici les liens étroits qui existent entre la vie privée du cinéaste, ses bizarreries, et ses films, ni la genèse singulière d'une œuvre incontournable dans l'histoire du cinéma. Enfance, éducation, vie à Londres et départ pour l'Amérique ; à partir d'un matériel documentaire très riche, de documents, d'interviews et de correspondances absolument inédites, Donald Spoto a écrit la grand biographie que l'on attendait sur Hitchcock. Il éclaire ses relations avec des grandes stars du cinéma : John Gielgud, Ingrid Bergman, Laurence Olivier, Cary Grant, Montgomery Clift, Marlene Dietrich, James Stewart Grace Kelly... généreux, patient avec les acteurs, plein d'humour, Hitchcock est aussi un créateur cynique, manipulateur, habité par de noires obsessions : la légende hitchcockienne a sa face sombre. Émerge un portrait inattendu, parfois iconoclaste, mais qui modifie définitivement notre regard sur les films d'Hitchcock. Son œuvre, à laquelle on a parfois reproché sa froideur, nous apparaît alors hantée, extraordinairement incarnée.
Mon opinion:
L'univers d'Hitchcock a peuplé mon adolescence. J'ai vu la majorité de ses films, j'ai lu beaucoup de livres sur ce grand cinéaste. Je suis tombée sur mes notes concernant cette biographie et j'ai eu envie de les partager avec vous.
Hitchcock est né en 1899. C'était un jeune homme solitaire. Il a d'abord été dessinateur d'intertitre pour le cinéma puis a tourné son premier film complet en 1926.
Le livre nous parle des deux périodes d'Hitchcock, sa période anglaise er sa période américaine, lorsqu'il s'établit aux États-Unis. Le livre alterne entre l'histoire du cinéma en général et la vie d'Hitchcock ainsi que son implication dans l'univers cinématographique.
Il est donc plutôt intéressant d'avoir quelques connaissances en cinéma (de l'époque, surtout) afin de mieux situer la vie du cinéaste. Ce n'est pas indispensable, mais sûrement plus agréable à la lecture. Par exemple, on parle souvent du film Le dernier des hommes dans le livre. Ce film semble avoir marqué Hitchcock. Il s'en ait peut-être inspiré. Ce film allemang innovait à l'époque (1924) car il était tourné en caméra mobile.De nombreuses photos agrémentent le livre et celui-ci comprends la filmographie complète d'Hitchcock, incluant les films en co-production ou ses films inachevés. Les aspects historiques sur le cinéma m'ont bien intéressée, comme par exemple la censure qui avait lieue en 1930-1950 sur la longueur des baisers au cinéma, qui était réglementé, ou la façon de mourir du héros.
Hitchcock est mort en avril 1980. Il a tourné 9 films muets, 46 films parlant, 20 téléfilms, il a produit 266 épisode de la série Alfred Hitchcock présente (1955-1962) et a regroupé sous son nom, dans des anthologies, plus de 400 nouvelles de suspense.
Une biographie indispensable pour tout amateur d'Hitchcock qui se respecte! ;)
Plus d'informations:
Un site Internet intéressant, avec images, sons et vidéos.
Hitchcock sur le portail Wikipedia.
9/10
07 juin 2006
L'orpheline de la maison Chevalier
L'orpheline de la maison Chevalier - Josée Ouimet
Éditions Hurtubise HMH, collection Atout Histoire, 145 pages
Lu: juin 2006
Résumé:
À la mort de son père, Marie est engagée comme servante chez Jean-Baptiste Chevalier, commerçant de la ville de Québec. C'est maintenant à elle de payer, par son travail, les dettes de la famille. Mais l'oncle Amédée le lui a promis, elle sera de retour à la maison pour Noël. Le travail est dur mais la ville de Québec, bourdonnante d'activité en cette fin d'année 1753, lui réserve bien des surprises.
Mon opinion:
À partir d'une de ses ancêtre, une jeune servante, à qui elle dédie le livre, l'auteur a créé L'orpheline de la maison Chevalier. Reprenant un événement clé de notre histoire et recréant parfaitement l'atmosphère de 1753, Josée Ouimet trace un beau portrait d'une jeune servante coincée dans ses trop lourdes responsabilités. Atout Histoire est une petite collection intéressante pour aborder des moments de notre histoire et de celle d'autres pays, donner matière à discussion sur le mode de vie du temps et à se renseigner encore plus, si le sujet intéresse le jeune lecteur. Une beau petit roman, bien écrit. Une collection à découvrir.
En complément:
Le site de cette petite collection qu'est Atout Histoire.
8.5/10
Croisière au fond du lac
Croisière au fond du lac - André Marquis
Éditions Triptyque, 94 pages, illustré par Natacha Sangalli
Lu: juin 2006
Résumé:
Hommage à Homère et son Odyssée, Croisière au fond du lac est un roman qui met en scène quelques dieux et héros de la mythologie grecque, et dans lequel les notions de temps et d'espace viennent chambouler tout le récit.
