La contrebasse
Patrick Süskind
Le livre de poche
92 pages
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Résumé:
La contrebasse est l'instrument le plus gros, le plus puissant et le plus indispensable de l'orchestre, le plus beau aussi, dit d'abord le contrebassiste. Mais bientôt l'éloge pompeux laisse affleurer les frustrations et les rancoeurs du musicien et de l'homme. Et peu à peu la haine d'abord refoulée de cette encombrante compagne s'exprime, se déchaîne et explose jusqu'à la folie...
Mon commentaire:
Le contrebassiste du livre de Süskind est un musicien un peu condescendant qui monologue sur la musique en général et son instrument en particulier. Le plaisir de la lecture est doublé si on a quelques notions de musique classique ou si on connaît juste un peu les compositeurs. Puis, à mesure qu'il nous parle de sa musique, on sent le narrateur déraper peu à peu. De l'éloge de son instrument, il parle ensuite de son encombrement, de son entretien, de la place que prend cette monumentale contrebasse dans un appartement, dans une voiture, dans la vie de son musicien, jusqu'à ce que l'instrument en devienne un objet qu'on regarde avec haine...
Déchéance du discours, texte amusant, noir, ironique, le narrateur raconte la place que prend un instrument dans la vie d'un musicien. Un texte poussé à son extrême qui est vraiment agréable à lire. J'ai réellement beaucoup aimé!
Un extrait:
"La contrebasse est l'instrument le plus affreux, le plus pataud, le plus inélégant qui ait jamais été inventé. Le Quasimodo de l'orchestre." p.37
"...la musique est le propre de l'homme. Par-delà la politique et l'histoire. Un élément constitutif de l'humanité universelle, une composante innée de l'âme humaine et de l'esprit humain. Et la musique existera toujours et partout, à l'est et à l'ouest, en Afrique du sud comme en Scandinavie, au Brésil comme au goulag. Parce que la musique, justement, est métaphysique. Vous comprenez, méta-phy-sique, donc derrière ou au-delà de la simple existence physique, par-delà le temps et l'histoire et la politique, au-dessus de riches et pauvres, de vie et mort... La musique est... éternelle." p.46
Buvez du cacao Van Houten!
Ornela Vorpsi
Actes Sud
156 pages
Résumé:
J'ai découvert à seize ans dans les vers de Maïakovski un fait historique, une anecdote qui m'a marquée pour toujours. La société Van Houten, déjà réputée à l'époque pour l'excellence de son cacao (nous sommes en 1910), eut une idée macabre et géniale : acheter le dernier vœu d'un condamné à mort pour promouvoir sa sombre poudre. En guise de dernière volonté, l'homme face à la foule devait crier le slogan "Buvez du cacao Van Houten !". Sa famille recevrait en contrepartie une coquette somme d'argent la mettant pour quelque temps à l'abri du besoin. L'homme cria. Mon âme d'adolescente aussi. Bien des événements se sont produits depuis lors, mais la phrase "Buvez du cacao Van Houten !" demeure en moi comme une pierre dans les fondations d'une maison. Je ne pouvais donner un autre titre à ce livre dont les histoires ramènent toutes à cette boisson fascinante qu'est l'être humain, capable de se vendre jusqu'au dernier souffle. J'avais une promesse à tenir, gardée longtemps secrète : envers l'homme qui a crié, envers l'entreprise qui a acheté, envers l'humanité qui me peine.
Mon commentaire:
Même si les critiques que j'avais lues sur ce livre étaient peu élogieuses, j'avais envie d'essayer. Surtout à cause du titre qui m'a attirée et aussi, à cause de ce fait historique sur le cacao Van Houten et le condamné à mort. J'aurais cru que tout tournerai autour de ce fait historique ou du moins, que les nouvelles parleraient de faits semblables, mais non. Je n'en ferai pas l'éloge, car je n'ai pas vraiment aimé. Les nouvelles sont inégales. Certaines sont bien, d'autres peu intéressantes. Le thème récurrent est l'immigration, le malheur, la tristesse. Les nouvelles nous parlent toujours de gens quelque peu désespérés qui vivent une vie qui ne leur plaît pas la plupart du temps. Rien de très gai. J'ai eu parfois du mal à comprendre où l'auteur voulait nous amener...
