Agatha Christie: le crime d'Halloween
Chandre
EP Éditions
47 pages
Résumé:
Le 31 octobre, c'est la fête du Potiron. Pour fêter l'événement, Mrs Drake invite les adolescents du village à une soirée. Joyce, une fillette à la langue bien pendue, se vante d'avoir assisté à un meurtre. Personne ne la prend au sérieux. Erreur fatale, car peu après, son cadavre est découvert dans la bibliothèque ! Qui a voulu éliminer un si jeune témoin? Pour cacher quel crime encore plus épouvantable?
Mon commentaire:
Le crime d'Halloween (ou La fête du Potiron) est l'une de mes histoires favorites d'Agatha Christie. J'aime beaucoup les histoires qui se déroulent au moment des Fêtes. J'adore Christmas Pudding et Le Noël d'Hercule Poirot pour les mêmes raisons. Malheureusement, Agatha Christie ne s'est inspirée des Fêtes que pour très peu de ses livres. C'est dommage, je trouve qu'il y a toujours beaucoup à tirer des différentes festivités dans l'année, que ce soit pour un roman, un polar ou une bande dessinée.
Pour revenir au Crime d'Halloween, j'ai lu le roman original plusieurs fois (même s'il n'apparaît pas encore sur ce blogue) et j'ai vu l'adapatation cinématographique dont vous trouverez un compte rendu sur À l'heure du thé. J'étais donc ravie de mettre la main sur une bande dessinée reprenant le scénario original. Je dois dire que c'est la troisième bande dessinée de cette série que je lis. Je n'ai pas commenté les deux premières, mais j'ai choisis de parler de celle-ci puisqu'elle adapte un de mes livres préférés.
Ce que je reproche essentiellement à cette collection, c'est sa difficulté à adapter les scénarios compliqués d'Agatha Christie: beaucoup de suspects potentiellement coupables, plusieurs revirement de situations. Je trouve que la transposition se fait difficilement: on fini par s'y perdre et c'est dommage. Ici, avec Le crime d'Halloween, je dirais que c'est plutôt réussit. L'auteur respecte l'essence même du scénario. Les personnages sont facilement identifiables et l'on suit assez bien toutes les trames de l'intrigue.
Dans le roman, il m'a toujours semblé assister à une fête d'enfants. Ici, ce sont des adolescents, dont certains s'embrassent même dans un coin. L'adaptation m'a semblée plus moderne, même si l'époque est celle du roman d'origine. Joyce est présentée dans le roman comme une petite peste à la langue bien pendue. Ici, on ne l'aperçoit que pendant quelques cases au début. Tout le monde dit que c'est une menteuse, mais on a plutôt l'impression qu'il s'agit d'une victime plutôt que d'une peste tuée à cause de sa grande langue.
Le dessin me plaît assez, cependant j'ai un peu de mal avec ces couleurs pastels qui ne font pas du tout planer le mystère et qui n'apportent pas l'ambiance d'Halloween à laquelle je m'attendais. D'ailleurs, l'histoire aurait pu se dérouler à un autre moment de l'année que ça n'aurait rien changé. J'ai été quelque peu déçue et ça m'a empêcher de prendre plaisir à lire cette adaptation d'un roman que j'aime un peu trop...
En complément:
Définitivement, si vous voulez retrouver l'ambiance brumeuse et froide d'un soir d'Halloween, avec ses citrouilles et ses fantômes, précipitez-vous sur l'adaptation avec David Suchet dans le rôle d'Hercule Poirot. C'est vraiment un bon film à regarder à l'Halloween!
Cette maison est hantée
Maureen Bayless
illustrations de Janet Wilson
Éditions Scholastic
90 pages
Résumé:
Bernard et sa famille viennent d'emménager dans leur nouvelle vieille maison. Elle compte 29 pièces pleines d'araignées et de grincements sinistres, une cave sombre et inquiétante... et un fantôme. Bernard veut bien accepter beaucoup de choses, mais pas de partager sa maison avec un fantôme. Il va faire tout son possible pour s'en débarrasser, même s'il lui faut affronter Bingo et son serpent de compagnie, Ficelle.
