Pays littéraires du Québec: guide des lieux d'écrivains
Denise Pérusse
L'Hexagone / vlb éditeur
384 pages
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Résumé:
Ce guide de voyage unique nous invite à visiter les lieux légendaires que les écrivains québécois ont occupés et dont ils se sont inspirés. Le Montréal d'Émile Nelligan, Michel Tremblay et Gabrielle Roy, les Laurentides de Gaston Miron, le Québec d'Octave Crémazie, Roger Lemelin et Félix Leclerc, le Bas-du-fleuve de Victor Lévy Beaulieu, la Côte Nord de Gilles Vigneault... C'est en fait plus de 65 écrivains qui nous convient ici à suivre leurs traces sur la route des pays littéraires.
Mon commentaire:
Guide touristique, littéraire et historique, Pays littéraires du Québec est un vrai petit bijou pour partir à la (re)découverte de nos écrivains d'ici et des lieux qui leur ont inspirés romans, poésie et nouvelles.
Ce livre merveilleux me tient compagnie depuis quelques semaines. Carnet de notes à la main, je griffonnais noms de lieux à visiter, titres de livres à découvrir et recherches à effectuer autour de lieux ou de noms qui sont mentionnés dans le livre.
Tout en couleurs, avec photographies, portraits d'écrivains, tableaux de lieux enchanteurs, ce guide trace le chemin parcouru par nos écrivains québécois. Avec l'auteur, Denise Pérusse, on visite les lieux qui les ont inspirés, les endroits où certains films ou séries ont été tournés, les maisons natales, les chalets, les lieux d'écriture. Pour chaque région, une carte des lieux avec le portrait des auteurs sur les traces desquels nous partons. Ensuite, nous nous attardons sur les villes et les villages qui sont rattachés à un ou des auteurs en particulier. L'écriture de Denise Pérusse est vive, remplie d'anecdotes entourant la vie de l'auteur, de réflexions sur sa source d'inspiration, son enfance ou sa vie d'adulte, ses derniers moments et ce qu'il a laissé en héritage. Pour chaque lieu, il y a différents ajouts à la fin: à savoir, à lire, à voir, à visiter, ainsi qu'une foule d'extraits.
Certains lieux (surtout des maisons natales d'écrivains) sont des propriétés souvent privées et ne se visitent pas nécessairement. C'est mentionné dans la rubrique "À savoir", avec d'autres anecdotes. Ensuite vient la liste de ce qui se visite ainsi que les musées, lieux naturels ou excursions à effectuer. Parfois, l'auteur complète avec une liste de livres à lire ou de films à voir. À la toute fin, un index des auteurs termine le guide. Ce qui manque, selon moi, c'est une bibliographie des titres abordés et des sources de l'auteur, liste qui aurait été intéressante à éplucher. Peut-être à ajouter lors d'une éventuelle réédition?
Le guide est remplit de photos d'archives, de photos d'auteurs, de paysages, de notes historiques. On suit les traces d'auteurs très connus et d'autres qui ont été oubliés. Leurs motivations et les origines de leurs oeuvres sont captivantes à lire. J'ai rencontré à travers ce guide, des auteurs que je ne connaissais pas, comme Blanche Lamontagne, Alphonse Piché, Léonise Valois ou Nérée Beauchemin. J'ai suivi les traces mythiques de Louis Hémon, Philippe Panneton (Ringuet), Laure Conan, Germaine Guèvremont, Claude-Henri Grignon, Félix-Antoine Savard, Aubert de Gaspé père et fils. Il y a tant à lire et à découvrir à travers ce guide! C'est un voyage qui nous transporte à travers le Québec et le temps et qui offre énormément de pistes de lectures et de découvertes.
Le guide a été publié en 1998. Certains renseignements touristiques ne sont plus d'actualité ou ont été modifiés depuis. Cependant, une maison natale demeure une maison natale et les lieux qui ont inspirés les écrivains sont les mêmes lieux qu'il y a dix ans. Il suffit de se renseigner si on souhaite visiter un endroit précis. Cependant, l'intérêt d'un tel livre est grand pour tous ceux qui se passionne pour notre littérature car il ne se contente pas d'être uniquement un guide de voyage. Les portraits de chaque écrivain et leur travail d'écriture sont de véritables trésors à découvrir.
En tournant la dernière page, je me dis que notre littérature et nos écrivains sont très inspirants et que nos livres méritent amplement d'être lus et relus. Un très gros coup de coeur pour ce livre unique, différent, qui m'a fait voyager et rêver...
