Bois du thé fort, tu vas pisser drette!
Fred Pellerin
Éditions Sarrazine
87 pages
Résumé:
Brodain Tousseur, ce fut un homme de science infuse. Un grand buveur de thé, du type à laisser traîner sa tasse toute la journée, à se réchauffer l'eau aux heures, à se laisser tremper le thé du matin au soir. Un mijoteux, qui vous trouvait du sens même ou on ne voyait pas de fond.
-Bois du thé fort, tu vas pisser drette!
Si on n'a toujours pas compris la teneur de cette phrase qu'on se répète à longueur de village, on sent toujours le sourire malgré l'hermétisme. Il est de ces mystères qui transportent la bonne humeur.
Mon commentaire:
Ce tout petit livre en est un à part dans l'oeuvre de Fred Pellerin. Le format est tout petit et peut surprendre. De plus, le livre ne contient pas de cd. Toutefois, c'est un ouvrage fort intéressant. Dans ce livre, Pellerin nous parle plus en détail de Toussaint Brodeur, le marchand général du village de Saint-Elie-de-Caxton. À travers sept chapitre, une introduction et une épitaphe, l'auteur nous brosse un portrait tout en humour de Monsieur Brodeur. Le conte n'est jamais bien loin et se cache au détour d'une phrase, d'une anecdote ou d'un événement.
Comme à son habitude, Fred Pellerin joue avec les mots et les phrases, nous plonge dans un temps qui n'est pas si lointain mais qui vit à travers les histoires qu'il nous raconte. Ses personnages, issus de la vraie vie, sont tous passionnants, humains, drôles, avec leurs lubies et leur sens de la répartie. Monsieur Brodeur ne fait pas exception!
L'oeuvre que construit Fred Pellerin au fil des ans reprend tout son petit monde de Saint-Élie-de-Caxton. C'est donc avec plaisir que nous retrouvons les références d'un livre à l'autre, d'un personnage à l'autre.
Un petit livre bien amusant à lire!
Quelques extraits:
"M'sieur Brodain Tousseur - ou Toussaint Brodeur, selon le degré de dyslexie - fut un personnage original dont les tours d'esprit hantent les souvenirs du village de Saint-Élie-de-Caxton. Il fut, par métier, un marchand général très particulier. Petit inventaire, mais grand inventeur! Il tenait tout ce qu'il ne vous fallait pas, et encore plus. Il vous cuisinait de la vente sous passion, en mélangeant le sens des affaires au sens de l'humour. Il fut l'un des rares." p.13
"Pour chaque tristesse, il y a une joie de cachée quelque part!" p.30
Citrouilleville
Katie McKy, illustré par Pablo Bernasconi
Scholastic
32 pages
Résumé:
"Rien n'est mieux ni pire que des citrouilles."
Mon commentaire:
José et sa famille sont cultivateurs de citrouilles. Ils prennent très à coeur leur travail. Ils vivent sur la colline, en haut du village. Un jour ils constatent que le village est très orangé vu d'en haut et ils décident d'aller voir ce qui s'y passe...
Ce petit livre très coloré, aux illustrations conçues par des collages originaux, est tout approprié à cette période de l'année. L'histoire est dynamique, les personnages sont très vivants et l'histoire des citrouilles et amplifiée pour faire rire et sourire les petits. Dans le livre, il y a opposition entre les cultivateurs qui sont heureux de cultiver les citrouilles et les villageois qui les ont maintenant en horreur. On apprendra pourquoi à la lecture de l'album.
Cette histoire est plaisante et amusante. C'est un joli livre pour l'automne. Je ne suis habituellement pas fan des collages comme illustrations, mais dans ce livre-ci, ils sont minutieux et réussis et donnent à l'album un dynamisme intéressant. À découvrir.
À partir de 4 ans.
Un extrait:
"Lors d'une journée d'octobre particulièrement venteuse, José et ses frères se débarrassent des graines de citrouilles trop petites et trop ternes. Ils les jettent dans le champ qui surplombe le village.[...] L'histoire aurait pu se terminer là, mais..."
