L'année des sorcières
Pierrette Dubé
illustrations de Marion Arbona, Jean-Paul Eid, Philippe Germain et Julie Rocheleau
Éditions Imagine
64 pages
Résumé:
Fascinée depuis toujours par les sorcières, j’ai entrepris, il y a quelques années, de savantes études en sorciérologie. J’ai lu de nombreux ouvrages sur le sujet, mais beaucoup de mes questions sont demeurées sans réponse. Les sorcières d’aujourd’hui voyagent-elles encore en balai? À quoi occupent-elles leurs journées? Comment communiquent-elles? J’ai eu la chance de rencontrer quatre sorcières en chair et en os : Impétuosa, Trampoline, Ratatouille et Acrimonie. Elles voulaient que j’écrive la « vérité vraie » à leur sujet. J’ai donc sauté sur l’occasion et je les ai suivies, l’une après l’autre, au fil des saisons. Voici L’année des sorcières : printemps, été, automne, hiver. Vous y trouverez la « vérité vraie » sur les sorcières. Mais rappelez-vous que pour une sorcière, la vérité n’est jamais bien éloignée du mensonge...
Mon commentaire:
L'année des sorcières est un album consistant, de grand format, qui raconte dans le détail le déroulement d'une année dans le monde des sorcières. Avec humour, l'auteure, une "apprentie sorciérologue", nous explique qu'elle a eu la chance de passer une année entière avec quatre sorcières: Impétuosa, Trampoline, Ratatouille et Acrimonie. Une sorcière pour chaque saison, et un illustrateur par saison pour imager le tout. Le résultat est un album bien épais, éclaté, avec des extraits de lettres, d'annonces, d'affiches, le texte étant varié et diversifié quant à la présentation. Chaque mois se termine par une petite pensée issue de l'imaginaire des sorcières.
Saviez-vous que dans le monde des sorcières, le ménage du printemps est remplacé par le salissage du printemps? Que mars est le mois de la "détérioration"? Que les sorcières aiment lire des romans policiers sur la plage et des romans "baldaquins" pour la Saint-Valentin? Que septembre est le mois de la "rentrée du chaudron"? Que l'Halloween est une fête détestée des sorcières qui ont même fondé une association contre le vol d'identité et les masques en caoutchouc? Et qu'à Noël, on fait des "déceptions" pour recevoir toutes ses amies sorcières?
L'année des sorcières est un album coloré et amusant, remplit de jeux de mots savoureux. Un lexique complète le livre en présentant le vocabulaire courant des sorcières, en plus de donner plusieurs informations sur leur monde, leurs inventions et leur mode de vie. Chaque illustrateur représente à sa façon le monde des sorcières et c'est une bonne idée d'avoir varié les genres, puisque chaque illustrateur correspond à une sorcière différente. L'humour est au rendez-vous tant dans le texte que dans les images. L'originalité de cet album réside principalement sur son tour complet d'une année avec des particularités pour chaque mois et à l'humour bien présent tout au long du livre.
L'année des sorcières est un album amusant, différent, dont le contenu est diversifié et surtout très original. Un livre que je conseille fortement aux petits comme aux grands! Plaisir de lecture garanti!
Quelques extraits:
"Une maison détériorée avec goût est un petit nid douillet où il fait bon se reposer dans la poussière et les fils d'araignée." p.9
"Octobre est le mois de l'Halloween, une fête inventée par les ordinaires. Les sorcières détestent l'Halloween et, ce soir-là, la plupart verrouillent leur porte et éteignent les lumières. Les maisons des sorcières sont alors faciles à reconnaître: ce sont celles qui sont plongées dans l'obscurité." p.36
Fais un voeu
Alexandra Bullen
Série Fais un voeu t.1
Michel Lafon
317 pages
Résumé:
Impuissante face à la terrible disparition de sa jumelle Violette, Olivia suit ses parents à San Francisco pour prendre un nouveau départ. Là-bas,elle décide de customiser l’une des robes préférées de sa soeur chez une mystérieuse couturière, qui à partir de ce modèle en confectionne trois ! Trois robes dont chacune a le pouvoir d’exaucer un de ses voeux. Magique! Premier souhait : revoir sa soeur, bien sûr, qui lui manque tellement. Pourtant les retrouvailles tant attendues ne se passent pas tout à fait comme prévu... Il en va de même pour les autres voeux, dont la réalisation la laisse désemparée. L’amour, les secrets, la trahison et un passé brumeux ressurgissent et Olivia se pose des questions : ne se tromperait-elle pas de rêves ?