Quelques extraits:
"Partir sur les traces de l'abbé Félix-Antoine Savard, c'est d'abord se rendre dans une région quasi vierge à la limite des comtés de Charlevoix et de Chicoutimi. C'est là que le jeune Félix est initié par son père aux lois et aux humeurs brutes de la vie des bois. Pour l'atteindre ils ont dû traverser - en voiture à cheval, à pied et en canot - un immense territoire de deux cent quarante lacs accordé à de riche Américains. Le jeune Savard découvre alors qu'il est étranger sur sa propre terre." p.61
"Les Classiques cherchaient le paysage impossible, les Romantiques cherchent le paysage exceptionnel; pourquoi ne chercherions-nous pas le paysage habituel tel que nous le voyons autour de nous? Ouvrons une fenêtre et peignons ce que nous voyons entre ses chambranles; la nature est plus habile que nous." [Nérée Beauchemin, Archives du séminaire de Nicolet] p. 130
En complément:
Le tourisme littéraire est de plus en plus en vogue. Si les lieux d'écrivains vous intéresse, je vous suggère une liste de liens glanés au fil du temps, que j'ai publié sur À l'heure du thé. Vous pouvez y accéder ici.
Miss Endicott 2
Fourquemin & Derrien
Série Miss Endicott tome 2
Le Lombard
81 pages
Résumé:
Guidés par le Maître, un chef tyrannique et assoiffé de sang, les Oubliés préparent une guerre contre les habitants de la surface. Fidèle à sa mission de conciliatrice, Miss Endicott va tout tenter pour s'opposer à ces noirs dessein. Mais la tâche paraît insurmontable pour une jeune femme isolée... D'autant plus qu'elle se voit brutalement confrontée à son propre passé.
Mon commentaire:
Si j'ai été sous le charme du premier tome, je m'attendais à quelque chose de fabuleux avec le second. Le premier tome nous laisse sur un mystère et le second reprend de façon très rationnelle ce qui s'est produit. Je m'attendais à un coup d'éclat qui n'est pas arrivé. Ça m'a légèrement déçue. Peut-être aussi est-ce le délai de lecture entre les deux tomes?
J'ai trouvé le second moins agréable à la lecture que le premier. Le premier tome confronte la vie Londonienne, un brin de fantastique et un peuple oublié qui vit en marge des autres. Miss Endicott nous apparaît alors comme une jeune femme qui reprend sa vie en main, après le décès de sa mère. Le second tome place Miss Endicott dans une position de subalterne et elle s'efface littéralement. On ne retrouve plus le charme londonien et anglais, mais plutôt la guerre entre les gens du dessus et les Oubliés.
Même si Miss Endicott est une lecture agréable, le premier tome était superbe et a su me charmer, alors que le second m'a plutôt déçue. Je n'y ai pas retrouvé ce qui m'avait tant plu dans le premier.
À vous de voir si Miss Endicott vous charmera jusqu'au bout! À noter que la fin de ce second volet laisse planer le retour du personnage dans d'éventuelles autres aventures.
Le mort du chemin des Arsène
Jean Lemieux
Série André Surprenant tome 2
La courte échelle
456 pages
Résumé:
Alors qu’il s’apprête à quitter son poste aux Îles-de-la-Madeleine, le sergent-détective André Surprenant doit mener une dernière enquête. Le cadavre d’un homme a été retrouvé dans sa maison de L’Étang-du-Nord. Une carabine est posée sur ses jambes, les portes sont verrouillées; tout porte à croire qu’il s’est suicidé. Mais pourquoi Romain Leblanc, musicien au sommet de sa gloire, grand, riche propriétaire depuis un récent héritage, se serait-il enlevé la vie ? Surprenant est sceptique. Plongé en pleine tourmente dans sa vie personnelle, il tente de comprendre ce Romain Leblanc à qui tout semblait sourire. Quels fantômes ses recherches feront-elles resurgir du passé ? Au fil de son enquête, André Surprenant découvre peu à peu que dans cet archipel isolé, battu par les vagues et le vent, chaque secret en cache un autre…
Mon commentaire:
Le mort du chemin des Arsène est un pavé captivant de plus de 400 pages, qui reprend les mêmes personnages rencontrés dans On finit toujours par payer. Il s'agit de la seconde enquête du sergent André Surprenant. Les choses ont évolué dans la vie du sergent et de son équipe depuis le premier roman. Cette fois, un autre crime vient troubler la tranquillité des Îles-de-la-Madeleine.