Ne le dites pas aux grands
Alison Lurie
Rivages
253 pages
Résumé:
Winnie l'Ourson n'est pas un ouvrage habituellement considéré comme subversif, pas plus que Les Aventures de Tom Sawyer, Alice au pays des merveilles ou Peter Pan. Néanmoins, si de tels classiques apparemment anodins connaissent un succès durable, c'est en partie parce qu'ils font la satire de la société adulte et de ses conventions. Si les enfants forment une tribu à part, possédant une culture propre, ces ouvrages en sont les textes sacrés. Avec les contes de fées, les comptines et les histoires drôles, ils constituent la littérature clandestine de l'enfance.
Mon commentaire:
Cet essai passionnant s'attarde essentiellement à la littérature enfantine anglo-saxonne, couvrant une large période, mais s'attardant sur la littérature victorienne. Les analyses y sont donc toujours en lien avec cette époque et avec les moeurs couramment acceptés, même si les oeuvres présentées vont aussi au-delà de cette période, jusqu'en 1975. Le livre nous parle d'auteurs différents, en accompagnant chaque chapitre d'une petite biographie ponctuée d'extraits d'oeuvre ou de notes. Certains auteurs ont aujourd'hui sombré dans l'oubli. Leurs oeuvres n'ont pas traversé le temps. Elles étaient soit beaucoup trop moralisatrices, de piètre qualité, ou alors essentiellement alimentaires. D'autres auteurs ont réussis à sortir de l'anonymat tout en voyant leurs oeuvres presque dénaturées au fil des années. C'est le cas de Winnie l'ourson de A.A. Milne (dont peu de gens se souviennent de l'apparence originale de l'ours - qui était une ourse - et la véritable histoire de sa création - la vraie Winnie, appelée en fait Winnipeg, est d'origine canadienne). C'est aussi le cas de Peter Pan et d'Alice aux pays des merveilles, dont on a adapté l'oeuvre initiale au temps et aux valeurs d'aujourd'hui, tout en édulcorant le personnage. Il y a aussi des auteurs, en avance sur leur temps, qui sont encore lus aujourd'hui: Beatrix Potter et son Pierre Lapin, Frances Hodgon Burnett et sa Petite princesse ou son Jardin Secret.
En lisant cet essai on constate que la littérature enfantine se classe en quelque sorte en deux types: la littérature enfantine trop parfaite et ennuyante, qui met en scène des petits enfants modèles, des adultes autoritaires et une morale se voulant édifiante. La majorité des autres oeuvres qui n'entrent pas dans cette catégorie se retrouvent dans la littérature subversive. Une littérature où les enfants se salissent, transgressent les lois établies, s'amusent beaucoup, vivent des aventures et remettent en question l'ordre établi par les adultes. Plusieurs de ces livres ont reçu un accueil assez froid à leur parution. Bousculer les valeurs et l'éducation est loin d'être socialement acceptable. Edith Nesbit, avec la parution d'une série de livres subversifs pour enfants, en est un bon excemple. Elle met en scène les deux extrêmes du livre pour enfants dans une scène qui paraît tout à fait inoffensive aujourd'hui, mais qui avait de quoi choquer les esprits d'adultes bien pensants de l'époque:
"[Mathilda qui refuse de visiter sa tante, explique pourquoi] On la questionnerait sur son travail scolaire, sur ses notes, on lui demanderait si elle a été sage. Je ne m'explique pas pourquoi les grandes personnes ne voient pas le côté impertinent de ces questions. Supposez que vous répondiez: Je suis la meilleure de ma classe, tata, merci. Et maintenant, parlons un peu de toi. Ma chère tante, combien d'argent possèdes-tu, as-tu encore sermonné tes domestiques, où t'es-tu efforcée d'être gentille et patiente comme il convient de la part d'une tante bien élevée, dis-moi un peu ma chère?" p.122
Les livres pour enfants véhiculent souvent des propos qui ne sont pas clairement acceptés dans la société. C'est étrange que des livres pour enfants, se permettent de la fantaisie et des éclats, alors que ces deux excès ne sont pas couramment admis dans l'univers des adultes. Heureusement qu'il en est ainsi! C'est aussi ce qui fait souvent le succès commercial d'un livre ou qui, au contraire, attire les foudres. Plusieurs auteurs utilisent la théosophie, la psychologie et l'écologie dans leurs livres. Certains sont aussi en avancent sur leurs époques et font office de devins, en prédisant par exemple, ce que deviendra le monde, ou en créant un univers qui n'est pas encore d'actualité aujourd'hui.
