28 février 2011

La vie cachée de Katarina Bishop: vols en haute société

viecacheedekatarinabishopAlly Carter
Série Katarina Bishop tome 1
Michel Lafon
312 pages

Résumé:

Une famille
Les Bishop, experts dans l'art du vol des oeuvres de maîtres depuis quatre générations.
Une professionnelle
Katarina Bishop, quinze ans.
Des amis qui n'ont peur de rien.
Un amoureux secret prêt à tout pour lui venir en aide.
Une mission
Récupérer des tableaux inestimables extorqués à leurs propriétaires durant l'Holocauste... puis dérobés chez un collectionneur d'art mafieux. Elles sont aujourd'hui cachées dans l'un des musées les plus sécurisés au monde.
Un compte à rebours
15 jours pour constituer la meilleure équipe de voleurs au monde et relever le défi.
Un enjeu
Sauver l'un des leurs.

Mon commentaire:

Voici un roman que j'ai lu d'une traite. L'histoire est totalement invraisemblable, mais tout à fait divertissante!

Katarina Bishop est une adolescente de quinze ans bien différente des autres. Elle tente d'avoir une vie presque normale, dans une école huppée. Mais Hale, avec qui elle entretient une drôle de relation, ira la chercher pour qu'elle revienne mettre son nez dans les affaires familiales. Katarina, son père et sa famille élargie (qui comprend des cousins, cousines ainsi que des amis et un presque amoureux) oeuvrent dans une classe à part: le vol. Vols de bijoux, d'objets de valeur, de voitures et de toutes sortes d'autres choses en passant par des oeufs Fabergés, des sous-marins et des... éléphants!

La famille Bishop mène une vie extravagante en marge de la société. Katarina participe à des vols depuis l'âge de trois ans et elle a un solide bagage de connaissances incontournables dans le domaine. Idem pour d'autres adolescents de sa "famille": Hale, Gabrielle, Simon, Hamish et Angus. La famille, par l'entremise de Hale qui est multimilliardaire et avec l'aide de Marcus, son majordome, sera impliquée dans une affaire impossible au musée Henley. Un musée qui bénéficie des systèmes de sécurité les plus sophistiqués au monde. Souvent pour s'enrichir, parfois pour des bonnes causes ou pour venir en aide à l'un des leurs, leurs motivations pour perpétrer des vols sont aussi variées que les objets qu'ils subtilisent. Cette fois, deux missions de cachent derrière ce projet: sauver le père de Katarina et restituer des oeuvres d'art volées à certaines familles pendant la montée du nazisme et l'holocauste.

J'ai beaucoup aimé ce roman qui mêle la vie familiale et la solidarité au vol d'oeuvres d'art. Les personnages sont des adolescents qui vivent malgré tout des choses de leur âge au point de vue questionnement et sentiments, mais qui sont totalement en décalage avec les autres jeunes à cause de leur "travail" un peu particulier. Leur statut d'adolescent leur ouvre souvent des portes, leur taille leur permet de se faufiler un peu partout et on est moins enclin à les soupçonner puisqu'ils sont jeunes, doués pour le vol et très organisés.

Le premier volume des aventures de Katarina Bishop, Vols en haute société, traite de la restitution d'oeuvre d'art volées pendant le nazisme et du vol comme façon de libérer un innocent. Si ce roman est un très bon divertissement, j'aurais trouvé agréable d'avoir plus d'informations sur cette période de l'histoire et sur les vols qui y ont été perpétrés. De plus, certains points de la fin du roman restent nébuleux et je comprends pourquoi en découvrant qu'il s'agit d'une nouvelle série. C'est donc avec beaucoup de plaisir que j'attends la suite des aventures de Katarina Bishop et de toute sa grande famille de voleurs d'oeuvres d'art.

Une bonne lecture, divertissante, légère, dont les sujets et le contexte sont intéressants.

Un extrait:

"Si vous étiez une femme très riche en 1921, vous pouviez occuper vos journées selon des règles bien établies. Vous pouviez jouer aux cartes ou faire de la musique; collectionner les robes et les chapeaux, veiller à ce que votre jardin soit impeccable et vos thés entre copines irréprochables. Mais Veronica Miles Henley était hors norme pour son époque. Elle avait mis sa fortune au service de sa grande passion et elle avait consacré sa vie à l'élaboration du plus grand musée du monde." p.157

En complément:

À noter que les droits d'adaptation cinématographiques du roman ont été vendus aux enchères pour huit millions de dollars et que la sortie du film est prévue pour 2012!

Posté par Allie à 07:52 - Commentaires [15]
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27 février 2011

Bonjour, Cupcake!

bonjourcupcakeKaren Tack et Alan Richardson
ADA éditions
240 pages

Résumé:

Pas besoin d'habiletés culinaires ni d'équipement sophistiqué !

Mon commentaire:

Ce livre de cupcakes est l'un des plus beaux que j'ai pu feuilleter, mais surtout l'un des plus amusants. Tous les petits gâteaux de ce livre sont conçus pour épater les petits comme les grands! De format carré, entièrement sur papier glacé et illustré à chaque page, Bonjour, cupcakes est un incontournable pour préparer des petits gâteaux qui feront saliver même les moins gourmands!

Le volume commence par nous présenter les ingrédients de base. Il nous offre des recettes classiques de petits gâteaux (chocolat, vanille, carotte, citron...) et des glaçages de base pour débuter. La décoration de cupcakes n'utilise que des ingrédients faciles à trouver: un sac de plastique refermable pour la poche à douille (on nous explique aussi comment en couper le bout pour avoir des motifs de fourrure, de feuillage ou de vagues), des bonbons et des cupcakes. Certains décors utilisent aussi des "trous de beignes" ou des minis cupcakes. On nous explique comment dessiner avec les glaçages, faire une bordure aux petits gâteaux, tremper les cupcakes et dessiner avec le chocolat. Ensuite, on est prêt à attaquer la création de jolis cupcakes!

