La bibliothèque d'Allie

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30 novembre 2006

Les souliers de Noël

souliers_de_NoelLes souliers de Noël - Donna Vanliere coeur

L'Archipel, 156 pages

Résumé:

Brillant avocat, Robert sacrifie tout à son travail. Son épouse, ses enfants, il ne leur accorde plus guère d'attention. Au point de se retrouver, à quelques heures de la veillée de Noël, incapable de choisir les cadeaux qui feront plaisir à ses proches. Or, voilà que, dans ce magasin où il fait ses achats, il se trouve nez à nez avec un garçonnet, Nathan, âgé de huit ans, à qui il manque quelques dollars pour offrir à sa mère malade une paire de souliers. Par le miracle d'un geste - et parce que, la nuit de Noël, tout peut arriver -, la vie de Robert va se trouver bouleversée...

Mon opinion:

Si vous ne voulez pas pleurer, n'ouvrez pas ce livre! Les souliers de Noël est un roman qui traite d'un sujet douloureux, la perte d'un être cher, de façon magnifique, empreinte de respect et en misant sur les sentiments humains. Sorte de conte de Noël et de leçon de vie, ce court roman est beau et triste à la fois. L'histoire de ces deux familles qui se croise et se recroise m'a beaucoup touchée. Certains beaux passages m'ont rappelés ma famille, ma vie de couple, de joyeux Noël passés, les vrais sentiments, les gens qui sont là et ceux qui n'y sont plus. Le livre contient de belles descriptions sur le vrai sens de Noël et sur la place importante de notre famille, l'importance d'y consacrer du temps, à travers les joies, les peines, les petits bonheurs et les épreuves. Un très beau livre, qu'on a envie d'offrir à ceux qui n'ont jamais le temps de rien!

Quelques extraits:

"Alors, Robert! Qu'as-tu apporté à ton couple pour qu'il tienne bon?
-Je n'en sais rien, maman. J'ai donné à Kate tout ce qu'elle voulait.
-Ce que tu ne lui as jamais donné, c'est toi.
-Je lui ai donné...
-Tu lui as donné des objets, m'interrompit-elle. Jamais toi-même. Ça fait une énorme différence. Tu as essayé d'acheter le bonheur et ça ne marche pas. Kate n'a jamais voulu habiter un château ou...
-Maman, tu as toujours habité un château et tu es heureuse.
-Parce que ton père m'a rendue heureuse, me lança-t-elle d'un ton vif. J'aurais vécu dans une boîte à chaussures avec lui. Ça n'avait rien à voir avec la maison. Kate ne t'a jamais demandé une nouvelle BMW, une grosse baraque ou des vêtements coûteux, ce n'est pas ce qu'elle veut.
-Elle n'a pas eu à me les demander. Je les lui ai offerts avant! triomphai-je.
-Exactement, convint-elle. Tu voulais qu'elle les ait. Lui offrir des biens matériels, c'était tellement plus facile que de lui offrir une minute de ton temps."

p.64

"La mort a un pouvoir limité.
Elle n'efface pas les souvenirs.
Et ne tue pas l'amour.
Elle ne brise pas la foi, si fragile soit-elle,
Et n'entrave pas longtemps le faible espoir placé en Dieu.
Elle ne s'insinue pas dans l'âme
Et ne mutile pas l'esprit.
Elle se contente de nous séparer un instant.
C'est le seul pouvoir auquel elle puisse prétendre.
Le seul."
p.141

9.5/10

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29 novembre 2006

Docteure Irma tome 1: La louve blanche

docteure_irma_t1Docteure Irma tome 1: La louve blanche - Pauline Gill

Québec Amérique, 536 pages

Résumé:

À Saint-Roch de Québec, en 1883, la jeune Irma est témoin de la mort de son petit frère. De ce drame naît une hantise: l'urgence de soigner les petits malades qui bien souvent, avant l'âge de cinq ans, ne sont pas admis dans nos hôpitaux québécois. Mais pour accomplir cette mission, Irma devrai faire preuve d'une ténacité exceptionnelle: s'expatrier pour étudier la médecine et lutter contre des institutions et des individus réfractaires au changement. Première femme canadienne-française à avoir exercé la médecine au pays, Irma LeVasseur sera fondatrice de l'Hôpital Sainte-Justine et de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus. Femme de tête dotée d'une immense sensibilité, elle sera toute sa vie habitée par deux quêtes: arracher à la mort les enfants malades, oui, mais aussi retrouver sa mère, cantatrice de talent, disparue alors qu'elle n'avait que dix ans.

