La bibliothèque d'Allie

Bienvenue dans ma bibliothèque! Auteurs, chroniques, littérature, extraits, dossiers, liens, etc. De tout pour vous donner le goût de lire!

25 juin 2009

La Grosse île: terre de chagrin et d'espoir

grosseileAnne Renaud
Les éditions Homard
24 pages

Résumé:

De 1832 à 1937, plus de quatre millions de personnes ont traversé l’Atlantique jusqu’au port de Québec dans le rêve de se créer une vie meilleure dans le Nouveau Monde. Durant cette période, une petite île appelée la Grosse-Île, située à 50 kilomètres en aval du port, a servi de station de quarantaine. Elle avait pour mission d’éviter que les passagers des navires ne répandent des maladies sur le continent. Ce livre retrace l’histoire de l’île qui a servi à la fois de porte d’entrée et de cimetière pour les milliers de gens qui ont accosté sur ses rives, et des ouvriers de l’île dévoués qui les ont accueillis.

Mon commentaire:

Cet album, d'abord conçu pour la jeunesse, est très intéressant pour tous. Le texte est assez concis, mais le livre peut être lu avec plaisir pour les jeunes à partir de 8 ans environ. Les adultes y trouveront leur compte dans la mise en page soignée et l'occasion de voir en images un peu de la vie des émigrants irlandais qui ont quitté leur pays en quête d'une vie meilleure de ce côté-ci de l'océan. Des guerres Napoléoniennes jusqu'au lieu de mémoire qu'est aujourd'hui Grosse-Île, l'auteur nous plonge sur les mers et nous explique les débuts de l'île. À l'époque, la traversée en bateau jusqu'ici dure en moyenne de six à dix semaines. Les irlandais quittent en masse leur pays avec l'espoir au coeur, car le mildiou attaque leurs récoltes. Grosse-Île est d'abord une station de quarantaine pour les bateaux arrivant au Canada. Le choléra sévit sur les navires et les médecins ne savent pas comment se transmet la maladie. Ils examinent rapidement les passagers et délivrent un certificat sanitaire au navire. Mais plusieurs passagers tombent malades après avoir franchit le poste de quarantaine et la propagation augmente dans les colonies.

Le livre est très intéressant puisque c'est l'occasion de voir des affiches de l'époque, des objets utilisés par les émigrants, d'en apprendre plus sur les moeurs et coutumes, sur la médecine, mais aussi sur les différents narives. On apprend entre autre que le Jeanie Johnston avait à son bord un médecin aux aguets, qui insistait sur l'hygiène et le grand air. Il fera 16 traversées et aucun de ses passagers ne sera malade. Ce qui est d'autant plus rare que de nombreux navires sont rebaptisés les "navires-cercueils"...

Un fait qui m'a également étonnée et auquel je n'avais jamais pensé, c'est que de nombreux employés travaillent dans l'île et qu'une douzaine de familles, avec leurs enfants, y vivent. Ils ont une école, entretiennent les bâtiments et élèvent des animaux. Après le passage des émigrants, l'île aura plusieurs vocations, avant de devenir un site historique en 1974. Les dernières pages du livre y sont consacrés.

Lieu de tristesse, de mort pour plusieurs, étape vers une nouvelle vie pour d'autres, Grosse-Île est un lieu chargé d'histoire que je souhaite ardemment pouvoir visiter un jour...

En complément:

Pour d'autres livres sur Grosse-Île, cliquez ici. Des nouveaux titres s'ajouteront au fil du temps.
Faites une visite virtuelle de Grosse Île.

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23 juin 2009

Anne... la maison aux pignons verts

anne1Lucy Maud Montgomery
Série Anne tome 1
Québec Amérique
374 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Sur le quai de la gare, Marilla et Matthew attendent l'orphelin qui les aidera sur leur ferme. C'est une rouquine aux yeux pétillants qui se présente... Jouir de la magie des mots, rire de ses propres défauts, s'émerveiller face à la nature, découvrir un coin de pays pittoresque, voilà ce qui nous attend dans ce roman inoubliable.

