Saga des émigrants 6: L'or et l'eau
Vilhelm Moberg
Série La Saga des émigrants tome 6
Gaïa
277 pages
Résumé:
Robert revient de son périple vers l'or, amaigri, changé... Que s'est-il passé?
Mon commentaire:
Ce sixième tome est probablement celui qui m'a le moins plu. Toute la série est un coup de coeur, mais ce tome-ci, sans être désagréable, est moins abouti, moins intéressant. L'espace d'un tome, on quitte un peu la communauté des pionniers-paysans pour s'attarder sur Robert, le frère de Karl-Oskar, et son ami Arvid, qui ont quitté la communauté pour aller chercher de l'or. Karl-Oskar est sans nouvelle de son frère pendant un très long moment. Ils avaient promis de revenir lorsque la fortune leur aurait sourit. Un matin, Robert revient vers son frère, décharné et malade. Il ne parle pas beaucoup et n'ose pas confier à son frère son aventure. Il faut dire que Karl Oskar et Robert sont très différents. Là où Karl Oskar est plus dur et sévère, plus méfiant et résigné, Robert est rêveur, il est inflexible sur le prix de la liberté et souhaite avoir une vie différente des siens. L'or et l'eau, c'est son histoire, son récit, son aventure de ce qu'il a connu de la ruée vers l'or.
L'Italien ou le confessionnal des pénitents noirs
Ann Radcliffe
Marabout (pour l'illustration)
Disponible aux éditions Bouquins
dans le recueil Romans terrifiants
Résumé:
Une mère machiavélique souhaite empêcher son fils de se marier avec une jeune fille qui n'est pas de son rang.
Mon commentaire:
L'Italien ou le confessionnal des pénitents noirs est un roman gothique d'Ann Radcliffe. On y retrouve la passion amoureuse, la relation impossible et ponctuée d'entraves au bonheur, un jeune homme fougueux qui fait tout pour celle qu'il aime, des moines noirs encapuchonnés, des églises mystérieuses, des châteaux en ruines, des cachots, le couperet de l'inquisition, des religieuses, des vêtements ensanglantés, les tables de torture qui ne sont jamais bien loin, bref, tous les éléments pour faire frissonner le lecteur. D'ailleurs, frissonne-t-on toujours, des siècles plus tard, à la lecture de cette histoire? Oui et non. L'italien a un certain charme. Un texte et une écriture qui se rapproche d'Austen ou des romans de cette époque, mais une histoire beaucoup plus noire, naturellement. On ne décrit pas les tortures ou le sang qui y est versé. Tout est dans l'esquisse d'une atmosphère noire et mystérieuse. C'est donc très intéressant à lire, même si le texte a un peu vieillit. On lui confère un charme surrané intéressant pour le lecteur d'aujourd'hui. L'histoire peut donner le sentiment de tourner légèrement en rond. Elle raconte essentiellement la rencontre d'un jeune homme, Vivaldi, fils de marquis et ayant une haute position dans le monde, et d'une jeune fille, Elena, à la naissance de basse condition et au passé inconnu. La mère de Vivaldi qui apprend les desseins de son fils de demander la main d'Elena fera tout pour contrecarrer ses plans et sauver la réputation de sa famille.
L'essentiel de L'Italien, c'est cela. La mère folle qui veut empêcher à tout prix le mariage de son fils avec quelqu'un qui n'est pas de son rang. Et à partir de là, l'intrigue se dénoue sur le mystère de la naissance d'Elena, sur les gens qui tentent tout pour mettre des bâtons dans les roues du couple. Sur les religieux et l'inquisition qui se mettent de la partie. Sur les doutes d'Elena qui, à cause de toutes les difficultés, demande à Vivaldi du temps pour réfléchir. Je crois qu'il faut se replacer dans le contexte de l'époque et des moeurs, de l'omniprésence de la religion pour apprécier réellement ce roman. Au lecteur d'aujourd'hui, il peut paraître un peu tiré par les cheveux, surtout lorsque les événement s'enchaînent à tel point qu'on a l'impression que tout est trop bien synchronisé. Outre le gothique et le roman noir, on peut voir aussi dans L'Italien, une sorte de roman d'aventures. Ces grandes chevauchées dans les contrées désolées à la recherche d'un endroit où se cacher, ces combats pour défendre sa peau et ces enlèvements à répétition sont dignes des meilleures scènes d'action.