Le recueil contient treize nouvelles. Plus on avance dans la lecture, moins elles sont intéressantes. Trois m'ont plu. Deux étaient très moyennes. Je n'en ai pas aimé la moitié et je n'ai finalement pas lu les deux dernières...
La chambre d'amis
Marcel Möring
Les allusifs
104 pages
Résumé:
Au chômage après la guerre, un ancien pilote, sa femme et leur fils précoce se mettent à construire des avions miniatures pour un marchand de jouets. La petite famille coule alors des jours heureux, mais un visiteur inattendu, surgi du passé et porteur de calamité, viendra bouleverser sa vie par une nuit pluvieuse, dans la maison des dunes, sur la mer du Nord.
Mon commentaire:
Marcel Möring a une écriture qui me plaît beaucoup. Il dépeint, dans un roman sobre, concis, un peu triste et très imagé, l'histoire d'une petite famille un peu différente des autres. La chambre d'amis est un beau roman tout en finesse, avec parfois, une pointe d'humour. On n'a qu'à penser à la scène du restaurant où le petit David prend le contrôle des cuisines! Certaines scènes sont plus profondes. Un instant David regarde son père et dit "Un seul homme et tant de visages". Ce roman, c'est aussi un symbole de la perception des autres face à nous-même, ce qui nous définit en tant que personne, qui nous sommes. On s'attarde essentiellement sur le parcours de vie du père de David et c'est son passé et son présent qui nous est raconté. Le roman est construit en quatre temps (4 chapitres) qui s'étalent sur différentes périodes dans la vie du garçon. C'est un court roman qui se lit d'une traite. On relit parfois des passages pour en saisir toute l'essence. On y fait certaines allusions à la guerre, mais c'est surtout une vision de la vie que nous offre l'auteur. La façon dont David voit et décortique ce qui l'entoure. Le récit alterne entre la maturité des adultes (par rapport à des sujets sérieux comme la Guerre, la famille ou la remise en question de notre propre vie) et la fraîcheur du regard d'un enfant aussi précoce est-il (qui se demande si devenir cuisinier est un métier authentique et important et qui observe ses parents avec une vision particulièrement aiguisée.) Les personnages sont attachants. Le portrait du père m'a beaucoup plu et j'ai malgré tout, aimé l'intrusion de Humbert Coe, personnage extravagant qui prend sous son aile le petit David. J'aurais aimé rester encore un peu dans cet univers, mon seul bémol est la concision du roman. J'aurais apprécié quelques pages de plus, histoire de prolonger le plaisir de la lecture. L'auteur réussis à rendre originale une histoire qui pourrait être banale. Marcel Möring est un écrivain que je découvre et que je veux relire absolument.
Quelques extraits:
"À l'époque, piloter était aussi simple que de conduire une moto, dit-il. Tu sautais dans ton zinc et tu t'envolais, et si tu en avais envie, tu te posais à midi dans un pré derrière un café de village pour aller casser la croûte." p.13
"Ma mère n'avait toutefois pas prévu que j'aimerais la cuisine, et même à un point tel que mes parents, depuis deux ou trois ans, se sentaient tenus de m'offrir des livres de recettes pour mon anniversaire. (Que je lisais comme d'autres dévorent des romans; en revanche, quand je lisais un roman, j'aimais y trouver des descriptions de plats et de repas, que je pouvais ensuite convertir en recettes. Ma mère m'avait déjà expliqué que les livres de cuisine n'étaient pas matière à lecture et que les romans n'étaient pas des livres de recettes, mais je lui avais répondu que je vivais une aventure aussi agréable en me plongeant dans La cuisine italienne d'Elizabeth David que dans The Wind in the Willows.)" p.58
Six personnages en quête d'auteur
Luigi Pirandello
Folio
250 pages
Résumé:
Pirandello invite le spectateur à assister à ce qui lui est généralement caché : ce qui se passe sur une scène lorsque la salle est vide; ce qui se passe dans l'esprit du metteur en scène aux prises avec des personnages qui lui sont confiés; et plus encore, tout ce qui se passe dans le cœur d'un auteur lorsque s'imposent à lui des personnages, et qu'il les sent plus forts qu'il n'est.