Mon commentaire:
Les parents de Bernard viennent d'acquérir à rabais une grande maison. Mais aux yeux du jeune garçon, elle a un problème de taille: c'est une maison hantée. Du moins, c'est ce que l'on dit dans le voisinage. Et Bernard en est persuadé. Il ne veut donc pas y habiter, sous aucun prétexte. Sauf que ce n'est pas lui qui prend les décision et il est bien obligé de suivre ses parents. Il doit donc trouver une solution et décide de mettre à contribution le dur à cuire de l'école, Bingo, celui qui lui donne toujours du fil à retordre. Un dur à cuire, ça fait peur. Alors c'est une bonne solution pour donner la frousse au fantôme et le forcer à quitter les lieux, non?
Avec l'aide de Bingo et de deux de ses amis, Bernard tente de mettre en pratique toutes sortes d'idées loufoques pour faire fuir le fantôme. Leurs idées sont complexes et cocasses, pas bêtes du tout si on y pense du point de vue d'un enfant. Les enfants espèrent de cette façon réussir à capturer le fantôme et à s'en débarrasser. Les choses se corsent quand le fantôme commence à laisser des petits messages à Bernard!
Ce roman est vraiment amusant. S'il débute comme n'importe quel roman sympathique sur les peurs et les maisons hantées, la conclusion est tout de même étonnante. Je ne souhaite pas dévoiler cette fin, mais sachez cependant que c'est un clin d'oeil fort amusant et un bel hommage à l'un des plus grands auteurs britanniques pour la jeunesse. C'est donc un petit livre qui en vaut la peine et que j'ai particulièrement apprécié, même s'il s'adresse à un lectorat assez jeune, à partir de 7 ans.
Les illustrations de Janet Wilson qui agrémentent ici et là le roman sont jolies, avec un air un peu vieillot, en noir et blanc. Elles me plaisent beaucoup.
Vraiment, un livre pour Halloween fort sympathique!
Un extrait:
"De toute manière, il y a au moins une chose dont Bernard est absolument certain: il est hors de question qu'il dorme dans la maison d'un fantôme, même si cette maison a des tourelles, des trappes et vingt-neuf chambres. En particulier si cette maison a vingt-neuf chambres! Énormément de bruits bizarres peuvent parvenir de vingt-neuf chambres." p.6
Sombres citrouilles
Malika Ferdjoukh
L'école des loisirs
222 pages
Résumé:
Aujourd'hui, 31 octobre, trois générations de Coudrier sont réunies à la Collinière, la grande demeure familiale entourée de forêts et d'étangs, pour fêter, comme chaque année, l'anniversaire de Papigrand, le patriarche. Comme c'est aussi Halloween, Mamigrand a envoyé les petits chercher des citrouilles au potager pour les voisins américains. Mais dans le carré de cucurbitacées encore enveloppé des brumes de l'aube, il y a comme un pépin. Un homme étendu de tout son long, plein de taches rouges, silencieux. Mort. À première vue, personne ne le connaît. L'affaire pourrait donc n'être pas si grave que ça. Le problème, c'est que dans la famille, il y a au moins trois mobiles criminels possibles. Donc trois assassins potentiels. Sans compter tous les secrets qu'on n'a pas encore découverts..
Mon commentaire:
Sombres citrouilles débute alors que les enfants de la famille trouvent un corps dans le potager. Avant la découverte du corps, Hermès avait entendu le mort faire chanter son grand-père. Il a peur que son Papigrand soit impliqué dans le crime. Il en est même sûr. Les enfants prennent alors une décision qui ne sera pas sans conséquence: cacher le corps au moins jusqu'à la fin de la fête...
La Collinière est la grande maison des grands-parents. Chaque année, pour l'anniversaire de Papigrand et la commémoration de la mort d'un oncle, toute la famille se réunie dans la grande maison pour quelques jours. Le Collinière est une grande maison à la campagne, où l'on cuisine des pâtisseries à la citrouille et où l'atmosphère semble des plus agréable. Cependant, sous le vernis lisse des apparences et de la respectabilité se cachent les comportements les plus ignobles. Personne n'y échappe.
Les jeunes ont tous de petits secrets d'enfants qui ne seront toutefois pas sans conséquence. Colin trimballe du foie de poulet dans ses poches. Les jumelles se mêlent de tout et surgissent à n'importe quel instant. Madeleine fugue de son pensionnat huppé de jeunes filles. Cependant, au fil des pages et des témoignages de chacun d'eux, un grand portrait (peu flatteur) de la famille est peint. Vol, mensonges, adultère, folie, envie, crime, racisme, désespoir, meurtre, tentative de suicide, honte, rejet, chaque adulte a un squelette dans le placard et les enfants se retrouvent avec un mort sur les bras. Un méli-mélo amoureux se joue également à la Collinière qui cause plusieurs quiproquos et beaucoup de tristesse.
