26 août 2011

Vacances!

BiblioLivreAlors que chacun prépare la rentrée, que l'été tire à sa fin et que les soirées sont plus fraîches, c'est le moment parfait, pour moi, pour prendre la clé des champs. Je serai donc en vacances au moment où vous lirez ces lignes. De retour à la mi-septembre!

À bientôt!

Allie

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25 août 2011

Le journal de Peter

journaldepeterSébastien Perez
illustrations de Martin Maniez
Éditions Milan
88 pages
 
Résumé:
 
Peter, un jeune orphelin, raconte sa vie dans son journal. Dans un monde trop triste et trop gris, il s’invente bientôt un univers peuplé de fées, de pirates et d’Indiens… et devient le célèbre Peter Pan ! 
 
Mon commentaire:
 
La première chose que l'on remarque en ouvrant Le journal de Peter, c'est la qualité du livre. Un ouvrage relié, soigné, aux illustrations magnifiques. Peter est un jeune orphelin qui ne sait plus trop qui il est. Il est recueillit à l'orphelinat St-James où il rencontre d'autres enfants abandonnés avec qui il se lie d'amitié. Peter a perdu la mémoire, mais il recherche activement sa mère. Il est avide de la moindre piste pouvant le mener à elle et c'est avec l'aide des autres orphelins qu'il parcourt les rues de Londres à sa recherche. Il passera des rues commerçantes aux docks, jusqu'à frayer avec un étrange capitaine de bateau: le capitaine Crochet.
 
Ce très bel album est une quête personnelle. Le jeune Peter écrit son journal pour tenter de retrouver la mémoire. Il vivra plusieurs aventures et c'est au fil du temps que le petit Peter se transforme en un personnage bien connu de la littérature: Peter Pan. Le journal est présenté comme un véritable journal intime: les pages sont tachées, jaunies, les croquis côtoient les plans, les photos, les enveloppes à ouvrir. C'est un ouvrage interactif, que l'on découvre avec beaucoup de curiosité. Un mélange de Dickens, de Frances H. Burnett, de J.F. Cooper et de J.M. Barrie. Le dessin est précis, vivant, détaillé et reproduit à merveille l'époque.
 
Avec Peter, on plonge dans le Londres victorien où le jeune garçon évoluera jusqu'à devenir Peter Pan. Avec ses rêves d'enfant il aspire à un monde légitime, qui ne sera pas nécessairement ce à quoi il aspirait, mais qui forgera l'âme de celui qui deviendra Peter Pan. L'imagination et le rêve sont au coeur de l'histoire. Sébastien Perez et Martin Maniez donnent un passé à Peter Pan et nous livre son journal avant qu'il devienne ce personnage si mythique de la littérature jeunesse.
 
Un magnifique album à découvrir!

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24 août 2011

La solitude du docteur March

solitudedudocteurmarchGeraldine Brooks
Belfond
348 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Dans le Massachusetts, à Concord, un homme quitte femme et enfants pour s'engager auprès des nordistes. Un père aimant, mari fidèle et abolitionniste convaincu : le docteur March. Enrôlé comme aumônier, March va bientôt voir ses certitudes ébranler par les atrocités commises sur le champ de bataille. Mais rien n'aurait pu le préparer à retrouver celle qu'il n'a jamais pu oublier : la belle et douce Grace, une esclave rencontrée vingt ans plus tôt... Entre attirance tragique et culpabilité dévorante, engagements humanistes et devoirs familiaux, lynchages publics et mise à sac de plantations, March va devoir affronter des épreuves qui le changeront à jamais. Seul face à lui-même, sur une terre ou s'effacent les frontières entre le bien et le mal...

Mon commentaire:

Le roman Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott commence alors que le père de la famille est à la guerre. L'histoire se termine lorsque ce dernier revient enfin à la maison. Dans l'intervalle, le roman de Louisa May Alcott nous raconte la façon dont vivent les filles March. Rien sur le père, si peu sur la guerre. C'est à partir de ce vide sur un personnage important du roman (puisque tout le monde attend avec impatience son retour) que Geraldine Brooks a écrit La solitude du docteur March.

L'écriture de ce roman est particulièrement belle et soignée. L'histoire nous est racontée avec élégance. Monsieur March s'est enrôlé comme aumônier. Il vit la guerre au quotidien, avec tout ce qu'implique cette période trouble de l'histoire américaine qu'est la guerre de Sécession. Pour le docteur March, rien n'est facile. S'il s'enrôle avec plein de bonne volonté et beaucoup d'espoir, il déchante rapidement lorsque la violence se fait quotidienne. Il écrit alors à sa femme, en tentant d'en dire le moins possible pour ne pas la choquer. Il écrit des lettres à celle qu'il aime et nous raconte en filigrane sa jeunesse comme représentant de commerce, alors qu'il s'entiche d'une domestique noire, Grace. Quand il la revoit des années plus tard, les choses se compliquent un peu pour lui et la présence de la jeune femme attise la jalousie de Madame March.

