28 juillet 2007

Le joueur de flûte

joueurdefluteLouis Hamelin
Boréal compact
228 pages

Résumé:

Si Ti-Luc Blouin est si pressé de se rendre sur la côte ouest, c’est qu’il est à la recherche de son père, un écrivain américain mythique qui vit reclus dans l’île de Mere, au large de Vancouver. Mais il trouvera là bien plus que ce qu’il avait escompté. Hier encore le royaume de la forêt vierge, l’île est aujourd’hui le théâtre de vifs affrontements entre la multinationale qui détient les droits d’exploitation de la forêt et tout ce que l’Amérique compte d’écologistes et de militants.

Mon commentaire:

Le joueur de flûte (à ne pas confondre avec la légende allemande) est un roman très étrange. L'histoire commence bien. Le narrateur joue de malchances en rencontres souvent infructueuses. Il a un passé singulier et ses aventures sont amusantes. On attend justement qu'il laisse tout tomber pour prendre la route de l'Ouest. Et c'est là que tout se gâte. Je m'attendais à parcourir les routes avec Ti-Luc Blouin, à rencontrer des groupes d'écologistes qui se battent pour conserver la forêt, bref à un texte engagé qui me parlerait de ce qui m'intéresse vivement: la nature et sa protection. Au lieu de quoi, les préoccupations écologiques du roman ne semblent être qu'un prétexte à la drogue, l'alcool, la vie en communauté pour un groupe qui traîne ici et là et ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Le style me semble confus, décousu et j'ai rapidement eu envie de terminer le volume pour passer à autre chose. On a du mal à s'attacher aux personnages, qui sont complètement à côté de la plaque. Ma lecture s'est donc déroulée rapidement, avec une certaine distance face à l'histoire. Je suis restée avec l'impression d'avoir survolé le roman. Ti-Luc est un homme sans colonne vertébrale (c'est le cas de le dire, il lui manque des vertèbres!) Il suit le courant sans trop se poser de question. On a l'impression qu'il vit dans un délire permanent. Les personnages sont tous aussi loufoques, jusqu'à son père, un écrivain reclus qui vit sur la codéine et l'alcool, qui nourrit son chien avec les mêmes substances, est maniaque d'Howard Hughes et écoute en permanence deux écrans de télévision dont un, diffuse des films pornos en boucle. Avec ce roman très étrange, l'auteur pousse un peu trop loin et l'histoire en devient inintéressante. C'est bien dommage, car il y avait là matière à un beau roman. Tout reste dans la superficialité. Les personnages vivent de drogues, d'alcool et de sexe et ne se construisent aucun avenir. On ne comprend pas trop leurs motivations et pour ma part, ça m'a fait décrocher...

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26 juillet 2007

Les femmes qui écrivent vivent dangereusement

femmesquiecriventLaure Adler et Stefan Bollmann
Flammarion
149 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

«Les femmes qui écrivent vivent-elles dangereusement ? Certaines d'entre elles - pour qui l'écriture nécessite solitude, rupture du lien social, repli dans un cercle familial choisi, souffrances intérieures exacerbées, corps négligé, mais cerveau en ébullition - manquent de pitié pour elles-mêmes, meurent jeunes, en pleine lucidité, faisant face aux terreurs suprêmes.» Laure Adler

Mon commentaire:

À travers de nombreux portraits de femmes - de Jane Austen à Carson McCullers, en passant entre autres par les soeurs Brontë, Colette, Selma Lagerlöf, Agatha Christie, Anne Frank, Marguerite Duras, jusqu'à quelques contemporaines - les auteurs retracent l'histoire des femmes et de l'écriture. Les portraits sont classés par catégories, puis par époques. Les photos (ou parfois les tableaux) de ces femmes sont splendides; leurs vies sont captivantes. Des premières aïeules jusqu'aux femmes qui ont écrit pendant la guerre, c'est un véritable livre d'histoire des femmes qui s'offre à nous. Les femmes qui écrivent vivent dangereusement. La notion de danger peut être très différente selon le pays de résidence et la condition sociale. Le danger peut être lié à la précarité de ce travail et aux notions alimentaires, alors que le danger peut prendre une tout autre forme pour une femme qui vit dans un pays répressif et dictateur. À l'époque, les femmes qui écrivaient vivaient dangereusement puisqu'elles bouleversaient la répartition traditionnelle des tâches. Il fallait alors affronter le regard de la société. Une femme devait rester à la maison à faire des enfants. Entre les couches, les repas et tous les travaux de la maison, il restait peu de temps pour se livrer aux travaux d'écriture et de recherches qu'engendrent la création d'un roman. Tous les portraits sont différents et à la fois, semblables dans leur quête d'écriture. J'ai été très touchée par celui de Lilli Jahn, que je ne connaissais pas. Il ne fait pourtant qu'une page, avec une photo. Son regard et son histoire sont venus me chercher...
Les femmes qui écrivent vivent dangereusement est un très beau livre à découvrir. Beau à regarder. Intéressant à lire.