Mon commentaire:
Ce livre contient deux pièces de théâtre de l'auteur: Six personnages en quête d'auteur suivi de La volupté de l'honneur. La première raconte l'étrange histoire de six personnages qui sont sortis de l'imagination de leur auteur, ont pris vie et qui ont été délaissés par leur auteur. Ils se cherchent donc maintenant un autre auteur et iront déranger un directeur de théâtre, en pleine répétition. Cette pièce parle de la création, de l'espace que peut prendre pour un écrivain ses personnages. Où s'arrête la fiction et où commence la réalité? La fin est particulièrement réussie. J'ai bien aimé cette pièce pour la réflexion qu'elle apporte, tout en faisant jouer sous nos yeux un véritable drame. Cependant, il y a quelques longueurs dans les discours des personnages, surtout lorsqu'ils tentent de prouver aux autres qu'ils existent à part entière...
La seconde pièce parle d'un mariage arrangé à la convenance d'une famille riche, pour échapper au scandale qui menace de les écorcher au passage. Ils font donc entrer dans la famille un étranger, qui prendra une place très importante. J'ai préféré cette pièce-là, qui est d'un style plus vif. L'action coule bien et elle est légèrement plus courte que l'autre.
Dans l'ensemble, je crois que c'est un auteur intéressant qui mérite qu'on le découvre. Je lirai sûrement autre chose de lui éventuellement.
À noter que l'auteur a reçu le Prix Nobel de la littérature en 1934.
Novecento: pianiste
Alessandro Baricco
Folio
87 pages
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Résumé:
Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.
Mon commentaire:
Ni pièce de théâtre, ni roman, Novecento est en quelque sorte un long monologue sur un personnage au destin extraordinaire. Autant Soie était une ode à la poésie et à la beauté, autant Baricco nous offre à travers Novecento un texte aussi beau, dans un langage différent, qui évoque à merveille l'atmosphère des pianistes américains, des jazzmans d'une certaine époque, en ayant pour toile de fond la mer. Novecento n'est jamais descendu de son bateau. Il est, pour le regard des passagers, un objet de curiosité tant par son histoire singulière que par son talent de virtuose. Novecento est un tout petit livre qui mérite qu'on s'y arrête. Les personnages y sont attachants. La mer et la musique hantent l'histoire. Ces deux composantes sont toute la vie de Novecento, qui n'a connu que cela. C'est un livre magnifique, une histoire envoûtante d'un musicien qui ne fait qu'un avec son instrument. À lire et relire. Je vous le conseille, tout simplement. Cette histoire m'a beaucoup touchée.
Quelques extraits:
"Il l'était vraiment, le plus grand. Nous, on jouait de la musique, lui c'était autre chose. Lui, il jouait... Quelque chose qui n'existait pas avant que lui ne se mette à le jouer, quelque chose qui n'existait nulle part. Et quand il quittait son piano, ça n'existait plus..."
"La terre, c'est un bateau trop grand pour moi."
Le violon
Robert Thomas Allen, photographies de George Pastic
Éditions Pierre Tisseyre
62 pages
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Résumé:
Ce livre raconte une histoire d'amour entre un enfant et un violon. Christian a mis de l'argent de côté pour s'acheter un vieux violon qu'il admirait depuis longtemps dans une vitrine, mais lorsqu'il veut en jouer, il n'en tire que des grincements affreux. Dépité, il l'abandonne dans un parc. Un vieux monsieur qui passe le ramasse et, à la grande surprise de l'enfant, il en tire les sons les plus beaux qu'il ait jamais entendus. L'enfant réclame son violon. Le vieux monsieur le lui rend bien entendu, mais s'intéresse à lui et lui apprend à jouer.
Mon commentaire:
Magnifique roman sur l'amour du musicien pour son instrument. Le personnage de Christian, qui comprend tout à coup que ce n'est pas son violon qu'il a si durement gagné qui est brisé, mais plutôt, lui-même qui ne sait pas jouer de la musique, trouvera en un vieil homme un professeur hors paire. L'histoire est très touchante et le roman, rempli de photographies en noir et blanc tirées du film du même nom, film que je ne connais pas du tout et que je voudrais bien voir. C'est une histoire sans réelle surprise, mais qui tient lieue de fable sur l'amour de la musique et la persévérance lorsqu'un projet nous tient à coeur. Je me reconnais dans le personnage de Christian, ce qui m'a d'autant plus fait plaisir. Une très belle histoire. Le roman plaira aux jeunes lecteurs et surtout, aux jeunes musiciens ou à ceux qui rêvent de le devenir. Les adultes seront aussi charmés. Cependant, c'est presque dommage que ce soit si court!