Mon commentaire:

Je connaissais Anne à travers la télévision, mais je n'avais jamais abordé le classique de Lucy Maud Montgomery. C'est chose faite et c'est un véritable coup de coeur! Anne est une enfant pétillante, remplie de magie, qui continue de s'émerveiller même à l'aube de l'âge adulte. Anne c'est l'enfant qui sommeille en chacun de nous, c'est le feu d'artifices de notre imagination, c'est la beauté de la nature et des réflexions qui charment tout le monde, y compris Marilla qui, à contrecoeur au début, décide finallement de garder Anne près d'elle. L'univers d'Anne est féérique.

Anne est une fillette bourrée d'imagination, romantique à souhait, qui sait rendre intéressant une simple anecdote ou donner un côté théâtral à la vie, tout simplement. Elle sait se faire aimer de tous, même en étant incroyablement maladroite et en enchaînant les bévues et les oublis. Elle donne le sourire à ses détracteurs, qui finissent par la prendre en affection avec ses manières spontanées et son bavardage incessant. Puisant dans son imagination débordante, c'est ce qui lui a permit de survivre d'une famille d'accueil à une autre, en passant par l'orphelinat, jusqu'à se retrouver à Green Gables (Pignons verts). Là-bas, elle fait le bonheur de Matthew et même de Marilla, qui ne veut se laisser aller à ses sentiments, mais qui tombe elle aussi sous le charme de la petite rouquine.

L'univers d'Anne est rempli de poésie, de notes sur la nature, les fleurs, la vie à Green Gables. Anne aime les livres et rêvasser en regardant par la fenêtre du pignon est, là où se trouve sa chambre. En quelques phrases, Lucy Maud Montgomery nous rend tout de suite sympathique sa jeune héroïne et nous plonge dans un univers enchanteur, à Avonlea. L'écriture est limpide, rafraîchissante, à l'image d'Anne. On a l'impression d'être nous aussi à Green Gables et de partager la vie d'Anne et des siens. Certains chapitres sont drôles et amusant, d'autres sont plus émouvants.

Les histoires d'Anne se poursuivent à travers plusieurs autres tomes et l'univers d'Avonlea nous est raconté à travers quantité d'autres romans et recueils de nouvelles que je compte bien lire au fil du temps. Cette rencontre avec Lucy Maud Montgomery en est une magnifique, sa petite Anne étant une enfant magique qui a su me charmer dès ses premières interventions dans le roman.

À découvrir, à lire, assurément! Un grand classique magnifique!

Quelques extraits:

"Vous ne vous imaginez jamais que les choses sont différentes de la réalité?", demanda Anne, les yeux écarquillés.
"Non."
"Oh!" Anne poussa un profond soupir. "Oh, mademoiselle, oh Marilla, si vous saviez ce que vous perdez!"
p.65

"Marilla sentait confusément, sans rien y pouvoir changer, que tout cela méritait les plus sérieux reproches, mais elle était incapable d'en faire, car, incontestablement, certaines choses qu'Anne venait de dire, en particulier à propos des sermons du pasteur et des prières de M. Bell, correspondaient exactement à ce qu'elle avait toujours pensé, en son for intérieur, depuis des années, sans jamais osé le dire. Il lui sembla même que ces pensées critiques intimes qu'elle n'avait jamais exprimées venaient de prendre une forme concrète et accusatrice, en la personne de ce petit bout d'humanité abandonnée qui ne manquait pas d'audace." p. 98

"... espérer quelque chose, c'est déjà ressentir la moitié du plaisir que cette chose vous procurera", s'exclama Anne. "Il se peut qu'elle ne se produise pas, mais il vous restera toujours le plaisir de l'avoir espérée. Mme Lynde dit "Bienheureux ceux qui ne s'attendent à rien, car ils ne seront pas déçus." Mais je pense, moi, qu'il est pire de ne s'attendre à rien que d'être déçu." p.114

"Il y a en moi beaucoup d'Anne différentes. Je pense, parfois, que c'est pour cette raison que je cause tant de problèmes à tout le monde. Si j'étais une seule et unique Anne, ce serait certainement plus pratique pour les autres, mais ce ne serait pas aussi passionnant." p.196