Au XVIIIe et au XIXe siècle, plusieurs sommités du monde de l'enfance et de l'éducation voient dans les contes de fées et les livres pour enfants l'enseignement de la violence et de l'immoralité. Le désir de s'élever au-dessus de sa condition (les petits enfants pauvres deviennent riches, les jeunes filles sans le sou épousent des Princes avec de grandes fortunes, etc) n'est pas bien vu. Les contes de fées ont souvent une avance du point de vue social sur le reste du monde. Ce qui n'est pas acceptable dans la vie réelle, du moins selon les moeurs de l'époque (une femme qui travaille, qui a de l'ambition ou qui fait de l'exercice physique n'est pas bien vue) est tout à fait présent dans les livres dits "subversifs" pour la jeunesse.
L'essai aborde aussi le goût du fantastique chez les adolescents et la présence de lectures classiques comme ceux de Tolkien ou de Stevenson. Winnie l'ourson, par exemple, est populaire aujourd'hui même chez les adultes, qui même s'ils n'ont pas lu les livres originaux, connaissent le personnage et portent souvent toutes sortes d'objets à son effigie.
La majorité des textes qui composent cet essai sont captivants, que l'auteur nous parle d'auteurs toujours bien connus aujourd'hui ou non. Les petites biographies des auteurs sont remplies d'anecdotes intéressantes. Kate Greenaway par exemple, a entretenu une relation très étrange avec John Ruskin. Ce qui la motivait à dessiner des fillettes bien belles et bien sages est assez étonnant.
Beaucoup d'oeuvres sont analysées selon les motivations ou la vie de leur auteur. Plusieurs d'entre eux ont vécu des enfances malheureuses, difficiles ou ont subies des pertes pénibles. Leurs vies ne sont pas toujours un chemin de croix, mais elles sont suffisamment remplies d'événements malheureux pour forcer l'imagination des auteurs et le goût de prolonger l'enfance encore un peu. Certains comme James M. Barrie et Ford Madox Ford perdent en quelque sorte leurs illusions lorsque le public à qui s'adressent en premier lieu leurs livres - souvent leurs enfants ou les enfants dont ils s'occupent - grandissent et délaissent les univers qui ont été créés pour eux.
Ne le dites pas aux grands est un intéressant essai, très abordable, sur la littérature enfantine, essentiellement anglo-saxonne. Le livre parle d'auteurs variés, de toutes les époques, mais se concentre sur l'époque victorienne, où beaucoup de choses ont changées. La seule chose qui m'attriste, c'est que certains auteurs ne sont pas traduits en français alors que d'autres, ne sont connus aujourd'hui qu'à cause des adaptations édulcorées qui ont popularisé les personnages. Les livres originaux (les Winnie l'ourson par exemple, ceux de A.A. Milne et non pas ceux de Disney) sont difficiles à trouver.
Ne le dites pas aux grands est bien écrit, facile à lire. La construction par chapitres traitant d'auteurs différents et de genre m'a beaucoup plu. Une très belle découverte, qui me conforte dans mon goût pour la littérature jeunesse et mon plaisir d'en lire régulièrement.