Le livre est divisé en plusieurs sections thématiques. La première - et probablement la plus spectaculaire - est celle intitulée Poisson d'avril. Il s'agit de cupcakes trompe-l'oeil allant du classique TV Dinner, en passant par le spaghetti aux boulettes de viandes et les épis de maïs au beurre... Animaux en folie nous offre des pandas, des chevaux fringants et de magnifiques monarques, entre autres. On nous propose même une gamme de races de chiens. J'y ai même retrouvé le bulldog anglais! Bonne fête Cupcakes! est une section pour les anniversaires. À part le grand chapiteau, ces gâteaux sont moins intéressants. Hôtesse de l'heure présente des gâteaux pour les événements à célébrer, allant de la fête champêtre (une reconstitution d'un jardin potager en gâteaux!) aux lapins de Pâques. L'arbre généalogique est une idée assez amusante! Frissons d'Halloween et Les Fêtes sur glaçage se consacrent principalement aux célébrations de l'automne et de Noël.

Bonjour, cupcakes! est un livre emballant! On tourne les pages avec émerveillement, parce que tout est coloré, réussi, attirant. C'est ludique et attrayant, en plus d'être parfait pour donner des idées de décorations de gâteaux faciles que l'on peut même transposer sur d'autres sortes de gâteaux. Pour les célébrations, les fêtes d'enfants ou juste pour nous, c'est parfait!

Posté par Allie à 09:51 - Commentaires [6]
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26 février 2011

Le dur métier de loup

durmetierdeloupCollectif
illustré par Delphine Perret
53 pages

Résumé:

Le jour de ses sept ans, Papa Loup et Maman Loup annoncent à Lucas qu’il doit choisir son futur métier. Facile : plus tard, Lucas veut être loup. Comme son papa et comme sa maman. Sauf que c’est impossible, la forêt est devenue trop petite et il n’y a plus assez à manger. Lucas ne pourra pas être loup comme ses parents. Alors Papa Loup et Maman Loup lui offrent un baluchon. Le moment est venu de quitter ses parents. Lucas se met en route.

Mon commentaire:

Lucas est un loup. Il a sept ans, c'est son anniversaire. Il vient d'apprendre qu'il doit quitter ses parents et trouver un métier autre que "loup", car il n'y a plus de place dans la forêt pour lui. Il prépare donc son baluchon et part sur les routes pour trouver sa voie.

Ce projet collectif d'écriture rassemble cinq écrivains: Alex Cousseau, Kéthévane Davrichewy, Marie Desplechin, Christian Oster, Olivier de Solminihac, et une illustratrice: Delphine Perret. Chaque auteur écrit un chapitre de l'histoire. Je dois avouer que mon avis sur le livre est mitigé. Comme c'est un collectif, il y a toujours plus d'éléments de certains auteurs qui me plaisent et d'autres, moins. Chacun apporte sa pierre à l'édifice avec son style particulier et ses idées. Le début me semble un peu bizarre. Il y a beaucoup d'éléments étranges qui manquent un peu de continuité. Saviez-vous, par exemple, que le vent, dans les bois qui entourent Lucas, ne parle qu'allemand? Qu'un loup a pour son anniversaire une "poule d'anniversaire" et qu'il chasse naturellement beaucoup?

Les premiers chapitres sont ceux qui me plaisent le moins. On sent parfois la coupure entre les sections, dûe principalement au collectif d'auteurs différents. J'ai cependant sentis plus d'uniformité vers la fin de l'histoire qu'au début. La fin me plaît beaucoup et j'aime la leçon de vie que tire Lucas de son expérience. On peut y voir en quelque sorte le départ de la maison des enfants devenus grands et les choix qu'ils font pour faire de leur vie ce qu'ils espèrent être le mieux.

Le dur métier de loupm'a plu en grande partie, même si je trouve le début un peu cahotique et que certains éléments ne me plaisent pas. Par contre, l'histoire se rapproche beaucoup des contes de fées de notre enfance: ni tout à fait blancs, ni tout à fait noirs. Je me demande ce qu'en penserais un jeune lecteur? Toutefois, dès que Lucas rencontre ses amis en forêt et qu'ils partagent le goût de la musique et du chant, je trouve l'histoire beaucoup plus intéressante. Les illustrations en couleurs (deux tons) me plaisent bien aussi.

Un exercice d'écriture collective intéressant, qui a ses bons, comme ses moins bons côtés, mais qui nous offre, finalement, un conte initiatique calqué sur la vie.

Un extrait:

"J'imagine que, dans la vie comme dans les livres, il y a des chapitres. J'en suis au cinquième et j'attends le suivant. Ce qu'il y a de bien dans la vie, c'est qu'on peut inventer soi-même le chapitre suivant. Alors nous allons l'inventer." p.53

Posté par Allie à 13:55 - Commentaires [3]
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25 février 2011

Le cadeau du froid

cadeaudufroidVelma Wallis
JC Lattès
160 pages

Résumé:

Lors d’un hiver des plus rigoureux, une tribu vient à connaître la faim : plus de réserve de baies, la viande se fait rare et les hommes sont trop faibles pour chasser. Pour espérer survivre, ils doivent marcher, inlassablement, laissant derrière eux les plus anciens. Comme beaucoup avant elles, deux vieilles femmes sont abandonnées au beau milieu de la grande plaine blanchie par la neige, avec deux peaux de phoque pour leur tenir chaud. Alors qu’elles s’apprêtent à s’endormir, l’une se rappelle un lieu de son enfance, où la rivière regorge de poissons, et les buissons de lapins. Luttant contre le froid qui les mord, le vent qui épuise leurs membres fatigués, elles avancent coûte que coûte dans la plaine, réapprenant petit à petit les gestes de leur jeunesse : entretenir le feu, poser les pièges pour se nourrir, creuser le sol pour trouver les racines comestibles...

