29 janvier 2008
Arthur et George
Arthur et George - Julian Barnes ![]()
Mercure de France, 552 pages
Résumé:
" Arthur est en retard pour son rendez-vous avec George Edalji au Grand Hotel, Charing Cross ; des affaires à régler à sa banque l'ont retenu plus longtemps que prévu. Il entre d'un pas vif dans le grand hall, et regarde autour de lui. Il n'est pas difficile de repérer celui qui l'attend : le seul homme au teint foncé est assis de profil à une douzaine de pas. Arthur est sur le point d'aller vers lui et de s'excuser de son retard, quand quelque chose le retient... " Ce quelque chose qu'a vu Arthur va être d'une importance capitale dans l'histoire de George, une histoire bien réelle qui s'est passée en Angleterre à la fin du XIXe siècle. Arthur et George n'auraient jamais dû se rencontrer : origines très différentes, milieux très éloignés, études et caractères à des années-lumière les uns des autres. Et. pourtant... Victime d'une terrible erreur judiciaire, emprisonné plusieurs années, relâché sans explication et sans avoir été innocenté, George, fragile, effacé, maladroit - la victime idéale - va faire appel à Arthur, alors un des hommes les plus célèbres d'Angleterre : c'est en effet le créateur de Sherlock Holmes. A partir de là... Extraordinaire tableau de la société victorienne, ce nouveau roman de Julian Barnes est aussi le plus haletant des thrillers.
Mon opinion:
Avec Arthur & George, Julian Barnes met en lumière un épisode méconnu de la vie d'Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes. Conan Doyle était un homme aux activités très variées. Ce qu'on connaît moins de sa vie, c'est qu'il a aussi suivi les traces de son célèbre détective et pris position dans des affaires criminelles injustement jugées. C'est le cas de l'affaire Edalji. Le roman alterne entre des passages sur Arthur et sur George. Nous les suivons de la petite enfance à l'âge adulte. Ce sont deux histoires complètement différentes, deux destins à l'opposés l'un de l'autre. Ces deux vies fort différentes ne se recouperont qu'au milieu du roman, pas avant. L'affaire Edalji est une sorte d'affaire Dreyfus à la sauce anglaise. La remise en question du jugement entraînera la création de la cour d'appel. Le roman est une sorte de parcours juridique, souvent injuste. La vie de George m'a touchée, alors que celle d'Arthur me donne envie de pousser plus loin ma découverte de cet écrivain que j'ai toujours bien aimé. L'histoire en est une d'innocence et de culpabilité, de jugement et de rédemption. Julian Barnes a puisé dans les archives pour nous offrir deux portraits d'hommes bien différents qui sont à la fois sympathiques et ambigüs, mais surtout terriblement humains.
Arthur & George est pour moi un coup de coeur. Certes, le livre contient quelques longueurs et il n'est pas parfait. Mais il est captivant! J'ai passé de si bons moments de lecture avec ce livre! Les personnages me resteront longtemps en tête et m'ont donnés envie de pousser plus loin la recherche sur Arthur Conan Doyle et sur cette affaire Edalji. Je n'avais pas envie de tourner définitivement ces 552 pages. J'avais envie de prolonger encore un peu le voyage. Il mérite donc amplement son coup de coeur.
Quelques extraits:
"La meilleure façon d'être résigné à son sort est de le vouloir..."
p.243
"Il y a de pire destins, décida George, que d'être une simple note dans l'histoire judiciaire."
p.488
Un petit article intéressant sur l'affaire (avec deux photos d'Arthur et de George)
28 janvier 2008
Sauver Noël
Sauver Noël - Romain Sardou
Éditions XO, 245 pages
Résumé:
Pour sauver Noël, une gouvernante de choc et un petit garçon avisé vont faire alliance contre le Mal... 1854, à Londres. Gloria Pickwick, femme au tempérament énergique, aussi ronde que rousse, est une perle rare : gouvernante, cuisinière, préceptrice des enfants, elle tient la vaste maison de Lord Balmour d'une poigne affectueuse. Aussi regarde-t-elle d'un œil suspicieux leur nouveau voisin, l'étrange baron Ahriman. Mille rumeurs courent le quartier. Qui est ce baron ? Il refuse toutes les invitations, ses volets restent clos... Parfois une diligence tirée par six chevaux noirs conduit des gens chez lui, des gens qu'on ne revoit jamais ! Arrive le 24 décembre. Tous les enfants, des fils de lord aux filles de lingères, se couchent en rêvant au lendemain. Mais le Père Noël ne vient pas. Aucun cadeau au pied des sapins illuminés. Une vague de tristesse submerge Londres. Une maison, et une seule, fait la fête ce jour-là, avec un tapage insolent. Les voisins étranges. C'en est trop pour Gloria, qui prend l'affaire en main. Et Harold, un petit garçon futé, s'engage avec elle dans l'aventure, amenant des renforts insolites : des lutins, une fée, des oies douées de paroles et bien d'autres encore. L'objectif de cette drôle de troupe : sauver Noël ! Si c'est encore possible...