Après cette lecture, on peut constater deux choses: Jean Lemieux a le don d'écrire de très bons polars en plus de savoir se renouveler. Naturellement, puisqu'il reprend les mêmes personnages du premier roman, l'auteur conserve une certaine ligne de conduite d'un livre à l'autre. Toutefois, dans ce second roman, le sergent Surprenant trempe littéralement dans la musique. La musique qui lui permet de réfléchir et de relaxer dans sa vie personnelle, mais surtout, la musique qui était l'univers entier du mort. Romain Leblanc vivait essentiellement pour son art. La musique est présente partout, dans le crime, dans la vie quotidienne, dans le mobile, dans l'entourage du défunt.
Cette fois encore, les policiers de l'Île-de-la-Madeleine doivent solliciter, selon un règlement de la sûreté du Québec, l'aide de collègues du continent. Ferlatte arrive donc sur l'île, jeune, fier et toujours un peu décalé par rapport aux moeurs et coutumes des Madelinots. Cette confrontation et cette méfiance entre gens de l'intérieur et ceux du dehors est toujours au coeur des romans de Lemieux. Il est aussi très intéressant de voir que l'accent des Îles, ainsi que les expressions typiques des différents endroits de l'Île (comme l'accent particulier d'Havre-aux-Maisons par exemple) est encore plus exploité dans ce roman-ci que dans la première enquête. Cela donne une couleur locale et un charme indéniable à l'histoire. À travers les romans de Jean Lemieux, on vit littéralement les Îles. J'adore! Pour ceux qui ne sont pas familiers de l'accent des Îles, des notes explicatives sont ajoutées en bas de page.
En conservant ce qui était gagnant dans On finit toujours par payer, Jean Lemieux innove avec Le mort du chemin des Arsène en faisant une grande place à la musique. En plus des Îles-de-la-Madeleine et de leur atmosphère particulière, la musique est omniprésente et se mêle, aux effluves de l'eau et à la brise du vent.
Décidément, un auteur qui me plaît beaucoup et dont je découvre avec grand plaisir les romans.
Quelques extraits:
"Surprenant ferma les yeux et se laissa bercer par la mélancolie sinueuse du rythme ternaire. Romain Leblanc lui parlait. Il comprit pourquoi les Madelinots avaient aimé le musicien: ce son de violon rugueux, simple mais élégant, au confluent des influences celtes, françaises, québécoises et acadiennes, c'était toute l'âme de leurs îles. " p.95
"La vie est un reel. Quand le rythme devient trop rapide, quand un événement forfuit vient briser l'équilibre entre la maîtrise et l'abandon, il se produit des fausses notes." p.240
"La mer grugeait le grès rouge, patiemment, vague après vague. Dans quelques milliers d'années, les Îles-de-la-Madeleine auraient disparu de la surface de l'Atlantique. La précarité de leur habitat n'était sans doute pas étrangère à la joie de vivre des Madelinots. Comme son été si bref, l'archipel battu par les vents portait le parfum de l'éphémère. Il fallait être heureux avant que l'automne surgisse, avant que la mer recouvre définitivement cette curiosité géologique." p.350
En complément:
Vous pouvez visionner la bande annonce du livre en cliquant ici.
Miss Endicott 1
Fourquemin & Derrien
Série Miss Endicott tome 1
Le Lombard
81 pages
Résumé:
De retour à Londres après un long voyage, Prudence Endicott décide de reprendre le rôle tenu par sa mère : celui de conciliatrice de la ville. Gouvernante le jour, elle devient la nuit une justicière qui règle les tracas des pauvres gens. Suite à un simple problème de voisinage, elle découvre le monde des Oubliés, le petit peuple qui habite les sous-sols de la ville. Les Oubliés sont au bord de la révolte et la nouvelle conciliatrice aura fort à faire pour empêcher la guerre qui se prépare.
Mon commentaire:
J'ai découvert Miss Endicott un peu par hasard. Cette bande dessinée a vraiment tout pour me plaire: un graphisme à mon goût, une histoire sombre et un brin fantastique, un pied-à-terre à Londres, ainsi qu'une époque qui me plaît bien: celle des fiacres et des gouvernantes qui servent le thé.
L'album débute par le décès de la mère de Prudence Endicott. Cette dernière prend alors la succession de sa mère dans son travail, soit celle de conciliatrice. C'est un travail de nuit qui ne semble pas rémunéré. Il consiste à régler les conflits, résoudre les mystères et jouer au médiateur entre deux partis qui ne s'entendent pas. Le jour, Prudence doit gagner sa croûte et devient la gouvernante d'un petit garçon. Elle s'occupe de son éducation, cuisine ses plats préférés et l'amène en promenade. L'atmosphère est tout à fait intéressante.
