La bibliothèque d'Allie

Bienvenue dans ma bibliothèque! Auteurs, critiques, extraits, dossiers, liens, etc. De tout pour vous donner le goût de lire!

17 avril 2008

Je tire ma révérence

Après cinq ans de mises à jour régulières, ce blog ferme ses portes. Je le laisse en ligne car il y a beaucoup de contenu. Je me laisse du même coup une porte ouverte au cas où, même si je ne crois pas revenir. Toutefois, pour le moment, je préfère me retirer de la blogosphère et passer plus de temps dans la « vraie » vie. Comme tout le monde, j’ai un travail, une famille, des loisirs autre que littéraires et l’envie de mettre à jour ce blog n’est plus. Je veux du temps pour moi, pour ma maisonnée, pour lire ce que j’ai envie (sans toujours avoir en tête un éventuel billet et un carnet de notes à portée de main), pour jardiner, cuisiner et pratiquer mon violon. Je me sens obligée de parler de toutes mes lectures puisque ce blog était à la base un journal pour garder une trace de ce que je lisais. Je croule sous les courriels et j'ai du mal à gérer tous les commentaires. L'ampleur que ce blog a prit avec les années me dépasse. L’envie n’est plus là. Je conserve mon forum, qui me permettra d’échanger avec d’autres lecteurs. Je viendrai visiter les blogs des autres, de temps en temps.

Je tire donc ma révérence. Je voudrais remercier tous les visiteurs depuis cinq ans, tous ceux qui ont laissé un commentaire ou qui m’ont envoyé un courriel. Des liens avec certains d’entre vous se sont créés et j’ai apprécié ces échanges. J’espère qu’ils se poursuivront. Mon courriel est toujours valide : lemondedallie@hotmail.com

Un dernier remerciement aux éditeurs et à leurs collaborateurs, qui m’ont toujours fait confiance. Ils se reconnaîtront.

Allie.

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14 avril 2008

Vingt-quatre mille baisers

vingt_quatre_mille_baisersVingt-quatre mille baisers - Françoise De Lucacoup_de_coeur

Marchand de feuilles, 102 pages

Résumé:

Les nouvelles de Vingt-quatre mille baisers explorent la genèse de l'amour. Des petits abandons de l'enfance aux femmes enchanteresses en passant par les élans littéraires qui font voyager, ces textes brefs nous offrent les talismans du coeur et posent une grande question hypnotique: Comment devient-on qui on est? Avec en filigrane la chanson italienne. Un baume pour le myocarde.

Mon opinion:

J'adore les nouvelles, surtout lorsqu'elles sont magnifiquement bien écrites. C'est le cas de ce tout petit livre absolument merveilleux. Ce recueil est rempli de souvenirs, de douceur, de tendresse. L'auteur joue avec la musique des mots et nous offre en arrière-plan son amour de la musique italienne et sa passion des livres qui plane toujours, quelque part, au-dessus des histoires qu'elle nous raconte. Son écriture est chaleureuse. Apaisante. J'ai lu et relu certains passages. J'aurais eu envie de partager avec vous plusieurs extraits. Elle parle de ce qui nous défini en tant que personne: notre vécu, nos émotions, notre langue, notre origine. L'auteur est italienne, a vécu en France et vit maintenant au Québec. Elle partage avec le lecteur sa passion des mots et la confrontation des cultures. Ses phrases sont choisies avec soin. Elle raconte tout, en si peu de mots. Sa façon d'évoquer les souvenirs m'a plu. Sa façon de capter l'instant fugace qui change tout, le petit moment de bonheur, est prodigieux. On en voudrait encore.
La magnifique couverture qui m'a tout de suite attirée est de Madelaine Adelaide. Je trouve, d'ailleurs, que les couvertures choisies au Marchand de feuilles sont toujours jolies et originales.
À noter que Françoise De Luca est l'auteur d'un roman, Pascale, que je compte bien lire!