À travers les lettres du docteur March, à travers ses pensées et ce qu'il nous raconte, nous vivons de grands pans de sa vie personnelle. Nous assistons à sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme, à la naissance de ses filles, à ses convictions et à son travail. Geraldine Brooks a fait un très beau travail de recherche tant sur cette période historique qui opposait abolistionnistes et propriétaires d'esclaves que sur sa construction du personnage du docteur March que l'on connaît si peu. Elle lui donne la chair qu'il lui manquait. En lisant ce roman, nous avons l'impression de redonner sa place à un grand absent du roman original de Louisa May Alcott. Geraldine Brooks s'est inspiré de la famille Alcott pour forger son personnage, un peu comme l'auteur des Quatre filles du docteur March l'avait fait pour donner une âme aux soeurs March.

Abolistionniste convaincu, Monsieur March oeuvrait avec sa femme au passage clandestin d'esclaves. Il travaillait à leur redonner liberté et dignité et s'est aussi occupé de leur scolarité sur une plantation. Mais la vie au loin est difficile et par moments, March se sent bien seul. Il remet en question ses convictions lorsqu'il est confronté à la violence des hommes. Geraldine Brooks réussit à donner une âme au docteur March et à rendre parfaitement le sentiment de solitude d'un homme de guerre. Il est témoin de nombreux événements qui le perturbent et qui laisseront des marques profondes en lui. C'est d'ailleurs l'essence même de ce roman: questionner la pertinence de la guerre, les batailles personnelles qui peuvent être livrées et la façon dont une telle violence peut changer celui qui y est confronté.

Le roman est par moments très émouvant et surtout, profondément humain. La majeure partie de l'histoire est racontée par le docteur March, mais sa femme prend la parole pendant un moment, alors que Monsieur March est inconscient. J'ai aimé que Geraldine Brooks en fasse quelqu'un d'humain, une femme animée par le doute, la jalousie, la bonté, mais aussi le questionnement. Voir son mari revenir de la guerre brisé et blessé, changé et presque méconnaissable la blesse cruellement. Elle n'est plus la sainte dépeinte par Alcott, mais une femme normale, en proie aux émotions contradictoires. J'ai aimé ce portrait car chacun a ses moments de faiblesse. L'auteur désacralise en quelque sorte son rôle de mère et de femme modèle pour en faire un personnage juste et humain.

La solitude du docteur March est un bel exercice d'écriture autour d'un des plus grands classiques américain. Si vous vous attendez à lire un roman en quelque sorte calqué sur Les Quatre filles du docteur March, passez votre tour. L'histoire nous amène dans une Amérique profondément divisée, où l'esclavage et ses enjeux sont au coeur des batailles que se livrent les hommes. Nous sommes loin de la douce innocence qui domine dans la maison des March où attendent Amy, Jo, Beth et Meg. On y retrouve cependant le raffinement d'une époque, la présence de nombreux personnages qui ont existés comme Emerson, Thoreau et Hawthorne. J'ai adoré!

Le roman alterne entre souvenirs de jeunesse, lettres, réflexion et tranches de vie au sein de l'armée. J'aime quand un auteur se frotte à un grand classique et entreprend de donner vie à un personnage ou à un événement demeuré dans l'ombre, un peu comme l'avait fait Budge Wilson avec Anne... avant la maison aux pignons verts. Ici aussi, il s'agit d'un travail d'écriture réussit!

Un roman que j'ai trouvé particulièrement intéressant pour le tableau d'époque qu'il nous brosse, tout en donnant une vie et un passé à un personnage quasiment inexistant du roman de Louisa May Alcott.

Une très belle lecture!

À noter la postface particulièrement intéressante où l'auteur parle de son travail de recherche et d'écriture et ajoute plusieurs informations sur les différents personnages qui l'ont inspirée.

Quelques extraits:

"Car connaître la bibliothèque d'un homme, c'est dans une certaine mesure connaître son esprit." p.30

"La nausée m'envahit, et je sentis que je serais incapable de poursuivre. Il en serait ainsi désormais: je ferais de mon mieux pour vivre dans le monde des vivants, mais les fantômes des morts seraient toujours proches." p.331

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20 août 2011

Les carnets secrets d'Agatha Christie

carnetssecretsdagathachristieJohn Curran
Éditions du Masque
540 pages

Résumé:

Après la mort de la fille d’Agatha Christie, Rosalind, en 2004, un véritable trésor a été découvert à Greenway House, la demeure familiale du Devon : 73 carnets, sous la forme de cahiers d’écolier et carnets de toutes sortes, griffonnés de son écriture quasiment illisible, dans le désordre, datés ou non, ou de manière incomplète. Y figuraient pêle-mêle notes d’écriture prises sur le coup de l’inspiration, et pas forcément dans son bureau ; listes de personnages, de mobiles de meurtre, de poisons, de lieux de crime possibles, mais aussi de courses à faire, d’invités éventuels et autres détails domestiques ; et surtout, les manuscrits de deux nouvelles inédites. L’une, L’Incident de la balle du chien, était connue des spécialistes mais n’avait pas été publiée parce que trop proche d’un autre texte ; l’autre, La Capture de Cerbère, qui est la véritable dernière enquête d’Hercule Poirot, était une découverte totale. Les abréviations, biffures, répétitions témoignent des doutes et tâtonnements, mais aussi du processus créatif de l’auteur, dont la méthode consistait à ne pas en avoir ! John Curran, en bon universitaire, a déchiffré, classé, analysé pendant quatre ans cet héritage inestimable, dont la lecture éclaire d’un jour nouveau le personnage somme toute assez mystérieux de «Dame Agatha».