Prudence commence alors son travail de conciliatrice et découvre le monde des Oubliés, un monde sous le plancher londonien qui abrite nombre de créatures étranges. Des conflits entre eux et les humains "normaux" ainsi que la disparition du petit Kevin l'amène à s'enfoncer dans des lieux peu recommandables, aidée d'une petite équipe qui s'est jointe à elle au fil de ses aventures.
Cette bande dessinée est magnifique. Elle mêle bien les éléments plus fantastiques et surnaturels à un décor quotidien. Prudence Endicott, malgré ce que pouvait penser d'elle sa mère, est une jeune femme frondeuse, empathique, qui n'a pas froid aux yeux. C'est un personnage féminin peu conventionnel pour son époque et très intéressant.
Le premier tome se termine en nous laissant en plan, la chute incomplète des dernières cases se poursuivra dans le second tome. Tome que j'ai d'ailleurs déjà commandé et que j'attends avec impatience!
Miss Endicott est une fabuleuse découverte!
On finit toujours par payer
Jean Lemieux
Série André Surprenant tome 1
La courte échelle
304 pages
Résumé:
Par une nuit pluvieuse d’octobre, la belle Rosalie Richard, fille d’un pêcheur de crabes, disparaît derrière un bar de Cap-aux-Meules, aux Îles-de-la-Madeleine. On retrouve son corps nu dans un endroit désert, les mains liées et le cou brisé, des coquillages répandus sur le ventre. Pour le sergent André Surprenant, il est évident que le cadavre n’a pas été abandonné dans ce lieu de façon fortuite. Psychopathe ou non, le meurtrier s’est livré à une mise en scène. Dans cet univers clos et venteux, André Surprenant cherche à percer les secrets des habitants de l’île. Ses méthodes peu orthodoxes l’amèneront à des conclusions imprévues.
Mon commentaire:
Je préfère toujours, lorsque c'est possible, commencer ma découverte d'un auteur et de son héros récurrent par le premier livre qui le met en scène. C'est donc ce que j'ai fais en commandant On finit toujours par payer. Il s'agit de la première enquête du sergent André Surprenant.
Plusieurs aspects font de ce roman un excellent polar. D'abord, il est très bien écrit. On entre dans l'enquête comme si on connaissait bien les enquêteurs et les îles où les événements se déroulent. On sent tout de suite l'atmosphère autour du roman: des insulaires pour qui le mal vient forcément de l'extérieur, un automne brumeux et frais, l'humidité de l'eau à proximité, la bruine qu'on imagine et la solitude aussi, qui entoure l'île et ses habitants.
Surprenant n'est pas natif des Îles de la Madeleine mais y travaille, comme ses collègues d'ailleurs. L'archipel des îles est composé de plusieurs endroits que l'on retrouve dans le roman: Grosse-île, l'Île du Havre aux Maisons, l'île du Cap aux meules, l'Île d'Entrée, l'Île du Havre Aubert, etc. L'auteur y a vécu quelques années et on le sent. Il raconte les îles comme quelqu'un qui les connaît très bien. On s'y sent, elles nous habitent.
Le personnage de Surprenant est un homme intéressant. Il aspire à une carrière autre que de s'occuper de chiens écrasés et de chicanes de ménage. Sa femme, une italienne enflammée, s'impatiente, s'ennuie aussi sur l'île. Leur mariage bat de l'aile. Surprenant est amoureux de sa jeune collègue, Geneviève, avec qui il semble avoir plus de points en commun qu'avec sa conjointe. Surprenant est un sergent hanté par la disparition de son père alors qu'il était tout jeune. C'est un homme qui doit être couché pour bien réfléchir, ce qui fait qu'on le retrouve souvent par terre dans son bureau.
Le meurtre de Rosalie, la fille du maire et riche pêcheur de crabes, est l'occasion pour Surprenant de se démarquer, même s'il doit confronter un autre policier venu directement de Montréal qui lui, "connaît ça, les crimes". On le déteste d'emblée.
On finit toujours par payer a le mérite de nous amener en région et de nous en offrir la beauté et la rudesse naturelle des Îles de la Madeleine comme toile de fond. L'enquête sur la mort de Rosalie est très intéressante et bien menée. Le crime est tordu et le dénouement est surprenant. Un polar québécois que je conseille fortement. En plus de se dérouler chez nous, il n'a rien à envier à ce qui se fait ailleurs.
En complément:
À noter que On finit toujours par payer a remporté le Prix France-Québec Philippe-Rossillon 2004, le Prix Saint-Pacôme du roman policier québécois 2003 et le Prix Arthur Ellis 2004.
Jean Lemieux a un blogue. Vous pouvez le consulter ici.