Deux petits extraits:

"Le premier amour, ce n'est pas juste un amour, c'est l'éternité."
p.24

"J'aime les livres neufs, leur épaisseur compacte, leur odeur. J'aime m'émerveiller de ce qu'ils ne disent pas encore. Ouvrir un livre neuf, c'est comme marcher dans la neige qui n'a pas encore été foulée."
p.41

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13 avril 2008

Le vieil homme et la mer

vieil_homme_et_la_merLe vieil homme et la mer - Ernest Hemingway

Folio, 148 pages

Résumé:

« Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, je n'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ça m'est égal lequel de nous deux qui tue l'autre.
Qu'est-ce que je raconte  ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson. »

Mon opinion:

Le roman raconte l'histoire d'un vieux pêcheur pauvre et de Manolin, un jeune qui l'appelle "grand-père" et qui a appris à pêcher grâce à lui. Ils n'ont pas pris de poissons depuis très longtemps et les parents de Manolin décident de l'envoyer sur un autre bateau. Le vieil homme partira seul au large avec l'intention de pêcher un poisson, un gros, qui lui amènera l'admiration des autres pêcheurs.
Ce court roman qui a fait connaître Hemingway et lui a apporté la consécration nous plonge littéralement dans la mer, avec le vieil homme. La vie de pêcheur n'est pas facile et les images véhiculées par le livre sont très fortes. Le vieil homme doit se battre pour survivre, même si sa condition physique n'est pas à son meilleur. La mer - et les requins - peuvent être sans pitié pour l'homme qui va à la pêche, même si la mer est toute sa vie. Ce livre peut être interprété de différentes façons, qu'on soit jeune ou vieux. Je crois qu'une relecture dans quelques années pourrait être agréable. L'histoire est en quelque sorte une métaphore de la vie et des embûches que l'on doit traverser.
Le roman est construit comme un monologue. Le vieil homme étant seul sur son bateau, il dialogue avec lui-même pour ne pas devenir fou et sentir un peu de compagnie avec lui.
Le vieil homme et la mer c'est aussi un roman sur la vieillesse, sur les générations et la belle amitié qui lie le jeune homme et le vieux. Manolin est tendre et respectueux envers le vieux, il en prend bien soin et cette relation est touchante, exclusive et rare.
Un court roman qu'on se doit d'avoir lu.

Quelques extraits:

"Le vieil homme était maigre et sec, avec des rides comme des coups de couteau sur la nuque. Les taches brunes de cet inoffensif cancer de la peau que cause la réverbération du soleil sur la mer des Tropiques marquaient ses joues; elles couvraient presque entièrement les deux côtés de son visage; ses mains portaient les entailles profondes que font les filins au bout desquels se débattent les lourds poissons. Mais aucune de ces entailles n'était récente: elles étaient vieilles comme les érosions d'un désert sans poissons."
p.8

"Il prononça alors: "Je voudrais bien que le gosse soit là. Il m'aiderait. [...] On ne devrait jamais rester seul quand on est vieux, pensa-t-il. Mais c'est inévitable."
p.54

"Il se souvint de l'angoisse qui s'empare dans leur petite barque de certains pêcheurs, à l'idée de perdre la terre de vue. Ils n'avaient pas tort, car il y a des saisons où le gros temps fond sur vous sans crier gare. Mais on avait passé ces saisons-là. On était à présent dans la saison des ouragans; quand il n'y a pas d'ouragan en train, c'est le plus beau temps de l'année."
p.72

"Peu avant la tombée de la nuit, alors qu'ils passaient à proximité d'un grand îlot d'herbe des Sargasses qui se soulevait et ondulait dans la houle comme si la mer faisait l'amour sous une couverture jaune, une dorade mordit à la petite ligne de l'arrière. Le vieux l'aperçut quand elle sauta. Elle se tordait, elle donnait de furieux coups de queue. C'était un vrai lingot d'or dans le soleil rasant."
p.87

À noter que ce livre a remporté le Prix Pullitzer en 1953 et le Prix Nobel de Littérature en 1954.

