02 mars 2007

L'incendie de Los Angeles

incendielosangelesNathanaël West
Seuil (Points)
220 pages

Résumé:

L'incendie de Los Angeles - d'après le titre du tableau auquel travaille le jeune héros, Tod Hackett - nous livre une vision désolante et féroce de Hollywood, à travers sa cohorte de spectateurs avides et forcenés, d'acteurs de seconde zone et de ratés en tous genres, "venus en Californie pour y mourir". Dans ce monde où tous les décors et les faux-semblants du monde se sont entassés (comme ils s'entassent dans le cerveau de l'homme moderne), la haine, la trahison, la jalousie mènent le bal et culminent dans un anéantissement collectif."

Mon commentaire:

Ce roman de Nathanaël West (de son vrai nom Nathan Wallenstein Weinstein) est un roman bizarre, déjanté. Il est difficile de le résumer tant ce qui s'y passe est plutôt étrange. On suit le personnage de Tod qui travaille dans les studios de cinéma. Il peint, un tableau qui porte le titre du roman dont on en saisit toute l'ampleur en tournant la dernière page. Tod aime une jeune fille qui repousse sans cesse ses avances mais qu'il côtoie quand même. Il rencontre des personnages étranges, qui ont tous l'air d'être un peu à côté de la plaque: le nain Abe Kusick qui dort sur le palier, la jeune Faye qui rêve d'être actrice, Homer qui prête sa maison à n'importe qui et qui est incapable de mettre dehors ceux qu'il a fait entrer chez lui, Harry vendeur de poli à argenterie et clown à ses heures, Earle qui se prend pour un cow-boy, Miguel et ses combats de coqs, etc. Certaines scènes du livre sont fortes et génèrent des images qui sont marquantes. J'ai aimé la scène de la promenade de Tod sur les plateaux de tournages jusqu'à ce qu'il tombe sur une reconstitution de la bataille de Waterloo qui tourne au désastre. La scène du combat de coqs est plutôt pénible et cruelle, mais ne laisse pas indifférent. Idem pour la fin du livre, qui est catastrophique. Est-ce que ce livre m'a plu? Oui, beaucoup. Nathanaël West peint, tout comme le héros de son livre, un portrait d'une Amérique utopique qui se révèle être cruelle, violente et amère. Nathanaël West est trop peu connu aujourd'hui. J'essaierai de mettre la main sur ses autres romans: Un million tout rond, Miss Lonelyhearts et La vie rêvée de Balso Snell, qui semblent malheureusement difficiles à trouver de nos jours...

Un extrait:

"Tod quitta la route et grimpa jusqu'à la crête de la colline pour regarder en bas de l'autre côté. De là, il pu voir un champ de quatre à cinq hectares couvert d'une brousse épineuse parsemée de touffes de tournesol et d'eucalyptus sauvage. Au centre du champ s'élevait un amoncellement gigantesque de décors, de panneaux anti-son et d'accessoires. Pendant que Tod regardait, un camion de dix tonnes y ajouta une nouvelle charge. C'était le dépotoir final. Il pensa à la Mer des Sargasses de Janvier. De même que cette masse d'eau imaginaire est une histoire de la civilisation sous forme de dépotoir marin, la décharge du studio en est une sous l'aspect d'un dépôt de balayures de rêves. Les Sargasses de l'imagination! Et ce dépôt s'emplit tous les jours davantage, car il n'existe nulle part de rêve en suspension qui ne finisse tôt ou tard par y échouer, après avoir été rendu photogénique à l'aide de plâtre, de toile, de lattes et de peinture." p.89

À noter qu'un film a été produit à partir du roman, sous le titre Le jour du fléau.

En complément:

Un article intéressant sur l'auteur, sur Wikipedia.

Posté par Allie à 15:51 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur L'incendie de Los Angeles

    Tu piques ma curiosité. Si je le trouve en bibliothèque, je pense que je le feuilleterais. Je ne connais pas du tout...

    Posté par Lilly, 04 mars 2007 à 07:12 | | Répondre
  • Lilly: je ne sais pas si ça te plaira, personnellement comme j'adore la littérature américaine, surtout de cette époque là, ça m'a vraiment plu! À feuilleter, pour t'en donner une idée

    Posté par Allie, 04 mars 2007 à 11:50 | | Répondre
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