À noter qu'une adaptation de ce roman pour le cinéma est en projet. Le film sera réalisé par Gabriel Pelletier et produit par Nicole Robert. Il s'intitulera La peur de l'eau. Le financement a été accordé, le film pourra donc être produit. J'ai bien hâte d'en savoir plus!
Voyager avec un chien
Katherine Mossalim & Louis-Karl Tremblay
Éditions Les malins
176 pages
Résumé:
De plus en plus de gens choisissent d'amener leurs animaux de compagnie avec eux lorsqu'ils partent en voyage, plutôt que de les placer dans un chenil ou de les confier à un proche. De fait, voyager avec son chien peut être très agréable, autant pour le propriétaire que pour l'animal, et il n'en coûte pas nécessairement plus cher que pour un service de gardiennage. Il suffit d'être bien organisé et de choisir la bonne destination.
Mon commentaire:
Après avoir lu Escapades pour chien et autres idées de sorties j'ai mis la main sur le guide de voyage Voyager avec un chien. Ce guide se veut un répertoire pour guider les québécois qui veulent partir en voyage avec leur chien, au Québec, en Ontario et dans le nord-est des États-Unis. Comme il existe peu de volumes sur le sujet, je suis portée à vouloir comparer en quelque sorte les deux que j'ai lu.
Notre famille voyage principalement au Québec. Nous aimons le camping et nous allons rarement à l'hôtel. Nous aimons également les escapades d'une journée et les activités au grand air, surtout si on peut y amener notre chien. Si Escapades pour chien était très intéressant au niveau du contenu et des informations relatives aux activités à faire et aux lieux de plein air, il était visuellement plutôt neutre, voire assez conventionnel et peu attrayant.
Voyager avec un chien est visuellement très attirant. Conçu comme un guide de voyage régulier, en couleur, avec la tranche retenue par une spirale, ce livre est coloré, avec des photos des lieux et quelques images de chiens à chaque section. Il contient des informations utiles sur le voyage avec un chien, les papiers qu'on doit avoir en notre possession car le livre ne traite pas que du Québec, mais aussi d'une autre province et d'un autre pays, ce qui complique un peu les choses. Il vaut mieux être préparé. Des informations médicales et en cas de problèmes courants comme l'insolation ou l'hypotermie sont très intéressantes. On nous parle ensuite du voyage en train et en avion, avec toutes les particularités que cela comporte. Suit un répertoire des hôtels au Québec, en Ontario et aux États-Unis. Le répertoire est bien conçu, avec un code simple pour savoir si notre chien (selon son poids) est admis et s'il y a des coûts additionnels.
Personnellement, ne fréquentant que très peu voire pas du tout les hôtels, j'ai été un peu déçue de constater que ce répertoire ne contient pratiquement que cela. Une minuscule section sur les activités n'offre qu'un nom de lieu et un numéro de téléphone. Aucune autre information. Ce guide est donc parfait pour les gens qui aiment vivre à l'hôtel en vacances et qui veulent y amener toutou. Facile à consulter, ce guide peut répondre à un besoin et venir en aide aux voyageurs.
Si par contre vous souhaitez des endroits de plein air, des parcs, des campings où il est possible d'amener votre chien, le guide des Escapades pour chien sera peut-être plus adapté pour vous. Toutefois, étant donné le peu d'informations disponibles sur les voyages, courts ou longs, avec des chiens, ces deux guides sont indispensables et complémentaires.
Bon voyage!
Racines de faubourg: l'envol
Sophie-Julie Painchaud
Série Racines de Faubourg tome 1
Guy Saint-Jean éditeur
364 pages
Résumé:
Peut-on vivre en reniant ses racines? Peut-on évoluer en ayant toujours le regard porté vers le passé? En étant incapable de voir le présent autrement que comme un reflet de son histoire? A la fin de leur vie, Patrick, Paul-Émile, Jean et Adrien, quatre amis d'enfance ayant grandi dans les rues du faubourg à melasse montréalais, éprouvent le besoin de répondre à ces questions en se rappelant ce que fut leur existence. Et, surtout, ce qu'ils furent les uns pour les autres.
Mon commentaire:
Le faubourg à mélasse (ou faubourg à m'lasse) est un quartier de Montréal (Centre-Sud) qu'on appelait ainsi à cause de la compagnie Imperial Molasse qui y avait pignon sur rue. Ses gros réservoirs de mélasse devaient transporter leurs effluves sucrées partout dans le voisinage. C'est probablement à cause de ces réservoirs et de l'odeur de mélasse que le quartier Centre-Sud a hérité de ce surnom.
