30 juillet 2006
Lady Susan
Lady Susan - Jane Austen
Folio 2€, 115 pages
Résumé:
Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...
Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.
Mon opinion:
Lady Susan est un court roman construit sous forme de lettres. J'ai été un peu déstabilisée au début avant de saisir qui écrivait à qui et le lien qui unissait ces personnages. Toutefois, c'est un court roman qui m'a beaucoup plu, pratiquement autant qu'Orgueil et préjugés. La majorité des lettres parlent de Lady Susan, une femme qui utilise les autres pour avoir ce qu'elle veut et parfois, pour s'amuser un peu. Elle m'est plutôt antipathique, quoique un personnage assez intéressant. On la critique, on la juge. Alors que l'autre grand sujet de conversation est Frederica, la fille de Lady Susan, que sa mère souhaite marier "de force". Bref, saul petit bémol: j'aurais aimé un roman un peu plus long! Mais comme toujours, Jane Austen a le don de la plume et sait nous toucher avec des sujets à l'apparence plutôt frivole. Un bon roman.
8.5/10
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28 juillet 2006
Des cendres et du feu
Des cendres et du feu - Georges Lafontaine ![]()
Guy Saint-Jean éditeur, 363 pages
Résumé:
Dans le deuxième tome de cette très belle série de Georges Lafontaine, nous retrouvons Antoine, dont la réaction est vive après avoir découvert l'identité de son père lors du très médiatisé procès visant à empêcher Achille Roy d'aller déposer les cendres de sa femme en canot aux abords de Terre-Neuve.
Reconnu par certains comme le petit-fils d'Achille Roy et de la désormais célèbre Adela, par d'autres comme le fils de la discrète postière de Sainte-Famille-d'Aumond, et par d'autres encore, comme le fils du malhonnête Paul Cole, Antoine se met à la recherche de ce qui définira son identité d'homme et sa propre passion dans la vie. Le métier de pompier des forêts saurait-il être à la hauteur des espérances d'Antoine et combler le désir d'héroïsme qu'il aurait voulu voir chez son père?
Tout comme Antoine, d'autres cherchent jusque dans les voies enseignées par la secte de l'Ordre du Temple Solaire un sens à leur destinée. Au cours des quelques années couvertes par le récit, plusieurs verront leur chance de poser un geste déterminant qui définira de quoi chacun est fait, tout cela suivi de près par l'oeil curieux du journaliste Martin Éthier, qui nous est familier depuis le premier roman de Georges Lafontaine, comme quelques autres personnages sympathiques qu'il nous fera plaisir de retrouver.
Mon opinion:
Décidément, j'adore l'écriture de Georges Lafontaine! Dans ce livre, c'est avec un grand plaisir que nous retrouvons les personnages du premier tome, Des cendres sur la glace, qui m'avait beaucoup touchée. Ce second livre est tout aussi intéressant et l'auteur nous amène à vivre avec Antoine, le métier de pompier des forêts. On retrouve toujours l'amour comme thème récurrent, l'amour entre homme et femme, entre mère et fils, l'amour qui lie deux êtres qui se comprennent... L'écriture de cet auteur m'enveloppe. Je me suis assise hier pour commencer le livre et je ne l'ai pas laissé de toute la journée! J'aime le monde qu'il crée, j'aime ses personnages, les thèmes qu'il aborde et surtout, sa façon de le faire. La nature est toujours présente. Ses personnages laissent une trace dans l'esprit du lecteur, qui a l'impression de les avoir connus réellement. Ses mots m'ont touchés, toujours empreints d'une grande délicatesse. Et j'ai versé une larme à la fin... Un auteur à découvrir, assurément. J'espère un autre livre pour très bientôt!
Des cendres sur la glace, tome 1
Des cendres et du feu, tome 2
10/10
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25 juillet 2006
L'auberge des morts subites
L'auberge des morts subites - Félix Leclerc
Éditions Stanké, 218 pages
Résumé:
"L'Auberge des morts subites c'est quelque part au-dessus de Montréal, entre ciel et terre. Quand les gens meurent subitement, sans préparation, on les amène là et on les prépare pour l'éternité. On essaie de les débarrasser de cette maudite terre, collante, pesante.
Or quand la pièce commence, il en arrive une "batch" de quatre. Un député qui vient de se faire battre et qui meurt d'indigestion à un banquet de son parti. Une comédienmne qui allait donner son programme à six heures à la télévision. Un Français qui vient de se faire tuer dans une affaire de femme. Un gars qui vient de mourir dans une collision.