Ce livre a été lu pour le challengeabc2008

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11 avril 2008

La saga des émigrants tome 2: La traversée

saga_emigrants_2La saga des émigrants tome 2: La traversée - Vilhelm Mobergcoup_de_coeur

Éditions Gaïa, 266 pages

Résumé:

Sur les quais de Karlshamn, la Charlotta s'apprête à appareiller. Karl Oskar est soucieux. Le navire censé assurer leur émigration vers les États-Unis d'Amérique est en bien piteux état. Quant à Robert, son rêve de grande aventure s'en trouve un peu ébréché. Même Kristina ne tarde pas à partager ces pensées. Il fut un temps où la Charlotta était un noble navire de commerce et non un vulgaire transporteur d'émigrants, cette engeance qui s'entasse dans l'entrepont et n'a décidément jamais le pied marin. La vie à bord n'est que tourments : la promiscuité, la saleté, les poux, le scorbut et le mal de mer s'acharnent sur les passagers. Le capitaine Lorentz, vieux loup de mer aigri et solitaire, le sait bien, lui qui prévoit un boisseau de terre de Suède en vue de simuler des funérailles qui se termineront inéluctablement au fond de l'eau. Après Au pays, La Traversée est le récit d'un voyage qui ne devait durer que quelques semaines. Un voyage au bout de soi, une douloureuse épreuve dans la fabuleuse destinée de ces Émigrants.

Mon opinion:

Cette série est résoluement un coup de coeur, même si je n'en suis encore qu'au deuxième tome, qui est aussi bon que le premier! Moberg utilise deux procédés pour la narration. Il raconte l'histoire vue de l'extérieur puis, laisse la parole à ses différents personnages lorsque besoin est. Le lecteur est donc témoin de la perception de chacun d'un même événement. Perception qui diffère selon ce qu'on sait du passé de chaque personnage, de leur vécu et de leurs valeurs.
Ce second tome nous amène sur les eaux, sur un bateau de marchandises qui transporte également depuis peu des passagers qui veulent émigrer en Amérique. Il faut se replonger à l'époque où les bateaux n'avaient rien de paquebots de croisière. On y survivait avec les moyens du bord. Les bains, les repas, la propreté était relégués aux oubliettes. Les passagers quant à eux, tentaient de survivrent aux maladies et ne pas mourir d'ennui. Pour des paysans habitués au travail de la terre, aux travaux difficiles, passer plusieurs mois en mer à ne rien faire était très pénible. Sans parler des pénibles difficultés associées au manque d'hygiène et aux microbes de toutes sortes qui prolifèrent. Kristina, par exemple, femme très propre, soigneuse, qui prend un soin jaloux de ses enfants, trouve pénible de vivre, entassés comme des animaux, dans une cale malodorante où pullullent les poux, la vermine et le scorbut. Même si tous les personnages me plaisent, avec leurs défauts et leurs qualités, je ne peux que m'identifier à Kristina. Par ses valeurs, sa droiture, son amour pour sa famille. Que ferais-je, à sa place?
L'écriture de Moberg est d'un réalisme saisissant. Chaque fois que je plonge dans l'un de ses livres, la magie opère dès le début. Je ne suis plus chez moi, mais plutôt sur une terre aride ou un bateau qui tangue. Je ne peux m'empêcher de me mettre à la place des personnages, de vivre avec eux leur périple. Le lecteur peut presque sentir le monde tanguer autour de lui, l'odeur viciée de l'air, le bruit de l'eau.
La religion est très présent dans ces livres. L'idée, à l'époque, que les poux et le mal de mer résultaient d'un manque de foi chrétienne m'a assommée. Beaucoup de choses "inexpliquées" étaient alors identifiées à la religion, au mal ou au bien.
Pour ceux qui ont lu le roman, la scène de l'apparition de l'oiseau sur le pont m'a beaucoup touchée. J'imagine qu'après autant de temps sur les mers à ne voir que de l'eau à perte de vue, l'apparition de l'oiseau (encore une fois relié à une sorte de divinité) a dû être un vrai miracle pour ces paysans habitués à fouler la terre...
Ce second tome rempli toutes mes attentes. Une série à découvrir, à lire et relire. Un petit bijou. Vivement que je reçoive le troisième tome!

