26 juillet 2009

La traduction est une histoire d'amour

traductionhistoiredamourJacques Poulin
Leméac / Actes Sud
131 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Un vieil écrivain, monsieur Waterman, vit à Québec dans une tour. Sa traductrice, la jeune Marine, est une Irlandaise aux cheveux roux et aux yeux verts; elle habite un chalet à l'île d'Orléans, parmi les chats, les ratons laveurs, les hérons bleus et les chevaux de course à la retraite. Entre ces deux personnages se tisse une relation amoureuse peu ordinaire: elle naît sur la Piste de l'Oregon, grandit avec leur passion commune pour la musique des mots et atteint sa maturité dans une enquête sur une mystérieuse adolescente qui leur met le coeur à l'envers.

Mon commentaire:

Avec ce livre, j'ai fais les choses dans le désordre. J'aurais dû lire celui-ci, avant de lire L'anglais n'est pas une langue magique. Ce dernier est en fait un beau complément à La traduction est une histoire d'amour. On y retrouve les mêmes personnages, mais un narrateur différent.

La traduction est une histoire d'amour est un livre magnifique, comme seul sait les écrire Jacques Poulin. Plus je lis ses romans, plus j'aime son univers, son écriture tout en finesse, en douceur. Il fait vivre une atmosphère qu'il décrit en quelques lignes, quelques pages. Ses personnages sont tous profondément humains, avec cette touche de poésie qui les caractérise. Poulin manipule les mots avec une douceur infinie et nous livre des histoires qui laissent une marque et qu'on ne peut oublier.

Jacques Poulin a ses détracteurs qui lui reprochent de toujours écrire le même livre. Mais Poulin a aussi ses inconditionnels, dont je fais partie, qui l'aiment d'amour. Retrouver ses livres c'est retrouver des chats, d'autres livres, l'acte profond de l'écriture et la ville de Québec, ou ses environs. Poulin voit dans les petites choses de la vie, matière à de grandes choses. C'est son regard qui me fascine et me rejoint et que je retrouve chaque fois avec un plaisir infini.

Beaucoup d'éléments dans ce livre m'ont fait réfléchir et sourire aussi. Jack Waterman étant l'alter égo de Jacques Poulin, j'ai souvent le sentiment que l'auteur nous parle de lui à travers Waterman. Ici, quelques notes qui me font penser tout de suite à Poulin, surtout lorsqu'on sait que c'est un écrivain qui se tient dans l'ombre et n'aime pas être au premier plan.

"Dès le début, monsieur Waterman était sur ses gardes. S'il acceptait de répondre aux questions, c'était uniquement parce que son éditeur lui avait tordu le bras; il aurait préféré ne pas s'immiscer entre le lecteur et le livre." p.85

Si j'étais écrivain, probablement que je serais comme ça. Je suis trop sauvage pour devenir un personnage public. Jacques Poulin a une réputation semblable, mais quand il nous adopte, il est d'une bonté infinie. Comme en témoigne un journaliste dans un billet que j'aime beaucoup ou encore dans un autre, ici. D'ailleurs, on entend parler beaucoup des romans de Jacques Poulin, mais très peu de l'écrivain. Étant un peu comme lui, préférant rester à l'écart, je comprends l'idée qu'il se fait d'un roman, d'un écrivain. Je me sens proche de lui, ou de ses personnages, c'est selon. Jacques Poulin, tout comme son personnage Jack Waterman, sont tout ce qu'il y a de plus simples. Ses romans le sont aussi, tout en véhiculant la petite musique des mots qui vient me chercher chaque fois. La traduction est une histoire d'amour ne fait pas exception. Et quel titre magnifique, tout comme L'anglais n'est pas une langue magique.

Un roman que j'ai énormément aimé, dont j'ai étiré la lecture pour faire durer le plaisir.

En quatrième de couverture, on décrit ce roman en deux phrases. Je vous les partage, car je trouve qu'elles correspondent tout à fait à l'idée que j'ai de ce livre (et de Poulin, également):

"L'écriture de Jacques Poulin est toujours une rencontre heureuse. Ce nouveau roman, tout félin, est porté par la chaleur d'une émotion contenue, la douceur d'une amitié silencieuse."