Mon commentaire:
Une étrange boutique de couture, une vieille robe défraîchie, des papillons qui apparaissent comme par magie... Olivia débarque dans sa nouvelle vie en se faisant rapidement remarquer par Calla, la fille la plus cool du lycée. Olivia a tenu tête à un professeur difficile, à son plus grand étonnement et cet exploit lui vaut l'attention d'un groupe d'étudiants. Elle se fait quelques amis, recommence doucement à sortir, mais sa soeur jumelle décédée depuis peu lui manque. La nouvelle maison est vide sans elle, même si la famille a quitté l'ancienne ville pour se refaire une vie à San Francisco. Elle rencontre alors une couturière aux étranges pouvoirs qui lui offrira trois voeux... Grâce à la boutique de couture et à la possibilité de faire des voeux, Olivia retrouve sa soeur, qui la suit maintenant comme le fantôme qu'elle est. Elle tombe aussi amoureuse...
Tout dans ce roman, de la couverture au résumé, annonce une histoire digne des grands contes de fées. Je m'attendais à un roman léger, agréable, pétillant et plein de magie. La couverture est, quant à moi, plus fantaisiste que le roman en lui-même, qui se contente bien souvent de survoler l'idée de base. Pendant de longs chapitres, la magie n'est pas très présente. Les robes, qui sont la clés de l'histoire, me semblent assez peu présentes. Le début est intéressant, mais l'histoire stagne vers le milieu et c'est à un roman sur les tourments adolescents que nous offre l'auteur. Je suis un peu déçue car je crois que l'intrigue aurait pu être poussée beaucoup plus loin.
J'ai aimé la façon dont l'apprentissage du deuil est traité. La magie ici aide Olivia à comprendre que la vie continue, même quand on perd ceux que l'on aime. Elle doit apprendre à faire sa place et à se créer une vie à la hauteur de ce qu'elle est. Le message est beau et plein d'espoir. Par contre, les chapitres pour y arriver me semblent un peu fades. Il manque des bulles, du pétillant, de la couleur dans ce roman pour lui donner toute la fantaisie qu'il annonce.
Je lirai quand même la suite, quand elle sortira. L'histoire est légère, agréable tout de même, suffisamment pour que je m'intéresse au tome deux. Surtout qu'ici, la fin nous laisse plutôt sur une ouverture pour la suite. Il manque toutefois un petit peu de la magie que je souhaitais y retrouver.
Un extrait:
"Personne ne sait mieux que les membres de notre famille appuyer là où ça fait mal..." p.289
Le Marteau des sorcières: Warul
Siro
illustrations de Thibert
Série Le marteau des sorcières t.1
Glénat
47 pages
Résumé:
En 1486, deux inquisiteurs dominicains allemands font paraître le « Malleus Maleficarum », le Marteau des Sorcières, cultissime traité de démonologie, resté dans l'histoire comme l'ouvrage le plus terrifiant jamais publié. La puissance et la noirceur émanant du « Malleus Maleficarum » en firent un mythe sulfureux inspirant pour des générations. A la lumière d'une enquête en trois volets, dont le premier s'appuie sur un récit de voyage de Joseph Pitton de Tournefort, botaniste du début du XVIIIème siècle, un voile se lève enfin sur l'un des mystères les plus ahurissants de l'histoire de l'humanité...
Mon commentaire:
"Il y a deux histoires: l'histoire officielle, menteuse, puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements."
-Honoré De Balzac
C'est avec cette citation que commence la bande dessinée Le marteau des sorcières et c'est aussi par elle qu'elle se termine. Elle prend tout son sens à la lecture de l'album. Le marteau des sorcières c'est le Malleus Maleficarum: Un traité allemand publié pour la première fois à Strasbourg vers 1486. Ce traité était en quelque sorte la bible des inquisiteurs. Séparé en deux parties, ce texte explique la nature de la sorcellerie. Selon le traité, les femmes, de par leur nature faible et leur peu d'intelligence sont des sorcières toutes trouvées car elles sont plus enclines à pactiser avec satan. La seconde partie du livre est un véritable traité de torture, expliquant comment capturer les sorcières et les éliminer. Le plus effrayant, c'est que ce traité a connu un vif succès à son époque et qu'il fut réédité plus d'une trentaine de fois.