Un extrait:

"Il avait de bonnes raisons de regretter le temps où la Charlotta était uniquement un navire de commerce et n'avait qu'une cargaison inerte. Il préférait de loin avoir sous le pont des marchandises plutôt que ce malcommode chargement vivant: les marchandises ne mouraient jamais, elles."
p.27

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10 avril 2008

Le bateau fantôme

bateau_fantomeLe bateau fantôme - Mary Higgins Clark, illustrations de Wendell Minor

Albin Michel Jeunesse, 30 pages

Résumé:

Thomas aime séjourner chez sa grand-mère, au bord de la mer. Il passe des heures à se représenter les grands vaisseaux et les époques lointaines, à imaginer leurs aventures, et rêve de naviguer lui-même un jour. Un après-midi, après une nuit de tempête, Thomas découvre, enfui dans le sable, une boucle de ceinture ancienne. Au moment ou il la ramasse apparaît devant lui un garçon de son âge, Silas Rich, jadis matelot sur le Monomoy, un navire ayant navigué presque deux cent cinquante ans auparavant.

Mon opinion:

Cet album est vraiment joli. Les illustrations sont magnifiques, bien définies, aux couleurs d'océan. Elles inspirent le calme, les dunes, les vacances... L'histoire reste originale par sa façon de raconter les choses et de mettre en contact Thomas et Silas que 250 ans séparent. Toute petite, c'est exactement le genre d'album qui m'aurait plu. Qui n'a pas, pendant les vacances, eût envie d'approfondir l'histoire entourant un vieux portrait découvert dans le grenier d'un chalet ou alors, de connaître l'histoire entourant les premiers propriétaires d'une maison d'été? Des bateaux, des légendes, un peu d'histoire, bref tout est en place pour offrir aux enfants un livre aussi intéressant à regarder qu'à lire.

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09 avril 2008

Naufrages

naufragesNaufrages - Akira Yoshimura

Actes Sud, 190 pages

Résumé:

Dans un village isolé entre mer et montagne, une petite communauté tente d’échapper à la misère en entretenant d’étranges coutumes. Isaku n’a que neuf ans lorsque son père part se louer dans un bourg au-delà de la montagne. Devenu d’emblée chef de famille, Isaku se voit attribuer une responsabilité dont il ne peut imaginer les conséquences. Une tempête s’annonçant cette nuit-là, d’immenses feux sont allumés sur la plage. Chargé de surveiller ce rite ancestral, Isaku va assister à l’arrivée d’un navire qui, ayant repéré les feux depuis le large, s’approche de la plage pour échapper au naufrage. Mais une barre rocheuse déchire la mer aux abords du village, et le piège se referme sur ce bateau qui, sous les yeux horrifiés de l’enfant, sombre en offrant à la communauté sa précieuse cargaison.

Mon opinion:

Naufrages nous amène dans une petite communauté, perchée sur une terre aride face à la mer. Le roman nous raconte la vie et la survie de ce village au fil des saisons qui passent. Le père d'Isaku a dû se vendre au village voisin, pour trois ans. L'argent offert à la famille leur permet de survivre durant ce temps. Le roman débute lorsque le père d'Isaku quitte la communauté et se termine au bout des trois ans de son absence. Pendant ce temps, Isaku, l'aîné de la famille, doit démontrer ses talents de pêcheur et de travailleur pour subvenir aux besoins de sa mère, ses frère et soeurs. Nous sommes témoins des travaux qui passent au fil des saisons: les naufrages et la cuisson du sel, les sardines, les maquereaux et les encornets. Vient ensuite les travaux dans les bois, la cueillette de fruits et de légumes ainsi que le matériel qui servira à confectionner du tissu pour se vêtir. Les rituels concernant les morts, les naissances, le statut de chacun dans la communauté ou l'approvisionnement en nourriture, en sel, les coutumes, les offrandes, la pêche, tout nous est raconté dans le détail et c'est réellement captivant. Toute la vie de la communauté est reliée aux naufrages, d'une façon ou d'une autre. Leurs espoirs et leurs bonheurs sont dépendants du malheur des autres. Tout ne tient qu'à la survie et à la continuité d'une communauté qui existe depuis nombre d'années...
Un livre que j'ai beaucoup aimé, d'un style sobre et d'une écriture qui m'a tout de suite plu. Un nouvel auteur à ajouter à ma liste à découvrir de nouveau.