Un extrait:

"Une femme qui écrit n'est pas une passeuse de langue, une contrebandière de mots, une pourvoyeuse de sens, une chasseuse qui met dans sa gibecière quelques formes nouvelles.
Une femme qui écrit est la créatrice d'un univers, une semeuse de désordre, une personne qui se met en risque et qui ignore le danger, tant sa tâche la requiert, une personne qui invente la langue, sa langue, notre langue."
p.8

Posté par Allie à 12:08 - Commentaires [13]
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Les femmes qui lisent sont dangereuses

femmesquilisentLaure Adler, Stefan Bollmann
Flammarion
149 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Les femmes et la lecture dans l'art occidental " Les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes ; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange et singulière tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations. " Laure Adler

Mon commentaire:

À travers les lectrices représentées dans l'art, les auteurs de ce très beau livre nous parlent également de la condition féminine, des premiers épanchements des femmes pour la lecture qui, tel un fruit défendu, tentait d'être régularisée et hygiénisée par les hommes. Les femmes qui lisent sont dangereuses... car les livres leur font voir une nouvelle perspective de la vie et leur donne à remettre en question leur condition. L'objet-livre est magnifique, rempli de reproductions en couleurs. Chacune est expliquée et commentée. Les auteurs nous offrent également au début du livre une sorte de préface au livre à travers l'histoire féminine de la lecture.
Un magnifique ouvrage qui ravira les lectrices, un livre à offrir et à s'offrir. Un livre qui plaira autant à celles qui sont intéressées par la condition des femmes, que par celles inspirées par l'art. À découvrir!

Posté par Allie à 11:57 - Commentaires [11]
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25 juillet 2007

Le réseau Corneille

reseaucorneilleKen Follett
Le livre de poche
599 pages

Résumé:

28 mai 1944, Sainte-Cécile, France occupée. Tout est prêt, Betty, la grande espionne anglaise, attend l'heure dite pour appuyer sur le détonateur qui fera exploser le quartier général de la Gestapo et tout son système de communication. Elle sait que Dieter, un espion allemand en charge de démanteler le réseau résistant de la région, est dans les parages… L'opération échoue : les Résistants dénombrent plusieurs morts, Michel, le mari de Betty, est blessé, Betty échappe de justesse aux Allemands. Elle est tenue pour responsable de cet échec. Ses supérieurs qui commencent à douter d'elle lui offrent une dernière chance. Betty monte un nouveau et ultime plan. Elle demande aux services secrets britanniques de recruter cinq jeunes femmes parfaitement non professionnelles, mais dont les personnalités hors du commun seront décisives pour la réussite du grand sabotage. Nom de code : le Réseau Corneille…

Mon commentaire:

L'auteur dédie son roman aux femmes agents secrets envoyées par les services spéciaux britanniques en France, durant la Seconde Guerre mondiale. Certaines ont survécues, d'autres ont sacrifié leur vie. Inspiré de ce fait réel, Ken Follett a écrit Le réseau Corneille. J'ai entendu énormément de commentaires plutôt mitigés ou négatifs sur ce roman. Je n'ai pas lu les autres livres de l'auteur, celui-ci étant ma première approche de ce qu'il a écrit. Personnellement, j'ai passé un très bon moment de lecture. Le roman est bien écrit, on s'y sent réellement en temps de guerre et ça m'a d'autant plus touchée que l'histoire parle essentiellement des femmes. Je ne peux que m'imaginer à leur place: qu'aurais-je fais, moi, justement? C'est un roman, mais une partie de ce qui y est raconté me semble plausible. Plusieurs choses se sont sûrement passées comme l'auteur le raconte. L'histoire nous montre les deux côtés de la médaille. Les chapitres alternent entre Dieter, un Allemand et Betty, qui est à la tête d'un groupe dans la résistance. Certaines scènes de torture m'ont donné le frisson et souvent, j'ai ressenti une sorte d'écoeurement face à ce que l'homme peut accomplir en temps de guerre. Ce n'est qu'un roman, mais on y décrit parfaitement l'ampleur du pouvoir qu'un homme peut avoir sur un autre. Le plaisir de torturer un autre être humain qu'on s'est tellement conditionné à voir en ennemi. On peut voir entre les lignes toute l'absurdité de la guerre, ce qui en fait un roman partagé entre l'histoire, le roman social et le roman d'espionnage. J'ai donc apprécié cette lecture et je lirai dans le futur d'autres romans de Ken Follett.