Racines de faubourg nous amène dans le quotidien de quatre garçons: Paul-Émile, Adrien, Jean et Patrick. Chacun d'entre eux, maintenant âgés, raconte leur histoire. Ou plutôt, l'histoire des autres. Car personne n'est totalement objectif avec soi-même. Pour éviter d'embellir la réalité, Jean parle de Patrick, Adrien parle de Paul-Émile, Patrick parle de Jean, etc. Chacun raconte le quotidien de l'autre et la manière dont il a perçu les événements qui nous sont relatés. Si j'ai d'abord eu de sérieux doutes quant au choix de la narration, qui me semblait cahotique et difficile à suivre, je m'y suis habituée et je me suis laissée mener dans ce faubourg à mélasse, à travers les années. Car l'auteur a un belle plume et une conscience sociale et humaine bien aiguisée.
Dans ce livre, l'auteur prend la place de quatre garçons qui évoluent à travers les années, jusqu'à devenir quatre adultes, parfois désillusionnés par la vie. Il est très intéressant de voir la vie d'hommes raconté avec autant de réalisme par une femme. Le contexte social, culturel et politique de l'époque est bien rendu. On entre de plein fouet dans ce quartier ouvrier des années 50 et 60, on rencontre les familles des garçons, ancrées dans les mentalités de l'époque. La religion était omniprésente, les conventions également, même dans les familles pauvres. La différence entre ce quartier et les quartiers huppés tels que Outremont ou Wesmount est bien rendue.
C'est un roman très intéressant pour l'aspect psychologique et social qu'il apporte. La vie n'est pas évidente, les choix que l'on fait ne sont pas toujours conformes à ceux que l'on espérait. À travers l'histoire de quatre garçons montréalais on comprend que nos racines, où on est né et d'où on vient, ont leur importance sur ce que l'on deviendra une fois adulte.
J'ai beaucoup aimé ce roman et je lirai avec plaisir la suite. Je trouve que l'écriture est différente. C'est un roman lent, qui décrit beaucoup et explique énormément le côté social et psychologique de ses personnages, mais ça m'a plu. Cette façon d'écrire donne beaucoup de vécu et de poids à Adrien, Jean, Paul-Émile et Patrick. On croit totalement leur histoire, on est plongé avec eux dans leur passé. Une belle lecture.
Quelques extraits:
"J'aimais le faubourg à mélasse de manière viscérale. J'y étais né. J'y avais passé mon enfance. J'y étais devenu un homme. Mais au même moment, je rageais de constater que le syndrome du petit pain, affligeant avec tellement de force les différents quartiers ouvriers de la ville, m'avait moi aussi atteint de plein fouet. J'étais mal à l'aise à Westmount ou à Outremont parce que je ne m'y sentais pas à ma place. Je ne me sentais pas l'égal des gens qui y habitaient, et ce constat me donnait envie de hurler." p.107
"On dira ce que l'on voudra, cela prenait une bonne dose de courage, dans le Québec encore puritain des années soixante, pour se décider à foutre un mariage à la mer. L'exploit fut d'autant plus remarquable que madame Mousseau venait d'atteindre la soixantaine, conditionnée toute sa vie à accepter l'idée que l'on se mariait pour le meilleur et pour le pire, même lorsque le pire prédonminait largement sur tout le reste, et que l'on devait endurer sa situation sans jamais répliquer." p.299
En complément:
Si vous avez envie d'en apprendre plus sur le faubourg à m'lasse et d'en lire le portrait historique, le Centre de Santé Jeanne-Mance en collaboration avec l'Économusée du fier monde a publié un document disponible en ligne et intitulé Du faubourg à m'lasse d'hier aux grands projets d'aujourd'hui. Ce document nous offre la petite histoire du quartier Centre-Sud de Montréal et est très instructif. Un bon complément au roman!
Les bourgeons de l'espoir
André Croteau
Libre Expression
759 pages
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Résumé:
Un lieu enchanteur, celui de Rivière-Boyer sur les bords du Saint-Laurent. Des personnages bien enracinés, ceux de la famille Bouffard, agriculteurs amoureux de leur terre. Et une époque pleine de promesses, celle du début du XXe siècle. Tandis que le siècle répand ses bienfaits et ses épreuves sur un Québec tiraillé entre la tradition et la modernité, Réjeanne Bouffard, une héroïne de 22 ans forte et belle, courageuse et fière, s’épanouit, aime et cherche sa voie. Réjeanne Bouffard, la femme, l’institutrice puis l’amoureuse nous entraîne dans les sillons de sa vie, à la découverte d’un monde qu’on ne quitte qu’à regret.