Un extrait:
"Les livres d'enfants sont depuis longtemps la brebis galeuse de la littérature dite sérieuse; tout comme les romans policiers et les westerns, c'est essentiellement l'affaire de spécialistes, de folkloristes ou de sentimentaux souffrant de la nostalgie du passé. Dans les bibliothèques, ces ouvrages sont rassemblés dans une pièce séparée ou mis en quarantaine sur des rayons portant la rubrique: Divers." p.205
"Trop souvent, en laissant derrière nous la culture tribale de l'enfance, avec ses récits et ses poèmes volontiers subversifs, nous perdons tout à fait ces joies instinctives: l'imagination créatrice, l'émotion spontanée, la libre expression et le pouvoir de percevoir notre monde comme un monde merveilleux." p.231
Cerise Griotte
Benjamin Lacombe
Seuil Jeunesse
17 pages
Résumé:
Cerise adore les romans, le chocolat et le gorgonzola, et déteste les cerises. Lorsqu'à la fourrière où travaille son père on recueille une petite chienne, Cerise la surnomme Griotte et elles deviennent inséparables. Après un mois, si personne ne vient la réclamer, Cerise pourra la garder. Mais un jour, devant la grille de la fourrière, la famille de Griotte arrive...
Mon commentaire:
Cerise Sullivan est une petite fille solitaire, qui aime profondément les livres et qui vit avec son papa qui travaille dans une fourrière. Elle a l'habitude d'être seule. Les autres élèves ne sont pas très gentils avec elle. Dans son monde, il y a Angelo avec qui elle va à l'école et qui lui plaît bien. Il y a aussi Griotte, un Shar-pei pour qui elle se prend d'affection à la fourrière de son père et dont elle s'occupe dès qu'elle a un moment. Dans un mois, si personne ne vient la réclamer, Griotte sera à elle. Mais les choses ne se déroulent pas toujours comme on le souhaiterait...
Pourtant cet album se termine bien. Il est aussi magnifique que son titre est évocateur. Les illustrations sont sombres, jolies et transmettent à merveille la solitude qui entoure Cerise. Elle n'a pas vraiment d'amis. Elle vit dans son monde de livres et d'animaux. Je me suis tout de suite prise d'affection pour ce petit personnage différent, un peu sombre. Elle semble souvent traîner avec elle une certaine tristesse et c'est Griotte qui remettra un peu de bonheur dans sa vie.
Cet auteur jeunesse est absolument merveilleux! C'est le second album que j'ai la chance de lire de lui et je suis tout simplement sous le charme. Ses histoires sont variées, magnifiques, les illustrations nous plongent carrément dans des univers merveilleux, différents, un peu sombres. Je suis enchantée par son travail, qui ne s'adresse pas qu'aux jeunes. Ses illustrations, son univers un peu sombre charmera nombre d'adultes. Un auteur à découvrir, assurément!
Un extrait:
"Les livres sont décidément bien plus intéressants que les enfants!"
Les amants papillons
Benjamin Lacombe
Seuil Jeunesse
31 pages
Résumé:
Le jour de ses quatorze ans, Naoko, une jeune Japonaise, apprend qu'elle doit quitter son village natal pour l'immense ville de Kyoto. Son père a prévu qu'elle y complète son éducation pour devenir une 'jeune fille convenable'. Mais l'art de servir le thé, de jouer du luth ou de faire danser les éventails n'intéressent pas Naoko...
Mon commentaire:
Ce livre de Benjamin Lacombe est un magnifique album, pas seulement réservé aux enfants. D'ailleurs, je me demande si un jeune enfant saurait y apprécier et y déceler toutes les subtilités de cette véritable oeuvre d'art qui est un véritable enchantement pour les yeux. Le format de l'album est d'ailleurs beaucoup plus grand que ce à quoi nous avons l'habitude. Un grand format tout en longueur. Des illustrations magnifiques et un peu tristes, qui représentent bien l'amour, l'attente, la solitude, la tristesse.
Les amants papillons est une histoire d'amour tragique, dans le Japon où les mariages forcés sont encore de mise. Naoko est une jeune femme à l'esprit remplie de liberté, fonceuse, qui souhaite faire ses propres choix, dont celui d'épouser celui qu'elle aime et de faire des études littéraires, ce qui la passionne vraiment. L'histoire de Naoko est à la fois belle et tragique, triste et magnifique, rempli de poésie. Un album pas (que) pour les jeunes, qui se laisse regarder et lire comme un véritable enchantement!