Le portier de l'Auberge s'appelle André mais tout le monde l'appelle Amédée. Y a le diable aussi et il y en a d'autres. À l'Auberge ils sont quatre pour préparer les morts. Et voilà quatre morts qui arrivent.
Les gens de l'Auberge essaient de faire oublier la terre aux nouveaux venus, mais eux autres ils font un complot pour ramener sur la terre les gens de l'Auberge..."
- pièce résumée par Félix Leclerc à un journaliste de La Presse, le 19 janvier 1963.
Mon opinion:
L'Auberge des morts subites est une pièce en deux actes. La première partie, celle qui m'a le plus intéressée, dépeint l'arrivée du groupe au ciel et leur consternation quand on leur apprends qu'ils sont morts. La seconde partie parle de la tentative de corruption des hommes pour "humaniser" un peu les Dieux. On y parle également des petits conflits entre anglais et français. La pièce est surtout drôle dans la première partie. Le sujet est original, mais la seconde partie traîne un peu et j'avais hâte de terminer la pièce. Probablement qu'une fois montée sur scène, on se laisse porter un peu plus par l'absurde de la situation.
Toutefois, cette lecture m'a quand même plue et ce n'est certainement pas mon dernier livre de Félix Leclerc.
7/10
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Prodige Noir
Prodige noir - François Guérin
Éditions JCL, 405 pages
Résumé:
Occupé à corriger les épreuves de son dernier roman, François Guérin reçoit un bon matin une lettre recommandée. On lui apprend qu'il est l'héritier d'une cousine inconnue vivant en Pennsylvanie.
Obligé de se rendre sur place pour récupérer ce qui lui revient, il reste perplexe devant la vieille boîte que lui tend le notaire.
Le contenu de cet étrange héritage? Des coupures de presse et un journal personnel ayant appartenu à un certain Harry Burton, pianiste noir du début du vingtième siècle. Pour le romancier commence alors une véritable fugue littéraire.
Mon opinion:
L'auteur est entré en possession des carnets et journaux d'un pianiste Noir américain, Harry Button. On ouvre donc ce livre comme on découvrirait des notes, extraits de la Presse, télégrammes et surtout, le journal. Débutant en 1912 pour se terminer en 1924, l'histoire de ce pianiste nous amène à prendre conscience des tensions raciales qui régissaient à ce moment-là en Amérique. Les esclaves Noirs venaient d'être affranchis et réclamaient, avec raison, une vie normale, le respect de leurs pairs. L'avant des bus est réservé aux blancs, de nombreux restaurants, hôtels, salle de spectacles refusent la présence de gens de couleurs. Harry Button devra affronter le mépris et les remarques haineuses pour réussir à se tailler une place dans le monde de la musique.
Le sujet du livre m'intéressait particulièrement. J'ai toutefois mis du temps avant de me laisser emporter par le journal de Button. J'ai trouvé au récit quelques longueurs, dûes probablement à la façon de raconter de Button, à travers un journal intime. Toutefois, je crois que le livre vaut qu'on s'y attarde tant par la passion communiquante de la musique qu'avait Button, que pour le témoignage sur le racisme, qui m'a beaucoup touchée. Certains article de journaux repris dans le livre m'ont littéralement fait grincer des dents.
À travers son périple pour se forger une place comme pianiste, Button rencontrera des gens qui lui donneront un petit coup de main, pour qui la couleur de la peau n'est pas un obstacle: Claude Debussy, George Gershwin, Alfred Cortot, Adèle Leroux, Sergueï Rachmaninov, Erik Satie... J'ai été surprise de constater que Button a aussi fréquenté nombre de gens et vu son univers changer lorsqu'il fut invité au salon d'A'Lelia Wlaker et sa mère, CJ, premières femmes d'affaires Noires prospères qui commercialisaient des produits de beauté (dont on retrouve l'histoire dans le roman de Tananarive Due, La rose noire.)
Prodige noir est un roman qui a le mérite de faire revivre ce prodige qu'était Harry Button, sans quoi il serait probablement tombé dans l'oubli...
8/10
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20 juillet 2006
Il faut prendre le taureau par les contes!
