La bibliothèque d'Allie

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24 février 2007

Tous les matins du monde

tous_les_matins_du_mondeTous les matins du monde - Pascal Quignard

Éditions Gallimard, 134 pages

Résumé:

« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse. Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu'à la barque. L'ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu'il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura : - Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids. »

Mon opinion:

Je ne connaissais pas du tout l'auteur ni le livre avant d'attaquer ce roman. C'est le titre, que je trouve profondément joli, qui m'a attirée. Un titre porteur d'allégresse, porteur de tristesse. L'écriture de Pascal Quignard dans ce livre est magnifique. On replonge au temps dix-septième siècle, dans l'univers de Monsieur de Sainte Colombe, musicien, compositeur et joueur de viole. L'histoire est la sienne et celle de son jeune élève, Marin Marais. Une sorte de tristesse latente parsème le récit. Le roman est court, l'écriture délicate mais qui dit tout, en une économie de mot. Pas de longues descriptions ni de longs dialogues. J'ai beaucoup aimé cette lecture. J'avais presque l'impression d'entendre la musique...
Un film a été produit à partir du livre, film que je n'ai pas vu et dont je ne connaissais rien du tout avant cette lecture. J'ai bien envie de le voir, maintenant.

Quelques extraits:

"J'ai le regret de votre mère. Chacun de ses souvenirs que j'ai gardés de mon épouse est un morceau de joie que je retrouverai jamais."
p.18

"Tous les matins du monde sont sans retour."
p.124

Ce livre a été lu pour le challenge 2007.

9/10

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Posté par Allie à 15:21 - Roman France - Belgique - Suisse - Commentaires [24] - Permalien [#]

Les secrets de Norah

secrets_de_norahLes secrets de Norah - Norah Shariff

Éditions JCL, 290 pages

Résumé:

Autobiographie de Norah Shariff qui risque de créer des remous, le livre Les Secrets de Norah nous amène dans un monde dur, remplis d’obstacles s’interposant entre sa famille immédiate et la liberté. En effet, elle a grandi dans un enfer créé à la fois par les comportements abusifs et violents d’un père dégénéré, les stricts préceptes de ses grands-parents, et dans un système religieux opprimant. Elle-même victime des conjonctures, Norah cherche malgré tout à constamment épauler, voire surprotéger sa mère, qui subit quotidiennement un véritable calvaire où la violence tant physique que psychologique est de mise. Avec le temps, Norah se rend bien compte qu’elle est en train d’y laisser sa vie en entier. Cependant, sa force de tempérament et son audace seront ses deux clés maîtresse pour se libérer de ses horribles entraves.

Mon opinion:

La mère de Norah, Samia Shariff a publié son autobiographie en 2006: Le voile de la peur. Pour s'aider à affronter son passé, Norah a choisis à son tour de raconter sa vie, ses peurs, ses craintes, ses cauchemars, ses secrets difficiles et ses espoirs. Bien que le sujet soit essentiellement le même que sa mère, je n'ai pas du tout eu l'impression de relire le même livre. On y apprends beaucoup de choses sur la famille et Norah fait le point sur leur vie au Québec. C'est très agréable de savoir ce que cette famille qui a tant souffert est devenue. Même si le sujet est dur, le livre de Norah Shariff est aussi un message d'espoir. Les secrets de Norah est une autobiographie très émouvante, la jeune femme nous offrant par ses yeux à elle, un monde difficile et éprouvant...

9/10

Posté par Allie à 15:16 - Biographie / Témoignage - Commentaires [20] - Permalien [#]

Le sans tache

sans_tacheLe sans tache - Marais Miller & Roger D. Landry

Éditions Stanké, 211 pages

Résumé:

[...] "Caro, la messagère cycliste, note une silhouette au fond de la pièce.
-Êtes-vous Me O'Neil? J'ai besoin d'une signature pour confirmer ma livraison.
Un homme à demi couché sur une chaise droite ne bouge pas. Sa tête est inclinée, sa main droite frôle le sol. Caro approche. Elle se penche vers lui. Une grosse tache de la couleur du fauteuil couvre une partie de la chemise de l'homme. Deux larges pupilles noires la fixent. À droite, à ses pieds, elle aperçoit une arme.
Elle ne connaît pas cet homme. Il n'a pas l'air en paix. Du bout des doigts, elle effleure son front. Il est encore chaud. Et elle lui parle à voix mi-éteinte:
-Je dois partir. C'est trop risqué! Je ne veux rien savoir de la police, mon vieux!" [...]