C'est le premier album de Benjamin Lacombe que je lis et ce ne sera pas le dernier, même s'ils sont plus difficiles à trouver ici.
À découvrir.
La route du thé et des fleurs
Robert Fortune
Petite bibliothèque Payot
205 pages
Résumé:
Rien ne prédisposait l'Écossais Robert Fortune (1813-1880), paisible botaniste, à une vie d'aventures. A la fin des années 1840, l'East India Company le fait quérir de toute urgence : il est le seul à pouvoir percer les secrets du thé chinois et de sa qualité exceptionnelle ; on attend donc de lui qu'il se fasse espion pour pénétrer en Chine, dérober les plans des meilleures variétés, étudier les techniques de préparation des feuilles. Fortune réussira : il ramènera pas moins de vingt mille pieds qui seront aussitôt plantés sur les contreforts de l'Himalaya puis à Ceylan. Ce qui fait le bonheur de son récit, outre les aventures en cascade, c'est la curiosité gourmande du voyageur rendu inconscient du danger par son émerveillement inépuisable devant les splendeurs qu'il découvre. Curiosité telle, d'ailleurs, qu'il n'aura qu'une envie au terme de sa mission retourner en Chine
Mon commentaire:
Robert Fortune est un brillant jeune botaniste lorsqu'on fait appel à lui pour infiltrer la Chine et se rendre dans les régions normalement inaccessibles aux étrangers. Déguisé en Mandarin, il prend la route avec quelques domestiques et des porteurs pour découvrir le secret du thé chinois. Il devra réussir à détourner l'attention qu'un étranger peut attirer, circuler aisément dans la Chine centrale, tout en ayant des manières conformes à ce qu'attendent les chinois entre eux. Le maniement des baguettes, les coutumes et la nourriture n'ont plus de secret pour lui. Au fil du temps et de son voyage, il récupère de nombreux plants de thés, de fleurs et d'arbustes en tout genre, il enverra également à la compagnie qui l'emploie, des quantitées de graines. Après avoir constaté qu'elles ne se rendent pas toujours en gardant une bonne qualité, il devra remédier à cette situation en trouvant un moyen de faire parvenir sa précieuse cargaison à bon port.
Ce livre de voyage est très intéressant puisqu'il nous plonge dans la Chine des années 1840, à travers le parcours d'un anglais fort habile à trouver ce qu'il veut. Son récit nous parle de son voyage, des différents arrêts en cours de route, des personnages rencontrés, des coutumes auxquelles il a dû se plier et de sa découverte du magnifique paysage ainsi que son travail pour rapporter des jeunes plants sains pour l'East India Compagny.
Seul bémol à ce très beau récit: l'impression d'une carte dans le volume, retraçant le périple de Robert Fortune aurait grandement été appréciée et aurait contribué au plaisir de la lecture en nous permettant de se faire une idée du voyage du botaniste. Un autre point à soulever: une note de l'éditeur en début de page nous indique qu'un récit partiel de ce texte avait déjà paru chez Hachette et que celui de Payot est le texte de l'édition originale parue chez John Murray en 1852. Toutefois on y indique que cette version ne comprend pas les chapitres techniques concernant la culture du thé et sa préparation. Je me demande à quel point ces chapitres sont importants et à quels points leur traduction aurait pu être intéressante... C'est un peu dommage que ces chapitres ne soient pas inclus dans ce volume.
Bref, La route du thé et des fleurs est un beau récite de voyage, que j'ai très apprécié faire et dont je lirai probablement la suite: Le vagabond des fleurs. À conseiller à tous ceux intéressés par le thé et aussi par la Chine.