Cette famille qui a pourtant une réputation dans la région, se retrouve à cacher aux autres toutes sortes de choses peu reluisantes. Les adultes sont corrompus jusqu'à l'os et mentent comme ils respirent. Colin, Madeleine, Hermès et les jumelles devront faire la lumière sur ce que cache la Collinière dans ses sombres recoins...
Sombres citrouilles est un roman bien étrange, qu'on lit avec beaucoup d'intérêt et une curiosité grandissante tant il se passe tant de choses dans cette famille tout à fait dysfonctionnelle. Je dois avouer que ce n'est pas mon roman préféré de Malika Ferdjoukh. En effet, certains passages du début m'ont parus un peu long. Toutefois, plus le roman avance, plus on veut savoir d'où vient ce mort et qui est coupable. La construction de ce roman est assez intéressante et on se croirait dans Secrets de famille, version pour adolescents. Car ce sont les enfants et les adolescents qui mènent l'enquête et qui prennent des décisions. Les adultes sont trop préoccupés par leurs problèmes et l'on découvre qu'ils sont beaucoup trop impliqués dans de sombres événements pour avoir une quelconque crédibilité.
L'idée que l'on se fait de belles réunions familiales - grandes familles, enfants qui s'amusent, des tables bien garnies, des grands-parents adorables qui aiment leurs petits enfants - est tout simplement écorchée ici. Les grands-parents sont méprisables. Les adultes sont irresponsables. Les enfants tentent de grandir dans une famille où l'hypocrisie règne en maître.
J'aurais aimé que le roman soit un peu plus ancré dans la fête d'Halloween (c'est ce qu'il laisse supposer), mais comme il se déroule en France, contrée où cette fête n'est pas vraiment célébrée, les références à Halloween viennent principalement du fait que les voisins de la Collinière sont des américains, de qui on se moque un peu à cause de leurs "coutumes étranges pour Halloween". Comme les histoires d'Halloween sont plutôt rares, j'espérais beaucoup pour celle-ci.
Sombres citrouilles est cependant un roman d'enquête et une histoire de famille assez tordue. Un roman plutôt étonnant, que j'ai tout de même pris plaisir à lire, mais auquel je ne m'attendais pas du tout.
Helen Keller
Margaret Davidson
Scholastic
87 pages
Résumé:
Comment un non-voyant ou une non-voyante s'y prennent-ils pour lire un livre? Helen Keller a d'abord appris à lire en touchant des lettres en saillie du bout des doigts. Plus tard, elle a appris l'alphabet composé de points saillants appelé braille.
Mon commentaire:
Nous sommes dans les années 1880, dans une petite ville de l'Alabama. Helen Keller contracte une fièvre (dont on pense qu'il s'agissait de la scarlatine). Elle a 18 mois. Aujourd'hui, elle aurait été sauvée sans problème. À l'époque, elle perd la vue et l'ouïe. N'entendant plus les sons et étant trop jeune pour avoir des bases solides de langage, elle devient également muette. Frustrée, elle est enfermée dans un univers qu'elle ne comprend pas. Sa colère se retourne contre ses proches, qui ne savent plus quoi faire d'elle. Elle n'arrive pas à communiquer et ses parents lui cèdent pour éviter les crises. Helen a 6 ans lorsqu'elle fait la connaissance de Ann (Annie) Mansfield Sullivan, une jeune éducatrice qui réussit à sortir Helen de son monde en lui permettant une chose merveilleuse: lire et communiquer avec les autres.
Cette courte biographie d'abord destinée aux jeunes, est un vivant portrait d'une fillette que tout condamnait et qui a su, grâce à de l'aide, faire sa place dans le monde. La relation qui se développe entre Helen et Annie est merveilleuse. Le livre explique de façon toute simple comment une personne sourde-muette-aveugle perçoit le monde autour d'elle et sa joie quand enfin, elle peut sortir de son isolement.
Cette courte biographie est une belle façon de faire découvrir aux lecteurs le portrait d'une jeune femme fonceuse et courageuse, animée du désir d'avoir une vie comme les autres. Elle a apprit à lire, à parler et à faire de l'équitation, elle a fréquenté Radcliffe College et en est sortie diplômée. Le livre est complété par quelques photos d'Helen Keller.