Mon commentaire:

Velma Wallis est née près de Fort Yukon, dans une tribu traditionnelle athabaskane. L'histoire des deux femmes que l'on retrouve dans Le cadeau du froid provient du peuple Athabaskan et même si l'histoire diffère quelque peu d'un village à l'autre, Velma Wallis en a fait un conte d'où se dégage une grande sagesse.

Le cadeau du froid raconte l'histoire de deux femmes un peu plaignardes qui ont toujours été bien traitées par leur tribu. À l'aube d'une grande famine et d'un hiver très rude qui rend les membres affamés impatients et faibles, la tribu décide d'abandonner les deux membres les plus âgés de leur groupe. La mort dans l'âme, ils les laissent à leur sort, dans la neige, et s'en vont. Ils pensent ne plus pouvoir les nourrir ni s'occuper d'elles. Abattues, les deux vieilles femmes finissent par se relever et décident de survivre, coûte que coûte. "Si on est pour mourir, mourons en essayant". Et c'est ce qu'elles font. Elles travaillent fort, sans jamais se plaindre et elles font des choix judicieux que seule leur expérience de vie et leur sagesse a pu leur dicter. Elles survivront, sans se douter qu'elle retrouveront leur tribu un an plus tard et que cette même tribu qui les avait abandonnées aura maintenant besoin de leur aide...

Ce merveilleux conte est une merveilleuse histoire sur l'importance des aînés dans toute société, de la transmission de leur savoir et de tout ce qu'ils peuvent apporter à une collectivité. On peut y voir une métaphore applicable à la vie d'aujourd'hui: une société qui néglige ses anciens perd beaucoup, tant au niveau de l'expérience de vie qu'au niveau des connaissances et de la richesse de sa culture. Ici, sans leurs aînés, la tribu se meurt.

Le cadeau du froid est une belle leçon de courage, de solidarité, de volonté, mais aussi de respect. L'expérience d'une vie entière est une richesse qu'il ne faut pas négliger. Ce conte gagne à être connu et partagé pour que chaque peuple ne fasse pas la même erreur que la tribu de l'histoire. Comme on parle de plus en plus de cas de maltraitance d'aînés et de gens âgés abandonnés dans des foyers, Le cadeau du froid est encore plus criant d'actualité.

À lire, assurément. L'histoire est magnifique, la leçon de vie y est essentielle.

À la fin, le volume contient quelques notices biographiques sur la vie et le peuple de l'auteur, ainsi que des informations sur les Athabaskans et sur la petite aventure de ce livre que personne ne voulait publier et qui a débuté par des souscriptions d'étudiants avant d'attirer un éditeur! Toujours d'après la notice, l'auteur serait en train d'écrire un livre plus personnel, racontant son éducation athabaskane. Ce qui promet d'être bien intéressant!

Quelques extraits:

"Les histoires sont des cadeaux que les anciens font aux plus jeunes. Malheureusement, ce cadeau n'est plus souvent donné ni reçu de nos jours, parce que beaucoup de nos jeunes sont absorbés par la télévision et la rapidité de la vie moderne. Peut-être demain quelques-uns de la présente génération, qui furent assez sensibles pour avoir prêté attention à la sagesse de leurs aînés, garderont-ils vivantes dans leur mémoire les légendes qui passaient de bouche à oreille. Peut-être la génératyion prochaine aura-t-elle même le désir d'histoires telles que celle-ci, afin de mieux comprendre son passé, son peuple, voire elle -même." p.15

"Une compréhension tacite s'instaura, et tous se trouvèrent friands de la compagnie des vieilles femmes, auprès desquelles ils trouvaient informations et conseils. Ils comprirent que, pour avoir vécu si longtemps, elles en savaient plus long qu'ils ne l'avaient cru." p.152

En complément:

Le site offciel de l'auteur (en anglais).

Posté par Allie à 07:54 - Commentaires [11]
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23 février 2011

Les derniers jours de Stefan Zweig

derniersjoursdezweigLaurent Seksik
J'ai lu
185 pages

Résumé:

Le 22 février 1942, en exil au Brésil, Stefan Zweig et sa femme Lotte mettent fin à leurs jours, dans un geste désespéré, mûri au coeur de la tourmente. Des fastes de Vienne à l'appel des ténèbres, ce roman restitue les six derniers mois du grand humaniste devenu paria et de son épouse. Deux êtres emportés par l'épouvante de la guerre : Lotte, éprise jusqu'au sacrifice ultime, et Stefan Zweig, inconsolable témoin du " monde d'hier ".

Mon commentaire:

Le roman de Laurent Seksik nous transporte dans le monde de Stefan Zweig, six mois avant son suicide désespéré. Chaque chapitre raconte quelques éléments d'un mois précédent sa mort, de septembre 1941 à février 1942. Les mots se referment comme un étau sur Zweig et sa femme Lotte, qui le suivra jusqu'au bout de son geste fatal.

À l'époque, Zweig est un écrivain reconnu et populaire, mais il n'est plus lu dans son pays. On ne le publie plus. Il est juif, victime du nazisme, il a été menacé de mort, inscrit sur la liste des écrivains indésirables et nuisibles. Il s'enfuit pour vagabonder à travers le monde, s'enlise dans les paperasses administratives et ne trouve pas la paix. C'est un fugitif qui reçoit même des menaces alors qu'il se trouve dans son petit paradis Brésilien, avec sa femme Lotte. Ce sont les derniers jours de Stefan Zweig.