Mon commentaire:

En novembre 2005, John Curran consulte pour la première fois les carnets de notes d'Agatha Christie. Personne ne réussit à l'en détacher tellement la découverte le passionne. Agatha Christie utilisait des carnets pour noter toutes sortes de choses. C'est un joyeux fouilli qui n'a jamais été compilé. Les carnets sont numérotés à tout hasard, afin de les reconnaître. John Curran travaille à déchiffrer les notes d'Agatha Christie et c'est dans ce livre qu'il nous ouvre les pages des carnets de notes de la grande reine du crime.

De la publication de La mystérieuse affaire de Styles pendant la période de l'âge d'or du roman policier jusqu'au deux nouvelles inédites incluses dans le volume, Les carnets secrets d'Agatha Christie nous offrent un panorama du travail de l'auteur. Subsiste aujourd'hui soixante-treize carnets que John Curran analyse au grand plaisir du lecteur. Ces descriptions des carnets nous les présentent d'abord en tant qu'objets, mais aussi en tant que ressource inestimable sur le travail d'un écrivain. John Curran nous parle de ce qu'ils contiennent, du type de carnet et de la surface utilisée. Agatha Christie utilisait rarement des carnets neufs, à cause des rationnements durant la guerre, mais plutôt des carnets recyclés, des cahiers d'écolier ayant appartenus à sa fille ou à son mari. Les pages ont connues les ravages du temps, certaines notes ont été perdues, par moments l'écriture est pratiquement illisible.

À travers l'analyse de John Curran, des images de certaines pages des carnets originaux se glissent ici et là au fil des chapitres. Les carnets d'Agatha Christie sont un fouilli formidable, dont les écritures sont la plupart du temps non datées. Christie semblait utiliser un peu au hasard un carnet ou l'autre, si bien que l'on retrouve des notes pour un même roman, éparpillées sur plusieurs carnets et cotoyant joyeusement calculs, liste de choses à faire ou à acheter, plans, itinéraires, messages téléphoniques, poème, liste de livres lus, citation, jeux de mots, achats de Noël et plus encore. L'essentiel des carnets reposent toutefois sur le travail d'Agatha. Et c'est là que John Curran fait un véritable travail de moine.

Curran reprend l'oeuvre d'Agatha Christie à travers ses carnets. Il analyse les notes où l'auteur griffonne ses démarches et ses réflexions autour d'une intrigue, où elle prend des notes sur les lieux, les personnages, le décor. Si ce livre n'était qu'une copie des carnet, ce serait d'un ennui mortel car il ne s'agirait que d'une suite de notes sans queue ni tête, mais ils sont commentés avec justesse et passion par John Curran ce qui en fait un livre agréable pour les passionnés d'Agatha Christie. Nous découvrons, à travers toutes ces notes, une autre facette de l'écrivain et la genèse de son oeuvre. Curran classe selon différentes catégories les notes qu'il a retrouvé. On y retrouve également des thèmes intéressants comme la présence d'autres écrivains dans ses notes, les nursery rhymes (comptines enfantines), des anecdotes sur la parution des livres, le traitement de l'homosexualité dans son oeuvre, les transports, etc.

Encore aujourd'hui, Agatha Christie rejoint tout le monde: amateurs de polars, adolescents, jeunes, vieux, hommes, femmes... Mon histoire avec Agatha a débuté pour moi lorsque j'ai délaissé les romans pour enfants, en cherchant quelque chose de plus consistant. J'ai lu pratiquement tous les romans de Christie à l'adolescence, avec passion. Et je continue à les relire aujourd'hui, avec autant de plaisir. L'ouvrage de John Curran m'a donc énormément intéressée puisqu'on y découvre en quelque sorte l'envers du décor, la façon dont Christie construisait ses intrigues. Auteure prolifique, Agatha Christie livre ici un aperçu de sa façon de travailler et une piste explicative à sa très grande productivité. Agatha Christie a écrit plus de 80 romans, pièces de théâtre et recueils de nouvelles. Si ses oeuvres ne sont pas toutes d'égale qualité, on peut sans se tromper, affirmer que ses livres sont toujours bons.

Les carnets secrets d'Agatha Christie sont complété par l'ajout de deux nouvelles inédites. Chacune d'entre elles est analysée par John Curran, qui avance des pistes quant à la période d'écriture et aux raisons pour lesquelles elles n'ont jamais été publiées. La première nouvelle, La capture de Cerbère, me semble plutôt étonnante puisqu'elle traite de politique et surtout, de nazisme. On y retrouve un Hercule Poirot étonnant et très inhabituel! La seconde nouvelle, L'incident de la balle du chien, est digne des meilleures histoires d'Agatha Christie et m'a aussi beaucoup plu. On reconnaît d'ailleurs beaucoup plus Christie dans la seconde histoire que dans la première. Deux nouvelles qu'il est très intéressant de pouvoir lire!