La bande dessinée Le marteau des sorcières s'inspire du traité pour élaborer son histoire. Un botaniste, en route vers des contrées hostiles et éloignées, a quitté la Hongrie pour la Moravie. On découvre son journal de bord qu'il écrit avec assiduité. Un beau jour, une femme le retrouve inconscient et l'amène chez elle pour le soigner. C'est à ce moment que le botaniste constate qu'il est dans un tout petit village en proie à la peur et au pouvoir religieux. Les villageois n'hésitent pas à ostraciser les marginaux. Celles que l'on qualifie de sorcières ne sont pas à l'abri. Les étrangers non plus ne sont pas très bien accueillis...
Cette bande dessinée mêle sorcellerie et lycanthropie. Les superstitions et les croyances contaminent l'esprit des villageois. Le fanatisme religieux est bien représenté aussi. Même si cette bande dessinée tend plutôt vers le fantastique, son fond historique en fait une histoire passionnante et donne une bonne idée de ce que pouvait être le climat ambiant à l'époque de la chasse aux sorcières.
J'ai personnellement beaucoup aimé les dessins dans cette bande dessinée. Le coup de crayon présente des faciès expressifs, beaucoup de gros plans auxquels il faut porter attention. Dans l'histoire, le Malleus Maleficarum a beaucoup de pouvoir. C'est un ouvrage terrible et dangereux. Il s'augmente d'ailleurs d'un chapitre à chaque fois qu'une sorcière est tuée. La fin de ce premier album est abrupte et les auteurs nous laissent en plan à la dernière scène. Vaut mieux avoir le tome deux sous la main!
De la glace aux pommes de terre?
Satomi Ichikawa
L'école des loisirs
35 pages
Résumé:
Ici, dans les hautes montagnes des Andes, pas un arbre ne pousse. Il n’y a ni gaz ni électricité. Chaque jour, on allume un feu avec des crottes d’alpaga séchées, et on fait cuire dessus toutes sortes de pommes de terre. Une fois, dans une fête en ville, Lucho a goûté une friandise succulente : de la crème glacée ! Et comme, aujourd’hui, il a aidé ses parents à sauver Pocoyo, un bébé alpaga coincé dans une crevasse, Lucho a bien mérité de manger de la glace !
Mon commentaire:
Cet album est vraiment très joli. Les illustrations à l'aquarelle reproduisent merveilleusement bien le mode de vie des bergers du Pérou. Dans un climat difficile où rien ne pousse, la famille de Lucho vit entre la hutte et la montagne. Avec le chien Chaski, Lunho et son père amènent les alpagas au pâturage. L'album nous raconte leur vie quotidienne en images et en textes: façon de se nourrir, importance de la pomme de terre dans l'alimentation, façon de se réchauffer, de se vêtir, de travailler. Les montagnes sont parfois hostiles, formant des pièges pour les alpagas et un froid mordant pour ses habitants. L'environnement des péruviens est gris et beige et contraste allègrement avec leurs vêtements colorés et joyeux.
L'album raconte la vie de Lucho qui, un beau jour, se surprend à rêver à quelque chose qu'il a goûté un jour au village lors d'une fête: de la crème glacée. Alors qu'un bébé alpagas est en bien mauvaise posture, Lucho et son père le sauvent d'une mort certaine. Ritti, la maman alpagas leur offre alors son lait pour confectionner la fameuse crème glacée. Et pourquoi pas, puisqu'elle sont si nombreuses, une glace aux pommes de terre?
La fin de l'album est un peu abrupte, mais le livre est intéressant puisqu'il nous plonge dans les montagnes des Andes, un monde que l'on connaît peu. Les jeunes lecteurs découvrent un univers tout à fait nouveau ainsi que le quotidien d'une famille qui est bien différent de celui de nos familles occidentales.
Le monde de Lucho est un monde à découvrir à travers les très belles illustrations colorées de Satomi Ichikawa.
Fils de sorcière
Hervé Gagnon
Hurtubise
163 pages
Résumé:
Dans les jardins du Château Ramezay, une rencontre inattendue a lieu entre une jeune fille de la noblesse, Catherine Deschambeault, et un jeune roturier, François Morel, dont la mère est accusée de sorcellerie, un crime grave en Nouvelle-France. Perrine Morel clame désespérément son innocence. En compagnie de Catherine et de la domestique de celle-ci, François tentera de dénouer l'intrigue de cette mystérieuse affaire.