Une jeune femme particulièrement admirable, qui devint écrivain et travailla à plusieurs fondations pour venir en aide aux aveugles.
Quelques extraits:
"Helen avait déjà conscience de la place que les livres occuperaient dans sa vie. "Ils me racontent tant de choses intéressantes sur ce que je ne peux pas voir, disait-elle. Et puis ils ne sont jamais fatigués ou inquiets comme les gens."" p.59
"Moi qui suit aveugle, je peux vous donner un avis, à vous qui pouvez voir. Usez de vos yeux comme si vous alliez les perdre demain. Faites de même avec chacun de vos sens. Écoutez le chant d'un oiseau comme si vous alliez perdre l'ouïe demain. Touchez chaque chose comme si demain vous alliez perdre le toucher à tout jamais. Respirez les fleurs, goûtez chaque miette de nourriture comme si demain le goût et l'odorat devaient vous manquer." p.77
"La vie est une aventure ou alors elle n'est rien." p.81
Bonne bouffe en famille
Geneviève O'Gleman
Éditions La Semaine
279 pages
![]()
Résumé:
Le lecteur trouvera dans ce livre des idées et des conseils pour surmonter les caprices alimentaires des enfants, des stratégies pour les inciter à manger santé, des idées d'activité à faire avec les enfants pour qu'ils puissent mettre la main à la pâte, des recettes adaptées au goût des enfants, des astuces pour enrichir les recettes de calcium, de fibres, de fer. parfois à l'insu des enfants ! 150 recettes approuvées par les enfants, 200 capsules d'information et plus encore
Mon commentaire:
C'est en cherchant de bonnes recettes simples, goûteuses et surtout nutritives que je suis tombée par hasard sur ce livre. Je cherchais de préférence un ouvrage écrit ou supervisé par une nutritionniste. Geneviève O'Gleman est nutritionniste et elle est très présente dans les médias.
Bonne bouffe en famille est un ouvrage vraiment bien fait pour ceux qui veulent cuisiner pour tous les membres de la famille, petits et grands. Les recettes sont adaptées pour que chacun participe, mais surtout, elles sont très attirantes, présentées avec toutes sortes d'ingrédients nutritifs. Des petits encadrés donnent des trucs et astuces pour chaque recettes, en plus de fournir la valeur nutritive des plats. La présentation est claire, simple et les recettes sont faciles à préparer, en plus d'être assez courtes à réaliser. Surtout, les recettes sont inratables, même lorsqu'elles sont concoctées avec l'aide parfois malhabile des enfants.
Avant de parler de ce petit bijou de livre, j'ai bien sûr essayé plusieurs recettes. Chaque fois, j'ai été surprise par leur simplicité et la facilité d'exécution. Moi qui ait toujours eu peur de faire du pain et de la pâte à pizza, eh bien je me suis lancée! J'étais plutôt déçue des pizzas du commerce. Elles sont trop salées, trop huileuses, avec parfois un arrière-goût d'aliments vieillots. Bref, la pâte à pizza est toute simple, ne nécessite qu'une dizaine de minutes de préparation et... ce fût un succès! Maintenant, lorsque nous mangeons de la pizza, c'est de la pizza maison ou rien!
La recette de pain maison, celle de chaussons aux pommes, de barres tendre, de frittata, le chili, les biscuits aux arachides, la crème aux fraises et les cupcakes aux cerises sont toutes plus alléchantes et goûteuses les unes des autres.
Un petit livre sympathique, qui offre des idées simples pour la cuisine familiale au quotidien et qui m'a poussé à essayer des plats que je n'avais jamais cuisiné!
En complément:
Le site web de Geneviève O'Gleman ainsi que son blogue Bonne bouffe.
Le bonheur au bout de la laisse
Emilie Rivard
Boomerang
133 pages
Résumé:
Le chien est le meilleur ami de l'homme, comme on dit. Je suis tout à fait d'accord avec cette expression ! Surtout quand mon amie Naomie fait sa tête de cochon, quand ma jumelle Andrée-Ann oublie qu'elle a une sour, trop occupée avec son amoureux et quand les gars. sont tous aussi stupides ! Dans ces cas-là, mon chien Balthazar est toujours à mes côtés. Et un jour, quoi qu'en disent les autres, moi Marie-Kim, je serai une dresseuse incomparable et mon toutou sera un grand champion de concours canins !