Aujourd'hui, outre la production d'Agatha Christie, on peut retrouver énormément de pastiches, d'ouvrages dérivés, de biographies de toutes sortes sur l'auteure, en plus de novélisations de ses pièces et de nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision. L'ouvrage de John Curran apporte un oeil nouveau sur l'oeuvre de la romancière et un parfait complément à quiconque s'intéresse à l'écriture.

Un livre à découvrir!

Un extrait:

"À côté de l'oeuvre immense et bien connue d'Agatha Christie, il existe un certain nombre d'ouvrages qui sont largement ignorés, sauf des fans les plus ardents. Ces titres sont tous des scénarios, soit pour la scène soit pour la radio, et ont tous été mis en scène ou publiés. Et ils sont tous traités dans les carnets, où certains d'entre eux tiennent une large place." p.311

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19 août 2011

Ma biographie gourmande

mabiographiegourmandeJoël Legendre
Éditions La Semaine
319 pages

Résumé:

Joël Legendre a suivi le parcours de sa mémoire. Il a retrouvé, avec son ami Pierre Vigeant, artisan cuisinier, le fil qui mène à l'enfance. Des odeurs, des saveurs et des couleurs, tout s'entremêle et recrée l'histoire d'une vie. La vie de Joël. D'un plat à l'autre, d'une promenade autour de la maison familiale jusqu'à la table des invités, Joël nous confie ses joies, ses peines, toutes les histoires qui ont fait de lui ce qu'il est devenu: un artiste et aussi un adepte de cuisine végétarienne. C'est par cette cuisine que Joël nous amène à goûter, sans viande, sans sacrifier de vies animales, tous les plats qui ont parsemé son existence et qui ont fait de lui le papa heureux de Lambert. « Je garderai en mémoire toute ma vie les deux premiers mots que mon garçon a dits en français : papa tofu ! »

Mon commentaire:

C'est à un très beau rendez-vous que nous convie Joël Legendre avec sa Biographie gourmande. À travers ses souvenirs d'enfance reliés aux plaisirs de la table, il nous ouvre ses archives familiales: photos, cahiers de recettes, anecdotes. Le très beau volume qui se situe entre le livre de recettes traditionnel et le collimage familial nous offre 175 recettes sans viande. Avec des initiatives éco-responsables comme les lundis sans viande par exemple et le soucis des gens de mieux manger, ce livre tombe à point.

Joël Legendre a à coeur la nature et c'est un végétarien convaincu. À travers différents chapitres originaux, il nous partage ses idées et ses recettes. On trouve de tout dans la cuisine de la famille Legendre, de l'entrée au dessert, en passant par un tour à l'érablière et une façon toute végétarienne de célébrer Noël. Chaque chapitre débute par une anecdote particulière, d'où le titre du volume: "Ma biographie gourmande". Les tranches de vie qui nous sont racontées pourraient être celles de notre famille. Elles nous font sourire et rendent tout de suite sympathique l'approche de Joël et sa façon de concevoir la cuisine. S'alimenter tout en ayant à coeur la nature, c'est un art de vivre, mais aussi un plaisir à partager en famille!

Les magnifiques photographies campagnardes du volume et la simplicité des recettes en font une formule gagnante. On entre dans l'intimité d'une cuisine, d'une famille qui se prépare à passer à table et c'est très chaleureux. Les recettes sont simples, la plupart utilisant des ingrédients faciles à trouver. Les recettes sont toutes bien colorées et alléchantes. J'en ai noté plusieurs, dont certains classiques. Je n'ai jamais osé essayer certains plats comme la cuisson du pain, une pâte à pizza ou alors une bûche de Noël. Toutes sortes de choses qui m'ont toujours apparues fatidieuses. Avec les recettes que j'ai pu dénicher dans ce livre, j'ai bien envie d'essayer!

J'aime les livres de recettes qui sont intimistes et nous font découvrir l'univers de l'auteur. J'avais eu un coup de coeur pour le livre de Claudette Taillefer Les recettes préférées de ma famille justement à cause de ce côté chaleureux et intimiste. Le livre de Joël Legendre est dans la même veine, version végétarienne. J'aime décidément beaucoup ces livres de recettes qui réinventent le plaisir de cuisiner.

Une belle découverte et un livre à avoir, surtout si vous souhaitez diminuer votre consommation de viande. Un très beau livre.