Mon commentaire:
Marie-Anne Catherine Fleury Deschambault est une jeune fille de treize ans, issue d'une famille bourgeoise. Son père est agent général de la Compagnie des Indes. Elle s'apprête à épouser le Baron de Longueuil pour augmenter le prestige de sa famille. Profitant des quelques semaines qui lui reste à vivre en liberté avant de se marier, Catherine se repose dans le jardin du château Ramezay, près des bureaux de la Compagnie des Indes. C'est alors qu'elle rencontre François, un jeune garçon effarouché, triste et démuni. Il est laissé à lui-même, car sa mère est accusée de sorcellerie. Catherine qui ne peut ignorer le garçon, le mène à son père.
François sera nourrit et logé dans la famille Deschambault jusqu'au procès de sa mère, auquel il assistera. Le roman est très intéressant à ce point de vue car il s'inspire des minutes du procès véritable pour reconstituer les dialogues et le déroulement de la cour de justice. Il y a d'ailleurs de nombreuses informations détaillées sur les différences entre les classes sociales, sur la justice de l'époque, le séjour en prison et les mentalités des gens. Perrine Morel doit faire face à une justice qui n'est pas très équitable. L'histoire se transforme en véritable récit d'aventures lorsque François, avec l'aide de Catherine, découvre des informations sur son père aujourd'hui décédé. Des informations capitales qui pourraient sauver sa mère des griffes d'une justice implacable. En manque de sensations fortes, l'esprit des gens s'enflamme bien vite lorsque l'on accuse de sorcellerie l'une des leurs.
Fils de sorcière met en lumière deux sortes de justice: celle des riches et celle des pauvres. Les riches bourgeois sont pratiquement inatteignables et il faut de solides preuves pour les faire accuser. Les plus pauvres de la société sont quant à eux les plus vulnérables. La présomption d'innocence n'existe pas vraiment pour eux. Il suffit pour un témoin accusateur d'avoir bonne réputation et de regrouper des témoignages supposément véridiques pour qu'une personne subisse un procès. Il sera alors bien difficile pour elle de se défendre, puisqu'on ne lui en laisse pas l'occasion. Il y a une différence marquée entre les gens des classes aisées et les autres. On le remarque tout de suite par les différents comportements des personnages et par la façon dont chacun se perçoit.
Fils de sorcière est un excellent roman historique pour la jeunesse, qui reconstitue toute une époque et ses mentalités, tout en présentant un portrait réaliste de la justice et des classes sociales de la Nouvelle-France.
Un roman historique de qualité, plein de rebondissements! À lire!
En complément:
À noter qu'à la fin du roman, l'auteur nous explique quels personnages de son livre ont réellement existés. Il y a également une brève histoire du château Ramezay, un lieu très présent dans le texte. On peut visiter le site web du chateau ou s'offrir une visite en personne!
Connais-tu Maurice Richard?
Johanne Ménard
illustrations de Pierre Berthiaume
Éditions Michel Quintin
64 pages
Résumé:
la grande vedette des Canadiens de Montréal qui a accumulé les records et les exploits ?
celui qu'on a surnommé « Le Rocket », tellement il était rapide et plein d'adresse ?
cet homme déterminé, devenu à son époque, l'idole des Canadiens français ?
Mon commentaire:
On ne présente plus Maurice Richard aujourd'hui, véritable icône du hockey au pays qui a marqué toutes les générations. Détenteur de plusieurs records, il fût l'un des joueurs de hockey les plus appréciés de tous les temps. Après sa retraite, son chandail fut retiré et Maurice Richard intronisé au Temple de la Renommée. À sa mort, il eut des funérailles nationales. Maurice Richard représentait un véritable symbole pour les canadiens-français: un symbole de réussite et de grandeur dans un monde essentiellement dirigé par les anglophones. Un symbole qui va au-delà du monde du sport.
Le livre de Johanne Ménard et Pierre Berthiaume est bien intéressant, probablement l'un des meilleurs de la série Connais-tu? Il offre aux jeunes lecteurs un récapitulatif de la carrière de Maurice Richard, d'une façon fort amusante. Quelques phrases par page, des illustrations qui accompagnent chaque texte et des bulles qui rappellent la bande dessinée et donnent vie aux personnages. Le livre parle des débuts du hockeyeur lorsqu'il était petit, de la montée de sa carrière, de son évolution au sein de l'équipe et de la place qu'il a pris dans l'imaginaire collectif de toute un peuple. Maurice Richard est rapidement devenu le symbole des canadiens-français.