Le roman raconte le quotidien de Zweig et de Lotte, entrecoupé des souvenirs de Stefan. L'écrivain se questionne beaucoup sur son écriture, sur la haine des nazis à son égard, alors que c'est un pacifiste qui ne prend pas position publiquement pour aucune cause. C'est un homme du monde, à la fois brillant et discret. Parallèlement, on apprend à connaître le personnage de Lotte, seconde femme de Zweig, qui donne l'impression d'avoir toujours le statut de "maîtresse" plutôt que celui d'épouse. Lotte se questionne sur la relation de son mari avec son ex-épouse et évolue dans son univers entre amour et incompréhension. Elle le suivra cependant jusqu'à son dernier souffle, qu'elle poussera à ses côtés...

Comme l'indique l'auteur, ce roman repose sur des faits réels et des événements historiques vérifiables. Son histoire s'inspire des documents d'archives et de la correspondance des principaux acteurs de ce dernier acte. C'est un roman assez triste, d'une beauté émouvante. On ressent l'Histoire et les conséquences du nazisme se refermer sur Zweig, les conséquences sur sa vie et sa fuite, toujours, constante. En exil, il écrit beaucoup. On lui doit alors l'écriture d'une biographie de Marie Stuart, plusieurs textes divers, mais surtout, son roman le plus connu: Le joueur d'échecs. Oeuvre qui prend tout son sens quand on sait dans quelles conditions il a été écrit.

Dans le roman de Laurent Seksik, on sent le regard que Zweig pose sur le monde, sur son travail et sur ses proches. Il parle beaucoup de son écriture. L'entrée en guerre des États-Unis et la défaite des Britanniques en Indonésie lui donne le coup de grâce. Il n'a plus d'espoir et sa décision est prise depuis un moment. Il quittera ce monde au Brésil, là où il avait cru trouver un lieu à l'abri de la folie des hommes.

Les derniers jours de Stefan Zweig est un roman-hommage à l'un des plus grands écrivains de son temps. Il relate une fin bouleversante pour le travail d'écriture de toute une vie.

Quelques extraits:

"Il sortit les livres, un à un. Lentement, pour chacun d'eux, il contemplait la couverture, effleurait la tranche. Puis, longuement, éperdument, de manière un peu risible, il plongeait le nez dans les pages, reniflait l'odeur qui s'en dégageait. Ces livres n'avaient pas vu la lumière depuis la fuite de la maison d'Autriche. Le dernier endroit qu'ils avaient connu était la bibliothèque du domaine du Kapuzinerberg. Le temps, la traversée des continents et des océans n'avaient pas dissipé leur parfum." p.17

"Il songea à la tournure risible que prenait son destin d'écrivain. Il n'écrivait plus que pour être traduit - en anglais, grâce à ce bon Ben Huebsch chez Viking Press, et en portugais, avec Abraho Koogan. Depuis bientôt une décennie, les maisons d'édition allemandes ne publiaient plus d'auteurs juifs [...] Il écrivait la langue du peuple dont il était banni. Est-on encore un écrivain quand on n'est plus lu dans sa langue? Est-on encore en vie lorsqu'on n'écrit plus de son vivant?" p.22

Posté par Allie à 08:04 - Commentaires [22]
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22 février 2011

Frisson l'écureuil fête son anniversaire

frissonlecureuilfetesonanniversaireMélanie Watt
Scholastic
32 pages

Résumé:

Frisson l’écureuil n’organise jamais de grande fête pour célébrer son anniversaire. Il a l’habitude de fêter seul pour éviter les mauvaises surprises. Mais cette année, il fait un petit changement de dernière minute : il invite un ami...

Mon commentaire:

Frisson l'écureuil aime célébrer son anniversaire tout seul et en silence. Ainsi, il ne risque pas d'être surpris, de connaître un imprévu, de devoir supporter de la musique trop forte ou un incident. Il planifie tout à la lettre dans les moindres détails. Et surtout, il n'invite personne.

On assiste à ses préparatifs et à ses soucis entourant la célébration de son anniversaire, mais malheur! Il doit tout changer quand soudainement, un ami s'invite à la fête. Alors que son plan est presque terminé et qu'il inclue la présence de cet ami, un gros imprévu survient. Ne sachant pas comment réagir, Frisson fait... le mort!

Le thème central de cet album est définitivement l'humour. L'humour est partout, dans le dessin, dans le comportement de Frisson, dans la préparation et les éléments de la fête. L'album est coloré et amusant. Si je ne suis pas une grande fan des illustrations, je dois avouer qu'elles collent bien à l'idée de l'album. Surtout, elles plaisent aux petits lecteurs qui y trouvent beaucoup d'expression et de vie. L'auteur utilise des couleurs contrastantes et ajoute beaucoup d'éléments amusants à chaque page. C'est un livre pêle-mêle, où, en plus de l'histoire, le petit lecteur a droit à l'impression de différentes listes, une recette de gâteau, des cartons d'invitation, un horaire d'anniversaire réglé comme du papier à musique... Frisson laisse assez peu de place à l'imprévu, la surprise et tout ce qui est agréable dans une fête d'anniversaire!

La fin est amusante et surtout... imprévue!

À partir de 4 ans.