Un extrait:

"Je me rappelle les dimanches d'été, quand mon grand-père distribuait ses paniers remplis de fruits et de légumes à ses enfants. C'était beau à voir! Bien sûr, Antonio était un homme de sa génération. Pas très émotif et pas très démonstratif non plus, mais dans ce geste, c'était tout l'amour et le travail qu'il avait investis dans son potager qu'il transmettait à ses enfants. Et je suis convaincu que c'est exactement ce que chacun d'eux ressentait aussi." p. 17

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16 août 2011

Artistes de nature: pratiquer le land art au fil des saisons

artistesdenatureMarc Pouyet
Éditions Plume de carotte
144 pages

Résumé:

DANS la nature... AVEC la nature... AU RYTHME de la nature... Ce livre vous propose une série de réalisations simples, non figuratives, à faire au fil de vos balades, au fil des saisons, avec tous les matériaux naturels que vous pouvez rencontrer. Cela peut être pour le plaisir de devenir créateur en quelques minutes, cela peut aussi être, avec des enfants notamment, un formidable outil d’éveil du regard sur tous les éléments que la nature nous offre, ainsi que de sa diversité de formes, de couleurs, de textures. C’est en tout cas le pari de ce livre et de son auteur photographe, Marc Pouyet : celui de vous donner envie d’aller à la rencontre de cette nature et de créer avec elle.

Mon commentaire:

Artistes de nature nous présente les oeuvres de land art de Marc Pouyet. Utilisant la nature pour explorer l'art sous toutes ses coutures, l'auteur nous incite à nous éveiller à ce qui nous entoure. Toujours dans le respect de la nature, les oeuvres de Pouyet émerveillent et démontrent que l'on peu jouer avec la nature et utiliser toutes ses possibilités artistiques. Textures et couleurs, la nature regorge de matériel d'artistes à peu de frais, en plus de permettre à l'imagination de s'exercer et au corps de passer une journée en plein air.

C'est avec la répétition, la juxtaposition, les coloris divers et les tailles que les oeuvres trouvent toute leur beauté. Le souci du détail en font de petits chefs-d'oeuvre simples à réaliser et accessibles à tous. Les photos sont très belles et certaines créations sont parfois des trompes l'oeil fort réussi. Les possibilités sont immenses, il suffit d'observer la nature avec un oeil artistique et de jouer avec les formes, les couleurs, les textures, avec l'ombre et la lumière, ainsi qu'avec le potentiel des quatre saisons. On donne même des informations pour colorer la neige de façon naturelle!

Les oeuvres éphémères nous sont présentées sur deux pages, suivant un thème ou l'utilisation d'une matière commune à chaque oeuvre. Pour chacune des créations, il est indiqué ce qui a été utilisé. Il s'agit toujours de matériaux issus de la nature: fleurs, feuilles, tiges, neige, eau, galet, arbres, sauf pour l'utilisation de fil de fer lors de la création de cubes par exemple. Autrement, la gomme de sapin fait office de colle et les aiguilles servent de clous naturels. Il ne reste plus qu'à laisser libre cours à l'imagination!

Un extrait:

"Imaginez des artistes qui, parce qu'ils contestent les beaux-arts et les valeurs qui y sont attachées, décident de sortir de leur atelier et des galeries pour aller créer en plein air. Ils vont pour cela travailler au coeur même de la nature, voire prendre uniquement des matériaux naturels, et accepter que leur oeuvre disparaisse avec le temps. C'est le land art..." p.10

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14 août 2011

Mamy Blues

JoJo18André Geerts
Sergio Salma
Série Jojo t.18
Dupuis
55 pages

Résumé:

Depuis quelque temps, Mamy ne va pas très bien. Elle se désintéresse de tout, regarde la télé l'après-midi et ne crie même plus sur Jojo quand il fait une bêtise. Cela inquiète son fils qui l'emmène faire un check-up à la clinique du docteur Plasma. Dans la salle d'attente, Jojo découvre, dans un magazine féminin, un concours pour gagner une croisière sur un paquebot cinq étoiles. Il décide d'y participer. Alors que Mamy attend, sans impatience, les résultats de ses analyses, elle reçoit un coup de fil : c'est Jojo qui a gagné la croisière !

Mon commentaire:

Le père de Jojo, André Geerts, est décédé en 2010. J'avais été atterrée d'apprendre son décès. Il faut dire que la série Jojo a été l'une de mes première découvertes en matière de bandes dessinées. J'avais 8 ans lors de la sortie du premier tome de la série. Jojo m'a suivi toute mon enfance et j'ai continué à surveiller la parution des albums au fil du temps. Le tout dernier tome, Mamy blues, est paru à la fin 2010. Je suis triste de savoir que ce sera le dernier. Jojo pour moi, c'est l'enfance dans ce qu'elle a de plus tendre, de plus amusante. Geerts a toujours su mettre en avant tous ces petits détails du quotidien d'un gamin attachant. Dans ses histoires, il n'y a pas de violence. Que la beauté du quotidien qui nous fait sourire ou nous émeut.

Dans ce dix-huitième tome, Jojo tente de remonter le moral à sa Mamy en participant à un concours pour une croisière... croisière qu'il remporte! Mamy (à contrecoeur), Jojo et Gros-Louis s'embarquent donc à bord d'un magnifique paquebot. Le paquebot est immense, avec beaucoup de choses à découvrir. Pendant que Mamy est toute tristounette et n'a pas le coeur à la fête, que Gros-Louis a le mal de mer et passe ses journées enfermé dans la cabine, Jojo fait la connaissance d'une petite Madeleine qui devient vite son amoureuse. Elle n'est cependant pas très honnête avec lui... Une croisière qui apportera beaucoup à nos petits personnages car ils y feront des rencontres marquantes. En parallèle à la croisière, les auteurs présentent une autre intrigue qui met en scène le papa de Jojo et sa conjointe, en rapport avec l'état de santé de Mamy. Les deux histoires convergent vers la fin en un dénouement heureux.