Cette lecture, qui a suivi celle de Northanger Abbey, à défaut de mettre la main sur Udolpho, a été une belle découverte et me donne envie de me replonger dans d'autres romans gothiques. On voit très bien qu'il s'agit de l'ancêtre du roman d'horreur, même si aujourd'hui, certaines scènes nous font parfois sourire. Le talent de Radcliffe est toutefois bien présent et nous offre tout de même une atmosphère noire et étrange. Elle peut être source de frissons, si on laisse, comme Catherine, voguer un peu notre imagination...
Citation:
"La marquise demeura pensive et silencieuse. Son âme n'était pas encore familiarisée avec le crime et l'action que Schenodi lui faisait entrevoir l'épouvantait. Elle n'osait y arrêter sa pensée, encore moins l'appeler par son nom. Cependant son orgueil était si irrité et son désir de vengeance si ardent que ces passions soulevaient dans son âme une véritable tempête, prête à emporter tout ce qui y restait d'humain." p.155
"Puis, après tout cela, lorsqu'elle venait à penser au peu de probabilité que vivaldi parvînt jamais à découvrir sa retraite, la vive douleur qu'elle en ressentait montrait assez qu'elle craignait bien plus de le perdre que d'acheter sa présence par les plus cruels sacrifices et que, de tous les sentiments qui luttaient dans son âme, le plus puissant était encore son amour." p.117
Saga des émigrants 5: Les pionniers du lac Ki-Chi-Saga
Vilhelm Moberg
Série La saga des émigrants tome 5
Gaïa
262 pages
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Résumé:
Une petit communauté se crée autour du lac Ki-Chi-Saga...
Mon commentaire:
Une communauté se crée lentement au bord du lac Ki-Chi-Saga. Karl Oskar, Kristina et quelques membres du groupe de départ ont été les premiers à s'y installer. De nouveaux arrivants les ont rejoints. Les Suédois mettent en commun certaines richesses et tentent de créer une école, une église et s'offrir la vie dont ils ont tant rêvé. Chacun se donne un coup de main. Certains enfants des pionniers naissent en amérique et deviennent les premiers petits américains de leur groupe. La vie est rude, mais la ferme de Karl-Oskar est prospère et s'agrandit. Il écrit régulièrement au pays, afin d'informer sa famille de l'état spectaculaire de ses récoltes, en comparaison avec ce qu'il pouvait obtenir en Suède. Tout le monde travaille beaucoup. Il y a toujours à faire. La religion et les idées diffèrent d'une famille à l'autre et chacun doit mettre de l'eau dans son vin pour arriver à des ententes afin de gérer leur petite communauté sans accroc.
Northanger Abbey
Jane Austen
10/18
285 pages
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Résumé:
Jane Austen jugeait désuet l'engouement de son héroïne Catherine Morland pour les terrifiants châteaux moyenâgeux de Mrs. Radcliffe et les abbayes en ruine du préromantisme anglais. Parodie du roman gothique, satire pleine de saveur de la société anglaise qui prenait ses eaux à Bath, Northanger Abbey est aussi le roman très austenien du mariage et très moderne du « double jeu ».
