La bibliothèque d'Allie

Bienvenue dans ma bibliothèque! Auteurs, chroniques, littérature, extraits, dossiers, liens, etc. De tout pour vous donner le goût de lire!

31 août 2009

Comment créer des liens entre humains sans s'entretuer

schouster_lienshumainsHélène Vachon
Les carnets de Schouster - 3
Foulire
90 pages

Résumé:

S'inspirant du monde animal, supposément plus doué que l'Homme pour la paix, ce guide humoristique propose diverses tactiques pour faciliter la cohabitation pacifique: courtoisie, indifférence, mimétisme, caouflage, fuite... sans oublier le sourire!

Mon commentaire:

Le premier livre de cette série des Carnets de Schouster, pouvait s'adresser aux jeunes lecteurs comme aux adultes. Celui-ci s'adresse beaucoup plus aux adultes et n'intéressera pas vraiment les enfants. Le langage est moins accessible aussi pour eux. Ce petit guide, toujours écrit par Schouster, nous explique comment entretenir des liens avec les autres, en se basant sur le règne animal et la façon dont les différentes espèces cohabitent. Le petit livre, quoique moins drôle que Les saisons vues par Schouster, est quand même humoristique et compare l'homme à l'animal. Il faut savoir rire de soi et aimer le type d'humour de l'auteur, qui moi me convient parfaitement.

Le guide s'inspire de la vie de tous les jours, versus le monde animal, pour nous donner des conseils en toute situation afin de fraterniser avec nos semblables et créer de l'harmonie autour de nous. Naturellement, les conseils sont à prendre au second degré, ils sont parfois loufoques.

Ce carnet est assez intéressant, peut-être moins réussit que le premier, Les saisons, mais amusant tout de même. La conclusion de ce guide est habilement écrite et reprend plusieurs choses du guide qui font sourire. Il me reste à mettre la main sur le deuxième carnet de la série, que j'espère lire bientôt.

Quelques extraits:

"Côté adaptation au milieu ambiant, aucun être humain n'arrive à la cheville du ver de terre. Connaissez-vous une seule personne capable, comme lui, de vivre à 250 dans un mètre carré de terre sans s'énerver?" p.23

"[L'homme] est la seule créature terrestre à vouloir être heureux sans savoir comment faire." p.47

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28 août 2009

Les saisons vues par Schouster

saisonsvuesoparschousterHélène Vachon
Les carnets de Schouster - 1
Foulire
80 pages

Résumé:

Qu'est-ce qu'une saison? Qu'est-ce qu'un hiver? Un printemps?
Si vous croyez que l'hiver, c'est de la neige qui tombe et l'été, du vert dans les arbres, si vous pensez que les saisons ne sont que de plates variations de climat, si vous affirmez naïvement que passer de - 30 degrés Celsius à + 30 degrés Celsius ne rend pas fou, compulsif, maniaque ou hyperactif... ce livre est pour vous.

Mon commentaire:

Les éditions Foulire sont les seules éditions au Québec à offrir un catalogue qui mise essentiellement sur l'humour. Leurs livres s'adressent aux jeunes, mais aussi aux moins jeunes et aux parents. Tous leurs livres sont drôles, amusants, loufoques, à lire en famille, à se prêter et à partager. Le personnage de Schouster, créé par Hélène Vachon, ne fait pas exception.

Schouster est un hybride, une créature à mi-chemin entre le chien et la fouine. Il nous ouvre ses carnets pour nous offrir un livre inclassable. Un essai? Un documentaire? Un roman? Un petit guide philosophique? Schouster c'est un peu tout cela à la fois et bien plus. Schouster nous offre un tour des saisons en sa compagnie. Il faut dire que ce petit livre est tout trouvé, la température étant le sujet de conversation numéro un des québécois. Le temps est aussi au coeur de nos vies et Schouster s'en moque aussi un peu.

Il nous fait rire en reprenant d'une page à l'autre, certains gags, comme celui de la tuque à pompon de la tante chevaline (!) et des moyens, au printemps par exemple, pendant la crue des eaux, pour s'en débarrasser (de la tuque, naturellement, pas de la tante!). C'est aussi un petit guide presque philosophique et rempli d'humour sur la façon qu'ont les gens de percevoir les saisons, d'en profiter (ou non), de les aimer ou de les détester. C'est très drôle, amusant et ça se lit avec grand plaisir, avec un sourire. Je vous suggère fortement cette lecture! Le texte est de qualité, le propos intelligent. À conseiller de 10 à 101 ans, tel que prescrit en quatrième de converture!