Mamy blues est le dernier album de la série Jojo d'André Geerts. Un dernier tome qui met en avant l'importance de profiter des petits plaisirs du quotidien. Une pensée prémonitoire? C'est avec une certaine nostalgie que je l'ai refermé, en me disant qu'il n'y en aurait plus d'autres. Jojo, ça été mon enfance et c'est un personnage que j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à retrouver. Pour moi, ouvrir un album de la série équivalait à m'offrir un voyage dans le passé, un petit moment de bonheur tranquille.

Une série qui va profondément me manquer.

En complément:

Le site officiel de la série Jojo.

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11 août 2011

Le mois le plus cruel

le_mois_le_plus_cruel

Louise Penny
Série Armand Gamache enquête t.3
Flammarion Québec
430 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Durant le week-end de Pâques, le village de Three Pines s’anime le temps d’une grande chasse aux œufs. Lorsqu’une étrangère ayant le don de communiquer avec les esprits s’installe au gîte d’Olivier, sa présence éveille la curiosité. Une soirée de spiritisme est organisée dans la vieille maison abandonnée des Hadley. La séance destinée à libérer la demeure du mal qu’elle recèle est tragiquement interrompue par la mort d’une participante. Morte de peur, vraiment ? C’est ce qu’Armand Gamache, l’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec, va devoir découvrir en revenant dans les Cantons-de-l’Est avec son équipe. Alors que le printemps explose de vie, le mal, lui, reste tapi dans l’ombre et Gamache le sait mieux que quiconque.

Mon commentaire:

Three Pines est le village clé des romans de Louise Penny. Les trois enquêtes traduites jusqu'à maintenant en français s'y déroulent. C'est un petit village à l'abri du reste du monde, où les gens mènent une vie confortable. La nature est omniprésente. Les éléments artistiques, culturels et sportifs aussi. On célèbre fréquemment entre voisins les différentes périodes de l'année. Le mois le plus cruel se déroule au printemps. À Pâques. Les villageois célèbrent en cachant des oeufs de bois peints à la main, que les enfants peuvent ensuite échanger contre de vrais oeufs en chocolat. Le bois évite d'attirer les ours.

Étrangement, c'est le vendredi Saint qu'une séance de spiritisme a été prévue au village. Une première séance s'est avérée être une grosse farce. Une seconde séance est rapidement proposée, plus sérieuse, cette fois dans la vieille maison des Hadley. Ceux qui ont lu les enquêtes précédentes savent que cette maison est le lieux de toutes les frayeurs et les terreurs des villageois. L'ancienne maison des Hadley plane sur la communauté de Three Pines comme une ombre, un lieu de tristesse et de noirceur. Elle représente ce que le village cache de plus terrible. C'est un lieu effrayant, qui renferme ce qu'il y a de plus noir à Three Pines: les peurs, les crimes, les mensonges. Le meurtre. Les choses tournent mal lors qu'une personne présente à la séance de spiritisme est retrouvée morte... de peur.

Le roman débute avec quelques répétitions des lieux et des personnages, mais rien de lassant. C'est toujours avec plaisir qu'on lit les descriptions de ce charmant village. La séance de spiritisme est un terreau fertile pour provoquer toutes sortes de conversations sur les superstitions, les fantômes et les frayeurs de chacun des personnages. Quand la mort frappe, l'inspecteur-chef Armand Gamache revient à Three Pines. Outre l'enquête policière, c'est à une analyse de la nature humaine que nous convie l'auteur. Qu'est-ce qui déclenche les pulsions criminelles? Jusqu'où quelqu'un peut aller pour se faire justice?

Plus je lis les romans de Louise Penny, plus je m'attache à son personnage central qu'est Armand Gamache. C'est un personnage attachant, humain, bon vivant et sympathique. Gamache est le genre d'homme qu'on voudrait avoir pour ami, le genre de personnage qu'on aimerait connaître réellement. Comment ne pas apprécier un personnages qui voue un si grand respect aux livres, est curieux de l'âme humaine et aime les petits plaisirs de la vie? Dans cette enquête, on sait rapidement que quelqu'un essaie de faire tomber Gamache et de mettre fin à sa carrière. On apprend beaucoup de choses sur le scandale de l'affaire Arnot dans laquelle Gamache fut impliqué jusqu'au cou. Au sein de la sûreté du Québec, deux clans se forment. Ceux qui sont du côté de Gamache et les autres, plus nombreux, qui sont contre lui...

