30 septembre 2006
La maison du sommeil
La maison du sommeil - Jonathan Coe
Folio, 459 pages
Résumé:
De bien curieux événements se déroulent à Ashdown, inquiétante demeure perchée sur une falaise des côtes anglaises. Naguère, c'était une résidence universitaire, où se sont croisés Sarah la narcoleptique, Gregory le manipulateur, Veronica la passionnée, Robert l'amoureux transi, Terry le cinéphile fou. Leurs destins ont divergé, mais les spectres du passé continuent de hanter Ashdown, devenue une clinique où le sinistre docteur Dudden se livre à de monstrueuses expériences sur les troubles du sommeil. Par quelles mystérieuses coïncidences tous les personnages vont-ils s'y retrouver ? Et quelles transformations vont-ils subir ? Une fresque foisonnante et rigoureuse où l'illusion amoureuse va jusqu'à l'extrême limite de sa réalisation, et où la vérité sort toujours des rêves.
Mon opinion:
J'aime définitivement Jonathan Coe. Si vous voulez lire des romans originaux, c'est l'auteur tout désigné à découvrir. Du moins, ce que j'ai lu de lui jusqu'à maintenant. J'ai autant aimé Les nains de la mort du même auteur que La maison du sommeil qui nous fait passer un excellent moment de lecture. Et c'est une histoire très étrange.
Chaque chapitre correspond à une phase du sommeil, puisque c'est le thème principal du roman. Coe mélange les genres, les styles et chaque fois, je ne vois rien venir au dénouement de l'intrigue. Ou devrais-je dire des intrigues. Ce roman contient des histoires dans l'histoire et en fait presqu'un livre à part, une histoire pratiquement indescriptible. Lorsque l'auteur dénoue enfin les fils de son récit, il me laisse toujours pantoise. Et j'en redemande. Ses livres ne sont pas assez long (près de 460 pages quand même, mais ça ne me suffit pas). La maison du sommeil raconte deux histoires en parallèle, qui n'en font qu'une seule en fait et trouvent leur finalité dans les mêmes événements.
Un auteur à découvrir si vous ne le connaissez pas! Et que vous aimez ce qui sort un peu de l'ordinaire!
9/10
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29 septembre 2006
Comme un roman
Comme un roman - Daniel Pennac
Folio, 197 pages
Résumé:
Les droits imprescriptibles du lecteur
1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit de sauter des pages
3. Le droit de ne pas finir un livre.
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n'importe quoi.
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7. Le droit de lire n'importe où.
8. Le droit de grappiller.
9. Le droit de lire à haute voix.
10. Le droit de nous taire.
Mon opinion:
On m'a conseillé maintes et maintes fois ce livre. Il faut le lire, c'est LE livre à lire lorsqu'on aime les livres. Je n'ai entendu que de bons commentaires sur cette oeuvre de Pennac, connue pour ses droits du lecteur, qui je dois l'avouer, me plaisent beaucoup.
Je ne peux m'empêcher de le comparer à Bouquiner d'Annie François, que j'ai préféré, même si les deux livres ne traitent pas tout à fait du même sujet. Bouquiner parle des manies d'un lecteur et du bonheur de lire. Pennac parle de l'école, de l'apprentissage de la lecture et de l'absence de plaisir que les jeunes ont à lire. La première partie de Comme un roman nous parle essentiellement comme des parents qui observent leur rejeton qui commence à lire puis cesse de le faire. Le plaisir s'est donc envolé. J'ai eu un peu de mal à me sentir concernée par cette section. La troisième partie, "Donnez à lire" m'a le plus intéressée, ainsi que Le qu'en-lira-t-on?, la description des droits du lecteur. Ces deux parties rejoignent Bouquiner en parlant du plaisir de lire, du bonheur d'être lecteur.
Comme un roman donne des pistes de réponses à la non-lecture, au fait de me pas (plus?) être lecteur. C'est une sorte d'essai sur la perte du plaisir de lire, qui s'attarde sur la jeunesse qui ne lit pas, l'école et les parents qui poussent les enfants à lire, non pas au nom du plaisir mais de l'apprentissage. Je ne m'attendais pas à lire un tel livre, vu les nombreux commentaires dithyrambiques que j'ai entendu. Certaines parties m'ont beaucoup plues alors que d'autres m'ont un peu ennuyée. Je suis contente de l'avoir lu, cependant j'ai quelques déceptions au vu que tout ce que j'avais entendu sur ce livre.