Mon commentaire:
Catherine est une jeune fille de dix-sept ans. Elle vit à la campagne, avec sa famille. Jeune fille plutôt ingrate, les années ont fait d'elle une belle jeune femme prête à faire son entrée dans le monde. Elle suivra donc les Allen à Bath, histoire de voir de quoi retourne la société. On dénote dans le texte, deux parties à Northanger Abbey. La première, se déroule essentiellement à Bath. Les bals et les thés sont l'essentiel de l'intrigue. On y fait des rencontres plus ou moins intéressantes, on observe les jeunes gens, on scrute l'assistance à la recherche d'amis ou d'une quelconque personne digne de notre intérêt et parfois, on danse un peu. Mrs Allen découvre alors une vieille amie à elle, Mrs, Thorpe, accompagnée de ses enfants, alors que Catherine fait la connaissance de Mr Tilney, qui suscite son intérêt. Catherine se lit aussi d'amitié avec Isabelle Thorpe, qui tente de la lier à son frère, John Thorpe. Ce dernier n'attire que le mépris de Catherine et on la comprend bien!
Après Bath, la seconde partie du roman se déroule essentiellement dans la famille Tilney. Catherine reçoit l'invitation d'accompagner les membres de cette famille à Northanger Abbey. Catherine est une jeune fille qui lit beaucoup de romans. Jane Austen semble critiquer en quelque sorte les gens qui méprisent les romans, alors que d'un autre côté, elle se moque un peu de son héroïne qui vibre à la lecture d'histoires sombres et laisse son imagination s'affoler. Catherine est attachante. Naïve, nouvellement entrée dans la société, elle ne sait pas toujours comment réagir et se fie beaucoup à son jugement, tout en demandant conseil aux gens qui l'entourent. Elle adore les livres, particulièrement Udolpho (Les mystères du château d'Udolphe) d'Ann Radcliffe. Elle en parle à qui veut bien l'écouter et se fait une idée romantique des châteaux, des abbayes, des pièces secrètes et de tout ce que peut contenir un roman gothique. Cette habitude à laisser vagabonder son imagination, me plaît beaucoup chez Catherine, même si elle se retrouve parfois dans des situations plutôt embarrassantes. Étant plutôt impressionnable et ayant l'imagination très fertile, je me suis retrouvée en Catherine. Elle me semble d'autant plus être un personnage très intéressant.
Northanger Abbey est une parodie du roman gothique. Jane Austen se moque un peu de la naïveté de Catherine et de sa propension à imaginer toutes sortes de choses à partir des romans qu'elle lit. C'est un excellent roman parodique, puisqu'Austen réussit à nous entraîner à la suite de ce que découvre Catherine, de ses peurs et de son imagination galopante, avant de nous faire tomber d'aussi haut que son personnage. Toutefois, même si Northanger Abbey semble plus léger que ses autres romans, il n'en est pas moins une critique aride de la société de Bath, des manières de l'époque, de l'hypocrisie ambiante, des mariages qui se veulent souvent "arrangés" et qui doivent être monétairement intéressants pour complaire aux familles. Northanger Abbey donne définitivement envie de lire des romans gothiques de l'époque. Une petite liste est d'ailleurs founie en plein coeur du roman, offerte par l'amie de Catherine, qui plonge dans son carnet à la recherche des titres qu'elle a noté... titres malheureusement impossible à trouver en français. Il faudra se contenter de lire et relire Radcliffe, Lewis et cie!
Quelques extraits:
"-...il y a l'abbaye que vous devez tellement aimer! Lorsqu'on a été habitué à vivre dans une abbaye, un banal presbytère doit paraître bien terne!
Il sourit et lui dit:
-Vous vous faites une idée bien flatteuse de l'abbaye...
-Oh, oui. N'est-ce pas un vieux monument très beau, exactement comme on en voit dans les livres?