"Marilla, n'est-il pas merveilleux de penser que demain commence une journée dépourvue de bêtises?
"Je te fais confiance pour remédier à cela", dit Marilla, "tu n'as pas ta pareille pour commettre des bêtises, Anne."
"Oui, je ne le sais que trop bien", admit Anne, tristement. "Mais Marilla, n'as-tu pas remarqué quelque chose d'encourageant? Je ne fais jamais la même bêtise deux fois."
"Je me demande où est l'avantage, puisque tu en inventes toujours de nouvelles."
"Mais, oh, Marilla, ne comprends-tu pas? Il doit bien y avoir une limite au nombre de bêtises qu'une personne peut inventer, et, quand j'aurai atteint cette limite, ce sera terminé. Tu ne peux savoir à quel point cela me réconforte."
p.214

En complément:

Un site web en français sur Lucy Maud Montgomery.
Le site officiel d'Anne of Green Gables.
Celui sur les 100 ans de l'histoire d'Anne.
Un dossier d'archives et plusieurs vidéos sur le phénomène Anne .

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22 juin 2009

Paul à Québec

paulaquebecMichel Rabagliati
Série Paul tome 6
La Pastèque
187 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Sixième tome des aventures de Paul.  L’achat d’une première maison et la mort d’un proche sont au cœur de ce nouvel opus.

Mon commentaire:

J'aime le travail de Michel Rabagliati. Depuis le tout début. Ses bandes dessinées sont des instantanés de vie dans lesquels on se reconnaît assurément. Paul à Québec ne fait pas exception et en plus, c'est une histoire très touchante qui m'a fait verser quelques larmes. Cependant, dans l'univers de Paul il y a toujours place à l'humour, même si le sujet abordé n'est pas rose tous les jours. Ici, l'auteur nous parle d'une famille, celle de la femme de son alter-ego, Paul. Les retrouvailles entre les membres de la famille, les repas, les fêtes, on s'y retrouve beaucoup. Les petites blagues entre les membres d'une même famille, les activités qui les unissent, on retrouve l'esprit familial dans cette bande dessinée. Jusqu'à ce que Paul et sa conjointe soit confronté à l'inévitable: le vieillissement d'un parent, la maladie, le deuil.

Comme d'habitude, Michel Rabagliati sait doser à la perfection l'humour qui se glisse ici ou là, même dans les moments les plus difficiles. Comme dans la vie. Des fous rires imprévisibles aux larmes qu'on ne peut retenir, c'est une bande dessinée remplie d'émotions, comme je les aime. Lire Paul c'est aussi se retrouver un peu. Et c'est ce que j'aime profondément du travail de Rabagliati. Il nous parle de lui, mais aussi de nous. Il réussit toujours à venir me chercher, que ce soit par la nostalgie, le rire ou l'émotion.

Contrairement à beaucoup d'auteurs, je trouve qu'au fil des oeuvres de Michel Rabagliati, son travail prend de plus en plus d'ampleur, de qualité. Ses parutions sont toujours à surveiller, elles sont excellentes. J'ai beaucoup aimé la fin de cette histoire-ci, qui traite le deuil et la mort avec une infinie tendresse et un grand respect...

Michel Rabagliati est un incontournable. À lire absolument!

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21 juin 2009

Rapide blanc

rapideblancPascal Blanchet
La Pastèque
150 pages

Résumé:

Rapide-Blanc se trouve aux abords de la rivière Saint-Maurice et d'un barrage hydro-électrique. À l'époque, ce «village de compagnie» avait été érigé par la Shawinigan Water and Power à l’intention des ouvriers de l’entreprise. Isolés en forêt, les gens devaient donc habiter sur place. Il y avait une petite station de ski, une église, un magasin général; bref, c'était un microcosme d'un véritable village. Dans les années 70, le village a été démantelé. Aujourd'hui, il reste encore sept ou huit maisons en brique. Un village fantôme, comme on en trouve des dizaines sur le bord des rivières du Nord québécois.

Mon commentaire:

Rapide Blanc est un petit village créé de toutes pièces par la Shawinigan Water and Power Company à une soixantaine de kilomètres au nord de La Tuque. Ce village abritait en fait une centrale électrique construite autour de 1930. Pour inciter des travailleurs à s'y rendre, la compagnie fit construire un beau village. Celui-ci fut fermé en 1971 par Hydro-Québec, victime en quelque sorte des progrès de la technologie. Le village abrita au cours de sa courte existence environ une cinquantaine de maison et 250 personnes.