Quelques extraits:
"Prenez les choses avec calme, et ne perdez jamais votre sang-froid. Telle doit être la devise de tout voyageur, mais surtout du voyageur en Chine." p.22
"Nos chaises étaient prêtes; nous ne nous fîmes pas dire deux fois de partir, et, un peu avant la nuit, nous arrivions à notre destination, au pied de la célèbre montagne de Sung-lo-shan, où le thé vert fut, dit-on, découvert jadis par un saint homme, fondateur d'un monastère qui subsiste encore en ces lieux et qui passe pour produire les thés les plus précieux du pays." p.59
"Le thé a toutes les vertus: cultive-le et il répandra généreusement ses bienfaits; bois-le et les esprits animaux s'en trouveront rafaillardis et magnifiés." p.155
Le violon: à la découverte d'un instrument
Barrie Carson Turner
Éditions Gautier-Languereau
48 pages
Résumé:
Un livre passionnant pour ceux que le violon fascine, mais aussi une véritable source d'information pour tous les jeunes musiciens, débutants ou initiés.
Mon commentaire:
Ce livre, classé jeunesse mais s'adressant plutôt à tous, est un magnifique ouvrage carré, coloré, accompagné d'un cd de musique. Il nous offre tout d'abord un aperçu de l'instrument en abordant la famille des violons et des instruments à cordes, les ensembles instrumentaux, la fabrication d'un violon, l'histoire de l'instrument en passant des luthiers aux interprètes.
La seconde partie du livre peut être accompagnée par le cd, qui contient douze pièces. Chacune d'entre elles est liée à son compositeur. Le livre nous offre donc une capsule "sur le cd" par compositeur, avec des informations sur la pièce que nous allons entendre. Une courte biographie du compositeur, des reproductions d'oeuvres, de partitions et de portraits complètent chaque page. Nous suivons donc le parcours de Vivaldi, Bach, Tartini, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Saint-Saëns, Tchaïkovski et Dvořák. À la toute fin, nous avons droit à un tour d'horizon des plus grands interprètes d'hier et d'aujourd'hui.
C'est un volume très intéressant pour quiconque souhaite s'initier au violon, en apprendre plus sur cet instrument et s'offrir également la musique. Le cd est de qualité et le choix des pièces, plutôt judicieux. J'aurais aimé retrouver plus de violonistes connus dans la section des interprètes (comme Angèle Dubeau par exemple), mais le livre se contente de survoler les biographies. C'est toutefois un très bel ouvrage, agréable à feuilleter pour s'initier. Il s'adresse aux jeunes et aux adultes.
Le sport vu par Schouster
Hélène Vachon
Série Les carnets de Schouster -3
Foulire
92 pages
Résumé:
Que dois-je privilégier, le corps ou l’esprit?... Pourquoi pratiquer un sport?... Quel sport pratiquer?... Quel genre de sportif suis-je?... Autant de questions existentielles épineuses auxquelles Schouster répond sans ambages, y prenant même un certain malin plaisir.
Mon commentaire:
Après le carnet 1 que j'avais beaucoup aimé et le carnet 2, quelque peu dans la même veine, voici le troisième carnet de Schouster, cet hybride philosophe, qui écrit des carnets humoristiques sur les choses essentielles de la vie. Dans ce nouveau carnet, Schouster nous parle du sport. L'auteur tente de répondre à différentes questions autour du sport: la différence entre le corps et l'esprit, quel sport choisir?, pourquoi faire du sport?, quel sportif est-on?
Ce carnet (qui comme les deux autres en a aussi le format) est dans le même style que les précédents. C'est un essai en quelque sorte sur le monde du sport, surtout en lien avec le corps humain et l'esprit sportif, en philosophie et en humour. J'aime beaucoup, comme d'habitude! L'auteur a un humour particulier, qui me plaît. Il est aussi intéressant de lire les livres dans l'ordre, puisque certaines blagues reviennent d'un carnet à l'autre. Vivement le prochain!