Plusieurs extraits sont savoureux. Les pièces des vieilles maisons du village sont remplies de livres, de biscuits au chocolat et de thé. L'atmosphère est réconfortante, même s'il s'agit d'un polar. Les personnages font toujours de l'esprit, ils ont le sens de la répartie et l'humour bien aiguisé. J'ai toujours un plaisir fou à lire les romans de Louise Penny. Elle écrit tout à fait le genre de livres que j'aime. Ici, l'âme humaine prend toute la place, même plus que l'enquête elle-même. Chaque fois que j'ouvre un nouveau roman de Louise Penny, je me dis que ça ne sera pas aussi bien que le précédent. Et chaque fois, je passe un moment délicieux. Ses personnages ont une âme. On les retrouve d'un livre à l'autre avec un immense plaisir, comme si l'on revoyait de vieux amis. Gabri et Ruth Zardo me font mourir de rire, ce qui n'est pas pour me déplaire!

Plonger à Three Pines c'est s'offrir une lecture confortable, des lieux reposants. N'allez pas croire pour autant qu'ils s'agit de romans "vides" ou sans contenu. Au contraire, l'auteur y exerce une fine analyse des sentiments humains. Rien n'est laissé au hasard. L'humour est aussi bien présent, mais ce que j'aime beaucoup chez Louise Penny ce sont ses dialogues. Elle excelle dans l'art de construire des dialogues aussi captivants que l'intrigue, souvent amusant, parfois poignants. Ses personnages sont humains, avec tout ce que cela comporte de qualités comme de défauts. Comme toujours, je suis impressionnée par les différentes références culturelles, bibliques et poétiques que l'on retrouve dans le roman. Ici, deux personnages composent de la poésie. La célèbre Ruth Zardo et Odile, une femme qui l'admire et tente d'écrire elle aussi. On retrouve leurs poèmes à plusieurs reprises tout au long du roman.

Le mois le plus cruel est une nouvelle enquête à la hauteur des précédents romans de Louise Penny. Un roman prenant, intéressant, charmant, aux personnages sympathiques et à l'écriture pleine d'humour. L'intrigue est aussi intéressante puisqu'elle mêle spiritisme, sorcellerie, médecine naturelle et amitié. Les dernières pages y sont d'ailleurs plutôt surprenantes...

À noter que la série Armand Gamache enquête est présentement en développement pour une adaptation télévisuelle.

Quelques extraits:

"Toute résurrection n'est pas nécessairement miraculeuse.[...] Tout n'est pas sensé revenir à la vie. C'est une étrange période de l'année. Un jour de la pluie, le lendemain de la neige. Rien n'est certain. Tout est imprévisible." p.15

"Accepter le meurtre, cela voulait dire admettre la présence d'un tueur. Parmi eux. Près. Quelqu'un qui se trouvait dans cette pièce, presque assurément. L'un de ces visages souriants, rieurs, familiers cachait des pensées si abjectes que ce quelqu'un avait senti le besoin de tuer." p.95

"Il avait vidé ses poches. Avec tous ces livres, il avait l'impression d'être une bibliothèque ambulante. Tandis que d'autres enquêteurs collectionnaient empreintes et pièces à conviction, lui rassemblait des ouvrages." p.270

En complément:

Le blogue de l'auteur et son site web officiel.

Posté par Allie à 10:06 - Commentaires [14]
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10 août 2011

Radiance: éclat

radiance2Alyson Noël
Série Radiance t.2
Michel Lafon
197 pages

Résumé:

Après l'accident, Riley Bloom n'a pu se résoudre à suivre sa sœur Ever qui regagnait le monde des vivants, ni ses parents qui partaient pour le monde des morts. Elle est restée coincée entre les deux, dans un espace indéfini qu'on appelle Ici. Rebecca est un mystérieux fantôme qui cache une profonde blessure. Autrefois fille d'un riche planteur, elle continue d'en vouloir aux esclaves qui l'ont tuée lors d'une révolte au XVIIIe siècle. De colère, elle emprisonne dans leurs pires cauchemars les âmes de tous les rebelles qui ont péri avec elle. Dans sa soif de vengeance, la jeune fille s'en prend aussi aux amis de Riley... Impuissante, cette dernière tente alors d'apaiser le coeur meurtri de Rebecca. Mais comment accomplir cette mission sans se laisser elle-même piéger par ses souvenirs les plus sombres ?

Mon commentaire:

Pour ce second volume de la série Radiance, l'auteur s'est inspiré de la rébellion des esclaves des îles Vierges. Riley, que nous avons appris à connaître dans le premier tome, est maintenant "passeur d'âmes". Elle doit aider les âmes errantes à traverser le pont les mener à la vie après la mort. Cette fois, Bodhi, son guide et Caramel, son chien fidèle, sont prisonniers de Rebecca, une âme en colère qui n'a jamais traversé le pont.

Rebecca vivait sur une plantation entretenue par des esclaves. Son père pratiquait l'esclavage et lors de la rébellion, Rebecca a été tuée. Depuis, elle ne cherche qu'à se venger. En parallèle nous rencontrons Kanta, un ancien prince Africain vendu comme esclave à la plantation de la famille de Rebecca. Responsable de la rébellion, il est aussi la victime du système de l'esclavage. Riley vit littéralement l'histoire de Kanta et de Rebecca et les images qui la hantent maintenant sont terribles.