Un extrait:
"Celui qui a donné de la musique au monde n'est jamais tout à fait parti." p.62
Le violon dingue
Gilles Côtes
Éditions de la paix
138 pages
Résumé:
Un violon venu d'Europe vient endiabler l'été de Benoît et de Marie-Pierre. Entre les mains d'un petit virtuose prodige de la musique classique, cet instrument s'entête à faire turluter et giguer. Personne n'oubliera le très surprenant "Concertino pour violon dingue de Sainte-Marie-Lard-Salé".
Mon commentaire:
Voilà un petit roman rempli d'humour sur la musique, le violon plus particulièrement. Benoît et Marie-Pierre accueillerons un petit compagnon pour l'été, venu de France. Mais Li Song a un problème: son violon s'entête à jouer des airs folkloriques. À travers concerts et festivals, jusque dans la très belle maison d'un professeur de musique à la retraite, c'est toute une aventure qui attend nos jeunes amis. Amusant, drôle, faisant honneur à la musique classique comme au folklore, Le violon dingue amusera à coup sûr les jeunes lecteurs.
La saison des pluies
Graham Greene
Le livre de poche
253 pages
Résumé:
Il n'en pouvait plus de vivre à côté de sa vraie vie, de ne plus aimer vraiment son Dieu, ses maîtresses, son métier. Il a pris le premier avion en partance et, au terme d'une longue navigation à travers la forêt vierge, il s'est retrouvé au bout du monde une léproserie au coeur de l'Afrique centrale. C'est la solitude. Ce pourrait être la paix, si un jour il n'était reconnu et si un journaliste, avide de sensationnel, n'entreprenait de faire de lui une sorte de héros. Un « saint ».
Mon commentaire:
La saison des pluies est un roman rempli de regrets. C'est aussi une histoire d'hommes qui n'ont plus rien à perdre. Par conviction religieuse, parce qu'on leur en a fait la demande ou par envie d'utiliser leurs vies pour quelque chose, les personnages principaux s'occupent d'une léproserie, en Afrique. Au début, le roman me plaisait beaucoup. Je trouvais intéressant d'en savoir plus sur cette communauté composées essentiellement de Religieux et de lépreux. Mais le roman met sans cesse en opposition la croyance et l'athéisme, le bien et le mal ainsi que des remises en question de pratiquement tous les personnages. Le livre se lit bien, mais il est truffé de longueurs qui m'ont, au fil des pages, fatiguée. J'avais hâte de terminer ma lecture. Pas que le livre soit mauvais. Le sujet est intéressant, mais il émane du roman une certaine lourdeur, une lassitude face à toutes ces remises en question théologiques. Est-ce que le livre a mal vieillit? Je ne saurais dire, mais il manque définitivement un petit quelque chose pour nous accrocher jusqu'au bout.
Un extrait:
"Je ne sais rien de vous, dit le docteur Colin, mais nous sommes tous faits à peu près sur le même modèle. Vous avez tenté une expérience impossible. Un homme ne peut pas vivre sans rien posséder que lui-même." p.64
Fleur des neiges
Pierre-Marie Beaude, illustrations de Claude Cachin
Gallimard Jeunesse
39 pages
Résumé:
Fleur-des-neiges vit au pays du Soleil-Levant. Elle aime en secret Tadashi, un garçon de son âge. Souvent, elle se rend à la dernière maison du village, en direction du volcan, observer le vénérable Matsuo Seki, écrivain public et poète. Quand le maître accepte de lui enseigner l'art de la calligraphie, son rêve se réalise enfin. Les années passent... Un jour, Tadashi vient la voir et lui demande d'écrire une lettre d'amour...