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21 juillet 2007

Journal d'un chasseur de fantômes

journalchasseurfantomesSimon Marsden
Abbeville Press
128 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Le temps d'un voyage et d'un livre, le photographe Simon Marsden se transforme en chasseur de fantômes...

Mon commentaire:

J'adore la photographie. Et le travail de Simon Marsden m'a tout de suite attirée à cause de sa singularité. Ses photos transcendent une atmosphère. Elles parlent beaucoup. La nature, les monuments historiques, les lieux qu'il capte sur pellicule sont chargés de mystère. Ses livres sont peu traduits en français et malheureusement, difficiles à trouver. À moins d'avoir une chance inouïe vous aurez du mal à acheter ce volume dans une librairie (à moins de tomber sur une occasion dans une bouquinerie). Son édition est épuisée depuis plusieurs années. J'ai découvert par hasard Journal d'un chasseur de fantômes lorsque j'étais jeune adolescente. Je me souviens avoir été fascinée par ses photographies. Déjà, à l'époque, je prenais énormément de photos, toujours en ayant à l'idée le côté esthétique pour chaque projet. Simon Marsden faisait ressortir dans son travail, ce que j'aurais aimé faire à mon tour. À l'époque, j'avais emprunté ce volume à la bibliothèque. Aujourd'hui, j'ai eu envie de me plonger à nouveau dans les photographies de Marsden. J'ai pu faire venir ce volume d'une autre ville, pour un prêt limité. L'espace de quelques heures, je me suis replongée avec délice dans l'univers de Simon Marsden. À travers des légendes orales et écrites, à travers les mythes de certains peuples, l'auteur nous amène à regarder l'histoire d'un autre oeil. Chaque légende est accompagnée d'images et de notes. L'auteur revisite des lieux historiques légendaires à travers les histoires de fantômes qui sont transmises d'une génération à l'autre. De la tombe de Dracula au Château de Versailles, en passant par le Château de Frankenstein et le pays Cathare, l'auteur nous amène en voyage à travers l'Irlande, l'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles, la France, l'Allemagne et naturellement, la Roumanie. Un livre magnifique rempli de photographies mystérieuses... et d'histoires des fantômes passés qui donnent parfois le frisson.

Un extrait:

"Dans certains lieux retirés et paisibles, nous ressentons l'étrange sensation de ne pas être seuls. Lorsque nous passons devant un manoir en ruines ou une abbaye éclairée par la lune, nous savons que dans ces murs qui s'écroulent sont tapis les esprits des ténèbres, venus d'un passé lointain, qui observent, qui attendent..." p.10

En complément:

Pour une idée du travail de l'auteur, voir le très beau site web de Simon Marsden.

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18 juillet 2007

Green Manor 1: assassins et gentlemen

greenmanor1Bodart & Vehlmann
Série Green Manor tome 1
Dupuis
56 pages

Résumé:

Le meurtre n'est rien sans un peu d'élégance

Mon commentaire:

Premier volet de la série Green Manor, cette bd est un petit bijou d'humour noir. Les membre du Green Manor Club passent leur temps à élucider des meurtres, à en discuter, à élaborer des mises en scènes criminelles et à parier sur les crimes déjà commis. Ils ont une opinion sur tout ce que la presse judiciaire recèle comme histoires dramatiques et ce sont des gentlemen, donc tout se fait avec art. Les histoires sont de quelques pages, toujours en rapport avec le Green Manor. Beaucoup de chutes intéressantes. L'assassinat comme l'un des Beaux-arts? Au Green Manor, certainement!

Green Manor tome 1: Assassins et gentlemen
Green manor tome 2: De l'inconvénient d'être mort

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17 juillet 2007

Le moindre des mondes

moindredesmondesSjón
Rivages
122 pages

Résumé:

Un jour tout blanc de neige et de glace, le révérend Baldur Skuggason part à la chasse, fusil à l'épaule, fureur au ventre. Pendant ce temps Friðrik le botaniste cloue un cercueil, celui d'Abba, handicapée de naissance. Ces trois personnages, la bête féroce, le lettré et la douce enfant vont de façon étonnante mêler leur histoire.