L'album de Pascal Blanchet nous raconte en accéléré l'histoire de ce village, de sa conception jusqu'à sa fermeture. Il retrace à travers ses images très graphiques et une économie de mots, tout ce que fut Rapide Blanc. C'est un album très intéressant puisqu'il nous parle d'un sujet qui existe peu, celui des villages fantômes, mais surtout, de ceux qui y ont habités et des raisons pour lesquelles ils ont dû quitter leurs maisons. À mi-chemin entre la bande dessinée et l'album (car il n'y a pas de bulles ni de case mais le livre utilise une page pour une image) Pascal Blanchet fait revivre tout un monde aujourd'hui disparu. C'est un livre qui vaut la peine, un peu court toutefois, mais qui me donne envie de découvrir les autres oeuvres de l'auteur: La fugue et Bologne.

En complément:

Je vous invite à visiter le site du Rapide-Blanc, qui recrée à l'aide de photos historiques et d'articles de journaux la vie dans ce petit village.

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20 juin 2009

Milieu naturel

toxicplanet1David Ratte
Série Toxic Planet tome 1
Paquet
55 pages

Résumé:

On vous l'avait bien dit ! A force de faire tourner les usines à fond et de polluer sans réfléchir, tout le monde est obligé de porter des masques à gaz. ET c'est pas prêt de s'arranger... Bienvenue sur Toxic Planet !

Mon commentaire:

Cette série de bandes dessinées traite de l'écologie poussée à son extrême. Les personnages vivent dans un monde extrêmement pollué et doivent porter des masques à gaz en permanence. Ce qui laisse la place à de nombreux gags sur la vie qu'ils mènent, les problèmes à se reconnaître l'un l'autre et les réflexions qu'ils ont par exemple au musée, devant un arbre, dont on explique aux visiteurs qu'il poussait librement et aléatoirement sur la planète, avant...

C'est donc un album ironique, qui se veut un regard à la fois plein d'humour et une vision apocalyptique de ce que pourrait être éventuellement notre planète si on n'en prend pas soin plus qu'il ne le faut... Le premier album est à la hauteur, en offrant dans la moitié du haut de chaque page des cases de bd et une petite histoire en bas de chaque page à la manière d'un flip book lorsqu'on tourne les pages. Cette bande dessinée m'a suffisamment intéressée pour que je récidive plus tard avec la suite. Le sujet est original et traité de belle façon. Ça me plaît beaucoup.

En complément:

Le site de Toxic Planet, malheureusement très peu mis à jour...

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18 juin 2009

Nos étés - L'esprit des vacances dans le bas du fleuve (1900-1930)

nosetesSébastien Brodeur
Trécarré
160 pages

Résumé:

Comme en témoignent les personnages de la série Nos étés, les vacanciers fréquentent depuis longtemps les paysages majestueux du Bas-Saint-Laurent. Le temps d'une saison, ils chantent, dansent et respirent avec ravissement un air pur ou se mêlent les arômes salins du grand fleuve et les parfums enchanteurs de la campagnes. Qu'ils courent les nombreuses soirées galantes ou ne cherchent qu'à se reposer sur les grèves paisibles, leur présence marquera à jamais ce charmant coin de pays. C'est leur histoire qui est ici relatée, L'histoire de la famille Desrochers, de leurs voisins les Belzile et de tous les autres villégiateurs venus d'aussi loin que Toronto ou New York pour admirer les beautés naturelles et rencontrer les gens de cette région exceptionnelle qui borde les rives du Saint-Laurent.

« Ici, respirons, roulons-nous sur l'herbe, attrapons les mouches, plongeons-nous dans la marée montante...»
Arthur Buies, 1873

Mon commentaire:

Nos étés c'est d'abord et avant tout une série télévisée racontant le destin de deux familles, dans le Bas-Saint-Laurent. Cette région était une destination très prisée des bourgeois au début des années 1900. Qu'on ait vu ou non la série, ce livre de Sébastien Brodeur demeure un ouvrage très intéressant pour qui se passionne pour l'histoire. À travers de nombreux aspects comme l'hébergement, les transports, les divertissements, on apprend à mieux connaître ceux qui venaient passer de longs mois de vacances dans le Bas-Saint-Laurent.

