La bibliothèque d'Allie

Bienvenue dans ma bibliothèque! Auteurs, critiques, extraits, dossiers, liens, etc. De tout pour vous donner le goût de lire!

31 mars 2008

Tout ce qui brille

tout_ce_qui_brilleTout ce qui brille - Jennifer Tremblaycoup_de_coeur

Éditions de la Bagnole, 150 pages

Résumé:

Une jeune mère s'exile pour écrire. Elle entame deux manuscrits, achève deux lettres d'amour, et tient un journal de voyage, dans lesquels elle prend à témoin son mari, seul et unique lecteur de ce réquisitoire contre l'abandon. Ces écrits épars constituent un récit à la fois intime et imaginaire, éclaté et fragmenté, fidèle reflet des personnages mis en scène par une narratrice aussi empathique qu'impitoyable.

Mon opinion:

Une jeune mère de famille s'exile loin de son conjoint et de ses enfants. Sa relation avec Alexandre bat de l'aile. Elle lui écrit, lui envoie une vieille lettre d'amour et deux manuscrits pour tenter d'expliquer pourquoi elle sent le besoin de partir. Les manuscrits parlent de sa grand-mère et de son père, de leur vie, du temps qui a érodé les petits bonheurs et de leur déchéance. Les figures de femmes, surtout, dans les histoires de Jennifer Tremblay ne sont jamais très heureuses. Elles portent souvent le poids de leurs responsabilités, des enfants, du conjoint, de la maison, de la famille, jusqu'au moment où tout craque et qu'elles doivent agir différemment.
Je constate que l'écriture de l'auteur me plaît de plus en plus. J'avais adoré La liste, j'ai tout autant aimé ce roman un peu étrange constitué d'écrits singuliers qui, mis bouts à bouts racontent une histoire. Avec une économie de mots remarquable, elle met en place un univers complexe, les maux, les rares joies et la tristesse d'une galerie de personnages. Ses mots me troublent et m'apaisent à la fois. Un univers qui reste longtemps en tête, une écriture sobre qui ne raconte que l'essentiel, tout en racontant tout. J'adore!

"Je te laisse pour retourner à mon exil, au silence désespérant de cet exil. J'ai tant voulu être toujours parfaite et je n'aurai finalement été que déçue et décevante. Je te demande pardon."
p.21

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30 mars 2008

Rouge-Babine, vampire détective

rouge_babineRouge-Babine, vampire détective - Lili Chartrand, illustration de Marie-Pierre Oddoux

La courte échelle, 131 pages

Résumé:

Rouge-Babine est une vampire. Elle vit à Brumenoire, un village caché, protégé des chasseurs de vampires, d'où elle ne peut sortir. Rouge-Babine adore lire les aventures de Sherlock Holmes. Elle rêve de mener des enquêtes comme son détective préféré. Mais la vie à Brumenoire est si routinière, c'est le dernier endroit au monde où pourrait survenir une énigme à résoudre. Et pourtant... Près de la forêt, Rouge-Babine découvre un tas de cendres où un V a été tracé. C'est la marque du chasseur de vampires! On dit qu'il a déjà tué plus de quarante vampires. Qui peut bien être la victime? Et comment le chasseur a-t-il réussi à s'approcher du village?

Mon opinion:

Rouge-Babine a 150 ans, mais l'apparence d'une frêle adolescente. Sa meilleure amie est une vieille sorcière toute ridée qui devient d'une beauté enchanteresse le jour, mais que personne, hélas, ne peut admirer car c'est bien connu, les vampires ne sortent que la nuit! Rouge-Babine, c'est une vampire attachante qui trouve sa vie morne et se plonge avec délices dans les aventures de Sherlock Holmes. Elle rêve à son tour de faire des enquêtes, qui donneraient un sens à sa vie. Il faut dire qu'à Brumeboire, c'est plutôt tranquille...
L'histoire est vraiment amusante. Les personnages de cette première aventure de Rouge-Babine sont drôles, loufoques, parfois inquiétants. Le décor est bien planté. Tout ce qu'on retrouve normalement comme caractéristiques chez les vampires - n'aiment pas l'ail, la lumière du jour, l'eau bénite - sont présents. Donc pas de nouveautés de ce côté. Cependant, l'endroit qu'est Brumenoire est intéressant. Le fonctionnement de la petite communauté de vampires, sorcières et loups-garous aussi. Et une vampire qui devient détective, c'est différent aussi!
Vivement d'autres aventures, c'est une lecture bien amusante!