Posté par Allie à 10:02 - Commentaires [11]
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20 février 2011

Au nord du monde

aunordumondeMarcel Theroux
Plon
296 pages

Résumé:

A la frontière d'un monde perdu et glacé, Makepeace - shérif d'une ville de Sibérie vidée de ses habitants - patrouille dans les rues désertes, sauvant les livres et les armes des décombres. Cette terre froide et inhospitalière porte les stigmates de la catastrophe qui a détruit le monde alentour. Mais c'est là aussi que Makepeace découvre des preuves de survie lorsque le ciel au-dessus de sa tête est pour la première fois traversé par un avion. Alors Makepeace prend la route, à cheval, les armes à la ceinture et l'espoir chevillé au corps. Ses pas laissent derrière eux l'empreinte de nos angoisses sur la survivance de notre civilisation mais sèment l'espoir, malgré tout, de la rédemption. La quête hantée et bouleversante d'un personnage qui explore, à travers un monde dévasté, le genre humain et la possibilité de sa fin. Au bout de ses pas, de son souffle, et de sa force, la fable renaîtra ou expirera avec Makepeace.

Mon commentaire:

Au nord du monde se déroule en Sibérie. Makepeace vivait à Evangeline, une petite communauté fondée par des Quakers. Ses parents ont voulu fuir la déchéance des grandes villes pour bâtir un monde nouveau. Au fil du temps, cependant, quelque chose a dérapé. Suite à un réchauffement de la planète, à l'augmentation de la violence un peu partout dans le monde et à cause d'une mauvaise répartition des richesses, le monde tel qu'on le connaît maintenant n'existe plus. Makepeace vit dans une ville désertée de ses habitants et tente d'y survivre. Son monde en est un de perdition...

Le roman de Marcel Theroux, un écrivain anglais dont c'est la première traduction en français, nous offre une sorte de western dans un monde glacé, dur, violent et impitoyable. Les hommes sont durs les uns avec les autres, seul l'alcool délie les langues et apporte un peu de compréhension entre eux. La hiérarchie est très importante dans le monde de Makepeace. Les plus forts soumettent les plus faibles. Le monde est un désert permanent sur lequel on chevauche pendant des jours avant d'apercevoir un quelconque signe de vie. La survie est au coeur de toutes les préoccupations et les différents survivants de la taïga sibérienne vivent isolés, en proie à la peur et parfois à l'espoir de quelque chose de mieux.

L'histoire nous est racontée par Makepeace, d'abord shérif dans sa petite ville, qui décide un jour de prendre la route pour suivre un avion aperçu dans le ciel. L'idée même d'un tel engin cause tout un émoi puisqu'il laisse sous-entendre qu'il reste une population suffisante, quelque part, pour l'avoir construit. À travers son histoire, on apprend par bribes la vie de Makepeace: l'arrivée de ses parents à Evangeline, leurs idéaux, sa jeunesse, sa famille, sa vie au village avant la catastrophe, ses souvenirs, l'école de police, sa rencontre avec Ping, son rapport à la religion. À travers son histoire, on apprend à connaître ce personnage particulier et l'on découvre la lente descente en 'enfer du genre humain.

Le roman est séparé en quatre parties différentes qui sont toutes des moments importants dans la vie de Makepeace. Après avoir vécu dans la ville désertée, Makepeace est arrêtée et emprisonnée. L'étranger demeure toujours une menace dans un monde où tout est survie et il n'est pas toujours bien accueillit. Makepeace découvre aussi la Zone, une ville abandonnée et radioactive, qui regorge de richesses suscitant l'envie...

Au nord du monde est un roman apocalyptique, froid comme la glace ou tout ne tourne qu'autour de la place de l'homme dans un monde qu'il a maltraité et qui à son tour, l'a abandonné. Les besoins essentiels sont au coeur de tout et les plus forts ont désormais une emprise sur les plus faibles ou sur les moins armés. L'histoire est assez intéressante et le monde créé par l'auteur donne le frisson. On espère qu'un tel monde n'arrivera jamais. Si la trame du roman m'a plu, puisque l'anticipation est un genre qui me fascine, j'ai trouvé par moments quelques longueurs. J'aurais également aimé que les livres, qui sont tant prisés et amassé par les villageois qui se sentent égarés dans ce monde hostile, prennent une signification plus importante dans leur vie. Pas seulement celui d'un objet que tout le monde semble accumuler sans jamais l'ouvrir.

Au nord du monde est tout de même un roman qui se lit bien, dont l'histoire réussit à garder l'intérêt. C'est un roman-catastrophe sur un monde perdu, qui ressemble par moments à un western glacé, teinté de violence, de sang, d'isolement, de travail et parfois, d'espoir. Un espoir qui ne dure cependant pas très longtemps, puisque dans un monde pareil, c'est souvent la loi du plus fort ou du plus débrouillard qui prévaut...

Quelques extraits:

"Oui, quelque part sur l'échelle des années, mes yeux se sont éteints avec le meilleur de moi-même". p.9

"Qu'est-ce qu'on a comme chance quand on ignore qu'on a de la chance". p.21

"Les choses ont une vie intérieure. On ne s'attend jamais à assister à la fin de quoi que ce soit. On ne s'attend jamais à faire partie des derniers." p.78

Posté par Allie à 19:17 - Commentaires [6]
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18 février 2011

Sous la glace

Sous_la_glace___Louise_PennyLouise Penny
Flammarion Québec
384 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

L’hiver a enveloppé de neige le village endormi de Three Pines. Le temps des fêtes appelle à la paix et aux bons sentiments, jusqu’à ce qu’un cri déchire l’air glacé. Un meurtre a été commis : une spectatrice de la traditionnelle partie de curling a été électrocutée sous les yeux de tous, au beau milieu d’un lac gelé. Pour diriger l’enquête, l’inspecteur-chef Armand Gamache revient dans la charmante communauté anglophone. Avec minutie, il dévoile le passé de la victime et découvre un écheveau de secrets et de rivalités. Gamache a cependant ses propres ennemis au sein de la Sûreté du Québec ; il sait qu’il ne peut se fier à personne. Tandis qu’un vent mordant souffle sur Three Pines, une menace plus glaçante encore plane sur lui.