-Et êtes-vous prête à affronter toutes les horreurs que peut renfermer une demeure comme "celles qu'on voit dans les livres"?" p.170
"Elle pensait encore à ce qu'elle avait pu ressentir ou faire sous l'empire d'une absurde terreur, et il lui apparut bientôt clairement qu'elle n'avait cessé, dans toute cette affaire, de s'abuser volontairement. Elle avait inventé cette histoire de toutes pièces, n'écoutant que son imagination, résolue à s'alarmer de tout, donnant de l'importance à des détails insignifiants, interprétant le moindre fait dans un sens toujours identique, dans le seul but de satisfaire l'ardent désir, qu'elle nourrissait avant même de pénétrer dans l'abbaye, d'avoir affreusement peur." p.217
Saga des émigrants 4: Dans la forêt du Minnesota
Vilhelm Moberg
Série La saga des émigrants tome 4
Gaïa
381 pages
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Résumé:
Les émigrants arrivents au Minnesota. Ils doivent maintenant construire un toit au-dessus de leur tête pour être prêt pour l'hiver, rude, qui s'annonce...
Mon commentaire:
Les émigrants ont enfin rejoind le Minnesota. Ils sont arrivés plus tard que prévu, puisque la traversée avec la Charlotta a duré plus longtemps. Leur route à travers l'Amérique aussi. Ils ne se doutaient pas que le pays pouvait être si vaste à parcourir. Ils doivent maintenant choisir leurs terres (tout le système pour obtenir des terres à l'époque est très bien expliqué) afin de s'installer convenablement avant l'hiver. Le temps presse car le froid et la neige seront bientôt là! Le groupe du départ a été réduit depuis le début de l'aventure, mais les suédois se tiennent et se regroupent afin de s'entraider avant l'hiver. Il faut fournir à chaque famille un toit sur la tête, un peu de nourriture avec le peu d'argent qu'il reste, afin que tout le monde puisse survivre jusqu'au printemps, où l'on pourra enfin défricher les terres, semer et faire des récoltes. Ce tome s'attarde essentiellement sur le premier hiver passé au pays, sur la survie, tout simplement et l'entraide.
Au clair de l'amour
Kit Pearson
Série Norah et Gavin tome 2
Éditions Pierre Tisseyre
310 pages
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Résumé:
Norah, jeune invitée de guerre avec son frère, passe l'été avec une famille canadienne au bord d'un lac.
Mon commentaire:
Ce roman jeunesse raconte l'été d'une jeune invitée de guerre, Norah, qui vit au Canada avec son petit frère Gavin. Les deux jeunes anglais ont été invités pour échapper un peu à la guerre qui fait rage dans leur pays. Ils sont accueillit par deux femmes, issues de la bourgeoisie, et partent en vacances avec elles. Elles rejoignent toute leur famille dans une grande maison au bord d'un lac. Norah et Gavin sont donc entourés d'adultes, d'enfants et de jeunes de leur âge. Pour Norah, c'est l'été des découvertes. Au bord de l'eau, elle apprivoise la nature, mais aussi la vie dans une famille nombreuse, entre les vieilles dames qui paressent au lit, les conseils des uns et des autres, les secrets, les amours d'été... Norah découvre sa féminité et les tourments d'un premier amour.
Ce roman, avec la seconde guerre mondiale qui fait rage en toile de fond, nous parle du conflit du point de vue européen, à travers les yeux de Norah, mais aussi du point de vue canadien à travers les idées des Drummond, la famille qui accueille Norah. Même s'il a été écrit il y a de nombreuses années, ce roman est actuel dans le questionnement des adolescents. C'est une lecture agréable, parfaite en vacances, qui sent l'été, l'eau et la nature. Kit Pearson nous happe dans son histoire et on ne ferme le roman que lorsqu'on a tourné la dernière page. Malheureusement, ce livre est plutôt difficile à trouver en français, puisqu'il ne semble plus édité. Il peut être trouvé plus ou moins facilement en bibliothèque ou alors en anglais, sous le titre Looking at the moon.
Ce livre a remporté le Manitoba Young Readers' Choice Award, alors que plusieurs autres volumes de Kit Pearson ont remporté de nombreux et prestigieux prix.
J'ai appris tout récemment que le livre Au clair de l'amour fait parti d'une trilogie. J'ai lu et relu ce livre lorsque j'étais plus jeune et je ne me suis jamais rendue compte qu'il y avait des suites. Au clair de l'amour est en fait le deuxième tome de l'histoire de Norah et Gavin, mais peut se lire séparément sans aucun problème.