Posté par Allie à 10:44 - Jeunesse - Commentaires [7] - Permalien [#]

29 mars 2008

Auprès de moi toujours

aupres_de_moi_toujoursAuprès de moi toujours - Kazuo Ishiguro

Folio, 440 pages

Résumé:

Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d'adultes.

Mon opinion:

Comment bien parler de ce livre sans en dire trop et gâcher tout le plaisir? Ce roman est construit en trois parties. La première parle de Hailsham et de la vie là-bas. La seconde parle de la vie aux Cottages et la troisième partie, du travail d'accompagnant et de la vie après Hailsham et les Cottages. Tout ça ne vous dit probablement rien du tout si vous n'avez pas lu le livre et c'est normal. L'auteur nous décrit un endroit étrange, mystérieux, un monde anticipé, mais qui se trouve toutefois dans le passé, soit dans les années 1990. J'ai aimé ma lecture. J'ai apprécié tout ce qui est soulevé dans le roman. Je ne reproche qu'une chose à ce livre: ses longueurs. Surtout le milieu, qui s'éternise un peu. Est-ce à l'image des vies des personnages qui sont si vides de sens?
C'est un livre qui plaira beaucoup ou alors pas du tout. J'ai beaucoup aimé, pour la construction de l'histoire et la réflexion qu'elle impose.
L'auteur nous tient intentionnellement dans l'incompréhension. Le style est méthodique, tranché. Kath nous raconte ce qui s'est passé avec une sorte de détachement qui donne froid dans le dos. Elle relate des faits. Ne remets pas grand chose en question et nous expose simplement sa vie et celles des autres jeunes d'Hailsham. L'auteur nous tient dans le secret jusqu'à la fin de la première partie. On ne sait pas trop de quoi il parle, mais on écoute ce que Kath a à nous raconter. Puis, tout à coup, les pièces du casse-tête se mettent en place pour révéler une étonnante histoire d'anticipation. Ce roman soulève une question importante sur notre société de progrès, de contrôle. J'ai été bouleversée par ce qu'on apprend dans la troisième partie. C'est une vision effrayante sur laquelle on pourrait discuter longtemps. Si on s'attarde à ce que l'auteur nous offre comme tableau, on peut se demander comment tout ça serait disposé dans la "vraie" vie. Est-ce qu'en tant que société on pourrait accepter que des endroits comme Hailsham existent un jour? Au train où vont les choses, la réponse me fait malheureusement bien peur...

Un gros merci à Loutarwen qui m'a offert ce roman. Il me donne envie de lire à nouveau Ishiguro!

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28 mars 2008

La saga des émigrants tome 1: Au pays

saga_emigrants_1La saga des émigrants tome 1: Au pays - Vilhelm Mobergcoeur

Gaïa, 314 pages

Résumé:

Voici l'histoire des premiers pionniers suédois partis conquérir l'Amérique et comment leur vint l'idée de s'expatrier. Kristina et Karl Oskar, jeune couple héritier d'une terre aride qui ne parvient guère à nourrir leur huit bouches de la maisonnée. Robert, le frère de Karl Oskar, un contemplatif qui aspire à la liberté, mais placé comme valet de ferme alors qu'il ne rêve que de l'Amérique. Son compagnon d'infortune, Arvid L'illuminé Danjel Andreasson, digne héritier de son ancêtre condamné pour hérésie. Et la catin du village, Ulrika de Västergöhl, dont on se détourne quand on la croise, mais qu'on vibre de visiter la nuit, incognito...