Mon opinion:
Sauver Noël est une sorte de "suite" à Une seconde avant Noël, même si ce n'en est pas vraiment une. Les deux livres peuvent se lire séparément. C'est une jolie histoire, accessible aux adultes comme aux enfants, mais qui n'a pas à mon avis le charme du premier livre. Il est plus court, contient moins de bonnes trouvailles et l'Angleterre Victorienne y est moins abordée. L'arrivée d'Eliot Doe dans le récit est quant à moi une des parties les plus intéressantes! Le personnage de Gloria est singulier, haut en couleurs. Je trouve aussi que la couverture n'est franchement pas très belle...
Malgré tout, c'est une histoire sympathique, mais simpliste. Elle n'a pas la magie d'Une seconde avant Noël...
27 janvier 2008
L'annulaire
L'annulaire - Yôko Ogawa
Actes Sud, 94 pages
Résumé:
Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des "spécimens", tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d’insolites bribes de leur histoire : des ossements d’oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice…
Amputée d’une infime partie d’elle-même depuis un accident du travail, la jeune assistante tombe peu à peu sous le charme du maître de ce lieu de mémoire malsain et fascinant.
Mon opinion:
Yôko Ogawa a le don d'envoûter son lecteur. J'avais beaucoup moins aimé Parfum de glace à l'époque, mais je me reprends avec L'annulaire qui est une plaquette vraiment fascinante. L'histoire ne dit pas tout. On a l'impression de flotter en plein mystère. C'est un texte étrange qui nous est livré, une histoire d'amour presque malsaine. Le livre baigne dans le mystère. Le laboratoire fascine et donne le frisson à la fois. Certaines parties du livre sont vraiment belles (quand la dame apporte au laboratoire une partition de musique par exemple) alors que d'autres parties sont découpées au scalpel, froidement, méticuleusement. C'est un récit un peu flou qui met presque mal à l'aise. Toutefois, l'auteur a le talent de rendre, en quelques phrases, une atmosphère si réelle de froideur, de tension, de mystère, mais aussi de pousser le lecteur à continuer la lecture.
Il n'en reste pas moins une histoire fascinante qui me réconcilie avec l'auteur et me donne envie de pousser plus loin la découverte. J'ai beaucoup aimé ce court récit!
26 janvier 2008
Une collection privée
Une collection privée - Jean de Trezville
Guy Saint-Jean, 184 pages
Résumé:
Le cousin Charles, un chercheur sérieux et sans le sou, hérite subitement d'une fortune considérable lors du décès de son père, collectionneur d'oeuvre d'art pour le moins... particulières. Le défunt laisse également derrière lui une série d'objets précieux témoignant d'un rapport intime entre lui et ses légataires, disséminés sur plusieurs continents. Charles devra les visiter un à un pour leur remettre leur dû, exécutant ainsi les dernières volontés de son père. Le parcours lui permettra non seulement de mieux cerner qui était cet homme visiblement plus attiré par les courbes féminines que par les recherches scientifiques de son fils; mais aussi de découvrir, en compagnie de sa nouvelle flamme, l'attrait de plaisirs sensuels qu'il avait jusqu'ici omis d'explorer.
Mon opinion:
La grande majorité des romans érotiques populaires sont écrits par des femmes. Celui-ci fait donc exception et c'est du point de vue masculin que nous est offert ce court roman. L'originalité réside dans le contexte. Un homme se voit tout à coup héritier d'une fortune considérable. Sa vie change naturellement du tout au tout. Sa nouvelle fortune le voit à la tête d'une colossale collection d'objets d'art pratiquement tous reliés à l'érotisme. C'est cet aspect qui est bien intéressant puisque tout tourne autour des milieux mondains, culturels et des amateurs d'art. Les collections et les objets particuliers sont décrits avec soin ce qui pimente un peu l'histoire. Ils deviennent le point de départ à des aventures coquines et osées. Le point de vue masculin fait différent de ce qu'on lit habituellement. J'aurai aimé que l'auteur poursuive sur sa lancée des différentes visites aux légataires et de ses rencontres, mais j'ai un peu décroché lorsque le narrateur rencontre les amis de sa cousine à Montréal... J'aurais aimé que l'histoire tourne un peu plus autour de l'art et du potentiel que l'auteur tenait d'un sujet pareil pour émoustiller les sens. Malgré tout, l'auteur ne cède pas à la facilité. Les scènes coquines ne sont pas toujours là où nous les attendons...