Les titres de la trilogie, pour s'y retrouver:
Tome 1: Le ciel croule (The sky is falling)
Tome 2: Au clair de l'amour (Looking at the Moon)
Tome 3: Le chant de la lumière (The Lights Go on Again)
La trilogie complète a aussi été publiée en anglais sous le titre The guests of war trilogy.
Le site web très intéressant de l'auteur.
Saga des émigrants 3: Le nouveau monde
Vilhelm Moberg
Série La saga des émigrants tome 3
Gaïa
247 pages
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Résumé:
La Charlotta entre dans le port de New York, après dix semaines d'une rude traversée. Sa cargaison humaine respire enfin, impatiente de quitter à tout jamais l'entrepont du navire. Mais Karl Oskar et ses compatriotes ne sont pas encore au bout du voyage. Il leur faut tout d'abord patienter trois jours supplémentaires à bord de la Charlotta, quarantaine établie par les autorités des Etats-Unis d'Amérique du Nord afin de se protéger des épidémies. Le groupe de Suédois finira par fouler le sol de ce Nouveau Monde, pour lequel ils ont tout quitté, leurs biens et leurs familles. La seconde partie de leur périple peut alors commencer. Et tandis que les intrépides Robert et Arvid partent en escapade sur Broadway, la plus belle rue du monde, Karl Oskar et Kristina reprennent des forces dans ce pays d'abondance et de liberté. Ils vont bientôt se diriger vers ce monstre qui crache le feu et doit constituer leur première étape vers le Minnesota. La voiture à vapeur, dangereuse invention païenne, doit les mener jusqu'au Mississippi, porte fluviale sur le Nouveau Monde, et sur leur nouvelle vie.
Mon commentaire:
Les émigrants ont choisis le Minnesota comme destination finale de leur périple. Comme ils arrivent à New York, ils ne sont pas au bout de leurs peines lorsqu'ils doivent subir une quarantaine. Après un moment, on les laisse ensuite sortir du bateau. Enfin, après des mois en mer, ils peuvent fouler le sol! Ils feront un dernier repas près des quais avant de pouvoir enfin quitter le port, dire au revoir à la Charlotta qu'ils se promettent de ne plus jamais prendre et partent explorer les États-Unis en quête de ce qui deviendra leur milieu de vie. Ils prendront la "voiture à vapeur", une nouvelle invention qui leur cause toute une frayeur et devront voyager à nouveau en bateau, traités comme les émigrants sans le sous qu'ils sont, pour finalement arriver à destination. Le pays est grand, immense, étourdissant dans toute sa grandeur et surtout, beaucoup plus vaste qu'ils ne le pensaient...
Ils devront affronter les premiers moments passés dans le coin de pays qu'ils ont choisis et se dépêcher à construire un toit pour les abriter.
Comme toujours, ce roman est absolument merveilleux, dans sa description des premiers pionniers arrivant aux Etats-unis.
Heures fatales
Ruth Rendell & Helen Simpson
Folio
235 pages
Résumé:
Deux longues nouvelles, issues d'imaginaires étonnamment fertiles. Dans L'arbousier Ruth Rendell met en scène une famille anglaise en vacances en Espagne dont l'été est gâché par un événement mystérieux et déchirant. En un long flashback, la soeur se remémore le séjour maudit : se mêlent dans son récit l'exotisme des vacances méditerranéennes et l'amertume d'un destin marqé à tout jamais par la tragédie. A tout jamais ? Bien sûr que non, car Rendell nous réserve pour la fin une série de revirements aussi subtils qu'habiles. Cette grande dame du suspense a demandé à un jeune talent, Helen Simpson, de paraître à son côté dans ce volume. Le récit de Simpson, Chair et herbe, nous plonge dans un monde macabre, peuplé de personnages sinistres : un chef cuisinier avec de drôles de recettes, un médecin pervers qui se livre à des machinations douteuses, une fillette assassinée dans la forêt... Tissé d'ambiances étranges, avec un style des plus insolites, ce texte nous entraîne dans un univers décidément inquiétant.