Le livre est construit en alternant des photographies tantôt issues des archives, tantôt tirées de la télésérie. On fait facilement la différence entre les deux puisque ces dernières sont en couleurs. Dans ce livre, on apprend une foule d'anecdotes intéressantes. Les vacances étaient avant tout réservées à une certaine élite, la plupart du temps de grandes familles anglaises. L'idée de partir en villégiature pendant de longs mois est d'ailleurs une idées typiquement anglaise. À l'époque, les journaux locaux tenaient une liste des faits et gestes de la région, indiquaient les arrivées et les départs de telle ou telle famille. La présence de certaines personnes respectées pouvaient faire la renommée d'un petit village qui devenait tout à coup la destination tendance. Certaines anecdotes sur l'idée qu'on se faisait des voitures, sur les convenances ou même le maillot de bain font certainement sourire aujourd'hui. J'ai été également étonnée d'apprendre que plusieurs familles de cultivateurs offraient leur maison en location aux plus nantis et convertissaient le "fournil" (sorte d'hangar ou de bâtiment de ferme) en maison estivale pour eux-même. L'arrivée des estivans étant une source de revenus non négligeable pour plusieurs familles de la région.

Nos étés est un très beau livre sur une certaine partie de notre histoire peu exploitée, celle du divertissement et du délassement, longtemps réservée à l'élite et la bourgeoisie. Alors que pour leur part, les classes moyennes et les plus pauvres, étaient plutôt au service de ces bourgeois qui venaient de loin et débarquaient pour plusieurs mois avec leurs domestiques et des tonnes de malles. Ce livre porte bien son sous-titre puisqu'il véhicule à merveille l'esprit des vacances d'une certaine époque et l'histoire estivale de toute une région.

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17 juin 2009

La mystérieuse Frances Rain

mysterieusefrancesrainMargaret Buffie
Éditions Pierre Tisseyre
293 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Lizzie a quinze ans, un nouveau beau-père qu'elle déteste et une famille qui se dispute sans arrêt. Comme chaque année, elle rejoint le chalet de sa grand-mère au bord du lac, où elle doit passer l'été. Le site est enchanteur. Pour échapper à sa famille, Lizzie part explorer une petite île oubliée. La découverte qu'elle y fera est étonnante!

Mon commentaire:

Ce roman est l'un de mes livres jeunesse préférés. Je l'ai lu vers l'âge de l'héroïne, peut-être même un peu plus jeune. Il m'avait fait voyager au bord d'un lac le temps d'un été en ville caniculaire. Je l'ai relu depuis à quelques reprises et c'est une histoire qui me plaît toujours beaucoup. Ce roman n'est malheureusement plus très connu et pourtant il le devrait. L'écriture est très simple, agréable.

L'histoire raconte la vie de Lizzie, une adolescente à la croisée des chemins. Trop jeune pour certaines choses, trop vieille pour d'autres, elle se cherche et se découvre tranquillement. Elle n'a plus trop envie de passer tout l'été près de sa famille et décide de s'échapper vers le lac et ses îles. C'est un roman sur le détachement que tout jeune doit faire avec ses parents un jour ou l'autre. Sauf que sur l'île, la découverte qu'elle fera l'amènera à jeter un autre oeil sur elle et sa famille et à comprendre certaines choses...

L'auteur utilise un brin de fantastique et un peu d'histoire pour agrémenter son roman et pour faire rêver ses lecteurs. Le chalet de la grand-mère semble tout simplement idyllique et donne envie d'être en vacances. Lizzie est un personnage intéressant et attachant, avec ses questionnements et ses rêves. Son exploration de l'île est une vraie aventure!

Un livre moins connu aujourd'hui, à découvrir assurément car il réserve de beaux moments de lecture! À noter que ce livre a remporté une panoplie de prix largement mérités.

En complément:

Le site web de l'auteur (en anglais)

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12 juin 2009

Dahlia

dahliaBarbara McClintock
Circonflexe
32 pages

Résumé:

Charlotte vit toutes sortes d'aventures avec Bruno, son ours en peluche. Jusqu'à ce qu'un beau matin, un colis arrive pour elle. Dans la boîte, il y a une poupée...