24 janvier 2008
Pour qui te prends-tu?
Pour qui te prends-tu? - Li Chi
Actes Sud, 154 pages
Résumé:
Convoqué à un conseil de famille mouvementé, Lu Wuqiao, aîné de quatre enfants, est chargé de trouver une solution rapide et efficace aux problèmes de ses frères et sœurs : l’infortunée Lu Zhangzhu, abandonnée par son mari mais qui refuse le divorce ; la délicieuse Lu Wuli, dépendante et immature ; Lu Jianshe, qui gagne sa vie en escroquant les naïfs au bonneteau. Divorcé, en situation précaire, Lu Wuqiao, qui fait face à d’innombrables difficultés professionnelles, tombe, de surcroît, amoureux d’une étudiante semblant vraiment venue d’un autre monde…
Mon opinion:
Ce roman peint un portrait de la Chine qui entre dans l'ère moderne. On voit que les plus âgés ont du mal à comprendre les bouleversements qui les entourent alors que les plus jeunes, dépendent tous un peu des autres. Par son sujet, ce roman m'a un peu fait penser à La cage entrebâillée de Lao She. Le style d'écriture est néanmoins différent. Dans Pour qui te prends-tu? nous sommes témoins de l'évolution des moeurs chinoises, le divorce est chose plus courante, mais difficilement accepté par les familles et les parents âgés. Le travail et les conventions ainsi que la famille est au coeur de l'histoire. Lu Wuqiao est au centre de la famille. Il a "bien" réussis et sera le pourvoyeur des uns, le soutient des autres, celui vers qui ont se tourne pour régler les problèmes. C'est essentiellement sa vie qui nous est racontée.
C'est un roman que j'ai bien aimé puisque l'histoire est racontée avec finesse. C'est court mais en quelques chapitre l'auteur nous parle de la Chine d'un point de vu social et économique et c'est ce qui est intéressant. On voit la différence de classes sociales, la classe ouvrière qui arrive difficilement à joindre les deux bouts (plusieurs sont sans emploi) alors que les plus riches s'enrichissent de plus en plus.
Je relirai assurément cet auteur que je découvre tout juste.
23 janvier 2008
Les 1001 livres qu'il faut avoir lu dans sa vie
Les 1001 livres qu'il faut avoir lu dans sa vie - Collectif
Trécarré, 960 pages
Résumé:
Des Mille et une nuits aux ouvrages les plus contemporains et d'Aragon à Zweig, Les 1001 livres proposent une sélection des romans qui peuvent marquer une vie. «...Ce n'est pas encore tout à fait le paradis de la lecture qui vous est offert aujourd'hui: c'est son programme nécessaire et très précieux, ses échantillons, son délicieux avant-goût. Ouvrez le livre. Un vertige vous prend. Toute la beauté, toute la grandeur du monde, tout ce qu'il y a d'éternel dans notre vie passagère se déroule sous vos yeux...» Jean d'Ormesson
Mon opinion:
Le titre de ce livre épais comme un dictionnaire peut paraître prétentieux, mais c'est un livre qui m'a particulièrement intéressé. Du IXe siècle au XXIe siècle, des Mille et une nuits en passant par Laclos, d'Henry James et des soeurs Brontë, jusqu'à Arto Paasilinna et Ian McEwan, c'est aussi un panorama de la littérature mondiale qui est représentée dans ce livre. Les pages sont en papier glacé, agrémentées de reproductions et de photos d'auteurs. Les grands classiques sont représentés, les auteurs contemporains également. C'est un bon point de départ pour augmenter sa liste de livres à lire, connaître des auteurs inconnus et apprendre à aborder certains classiques. J'ai pris plaisir à feuilleter et découvrir les romans qui en peuplent les pages. J'ai toutefois quelques petits bémols. Ils n'ont pas entravé réellement mon plaisir mais je tiens tout de même à en parler. Certains auteurs reviennent énormément alors que d'autres sont tout juste mentionnés. On peut être en accord ou en désaccord avec certains choix, naturellement c'est très subjectif. La littérature québécoise et canadienne est très peu représentée (on peut compter sur les doigts de la main les oeuvre mentionnées).