Mon commentaire:
Ce volume comprends deux longues nouvelles. Celle de Ruth Rendell, L'arbousier est excellente. La psychologie des personnages est très intéressante. On nous raconte un été dans une villa, où quatre jeunes ont vécu des choses qui ont bouleversé des vies. La narratrice nous raconte ce qui s'est produit et nous vivons avec elle ces moments difficiles. C'est très bien écrit et très intéressant! J'ai dévoré cette nouvelle dont la fin m'a surprise. Si tous les écrits de Ruth Rendell sont comme cette nouvelle, j'en lirai d'autres assurément! L'histoire garde l'intérêt du lecteur et sait nous captiver. Ce recueil commençait donc plutôt bien.
La seconde nouvelle, Chair et herbe de Helen Simpson m'a laissée perplexe. L'écriture est intéressante. Le talent est là. La mise en place des lieux et des personnages, quoique très bizarres, m'a plu. Mais le reste de ma lecture m'a fait déchanter un peu... L'auteur met en scène une histoire macabre, qui se déroule dans une ville, où l'on voit une panoplie de personnages, mais on s'attarde beaucoup sur un cuisinier, son fournisseur et un ami avec qui il déguste des plats bizarres et étranges, qui m'ont donné mal au coeur à quelques reprises. On parle beaucoup de viande, d'abattage d'animaux, de préparation de plats... Ça m'a plutôt coupé l'appétit... On parle aussi de crime, de viol. La ville semble être le repère de nombreux habitants pervers, qui cachent d'honteux secrets. La fin est... sans fin. On a donc l'impression d'avoir vécu un moment avec les personnages et d'en sortir aussi rapidement.
Autant j'ai adoré la première nouvelle, L'arbousier, dont je conseille la lecture autant la deuxième m'a laissé un goût amer... L'arbousier est disponible seul, sous ce titre, dans la collection folio 2 €.
Evelina, ou l'entrée d'une jeune personne dans le monde
Fanny Burney
Éditions José Corti, Les romantiques
450 pages
Résumé:
Fanny Burney emprunte la forme épistolaire des grandes œuvres de Richardson pour nous raconter l’entrée d’une jeune provinciale de dix-sept ans dans la haute société londonienne. L’intrigue progresse d’incidents cocasses en menues catastrophes, jusqu’au terme de ce voyage initiatique où l’amour et l’estime triomphent du préjugé de classe. On reconnaît là le thème auquel Jane Austen donnera une éclatante illustration dans Orgueil et préjugés quelque trente ans plus tard.
Mon commentaire:
Quand on lit Fanny, on ne peut s'empêcher de penser un peu à Jane. Dans son roman épistolaire Evelina, la quatrième de couverture ainsi que la préface font ouvertement allusion aux écrits des deux femmes. À l'époque de Fanny, le roman était encore un genre trouble, surtout s'il était écrit par des femmes. On affectionne pour les femmes une éducation tranquille, faite de dessin, d'aquarelle, de l'apprentissage du piano, de passe-temps délicats, de broderies, de couture, bref, de toutes ces choses qui forment le caractère des femmes pour en faire de jeunes filles accomplies, bonnes à marier. Les lectures étaient encouragées, mais pas n'importe quelles lectures. À quinze ans, sous la pression de sa belle-mère, Fanny brûlera tous ses écrits. Elle rêve d'être lue, mais a peur du scandale. La réputation d'une jeune dame est si vite entachée...