Mon commentaire:

Après être tombée sous le charme du pittoresque petit village de Three Pines dans En plein coeur, j'attendais avec impatience son second roman traduit en français.

En plein coeur se déroulait l'automne et à l'Action de Grâces. Sous la glace se passe l'hiver, dans la période de Noël. C'est avec un immense plaisir que j'ai pu retrouver toute la communauté de Three Pines: Clara, Ruth, Gabri, Peter, Olivier, les villageois qui vont et viennent, l'esprit artistique et communautaire qui prend une très grande place dans la vie quotidienne des personnages. Tout ce que j'aimais dans la première enquête d'Armand Gamache, je le retrouve ici. Le crime est différent et les personnages ont évolués depuis le premier livre. Ici, l'auteur amène même certains personnages à Montréal pendant les fêtes de fin d'année (ils vont visiter la vitrine de Noël chez Ogilvy) et l'inspecteur Gamache fait face à deux crimes qui évoluent en parallèle: un à Montréal et un à Three Pines.

Les polars de Louise Penny ne sont pas que de simples polars. Je pense que même quelqu'un qui n'aime pas les romans policiers prendrait beaucoup de plaisir à découvrir ce roman. C'est une auteure qui oeuvre dans un créneau encore peu exploité en littérature: le polar qui fait du bien à l'âme. Ça peut sembler tout à fait étrange de vouloir concilier les deux. Un crime n'est habituellement pas relié à quelque chose de joyeux. Cependant, Armand Gamache est un inspecteur tout à fait à part. C'est un homme attachant, humain, en proie au questionnement sur la vie, mais c'est un homme heureux. Un homme qui se penche d'instinct vers les chiens qu'il rencontre pour les caresser. Un homme passionné par la poésie et par les mots. Un homme qui recherche les bonnes choses dans tout être humain. Un homme qui aime profondément sa femme, avec qui il partage tout, même ses idées sur les crimes. Une de leur tradition du lendemain de Noël est d'ailleurs de s'isoler avec elle, un panier de pique-nique à portée de main, avec des dossiers non résolus et de tenter d'y voir quelque chose qui aurait pu échapper à l'enquête. Ils le font pour les familles, pour tenter de donner un sens à tout ça. Je trouve certains passages ou certaines philosophies véhiculées dans le roman tout à fait merveilleuses. Les personnages de Louise Penny sont tous profonds, avec leurs pensées, leurs idées, leurs espoirs, leurs doutes, leurs souvenirs. La vie les forge, comme elle forge chacun de nous. C'est d'ailleurs ce qui me plaît dans son écriture: tout semble si réel. Comment peut-on ne pas s'attacher à d'aussi consistants personnages? Même les criminels sont humains et peuvent susciter questionnements, tristesse, pitié, compréhension. Dans le roman, les gens méchants ne sont pas juste méchants. Ce sont avant tout des êtres humains complexes.

L'auteure, qui écrit en anglais et qui vit dans les Cantons-de-l'est au Québec, ponctue son histoire de tout ce qui fait le charme de notre province. On y retrouve l'essence même du Québec: la chaleur des gens d'ici, la passion du hockey, des réflexions sur l'hiver, notre fixation sur la température, l'incompréhension et parfois les tensions entre les anglophones et les francophones. On retrouve aussi dans son roman un certain raffinement culturel et artistique. Les gens lisent beaucoup, discutent beaucoup, plusieurs personnages sont des artistes.

Ce second roman de Louise Penny est définitivement à mon goût. L'atmosphère, le décor, l'humanité qui se dégage du texte au détour d'une scène réconfortante, d'une bonne action ou d'une pensée spirituelle. Les saisons et les fêtes sont des éléments importants dans les romans mettant en scène Armand Gamache. Choisissant souvent mes lectures en fonction des saisons, j'apprécie y retrouver des ambiances familières.

L'auteur a aussi un sens de l'humour qui fonctionne parfaitement avec moi. Au détour d'une phrase ou d'une scène, se cache par moments quelque chose de très drôle, qu'on n'avait pas vu venir. Je pense par exemple à la scène du bain où Clara se prélasse dans les herbes aromatiques offertes par sa belle-mère. Entre les bribes d'une conversation sérieuse, on retrouve alors un élément absurde, une gaffe d'un des personnages et c'est vraiment bien intégré au récit. L'humour de Louise Penny se cache dans les petites scènes quotidiennes, dans les dialogues ou chez certains personnages. Comme Ruth, par exemple, poète primée par le prix du Gouverneur général et qui est d'une grossièreté implacable, mais qui me fait mourir de rire!

Sous la glace est l'histoire d'un crime quasi impossible. Trop d'éléments devraient entrer en ligne de compte pour que ça réussisse et le déroulement du meurtre défie l'imagination. Toutefois, ce roman est beaucoup plus qu'un polar. C'est un roman sur la vie, un roman qui a beaucoup d'esprit, une histoire sur les croyances et le pouvoir des mots. Ce second tome vient tout juste de paraître et j'ai déjà hâte aux prochains romans.

À lire absolument!