Mon commentaire:

C'est d'abord le dessin vieillot, à l'ancienne, qui m'a attiré. L'histoire raconte la vie de Charlotte, une petite fille, qui aime jouer dans la boue, ramasser des insectes, grimper aux arbres. Elle n'a pas de poupée et ne les aime pas. Elle me fait terriblement penser à moi lorsque j'étais petite. Un jour, tante Alice lui envoie une poupée. Charlotte est un peu contrariée puisqu'elle croit que cette poupée va l'empêcher de mener la vie qu'elle mène avec Bruno, son ours en peluche. Mais Charlotte découvrira que même une poupée peut avoir les mêmes jeux qu'elle...
Cet album est en fait une belle façon d'aborder la façon dont on présente les jouets aux garçons comme aux filles. J'y vois une forme de représentation de ce que l'on s'attend d'une petite fille... alors qu'au fond le plus important pour les enfants est de s'amuser. La tante Alice est un beau personnage de vieille femme, qu'on croit dure et sévère... alors qu'elle nous révèle une petite surprise. Un joli album aux airs d'antan.

Un extrait:

"Nous aimons faire des trous dans la terre et grimper aux arbres, confia Charlotte à la poupée. Pas de petites réceptions pour le goûter, pas de promenades en landau bordé de franfreluches. Il va falloir t'habituer à notre façon de vivre."

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08 juin 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

cerclelitterairedesamateursdepluchuresdepatatesMary Ann Shaffer & Annie Barrows
NiL éditions
390 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l'occupant allemand: le "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates". De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour et d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...

Mon commentaire:

Sitôt la dernière page tournée, j'avais envie de relire ce roman épistolaire exceptionnel. Pour moi, il n'en est rien de moins. Il est arrivé dans ma vie pendant un moment difficile. Il m'a permis de faire une escapade ailleurs, de rencontrer des personnages intéressants et de rire. Je l'ai emprunté. Je compte bien me l'acheter. J'ai passé des heures magnifiques à Guernesey, une petite île anglo-normande dont je ne connaissais même pas l'existence. Ce roman-bonbon est une lecture à la fois amusante, humaine, aux personnages inoubliables de bonté et de coeur. L'histoire, qui se passe après la guerre, pourrait être tragique. Même si les faits racontés le sont, le roman en est un d'espoir. J'avais envie de noter tous les passages pour les lire et les relire. Ce roman m'a fait pensé à 84 Charing Cross Road. Les lettres échangées sont impertinentes, amusantes, drôles. On a envie de faire comme Juliet, de prendre le bateau et de partir pour Guernesey, retrouver les membres du cercle littéraire.

Tout m'a plu dans le roman. Les personnages, la façon dont Dawsey et Juliet entrent en contact (je rêve moi aussi que quelqu'un m'écrive aprês avoir acheté un de mes bouquins vendus dans une bouquinerie d'occasion!), l'intrigue, les romans, les lettres... Si vous n'avez pas encore lu Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de grâce, lisez-le! L'histoire plaira à tous ceux qui aiment les livres et la simplicité de la vie.

Un petit mot sur les auteurs du livre. Mary Ann Shaffer a été bibliothécaire et libraire. On le sent dans son roman, l'amour des livres, l'amour des mots. Elle nous parle d'un univers qui nous est cher, nous, les lecteurs. Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est sont premier - et malheureusement dernier - roman. Elle est décédée en 2008, après avoir appris que son livre serait publié. Elle n'en connaîtra pas le succès mais je trouve réconfortant de savoir que son livre comble nombre de lecteurs. Annie Barrows est sa nièce, avec qui elle a écrit le livre. Elle est auteur de livres pour enfants.