Mon opinion:

Le sans tache est le premier roman écrit par Marais et Miller, qui ont aussi écrit Je le jure. Les personnages (nombreux) du roman sont bien décrits et étoffés, j'ai trouvé bien intéressante la relation qu'ils ont entre eux. Les chapitres sont courts et séparés en différentes parties selon les jours où se passent les événements. Le rythme de lecture en est rapide. On plonge dans le Montréal urbain, en pleine canicule, pendant le festival de jazz. Si on connaît Montréal et ses différents quartiers, on reconnaît bien les descriptions des lieux, le Montréal des affaires et le Montréal underground.
Seul petit bémol: l'action s'accélère un peu trop rapidement à la fin et ça m'a paru un peu abrupte. Le recueil Je le jure a une profondeur qu'on ne retrouve pas vraiment dans ce roman et l'écriture s'est beaucoup affinée depuis.
Des auteurs à surveiller toutefois, car elles peignent un monde judiciaire bien intéressant.  À noter que le titre de la couverture est en relief. Le titre est Le sans tache, mais un second titre saute aux yeux lorsqu'on lit son ombre: Le sang tache... Le jeu de mot m'a plu, l'ambiguïté colle bien à l'histoire et aux personnages...

6.5/10

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Posté par Allie à 15:12 - Policier / Suspense / Noir / Espionnage - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 février 2007

Le réseau Carlotta

reseau_carlottaLe réseau Carlotta - Laurent Laplante

Les éditions JCL, 306 pages

Résumé:

Aimé Gendron a amassé une fortune en travaillant dur pendant des années. Sa fille et son fils, gâtés et voraces, se croient des droits inaliénables sur ce patrimoine. Le père ne supporte plus de les voir gaspiller étourdiment l'argent qu'il a gagné. Il décide donc de leur couper les vivres pour de bon. Du même souffle, il engage des millions de dollars dans une fondation gérée par la belle Carlotta! Mais la réaction de ses enfants est si violente que Gendron croit utile d'écrire une lettre à la police. Il sent sa vie menacée. Lorsque les enquêteurs Pharand et Marceau trouvent le pli sur leur bureau, le mal est déjà fait. Qui donc peut profiter de ce crime?

Mon opinion:

Le réseau Carlotta est le premier roman de Laurent Laplante que je lis. J'ai bien aimé l'univers de l'enquête policière que l'auteur nous présente. Il ne s'agit pas d'un thriller ou d'un roman plein de suspense, mais plutôt, du détail de procédures judiciaires. Nous suivons la trace de deux policiers, Marceau et Pharand, qui tentent à travers leur enquête, les mandats de perquisitions et les interrogatoires, de dénouer les fils d'une affaire impliquant beaucoup d'argent. Le style d'écriture de Laurent Laplante est intéressant et marqué d'une pointe d'humour, surtout dans les dialogues entre les deux policiers. Bref, un auteur que je suis contente de découvrir. Le réseau Carlotta est un bon roman policier pour quelques heures de bonne lecture.

Ce livre est publié dans la collection Couche-tard, une collection qui me plaît bien. Les livres sont au format poche pratique.

Un extrait:

"La chemise était ouverte sur le bureau et le thanatologue en effeuillait les pièces d'un index magistral. Demeuré debout pour en imposer davantage, Marceau avait une vue plongeante sur les documents. Mise en scène futile. L'autre le jaugeait comme s'il évaluait de façon préventive la largeur et la longueur de son éventuel cercueil. Ses explications se déroulaient nettement sous le point de congélation."
p.30

7.5/10

Posté par Allie à 20:17 - Policier / Suspense / Noir / Espionnage - Commentaires [2] - Permalien [#]

20 février 2007

Les beaux mariages

beaux_mariagesLes beaux mariages - Edith Wharton

La Découverte, 460 pages

Résumé:

Ondine Spragg s'ouvre les portes de l'aristocratie new-yorkaise grâce à son mariage avec Ralph Marvell. Son ambition l'amène à divorcer et à se lancer à la conquête des hommes susceptibles de lui apporter tout ce qu'elle désire, c'est-à-dire l'amusement mais aussi la respectabilité. Si elle échoue face au banquier Peter Van Degen, elle va trouver une nouvelle victime en la personne du Marquis de Chelles, grâce à qui elle va - espère-t-elle - trouver une place de choix dans le monde du Faubourg Saint-Germain.
Les qualités d'analyse de la grande Edith Wharton et son brio font merveille dans cette vaste fresque qui dépeint une classe qui meurt et le monde du XXe siècle en pleine formation et trace avec audace et talent le portrait d'une femme moderne.