Fanny se frotte un moment au théâtre, à la comédie. Puis écrit son premier roman, Evelina. Elle écrit ce roman en croyant ne faire qu'un petit livre de la trame de ceux qu'elle a brûlés jadis. Ce roman prendra de l'ampleur, pour devenir un roman épistolaire de plus de 440 pages (pour l'édition française). Elle choisit, tout comme Jane Austen l'avait fait aussi, de publier son livre anonymement. Jane n'avait mit dans la confidence que sa soeur Cassandra. Fanny, en parle à Susan, sa soeur, mais formera également autour d'Evelina, un complot familial serré. Fanny modifiera son écriture pour le manuscrit d'Evelina, pour plus de précautions. Son frère Charles sera l'intermédiaire entre Fanny et l'éditeur, avant que leur cousin Edward prenne la relève. L'éditeur doit faire suivre tout courrier dans un lieu anonyme, un café. À l'image de l'humour de ses romans, Fanny surprendra ses propres parents en pleine lecture d'Evelina. Son père dira même que c'est "le meilleur roman qu'il connaisse", alors que l'auteur est devant lui et qu'il l'ignore...
La critique de l'oeuvre de Fanny Burney est élogieuse. On la qualifie de pétillante, de divertissante et d'agréable. Le paradoxe le plus étonnant entre Jane et Fanny, est leur rapport à la reconnaissance. Fanny, lorsqu'elle fût démasquée, fût très appréciée et son travail a été reconnu de son vivant. Elle a connu la popularité de ses écrits. Qu'en est-il aujourd'hui? Elle a sombré peu à peu dans l'oubli populaire et ses oeuvres ne sont pas éditées en français, sauf Evelina qu'on peut dénicher plus ou moins facilement. Elle est difficile à trouver en librairie, voire inconnue de la plupart des gens. Jane Austen ne goûta pas vraiment la gloire de son vivant. Elle a connu des débuts difficiles, puis a publié certains succès, qui lui ont amené l'admiration et un peu d'argent. Mais pas autant que Fanny. Pourtant, Jane Austen a marqué l'imagination de nombre de lecteurs. Ses romans sont populaires encore aujourd'hui, ils se trouvent facilement en librairie, sont traduits en plusieurs langues, et ses histoires sont adaptées pour le petit et le grand écran. Jane Austen aimait les oeuvres de Fanny Burney. Elle en fait une sorte d'hommage dans Northanger Abbey. Son roman le plus populaire, Orgueil et préjugés, est inspiré quelque peu d'Evelina. On retrouve également un Mr Willoughby dans Raison et sentiments (1811), alors que c'est un personnage central d'Evelina (1768).
Evelina est une jeune fille issue d'une lignée familiale reconnue, avec une grande fortune. Son histoire familiale est trouble. Mr Evelyn, un anglais, épousa une française, Mme Duval. Ils eurent une fille, Miss Evelyn. À la mort de Mr Evelyn, elle fût confiée par testament au révérand Mr Villars, car le père considérait sa femme comme inapte à pourvoir à l'éducation d'une jeune fille. Miss Evelyn se maria à Lord Belmont qui, lorsqu'il apprit que la forune de la famille ne lui revenait pas, brûla ses papiers de mariage et abandonna Miss Evelyn. Elle était alors enceinte, accoucha d'une enfant, Evelina, avant de mourir en couches. L'enfant fût confiée à Mr Villars, qui s'en occupa jusqu'à ce qu'elle soit en âge de faire son entrée dans le monde. Le roman débute alors qu'Evelina reçoit une invitation à se rendre près de Londres pour y visiter de la parenté. Elle quitte sa campagne pour se frotter au grand monde, avec peu d'espoir pour l'avenir, puisqu'elle est privée de toute sa fortune. Elle rencontrera sa grand-mère, la colorée Mme Duval. Les 440 pages du romans portent ensuite sur ses rencontres, sur ses sorties et sur sa famille aux manières discutables.