Mon opinion:

J'ai aimé ce livre mais j'ai quelques réserves. Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé certains chapitres, certains passages, mais je ne suis pas aussi enthousiasme que tous les avis que j'ai pu lire sur ce livre. La vie d'Irma LeVasseur m'a captivée. Sa persévérance, l'oubli d'elle-même dont elle fait preuve est louable à tous les niveaux. C'était une grande dame, un personnage hors du commun qui a travaillé très fort et a beaucoup fait pour qu'aujourd'hui nous ayons les connaissances et les hôpitaux pour enfants que nous avons. Cependant, j'ai trouvé le livre trop long. Il me semble qu'on aurait pu l'épurer un peu... Surtout que ce n'est que le premier tome! On apprend beaucoup sur la vie personnelle d'Irma, ses relations familiales, amicales, ses collègues. Cependant, j'aurais aimé en apprendre plus sur la médecine de l'époque, sur les études d'Irma en Europe, alors que le livre nous apprend seulement qu'elle y est allée et revenue. Deux ans de sa vie qui tiennent en une petite phrase. Ça m'a agacée. Est-ce parce qu'on en sait rien? Est-ce parce qu'il ne reste pas de traces de ce passage là-bas? J'aurais apprécié avoir un mot de l'auteur qui nous explique un peu ses sources, qui décortiquent la réalité du roman, un peu comme l'avait fait Sergine Desjardins à la fin de son roman historique Marie Major. Les lettres que l'on retrouve dans Docteure Irma sont-elles réelles? Une amie qui a lu le livre se posait aussi la question.

Je tourne la dernière page du livre en me posant beaucoup de questions. J'en sais énormément sur sa vie de famille et sur les recherches qu'Irma faisait pour retracer sa mère. On nous en parle en long et en large. Parfois, j'avais une impression de redondance. Par contre, on survole souvent des moments de son histoire comme étudiante ou médecin (le dernier tiers est plus étoffé à ce sujet) alors que c'est justement ce que j'espérais de ce livre. Un portrait d'Irma, mais aussi, un portrait d'elle dans son époque, à travers l'histoire médicale. J'avais peut-être trop d'attentes? Je ne sais pas. Le second tome apportera peut-être réponse à certaines de ces questions...

Malgré tout, j'ai appris quelques petits faits qui m'ont tour à tour étonnée, surprise, déçue. Les femmes aspirantes à la médecine, se voyaient refuser l'entrée dans la plupart des Universités. Lorsqu'elles réussissaient à suivre le cours, on leur interdisait les stages, indispensable à l'obtention de leur diplôme. Des postes alimentaires leur était souvent proposé pour les écarter de la profession. À l'époque, les enfants de moins de deux ans étaient refusés dans tous les hôpitaux du pays. Ils mourraient souvent de maladies infantiles et les parents, manquant de ressources et de connaissances, restaient impuissants face à leur mort. Une scène du roman, où Irma entre chez la famille Brisebois, la famille d'une fillette rencontrée à l'école lors de ses visites aux écoliers, m'a tiré les larmes. De plus, vers 1900, Montréal est décrite comme une ville "dangereuse" où le taux de mortalité est le plus élevé par rapport aux autres villes Nord-Américaines. De quoi faire frissonner...