Mon opinion:

Je viens de tourner la dernière page de ce premier tome de 8 (en grand format) de La saga des émigrants de Vilhelm Moberg et je suis impatiente de lire la suite! Comme je dois les commander à la bibliothèque nationale et que le délai est parfois long, mes billets sur cette saga s'échelonneront sur plusieurs mois. J'espère simplement ne pas perdre le fil, puisqu'il s'agit d'une saga vraiment captivante!
Vilhelm Moberg a un don de conteur indéniable. On entre dans ce monde aride, difficile, de la Suède du milieu du XIXe siècle, où les premiers paysans, usés et épuisés par le travail de la terre qui ne donne rien, décident de quitter leur pays... sans savoir que dans les années qui suivront, ils seront plus d'un million de Suédois à faire la même chose. Certains passages m'ont émue. Je me place dans la peau de ces hommes et de ces femmes qui, avec tant de bouches à nourir, trop d'heures de travail et si peu en retour, voient leur vie tomber dans un gouffre. Que fait-on lorsqu'on réalise qu'on a trop peu, qu'on est responsable d'enfants en bas âge qui meurs de faim et qu'on doit faire quelque chose. La décision de partir pour une terre inconnue, pleine de promesses se profile au bout du chemin... L'impasse dans lequel ils sont, la rudesse de la vie qui les mets à l'épreuve chaque jour. Il n'y a pas de place dans cette vie pour des gens rêveurs, comme Robert, qui veulent pouvoir profiter un peu des bonnes choses de la vie, sans avoir à se tuer à la tâche pour au fond, pas grand chose. Cette saga est une histoire d'espoir, d'amour, de la recherche d'une vie meilleure. C'est un témoignage sensible sur les millions d'émigrants partout dans le monde qui, à une époque, ont choisi de partir avec l'espoir de trouver une vie meilleure. Une vie à la hauteur de ce qu'ils croyaient avoir droit pour tout le travail accompli. Les mots de Moberg nous accompagnent tout au long de la vie de ces familles, de leurs questionnement, de ce qui les poussera à partir. Lorsqu'on prend finalement la décision, il faut penser au départ, à la préparation, au voyage. Mais les désillusions ne sont jamais bien loin...
J'ai adoré! Vraiment! Ces 314 pages se lisent toutes seules. On côtoie les personnages comme de vieux amis. On vibre avec eux au fil des pages. Je ne peux que vous conseiller ce merveilleux livre. Vivement que je reçoive la suite! Robert, Arvid, Kristina, Karl Oscar et leurs enfants me manquent déjà...
Un gros gros coup de coeur pour le premier tome de cette série. Je sens que la suite me plaira tout autant!

À noter que la Saga des Émigrants a été élue "Meilleur roman Suédois de ce siècle".

Quelques extraits:

"Chaque jour de ces trois années, Kristina et lui avaient trimé sans ménager la sueur de leur front. Ils avaient espéré que leur sort s'améliorerait et il avait empiré. Mais ils ne pouvaient rien au temps qu'il faisait, pas plus qu'à ce qu'il advenait du bétail. Karl Oskar pensait qu'ils se tireraient d'affaire s'ils restaient en bonne santé et conservaient toutes leurs forces, afin d'être capables de travailler. Il était maintenant obligé d'admetter que l'homme ne peut assurer son salut par le travail, sur cette terre."
p.42                              

"Les deux époux étaient maintenant d'accord: ils allaient chercher un bateau sur lequel embarquer le printemps suivant. Leur décision était prise. Elle allait influer sur le cours futur de leurs existence, à tous deux, mais aussi de celle de leurs enfants. À travers ceux-ci, elle se répercuterait dans les temps et les générations à venir. En la prenant, ils choisissaient l'endroit où naîtraient, un jour, leurs petits-enfants et les enfants de leurs petits-enfants."
p.185

"Une seule fois, Nils lui dit sur un ton de doux reproche:
-Tu emmènes bien du monde avec toi.
-On va être six.
-Plus que ça. Tu oublies de compter tes descendants."
p.215

Un roman indispensable. À lire absoluement!

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27 mars 2008

La boîte à bonheur

boite_a_bonheurLa boîte à bonheur - Charlotte Gingras, illustrations de Stéphane Jorischcoup_de_coeur

La courte échelle, 62 pages

Résumé:

Le piano est parti. Et le grand sofa fleuri. Avec le lit des parents. Et on est partis aussi. Un déménagement monstre. La veille, j'avais entendu mon père dire à maman, d'une voix sans réplique: "On vend le piano et quelques meubles. On sera trop à l'étroit dans le nouvel appartement."
Clara est chamboulée par le déménagement. Puis, il y a son père qui ne dort plus dans la même chambre que sa mère. Elle se met à la recherche du piano, dans l'espoir de retrouver du même coup de bonheur perdu...