Mon commentaire:
Ce roman d'André Croteau est une merveilleuse surprise. Je n'avais pas vraiment d'attentes en l'ouvrant et j'espérais passer simplement un bon moment de lecture. La couverture n'est pas très avenante et le titre, laisse présager un roman facile à l'eau de rose. Ce n'est pas le cas. Le roman est une vraie saga familiale, très bien écrite et étoffée d'informations sur l'époque. Les pages - plus de 700 - défilent à une vitesse folle. Les personnages sont très attachants, c'est à regret que l'on tourne la dernière page.
Avec ce roman, nous plongeons dans le Québec du début du XXe siècle. L'époque est en plein changement. Le début du roman nous raconte l'installation de la famille Bouffard à Rivière-Boyer, à travers les générations, avant de s'attarder sur la famille de Cyrille, un bon père de famille, qui meurt dès le début du livre. Il laisse une ferme en pleine expansion, une femme inconsolable qui n'a vécu que pour lui, des enfants qui ne savent pas trop comment orienter leurs vies et des parents vieillissants. La famille Bouffard doit donc prendre des décisions et tracer peu à peu son existence vers l'avenir.
La famille est tissée serrée, comme l'étaient d'ailleurs la plupart des familles de l'époque. L'auteur a su nous raconter une histoire divertissante qui ferait d'ailleurs une très belle série télévisée dans la lignée des Filles de Caleb et autres sagas historiques. Les descriptions sont très visuelles, le lecteur ayant l'impression de voir la ferme, les lieux, le village et d'y passer un moment en compagnie de gens très intéressants. L'auteur a bien su implanter son histoire dans l'époque où elle se déroule. Il en profite d'ailleurs pour traiter de plusieurs sujets des plus captivants à travers les passions, le travail ou les intérêts de ses personnages. Réjeanne est institutrice et se bat pour créer un regroupement d'enseignantes afin de faire valoir ses droits et celles des autres femmes. Avec Pierre, nous sommes témoins de l'évolution des pratiques agricoles, des innovations afin de permettre aux fermes de prospérer et non plus de n'être que source d'auto-suffisance. Nous vivons également, à travers les autres personnages, d'autres facettes du début du XXe siècle: la guerre, la conscription et la désertion, la contrebande d'alcool, l'ébénisterie, les pratiques de la religion de l'époque et les mentalités, la ruée vers l'or, pour ne nommer que celles-là.
Les bourgeons de l'espoir est une saga familiale passionnante, bien écrite, qu'on quitte à regret. L'auteur, qui a à son actif d'autres ouvrages sur la faune, la flore et la nature, nous offre ici son premier roman. J'espère qu'il récidivera car son roman est excellent, en plus d'être un portrait vivant de toute une époque. À lire!
Un extrait:
"La fête de mai 1914 connut un succès plus grand encore que toutes les précédentes. Comme chaque année, on avait, le troisième samedi de ce mois, célébré l'espoir. Car l'espoir était permis. Personne ne faisait fortune mais, d'un coin de terre, on pouvait toujours arracher son pain et celui de tous les enfants que la Providence vous envoyait. À l'école du rang, on pouvait apprendre les rudiments du français et du calcul. Si, à coup d'épargne et de sacrifices, on réussissait à faire passer un fils par le petit séminaire, il pouvait devenir notable. Et puis il y avait maintenant ces industries nouvelles qui promettaient de créer de la richesse. On fêtait un jour, un soir, et on reprenait le collier le jour suivant. Mais on le faisait avec coeur parce qu'on avait fêté." p.245
Raconte-moi Massabielle
Jacques Savoie
Éditions 10/10
157 pages
Résumé:
Massabielle, village acadien exproprié depuis peu pour permettre l'exploitation d'une mine, ne compte désormais plus qu'un habitant, Pacifique Haché, dit "le fou du village", qui refuse de quitter les lieux.
Mon commentaire:
Pacifique Haché est le fou du village de Massabielle. Un village déserté, un village fantôme. Car la compagnie Noranda Mining a offert aux villageois de nouvelles maisons à Bathurst en échange de quoi, ils quittent le village pour permettre l'installation des mines. Pacifique Haché a décidé de rester à Massabielle. Il a élu domicile dans l'église du village et en fait en quelque sorte son royaume. Chaque jour il affronte l'avocat des mines, qui vient le voir pour tenter de lui faire entendre raison. Mais Pacifique Haché, à deux pas de la folie, lui en fait voir de toutes les couleurs.