Quelques extraits:

"La santé, c'est un cadeau de Dieu et il n'y a qu'une façon de l'en remercier: c'est d'en prendre soin tous les jours."
p.448

"De toutes parts, on tire le tapis de sous mes pieds. Même lorsque je les appuie, mes confrères médecins demeurent sceptiques comme leurs pairs face aux capacités de la femme à exercer une profession et à assumer des rôles qu'ils se réservaient. Même si mon expérience et ma formation dépassent celles de nombre d'entre eux, je suis perçue et traitée comme une novice. Mon plus grand défaut, c'est d'être une femme. Par surcroît, une femme qui refuse de ramper."
p.518

7.5/10

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24 novembre 2006

Une affaire de succession

une_affaire_de_successionUne affaire de succession - Lisa Scottoline

Belfond (Nuits noires), 320 pages

Résumé:

Soixante ans après le suicide d'Amadeo Brandolini, un immigré italien illettré, ses héritiers chargent la jeune avocate Mary DiNunzio d'obtenir sa réhabilitation. Amadeo, ainsi que beaucoup de ses compatriotes, avait été interné, en 1941, dans un camp du Montana comme " ressortissant d'une puissance étrangère hostile ". Une procédure humiliante et injuste qu'il n'a pas supportée. Lorsque Mary ouvre le dossier, il est vide. Ou presque : le portefeuille d'Amadeo, une mèche de cheveux et un papier jauni aux étranges dessins... Peu d'éléments mais suffisamment pour déclencher très vite l'hostilité : le bureau de Mary est saccagé et le notaire en charge de la succession assassiné. Au mépris du danger, l'avocate se lance dans une véritable enquête policière. Qui veut l'empêcher de fouiner dans le passé ? Et pourquoi les témoins de l'époque sont-ils si réticents à parler ? Mary ne se doute pas encore qu'elle va mettre au jour une machination diabolique...

Mon opinion:

Ce roman m'a bien plu. Ce n'est pas un suspense à tout casser, mais l'histoire est intéressante, le contexte relate une page de l'histoire des États-Unis, soit l'enregistrement de nombreux Italiens comme "étrangers hostiles" qui furent arrêtés puis incarcérés à Fort Missoula. J'aurais cependant aimé que l'auteur plonge un peu plus dans cette partie de l'histoire, avec plus de détails. J'ai eu l'impression qu'elle effleurait un peu le sujet, sans aller assez loin à mon goût. Je suis curieuse et cette tranche d'histoire m'intéresse beaucoup maintenant que j'en ai entendu parler. Le personnage de Mary est adorable, rempli d'humour et j'ai aimé sa façon de répliquer. Elle a une personnalité bien à elle qui change de certaines héroïnes. Une affaire de succession est donc un roman intéressant pour passer un bon moment de lecture. Les chapitres sont assez courts et ça se lit rapidement. Toutefois, l'action est un peu superficielle et la fin, précipitée et remplie de bon sentiments. Un bon roman, mais pas incontournable.

Un extrait:

"Grand, efflanqué, il avait des bajoues affaissées par au moins quatre-vingts ans de sourires. Mary le trouva immédiatement sympathique. Il est vrai qu'elle avait toujours eu un préjugé favorable envers les personnes âgées parce qu'elles en savaient plus que les jeunes. Quand elle lui prit sa main à la peau parcheminée, mais à la poigne encore ferme, Mary eut l'impression de serrer la main de l'Histoire."
p.93

En épigraphe au roman:

"Une femme est comme un sachet de thé. On ne découvre sa force qu'une fois plongée dans l'eau bouillante." - Eleanor Roosevelt

7/10

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Posté par Allie à 21:21 - Policier / Suspense / Noir / Espionnage - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 novembre 2006

L'amant

l_amantL'amant - Marguerite Duras

Éditions de Minuit, 145 pages

Résumé:

Dans l'ambiance languissante de l'Indochine coloniale des années 1930, entre forêt et fleuve, une jeune blanche qui n'a pas seize ans découvre le plaisir avec un riche chinois et s'arrache progressivement à une insupportable famille.