Quelques extraits:
"[...] une des fonctions essentielle du conte [...] est d'imposer une trêve au combat des hommes."
p.36
"Relire, ce n'est pas se répéter, c'est donner une preuve toujours nouvelle d'un amour infatigable."
p. 64
"Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même."
p.91
"Le temps de lire est toujours du temps volé. Volé à quoi? Disons, au devoir de vivre. C'est sans doute la raison pour laquelle le métro se trouve être la plus grande bibliothèque du monde. Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre."
p.137
"La question n'est pas de savoir si j'ai le temps de lire ou pas (temps que personne, d'ailleurs, ne me donnera), mais si je m'offre ou non le bonheur d'être lecteur."
p.137
7.5/10
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27 septembre 2006
La louve des Terre-rompues
La louve des Terre-rompues - Bernard Couët
Éditions JCL, 499 pages
Résumé:
Témoin du massacre de ses parents par les hommes de main d'un riche entrepreneur forestier, la jeune Clara est sauvée in extremis par des Indiens montagnais. Adoptée et protégée par la famille du chef, l'orpheline grandira en cultivant sa haine pour les meurtriers et en mûrissant sa vengeance. Elle devra cependant exercer cette vendetta sans mettre en péril la mission capitale qui, au XIIe siècle, a été confiée à une longue lignée de femmes aux yeux émeraude dont elle fait partie. Y parviendra-t-elle? Réussira-t-elle à survivre pour que s'accomplisse la prophétie qui a guidé les actes de toutes celles qui l'ont précédée?
Cette grande et belle épopée nous fait aussi partager le destin de ces femmes animées par le courage et l'abnégation. Du Morvan au Saguenay, en passant par La Rochelle, Salem, Grand-Pré, Louisbourg, Gaspé, Rivière-Ouelle et Tadoussac, elles ont, pendant des centaines d'années, bravé tous les dangers pour sauver l'humanité d'un terrible désastre.
Mon opinion:
Ce roman est trop court!! Avec près de 500 pages, l'auteur nous livre un roman historique digne des plus grandes épopées. La fin a laissé la lectrice dévoreuse que je suis un peu sur sa faim: j'aurais aimé avoir encore une bonne centaine de pages à lire! Je dois avouer que la quatrième de couverture et l'illustration ne m'attirait pas vraiment. Ne vous y fiez pas! Elle ne rend pas justice au roman. Derrière, se cache un très bon roman, qu'on doit lire vite, car la cadence de l'écriture et des événements le demande. Le lecteur est happé par le récit et ne peut, de toute façon, faire autrement que d'enchaîner les pages l'une après l'autre. Il y a beaucoup de personnages, énormément d'action, ça bouge. L'auteur nous parle d'histoire, naturellement, de déportation, d'Indiens, de crimes, de batailles navales et de conquêtes, de chasse aux sorcières, de prophétie et d'un brin de mystère. L'histoire est un véritable récit de voyage à travers de nombreuses villes et villages, presqu'un récit d'aventures. C'est un roman étoffé, qui mène deux histoires en parallèles qui se recoupent pour n'en former qu'une seule. L'idée est très intéressante. Je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, mais il s'agit d'un roman historique particulier. Un auteur dont j'ai bien envie de découvrir son polar, L'étrange histoire de Monsieur Paul.
9/10
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24 septembre 2006
La lectrice que je suis

Je lis de tout, ou presque.
Je lis n'importe où, ou presque.
Les gens qui lisent me sont toute suite sympathiques.
J'adore parler littérature mais je trouve rarement des gens réceptifs.
Je peux passer des heures à soupeser, sentir, regarder, feuilleter, les livres.
Je ne sors pas de la maison sans un livre.
J'ai toujours un livre en cours, parfois plusieurs.
J'ai toujours mes livres d'enfant, ils ont une petite bibliothèque à eux seuls.
Je lis avec un signet aimanté que je change selon les saisons.
Quand le livre est bon, je peux lire dans à peu près n'importe quel environnement.
Si j'entre chez vous, mine de rien je chercherai la bibliothèque et j'aurai envie d'aller feuilleter tout ce qui s'y trouve.
Je peux passer des heures à la bibliothèque à farfouiller entre les rayons, idem pour la librairie.
Je préfère posséder les livres que je lis, mais budget oblige, je fréquente assidûment la bibliothèque. J'achète par la suite ceux qui m'ont plu et je les relis quelques années plus tard.