Le roman comprend 8 parties et peut être subdivisé en trois grandes sections: la première quand Pacifique vit dans l'église et nargue l'avocat; la seconde quand survient l'amour dans la vie du fou du village; et la dernière qui met l'emphase sur l'apparition de la télévision, envoyée par l'avocat. Le roman est remplit de symboles. On peut voir l'expropriation des terres de Massabielle comme une métaphore de la déportation acadienne. Le roman parle aussi du progrès. Le progrès amène les plus forts (dans ce cas-ci les compagnies minières) à écraser les plus petits, qui plient l'échine. Pacifique se révolte en quelque sorte en usant de la folie pour déstabiliser l'adversaire. Sauf que, insidieusement, l'adversaire utilisera le progrès - la télévision - pour mettre son grain de sable dans l'engrenage et faire perdre à Pacifique tous ses moyens. La télévision représente la société de consommation qui, doucement, prend toute la place au quotidien.
Le roman est intéressant si on cherche à en comprendre la symbolique, car le livre en est remplit. La première partie, celle où Pacifique Haché mène la vie dure à l'avocat, est souvent très drôle. Pacifique a de l'imagination pour ébranler l'avocat. Pacifique rencontre également à quelques reprises pendant l'histoire, des anciens de Massabielle. On remarque d'ailleurs que ces anciens fermiers du village, ceux qui ont acceptés l'expropriation, ont perdus leur identité. Ils ne sont plus bons qu'à boire à la taverne, en se faisant vivre sur le bras du gouvernement, chose dont se moque allègrement Pacifique.
Jusqu'où peut aller le progrès et jusqu'à quel point il s'insénue dans nos vies? Laissez-vous raconter Massabielle et la folie de Pacifique Haché, un roman grave et cocasse à la fois, une fable un peu loufoque sur les grandes expropriations par les riches compagnies, le pouvoir des forts sur les plus faibles.
Un extrait:
"-Massabielle, c'est une maladie terminale, comme y disent! Mais une maladie terminale, quand c'est tes docteurs qui te l'ont donnée, tout ce qui te reste pour te défendre c'est de les rendre fous, tes docteurs. Avant de rendre l'âme.
-Pis tu peux faire ça, toi, Pacifique?
-Si y m'ont donné leur maladie, j'peux ben leur donner la mienne!" p.54-55
La vague (bd)
D'après le roman de Todd Stasser
illustré par Stefani Kampmann
Éditions Jean-Claude Gawsewitch
171 pages
Résumé:
L'Histoire est-elle destinée à se répéter? Pour faire comprendre à ses élèves l'horreur nazie, un prof d'histoire tente dans sa classe une expérience terrifiante qui va le dépasser. Au lycée Gordon, il y aura un avant et un après La vague.
Mon commentaire:
Cette bande dessinée (ou roman graphique) est inspirée du roman de Todd Strasser, La vague. Elle est relativement fidèle au roman et reprend l'ensemble du livre d'origine. Les événements racontés m'ont parfois semblés être précipités. Ceci s'expliquant peut-être à cause de la transposition en bande dessinée, alors que les petits détails du livre sont alors occultés? J'ai parfois eu des doutes quant à la vitesse à laquelle les élèves se laissent embarquer dans le "jeu" du professeur, alors que le roman ne m'avait pas laissé cette impression.
Dans le roman, le changement de narrateur se déroule bien puisqu'il correspond à différents chapitres. Dans la bande dessinée, on passe du professeur à l'étudiante sans transition. Les dessins étant relativement semblables, la fluidité de l'histoire m'a semblée moins bien que dans le roman.
Toutefois, l'aspect qui m'a le plus plu dans la bd est principalement l'ajout d'images historiques. Lorsque le professeur présente le film aux élèves, nous voyons des images des camps de concentration et d'Hitler. Ça donne un aspect percutant à l'histoire. La fin, également, est présentée comme un coup de poing aux élèves, toujours avec une image d'époque. J'ai aimé cette façon de faire, qui ajoute du poids à l'expérience.
En terminant, je crois que même si la bd est un beau projet, elle n'est pas indispensable. Le roman se suffit à lui-même et est plus intéressant. Lors de ma lecture de la bd, je n'ai pas vraiment sentis cette fascination pour l'expérience comme je l'ai ressentis en lisant le roman.
Quelques extraits:
"Il se passait exactement ce que les élèves, au début, jugeaient impossible. Le fascisme n'était pas un chapitre clos de l'histoire." p.134
"J'avais lu quelque part que le pouvoir pouvait être grisant. Il faut voir cette obéissance absolue de ses propres yeux pour le comprendre." p.154-155





