Mon opinion:

Edith Wharton est née en 1862. Elle vit dans une société qui étouffe tout désir de sortir du moule, de ne pas être une bonne petite dame de maison. Elle se remet à l'écriture lorsque qu'elle se marie et quitte sa famille, puis publie son premier roman à l'âge de 40 ans. Son oeuvre compte environ quarante livres (romans, livres sur les maisons et les jardins). Cette édition des Beaux mariages comprend une introduction très intéressante de Marilyn French sur le personnage qu'était Edith Wharton - de son vrai nom Edith Newbold Jones - ainsi que de l'information sur la société de l'époque, genre de petit cercle fermé de la haute société, qui se suffisait à lui-même. Marilyn French, toujours dans son introduction, nous parle aussi de l'oeuvre de Wharton à travers les forces et faiblesses des personnages que l'auteur a créé.
Les beaux mariages me rappelle vaguement le genre de roman de Jane Austen mais sans l'humour et en plus grinçant. Il s'agit d'une critique acerbe de la société des nouveaux riches de l'époque, à l'ambition démesurée et au désir de se faire bien voir dans la société.
Ondine Spragg est détestable, capricieuse, égoïste, méprisante envers les autres et envers ses parents, qui restent dépourvus face au comportement de leur fille et qui même, l'encouragent dans ses emportements en ne la contrariant jamais. Ondine traite bien mal son mari, un écrivain frustré qui a dû, Ô honte, prendre un métier, afin de pourvoir aux besoins fantasques de sa femme. Cette dernière trouve qu'il ne pourvoie justement pas suffisamment pour combler ses besoins. Ondine, petite nature au fort caractère qui est prête à tout pour parvenir à ses fins. Elle se fait porter pâle et prescrire par son médecin un voyage à Londres ou à Paris pour évacuer le stress et renforcir le système nerveux (!), et par le même coup y retrouver un "ami"... J'avais souvent envie de lui donner quelques baffes tellement elle peut être détestable. Dans le monde de Ondine, l'amour va de paire avec la renommée et la fortune qu'il apporte.
Je trouve que Les beaux mariages n'est pas à la hauteur de Xingu (petit bijou) ou de Les yeux (même si j'ai eu quelques attentes déçus pour ce dernier). Les beaux mariages est un bon roman pour le portrait de l'époque qu'il brosse, mais l'histoire contient certaines longueurs et j'avoue qu'à certains moments, j'avais hâte de le terminer. Dans ce roman, Wharton se concentre essentiellement sur les mariages, comme le titre l'indique, les raisons de se marier, l'occasion de faire un beau mariage qui hissera la jeune fille à un nouveau statut plus appréciable, une place dans le "monde". C'est toutefois un tableau très intéressant sur une tranche de la société de l'époque.

Quelques extraits:

"Ainsi, vous considérez que c'est purement par manque d'imagination qu'un homme dépense de l'argent pour sa femme?
-Pas nécessairement, mais il manque d'imagination en se figurant que c'est tout ce qu'il lui doit."

p.184

"Elle commençait à percevoir qu’il éprouvait son inaptitude congénitale à comprendre quoi que ce soit à l’argent comme la différence la plus profonde entre eux. C’était un sens que personne ne lui avait jamais demandé d’acquérir, et dont on l’avait même encouragée à considérer le défaut comme une grâce et un prétexte. Dans l’intervalle de son divorce et de son remariage, elle avait appris le coût des choses, mais pas à s’en passer ; et l’argent demeurait pour elle une sorte de ruisseau mystérieux et incertain, qui parfois disparaissait sous terre, mais toujours pour resurgir sous ses pieds."
p.391