Mon opinion:

L'amant est un beau roman derrière lequel on sent une sorte de tristesse, une façon de faire le point sur ses propres souvenirs, sur sa vie. L'amant est un roman qui mérite, selon moi, une seconde lecture. Je tourne la dernière page avec l'impression de ne pas avoir saisi toutes les subtilités du livre. L'impression de devoir le relire pour voir les choses sous un autre angle. Le début m'a un peu ennuyée, cependant je ne pouvais détacher les yeux du roman à mesure que j'approchais de la fin. C'est un roman-phare dans l'oeuvre de Duras, qui m'a donné de bonnes pistes pour encore mieux comprendre la lecture du premier roman que j'ai lu d'elle, Un barrage contre le Pacifique. On y retrouve d'ailleurs des scènes semblables, dont celle, par exemple, du récit d'un souper au restaurant où l'amant paie le repas à la famille de la narratrice. La scène est sensiblement la même dans Un barrage...
La fin est troublante, triste et belle à la fois. C'est un très bon roman, à l'écriture particulière et il faut être prêt à accueillir ce récit.

À noter que ce roman a remporté le prix Goncourt en 1984.

Un extrait:

"Sur les stores on voit les ombres des gens qui passent dans le soleil des trottoirs. Ces foules sont toujours énormes. Les ombres sont régulièrement striées par les raies des persiennes. Les claquements des sabots de bois cognent la tête, les voix sont stridentes, le chinois est une langue qui se crie comme j'imagine toujours les labgues des déserts, c'est une langue incroyablement étrangère."
p.52

8/10

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21 novembre 2006

C't'à ton tour, Laura Cadieux

cta_ton_tour_laura_cadieuxC't'à ton tour, Laura Cadieux - Michel Tremblay

Éditions Bibliothèque Québécoise, 149 pages

Résumé:

Laura Cadieux, fille de Josaphat-le-Violon, nièce de Victoire et cousine d'Édouard, personnages connus de l'univers de Tremblay, se rend comme chaque semaine chez son « génie-coloye » pour sa cure d'amaigrissement. Elle est accompagnée par son fils de 6 ans, qu'elle perd en route, et par son amie Madame Therrien. Femme de coeur, celle-ci part à la recherche du gamin. Laura, de son côté, discute de tout et de rien avec d'autres femmes dans la salle d'attente.

Mon opinion:

C't'à ton tour, Laura Cadieux est un petit roman drôle, sympathique, rempli d'émotions. Un roman qui dépeint la classe populaire, le "parlé québécois" et la vision ainsi que les préjugés que peuvent parfois avoir les québécois. Le groupe de Laura et de ses amies qui se retrouvent chaque semaine chez le médecin en est un de commères, avec toujours un mot ou une parole sur l'un et sur l'autre. Elles parlent beaucoup mais ont des difficultés à communiquer les vraies choses. Elles jugent parfois les autres, critiquent les immigrants, les religieuses, les anglais, mais malgré tout, ces femmes sont attachantes, n'ont pas toujours la vie facile, vivent mal leur surplus de poids et tentent de trouver un peu de bonheur dans un monde qui n'est pas nécessairement à leur image.
J'avais lu ce roman il y a plusieurs années. La relecture est toujours aussi plaisante!

Un extrait:

(Laura qui parle de toute l'eau que le médecin lui conseille de boire pour maigrir...)
"C'est ben beau les pelules pis l'eau, mais en plus, évidemment, y faudrait que j'suive un régime! Oui, monsieur... Faut croire qu'y'a pas de bon Dieu pour les gros, hein... T'as beau toute essayer, tu reviens toujours à la même maudite affaire: le régime! Bâtard! Piqûre pas piqûre, pelule pas pelule, eau pas eau, y faut que tu suives un régime, en plus! Y faudrait quasiment que j'passe mes grandes journées assis sur les toilettes, pis que Pit vienne me porter quequ'p'tites branches de céleri de temps en temps, crisse! Chus t'un être humain, moé avec! J'fais c'que j'peux, mais j'arrive à rien, c'est pas de ma faute! J'ai dû v'nir au monde pour être grosse, pis j'suppose que j'vas mourir grosse. J'vas m'être faite dire toute ma vie par tout le monde que chus grosse, j'vas avoir toute essayé c'que j'pouvais pour maigrir, pis j'aurai pas réussis. Quans j'pense à ça, j'ai envie de courir chez Laura Secord m'acheter deux livres de chocolats aux cerises, de toutes les manger, pis d'envoyer tout le monde chier! Mais j'le fais pas... pis en attendant... j'pisse!"
p.66