Quelques extraits:

"Ma chambre étant petite et envahie par le bruit des voisins, j'ai pris l'habitude de travailler dans les bibliothèques publiques. La plus proche était celle de l'Institut Canadien, dont l'entrée se trouvait rue Sainte-Angèle. Juste à côté, il y avait également la bibliothèque du Morrin College, paisible et très émouvante avec ses boiseries couleur de miel, l'odeur des vieux livres, l'escalier en colimaçon, la longue mezzanine en bois verni, le bureau ayant appartenu à sir George-Étienne Cartier. L'immeuble était une ancienne prison et, lorsque le nordet faisait gémir les murs, je croyais entendre les détenus qui avaient croupi dans les cellules du sous-sol." p.25

"En cas de doute, fonce tête baissée!" p.83

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Commentaires sur La traduction est une histoire d'amour

    M pour aMour

    Il y a des écrivains qui déclenchent chez moi de l'admiration, d'autres de l'amour. Facile de comprendre que monsieur Poulin est de la deuxième, rare, catégorie. Pour susciter l'amour, il faut que le lecteur se sent proche, concerné, que la voix chuchote à l'oreille. C'est tout à fait le cas ici.

    Les thèmes qui apparaissent d'un roman à l'autre, eh bien, et si on l'aime ces thèmes ? L'amour fait aimer le quotidien, l'habituel, la routine, le déjà-vu revêt des aspect de merveilleux. C'est ça l'amour !

    Posté par Venise, 26 juillet 2009 à 15:01 | | Répondre
  • Il se passe un truc quand on lit Jacques Poulin, il déclenche notre affection immanquablement !
    (moi aussi j'ai commencé par la suite, malheureusement)

    Posté par Cuné, 27 juillet 2009 à 01:55 | | Répondre
  • J'ai découvert cet auteur avec "Les yeux bleus de Mistassini" que j'ai adoré. Je compte bien poursuivre à lire cet auteur.

    Posté par belledenuit, 27 juillet 2009 à 04:41 | | Répondre
  • Mmh, j'ai "L'Anglais n'est pas une langue magique" donc je le lirai tout de même, comme je ne sais pas si je vais avoir ensuite envie de lire d'autres livres du même auteur (en dehors de la "Tournée d'Automne" que va me prêter Malice pour le blogoclub de lecture). Mais je retiens ton conseil pour la suite, who knows ?

    Posté par Lou, 27 juillet 2009 à 08:01 | | Répondre
  • @Venise: je trouve ton commentaire magnifique! C'est tout à fait ce que je ressens! Et c'est tellement vrai quand tu dis: "L'amour fait aimer le quotidien, l'habituel, la routine, le déjà-vu revêt des aspect de merveilleux. C'est ça l'amour !" C'est comme ça dans tout!

    @Cuné: oui! On ne peut qu'aimer!
    Même si j'ai commencé par le mauvais livre, ça n'a pas effecté ma lecture. Les deux peuvent se lire dans le désordre... seulement, on retrouve avec joie dans le deuxième, des personnages du premier!

    @Belledenuit: Je ne l'ai pas encore lu celui-là! Mais il m'attend

    Posté par Allie, 27 juillet 2009 à 08:03 | | Répondre
  • @Lou: j'espère sincèrement que tu aimeras! Comme je disais à Cuné, ce n'est pas grave si tu les lis dans le désordre. Tu pourras les apprécier tout autant

    Posté par Allie, 27 juillet 2009 à 08:06 | | Répondre
  • Et dire que je ne connais absoument pas cet auteur! J'espère que tu me pardonneras, Allie, si je te promets d'en lire un, et de te dédier cette lecture

    Posté par sybilline, 27 juillet 2009 à 08:13 | | Répondre
  • @Sybilline: hum... oui tu es toute pardonnée
    J'espère que cet auteur saura te toucher... je l'ai découvert adolescente et depuis, il ne me quitte plus...