Il n'en reste pas moins que ce gros livre est agréable à regarder, à feuilleter, pour piger ici et là quelques bonnes idées à découvrir.
À titre personnel, après cette lecture, ma liste à lire a augmentée de 13 livres. Sur les 1001 présentés, je n'en ai lu qu'une petite quarantaine. Si peu. Mais plusieurs sont de grands classiques et se trouvent dans ma PAL.
Les curieux y trouveront une belle mine d'or! Les illustrations sont intéressantes et les descriptions des livres également!
22 janvier 2008
Le festin des loups
Le festin des loups - Jean-Sébastien Gilbert
JCL, 403 pages
Résumé:
La vie est un long fleuve tranquille pour Samuel St-Germain et Félix Roche, deux collégiens désoeuvrés qui se vautrent jusqu'à l'indécence dans la doucereuse inertie d'une interminable adolescence. Du moins, jusqu'à cette grande vadrouille européenne et la rencontre, en Italie, de l'étonnante soeur Bernadette... et son mystérieux paquet. Voilà que commence alors pour les deux amis, naïfs et malhabiles, une incroyable enquête visant à lever le voile sur un pacte mortel scellé trente ans plus tôt.
Mon opinion:
Voici le premier roman de Jean-Sébastien Gilbert. L'histoire est intéressante. Située dans un cadre religieux et collégial, le roman met en scène deux jeunes qui se cherchent et tentent de se forger une place dans le monde des adultes. Félix et Samuel sont très attachants et l'auteur décrit de façon très réaliste le passage de la vie d'étudiant à celui d'adulte qui doit travailler et se débrouiller hors du cadre familial. C'est un voyage en Europe pour voir le monde qui sera à la base de toute l'histoire. L'intrigue, quoique un peu mince, reste toutefois bien intéressante et nous replonge dans un collège tenu par des Frères dans les années 50. J'aurais aimé que le cadre historique du monde collégial et religieux soit un peu plus abordé. J'ai toutefois eu beaucoup de plaisir à suivre Félix et Samuel. C'est un roman qui se lit très bien, même si le dénouement se découvre un peu trop tôt dans l'histoire. N'empêche que c'est un premier roman bien ficelé, dont le cadre est intéressant. L'auteur se permet une pointe d'humour avec le personnage très singulier et amusant de soeur Bernadette, qui aime la bière et le heavy metal! Elle ne s'impose pas de stricte convention et contourne les règlements si besoin est. Chapeau pour la création d'un tel personnage qui fait sourire, détonne un peu, mais ajoute de la fraîcheur et un peu d'humour à ce polar.
Visitez le site officiel du livre.
21 janvier 2008
Et tout ce qui reste est pour toi
Et tout ce qui reste est pour toi - Xing Xu
De l'Olivier, 217 pages
Résumé:
Pékin. Le narrateur est sommé par le comité de quartier de surveiller l’entrée de l’immeuble. Le voici installé sur un petit banc, où il préfère regarder passer les filles. Une antenne de télévision est volée sous son nez. Il la retrouve quelques jours plus tard sous le bras d’une vague connaissance avec qui il sympathise et qu’il suit dans le milieu marginal des « artistes » pékinois. Jusqu’à ce que tous ces peintres, acteurs et « intellectuels » provoquent chez lui un peu de dégoût et beaucoup d’ennui. Il est temps de changer d’air. À tout hasard il laisse tomber son doigt sur une carte : le Tibet !
Mon opinion:
Je n'arrive pas à parler correctement de ce livre. J'écris quelques phrases, je les efface. Je n'arrive même pas à me faire une idée concrète de ce que j'ai lu, ni si j'ai aimé ou non. Le roman m'a laissé de marbre. Les personnages ne sont pas attachants. Le sujet me laisse froide. La quatrième de couverture parle d'un auteur phare pour la jeune génération. J'imaginais une sorte de Jack Kerouac chinois. J'ai été bien, bien déçue... Certes, le roman se lit bien. Il trace le portrait d'une jeunesse perdue qui n'a pas vraiment confiance dans le système et se tient en marge de la société. Les jeunes du roman rêvent d'une vie de facilités, de menus larcins et de la loi du moindre effort. Ils contestent la société. C'est aussi un portrait de la Chine en changement... Mais pour moi, il manque vraiment quelque chose pour que ce soit vraiment intéressant. J'ai ouvert le livre, je l'ai refermé. Et il ne m'en reste rien.
Danaée a lu ce roman et en parle beaucoup mieux que moi.