9/10

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Le Noël d'Hercule Poirot

noel_dhercule_poirotLe Noël d'Hercule Poirot - Agatha Christie

Éditions du Masque, 220 pages

Résumé:

Pour la première fois depuis vingt ans, le vieux Siméon Lee a décidé de réunir tous ses enfants pour les fêtes de fin d'année. Le 24 décembre, on le trouve sauvagement assassiné dans sa chambre, Tout le monde, évidemment, détestait ce vieillard cynique : Alfred et sa femme pour la tyrannie qu'il exerçait sur leur couple, Harry pour les humiliations dont il a abreuvé sa mère, George pour la rente - trop parcimonieuse à son goût - qu'il lui sert, Harry, le fils prodigue, pour le mépris dans lequel il le tient. Et puis il y a ce mystérieux M. Farr qui vient d'Afrique du Sud. Et la jeune Pilar, la petite-fille espagnole, n'a-t-elle pas déclaré froidement que, si elle avait un ennemi, elle n'hésiterait pas à lui trancher la gorge ? Vraiment le vieux Siméon n'aurait pas dû faire part devant tout le monde de son intention de modifier son testament, il n'aurait pas dû faire cette scène détestable à ses enfants réunis, il n'aurait peut-être pas dû faire devant Pilar étalage de ses diamants...

Mon opinion:

Un personnage de vieux riche grincheux, un grand manoir, une famille pas très unie et un crime, le tout sous fond de réveillon de Noël... voilà un petit roman policier tout à fait délicieux dans son genre. J'ai lu quelques romans d'Agatha Christie et même si parfois ils ont un peu vieillis, l'écriture confère un charme particulier à ces romans de détections. Et ça ma plaît beaucoup! Ici, nous avons droit à un mystère de chambre close plutôt intéressant! Pour le temps des Fêtes, c'est parfait!

Un extrait:

"C'est Noël... l'époque bénie où règne la paix et le pardon des injures. Chacun doit aimer son semblable en ces jours de fête!"
Hercule Poirot se renversa dans son fauteuil, joignit les doigts et considéra son hôte pensivement.
"Alors, murmura-t-il, vous pensez que Noël est une saison peu favorable au crime?
-C'est bien ce que je viens de dire.
-Pourquoi?
-Pourquoi? répéta Johnson, légèrement décontenancé. Ma foi, parce que c'est un temps béni de réjouissances et de bonne volonté.
-Ces anglais! Quel peuple sentimental!" s'exclama Poirot.

p.97 (mon édition diffère de celle illustrée)

8.5/10

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17 novembre 2006

Les années du silence tome 1: La tourmente

annees_du_silence_t1Les années du silence tome 1: La tourmente - Louise Tremblay-D'Essiambre

Guy Saint-Jean Éditeur, Collection Focus, 495 pages

Résumé:

Deux jeunes filles, Cécile et Rolande, subissent les affres du silence. Le silence qui laisse des traces indélébiles dans leur vie. Le silence à garder sur leur grossesse non désirée et qu'il faut à tout prix cacher. Désormais, elles vivront dans la tourmente. Cécile pleure, au fil des jours, sur cet enfant qu'elle n'aura pas le droit d'aimer. Pour Rolande, une seule chose a de l'importance: oublier cet enfant qu'elle porte. Oublier son existence même, les blessures, la honte...