Mon commentaire:
Marie-Kim a douze ans, une jumelle bien différente d'elle et une passion pour les chiens. Elle suit des cours de dressage en compagnie de son fidèle toutou, Balthazar. Elle est douée avec son chien et la propriétaire du centre de dressage canin lui suggère fortement de l'inscrire à un concours canin. Marie-Kim a besoin d'argent pour l'inscription à la compétition. Elle offre donc son aide autour d'elle pour rendre différents services, comme garder à la place d'une amie. Mais à trop vouloir en faire, elle n'a plus le temps d'exercer son chien, les problèmes s'accumulent autour d'elle et sa meilleure amie lui en veut. En plus, elle rencontre un autre jeune dresseur qu'elle déteste au début, avant de réaliser qu'ils ont beaucoup plus de points en commun qu'elle ne le croyait.
Ce petit roman fait partie de la collection romance, pour les jeunes à partir de 10 ans. C'est un roman léger, qui traite des premiers émois amoureux. Ici, le cadre des concours d'agilité canin permet de se faire rencontrer des personnages aux goûts similaires et d'offrir un contexte intéressant et différent. L'auteur parle des premières amours, des petites querelles, des déceptions et de l'immaturité qui peut parfois blesser, tout en trouvant des solutions pour que les jeunes puissent affronter et régler leurs différents.
Le bonheur au bout de la laisse est un joli petit roman jeunesse, qui parle d'amour et de la passion des chiens. Une lecture qui devrait plaire aux jeunes lectrices qui vivent leurs premiers émois amoureux.
Le guide Paquin-Caron des oiseaux du Québec et des Maritimes
Jean Paquin
Ghislain Caron
Éditions Michel Quintin
448 pages
Résumé:
Le guide d’identification complet par excellence, celui dont la réputation n'est plus à faire. Une nouvelle édition bonifiée : espèces supplémentaires, présentation pratique des familles, calendriers de présence. Regroupant exclusivement les 334 espèces présentes au Québec et dans les Maritimes. Des illustrations fascinantes du peintre animalier Ghislain Caron présentant les plumages caractéristiques de chaque oiseau. Une fiche d’identification claire par espèce (plumages, vol, voix, habitat). Une mine de renseignements complémentaires utiles (répartition, alimentation, nidification). Les cartes de répartitions et les noms les plus à jour.
Mon commentaire:
Jean Paquin est ornithologue, auteur de plusieurs ouvrages et conférencier. Ghislain Caron est pour sa part un peintre animalier renommé. Avec l'aide de Claude Thivierge, il a illustré chaque espèce d'oiseau. La particularité de ce guide est justement son dessin naturaliste et animalier. Il ne contient aucune photo, toutefois la précision et la beauté des détails en fait un guide aussi intéressant à consulter que plaisant pour les yeux. Les espèces sont reproduites avec un grand souci du détail et beaucoup de minutie. On voit donc du premier coup d'oeil les différences entre les espèces. Trois cent trente-quatre espèces du Québec et des Maritimes sont ici représentées.
En début de volume, les auteurs donnent des conseils aux amateurs d'oiseaux pour faciliter l'identification des espèces: taille, tête, silhouette, couleurs, plumage, vol, etc. Le guide est rempli d'explications de façon à bien pouvoir l'utiliser et à comprendre la morphologie de l'oiseau.
La première partie du livre est consacrée à l'identification des oiseaux. Ils sont représentés par espèces puis dessinés sur des planches. Il est donc plus facile de les identifier et de comparer leurs points communs et leurs différences. On peut, d'un coup d'oeil, reconnaître un oiseau et savoir s'il s'agit d'un jeune oiseau. Chaque planche indique des infos globales sur l'espèce, la taille, le vol, l'habitat, la voix. Une carte de répartition complète les informations. On peut aussi connaître des détails sur leurs habitats particuliers et dans certains cas, les oiseaux son même dessinés dans leur milieu de vie.
La deuxième partie donne de l'information additionnelle. Les oiseaux y sont listés par famille. On apprend beaucoup d'informations sur leur présence et la répartition des espèces, leur alimentation, la nidification. Deux éléments que je trouve particulièrement intéressants dans ce guide et que je n'ai pas vu dans d'autres guides consacrés aux oiseaux: un calendrier de présence et un tableau de comparaison des tailles. Le calendrier nous indique quand dans l'année l'oiseau est présent chez nous et pas seulement où il se retrouve. Ce calendrier est facile à consulter. Le tableau de comparaison des tailles est ingénieux. Par rapport à la grandeur du présent guide, chaque espèce est représentée sous forme de silhouette et un petit dessin nous donne rapidement une idée de la taille de l'oiseaux. Astucieux.