Mon opinion:

Ce petit roman, paru dans la collection Mon roman (intimiste), est vraiment magnifique. Clara vit dans une grande maison jusqu'au jour où ses parents déménagent dans un minuscule appartement. Ils vendent le piano. Placent la grand-mère dans un centre d'accueil. Ne la visitent plus. Son père a une relation avec une collègue et un soir, il part. La colère et la tristesse gronde au quotidien et la petite Clara tente de se débrouiller avec la vie qui n'amène que pleurs et incompréhension. Sa mère a trop de chagrin, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même...
Clara aimait mieux la vie d'avant. Quand la famille vivait toute ensemble dans la grande maison. Quand le piano était toujours là, tout allait bien. Elle part donc en quête du piano. C'est un roman sur la famille qui éclate, sur la recherche du bonheur. Le langage utilisé par Charlotte Gingras parle au jeune lecteur. Clara raconte son histoire, ses sentiments. C'est émouvant. C'est bien écrit. Le cas de Clara est malheureusement le lot de bien des enfants d'aujourd'hui. Ce petit roman le raconte bien. Il parle des sentiments et de ce qu'on a le droit de ressentir. Surtout, il parle du bonheur. Qui malgré tout, est bien là, quelque part.
J'ai beaucoup aimé. Il s'agit d'un de ces romans sur un sujet sensible, qui est drôlement bien fait. À lire.

Quelques extraits:

"Je raconte que le piano était peut-être la meilleure partie de nous-mêmes et que, avec son départ, des ombres malfaisantes se sont glissées entre nous."
p.43

"Il dit que les enfants ne peuvent pas comprendre à quel point la vie des adultes est compliquée, étrange, même à leurs propres yeux. Que parfois la vie ressemble à une descente en canot pleine d'embûches, que le canot renverse et coule.
Et moi? Savent-ils ce qu'ils me font, à moi, les adultes?"

p.48

À partir de 10 ans.

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26 mars 2008

Le vent tout autour

vent_tout_autourLe vent tout autour - Pierre Labrie

Éditions de la Bagnole, 56 pages

Résumé:

Un adolescent, une adolescente. Que le rejet du monde unit. Et qui s'aiment, en marge de tout. Une poésie qui contient la ferveur, l'idéal, l'énergie, prête à exploser, de l'adolescence. Des mots de bombes en aérosol. C'est le chant du poète en opposition à la dureté du monde, et dont l'écho résonne contre les parois de l'indifférence.

Mon opinion:

Ce court recueil de poésie raconte en fait une seule et même histoire à travers tous les poèmes. On peut donc suivre la rencontre de deux adolescents, leur amour naissant, puis leur besoin d'être ensemble, envers et contre tout, de réinventer un monde qui les abandonne et de se faire une place au soleil. L'auteur raconte bien l'exaltation et les sentiments adolescents, les rêves, les visions d'avenir, l'envie de faire mieux que ceux qui nous ont précédés. À l'adolescence, on a l'impression que l'on peut tout faire alors que la suite est souvent désenchantement...
La poésie de Pierre Labrie est rafraîchissante. On (re)plonge dans notre adolescence pour ressentir à nouveau l'emballement des sentiments qui caractérise bien cette période.
Je lis peu de poésie, mais j'ai beaucoup aimé ce livre de Pierre Labrie, qui me semble très accessible. Une jolie découverte qui saura toucher les adultes comme les adolescents. Décidément, les Éditions de la Bagnole ont une ligne éditoriale qui me plaît beaucoup!

Un extrait:

"il y aura peut-être quelque chose qui traversera la mer
sous la paume de tes yeux
déposée à plat
sur ce qui restera de la mémoire
peut-être quelque chose qui ne reviendra plus
qui se plaira de l'autre côté
qui ne reviendra plus"

P.11

Le blog de l'auteur (en construction)

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25 mars 2008

Une ombre au tableau

ombre_au_tableauUne ombre au tableau - Josée Plourde

La courte échelle, 93 pages

Résumé:

Au début, c'est moi qui ai eu l'idée de la fresque. Une fresque immense et colorés que nous aurions peinte, mon amie Anne et moi, dans le hall de notre école. Nous avons vite compris que le projet était un peu ambitieux... et que nous aurions besoin de l'aide d'un expert. C'est ainsi que nous avons rencontré Astrid Verner, une artiste qui vit à Val-des-Baies. Elle a huit chats et ils portent tous des noms de peintres célèbres. Mais c'est aussi comme ça que nous nous sommes retrouvées mêlées à cette histoire absolument incroyable...