Il existe d'autres Carnets de Schouster dans la même collection, que je compte bien découvrir!

À noter que ce livre a été finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général en 2007 et finaliste pour le Prix des abonnés des bibliothèques de Québec pour la même année.

Quelques extraits:

"Les saisons sont des phénomènes hybrides. En principe, ce sont des périodes de l'année caractérisées par un certain climat et une certaine couleur: l'hiver est blanc, l'été est vert, l'automne est rouge et jaune, et le printemps... on ne sait pas. [...] Les saisons ont en principe une durée égale: trois mois chacune. Voilà pour la règle. Mais comme toutes les règles, il y a des exceptions: l'hiver dure six mois, l'été, deux semaines, l'automne, plus ou moins trois mois et le printemps... bon." p.9

"La campagne aime plus l'hiver que la ville. Elle le laisse s'installer chez elle en paix. La ville, elle, le pourchasse avec d'énormes souffleuses qui sillonnent les rues pour en déloger le moindre brin de neige. Mais l'hiver s'en fiche, il revient tout le temps." p.25

"[Le printemps] c'est un entre-deux, une saison indécise qui, à force d'hésiter, passe à peu près inaperçue." p.28

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De retour... ou presque!

Bonjour à tous!

Je suis plus ou moins de retour! Les vacances ne sont pas tout à fait terminées, mais aujourd'hui je dois rester à la maison, sans rien de précis de prévu. J'en profite donc pour venir mettre à jour mes blogues. Les billets et mes réponses aux commentaires se feront plus rares jusqu'à la semaine prochaine. Après, c'est le retour à la normale!

À bientôt!

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14 août 2009

Vacances!

vacanceslivresBonjour à tous!

Je serai en vacances jusqu'en septembre. J'ai quelques bonnes lectures que je partagerai avec vous à mon retour.

Nous nous revoyons à la rentrée! D'ici là, je vous souhaite une belle fin d'été remplie de belles lectures!

À bientôt!

(p.s.: les commentaires sont modérés et ne seront publiés et répondus qu'à mon retour)

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13 août 2009

L'été de l'île de Grâce

eteiledegraceMadeleine Ouellette-Michalska
Québec/Amérique
351 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

À l'époque des grandes épidémies du siècle dernier, des milliers d'immigrants débarquaient à la station de quarantaine de la Grosse-Île, située à une trentaine de milles en aval de Québec. Pour des milliers d'entre eux, cette île déserte, qui avait déjà porté le nom d'île de Grâce, fut l'île de la souffrance et de la mort.

Mon commentaire:

Ce roman est une fabuleuse découverte! Immensément riche, il offre des heures de lecture captivante pour qui s'intéresse à Grosse-Île et au sort des gens qui y ont vécus, le temps de quelques semaines, d'une saison. Ce roman met en scène Milroy, un médecin envoyé sur l'île pour y être le directeur médical. Il y a aussi sa famille, qu'on aperçoit à plusieurs reprises. Les personnages sont profondément humains, très fouillés, complexes. Ils ont des faiblesses, des sentiments, des espoirs. Ils sont particulièrement bien décrits et l'auteur nous donne l'impression de les connaître véritablement. Autour de Milroy gravite aussi Persévérance, une "vieille fille" qui passe sa vie au service des autres. Le temps d'un été, elle doit s'occuper de la maison du docteur sur l'île, préparer les repas, fournir aide et réconfort. Elle connaît très bien les herbes et concocte toutes sortes de sirops et de remèdes pourvus de vertus miraculeuses. Plus tard, dans le roman, se joindra à eux un européen, inventeur d'un fluide guérisseur, hautain et imbu de lui-même. Il est détestable, mais avec l'aide de Persévérance, nous apprenons à le connaître et même, à l'apprécier!

Les personnages sont inoubliables. Difficile de les laisser partir, lorsque la lecture est terminée. Ils ont des doutes, des aspirations. Ils sont des rocs dans la misère humaine qui les entoure, mais en même temps, parfois faibles, comme peuvent l'être les humains. Ils sont pleins de contradictions et ne demandent qu'à vivre et à faire de leur mieux pour abréger la souffrance des autres.