Quelques extraits:

"Tout en marchant, il remarqua les jolies maisons et boutiques recouvertes d'une neige immaculée. Tout était tranquille: cette paix, ce calme hivernal, comme si la terre se reposait. Il entendait à peine les voitures sur le coussin de neige et les pas sur les trottoirs. Tout était assourdi. Une paix totale." p.154

"Les gens me croient cynique à cause de mon travail, dit Gamache, mais ils ne comprennent pas. [...] Je passe mes journées à examiner la pièce du fond, celle qu'on garde verrouillée et cachée, même à nos propres yeux. Celle qui contient tous nos monstres, fétides, pourrissants, qui attendent. Ma tâche consiste à trouver des gens qui ôtent la vie à d'autres. Et, pour y parvenir, à découvrir pourquoi. Pour cela, il faut que j'entre dans leur tête et que j'ouvre cette dernière porte. Puis quand j'en ressors - il ouvrit les bras d'un grand geste -, le monde est soudain plus beau, plus vivant, plus merveilleux que jamais. Lorsqu'on voit le pire, on apprécie le meilleur." p.330

En complément:

Le site officiel de Louise Penny.

Posté par Allie à 15:43 - Commentaires [26]
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17 février 2011

Le secret d'Edmond

secretdedmondChrystine Brouillet
Musée du Québec
48 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Edmond aurait préféré que le bateau vogue vers un pays chaud, mais il n’avait pas eu le choix; le seul navire qui quittait le port rapidement se dirigeait vers le Canada. Il s’arrêterait à Québec et à Montréal. Edmond avait entendu dire qu’il y avait des montagnes de neige dans ce pays, mais il en doutait un peu. Comment pouvait-il tomber assez de neige du ciel pour recouvrir une région aussi vaste? Il constata pourtant, en arrivant à Québec, que c’était vrai; le port, ses quais, les rues de la ville, les toits des maisons et même celui de la basilique étaient d’un blanc immaculé. Il n’en avait jamais tant vu et il se demandait comment il parviendrait à peindre ces champs immenses, le frimas des rivières, la fougue des chutes, les lacs gelés et ces courses de chevaux auxquelles on l’avait invité à participer avec Johann avant le départ de ce dernier. Edmond était triste que son ami retourne en Europe, mais c’était son métier que de parcourir les mers. Et lui devait rester à Québec où personne ne savait son secret.

Mon commentaire:

Le Musée national des beaux-arts du Québec a créé il y a quelques années, une collection de livres pour tous jumelant un conte d'un écrivain québécois à un artiste réputé. L'idée est très intéressante et les livres sont particulièrement bien conçus.

Avec Le secret d'Edmond, Chrystine Brouillet s'inspire de Cornelius Krieghoff, un peintre originaire d'Amsterdam qui épousa une québécoise et vécu de longues années chez nous. Il peignit la vie quotidienne du Bas-Canada avec humour et réalisme, ce qui lui vaut d'être un témoin incontournable d'une époque révolue. Le travail de Krieghoff est minutieux, absolument merveilleux. La nature, l'automne, l'hiver, les amérindiens et la vie quotidienne des habitants sont ses principaux sujets. Le secret d'Edmond est une conte s'inspirant de l'univers de Kreighoff et illustré par vingt-six oeuvres du peintre.

L'histoire raconte celle d'Edmond, un jeune homme qui s'embarque sur un bateau en direction du Canada, pour fuir une Europe qui l'accuse injustement d'un crime. Difficile alors de se défendre lorsqu'on n'a pas d'argent. Edmond se refait une vie au Québec, découvre nos hivers rudes et la vie d'une famille aimante. Il se fait des amis et découvre les coutumes amérindiennes. Jusqu'au jour où il se rend à l'Auberge du Cheval Blanc et que quelqu'un le reconnaît...

L'album est de grande qualité, tant au niveau du texte, de la présentation, que de la reproduction des tableaux. L'histoire est captivante et garde le lecteur en haleine. Qu'arrivera-t-il à Edmond et au terrible secret qu'il traîne avec lui comme un boulet le rattachant à sa vie passée? Les tableaux de Krieghoff sont mis en valeur dans ce conte intemporel qui s'adresse aux adultes comme aux jeunes et qui permet de découvrir le travail fabuleux de ce peintre. L'album s'ouvre sur quelques notes concernant le travail de Krieghoff ainsi qu'une reproduction d'un auto-portrait de lui-même.

Les tableaux de Kreighoff me plaisent énormément et le conte de Chrystine Brouillet les complète à la perfection. C'est un excellent travail d'inspiration et une merveilleuse façon de mettre en valeur le travail artistique d'un peintre. Le secret d'Edmond est un grand coup de coeur! Un livre à découvrir!

En complément:

On peut trouver des extraits du livre sur le site du Musée national des beaux-arts du Québec.

Posté par Allie à 08:07 - Commentaires [11]
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14 février 2011

Une histoire du mariage

unehistoiredumariageElizabeth Abbott
Fides
504 pages

Résumé:

Si l’institution du mariage a traversé les siècles, les visages qu’elle a revêtus sont multiples. On l’oublie trop facilement. Elizabeth Abbot  nous invite à une incursion passionnante au cœur de l’histoire  occidentale pour y découvrir la place, sans cesse à redéfinir, qu’occupe le mariage dans les rapports entre les femmes et les hommes. Elle traite aussi bien des réalités de la vie quotidienne qui ont façonné et façonnent aujourd’hui encore l’expérience du mariage, des différents aspects de l’éducation des enfants, que des relations avec les beaux-parents, des difficultés conjugales – nombreuses et complexes – et des manières de les résoudre. 

Mon commentaire:

Une histoire du mariage est le troisième essai de l'historienne et enseignante Elizabeth Abbott autour des rapports homme/femme. Son premier, Histoire universelle de la chasteté et du célibat, me semble très prometteur, même si je ne l'ai pas encore lu. J'avais adoré son deuxième essai intitulé Une histoire des maîtresses, qui parlait de la place de la femme dans les relations amoureuses. Ici, avec le troisième opus, le rôle et l'évolution des femmes est également au coeur de l'ouvrage. Notez toutefois que les livres ne se suivent pas et que chacun peut être lu séparément, selon les envies. L'auteur axe simplement ses trois ouvrages autour des relations amoureuses et du désir ou non d'être en relation.