Mon opinion:

Premier roman d'une série de six, ce tome est rempli d'émotions et retrace la vie à une certaine époque, où la religion et les apparences prenaient toute la place. Le roman porte bien son titre, c'était l'époque où on ne parlait de rien. Les gens devaient respect à l'église, aux soeurs qui dirigeaient tout, parfois en suivant le règlement à la lettre, sans se soucier le moins du monde des gens et des sentiments. L'auteur retrace bien l'époque. Elle a choisi de livrer son roman en langage populaire de l'époque. Certains lecteurs peuvent être dérangés par ce langage, mais personnellement, ça n'a rien changé à ma lecture, bien au contraire. J'y ai vu le souci d'être fidèle à la reconstitution d'une époque et d'une culture populaire, principalement rurale. L'histoire est intéressante, on y trace de beaux portraits de femmes, des relations mères et filles pas toujours faciles. Jusqu'à maintenant, j'ai préféré d'autres romans de l'auteur à celui-ci, comme La fille de Joseph qui m'avait bien plu ou La dernière saison. Cependant, ce premier tome des Années du silence reste un très bon moment de lecture et je suis curieuse de découvrir la suite!

7.5/10

En complément:

Vous pouvez consulter le site de l'auteur ici

À noter que ce titre est paru dans la nouvelle collection Focus chez Guy Saint-Jean Éditeur, une collection écrite en grands caractères pour permettre à ceux qui se fatiguent à lire ou qui ont un problème visuel, de pouvoir apprécier certaines oeuvres québécoises. Je ne peux que louer cette belle initiative, ayant déjà oeuvré auprès de personnes ayant des problèmes visuels.

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16 novembre 2006

No code

no_codeNo code - Marc-André Moutquin

Guy Saint-Jean éditeur, 163 pages

Résumé:

Francis, un jeune homme désabusé, cherche sa place dans un monde survolté où il voit peu d'espoir. Après avoir traversé une période de découragement et songé au suicide, Francis se retrouve, par un concours de circonstances, préposé aux bénéficiaires, histoire de gagner sa vie.
Cet emploi lui redonne un peu de confiance, mais Francis ne se doute pas de ce qui l'attend dans ce nouvel univers. Dans les hôpitaux, des drames humains, terribles, se jouent quotidiennement. Chaque chambre abrite un patient, une famille, acteurs dans des tragédies humaines dont nul ne soupçonnerait l'intensité. Vieillards apathiques, polytraumatisés à l'état de légume, prostituées toxicomanes et rebelles, cancéreux en phase terminale se succèdent, chacun avec son histoire, son lourd passé.
Confronté à la déshumanisation du système de santé, à la souffrance et à la mort, Francis voit ses convictions profondément affectées. Lui qui voulait en finir, il prend soudainement conscience de la valeur et de la fragilité de la vie.

Mon opinion:

No code est un roman un peu bizarre que, je dois l'avouer, j'ai eu beaucoup de mal à lire. Ce n'est pas très long et l'écriture est vive. Toutefois, c'est cru. L'auteur nous amène son sujet, la déshumanisation des hôpitaux, sans fioriture. Les choses sont présentées au lecteur telles quelles, sèchement. Les événements sont décrits avec (trop?) de lucidité, comme sous un néon qui placerait les problèmes et la misère humaine au premier plan. Comme lectrice, j'ai besoin d'un peu de beauté, même dans les sujets les plus durs, d'un peu d'espoir qui ne me montre pas tout en noir. Le roman est un condensé de misère humaine, une analyse froide et disséquée de la vie dans les hôpitaux. La déshumanisation est présentée même dans l'écriture, dans le récit de ces préposés aux bénéficiaires qui ne font que leur travail, à la chaîne. C'est donc un roman qui dérange un peu, qui nous montre des choses que nous ne voulons pas nécessairement voir. Toutefois, je n'ai pas pu m'attacher au personnage principal, je n'ai pas compris son désir de suicide, ni souvent, ses réactions. J'ai eu du mal à avoir envie de le suivre à travers sont emploi. Le roman ne raconte pas vraiment d'histoire, si ce n'est cette critique du milieu hospitalier. L'idée était louable, cependant, No Code est un roman qui, personnellement, ne m'a pas vraiment parlé...