J'ai un faible pour les livres qui parlent de la nature et... des livres!
Je peux faire des kilomètres pour me procurer un livre dont j'ai vraiment envie.
J'aimerais que tout le monde lise. Je trouve toujours triste que ce ne soit pas le cas.
J'essaie de faire aimer les livres aux autres.
Les bibliothèques devraient être ouvertes 24h sur 24 (tout comme les librairies). On ne sait jamais quand le manque peut frapper.
J'achète beaucoup de livres d'occasion.
J'écris toujours mon nom ainsi que la date d'achat à l'intérieur de mes livres.
J'en ai quelques uns de dédicacés par leurs auteurs, mais en général, les écrivains m'intimident, m'impressionnent.
Je prête rarement mes livres.
Un livre prêté qui ne m'est pas rendu me tourmente des jours durant.
Je corne les pages de mes livres pour lire et relire certains passages.
J'ai horreur des livres surligné avec un stabilo.
Il m'arrive de noter au crayon de plomb dans les marges d'un essai.
J'ai du mal à me départir de mes livres.
J'ai consacré une pièce entière à la maison pour les livres.
J'achète plus de livres que je ne peux en lire dans une année.
J'aime relire certains livres que j'ai beaucoup aimé.
J'aime avoir pleins de livres non lus et la possibilité de les retrouver.
Les livres c'est réconfortants.
Lire, ce n'est que du bonheur!
* * *
Mise à jour: mon petit auto-portrait a beaucoup voyagé et à sa suite, d'autres ont joué le jeu:
Lady Writer (qui m'a inspirée)
Tenez, si ça vous dit de faire le vôtre, venez me donner le lien de votre article en commentaire, je l'ajouterai ici!
23 septembre 2006
Le faucon des neiges
Le faucon des neiges - Stuart Harrison ![]()
Albin Michel, 397 pages
Résumé:
À Little River, on avait presque oublié Michael. Lui, pourtant, n'a rien oublié: on n'enterre pas si facilement son passé.
Et lorsqu'il recueille un faucon des neiges blessé par un braconnier, Michael est prêt à tout pour le sauver. Même braver la haine et le mépris des habitants de Little River. Dans ce combat, il n'a que deux alliés: une femme et un enfant.
Si Michael réapprends à l'oiseau à voler, c'est sa propre liberté qu'il peut recouvrer.
Mon opinion:
Quel beau roman! Tout à fait le roman de transition à lire entre deux lectures difficiles ou pour passer un excellent moment! Si vous aimez la nature, les animaux et les récits à l'atmosphère d'une petite ville américaine, l'hiver, ce livre est pour vous.
Roman de rédemption, Le faucon des neiges retrace la réinsertion sociale d'un prisonnier, sous fond de nature qui est toujours bien présente dans le livre. L'auteur raconte le regard des autres sur le passé de Michael, le jugement que les gens peuvent avoir sur notre vie. C'est une histoire remplie d'espoir, de douceur. La nature est omniprésente, le déroulement de l'histoire prend place dans un cadre enchanteur. La relation homme-animal décrite dans le livre, pour moi qui est très proche des animaux, m'a beaucoup touchée. L'auteur décrit l'élevage et l'affaitage du faucon, nous parle des différentes façons de réapprendre à l'oiseau à regagner le ciel. Les personnages utilisent à leur façon, pour toute sortes de raisons, la venue du faucon à Little River pour expier certains remords, certaines actions, pour effectuer un retour sur eux-mêmes et pour certains, se rapprocher et régler certaines choses. Une belle leçon de courage, un roman positif, malgré tout.
9.5/10
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22 septembre 2006
Une PAL mésestimée
J'ai toujours eu beaucoup de livres un peu partout dans la maison, beaucoup et c'était parfait ainsi. Je note les livres que je possède, dans un fichier, que je consulte parfois pour m'y retrouver.
Un petit courriel reçu de Clarabel m'a avisé que Loupiote et Gaëlle organisaient un petit concours pour le plaisir, soit de savoir qui avait la PAL (Pile À Lire) la plus grosse.
Nous entendons par PAL, les livres que nous avons à la maison (les nôtres, ceux empruntés à des amis ou à la bibliothèque) et que nous voulons lire dans un futur plus ou moins lointain.