Connais-tu Maurice Richard? est un petit livre plein d'humour, où chaque page aborde une facette de la carrière du grand hockeyeur. Un bel hommage, amusant et instructif, à un des plus grands hockeyeurs de tous les temps.
À offrir à tous les petits joueurs de hockey!
La petite sorcière
Benjamin Lacombe
Sébastien Pérez
Seuil jeunesse
34 pages
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Résumé:
Alors qu'elle explore le grenier de sa grand-mère, Lisbeth découvre un étrange et poussiéreux grimoire. En tournant les pages, elle apprend que sa douce grand-mère Olga serait une... sorcière. Et la petite fille n'est pas au bout de ses surprises.
Mon commentaire:
La petite sorcière est un album vraiment magnifique. De grand format, avec des illustrations somptueuses, cet album retient l'attention tant au niveau du texte et de l'histoire, qu'au niveau visuel. Le style bien particulier de Benjamin Lacombe met en images de merveilleuse façon l'histoire concoctée par Sébastien Perez. Tout est dans les petits détails qui font de cet album un pur plaisir de lecture.
Lisbeth s'apprête à partir chez sa grand-mère, avec qui elle ira célébrer Noël. Il fait froid, le ciel est lourd de neige. Ses parents sont trop occupés pour s'occuper de futilités comme les fêtes de fin d'année et ils se débarrassent de leur fille pour quelques jours. La grand-mère de Lisbeth vit dans une magnifique maison victorienne, avec ses banquettes près des fenêtres, son grenier, sa bibliothèque. Lisbeth y rejoint avec plaisir Edward, le petit voisin, qui est amoureux d'elle. Les deux enfants s'amusent d'ordinaire beaucoup. La découverte d'un grimoire très spécial dans les rayons de la bibliothèque correspond avec la disparition d'Edward. Pendant que les recherches s'activent pour retrouver Edward, Lisbeth consulte en cachette le fameux grimoire. Ce qu'elle y découvre bouleverse sa vie...
Lisbeth est issue d'une longue lignée de femmes sorcières. Persécutées pour leurs différences, elles ont survécues d'une façon ou d'une autre jusqu'à Lisbeth. Nous découvrons sa généalogie à travers le grimoire et à travers l'histoire que lui raconte sa grand-mère. Le passé est marqué par de nombreux destins de femmes sorcières.
La petite sorcière est un album tout simplement merveilleux. L'histoire est belle, la fin l'est tout autant. Voilà l'exemple d'un album accessible autant aux plus jeunes qu'aux adultes et qui plaît à tous les groupes d'âge. L'atmosphère qui se dégage du livre est particulière, un peu sombre tout en étant pleine de lumière. Vraiment, j'ai adoré!
Un livre charmant, à découvrir assurément!
Le castor qui travaillait trop fort
Nicholas Oldland
Scholastic
32 pages
Résumé:
Il était une fois un castor qui travaillait tellement qu'il ne réfléchissait pas toujours à ce qu'il faisait. Un jour, il se retrouve coincé sous un arbre, victime de sa propre négligence. Cet incident lui ouvre les yeux et il décide de changer ses façons de faire...
Mon commentaire:
Le castor qui travaillait trop fort est le troisième album de la série de Nicholas Oldland sur les animaux d'une même forêt. Ours, orignal, castor, chacun d'entre eux revient d'un titre à l'autre. Dans celui-ci, le castor travaille beaucoup. En fait, il travaille trop. Tellement qu'il est déconcentré, qu'il fait des gaffes et que ses erreurs se répercutent sur ses amis, les autres habitants de la forêt. Le castor se blesse lui-même et doit aller à l'hôpital. Pendant qu'il est alité, il réfléchit à ce qu'il a fait et constate qu'il doit réparer ses erreurs.
Les points fort des albums de Nicholas Oldland ce sont les dessins amusants, colorés et expressifs. La nature est omniprésente et les petits personnages sont plutôt originaux. Chaque album présente une fable différente sur la vie, avec humour en fantaisie. Le castor qui travaillait trop met en valeur l'importance de se soucier des autres, de leurs besoins et de leur présence. On sent également un certain message écologique en arrière-plan, tant à cause des décors choisis par l'auteur que parce que les animaux mis en scène sont des habitants de nos forêts.
Un album à découvrir, ainsi que les deux précédents de l'auteur, L'ours qui aimait les arbres et L'orignal qui avait la frousse. Son travail me plaît décidément beaucoup!