Il faut prendre le taureau par les contes! - Fred Pellerin ![]()
Éditions Planète rebelle, 133 pages + un cd
Résumé:
Les contes de Fred Pellerin ont ceci de particulier qu'ils sont véridiques, en général... Véritables, comme des contes de faits, hauts et forts, qui parlent d'eux-même et qui sont trop beaux pour ne pas être vrais. Si les histoires de son premier recueil faisaient le tour des amours de la belle Lurette, ceux-ci rapportent l'âme de Babine, le fou du village. Des découpures de journée, des légendes en pièces, qui se cousent et secouent pour donner à voir une histoire qui en dit long sur un homme qui avait le dos large.
Mon opinion:
Entrer dans l'univers loufoque à l'imaginaire parfois irréel de Fred Pellerin, c'est ne plus vouloir en sortir. Ce jeune conteur québécois remet les contes au goût du jour et ressucite la tradition orale pour notre plus grand plaisir. Pour l'avoir entendu une fois en spectacle et l'avoir vu à quelques reprises à la télévision, j'avais très hâte d'ouvrir un de ses livres. Accompagné d'un cd enregistré lors de ses scéances de contes, ce livre est un vrai petit bijou, refermant une tranche d'histoire, un petit bout du maintenant célèbre village du jeune conteur: St-Élie de Caxton. Fred Pellerin s'exprime dans une langue coloré, imagée, avec de nombreux jeux de mots. Souvent très drôles, ses contes font réfléchir sur nos racines, la perte possible d'un patrimoine oral si personne ne poursuit la tradition. Souvent touchants, les personnages des contes de Fred Pellerin sont inoubliables.
À lire et écouter sans modération!
Les autres contes de l'auteur:
Dans mon village il y a belle Lurette (2001)
Il faut prendre le taureau par les contes ! (2003)
Comme une odeur de muscles (2005)
Bois du thé fort, tu vas pisser drette ! (2005)
L'Éditeur qui publie les contes de Fred Pellerin et nombre de livre-disque.
10/10
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19 juillet 2006
Les vacances de Rosalie
Les vacances de Rosalie - Ginette Anfousse, illustré par Marisol Sarrazin
Éditions La courte échelle, 92 pages
Résumé:
Nous retrouvons Rosalie au bord de la mer. Avec tante Diane et son ami André, tante Élise, tante Gudule, leurs pots de crème, leurs pattes de grenouille, leurs chapeaux de paille et leur parasol géant. Mais, pour Rosalie, il y a d'un côté Pierre-Yves Hamel, aux yeux plus bleus que l'océan, et de l'autre Terry, le bel Américain, sa soeur Baby Ann et son chien afghan... Comment tout cela finira-t-il? Rosalie nous invite à le découvrir en partageant avec elle les plus belles vacances de sa vie.
Mon opinion:
Parfait pour les vacances, ce petit roman jeunesse fait parti de la série Rosalie. Toutefois, chaque livre peut se lire indépendamment des autres, sans trop de problème. S'adressant principalement aux jeunes filles, l'auteur nous parle des premières vraies grandes vacances de Rosalie, douze ans, et de ses amours de vacances...
L'adulte y verra parfois quelques scènes un peu clichées, la jeune lectrice lira le roman d'une traite, sans s'arrêter. Bien écrit, souvent drôle, les scènes font sourire. À glisser dans le sac des jeunes pour les vacances!
À noter que ce livre a remporté le Prix d'excellence de l'Association des consommateurs du Québec.
Plusieurs autres titres de la série Rosalie sont parus, il y a déjà de nombreuses années (j'avais lu ce roman il y a plus de 15 ans!), mais semblent toujours disponibles. Les histoires n'ont pas du tout vieillies et sont proches des préoccupations des adolescents.
À découvrir aussi, si la série vous intéresse (dans l'ordre):
Les catastrophes de Rosalie (Prix Québec / Wallonie-Bruxelles)
Le héros de Rosalie
Rosalie s'en va-t-en guerre (Prix du livre M. Christie)
Les vacances de Rosalie
Le grand rêve de Rosalie
Rosalie à la belle étoile
Le grand roman d'amour de Rosalie
La grande frousse de Rosalie
À partir de 9 ans.
8.5/10
18 juillet 2006
Sous le soleil de Toscane
Sous le soleil de Toscane: une maison en Italie - Frances Mayes
Folio, 459 pages
Résumé:
« Lors de notre premier été ici, j'ai acheté un grand cahier à la couverture de papier florentin relié de cuir bleu. Sur la première page, j'ai écrit : ITALIE. Il semblait prêt à recevoir des vers intemporels, mais j'ai commencé par y coucher des noms de fleurs sauvages, toutes sortes de projets, et du vocabulaire. J'y ai dépeint nos chambres, nos arbres et les cris des oiseaux. J'y ai copié des recommandations : "Planter les tournesols quand la lune entre dans la Balance", sans avoir aucune idée de la période concernée. J'ai décrit les gens que nous avons rencontrés, les plats que nous avons préparés.