"Ondine, rendue à son élément, cessa de remâcher ses griefs. Elle aimait sortir avec son mari, dont la présence à ses côtés était indiscutablement décorative. Il paraissait soudain plus jeune et plus vivant, et quand elle voyait d’autres femmes le regarder, elle se rappelait combien il était distingué. Elle s’amusait de l’avoir pour escorte, et se rendre avec lui à des dîners ou des bals, l’attendre sur des paliers croulants de fleurs ou traverser auprès de lui des halls de théâtres illuminés répondait à son plus profond idéal d’intimité conjugale."
p.400

7/10

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Posté par Allie à 21:00 - Roman États-Unis - Commentaires [10] - Permalien [#]

16 février 2007

Quand tu es parti

quand_tu_es_partiQuand tu es parti - Maggie O'Farrell

Belfond, 368 pages

Résumé:

Hospitalisée dans un coma profond, Alice se souvient : de l'amour fou avec John, un journaliste, fils d'un juif intégriste qui l'a renié ; de l'étrange enfant, puis de l'adolescente fragile et rebelle qu'elle a été ; de l'affection de sa grand-mère Elspeth et des heurts avec sa mère, Ann, beauté froide et énigmatique. Et tandis que toute la famille guette le moindre signe d'espoir, la genèse du drame affleure.

Mon opinion:

Construit comme un casse-tête, ce roman peu surprendre un peu au départ puisqu'il y a beaucoup de personnages, de retours en arrière. Les événements ne sont pas racontés dans l'ordre chronologique et on se pose beaucoup de question. L'histoire se concentre autour de l'accident et du coma d'Alice, qui revisite son passé, son présent et celui de d'autres membres de sa famille. Nous comprenons beaucoup de choses à mesure que le roman avance. J'ai été un peu déstabilisée par la construction du roman pendant quelques pages puis j'ai pris goût à l'histoire et je n'ai plus voulu lâcher le livre. On a l'impression que l'auteur nous tient un peu sur la corde raide, que tout peut balancer d'un côté comme de l'autre à tout moment. J'ai beaucoup aimé l'écriture très prenante de l'auteur. Les différents chapitres racontant des tranches de vie des personnages se croisent et s'entrecroisent pour former au bout de près de 370 pages, un tout, une histoire familiale, une histoire d'amour, s'étalant sur plusieurs années.
Il y a une tristesse latente d'un bout à l'autre. Le personnage d'Alice m'a subjuguée tant par sa personnalité que par la grande tristesse qui lui ronge le coeur. C'est un personnage entier qui me reste encore en tête, longtemps après la lecture...
Un roman que j'ai beaucoup aimé et qui me donne envie de découvrir les autres livres de l'auteur, La distance entre nous et La maîtresse de mon amant.
Une plume à découvrir.

8.5/10

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Posté par Allie à 09:59 - Roman Irlande - Commentaires [15] - Permalien [#]

Prises au piège

prises_au_piegePrises au piège - P.J. Tracy

Presses de la cité, 324 pages

Résumé:

Lorsque Sharon Mueller, membre du FBI, demande à Grace MacBride et à Annie Belinsky de l’aider à élucider une série de meurtres commis à Green Bay, les jeunes femmes ne font ni une ni deux et s’embarquent  pour un périple à travers la campagne du Wisconsin. Mais leur voiture tombe en panne et elles gagnent à pied la petite ville de Four Corners pour chercher un garagiste. Elles se retrouvent alors plongées dans un épouvantable cauchemar. Des hommes étranges en uniforme ont liquidé tous les habitants de cette ville. Privées de leur téléphone portable, piégées dans une nature hostile, les jeunes femmes doivent conjuguer leurs forces et leurs intelligences pour survivre. Et leurs vies ne sont pas les seules en jeu...

Mon opinion:

Ce roman joue avec des peurs enfantines bien encrées: l'inconnu qui viole un lieu privé, une maison, un village; la peur d'être découvert alors qu'on n'a pas à se trouver dans un endroit donné; la peur de l'obscurité et des images qu'elle fait naître dans notre esprit... Le suspense est excellent et inquiétant. Le récit perd toutefois un peu de souffle vers la fin du roman. J'aurais également aimé avoir plus de détails sur les motivations des "méchants" dans toute cette histoire. On comprend l'essentiel mais personnellement, il me manque un peu de détails. Cependant, l'auteur a préféré tout miser sur l'horreur et le suspense causé par ce que vivent celles qui sont prises au piège. C'est bien aussi, même si mon désir d'en savoir plus n'est pas rassasié. C'est toutefois un bon suspense, un bon moment de lecture, un livre de vacances.
L'auteur semble avoir écrit quelques autres livres, mettant en scène les Monleewrench, une équipe travaillant en informatique et aidant la police. Le livre peut toutefois se lire sans problème, sans avoir pris connaissance des autres volumes.