Là où la mer commence
Dominique Demers
Québec Amérique
224 pages
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Résumé:
C’est dans un royaume de pics somptueux et de caps battus par une mer enragée, d’anses secrètes et de baies envahies par les goélands que l’histoire de Maybel et William prend racine. Au fil de dix rendez-vous hors du commun, ils se laisseront envoûter par les trésors du panorama maritime et se découvriront d'autres passions encore plus fulgurantes... Cinquante ans plus tard, grâce au journal de sa grand-mère, l'amie de Maybel, Marie découvre avec ravissement la singulière rencontre de sa marraine et de celui qu'on surnommait la Bête.
Mon commentaire:
Marie, à sa naissance, ressemble à Maybel, une amie de sa grand-mère. Maybel devient donc marraine de la fillette, alors que la moitié du pays des sépare. À seize ans, déprimée par une peine d'amour dont elle ne se remet pas, Marie s'embarque sur un train à destination de la Gaspésie où vit Maybel. Elle va rencontrer sa marraine pour la première fois de sa vie. Florence espère que le voyage lui changera les idées. Elle lui remet même un cahier à lire pendant le trajet, pour l'occuper. Nous sommes en mai 1901.
Le cahier, c'est l'essence même du roman. Dès que Marie en tourne les pages, nous plongeons avec elle dans une histoire d'amour digne des plus beaux et tragiques contes de fées. Florence a tenu un journal pendant sa grande amitié avec Maybel. Elle y raconte son histoire, mais aussi l'histoire de tout un village. C'est ainsi que nous sommes transportés dans une région à l'écart du monde, une région un peu sauvage et magnifique, là où vit la famille de Maybel. Une famille différente qui est marginalisée. Leur vie alimente les ragots. Lorsque l'Écossais et son fils viennent s'installer dans la région, c'est encore bien pire. On tremble de ce qui nous effraie, mais on colporte sur ce qui nous semble incompréhensible.
Maybel a été élevée différemment. Elle est l'exubérance et la lumière, la joie de vivre et vit ses sentiments à fleur de peau. C'est une jeune femme forte et convaincue, mais fragile à la fois. Elle tentera d'apprivoiser William, celui que l'on surnomme la Bête et qui vit caché, au fin fond de son manoir, surprotégé par un père rongé par la culpabilité. Un père qui se passionne pour la chasse, alors que le fils se fait un devoir de prendre soin des animaux et de la nature qui l'entoure. Sa rencontre avec Maybel est pleine de lumière, de silence, de passion.
Ce roman est tout simplement magnifique. On y retrouve beaucoup de délicatesse dans les mots et dans la façon d'amener les personnages. C'est un roman d'une grande beauté, tant par ses décors que par les personnages, dotés d'une belle âme, qui y évoluent. Le texte est beau, limpide, lumineux et tragique à la fois. C'est le récit d'une grande histoire d'amour, une réécriture d'un des contes les plus connus: La Belle et la Bête.
Là où la mer commence est un texte qui nous ensorcelle, qui présente un autre regard sur le monde, un monde où la nature est omniprésente et où l'on s'attarde à la contemplation. Le cahier de Florence ébranle la jeune Marie. Sa grand-mère lui présente une magnifique histoire d'amour et les véritables raisons d'aimer réellement une personne, au-delà des apparences et des commérages. Les dernières pages, alors que Marie arrive enfin chez sa marraine, sont profondément émouvantes.
Là où la mer commence est un roman d'une grande beauté, une histoire d'amour à travers le temps et les générations. J'ai eu un immense coup de coeur pour l'histoire de Maybel et de William qui se noue en plein coeur d'une nature sauvage, puissante, sublime, qui me semble être le seul endroit du monde propice à abriter une aussi belle passion.
À découvrir!