Mon commentaire:
Voilà un très bel album qui plaira à ceux et celles qui sont attirés par la culture et la littérature japonaise. Les illustrations de Claude Cachin sont magnifiques et très "japonaises" dans le style, le choix des couleurs et la disposition des images par rapport au texte. Fleur des neiges est une sorte de conte de fée à la nippone, une adaptation japonaise du prince charmant. C'est une belle histoire, tout en poésie, qui nous offre un moment en compagnie d'écrivains publics et de calligraphes. Même s'il s'agit d'un album, il s'adresse, selon moi, principalement aux jeunes lecteurs plutôt confirmés (ou aux adultes) puisqu'il contient beaucoup de vocabulaire et d'événements spécifiques à la culture nipponne. Le livre peut aussi servir d'initiation à la culture japonaise auprès des enfants et être le prélude à des échanges et des recherches sur le sujet. Un très bel album qui m'a beaucoup intéressée.
La consolation des grands espaces
Gretel Ehrlich
10/18
171 pages
Résumé:
À la suite d'un deuil, Gretel Ehrlich, scénariste à Hollywood, part à la recherche d'un lieu où abriter sa douleur. Ce sera le Wyoming. De cette existence au cœur d'une nature presque intacte, en compagnie de bergers et de cowboys auprès desquels elle va redonner un sens à sa vie, est née La Consolation des grands espaces. À la manière de Walden ou la Vie dans les bois de Thoreau ou de Pèlerinage à Tinker Creek d'Annie Dillard, cette peinture d'une Amérique insoupçonnée est aussi le récit d'une expérience essentielle, d'une renaissance bouleversante, vécue dans le souffle vivifiant d'espaces vierges où l'auteur découvre enfin le sentiment de faire partie d'un tout.
Mon commentaire:
Après ma lecture d'Une année à la campagne de Sue Hubbell (que j'avais adoré), on m'a conseillé nombre de livres semblables dont celui-ci. Les deux livres ont en commun le rapport de l'homme à la nature et le changement de mode de vie de son auteur: le départ de la ville pour les grands espaces ou la campagne. Même si La consolation des grands espaces est intéressant et se lit très bien, ses mots ne m'ont pas autant touchée que ceux de Sue Hubbell. Le récit de Gretel Ehrlich c'est tout d'abord son histoire, son deuil, qui l'a amené à demeurer au Wyoming. Puis, à travers la description de la vie aride des grandes plaines de l'Ouest, c'est un pan de l'histoire américaine et de ses cowboys qu'elle nous offre, un panorama à travers un paysage plus grand que nature. Les pâturages y côtoient les sols arides et ingrats. Le livre parle beaucoup du rapport de l'homme à la nature, de la flore et de la faune de l'Ouest, de la vie dure des bergers et des cowboys qui doivent promener leur bétail sur des kilomètres, dans des conditions souvent difficiles ou précaires. Ce mode de vie est fascinant pour qui n'en connaît rien. Nous sommes très loin de la vie en ville où tout est à portée de main. Cette histoire me donne l'impression de revenir dans le temps, lorsque l'homme dépendait totalement de la Terre, des saisons, des cultures et des animaux.
Il me tarde maintenant de mettre la main sur d'autres volumes du genre, que je pense à Pete Fromm et son récit sur les Rocheuses, à Thoreau dans les bois ou à Annie Dillard à Tinker Creek. Malheureusement, ma bibliothèque ne les a pas...
Quelques extraits:
"Le Wyomig est un clochard: au lieu des belles granges spacieuses et des demeures victoriennes, on voit des casemates, des remises à ras du sol, des cabanes en rondins, des campements et des palissades - bouts de planches assemblés par miracle. Les gens d'ici sont fiers de vivre dans cet endroit austère qui évoque la légende de l'Ouest - et ils sont bien décidés à ne pas sacrifier leur avenir aux intérêts des compagnies minières."
"L'automne nous enseigne que tout accomplissement est aussi une mort; que la maturité est une forme de déliquescence. Les saules, à force de rester près de l'eau, commencent à rouiller. Les feuilles sont des verbes qui conjuguent les saisons."
Gretel Ehrlich fait allusion au livre Pionniers et Willa Cather au début de son récit. Je l'ai ajouté à ma bibliothèque. Un livre à lire prochainement.





