Lire Evelina aujourd'hui nous fait découvrir un récit à la fois semblable et différent des oeuvres d'Austen. Evelina est un roman épistolaire. Austen s'est essayée à ce genre avec Lady Susan. Austen et Burney apprécient toutes deux l'humour et elles critiquent aisément la société qui les entoure. Chez Austen, cet humour est plus mordant, avec des réparties étonnantes et cinglantes pour l'époque. Son écriture est aussi, à mon sens, plus raffinée. Chez Burney, on frôle par moment le burelesque. Elle a écrit des comédies pour le théâtre et on le sent dans son écriture, du moins dans Evelina. Je ne raffole pas du burelesque. Et dans Evelina, on voit souvent les personnages se quereller. Ils manquent parfois de classe ou de bonnes manières, mais leur attitude est poussée à l'extrème. On n'a qu'à penser à l'acharnement du Capitaine sur Mme Duval ou alors les discordes incessantes dans la famille d'Evelina.
Mon intérêt pour ce livre résidait surtout en la découverte de l'auteur qu'on compare aisément à Jane Austen. Le titre complet, Evelina, ou l'entrée d'une jeune personne dans le monde, laisse entendre qu'on assistera aux bals, aux thés, aux sorties mondaines, aux rencontres avec des jeunes hommes. Comme on dit qu'Austen puisa dans ce livre son inspiration pour Orgueil et préjugés, je m'attendais à y retrouver cette sorte de raffinement qui me plaît tant chez Austen. Le burelesque est de beaucoup plus présent chez Fanny Burney que ces belles descriptions élégantes. Beaucoup de disputes, de manque de tact, de personnages grossiers peuplent l'histoire. Après des centaines de pages de ce régime, la lecture m'a semblée plutôt lourde. Les personnages n'ont rien d'aussi attachants que ceux que créaient Austen. Le Mr Willoughby d'Evelina est bien différent de celui de Raison et sentiments. Evelina est douce, réservée, maladroite. On ne comprend pas toujours sa façon de se comporter. Elle côtoie la société de gens qui la méprise et se moquent d'elle alors qu'elle pourrait, ma foi, rentrer chez elle et retrouver la paix, ainsi que son bienfaiteur, Mr Villars. Mr Lord Orville et Evelina Anville sont des créations plutôt pâles à côté des éclatants Mr Darcy et Elizabeth Bennet.
Alors, doit-on lire ou non Fanny Burney? Je dirais, malgré tout que oui. Elle reste le témoin privilégiée d'une époque, un auteur qui projette un certain regard sur son temps et qui critique la société qui l'entoure. Est-ce aussi captivant que ce que savait faire Austen? Non, je ne crois pas. Est-ce la raison pour laquelle Austen est toujours très lue et très accessible aujourd'hui, alors que Fanny Burney est tombée peu à peu dans l'oubli? Peut-être bien...
Les liens de l'amitié
Delaf & Dubuc
Série Les nombrils tome 3
Dupuis
48 pages
Résumé:
Jenny, Vicky (les deux pestes top canons) et Karine (la gentille grande bringue) sont de retour ! Au menu de ce troisième album : des coups bas, quelques beaux gars, de la trahison en veux-tu en voilà, bref de l'amour haine et tout le tralala, des oh et des ah et puis aussi un scoop final à en rester baba ! Pas de doute, avec les Nombrils, on ne s'ennuie pas !
Mon commentaire:
Encore une fois nous retrouvons Jenny et Vicky, toujours fidèles à elles-mêmes, ainsi que Karine, qui ne change pas beaucoup d'une bd à l'autre. Cette fois, Jenny goûte quelque peu à sa propre médecine depuis qu'elle s'est cassé une jambe et un bras et qu'elle est la risée de toute l'école. Son amitié avec Vicky bat de l'aile et Karine est coincée entre les deux.
Karine tente quand même d'entretenir sa relation avec Dan mais c'est difficile quand on se laisse mener par la bout du nez par deux amies qui n'en font qu'à leur tête...
Dans cet album, des personnages secondaires prennent une plus grande importance et les auteurs diversifient un peu plus les gags en faisant appel à eux. Ce troisième tome se termine sur une note vraiment triste et on veut savoir ce qu'il adviendra de Karine... Vivement le quatrième tome!
En complément:
Le site web officiel de la série.





