17 janvier 2008
Lointains hivers
Lointains hivers - Mario Rigoni Stern![]()
Mille et une nuits, 59 pages
Résumé:
Un homme se prépare à l'arrivée de l'hiver. Déjà il lit les signes de la nature et se souvient des lointains hivers de sa vie. Tous différents, ils avaient en commun la préparation fébrile et méthodique pour mieux surmonter leur rudesse: la coupe du bois, les conserves, les provisions de polenta, la distillation de la grappa. L'hiver, c'est le moment privilégié du repli chez soi et sur soi. Dès lors, sa mémoire vagabonde entre passé et présent, entre souvenirs de guerre douloureux et moments d'enfance joyeux.
Mon opinion:
Voici un tout petit livre vraiment merveilleux! L'écriture de Mario Rigoni Stern est si simple et si évocatrice à la fois. Avec douceur, il parle de l'hiver qui approche, des hivers de sa vie. Tous les détails qui mènent à l'hiver, à la préparation de la froide saison, à une vie simple qui trouve tout son sens dans les petites choses. L'hiver arrive. Que ce soit pendant la guerre, durant les années plus fastes qui l'ont précédées ou à l'après-guerre, il faut se préparer à affronter le froid, la faim, préparer la maison, les provisions. L'auteur m'a tout de suite été sympathique. Il me rappelle vaguement Sue Hubbell et son Année à la campagne. En plus court. Mais l'amour de la nature et la place de l'homme dans son univers est le même. L'idée de survivre avec ce qui nous entoure. Un petit livre qu'on découvre avec plaisir, beaucoup trop court à mon goût, mais rempli de douceur. J'ai tout de suite envie de me jeter sur tout ce que l'auteur a écrit. Une très belle découverte, à lire de préférence assis au coin du feu.
Quelques extraits:
"À présent, l'hiver approche de jour en jour, réveillant mille souvenirs. Ce sera comme retomber en enfance, comme écouter d'innombrables voix. [...] Aujourd'hui, dans l'eau de pluie recueillie sous les gouttières qui descendent du toit, je vois également toutes les neiges lointaines que le soleil a fait fondre et ramenées jusqu'ici."
p.8
"La neige incline à la mélancolie."
p.9
"Dans le nord du continent asiatique, de la Corée à la Sibérie, ou dans les villages reculés, au Canada, en Alaska ou en Patagonie, quand les journées sont longues, on travaille pour se préparer à affronter ces longues nuits où la Bible, Homère, Tolstoï, Shakespeare, voire Mozart, seront lus à la faible lueur d'une lampe."
p.45
"Quand le corps va bien l'esprit suit. Mais l'esprit aussi a besoin de se nourrir, et pour l'hiver qui vient préparons-nous à lire ou relire un bon livre."
p.55
16 janvier 2008
Sept hivers à Dublin
Sept hivers à Dublin - Elizabeth Bowen
Anatolia / Le Rocher, 82 pages
Résumé:
"Petite fille, je croyais que c'était toujours l'hiver à Dublin et que l'été ne finissait jamais dans le comté de Cork."
Fille unique de parents anglo-irlandais, Elizabeth Bowen vit le jour à Dublin, au mois de juin 1899. Son enfance fut partagée entre la résidence d'hiver dublinoise et Bowen's court, demeure estivale et propriété des Bowen depuis son établissement en Irlande sous Cromwell.
Ce livre est le récit de ses sept premiers hivers à Dublin, vus à travers les yeux d'une enfant qui ne sut lire qu'à sept ans et dont l'imagination n'était nourrie que par ce qu'elle voyait et entendait.
Mon opinion:
Je n'avais jamais lu de livres d'Elizabeth Bowen. Celui-ci est un peu différent de ses romans. Il s'agit en fait d'un collage de souvenirs d'enfance. Enfant unique, c'est entre la nursery, ses promenades avec ses gouvernantes et la relation avec ses parents que se créent la majorité de ses souvenirs de jeunesse. Avant d'avoir pu ouvrir et lire un livre, c'est en observant ce qui l'entoure qu'Elizabeth commence à forger ce qui deviendra ses romans.
Cette petite plaquette n'est pas dépourvue d'intérêt puisqu'elle nous permet de visiter la ville de Dublin au début des années 1900. Naturellement, tout passe à travers les souvenirs d'une enfant. Cependant, c'est très court, peint par petites touches et les lecteurs qui connaissent déjà Bowen y trouveront probablement plus de plaisir que les autres.