Certains passages sont captivants. Persévérance est une femme adorable et sa cuisine aux herbes m'a beaucoup intéressée. L'impuissance de Milroy et des médecins de l'île face au peu d'aide qu'ils reçoivent du gouverneur nous touche profondément. Les bateaux arrivent par centaine, les immigrants malades s'entassent partout, des des conditions effroyables et pourtant, même s'il n'y a plus de place, Milroy et ses coéquipiers doivent les accueillir. Ils font des miracles les mains vides. Pendant ma lecture, j'ai souvent pensé à ces médecins qui ont oeuvrés sur l'île. À ceux qui y sont passés. Ce roman est criant de vérité. On y croit. On vit, l'espace d'un moment, nous aussi Grosse-Île en période d'épidémie.

L'été de l'île de Grâce est un roman lent, qui met en place l'histoire, les personnages, le temps qui passe. Il est construit comme un roman, mais presque à mi-chemin avec le documentaire. Le livre est une mine d'informations incroyables sur la vie sur l'île, sur la médecine qui y était pratiquée, sur la "fièvre des bateaux", la navigation et sur les sentiments qui ont pu traverser les gens qui y ont réellement vécus. C'est un roman rempli d'humanité, très touchant, tragique aussi. C'est un hymne à la vie qui continue, au temps qui passe et à tout ceux, connus ou non, qui ont fait de l'histoire ce qu'elle est aujourd'hui.

Quelques extraits:

"Partageant la croyance de l'époque, le capitaine Clark avait donné ordre à ses artilleurs de tirer plusieurs coups de canon pour chasser l'odeur pestilentielle apportée par les immigrants." p. 45

"Le capitaine Clark répéta pour la troisième fois que trente voiliers atteindraient bientôt la Grosse-Île. Le docteur Milroy s'appuya sur un coude, se demandant s'il avait bien entendu: non pas huit vaisseaux d'affilée comme la dernière fois, mais trente. Le cauchemar recommençait, en plus terrible. Trente voiliers d'un coup, c'était plus que ce que la plus extravagante prévision ne leur eût jamais permis d'entrevoir. Au bas mot, cela représentait huit à neuf mille personnes, deux fois plus de gens qu'il n'en fallait à l'une des municipalités riveraines pour acquérir le statut de cité. Où caserait-il tous ces immigrants, alors que tous les lits disponibles étaient occupés? Sans abris, comment pourraient-ils accueillir ceux et celles qui débarqueraient là-bas, déçus de ne pas trouver l'Amérique qui roule sur l'or, l'Amérique où triomphent la liberté et tous les bonheurs espérés?". p.56

"En temps d'épidémie vous connaissez la répartition des tâches: un quart de la population tombe malade, un autre quart meurt, la moitié restante prend soin des premiers et enterre les seconds." p.135

En complément:

Ce roman est l'un des plus beaux que j'ai pu lire sur Grosse-Île. Toutefois, il existe d'autres romans très intéressants sur le sujet, qui abordent les choses d'un autre point de vue ou d'une autre façon. Je vous suggère tout d'abord le très beau documentaire d'Anne Renaud. Le roman Fièvre d'Andre Barrett nous parle aussi de l'île du point de vue d'un médecin. Monsieur John de Guy Dessureault, raconte l'île du point de vue d'un enfant. En terminant, vous pouvez visiter virtuellement Grosse-Île et en apprendre plus sur cette période tragique de notre histoire.

04 août 2009

La pêche blanche

pecheblancheLise Tremblay
Leméac
120 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Derrière les mots et les personnages de La pêche blanche se cache une dure lecture de la vie défaite, comme un désespoir fini où pour deux frères, l'un à Chicoutimi et l'autre à San Diego, l'hiver de février n'est plus une réalité mais un état qu'on porte en soi. État d'où surgissent, des forces souterraines et souvent muettes de l'appartenance et du déracinement, des êtres d'une force infinie et pourtant tranquille, écrasés sous le poids de vivre dans cette mémoire lumineuse d'une enfance dont on n'est jamais à l'abri.