Quelques extraits:

"Le silence parut absorber l'écho de sa voix, et elle fronça les sourcils.
-C'est drôlement silencieux ici.
-Tu n'as jamais passé beaucoup de temps à la campagne, je parie, s'esclaffa Sharon.
Annie eut un grognement et s'empressa de la détromper.
-Si, justement. La campagne, c'est ce qu'on traverse pour aller d'une ville à une autre.
-Eh bien, c'est à ça que ça ressemble quand on descend de voiture."
p.50

"Ses yeux brillaient sous le coup de la tension, son visage était raide de peur tandis qu'elle observait et écoutait les deux hommes. Tous les muscles de son corps semblaient pétrifiés. Voilà pourquoi les chevreuils se figent sous la lueur des phares. Tu t'étais toujours demandé pourquoi ils n'essayaient pas de s'enfuir vers le bord de la route, de chercher un abri dans les bois. Voilà la réponse. L'instinct de survie cesse de fonctionner quand le danger est trop proche. On ne peut agir que jusqu'à un certain point. Après, c'est impossible."
p.153

7.5/10

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Posté par Allie à 09:48 - Policier / Suspense / Noir / Espionnage - Commentaires [3] - Permalien [#]

13 février 2007

LCA: Lecteurs Compulsifs Anonymes

LCA_4Le LCA (Lecteurs Compulsifs Anonymes) est né d'un commentaire innocemment lancé chez Flo suite à un de ses billets. L'idée a fait boule de neige et Flo a écrit un billet sur "comment améliorer son cas" en tant que LCA. D'autres billets ont vu le jour sur la blogosphère. Entre autres, toujours chez Flo, une mise en garde sur le danger d'être LCA. Hilde, notre porte-parole, a lancé quant à elle une grande enquête sur l'âge des LCA. Lou et Caro[line] ont aussi fait un billet sur cette pathologie qui nous affecte.

Qu'est-ce que le syndrôme du LCA? C'est toute une panoplie de symptômes... en voici quelques uns:

1- Le LCA ne peut s'empêcher de noter TOUS les titres qui lui font envie. Cette manie s'accompagne régulièrement d'une passion pour les listes en tout genre: listes papier, liste informatisées, listes sous logiciel spécial ou sous excel, en vue de ne pas perdre de vue la liste faramineuse de titres qui lui font envie.

2- Le LCA devrait, par principe, ne plus être admis dans les librairies. Il y vide régulièrement son portefeuille et ne peut s'empêcher d'être attiré par la grande majorité des livres qui s'offrent à lui. Il ressort rarement de la dite librairie les mains vides. Il fait la joie des libraires.

3- Le LCA parle de son blog, de ses lectures, de ses copains de la blogosphères à tous ses amis. Certains le croient toqué et se posent des questions sur son état mental. Le LCA s'en fout.

4- Le LCA achète et note plus de livres qu'il ne pourra jamais lire dans toute sa vie.

Pour plus d'informations je vous suggère de lire le billet très à propos de Flo sur ce sujet.

Hilde a d'ailleurs suggéré la création d'un petit logo à apposer sur nos blogs. Je me suis amusée à en créer deux, libre à vous de les utiliser pour le simple plaisir!

LCA_3

Posté par Allie à 10:42 - _Autour du livre_ - Commentaires [115] - Permalien [#]

Je l'aimais

je_laimaisJe l'aimais - Anna Gavalda

Le Dilettante, 216 pages

Résumé:

" ... Car vois-tu Chloé, ma vie, toute ma vie est comme ce poing serré. Je suis là, devant toi, dans cette cuisine. J'ai soixante-cinq ans. Je ne ressemble à rien. Je suis ce vieux con que tu secouais tout à l'heure. Je n'ai rien compris, je ne suis jamais monté au sixième étage. J'ai eu peur de mon ombre et me voilà maintenant, me voilà devant l'idée de ma mort et... Non, je t'en prie, ne m'interromps pas... Pas maintenant. Laisse-moi ouvrir ce poing. Un tout petit peu. Je nous resservais à boire. - Je vais commencer par le plus injuste, le plus cruel... C'est-à-dire, toi..."