Quelques extraits:

"La mort d'un homme, sur le moment, attristait la famille et le reste du village, mais on croyait au retour des âmes et on se résignait vite. La vie était un don des dieux et des bouddhas, et quand venait la mort, l'âme humaine partait aux confins de la mer, pour ensuite revenir dans le ventre d'une femme afin de revivre dans le corps d'un bébé. La mort n'était pour l'âme qu'une période de profond repos précédant son retour, et les villageois croyaient que se lamenter trop longtemps troublait la paix de l'âme du mort. Dans le cimetière, on dressait les pierres tombales et les stûpas face à la mer pour favoriser le retour des âmes au village."
p.12

"Dès que les feuilles perdaient leur couleur et commençaient à tomber, la mer s'agitait. Après une brève accalmie, les flots déchaînés venaient battre les rochers pendant quelques jours, propulsant des paquets d'écume jusque sur les maisons. La mer démontée faisait don, parfois, de richesses insoupçonnées qui n'avaient rien à voir avec les maigres récoltes ou la pêche habituelle. Dans ce cas-là, et pour plusieurs années, les villageois n'étaient plus obligés de se vendre. Cela arrivait rarement, mais l'espoir persistait. Le rougeoiement des feuilles annonçait l'imminence de cette période."
p.18

Ce livre a été lu pour le challengeabc2008

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08 avril 2008

L'ombre de Mia

ombre_de_miaL'ombre de Mia - Langis Bouchard

JCL, 270 pages

Résumé:

Après avoir vu disparaître sa fille, avalée par la boue du déluge de 1996, Mia, dévastée par le chagrin et complètement perdue psychologiquement, s'empare d'un canot et file silencieusement vers le site déserté de la Nouvelle-France, lieu du tournage d'un film historique. Dans ce décor d'hier, planté de maisons longues, d'une tente de sudation et de palissades aiguisées, Mia glisse tout doucement dans un insondable recoin de sa mémoire où les réminiscences d'un passé amérindien lointain influençaient sa vie depuis toujours. Commence alors pour Patrick, son conjoint, une recherche obstinée, à travers les brumes d'un Saguenay abyssal, afin de retrouver l'esprit de la femme qu'il aime.

Mon opinion:

Ce roman m'a séduite, car il mêle deux aspects intéressants: l'histoire (dans ce cas, celle des tribus amérindiennes) et la psychanalyse. Mia est passionnée par l'histoire Amérindienne. Ses échanges avec Patrick, l'homme qui partage sa vie, sont passionnantes. Ils aiment confronter leurs idées et leurs opinions divergent largement en ce qui a trait à la question amérindienne. Leur petite vie tranquille sera bouleversée par le déluge de 1996. Mia, suite à la perte de sa fille, fuit la terrible réalité en régressant dans le passé. Après avoir tenté de la guérir par la voie traditionnelle, Patrick décidera de laisser les hôpitaux aux autres et de ramener Mia à la maison. Il prend une année sabbatique et réorganise sa vie autour de la femme qu'il aime. L'arrangement entre eux est étonnant. Pour tenter de comprendre l'univers dans lequel s'est murée Mia, Patrick se documente sur les coutumes Amérindiennes. Le travail qu'il accomplit avec elle est passionnant. La présence d'un chamane et d'une spécialiste de l'hypnose aidera le couple à survivre à cette épreuve. Les aspects psychologiques traités dans le roman sont vraiment intéressants, ainsi que toutes les informations sur les croyances et les coutumes des Amérindiens. Le seul petit bémol à ce livre: sa fin précipitée est trop brusque à mon goût. Toutefois, l'originalité et le traitement du sujet fait par l'auteur en valent largement la lecture. Une belle découverte!

À noter que ce livre a remporté le Prix de la Plume Saguenéenne 2007.