Mon commentaire:

La pêche blanche est au centre du roman. C'est aussi elle qui réunit les deux frères Simon et Robert, qu'à peu près tout sépare. La pêche blanche est un livre sur la famille, la solitude et l'hiver. Simon et Robert ont vécu une enfance difficile au Saguenay. Leur père est un symbole très fort de ce qu'a pu être toute une génération de pères à cette époque: un pilier de roc, sévère, sans émotion. Dès qu'il a pu, Simon a prit la fuite. Dans plusieurs pays. Sur de nombreuses routes. Il voyage, sac au dos. Il vit un peu ici, un peu là. Robert, un enseignant, s'est résigné au froid, à la vie. Il rend visite à ses parents une fois aux deux semaines. Il n'y est jamais à l'aise. Simon est libre. Robert a épousé sur le tard une femme pleine de principes, qui ne comprend pas la sensibilité de Robert. L'enfance de Robert se poursuit dans sa vie d'adulte et n'est que résignation. Il se résigne à son sort, en rêvant de pêche blanche et de maison rouge avec vue sur le Saguenay.

Les deux frères s'écrivent à l'occasion. Robert envoie des boîtes de livres à son frère. Leurs deux univers sont à des lieues l'un de l'autre. La pêche blanche est un livre sur l'enfance et sur les souvenirs qui unissent deux frères. C'est aussi un livre plein de tristesse et de résignation, où l'hiver de février n'en fini plus de neiger, jetant un baume glacé sur toutes les douleurs du coeur. Ou peut-être les exacerbe-t-il?

Dans le roman, il est fait mention à plusieurs reprises de romans que Robert envoie à Simon et de ces mêmes romans que Robert fait étudier à ses élèves. Il y a souvent une descriptions des livres, mais il y a peu de précision quant aux titres. J'aurais aimé savoir si ces livres sont une invention de l'auteur où s'ils existent réellement. Il n'y a aucune précision à cet effet. C'est bien dommage, j'aurais apprécié trouver un glossaire des livres dont il est fait mention, toujours s'ils existent, naturellement!

La pêche blanche est le troisième livre de Lise Tremblay que je lis. J'avais adoré son recueil de nouvelles La héronnière. Je n'avais pas été très sensible à L'hiver de pluie, même si je réalisais la qualité de l'écriture. La pêche blanche est un roman quelque part entre les deux. Il possède tous les ingrédients qui me plaisaient de La héronnière, mais reprend aussi des thèmes de L'hiver de pluie. C'est un excellent livre que j'ai beaucoup aimé. Mon seul regret est que j'aurais dû me garder cette lecture pendant les longs mois d'hiver. L'auteur offre de magnifiques passages sur la saison froide et l'atmosphère est neigeuse, remplie du froid de février qui s'étire et ne se termine pas.

Quelques extraits:

"Je lis un roman que je pose souvent devant moi, pour le lire moins vite. Je le fais toujours avec les livres que j'aime. C'est une histoire qui me prend à la gorge. Une histoire du Nord. Un homme désoeuvré parcourant des États entiers pour aller combattre des incendies de forêt. J'avais moi aussi une histoire du Nord mais je n'y pensais jamais. Je me réfugiais dans celles des autres. Celles des Américains surtout, pour qui le nord était le Michigan. J'aimais la lenteur de ces romans. La langueur de l'automne permanent qui y règne. L'automne y est une très longue saison avant l'arrivée de la neige. Mon nord à moi était différent, il y avait les camions, l'alcool, mais en plus, le silence, le froid, la désespérance. Le mot venait de me traverser. La désespérance est un mot du nord, un mot qui se colle au nord, à l'inconfort qui dure des mois, au poids des vêtements, au vide, aux villages fantômes sur les rives du fleuve et que le vent traverse maintenant sans résistance, parce qu'il faut des hommes pour résister et que c'est dans cette résistance qu'ils trouvent leur raison de vivre. J'ai déserté depuis longtemps, mais l'état d'hiver, lui, est revenu s'installer chaque année. Je sais qu'on n'y échappe pas." p.14

"Je suis content d'être revenu en hiver. Ce qui m'a le plus étonné, c'est la lumière, la qualité de cette lumière. C'est inexplicable. Ça traverse tout, même l'âme." p.106

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02 août 2009

Train d'enfer

traindenferTrevor Ferguson
Pleine lune
300 pages

Résumé:

1964. Aux confins de la taïga, des ouvriers construisent le chemin de fer du Grand-Lac-des-Esclaves dans les Territoires du Nord-Ouest. C'est une véritable ruée vers l'or. Et l'occasion de s'en mettre plein les poches, pour quelques-uns. Sortis des asiles ou des prisons, coupés de la civilisation, ces esclaves de l'ère moderne peinent et suent sous la férule d'un contremaître véreux que Martin Bishop, le jeune contrôleur, osera défier au péril de sa vie quand sonnera l'heure de vérité.

