L'Italien ou le confessionnal des pénitents noirs
Ann Radcliffe
Marabout (pour l'illustration)
Disponible aux éditions Bouquins
dans le recueil Romans terrifiants
Résumé:
Une mère machiavélique souhaite empêcher son fils de se marier avec une jeune fille qui n'est pas de son rang.
Mon commentaire:
L'Italien ou le confessionnal des pénitents noirs est un roman gothique d'Ann Radcliffe. On y retrouve la passion amoureuse, la relation impossible et ponctuée d'entraves au bonheur, un jeune homme fougueux qui fait tout pour celle qu'il aime, des moines noirs encapuchonnés, des églises mystérieuses, des châteaux en ruines, des cachots, le couperet de l'inquisition, des religieuses, des vêtements ensanglantés, les tables de torture qui ne sont jamais bien loin, bref, tous les éléments pour faire frissonner le lecteur. D'ailleurs, frissonne-t-on toujours, des siècles plus tard, à la lecture de cette histoire? Oui et non. L'italien a un certain charme. Un texte et une écriture qui se rapproche d'Austen ou des romans de cette époque, mais une histoire beaucoup plus noire, naturellement. On ne décrit pas les tortures ou le sang qui y est versé. Tout est dans l'esquisse d'une atmosphère noire et mystérieuse. C'est donc très intéressant à lire, même si le texte a un peu vieillit. On lui confère un charme surrané intéressant pour le lecteur d'aujourd'hui. L'histoire peut donner le sentiment de tourner légèrement en rond. Elle raconte essentiellement la rencontre d'un jeune homme, Vivaldi, fils de marquis et ayant une haute position dans le monde, et d'une jeune fille, Elena, à la naissance de basse condition et au passé inconnu. La mère de Vivaldi qui apprend les desseins de son fils de demander la main d'Elena fera tout pour contrecarrer ses plans et sauver la réputation de sa famille.
L'essentiel de L'Italien, c'est cela. La mère folle qui veut empêcher à tout prix le mariage de son fils avec quelqu'un qui n'est pas de son rang. Et à partir de là, l'intrigue se dénoue sur le mystère de la naissance d'Elena, sur les gens qui tentent tout pour mettre des bâtons dans les roues du couple. Sur les religieux et l'inquisition qui se mettent de la partie. Sur les doutes d'Elena qui, à cause de toutes les difficultés, demande à Vivaldi du temps pour réfléchir. Je crois qu'il faut se replacer dans le contexte de l'époque et des moeurs, de l'omniprésence de la religion pour apprécier réellement ce roman. Au lecteur d'aujourd'hui, il peut paraître un peu tiré par les cheveux, surtout lorsque les événement s'enchaînent à tel point qu'on a l'impression que tout est trop bien synchronisé. Outre le gothique et le roman noir, on peut voir aussi dans L'Italien, une sorte de roman d'aventures. Ces grandes chevauchées dans les contrées désolées à la recherche d'un endroit où se cacher, ces combats pour défendre sa peau et ces enlèvements à répétition sont dignes des meilleures scènes d'action.
Cette lecture, qui a suivi celle de Northanger Abbey, à défaut de mettre la main sur Udolpho, a été une belle découverte et me donne envie de me replonger dans d'autres romans gothiques. On voit très bien qu'il s'agit de l'ancêtre du roman d'horreur, même si aujourd'hui, certaines scènes nous font parfois sourire. Le talent de Radcliffe est toutefois bien présent et nous offre tout de même une atmosphère noire et étrange. Elle peut être source de frissons, si on laisse, comme Catherine, voguer un peu notre imagination...
Citation:
"La marquise demeura pensive et silencieuse. Son âme n'était pas encore familiarisée avec le crime et l'action que Schenodi lui faisait entrevoir l'épouvantait. Elle n'osait y arrêter sa pensée, encore moins l'appeler par son nom. Cependant son orgueil était si irrité et son désir de vengeance si ardent que ces passions soulevaient dans son âme une véritable tempête, prête à emporter tout ce qui y restait d'humain." p.155
"Puis, après tout cela, lorsqu'elle venait à penser au peu de probabilité que vivaldi parvînt jamais à découvrir sa retraite, la vive douleur qu'elle en ressentait montrait assez qu'elle craignait bien plus de le perdre que d'acheter sa présence par les plus cruels sacrifices et que, de tous les sentiments qui luttaient dans son âme, le plus puissant était encore son amour." p.117
Commentaires sur L'Italien ou le confessionnal des pénitents noirs
Bonjour,
je viens de finir ce livre,séduite dans un premier temps,je me suis vite ennuyée.
Je trouve que le livre a mal vieilli.
@Marie: le livre a vieillit, c'est certain. Je le trouve toutefois intéressant si on le replace dans le contexte de l'époque. Et comme je suis en train de lire Udolpho, je trouve intéressantes les comparaisons possibles entre les deux.





