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07 avril 2008

Guillaume Renaud tome 2: Il faut sauver Giffard!

guillaume_renaud_2Guillaume Renaud tome 2: Il faut sauver Giffard! - Sonia Marmen

Éditions de la Bagnole, 194 pages

Résumé:

Québec, le 13 septembre 1759. La ville est tombée aux mains des Anglais. Charles Giffard a été fait prisonnier et on craint même qu'il ne soit exilé! En compagnie de vaillants Sauvages, Guillaume Renaud s'engage sur des routes incertaines avec l'espoir de sauver son beau-père et ami. Un poing levé, une main tendue, le jeune héros n'écoute encore une fois que son courage!

Mon opinion:

Le premier tome, Un espion dans Québec, m'avait beaucoup intéressée. Ce second tome des aventures de Guillaume Renaud est encore plus passionnant! Plus abouti, plus détaillé, ce roman parle de la ville de Québec qui passe aux mains des Anglais. Giffard, le beau-père de Guillaume, vient d'être arrêté et on ne sait rien de ce qui lui arrivera. Guillaume part donc dans les bois pour le retrouver... Il fera la rencontre d'Indiens Abénaquis et le lecteur en apprendra beaucoup sur les coutumes de ce peuple, leur communauté, la langue, leurs histoires et leur mythologie. Il y a beaucoup de notes en bas de page qui apportent énormément à la compréhension de l'histoire et du milieu historique dans lequel vit Guillaume. C'est littéralement captivant et c'est très bien écrit. Le roman regorge d'informations historiques sur la vie à cette époque ou l'origine de nos drapeaux par exemple. Le monde dans lequel Guillaume vit est peuplé de légendes comme la chasse-galerie ou alors celle de la dame blanche des chutes... Un dossier à la fin du roman encourage entre autres, les lecteurs à découvrir ces légendes par le biais de romans ou de documentaires pour les jeunes. Le dossier parle également du récit, offre une biographie de l'auteur et des informations sur les personnages et les différents peuples Amérindiens (appelés "Indiens" à l'époque ou "Sauvages")
J'espère que d'autres aventures de Guillaume Renaud sont prévues pour le futur! Quel petit personnage attachant!

À noter que ce roman s'adresse aux jeunes lecteurs expérimentés.

Un extrait:

"Le trajet jusqu'à L'Ange-Gardien est désolant. Les ruines qui jalonnent le chemin sont d'affligeants souvenirs du passage des Anglais. Les cicatrices de la guerre dévisagent le pays. Personne n'ose parler, de peur de réveiller les âmes de ceux qui ont laissé ici leur vie."
p.46

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06 avril 2008

Hésitation

hesitationsHésitation - Stephenie Meyer

Hachette Jeunesse, 615 pages

Résumé:

"Deux futurs, deux âmes sœurs... C'était trop pour une seule personne. Je compris que ce n'était pas Edward et Jacob que j'avais essayé de réconcilier, c'étaient les deux parts de moi-même, la Bella d'Edward et la Bella de Jacob. Malheureusement, elles ne pouvaient coexister et j'avais eu tort de tenter de les y contraindre. A présent, je ne doute pas de ce que je désire, ni de ce dont j'ai besoin... ni de ce que je vais faire, là, maintenant."

Mon opinion:

Cette série de Stephenie Meyer est vraiment prenante. J'avais adoré le premier tome, Fascination. Tentation était très bon également. Les 610 pages d'Hésitation ont filées à la vitesse de l'éclair. Je les ai lues sans pouvoir m'arrêter. Hésitation nous fait entrer plus intimement dans les sentiments de Bella et dans sa relation avec Edward. Jacob tien aussi une place importante dans le coeur de Bella et c'est dans ce tome qu'elle devra faire son choix... Le danger la guette. Des choix sont faits. Certains coeurs sont brisés. La jalousie et les rivalités éclatent au grand jour. Les parties qui traitent de l'histoire des Quileute et de la meute sont vraiment intéressantes.
Il est difficile de raconter l'histoire et l'action du roman sans vendre la mèche. Hésitation se rapproche beaucoup du premier tome quant aux sentiments qui y sont vécus. Bella, dans ce tome, a toutefois une tendance exaspérante à s'apitoyer sur son sort... Ce n'est pas si agaçant, simplement elle en fait un peu trop... Le reste du roman est toutefois bien prenant et ça m'a plu.
Sachant qu'un film sur Fascination est en cours de tournage et sortira en décembre prochain, c'est en plein le moment de commencer la lecture de cette série... envoûtante! Jacob et Edward sont deux personnages qui feraient rêver n'importe quelle fille. Je comprends bien les jeunes d'accrocher avec ces histoires. Vivement la suite!