Mon opinion:

Dans ce roman nous retrouvons Claude et Anne, que nous avons suivies dans le roman Sur les traces de Lou Adams. Les deux filles se retrouvent cette fois face à un mystère entourant le monde de la peinture, le vol d'un tableau et l'étrange comportement d'Astrid.
Toujours intéressant, l'univers des deux filles peint par Josée Plourde nous offre une galerie de personnages sympathiques et un univers toujours captivant! Les deux filles vivent à Val-des-Baies, un village qui offre son lot de mystères...
Même si j'ai préféré Sur les traces de Lou Adams, les jeunes lecteurs seront ravis de retrouver Claude et Anne et de poursuivre l'aventure et l'enquête avec elles. Josée Plourde (texte) et Doris Barrette (illustrations) font une belle paire, leur travail se complète à merveille! Vivement la prochaine aventure!

À noter qu'il existe un premier tome aux aventures des deux filles, Claude en duo. Les histoires peuvent se lire séparément, mais il est toujours agréable de suivre d'un livre à l'autre l'évolution des mêmes personnages.

À partir de 9 ans.

Posté par Allie à 09:28 - Jeunesse - Commentaires [3] - Permalien [#]

24 mars 2008

Sur les traces de Lou Adams

sur_les_traces_lou_adamsSur les traces de Lou Adams - Josée Plourde

La courte échelle, 88 pages

Résumé:

Je suis au cimetière avec mon amie Anne. Pendant qu'elle s'éloigne du côté de la tombe de son père, moi je me promène en lisant les épitaphes sur les pierres. Certaines sont très anciennes. Tiens, celle-ci: "1850-1899. Lou, ta main dans la mienne dans le val aux fraisiers. Adieu encore. V.F.A. et A." C'est la tombe d'un dénommé Lou Adams. Une histoire d'amour, peut-être... Je ne sais pas pourquoi, ces quelques phrases m'intriguent. Quelque chose de familier... Pourtant, Lou Adams, ça ne me dit rien. Mais le val aux fraisiers, je crois connaître. Je sens qu'il y a un mystère là-dessous.

Mon opinion:

Claude et Anne sont deux jeunes filles particulièrement attachantes. Elles sont de grandes amies, presque des soeurs, aiment les gâteaux et les gourmandises, se passionnent pour les mystères et ont en commun d'avoir toutes deux perdues leur père. C'est d'ailleurs ce chagrin qui les a réunies. Elles ont l'habitude de se rendre sur la tombe du père de Claude, puis partiront dans la ville voisine pour offrir à Anne l'occasion de voir la tombe du sien. C'est à partir de là que tout commence...
Ce roman jeunesse aborde le deuil, principalement le chemin qui mène à la guérison et à l'acception de la perte de l'autre, tout en offrant aux jeunes lecteurs une quête et un roman mystérieux. Le roman est particulièrement bien écrit, l'histoire tien bien la route, les personnages sont attachants. En plus de proposer une histoire mystérieuse et une quête, le roman se complète en abordant le sujet douloureux du deuil. Je le conseille tout particulièrement aux jeunes lecteurs qui devraient apprécier.

Les magnifiques illustrations de la couverture et du roman sont de Doris Barrette.

Un extrait:

"La présence de ceux qui ont disparus, je pense que c'est dans la puissance de notre souvenir qu'on la retrouve, dans ce qu'ils nous ont laissé de leur façon d'être et de faire."
p.46

À partir de 9 ans.