Ce cahier bleu s'appelle maintenant Sous le soleil de Toscane, il est l'expression naturelle de mes premiers plaisirs ici. Restaurer, puis arranger la maison ; explorer les innombrables secrets de la Toscane et de l'Ombrie ; mitonner dans une autre cuisine et découvrir les liens, nombreux, entre les plats et la culture - autant de joies intenses qu'irrigue le sentiment profond d'apprendre une autre vie. »
Mon opinion:
Je m'attendais à lire un récit se rapprochant du livre de Sue Hubbell que j'ai tant aimé, Une année à la campagne. Certains passages m'ont rappelé ce livre mais tous ne s'en rapprochent pas. Certaines parties me plaisent beaucoup, alors que d'autres chapitres me paraissent interminables et peu intéressants... L'auteur nous livre certaines descriptions de lieux qu'on doit visiter, je crois, pour les apprécier. J'ai lu rapidement ces passages. Alors que tout ce qui touche la maison de Frances et Ed, la visite des marchés de Toscane et la rénovation de Bramasole, leur demeure, ainsi que la cuisine Italienne, m'intéresse particulièrement. Sous le soleil de Toscane n'est pas, pour moi, un livre d'intérêt égal. J'ai parfois été très entousiasmée alors qu'à d'autres moments, je tournais les pages rapidement. Peut-être que l'intérêt est plus prononcé si on connais un peu cette région et qu'on l'a déjà visité?
Bref, je relirai probablement d'autres livres de l'auteur, le style m'a plu et j'ai appris plusieurs choses. Il suffit de s'attarder sur ce qui nous intéresse et de passer rapidement ce qui nous plaît moins.
Quelques extraits:
"J'ouvre mon cahier bleu. Décrire cet endroit, nos découvertes, nos promenades et notre vie quotidienne a été un plaisir. Un poète chinois a remarqué il y a des siècles que recréer une chose par les mots revenait à vivre deux fois."
p.14
"Les gens voyagent pour autant de raisons qu'ils ne le font pas. "Je suis vraiment contente d'être allée à Londres, m'avait dit une camarade à l'université, au moins, je n'ai plus besoin d'y revenir.""
p.244
7/10
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16 juillet 2006
Contes de la rivière Severn
Contes de la rivière Severn - Aurélie Resch, illustré par Natasha Batt ![]()
Éditions du Vermillon, 117 pages
Résumé:
"L’idée de ce recueil de contes est venue d’une rencontre avec un lieu et un peuple. Partie à la recherche d’anciens n’ayant pas tout perdu du répertoire transmis jadis par la tradition orale, aidée d’un Cri parlant sa langue maternelle et l’anglais, l’auteure a pu satisfaire sa curiosité et récolter souvenirs et anecdotes. La mythologie crie, personnalisant les forces de la nature et peuplée de nombreux esprits, l’a séduite, d’autant qu’elle prenait toute sa dimension dans le décor grandiose de terres immenses, gelées et désertiques aux abords de la baie d’Hudson."
Mon opinion:
C'est en s'inspirant de légendes cries qui lui furent racontées par les anciens, qu'Aurélie Resch a composé ces Contes de la rivière Severn. Il s'agit d'un petit recueil tout simplement merveilleux avec des illustrations très colorées, simples, qui sont d'ailleurs magnifiques et rendent bien l'atmosphère qui se dégage des contes. Les très belles histoires nous racontent la nature d'un autre point de vue, soit celui de sa création et de la présence des animaux ou des éléments de la nature tel que le vent, les étoiles, etc. La présence de l'homme n'intervient que dans les derniers contes. Ces histoires pour toute la famille, plairont à être lues à voix haute. Le recueil contient huit contes. J'ai préféré particulièrement La création des saisons, une sorte de fable sur les quatres saisons; L'histoire des Quatre Vents qui nous explique l'apparition des quatre vents dominants (sud, est, ouest, nord); et les deux contes qui parlent de la cohabitation de l'homme avec la animaux et la place qu'il prend dans la nature, soit: Les premiers hommes et Les démons de la nuit.
Un magnifique recueil que je relirai assurément, à découvrir.