Seul petit bémol que j'ai aussi reproché aux autres tomes, mais qui ne concerne en rien l'histoire ou l'auteur: je me demande si quelqu'un de chez Hachette se donne la peine de relire le texte avant publication? Hachette est pourtant une maison reconnue en littérature jeunesse, non? Mon édition était bourrée de coquilles... Je n'ai pas la prétention d'écrire sans aucune faute, cependant j'estime que lorsqu'on publie professionnellement un livre qui s'adresse aux jeunes, on se doit de relire le tout avant de passer aux presses...

Fascination, tome 1
Tentation, tome 2
Hésitation, tome 3

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05 avril 2008

L'affaire du collège indien

affaire_college_indienL'affaire du collège indien - Sylvie Brien

Gallimard, 150 pages

Résumé:

Québec 1921. Quels terribles secrets abrite le sinistre pensionnat de Saint-Elme ? Qui sont ces enfants qu'on y retient prisonniers ? Quand un incendie criminel se déclare, Vipérine Maltais, la jeune collégienne détective, mène l'enquête tambour battant. Et tant pis s'il faut pour cela se faire quelques ennemis mortels. Qu'on se le dise : Vipérine n'a pas froid aux yeux ! Embrouilles, mystères, mensonges... Tout le monde n'y voit que du feu. Sauf Vipérine, Bien sûr.

Mon opinion:

Ce roman met en scène une partie peu reluisante de l'histoire canadienne, soit la création de pensionnats pour jeunes indiens. Ces pensionnats qui ont eu cours au Canada, mais aussi au Québec, étaient conçus pour assimiler les autochtones et faire d'eux, des "êtres moins primitifs". On leur coupait les cheveux, on tentait de les assimiler et de leur faire oublier leurs coutumes et leurs croyances, on les forçait à parler notre langue. Les sévices et les manquements à leur égard étaient légion. Un épisode triste, déplorable et scandaleux de notre histoire.
Cette partie de l'histoire est très peu connue des Canadiens et des Québécois. C'est donc à partir de ce fait historique que Sylvie Brien construit son roman. Plus étoffé du côté historique que la première aventure de Vipérine Maltais, L'affaire du collège indien conjugue histoire et mystère. Toujours très attachante, la perspicace Vipérine vient en aide aux dirigeants du collège qui ont mal à partir avec un incendie qui a fait des ravages...
Cette série, écrite par Sylvie Brien, est toujours de qualité. Qualité au niveau de la langue et de l'histoire. Je ne peux que vous la conseiller si vous n'avez pas encore fait connaissance avec Vipérine! Un billet concernant la troisième aventure sera bientôt en ligne.

Un extrait:

"Ah, cette maudite loi sur les Indiens! [...] C'est maintenant au tour de la province de Québec de se la voir imposer! Tous les enfant des prétendus sauvages seront arrachés à leur famille. On les intégrera dans la société jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul qui ne soit devenu un "Blanc". En d'autres mots: civilisé. Cet idiot de surintendant Scott croit qu'en faisant oublier à ces gamins leur langue, leur culture et leur danse du Soleil, ils se transformeront en bons citoyens canadiens. Je me demande bien qui est le plus sauvage..."
p.39

Série Vipérine Maltais
Mortels Noëls
L'affaire du collège
Le secret du choriste (critique bientôt!)

En complément:

Il existe un site web consacré à l'expérience des pensionnats indiens. C'est un site rempli d'informations et de détails pour ne pas oublier ces enfants...

On trouve dans les archives de Radio-Canada, un dossier sur les pensionnats indiens, tout en images...

Posté par Allie à 10:47 - Jeunesse - Commentaires [13] - Permalien [#]



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