J'ai donc entrepris de compter tous les livres de ma liste enregistrée dans un fichier et de ne garder que ceux que je n'avais pas lu. Je n'ai pas compté ceux de la bibliothèque car je viens de les rapporter. Par contre j'en ai oublié 7, qu'on m'a prêté.
J'ai été effarée de constater que le nombre s'élève à pas moins de 581 (+ les 7 que j'ai oublié de compter).
Il faut être vraiment atteinte. Toute la journée je me suis répétée que j'étais folle. Accroc. Que je devais avoir un problème. Jusqu'à ce que quelqu'un me dépasse dans ce fameux concours. Soulagement. Je ne suis donc pas la seule.
J'ai environ 5 ans de lecture en stock. C'est quand même bon de savoir que pleins de livres nous attendent! :)
Autour du livre, petite présentation sans prétention
J'aime beaucoup ce blog et venir y inscrire mes petits avis littéraires. Avant d'exister ici, ce blog était hébergé ailleurs et mes petits avis sont sur le web depuis plus de 3 ans. Je ne m'en lasse pas. J'ai rencontré beaucoup de gens très sympathiques par l'entremise de ce blog et j'ai des échanges par courriel des plus intéressants avec plusieurs d'entre vous. Merci, déjà pour tous ces beaux moments.
J'ai eu envie d'ouvrir une nouvelle rubrique, Autour du livre, pour discuter de toutes sortes de choses sur la littérature, de moi en tant que lectrice, des avis sur le monde littéraire en général, etc.
J'espère que cette petite nouveauté vous plaira. J'ajouterai des petits billets au fil de mes envies.
Bonne lecture!
Allie
20 septembre 2006
Dieu, c'est par où?
Dieu, c'est par où? - François Lavallée
Guy Saint-Jean éditeur, 157 pages
Résumé:
On s'en veut, pour mille et une raisons, mille et une fois par jour.
Est-il possible de se libérer de ce sentiment de culpabilité? En fait, pour bien des gens, on dirait que la dureté envers soi-même est une sorte de vertu.
Et fatalement, quand on est dur envers soi-même, on l'est aussi envers les autres. Tout ça, pour une sorte de quête d'idéal: on veut devenir meilleur, on voudrait que les autres le soient.
Un père, convaincu de l'importance de faire connaître les grands classiques du théâtre à ses enfants, un homme écoeuré par le regard condescendant de ses amis mélomanes, un commis outré du comportement des clients vis-à-vis des revues pornographiques, un professeur certain du désir d'une de ses étudiantes, et plusieurs autres personnages fascinants. Ce recueil de nouvelles de François Lavallée remet en question l'interprétation souvent trop rapide que chacun fait de la réalité.
Mon opinion:
Tout d'abord, la couverture du livre est très belle et dénote bien l'ambiance qui s'y retrouve. Dieu, c'est par où? est le second recueil de nouvelles de l'auteur. Composé de seize nouvelles de différentes longueurs, ce recueil amène le lecteur à voir les choses du quotidien sous un autre angle, à remettre en perspective ce qui semble aller de soi. L'écriture de François Lavallée coule et se lit aisément. Les nouvelles sont de qualité assez égales d'un bout à l'autre du recueil. J'ai vraiment adoré cette façon qu'a l'auteur de placer le lecteur face à une autre façon de voir, de le déstabiliser un peu, de remettre en question des événements banals. Mes nouvelles préférées sont:
Sur le nez - L'histoire d'un homme qui tente de faire aimer les classiques à ses enfants
Intérêts masculins - la vision d'un commis sur ses clients qui achètent des revues pornographiques
L'aveu - un homme qui se confie à un psychologue...
Un vieux - touchant
Poussière et Issue - deux nouvelles sur la mort, qui glacent un peu par la rudesse du sujet...
Inquisi-coeur - vraiment originale!
Les autres nouvelles sont aussi très bien. Un bon moment de lecture, un recueil à découvrir, si vous aimez les nouvelles. Un auteur à surveiller et à relire.
En complément:
Le site web de l'auteur.
9/10
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18 septembre 2006
Oncle Vania
Oncle Vania - Anton Tchékhov
Le livre de poche, 154 pages
Résumé:
L'hiver à la campagne, le thé à sept heures du matin, les soirées interminables, le dégoût des autres et surtout de soi-même... L'ennui est là, comme une espèce de boue gluante dans laquelle on s'enlise, comme des sables mouvants qui les engloutiront tous, Vania, Sonia, Astrov... Dans un dernier sursaut, ils sortent la tête, essaient de haïr, d'aimer, de tuer, de se tuer... Ils n'en ont plus la force, ni l'envie. Rien que de penser à tout ce qu'ils auraient pu être, à tout ce qu'ils auraient pu faire... Oui, mais quoi ? Ailleurs, sans doute, il existe autre chose, une autre vie... En Afrique, il fait chaud...