Mon commentaire:

J'ai eu envie de lire ce roman puisque le film paraîtra bientôt et il me semble prometteur. La photographie y semble d'ailleurs magnifique.

Train d'enfer est un roman dont la construction, lente, est dépourvu d'une certaine ponctuation en ce qui concerne les dialogues ou les virgules. On lit donc les phrases en un souffle et j'y vois un parallèle avec le sujet du livre. Ferguson nous parle de la taïga et d'un monde d'hommes au Grand-Lac-des-Esclaves. Il sait de quoi il parle, puisqu'il l'a vécu, de l'âge de 16 à 22 ans. Il a travaillé à la construction d'un chemin de fer plus ou moins au même endroit. Les camps de travail du chemin de fer, la promiscuité des hommes, l'impitoyable nature, il l'a vécu.

Le roman Train d'enfer fait vivre toute la violence des hommes. Martin Bishop y arrive en tant que contrôleur, avec des valeurs, des idéaux sur la vie et des principes. Il y fait office d'une âme pure qui sera souillée par la noirceur des hommes. Car ce roman est une vraie descente aux enfers. Cru et violent. Les personnages sont coupés de toute civilisation, ils vivent en marge de toutes les lois. Dans la taïga, il n'y a pas de policiers. Il n'y a personne pour surveiller le comportement de ces hommes, pour la plupart rejets de la société, issus des prisons ou d'asiles. Ils forment toutefois un petit groupe de travailleurs qui peut devenir impitoyable s'ils mettent quelqu'un à l'écart du groupe. Le contremaître fait la loi, sa propre loi, selon ses principes douteux. Martin Bishop fera tout pour tenter de lui tenir tête, malgré son très jeune âge. Mais son âme et ses idéaux seront éclaboussés par le sang et sa vie, maintes fois mise en jeu.

Train d'enfer est un roman déroutant, sur la noirceur de l'âme humaine. C'est un roman brut, à l'image du paysage dans lequel il nous amène. Sa lecture donne un peu le vertige tout en accaparant toute notre attention. L'homme n'y est pas représenté sous son plus beau jour. Son âme est grise, terne, habituée à la violence et au crime. Train d'enfer ne laisse certes pas indifférent, car il remue ce qu'il y a de plus sombre dans l'âme humaine. Un roman très noir, qui m'a pourtant beaucoup plu! Je découvrirai assurément d'autres romans de Ferguson prochainement.

À noter que l'auteur écrit aussi des romans policiers (excellents!) sous la plume de John Farrow. J'avais beaucoup aimé ma lecture de La ville de glace et de Le lac de glace. À découvrir.

Quelques extraits:

"Mon papa m'a toujours enseigné qu'il fallait être qui on est. C'est la chose la plus difficile pour laquelle on doit se battre, et le seul combat qui vaille la peine d'être gagné." p.78

"Voilà pourquoi je mène la vie que je mène dans un endroit comme celui-ci. Je vis dans un endroit où les banques et les bons à rien d'avocats ne sont pas légion et où un homme peut sans risque prophétiser sa propre vérité et où n'existe aucune société organisée pour décréter qu'il a tort ou même pour lui dire de rester tranquille et lui conseiller de ne se préoccuper que de sa propre frileuse paix. Je n'ai pas à me soucier de ma paix dans ce pays et j'en suis immensément reconnaissant." p.80

"Je me suis rendu compte que ton pire ennemi ce n'est pas le gardien. En prison ton ennemi c'est le bonhomme à côté de toi. Est-ce que tu crois ça, petit? Est-ce que tu sais que ton pire ennemi te regarde sans doute en pleine face?" p.163

"Ils m'appellent le contrôleur et disent que c'est moi qui consigne le temps. Sais-tu comment je compte le temps maintenant? Je compte les tombes que je creuse." p.205

En complément:

Le film, L'heure de vérité, réalisé par Louis Bélanger sort sur nos écrans sous peu. Vous pouvez visionner la bande annonce sur le site officiel.

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