Le livre est complété par une section de références utiles, des idées de lectures d'ouvrages et de guides généraux, de l'information sur les clubs et société d'ornithologie, une discographie des chants d'oiseaux et une liste de sites webs utiles.
Un guide intéressant qui apporte beaucoup d'éléments très utiles, en plus d'être agréable pour les yeux. Vraiment, un outil indispensable aux amateurs d'oiseaux.
Les expéditions
Karl Iagnemma
Éditions 10-18
456 pages
Résumé:
1844. Elisha Stone, seize ans, a fui sa famille et le Massachusetts pour Detroit, alors aux avant-postes du monde civilisé. Rêvant de devenir naturaliste, il se joint à une expédition en partance pour le Michigan. Sur ces terres sauvages et inexplorées, Elisha découvre les réels enjeux de ce voyage. Ignorant alors que son père cherche à le retrouver, à n'importe quel prix...
Mon commentaire:
Karl Iagnemma est un scientifique et un chercheur, dont le talent a été révélé par un recueil de nouvelles, On the Nature of Human Romantic Interaction. Les droits d'adaptation au cinéma ont même déjà été acquis. Malheureusement, ce recueil n'est pas encore traduit. C'est dommage car ce livre parle de la dualité entre les affaires de coeur versus la froide logique scientifique. Un thème intéressant. Cependant, en attendant d'une possible traduction, vous pouvez toujours vous offrir Les expéditions, un habile et passionnant premier roman.
L'histoire se déroule dans une Amérique en plein changement, dont les inventions et les découvertes modifient la vie quotidienne. C'est aussi une époque où les différentes races (Blancs, Noirs, Amérindiens) sont l'objet de plusieurs théories. Les mariages entre les peuples n'est pas très bien vu et seul le Blanc est considéré comme un "être de Dieu". La question raciale est une question sensible et qui déchaîne les passions. C'est dans cette atmosphère particulière qu'une expédition se prépare.
Elisha Stone est en cavale depuis trois ans. Il a fuit sa famille sans se retourner et accumule les petits boulots pour survivre. C'est un passionné de la nature. Il crayonne des esquisses de tout ce qu'il voit, des paysages en passant par les animaux et les plants. Un beau jour, Elisha qui rêve de devenir scientifique, entend parler d'une expédition qui se prépare. Il rencontre Silas Brush, un arpenteur géographe qui l'engage rapidement.
L'expédition se met en place, avec tous les détails relatifs à sa préparation. Le professeur George Tiffin se joint à eux. Le trio a pour objectif d'évaluer les ressources forestières et minières d'une région encore vierge alors que le professeur Tiffin souhaite faire des recherches sur les Amérindiens et étayer sa thèse de l'unification des races. Après avoir perdu son guide, l'expédition engage une femme pour les mener aux pierres gravées, des artefacts chippewas que Tiffin souhaite déterrer.
Bien loin de là, le révérand Stone, le père d'Elisha, abandonne son presbytère pour partir en quête de son fils qu'il n'a pas vu depuis trois ans. Il doit lui apprendre une mauvaise nouvelle, mais aussi, il cherche à comprendre ce qui s'est passé et à faire le point sur une relation difficile avec ce fils si différent de lui. Pendant qu'Elisha avance sur d'immenses surfaces vierges et sillonne les rivières, le révérand Stone s'embarque lui aussi pour un voyage qui changera sa vie. Le roman est construit de façon à ce que l'on suive parallèlement Elisha et son père. Le voyage pousse le révérand à l'introspection et il se pose beaucoup de questions sur la vie et sur ses valeurs. C'est pour lui le moment d'être confronté à la vraie vie et de revoir ses positions. Le voyage, tant pour Elisha que pour son père, est l'occasion de revenir sur leur vie passée et de se remémorer leurs souvenirs.