Mon opinion:
Cette pièce de théâtre en quatre actes (sous-titrée Scènes de la vie de campagne), se termine sensiblement comme elle commence. Un événement perturbateur pour les personnages remettra enfin les choses en ordre et la vie reprendra son cours, comme elle aurait toujours dû se dérouler. La pièce parle de l'ennui, le démontre et on aurait tendance à penser qu'il ne s'y passe pas grand chose. Pourtant, Tchékhov réussis à parler de l'ennui, à rendre l'atmosphère lourde, à démontrer la langueur de ses personnages, sans ennuyer le lecteur. J'ai surtout aimé les personnages d'Astrov (et ses longs discours sur la nature) ainsi que celui d'oncle Vania, qui n'est pas le personnage principal de la pièce, même si celle-ci porte son nom.
Augmentée d'un dossier et de plusieurs notes et commentaires, cette édition est parfaite pour en apprendre plus sur la pièce et pour aider ceux qui en font l'étude. On parle entre autre de l'originalité de l'oeuvre, du contexte, des personnages, des thématiques, du travail de Tchékhov, de la pièce sur scène et d'une biographie de l'auteur. À découvrir, assurément, si vous aimez le théâtre.
Un extrait:
"Astrov: Dans l'ensemble, j'aime la vie. Mais cette vie provinciale, russe, mesquine, maintenant je n'en peux plus, je la méprise de toutes mes forces. De toute mon âme. Pour ce qui est de ma vie privée, personnelle, mon Dieu, elle n'a décidément rien de bon. Vous savez quand on marche à travers bois dans la nuit noire... si à ce moment-là une petite lumière se met à briller au loin, alors on ne sent plus la fatigue, ni l'obscurité, ni les branches piquantes qui vous frappent le visage... Je travaille comme personne dans la province, vous le savez. Le malheur me frappe sans arrêt. Parfois, j'en souffre d'une façon insupportable. Mais pour moi aucune petite lumière au loin. Je n'attends plus rien. Je n'aime pas les gens... Depuis longtemps déjà je n'aime personne."
p.50
9/10
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Le rêve de Mady
Le rêve de Mady - Agnès Ruiz
Éditions JCL, 376 pages
Résumé:
Mady a encore du mal à réaliser ce qui lui arrive. Alors que son père vient de périr dans un accident, sa fille Marianne, qu'elle croyait morte à sa naissance, il y a vingt et un ans, réapparaît dans sa vie...
Et qu'est-il donc arrivé à Guillaume, père de Marianne, avec qui elle avait décidé de fonder une famille? Pourquoi a-t-il brutalement cessé de donner de ses nouvelles alors qu'elle était enceinte de lui? Pourquoi ce trop long silence une foir retourné dans son pays, le Canada? S'est-il joué d'elle, de sa naïveté?
Mady est bien résolue à trouver toutes les réponses et à fermer la porte à un passé trouble qui a véritablement assassiné sa vie.
Mon opinion:
Le rêve de Mady est la suite du roman Ma vie assassinée. Cependant, n'ayant pas lu le premier, je n'ai pas du tout eu de mal à entrer dans celui-ci. L'intrigue est construite sur plusieurs plans et avec différents personnages en alternance. L'auteur donne beaucoup de détails sur ses personnages, les événements et l'histoire. Certains dialogues sont parfois légèrement empruntés mais l'intrigue nous fait rapidement oublier ce détail. L'auteur manie habilement les événements pour donner envie au lecteur d'en savoir plus, ce qui en fait un roman prenant, mêlant plusieurs genres: roman, roman sentimental, intrigue policière, un peu de fantastique... Le rêve de Mady parle de la famille, l'adoption, l'amour, des sujets maints fois traités, cependant Agnès Ruiz fait intervenir des éléments mystérieux qui donnent à l'histoire une touche rafraîchissante. Bref, un roman agréable à lire, qui donne envie d'ouvrir les autres livres de l'auteur.
En complément:
Le site web de l'auteur
8.5/10
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