Dans ce second volume, l'action est beaucoup plus concentrée sur la mission de Riley. On connaît déjà son monde et on entre tout de suite dans le problème des âmes errantes. Kanta et Rebecca n'ont jamais passé le pont et Riley doit découvrir pourquoi. Les deux ont des raisons bien différentes, alimentées à la fois par la colère et par la culpabilité. Rebecca a l'âme très noire et force ses prisonniers à revivre inlassablement leurs plus mauvais souvenirs. Riley revit donc l'accident qui l'a menée entre deux mondes, alors que Bodhi et Caramel revivent aussi des événements clés de leur passé sur terre.

Ce deuxième tome est plus intéressant que le premier sur certains aspects. On entre tout de suite dans l'histoire et l'idée d'incorporer l'esclavage est intéressant. Cependant, le livre demeure en surface et le sujet n'est pas très approfondit. C'est un roman jeunesse qui mêle bien le fantastique à l'histoire, mais le traitement qui y est fait est tout de même superficiel. J'aurais aimé que ce soit plus poussé. Autrement, c'est un roman qui se lit rapidement, dans lequel on passe très vite.

Tout de même une lecture agréable, mais qui ne marque pas beaucoup.

Posté par Allie à 14:47 - Commentaires [0]
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09 août 2011

Asclé: la vengeance

Ascle2Brigitte Marleau
Série Asclé t.2
Boomerang Jeunesse
267 pages

Résumé:

Asclé est poursuivie par Juan, un esprit maléfique qui menace de la tuer. Malgré cet avertissement, elle décide d'aller en Espagne suivre un stage en herboristerie chez sa tante. Asclé et ses amis habitent un château regorgeant de fantômes de l'Inquisition. Dans la bibliothèque, ils découvrent un livre : Le malleus malificarum ou plus simplement « le marteau des sorcières ». Ce livre explique comment identifier une sorcière, comment la torturer et comment la faire mourir sur un bûcher. De toute évidence, Asclé devra subir un procès pour sorcellerie. Le miroir magique maya saura-t-il la protéger ou la cruelle vengeance de l'esprit malin s'accomplira-t-elle ?

Mon commentaire:

Ce deuxième tome de la série Asclé aborde cette fois l'Inquisition espagnole. Asclé et ses amis partent en Espagne pour suivre un stage d'herboristerie. Ils sont logés dans un ancien château où il se passe des choses vraiment étranges. C'est l'occasion pour Asclé d'être confrontée à sa vie antérieure, où elle a été brûlée sur le bûcher pour de fausses accusations qui n'ont jamais été réfutées. L'esprit de Juan vient la tourmenter, alors qu'un malentendu entre les deux remonte au temps de l'Inquisition et n'a jamais été réglé. Asclé doit donc affronter ce passé et faire éclater la vérité pour que les esprits sortis tout droit de l'Inquisition retrouvent la quiétude à laquelle ils aspirent.

Ce second tome est plus élaboré. On explique beaucoup de choses autour de l'Inquisition espagnole. Les trois amis découvrent aussi le livre de procédures pour faire face aux sorcières et Étienne doit faire office d'avocat au procès d'Asclé. Le sujet historique est beaucoup plus élaboré dans ce roman-ci qu'il pouvait l'être dans le premier, ce qui est donc plus intéressant. Les passages qui nous plongent dans la vie antérieure d'Asclé sont passionnants. Ils donnent une bonne idée de la façon dont pouvait vivre celles que l'on qualifiait de sorcières, lorsqu'elles étaient pourchassées. À ces aspects historiques sont aussi mêlées les sciences occultes. Les jeunes font une séance de Ouija et des esprits leur rendent visite, dont celui de Juan...

Ce que je reprochais au premier tome vaut toujours pour le deuxième. Je trouve les dialogues entre les jeunes assez pauvres. Ils ne font pas avancer l'intrigue. J'aime beaucoup le personnage d'Asclé, qui est assez complet et qui offre un beau modèle d'adolescente. Par contre, deux éléments des personnages de Marianne et d'Étienne m'exaspèrent un peu. Marianne est sans cesse appelée "la princesse" et elle s'évanouit à tout moment. C'est une petite nature et je la trouve plutôt superficielle. Étienne quant à lui est un jeune homme intelligent et gentil, mais il fait dans l'humour et ses blagues à répétition deviennent assez lourdes au fil des pages.

Avec La vengeance, l'auteur apporte beaucoup d'informations sur la chasse aux sorcières et nous plonge dans l'Inquisition espagnole. La relation entre les trois amis - Asclé, Marianne et Étienne - est souvent abordée. On traite à quelques reprises de la difficulté des relations amicales garçons-filles, une difficulté à laquelle sont souvent confrontés les adolescents.

Un second tome intéressant pour ses éléments historiques et la façon dont l'occultisme est abordé, mais dont certains éléments, surtout reliés aux personnages, me plaisent moins.

Posté par Allie à 08:52 - Commentaires [0]
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