Un extrait:
"...le fils de l'Écossais m'a appris à aimer le silence. Je commence tout juste à comprendre une foule de choses. Pourquoi mon père est fou d'étoiles, par exemple. La majorité des gens voient juste de petites billes qui picotent le ciel, mais mon père, lui, voit un univers. Pendant que je comptais les étoiles filantes, durant toutes ces annaées, en jacassant tout le temps, peut-être bien que mon père les entendait filer. Avec un petit bruit sec de vent, tiens. Il m'a déjà dit qu'il entendait les aurores boréales danser. "Sur une musique de soie froissée." Je me souviens de ses mots. Ça m'avait plu." p.110
J'haïs le hockey
François Barcelo
Coups de tête
128 pages
Résumé:
Antoine Vachon haït le hockey. À la suite de l'assassinat du coach de l'équipe de hockey de son fils, Antoine se voit pourtant contraint de le remplacer à pied levé, sans savoir alors que sa vie va changer. Le flou persiste. Qui a assassiné le coach? Et surtout, pourquoi? Le fils d'Antoine aurait-il quelque chose à voir dans tout cela? L'entraîneur était pourtant connu et apprécié dans sa communauté, il s'occupait bien de ses joueurs, trop bien peut-être…
Mon commentaire:
Contrairement au personnage central de ce roman moi, j'aime bien le hockey. Et j'aime aussi beaucoup les romans de François Barcelo, un auteur impertinent, adepte de l'humour noir, qui réussit à aborder des sujets graves comme le crime, la pédophilie, le suicide, la mort, avec une certaine dose d'humour. Un humour noir et dérangeant, qui colle parfaitement à la maison d'éditions Coups de tête. Et qui colle aussi au genre de romans que j'aime lire, à l'occasion. François Barcelo est une valeur sûre dans le domaine. Le seul auteur capable de me faire rire noir, en me parlant des pires sujets possibles. J'haïs le hockey ne fait donc pas exception au genre auquel nous a habitué Barcelo, quoique l'humour y est plus subtile. On y aborde des thèmes durs, qui ne laissent pas indifférents.
Antoine Vachon est un père de famille divorcé et sans emploi. Contraint de remplacer le coach de l'équipe de hockey de son fils, il se retrouve dans une position délicate. Il ne connaît rien au hockey, ne sait pas comment réagir et surtout, il ignore totalement les règlements si bien qu'il réussit à se mettre les pieds dans les plats avant même d'avoir commencé! Antoine Vachon a l'imagination fertile. Il nous raconte ce qu'il pense et sa façon de percevoir les choses. Il extrapole beaucoup autour des événements auxquels il est confronté si bien que, plus le roman avance, plus on réalise qu'il est totalement dans le champs avec ses déductions. Il va tellement loin dans ses réflexions qu'il ne se rend même pas compte que ce qui se passe sous son nez est tellement plus grave...
J'haïs le hockey est un petit livre qui se lit tout seul. Il est court, suffisamment intriguant pour titiller l'intérêt du lecteur, en plus d'être plutôt frappant, tant par les sujets abordés que par la façon dont ils sont traités. Nous sommes dans un roman noir, dont la fin n'a rien de rose bonbon, au contraire. C'est percutant. Et j'aime! Parce que François Barcelo crée toujours des personnages que l'on suit avec intérêt, mais de qui nous nous sentons détachés. Il peut donc leur arriver toutes sortes de choses et c'est avec une curiosité un peu mordibe que nous les suivons dans leurs délires. Ici, d'ailleurs, il aborde des sujets difficiles, d'une manière assez inattendue.
Ceux qui aiment les romans noirs seront ravis. Il s'en passe des choses dans J'haïs le hockey et pas des plus tendres! Un roman noir qui percute comme un coup de poing et qui se lit d'un trait. François Barcelo est un auteur que j'aime, dont les histoires ne laissent pas indifférent.
Un extrait:
"J’haïs le hockey! J’y ai joué juste assez pour savoir que je suis le plus nul des joueurs. Et j’en ai vu juste assez pour savoir que c’est le plus nul des sports. J’aurais évidemment préféré que mon fils Jonathan ne participe jamais à ce que j’estime être la plus éclatante expression de notre débilité collective. Mais Colombe, sa mère, est une mordue de hockey et a tenu à l’inscrire à l’aréna de Saint-Zéphyrin en catégorie novice dès qu’il a eu six ans. Elle l’a aussi équipé à grands frais. J’ai eu beau protester, c’était elle qui payait. Cela fut-il un des facteurs de notre séparation, presque huit ans plus tard ? J’en suis convaincu, même si Colombe a plutôt invoqué pour me mettre à la porte le fait que je l’avais trompée avec sa comptable stagiaire dans le lit conjugal, pendant qu’elle était avec Jonathan et des amis à la Cage aux Sports de la ville voisine, justement pour m’épargner un méchant mardi Molson Ex à la télé familiale." p.5





