Un extrait:
"L'aspirant sportif est doué d'un sens inné du sacrifice. C'est un obsessif en quête d'absolu, manie qui se traduit par une profonde aversion pour le vide. Chaque minute non consacrée à l'exercice est une minute perdue. En hiver, l'aspirant fait du ski, du patin, de la raquette, de la motoneige, de la planche à neige; en été, il fait du ski nautique, du patin à roues alignées, du vélo, de la moto, de la course à pied, de la natation, de la plongée sous-marine... En automne, il attend l'hiver, aiguise ses skis, cire ses patins, lubrifie ses raquettes et farte sa motoneige; au printemps, il attend l'été, nettoie sa piscine, dort dans sa piscine, fait du vélo dans sa piscine, s'achète de nouvelles palmes et débouche son tuba." p.47
Mon papa ne pue pas!
Andrée Poulin, illustré par Jean Morin
Isatis
24 pages
Résumé:
Dans la classe de Madame Montjoie, chaque élève présente le métier de son papa. Quand Margot annonce que son papa est éboueur, plusieurs enfants se mettent à rire. À la récréation, les garçons la taquinent: "Ton père sent le fromage moisi...", "Ton père sent le poisson pourri...". Margot a beau répéter que son papa ne pue pas, personne ne l'écoute.
Mon commentaire:
Ce joli petit album présente une thématique d'intérêt: les préjugés et les moqueries des enfants entre eux. C'est aussi l'occasion d'aborder les différents métiers et de comprendre que chaque métier est utile et apporte beaucoup, même si on croit qu'ils ne sont pas honorables. Dans cette histoire, le père de Margot trouve une belle idée afin d'aider sa fille à se sentir mieux face à son métier et à faire comprendre aux enfants qu'il est essentiel.
L'album est amusant, avec une bonne dose d'humour. Les illustrations sont colorées, vivantes et expressives. Il est matière à discussion avec les enfants, que ce soit autour du bricolage, du recyclage, du respect et des différents métiers.
À découvrir. À partir de 4 ans.
Un extrait:
"- Eugène Poubelle a demandé aux gens de mettre leurs ordures dans des boîtes avec des couvercles. La ville est devenue plus propre et le choléra a disparu.
Margot murmure à l'oreille de Manuel: -Si mon père ne ramassait pas tes déchets, tu mourrais du choléra et ce serait bon débarras. "
En complément:
L'auteur, fort sympathique, a son site web et son propre blogue. Le tout accessible ici.
Pourquoi les chiens reniflent-ils les derrières?
Dawn McMillan et Bert Signal, illustré par Ross Kinnaird
Éditions Les 400 coups
32 pages
Résumé:
Tout a commencé, il y a bien longtemps, un jour où l'on donnait un grand concert canin dans un théâtre du quartier. Tous les chiens étaient conviés à cet événement et l'on venait de très loin pour y assister. Le portier était bien sévère et ne laissait que passer les chiens ayant une tenue impeccable, les dents étincelantes de blancheur et qui ne portaient pas de derrière. C'est comme ça que le premier vestiaire de derrières fut créé...
Mon commentaire:
Ce livre carré au titre humoristique, propose une réponse loufoque et l'occasion d'une histoire pleine d'humour à la question "mais pourquoi donc les chiens reniflent-ils toujours les derrières"? Les chiens se reniflent toujours entre eux et parfois, ils nous reniflent nous, les humains! Mais pourquoi?
"Eh bien! on sait comment ç'a commencé. Il y a longtemps, il s'est passé quelque chose à un concert canin..."
Et ce "quelque chose" est assez amusant! L'album ne donne pas véritablement de réponse mais offre plutôt l'occasion d'une bonne histoire et d'une hypothèse imaginaire. Les dessins sont amusants et feront rigoler les plus jeunes. La quatrième de couverture a la particularité de n'offrir aucun résumé et propose une mini-biographie des auteurs. À noter que Bert Signal est décédé avant la parution de cet album. Dawn McMillan lui offre un petit hommage en page d'accueil.
Pourquoi les chiens reniflent-ils les derrières? est un album qui offre des sourires et une histoire ludique. Un bon moment de lecture pour qui aime les chiens... et les histoires loufoques! L'album en plus, est bien joli, un carré cartonné, des couleurs franches sur fond pastel. J'adore!





























