Rebecca
Daphné Du Maurier
Le livre de poche
384 pages
![]()
Résumé:
Dès les premières heures à Manderley, somptueuse demeure de l'ouest de l'Angleterre, le souvenir de celle qu'elle a remplacée s'impose à la jeune femme que vient d'épouser Maxim De Winter. Rebecca, morte noyée, continue d'exercer sur tous une influence à la limite du morbide. La nouvelle Mme De Winter, timide, effacée, inexpérimentée, se débat de son mieux contre l'angoisse qui l'envahit, mais la lutte contre le fantôme de Rebecca est par trop inégale.
Mon commentaire:
"J'ai rêvé l'autre nuit que je retournais à Manderley."
Ainsi débute l'histoire de la narratrice, future deuxième Mrs de Winter, dont on ne saura pas le prénom, sauf qu'il est comme une plume et plaît bien à Maxim. Jeune femme de compagnie d'une dame exubérante qui parle beaucoup trop, la narratrice rencontre à l'hôtel, Mr de Winter (Maxim) venu y fuir la perte de sa femme, Rebecca. On apprend qu'elle s'est noyée. Maxim et la narratrice feront plus ample connaissance, sortiront et dîneront régulièrement ensemble, jusqu'à ce que Maxim lui demande de l'épouser. Elle accepte et les deux entrent à Manderley. Maxim est plus âgé que la narratrice. Il a toujours vécu dans un milieu aisé. Leurs différences sont palpables. La nouvelle Mrs de Winter ne sait pas se conduire avec les employés de la maison. Elle est mal à l'aise. Elle ne sait pas comment occuper ses journées. Elle n'a aucune assurance, ne sait pas tenir une maison de cette importance et se voit comparée à Rebecca dans tout ses faits et gestes, pas les employés de Manderley. Elle commet impairs sur impairs et l'intendante, Mrs Danvers, ne lui facilite pas les choses.
Dès qu'on pousse la porte de Manderley, on déteste Mrs Danvers. Cruelle, mesquine, méchante, folle à lier, elle fait tout pour rendre la vie impossible à Mrs de Winter et à lui faire sentir qu'elle est de trop. La scène du costume de bal par exemple ou la scène de la chambre dans l'aile condamnée sont absoluement terribles. Manderley est un endroit merveilleux, si ce n'était pas des gens qui y vivent. Manderley cache de mystérieux secrets. Mais cette grande et magnifique maison est avant tout terriblement raffinée, avec ses petits salons, sa bibliothèque, son petit bureau. Les jardins extérieurs qu'on y décrits font rêver. On sent la mer et le picotement du sel d'un côté de la maison, alors que de l'autre, les bois, les allées de fleurs odorantes et la petite crique sont des endroits charmants.
Charmants? Ils le seraient bien plus si l'ombre de Rebecca ne planait pas sur tout. Dans le choix des fleurs, dans leur parfum, dans l'abri à bateaux, dans le choix de la décoration de chaque pièce, dans les menus que Mrs de Winter doit approuver chaque jour. Rebecca est partout. On croirait parfois qu'elle est toujours là et que d'un instant à l'autre, elle rentrera dans une pièce et s'installera, comme si elle n'était pas morte.
Le talent de Daphné Du Maurier dans ce roman, réside à sa capacité de créer une atmosphère et à son pouvoir d'évocation. Le lecteur peut pratiquement sentir les fleurs de Manderley. Il sent aussi le malaise ambiant, qui augmente au fil des pages, selon le comportement des domestiques. On a aussi l'impression que Rebecca plane sur tout, que son fantôme se terre dans les coins les plus sombres de Manderley. On frissonne. Parce le Manderley qui semblait si merveilleux, nous semble tout à coup inquiétant...
Rebecca a été porté à l'écran en 1940 par nul autre qu'Alfred Hitchcock. Ce film a remporté à l'époque deux Oscars et a été en nomination pour 9 autres. J'aime beaucoup Hitchcock, mais je n'ai encore jamais vu le film. Je serais cependant curieuse de voir ce qu'on pourrait faire de ce livre aujourd'hui...
Quelques citations:
"Le bonheur n'est pas un objet à posséder, c'est une qualité de pensée, un état d'âme." p.12
"...je rentre souriante et fraîche pour prendre ma part des menus rites de notre goûter. L'ordonnance n'en varie jamais. Deux toasts beurrés pour chacun et du thé de Chine. Sur ce balcon net, blanchi par des siècles de soleil, je songe à l'heure du thé de Manderley et à la table dressée devant la cheminée de la bibliothèque. La porte s'ouvrant toute grande à quatre heures et demie tapant et l'apparition du plateau d'argent, de la bouilloire, de la nappe blanche. Jasper repliait ses oreilles d'épagneul et feignait l'indifférence à l'arrivée des gâteaux. Quel déploiement de choses succulentes, mais comme nous mangions peu!" p.14
Commentaires sur Rebecca
Souvenir de lecture d'adolescente, sans doute celle qui m'a donné envie de lire les romans gothiques de Anne Radcliff mais aussi ceux des soeurs Brontë ! il n'y a pas si longtemps j'ai lu "La maison sur le rivage",j'y ai retrouvé l'ambiance fantastique, l'intrigue prenante !
@George Sand et moi: Tiens, je devrais lire "La maison sur le rivage". J'aime beaucoup ce que j'ai lu de Du Maurier. J'ai presque tous les autres dans ma PAL... J'étire le plaisir... c'est souvent ce qui arrive avec les auteurs décédés... On sait qu'ils n'écriront plus jamais...
Quel bon livre! je l'ai aime toujours et ça fait longtemps que je ne l'ai pas relu, peut être quelque jour.





