Un extrait:
"Ce matin-là, dans cette région du Nord, ne ressemblait pas aux autres matins. Le silence était très opaque et la neige épaissie par une valse incessante de flocons. Dans les arbres, aucune branche ne bougeait. Même les nuages étaient au repos. Le ciel et la terre, en habits de mariés, ne faisaient qu'un et il était impossible de dessiner une quelconque ligne de démarcation entre eux. Pas de racines, d'aiguilles de pin ou de traces de pas qui viennent marquer le tapis ouaté. Le temps s'était arrêté."
p.44
10/10
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09 juillet 2006
Le cadeau de l'ours
Le cadeau de l'ours - Françoise Lepage, illustré par Gilles Lacombe
Éditions du Vermillon, 31 pages
Résumé:
Un ours énorme a perdu sa fille enlevée par un méchant magicien. Il charge le jeune Sébastien de la retrouver, mission extrêmement périlleuse pour un garçon de huit ans. Sébastien réussira-t-il cet exploit et que recevra-t-il en retour de son service?
Mon opinion:
En ouvrant le livre, j'ai d'abord jeté un oeil au dessin. J'aime bien normalement que le dessin soit bien défini. Dans le cas de ce livre-ci, les dessins suggèrent les choses, à l'aide des couleurs. Je me suis donc plongée dans le livre, avec quelques réserves.
J'ai été agréablement surprise. Le dessin va très bien avec le récit, tout en mouvement, qui parle aux enfants de la faune et suggère un bon comportement face aux animaux, aux oiseaux. Le livre peut être le point de départ de belles discussions sur l'écologie, la faune et la flore. Le cadeau de l'ours est un très beau conte sur la nature, avec une pointe de magie, illustré de verdure et de forêt. J'ai apprécié à la fin les renseignements additionnels sur la fleur dont on parle dans le récit. Un livre qui plaira assurément aux enfants (et aussi aux adultes!) À partir de six ans.
9/10
08 juillet 2006
Une poignée de gens
Une poignée de gens - Anne Wiazemsky ![]()
Folio, 240 pages
Résumé:
Un paysan appelé Vania poussait une barque entouré d'enfants. Il est mort d'un arrêt du coeur, là, quelque part dans l'herbe. Les enfants ont grandi en exil, sous d'autres nationalités. Ils sont devenus français, anglais, américains. La plupart ne sont jamais revenus en Russie.
Mon opinion:
Marie vit à Paris. Elle est d'origine Russe et ses aïeux ne l'ont jamais intéressée. Il s'agissait d'une famille princière qui, au cours de la révolution de 1917, s'est dispersée dans plusieurs pays. Un jour, marie reçoit la lettre d'un cousin éloigné de sa grand-tante. Les noms mentionnés dans la lettre ne lui disent rien. Elle décide de rencontrer cet homme. Et c'est son récit, ainsi que le Livre des Destins (sorte de journal) que nous livre ici Anne Wiazemsky, dans une écriture fluide, simple, mais qui m'a beaucoup plu. J'avais entendu parler de son roman Sept garçons et à défaut de l'avoir trouvé, je me suis rabattue sur Une poignée de gens. Je ne le regrette pas! On ouvre ce roman comme un feuilletterait un journal de bord, rempli de notes et de photographie. Dans une économie de mot et sans longues descriptions inutiles, l'auteur réussis à nous attacher à ses personnage et on les imagine aisément. J'ai maintenant envie de lire tout ce qu'elle a écrit.
À noter que ce roman a remporté le prix du Roman de l'Académie Française 1998.
Un extrait:
"Mes grands-parents sont morts alors que je n'avais pas dix ans et mon père alors que j'en avais quinze. La douleur de le perdre fut si grande qu'il me fallut presque l'oublier pour continuer à vivre. Aujourd'hui je sais que j'ai répété là ce que lui-même avait fait pour sa propre survie. Quand il a choisi de devenir français, il a tourné le dos non seulement à son pays d'origine, mais à ses traditions et à ses souvenirs, s'interdisant ainsi toute nostalgie. Sa vie d'homme à construire l'intéressait beaucoup plus que son passé si riche et romanesque fût-il. Il regardait devant lui, pas derrière. Et il est mort trop jeune pour atteindre l'inévitable moment où l'on ressent le besoin de se retourner sur son passé et peut-être d'en transmettre quelques bribes."
p.14 (mon édition diffère de celle ilustrée)
9.5/10