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21 mars 2008

Le liseur

liseurLe liseur - Bernhard Schlinkcoeur

Folio, 242 pages

Résumé:

A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ? "

Mon opinion:

J'ai débuté ce roman avec un a priori: je m'attendais à trouver une sorte de Lolita au masculin. Il n'en est rien. Après quelques pages, je me suis laissée happée par l'histoire et je n'ai déposé le livre qu'en fermant la dernière page. Le roman est construit en trois parties. La première nous parle de la rencontre avec Hanna et de la relation, pas toujours très saine, qu'elle entretient avec Michaël. La seconde partie nous plonge dans le procès d'Hanna. Entre compréhension et condamnation, Michaël remet en question sa relation avec Hanna, sa position face à ce qu'il découvre sur cette femme qu'il a tant aimée et qui le hante toujours. La troisième partie serait en quelque sorte reliée à la rédemption, au pardon, à la guérison. Le roman parle du nazisme et des camps de concentration, vu par la génération qui suit la fin d'une époque. Les jeunes condamnent leurs parents pour les crimes passés. La notion de responsabilité et de culpabilité est abordée. Avons-nous une responsabilité collective pour les crimes posés contre l'humanité par les générations qui nous ont précédées? Sommes-nous coupables de nos silences? Michaël (et sûrement l'auteur aussi) remet en question tout un comportement collectif, une vision du passé et du futur. Certains passages qui concernent Hanna m'ont beaucoup troublée, m'ont touchée. Les découvertes que Michaël fait sur Hanna, son comportement qu'il comprend peu à peu, m'ont parfois émue, parfois amenée à me questionner.
Le liseur est un roman qui parle de livres, de lectures, mais aussi de relations humaines, de l'histoire passée de tout un peuple. C'est un livre qui, écrit simplement, remue beaucoup de choses. Hanna est un personnage important qui amène son lot de questionnement.
Un gros coup de coeur pour ce livre, que je vous conseille fortement et que je relirai. À découvrir!

Quelques extraits:

"Pourquoi? Pourquoi ce qui était beau nous paraît-il rétrospectivement détérioré parce que cela dissimulait de vilaines vérités? Pourquoi le souvenir d'années de mariage heureux est-il gâché lorsqu'on découvre que, pendant tout ce temps-là, l'autre avait un amant? Parce qu'on ne saurait être heureux dans une situation pareille? Mais on était heureux! Parfois le souvenir n'est déjà plus fidèle au bonheur quand la fin fut douloureuse. Parce que le bonheur n'est pas vrai s'il ne dure pas éternellement? Parce que ne peut finir douloureusement que ce qui était douloureux, inconsciemment et sans qu'on le sût?"
p.48

"Je me demande ce que doit faire en vérité ma génération, celle de gens vivants à une époque ultérieure, des informations sur les atrocités de l'extermination des Juifs. Nous ne devons pas nous imaginer comprendre ce qui est inconcevable; nous n'avons pas le droit de comparer ce qui échappe à toute comparaison; nous n'avons pas le droit de questionner, car celui qui le fait, même s'il ne met pas les atrocités en doute, en fait néanmoins un objet de communication au lieu de les prendre comme une chose devant laquelle on ne peut que s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité."
p.118

Ce livre a été lu pour le challengeabc2008

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19 mars 2008

Le balai magique

balai_magiqueLe balai magique - Chris Van Allsburg

École des loisirs, 28 pages

Résumé:

Les balais des sorcières ne durent pas éternellement. Même les meilleurs d'entre eux, un jour ou l'autre, finissent par perdre leur pouvoir et ne peuvent plus voler...

Mon opinion:

Quel album merveilleux! Après l'incontournable Boréal Express du même auteur que je ne peux que vous conseiller, ce Balai magique est une sorte de conte absoluement merveileux! L'album est sobre, monochrome, où l'on voit bien le grain du trait. La sorcière est en fait peu présente dans l'histoire. Elle est le déclencheur, mais on ne la revoit presque pas. C'est vraiment son balai qui devient le personnage principal du conte. Ce livre devrait plaire aux enfant et se prête bien à une lecture à haute voix. L'histoire est magique, elle fait sourire. J'ai remarqué que dans le cas des deux albums de Chris Van Allsburg que j'ai lu, le format du livre s'adapte à son sujet. Tout en longueur (qui rappelle le train) pour le Boréal Express, et tout en hauteur (qui rappelle le balai) pour le Balai magique. Une très belle histoire, à découvrir!

À partir de 6 ans.

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