Une histoire du mariage est un ouvrage qui suscite l'intérêt, le mariage étant l'une des plus vieilles institution du monde. L'écriture de Elizabeth Abbott est agréable à lire (on le doit ici à l'excellente traduction de Benoît Patar) et la façon qu'elle a d'aborder les différents aspects de son sujet, en nous racontant des bribes d'histoire de gens ayant réellement vécus, donne le sentiment de suivre une épopée historique à travers le temps.

Elle rend également de cette façon son histoire du mariage vivante et invitante, plutôt que monotone. C'est vraiment ce que j'aime de cette auteure: ses livres sont accessibles, intéressants et instructifs.

Une histoire du mariage est conçu en deux parties. La première, Le mariage dans l'histoire, nous raconte les débuts du mariage, l'apprentissage du mariage, de la vie de couple et les rites qui y sont reliés. On nous parle des noces dans l'histoire, de la dot et des mariages par intérêt, de l'amour, la sexualité, le rôle des hommes et des femmes, l'habitat, les enfants, l'accouchement, la contraception et les problèmes, ainsi que la violence.
La seconde partie s'attarde sur le mariage aujourd'hui et dans le futur. Les formes que prend le mariage de nos jours, le célibat, les relations homosexuelles, l'adoption, le mariage et l'argent, les politiques, la question raciales et les enjeux reliés au mariage et aux relations de couples. Les deux parties sont vraiment intéressantes et elles sont complémentaires. Après avoir fait un tour historique des notions du mariage, la second partie vient compléter en mettant l'accent sur l'évolution des moeurs et des pensées, sur la place des femmes, le libre choix et l'avenir qu'il y a pour les mariages, dans un monde où le divorce est maintenant accepté et courant.

L'approche de Elizabeth Abbott nous amène à travers le temps dans les vies de plusieurs personnages qui ont laissés des traces dans les archives. On constate une grande évolution dans la façon d'aborder le mariage à travers les siècles. Plusieurs événements historiques tels que les guerres, l'esclavage, les pensionnats indiens, la violence, l'homosexualité sont des facteurs qui ont changé la face du mariage et contribué à son évolution. L'ouvrage regorge également d'anecdotes de tous genres, dont plusieurs m'ont étonnée. Avant, les mariées étaient parées de rubans. Ce n'est qu'après le XIXe siècle que les fleurs remplacent peu à peu les rubans. Le blanc pour le mariage nous vient de la Reine Victoria. Les costumes des mariés étant souvent gris ou parfois colorés avant cette période.

Si aujourd'hui on reproche parfois aux tribunaux d'offrir la garde des enfants à la mère avant tout, il n'en a pas été toujours ainsi. À l'époque, alors que la femme n'était pas considérée comme une "vraie personne" et devait s'en remettre à son mari pour toute décision, prêt, vote ou autre, systématiquement, lorsqu'un couple venait qu'à se séparer, l'homme avait la garde des enfants. La question ne se posait même pas! Les inégalités dans le mariage ont longtemps été chose courante pour la femme qui pouvait être facilement accusée d'adultère par son mari, alors qu'elle devait elle-même réussir à prouver qu'elle était maltraitée par exemple, si elle souhaitait espérer un jour s'en sortir. La place de la femme était clairement définie. Elle ne devait pas sortir du cadre.

J'ai été également assez surprise d'apprendre que l'homosexualité a été, à une certaine époque, plutôt acceptée. La tendance s'est renversée plutôt rapidement et ce n'est qu'en 1969 que les homosexuels cessèrent d'être considérés comme des criminels au Canada. Même s'il reste encore beaucoup de chemin à faire, les homosexuels peuvent se marier au pays depuis 2005. C'est le cas d'ailleurs de seulement dix pays dans le monde, plus cinq états et deux villes.

À travers sont essai, Elizabeth Abbott cite plusieurs auteurs dont William Faulkner ou Henry James, ainsi que des personnages importants de l'histoire également. Plusieurs femmes auteures sont régulièrement citées, que l'on pense à Jane Austen (Orgueil et préjugés, Mansfield Park), Louisa May Alcott (Les quatre filles du Docteur March) ou Harriet Beecher Stowe (La case de l'oncle Tom). Leurs vies se confondent avec celles d'inconnus qui sont passés à l'histoire en se battant pour acquérir des droits, pour se faire une place ou pour faire évoluer les mentalités.

Une histoire du mariage retrace l'évolution du mariage comme institution, à travers l'histoire, les moeurs, les lois et la religion. C'est à un voyage dans le temps, au gré des différents mariages et des idées qui ont évoluées à travers les années. C'est un ouvrage qui nous donne l'occasion de nous pencher sur ceux qui ont vécus avant nous et de comprendre l'évolution de notre société à travers ses différents changements, à travers notre nouvelle façon de comprendre la place de la femme au sein de la société et le nouveau rôle de chacun (père, mère, enfants, conjoints) dans la société d'aujourd'hui. Plus qu'un essai historique, Une histoire des mariages nous offre des pistes de réflexion et de discussion sur la vie d'aujourd'hui, en mettant en lumière notre passé.

Un ouvrage vraiment captivant, que je conseille volontiers. Elizabeth Abbott est définitivement une auteure que j'aime lire.

À noter que ce livre a été finaliste 2010 au Prix littéraire du Gouverneur Général.

Posté par Allie à 21:34 - Commentaires [9]
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