Mon opinion:
Ce petit roman jeunesse revisite l'Illiade et l'Odyssée d'Homère. Roman d'aventures, fantastique, l'auteur fait appel à toutes sortes de héros et de Dieux Grecs pour aider ou nuire aux deux protagonistes de l'histoire. L'auteur joue aussi avec le temps, si bien qu'il se passe énormément de choses et que le lecteur a l'impression d'être dans un tourbillon d'événements. La fin est assez étonnante! Cependant, le fil tient toujours et l'histoire plaira aux jeunes en quête d'un univers teinté de merveilleux.
Un extrait:
"La situation me paraissait assez confuse. Au fond d'un océan asséché depuis plusieurs millions d'années, Homère, dont la mort remontait à environ trois mille ans, craignait une blessure d'algue. On devrait interdire les voyages dans le temps!"
p.29
8/10
03 juin 2006
Des cendres sur la glace
Des cendres sur la glace - Georges Lafontaine![]()
Guy Saint-Jean Éditeur, 381 pages
Lu: juin 2006
Résumé:
Assis sur le vieux perron de sa maison, construit de ses mains il y a bien longtemps, Achille pleure son Adela, récemment décédée. Revoyant leur vie passée ensemble sur cette terre enfouie au creux des vallons de l'Outaouais, Achille conçoit le projet de rendre les cendres de sa bien-aimée à sa terre natale, qu'elle aurait tant voulu revoir: Terre-Neuve. Qu'importe s'il n'a, pour ce faire, qu'un vieux canot d'écorce à sa disposition. Ainsi commence un audacieux périple, guidé par l'amour immortel d'un homme humble envers la femme de sa vie. Un homme qui a toujours repoussé le progrès et le confort moderne, vivant d'amour, de dur labeur et d'eau fraîche, serein, amoureux.
Les eaux tumultueuses de la rivière des Outaouais, du fleuve, puis de l'estuaire du Saint-Laurent auront-elles raison du courage et de la détermination d'Achille? Et qu'en est-il de ceux qui souhaiteraient, au nom de l'ordre et du bien commun, l'empêcher d'accomplir sa mission? Derrière cette quête, une grande recherche de liberté individuelle et un émouvant appel à la tolérance, à la raison toute simple qui prône le respect des valeurs et des promesses de chacun.
Mon opinion:
Ce roman est tout simplement magnifique! L'histoire véhicule un très beau message d'espoir, de tolérance et est une véritable ode à l'amour. Je me suis retrouvée dans ce qui unit Adela et Achille et c'est peut-être ce qui m'a le plus touchée, surtout dans la société où nous vivons, où l'amour est vite vécu, consommé et rejeté. Les petits détails qui unissent ces deux êtres sont profondéments touchants. Il émane une belle tendresse du texte et Georges Lafontaine a une plume simple et magnifique. Le roman est une belle leçon de vie, un point de vue tout simple qui échappe au monde d'aujourd'hui et qu'on gagnerait à retrouver. C'est une belle philosophie sur les rêves, la force qu'ils peuvent transmettre si on y croit vraiment, leurs réalisations, en faisant fit de ce que les autres peuvent dire ou penser.
J'ai adoré les retours en arrière sur la vie de Adela et Achille, leurs rencontres, qui sont partagés au lecteur de belle façon et qui complètent bien l'histoire principale. J'ai aussi beaucoup apprécié que les phrases en anglais aient été traduites, ce que les éditeurs ne font pas toujours.
Bref, Des cendres sur la glace est un livre coup de coeur, qui a su me toucher et m'émouvoir, dont j'ai grandement apprécié la lecture et que je recommande fortement à tous ceux qui ont l'âme sensible, que la nature et l'amour interpelle... À découvrir, assurément!
À noter que ce roman a remporté le Grand Prix de la relève littéraire Archambault 2006.
Il existe aussi un autre tome de cette série, Des cendres et du feu, que je veux lire à tout prix!
Quelques extraits (j'en aurais mis plusieurs, tellement il y a de belles phrases dans ce livre... mais achetez-le, il en vaut la peine...)
"Achille fit le tour de chaque pièce, touchant du bout des doigts tout ce qui avait appartenu à Adela, ou même ce qu'elle avait simplement frôlé de sa main. sa brosse avait gardé quelques-uns de ses cheveux et Achille la porta à son nez. Son odeur était toujours là, moins précise cependant que les jours précédents. Il faudrait probablement des mois, mais peu à peu, son parfum se dissiperait, comme l'eau disparaît lentement dans le sable de la grève après que la vague se soit retirée."
p.23
"Vous savez, docteur, je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui savent ce qu'aimer veut dire. On aime bien la glace au chocolat, mais à trop en manger on finit par ne plus la supporter. Quand vous me parlez d'aimer, c'est de cette façon-là que vous voyez cela. Ce n'était pas cela entre nous. Elle était un bout de moi, et je crois que j'étais un bout d'elle. Quand j'étais malade, elle ressentait ma fièvre avant que je ne m'en rende compte. Comme si mon sang passait dans ses veines. Même chose pour moi. Je n'étais pas moi, elle n'étais pas elle. Nous étions nous."
p.155
10/10