Mon opinion:

Même si ce premier roman de Gavalda n'est pas très joyeux, j'ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture. Sorte de dialogue presque continu entre une femme et son beau-père, parsemé de silence et de petits gestes quotidiens, Je l'aimais parle de la famille, de l'amour et des choix que l'on doit faire. Le roman met en scène deux personnages que l'amour a écorchés un peu, les deux faces de la médaille: celui qui trompe versus celle qui se fait tromper. Et ils discutent. C'est banal, le sujet est vieux comme le monde et pourtant ça m'a plu. Le ton, les dialogues, l'histoire du beau-père, les silences qui meublent le temps.
Décidément, je préfère les romans aux nouvelles d'Anna Gavalda. Ensemble c'est tout m'avait beaucoup beaucoup plu, alors que Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, beaucoup moins. J'espère qu'il y aura un prochain roman très bientôt!

Un extrait:

"La vie, même quand tu la nies, même quand tu la négliges, même quand tu refuses de l'admettre, est plus forte que toi. Plus forte que tout."

8.5/10

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Posté par Allie à 09:24 - Roman France - Belgique - Suisse - Commentaires [15] - Permalien [#]

11 février 2007

P.S.: I love you

ps_i_love_youP.S.: I love you - Cecelia Ahern

Albin Michel, 406 pages

Résumé:

Holly et Gerry s'aimaient follement. Ils avaient la vie devant eux. Du moins le croyaient-ils... La mort soudaine de Gerry laisse Holly désespérée. Mais Gerry avait juré qu'il ne l'abandonnerait pas. Son ultime cadeau: "La liste", dix lettres à ouvrir après sa mort qui, chaque mois, aideront Holly à reprendre pied. Elle comprendra peu à peu que la vie vaut d'être vécue (mais c'est toujours plus facile quand un ange veille sur vous!).

Mon opinion:

L'auteur, Cecelia Ahern a écrit ce roman à l'âge de 22 ans. C'est un roman d'amour, qui dépeint somme toute assez bien le deuil subit assez jeune, lorsqu'on perd son conjoint. Les bons jours, les mauvais, les culpabilités, la solitude, les regrets et les bons souvenirs. L'histoire des lettres de Gerry pour aider Holly à vivre à nouveau est bien originale. Le roman est écrit dans un ton assez léger pour en faire une histoire sympathique. Cependant, avec un sujet pareil, on aurait pu pousser beaucoup plus loin. Ce roman parle du deuil mais n'a pas la force ou la charge émotionnelle des Souliers de Noël par exemple ou de La dernière saison, qui traitent du même sujet. Le personnage de Holly est une fille qui ne vivait qu'à travers son amoureux. Mis à part faire la fête et sortir avec ses amies, elle n'a ni passe-temps, ni passion. Ce qui en fait un personnage assez vide et, même si elle est sympathique, ça m'a un peu agacée. Elle doit réapprendre à vivre pour elle et plus le roman avance, plus c'est intéressant. Le début (la partie en boîte de nuit, les sorties des filles pour se changer les idées, le film de Declan) comporte quelques longueurs qui m'ont lassée. Le ton est quand même souvent juste, le roman rempli de tendresse et pour une auteur de 22 ans, Cecelia Ahern a vraiment puisé au fond des sentiments pour recréer cette impression de vide lorsque l'on vit le deuil de notre amoureux et qu'il faut accepter la vie sans lui, alors qu'on l'aime toujours...

Un extrait:

"Elle détestait compter les jours qui la séparaient du prochain message, car c'était tout ce qui lui restait de son homme. Après celui-ci, il n'en resterait plus que trois. Et elle détestait penser à ce que serait sa vie quand il n'y aurait plus de Gerry. Les souvenirs, c'était bien joli, mais on ne pouvait ni les toucher, ni les sentir, ni les serrer contre soi. Ils ne collaient jamais complètement au moment présent et s'effaçaient avec le temps."
p.238

À noter qu'un film avec Hilary Swank basé sur le livre est en cours de tournage.

7.5/10

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Posté par Allie à 17:02 - Roman Irlande - Commentaires [10] - Permalien [#]



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