filsdesorciereHervé Gagnon
Hurtubise
163 pages

Résumé:

Dans les jardins du Château Ramezay, une rencontre inattendue a lieu entre une jeune fille de la noblesse, Catherine Deschambeault, et un jeune roturier, François Morel, dont la mère est accusée de sorcellerie, un crime grave en Nouvelle-France. Perrine Morel clame désespérément son innocence. En compagnie de Catherine et de la domestique de celle-ci, François tentera de dénouer l'intrigue de cette mystérieuse affaire.

Mon commentaire:

Marie-Anne Catherine Fleury Deschambault est une jeune fille de treize ans, issue d'une famille bourgeoise. Son père est agent général de la Compagnie des Indes. Elle s'apprête à épouser le Baron de Longueuil pour augmenter le prestige de sa famille. Profitant des quelques semaines qui lui reste à vivre en liberté avant de se marier, Catherine se repose dans le jardin du château Ramezay, près des bureaux de la Compagnie des Indes. C'est alors qu'elle rencontre François, un jeune garçon effarouché, triste et démuni. Il est laissé à lui-même, car sa mère est accusée de sorcellerie. Catherine qui ne peut ignorer le garçon, le mène à son père.

François sera nourrit et logé dans la famille Deschambault jusqu'au procès de sa mère, auquel il assistera. Le roman est très intéressant à ce point de vue car il s'inspire des minutes du procès véritable pour reconstituer les dialogues et le déroulement de la cour de justice. Il y a d'ailleurs de nombreuses informations détaillées sur les différences entre les classes sociales, sur la justice de l'époque, le séjour en prison et les mentalités des gens. Perrine Morel doit faire face à une justice qui n'est pas très équitable. L'histoire se transforme en véritable récit d'aventures lorsque François, avec l'aide de Catherine, découvre des informations sur son père aujourd'hui décédé. Des informations capitales qui pourraient sauver sa mère des griffes d'une justice implacable. En manque de sensations fortes, l'esprit des gens s'enflamme bien vite lorsque l'on accuse de sorcellerie l'une des leurs.

Fils de sorcière met en lumière deux sortes de justice: celle des riches et celle des pauvres. Les riches bourgeois sont pratiquement inatteignables et il faut de solides preuves pour les faire accuser. Les plus pauvres de la société sont quant à eux les plus vulnérables. La présomption d'innocence n'existe pas vraiment pour eux. Il suffit pour un témoin accusateur d'avoir bonne réputation et de regrouper des témoignages supposément véridiques pour qu'une personne subisse un procès. Il sera alors bien difficile pour elle de se défendre, puisqu'on ne lui en laisse pas l'occasion. Il y a une différence marquée entre les gens des classes aisées et les autres. On le remarque tout de suite par les différents comportements des personnages et par la façon dont chacun se perçoit.

Fils de sorcière est un excellent roman historique pour la jeunesse, qui reconstitue toute une époque et ses mentalités, tout en présentant un portrait réaliste de la justice et des classes sociales de la Nouvelle-France.

Un roman historique de qualité, plein de rebondissements! À lire!

En complément:

À noter qu'à la fin du roman, l'auteur nous explique quels personnages de son livre ont réellement existés. Il y a également une brève histoire du château Ramezay, un lieu très présent dans le texte. On peut visiter le site web du chateau ou s'offrir une visite en personne!