Quelques extraits:

"Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal. Comme il serait délicieux que ce soit le cas." p.21

"J'adore faire les librairies et rencontrer les libraires. C'est vraiment une espèce à part. Aucun être doué de raison ne deviendrait vendeur en librairie pour l'argent, et aucun commerçant doué de raison ne voudrait en posséder une, la marge de profit est trop faible. Il ne reste donc plus que l'amour des lecteurs et de la lecture pour les y pousser. Et l'idée d'avoir la primeur des nouveaux livres." p.28

"Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais." p.80

"Savais-tu que Wilkie Collins avait entretenu deux foyers avec deux maîtresses et deux nichées d'enfants? Il devait avoir des soucis d'organisation terrifiants. Pas étonnant qu'il se soit adonné au laudanum." p.88

"Qu'est-ce que tu as bien pu raconter à Isola? Elle s'est arrêtée ici sur le chemin du manoir, où elle allait chercher Orgueil et préjugés, et m'a grondée de ne lui avoir pas parlé d'Elizabeth Bennet et de Mr. Darcy. Pourquoi ne lui avait-on pas dit qu'il existait des histoires d'amour sans hommes déséquilibrés, sans angoisse, sans mort et sans cimetières! Que lui avions-nous caché d'autres?". p.291

"Toute ma vie, j'ai cru que l'histoire se terminait quand le héros et l'héroïne annonçaient leur mariage. Et, après tout, ce qui est bien pour Jane Austen devrait suffire à tout le monde. Mais c'est faux." p.390

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03 juin 2009

Libre et légère

libreetlegereEdith Wharton
Flammarion
207 pages

Résumé:

La jeune, belle et capricieuse Georgie renonce à son amour pour Guy Hastings afin d'épouser lord Breton, plus vieux d'une quarantaine d'années mais fort riche : tel est l'argument audacieux de ce premier court roman d'Edith Wharton écrit en 1877, à l'âge de quatorze ans. Oeuvre majeure entourée d'un parfum de soufre, Libre et légère surprend non seulement par sa maturité mais aussi parce qu'il contient en germe un grand nombre de thèmes whartoniens : l'impossibilité d'aimer son égal, l'horreur du mariage, la solitude de l'adolescence, le contraste entre la femme volontaire, née pour l'exception et la jeune fille modeste et vertueuse, promise à une vie normale.

Mon commentaire:

Libre et légère comporte deux textes qui sont intimement liés même s'ils ont été écrits à trente ans d'intervalle. Le premier texte, Libre et légère, a été écrit par Edith Wharton à l'âge de quatorze ans. Après la lecture d'un tel texte, on a du mal à croire qu'il a été écrit à un si jeune âge. Déjà, Wharton pose un regard critique sur le monde rempli de conventions qui l'entoure. Il faut dire que la jeune Edith, a déjà à l'époque cette maturité propre aux jeunes filles que l'ont préparait à devenir de parfaites épouses, le mariage étant souvent un des seuls buts de leur existence. L'époque et les cercles dans lesquels Wharton évoluaient lui font voir ce qu'on attend d'elle et les rouages qui composent les mariages. Ceci expliquant peut-être sa si grande maîtrise et sa capacité d'écriture déjà très développée. Ce court roman semble avoir hanté Edith Wharton puisqu'elle y revient trente ans plus tard en écrivant la nouvelle Expiation.

Ce second texte met en scène une femme vertueuse qui écrit un roman intitulé Libre et légère. Ce roman au titre sulfureux, laisse entrevoir une histoire choquante et cause du tourment dans l'entourage de l'écrivaine. En écrivant sur l'écriture, Wharton pose clairement la question de ce qui fait une bonne écrivaine, jusqu'à quel point doit-on se laisser aller dans son sujet. Jusqu'où doit-on l'aborder? Doit-on dire tout ce qu'on a à dire, au risque de déplaire ou de choquer? Expiation pose également l'idée de l'attente des critiques qui suivent la parution d'un premier roman. Libre et légère, écrit sous un pseudonyme masculin, ne semble pas avoir reçu de très bonnes critiques à sa parution, comme on peut en lire des extraits dans le livre. Mrs Fetherel dans Expiation est déçue de ce qu'on dit de son histoire. Expiation est en quelque sorte un retour sur les écrits de Wharton et sa condition de femme écrivaine dans une société remplie de conventions et de faux-semblants.

Il est intéressant d'avoir regroupé les deux textes sous une même couverture, puisque les deux me semblent vraiment liés. Libre et légère annonce déjà l'écrivain en devenir qu'a été Wharton. Expiation pose un regard et un questionnement sur l'écriture et ce qui compose les romans.
Un livre bien agréable à découvrir.

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