Mon commentaire:

Voilà un roman que je voulais lire depuis sa sortie. L'illustration de la couverture m'a littéralement séduite. C'est calme, c'est zen. Le roman est court. Bref, l'objet livre m'attirait déjà. Le roman est étrange et lyrique. Le moindre des mondes est à la fois un récit métaphorique et un conte mythique. L'atmosphère rappelle les légendes folkloriques Islandaises. La construction du roman, de quelques lignes à quelques paragraphes par page, contribue à augmenter l'impression de solitude des personnages. La présence des contrées froides et hostiles sont si bien décrites qu'on y ressent presque siffler le froid vent du Nord... Dans une économie de mots, Sjón (de son vrai nom Sigurjon B. Sigurdsson) excelle dans la concision tout en sachant rendre à merveille les lieux et les personnages. Les pages 50 à 53 contiennent un beau passage sur le thé et la transmission du plaisir de ce breuvage, extrait trop long pour être reporté ici.
Le moindre des mondes, tant dans l'écriture que dans la forme du roman, m'a rappelé les récits teintés du folklore de Selma Lagerlöf. Je suis heureuse de l'avoir lu.

Un extrait:

"Soleil des revenants: telle est l'appellation que donnent les poètes à leur amie la lune; elle ne saurait mieux convenir qu'en cette nuit où sa pâle clarté cendrée baigne la touffe d'arbres sur la pente qui surplombe la ferme de Brekka. Ce petit bois était le plus grand plaisir d'Abba et de Friðrik et peu de choses leur valurent d'être autant la risée de ceux de Dalur que l'entretien de ce bosquet; même si les gens se moquaient de la plupart des tâches auxquelles ils se livraient." p.79

À noter que ce livre a remporté en 2005 la plus haute distinction des pays du Nord, le Prix littéraire du Conseil Nordique. L'auteur est un des paroliers de Björk.

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15 juillet 2007

La double disparition

enolaholmes1Nancy Springer
Série Enola Holmes tome 1
Nathan
246 pages

Résumé:

S'il est une chose que j'aimerais savoir, c'est pourquoi ma mère m'a nommée " Enola ". Enola qui, à l'envers, se lit : alone. En anglais : seule. Et c'est bel et bien seule que je me suis retrouvée le jour de mes quatorze ans, ma mère ayant disparu de notre manoir de façon inexpliquée. J'ai alors été contrainte d'en informer mes frères aînés que je n'avais pas revus depuis dix ans - Mycroft et Sherlock Holmes. Or ce n'était pas eux qui allaient m'être d'un grand secours. Jugeant que mon éducation laissait à désirer, Mycroft n'avait qu'une idée : m'expédier en pension pour faire de moi une lady. En outre, Sherlock estimait ma capacité crânienne bien trop limitée pour pouvoir résoudre le mystère de cette disparition. J'étais pourtant la seule à avoir décelé des indices dont mon détective de frère n'avait pas la moindre idée. C'est donc le cœur empli d'espoir, que j'ai décidé, malgré mes appréhensions, de partir à la recherche de ma mère. Seule.

Mon commentaire:

Sherlock et Mycroft Holmes ont une petite soeur, vous le saviez? L'auteure, Nancy Springer, nous plonge dans la bourgeoisie, puis dans les bas quartiers de Londres en 1888. Nous rencontrons Enola, jeune fille attachante et frondeuse, qui défie quelque peu les convenances de sa classe sociale et de son époque. C'est un personnage qui plaira assurément aux jeunes (et aux moins jeunes) lecteurs. Aimant beaucoup Sherlock Holmes, c'est avec plaisir que je le retrouve ici sous les traits d'un frère aîné peu amène et parfois désagréable.
Sous une très belle couverture toute en fioritures et en fleurs (on comprendra pourquoi les fleurs en lisant le roman) se cache, comme le titre l'indique, une double intrigue policière. Mais c'est aussi pour l'auteur l'occasion d'aborder différents sujets tels que la pauvreté, les liens familiaux, la perte d'une personne qu'on aime, l'entraide, l'amitié... et surtout, l'Histoire, avec une reconstitution d'un Londres mal famé, d'une époque avec ses convenances parfois contraignantes.
L'écriture est attirante, avec son charme désuet. Le cadre du roman également. J'ai beaucoup aimé cette lecture, qui plaira assurément aux jeunes. J'attends le deuxième tome avec impatience!