    Posté par Allie, 27 juillet 2009 à 08:17 | | Répondre
  • Ton billet ne peux que venir «me chercher» autant que les écrits de cet auteur que j'aime particulièrement. Merci Allie.

    Posté par Suzanne, 27 juillet 2009 à 11:15 | | Répondre
  • Il est dans ma PAL depuis quelques mois.

    Posté par katell, 28 juillet 2009 à 05:10 | | Répondre
  • @Suzanne: alors tu devrais aimer!

    @Katell: n'hésite pas, c'est un bon livre!

    Posté par Allie, 28 juillet 2009 à 07:31 | | Répondre
  • L'ai déjà lu ma belle et fort apprécié. Belle journée.

    Posté par Suzanne, 28 juillet 2009 à 10:45 | | Répondre
  • Vu ton avis, je note!

    Posté par Edelwe, 29 juillet 2009 à 08:05 | | Répondre
  • @Suzanne: oups j'avais mal compris :S Je croyais que tu avais lu "L'anglais n'est pas une langue magique" mais pas celui-là... Désolée!

    @Edelwe: Oh oui! Il le faut!

    Posté par Allie, 29 juillet 2009 à 12:16 | | Répondre
  • Ah ah, auteur totalement inconnu, je note !

    Posté par liliba, 29 juillet 2009 à 15:02 | | Répondre
  • @Liliba: il le faut, c'est un auteur merveilleux à découvrir!

    Posté par Allie, 29 juillet 2009 à 15:56 | | Répondre
  • Tendresse

    Jacques Poulin, je suis tombée en amour avec son écriture, sa sensibilité, après l'avoir découvert par hasard, suite à un emprunt à la bibliothèque.

    Cet homme là c'est de la tendresse concentrée, et tous ses livres sont un bonheur total pour moi. J'aime, justement, l'impression de me retrouver dans un univers familier, chaque fois que je le lis. Mon préféré (La tournée d'automne), j'ai dû le lire cinq ou six fois, et je le relirai encore.

    Inutile de dire que tous ses livres sont dans MA bibliothèque!

    Posté par Lise, 01 août 2009 à 19:14 | | Répondre
  • @Lise: je partage tout à fait ton enthousiasme et j'adore quand tu dis que c'est de la tendresse concentrée! C'est tout à fait ça! )

    Posté par Allie, 01 août 2009 à 21:11 | | Répondre
  • Excellent livre!

    Posté par amiedeplume, 25 août 2009 à 23:25 | | Répondre
  • J'avais lu ta critique puis noté et ma bibliothèque l'avait. je viens de le terminer, j'ai beaucoup aimé l'atmosphère, le fait qu'il ne se passe pas grand chose, les personnages et leur amitié. Je trouve aussi les titres de chapitres admirables et j'ai été émue de retrouver une langue québécoise. J'aurais aimé que le moment se prolonge, mais si je comprends bien, dans les autres livres de Poulin, il est question des mêmes personnages...

    Posté par elou, 01 janvier 2010 à 13:09 | | Répondre
  • @Elou: Plusieurs livres de Poulin tournent autour des mêmes personnages. La douceur de son écriture me plaît particulièrement! Bonne découverte de ses autres romans!

    Posté par Allie, 03 janvier 2010 à 21:15 | | Répondre
  • J'aime beaucoup cette petite plaquette. "Un roman de balançoire" que j'appelle! Mes favoris sont la tournée d'automne et le vieux chagrin. Je les ai lu deux fois chacun. Ses livres sont vraiment apaisant!

    Posté par jumelle cosmique, 05 novembre 2010 à 21:03 | | Répondre
  • @Jumelle cosmique: c'est bien dit ça, un "roman de balançoire" Mon préféré demeure à ce jour La tournée d'automne, mais ses derniers me plaisent vraiment beaucoup aussi!

    Posté par Allie, 06 novembre 2010 à 13:06 | | Répondre
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