6/10

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14 novembre 2006

L'autre côté du pont

autre_cote_du_pontL'autre côté du pont (The other side of the bridge) - Mary Lawson

Belfond, 360 pages

critique mise à jour le 9 février 2007

Résumé:

À Struan, Ontario, dans les années trente et quarante. La famille Dunn  mène la vie rude des fermiers du Nord. Les deux fils, Arthur et Jake, sont aussi différents que possible. Le premier est fort, travailleur: tout le portrait de son père. Le plus jeune, Jake, est beau, rusé et choyé par sa mère. Tyrannique et insolent, Jake ne cesse de provoquer Arthur, qui cède, immanquablement. Jusqu'au jour où la situation dérape...
Années cinquante. La guerre est finie, le monde a changé. À la mort de son père, Arthur a repris la ferme familiale et a épousé la fille du pasteur, Laura, avec qui il a eu plusieurs enfants. Il s'est pris d'affection pour Ian, le fils du médecin. Jeune lycéen, ce dernier travaille à la ferme pour être auprès de Laura, dont il est secrètement amoureux. Jake, lui, a quitté la région quinze ans plus tôt.
Un jour, à la ferme, Ian découvre Laura dans les bras d'un autre homme: Jake. Le retour de ce frère honni et redouté va faire éclater le drame qui se tramait depuis longtemps déjà...

Mon opinion:

Malgré ce que raconte la quatrième de couverture, l'auteur ne se contente pas de raconter l'attirance de Laura et de Jake. Le roman est constitué de deux parties qui alternent tout le long du récit: l'histoire, actuelle, de Ian, engagé sur la ferme d'Arthur et de Laura; et l'histoire d'Arthur lorsqu'il était plus jeune, avec son frère Jake. Le roman est construit comme une série de petits drames, de portraits, de parcelles de vies dans un petit village du Nord, Struan. Là où tout se sait. Là où se joue la vie de tant de gens. De la petite enfance d'Arthur et Jake jusqu'à leur vieillesse, de la vie de Ian, fils de médecin, et des drames qui se jouent sous son toit, L'autre côté du pont est un roman tout en finesse, en tristesse parfois, mais sans être pathétique. Un beau roman qui raconte la rude vie sur une terre, les premiers amours, la famille, la guerre, la perte et parfois, les moments les plus beaux d'une vie. Une histoire qui m'a beaucoup plu et qui me donne envie de surveiller les autres écrits de l'auteur. En tournant la dernière page, c'est toute une partie de l'histoire de Struan et ses habitants que l'on a l'impression de quitter... L'écriture un peu détachée m'a beaucoup plue. À découvrir.

9/10

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11 novembre 2006

Pas de Noël cette année

pas_de_noel_cette_anneePas de Noël cette année - John Grisham

Robert Laffont, 215 pages

Résumé:

Cette année, Luther et Nora Krank ne fêteront pas Noël. À la place, ils s'offriront une croisière aux Caraïbes. Mais les voisins s'opposent fermement à cette décision. Tous les ans, ils se donnent beaucoup de mal pour emporter le prix des plus belles décorations du quartier, et il n'est pas question pour eux d'être privés de ce moment de gloire sous prétexte que Nora et Luther refusent d'illuminer leur jardin et d'accrocher un bonhomme de neige en plastique sur leur toit ! La résistance s'organise pour les obliger à rentrer dans le rang. Peu à peu, la vie des Krank devient un enfer. Les catastrophes se succèdent, toutes plus absurdes les unes que les autres. L'affaire frôle le drame... avant de tourner à la farce.

Mon opinion:

Habitué des thrillers juridiques, John Grisham nous livre dans ce conte de Noël bien actuel un portrait humoristique des traditions de Noël et de la folie de la consommation. Beaucoup de mauvaises critiques ont été dites sur ce livre alors que moi, il me plaît! Il me fait sourire et me donne envie de décorer la maison pour les Fêtes. Je le relis généralement dans le mois précédent Noël, juste pour m'amuser un peu et passer un bon moment. C'est un petit livre qui se lit rapidement. Pour sourire et faire une pause dans la cohue des Fêtes, c'est parfait!

À noter que le roman a été adapté au cinéma sous le titre Noël avec les Krank. J'avais bien aimé aussi!

8/10

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