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14 juillet 2007

La reine Margot

reinemargotAlexandre Dumas
Le livre de poche
667 pages

Résumé:

1572. La France des guerres de religion est devenue le champ clos des grands seigneurs et des prétendants au trône. À Paris, le jeune roi protestant de Navarre, le futur Henri IV, vient d'épouser Marguerite de Valois, dite Margot; mariage politique qui n'empêche pas les Guise et le roi Charles IX de fomenter les horreurs de la Saint-Barthélemy. Sur les pas du jeune comte de La Mole, dont s'éprend éperdument la belle Margot, et de son compagnon, le tonitruant Annibal de Coconnas, nous entrons dans ce labyrinthe d'intrigues, d'alliances, de trahisons. Les poignards luisent sous les pourpoints. René le Florentin fournit les poisons à l'implacable Catherine de Médicis. Le vieux Louvre avec ses fêtes brillantes, ses passages secrets, son peuple de soldats et de jolies femmes, est le théâtre où se déploient en mille péripéties les jeux de l'amour, de la politique, de la haine.

Mon commentaire:

Lire La reine Margot en format poche, c'est assurément se casser les yeux sur une édition en très petits caractères, d'autant plus que la mienne était très mal imprimée. C'est aussi se buter contre un style d'écriture et de longues phrases alambiquées, auxquelles on doit s'habituer. Ça augure bien mal. Et pourtant... La reine Margot est un roman que j'ai apprécié pour deux raisons: le roman est particulièrement bien écrit et l'histoire est passionnante. L'humour côtoie les scènes sanglantes, il y a plusieurs revirements de situations surprenantes et on plonge dans ce roman comme dans un feuilleton. La reine Margot est d'ailleurs paru en feuilleton à l'époque. Le style s'y prête bien.
Dumas écrit très bien. Certaines phrases ou expressions sont savoureuses. On peut d'ailleurs lire en page 210:

"...la fameuse balafre qui lui avait jadis donné tant de tracas par ses rapports prismatiques avec l'arc-en-ciel, avait disparu..."

ou alors

"...par une belle journée d'automne comme Paris en offre parfois à ses habitants étonnés, qui ont déjà fait provision de résignation pour l'hiver..."

C'est plutôt une belle façon de dire les choses!
Dumas excelle dans l'art d'accrocher le lecteur et de lui raconter une histoire. Il s'inspire d'anecdotes qui ont réellement eu lieues et revisite certains événements historiques en combinant réel et imaginaire. Des notes en fin de volume (pour mon édition) nous font état de très nombreux anachronismes. La postface d'Eliane Viennot est d'ailleurs très éclairante à ce sujet et à l'imagination de l'auteur versus les faits réels.
Toutefois, le roman est difficile d'approche au départ, du moins il l'a été pour moi. Ayant une connaissance approximative des rois et reines de France et étant tout à fait étrangère à toute cette période de l'histoire française, j'ai eu du mal à m'y retrouver. Je trouve également que près de 700 pages, c'est beaucoup. Le roman souffre de certaines lourdeurs, surtout vers la fin. J'ai cru lire quelque part que les écrivains étaient payés à la page à l'époque? Est-ce le cas de Dumas? Ceci expliquant peut-être cela.
Néanmoins, je crois qu'il faut lire La reine Margot. Pour l'écriture très maîtrisée. Pour les histoires dans l'histoire. Pour la présence des rois, des reines, des bourreaux, des conspirateurs, des empoisonneurs, des cachots, des complots.
On oublie (presque) les longueurs qui parsèment le récit...

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02 juillet 2007

Meurtres en neige

meurtresenneigeMargaret Yorke
Liana Levi
198 pages

Résumé:

Que faire dans une station de ski aussi charmante soit-elle, quand neige et vent vous empêchent de mettre le nez dehors ? Confinés dans leur hôtel, des vacanciers anglais s'inventent des occupations.
Mais celles-ci sont loin d'être innocentes... Il n'en faut pas plus pour éveiller la curiosité de Patrick Grant, venu prendre quelques jours de détente dans les Alpes autrichiennes. Et lorsque l'on repêche un corps de noyé dans la rivière, Grant est prêt à parier que la victime n'est pas tombée toute seule dans l'eau glaciale...

Mon commentaire:

Meurtres en neige est un roman policier qui se lit bien, dont l'intrigue est bien écrite, mais sans réelle surprise. Il n'y a pas de suspense, mais l'histoire est agréable en soi. Les personnages aussi. L'histoire qui y est racontée laisse une impression de déjà vu. Ce roman m'a rappelé vaguement Qui va à la chasse... de Mignon G. Eberhart. Les deux romans ont certaines similitudes (un huis-clos, une tempête de neige qui coince tous les personnages...) et une écriture qui se ressemble. Ils sont aussi parus dans la même collection, À corps et à crime chez Liana Levi. Bref, Meurtres en neige est un roman qui n'est pas un incontournable, ni ne raconte une histoire inoubliable, mais qui réussit tout de même à nous faire passer un bon moment de lecture.

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