Le roman est vraiment bien construit. Outre les questionnements des personnages, c'est à une expédition plus grande que nature que nous assistons, dans une Amérique encore vierge et grouillante de vie animale et végétale. L'auteur nous décrit la vie en expédition, les difficultés du voyage, l'incompréhension des peuples autochtones, les privations. Si l'avant -midi est toujours consacré aux déplacements de l'expédition, en canot ou dans les terres, l'après-midi nous assistons à l'installation du campement et aux recherches. Nous sommes au coeur d'une expédition naturaliste.
Au fil du roman, le lecteur apprend les raisons pour lesquelles Elisha a quitté son domicile et sa famille. Son manque de foi était également un grave problème pour son père, un religieux convaincu. Le jeune homme profite de l'expédition pour faire l'apprentissage de la vie, de l'amour et du travail, alors que le révérand revoit ses positions sur l'amour, les croyances et la religion. Cette expédition est également pour Elisha, l'été des désillusions. Ce qui se cache sous le vernis de la respectabilité et sous le prestige d'une grande carrière n'est pas toujours ce que le jeune homme croyait...
Les expéditions n'est pas un roman d'action. Il s'agit plutôt d'un grand roman descriptif. Le plaisir de lecture réside dans les petits détails de l'expédition et dans les découvertes que fera Elisha au fil des jours. C'est aussi un roman étonnant qui peut passer, en l'espace de quelques pages, d'une scène d'expédition en plein coeur de la forêt à une séance de spiritisme. La relation père-fils est au coeur du roman, même si Elisha et le révérend ne passent pratiquement pas de temps ensemble. L'idée de leur relation est sans cesse abordée et chacun pense à l'autre, se questionne, tout au long de leur périple respectif. On peut d'ailleurs percevoir leur relation comme une longue expédition, comme un long moment à s'apprivoiser pour enfin, se comprendre. Les dernières pages m'ont beaucoup émue.
Un roman étonnant, bouleversant, sur le souvenir, la rédemption, les relations père-fils et les désillusions. Un grand roman.
Quelques extraits:
"Enfant, il passait ses journées sur la berge, à capturer des vairons dans le creux de ses mains pour étudier leurs écailles vernissées, leurs nageoires translucides et leurs yeux sans regard. Certains jours il restait des heures immobile, jusqu'à ce qu'une queue d'hirondelle descende en voletant vers la flaque d'eau pure qui s'étirait à ses pieds. Il aimait la secrète beauté de toutes ces choses, les petits détails qui ne se révélaient qu'à un regard patient. Sous son apparente simplicité, le ruisseau possédait la complexité d'une symphonie." p.18
"Le pasteur songea qu'il avait passé sa vie à traquer chez les autres les fautes vénielles, ennuyé par leurs pénibles confessions, se demandant ce qui les empêchait d'apprécier la belle énigme de l'existence. Bien sûr, leurs vies étaiet plus rudes qu'il ne pouvait l'imaginer. Son propre monde était aussi limité, aussi artificiel qu'une huile miniature. Il avait tant de choses à se faire pardonner." p.422
La sauce était presque parfaite
Anne Martinetti & François Rivière
Photographies de Philippe Asset
Cahiers du cinéma
167 pages
Résumé:
Alfred Hitchcock était le fils d’un épicier en gros de l’Est londonien, et lui-même un bon vivant amateur de bonne chère, ce dont témoignent autant les photographies de ce légendaire metteur en scène que le contenu de ses films... De ses premières oeuvres anglaises aux grands chefs-d’oeuvre de la période américaine (Marnie, Les Oiseaux, Complot de famille), Hitchcock n’a cessé de faire référence à la gastronomie. Le rituel même des repas est souvent associé à l’action du récit : ainsi le fameux dîner chez la romancière Sedbusk dans Soupçons, le repas de famille dans Jeune et innocent, le pique-nique face à la Principauté de Monaco dans La Main au collet, l’acharnement du policier de Frenzy sur une volaille trop cuite. Les biographes du très gourmand Alfred ont relaté avec abondance son appétit pour la cuisine bourgeoise française comme pour les rituels anglais puis son assiduité aux bonnes tables de Hollywood, Chasen’s et Romanoff notamment.
Mon commentaire:
Après Crèmes et châtiments que j'ai adoré, voilà que Anne Martinetti et François Rivière récidivent avec La sauce était presque parfaite: 80 recettes d'après Alfred Hitchcock. Étant une grande fan de ce réalisateur, j'étais très heureuse de mettre enfin la main sur ce très beau livre.
À la fois livre de cuisine, de recettes, d'histoire, biographie, beau-livre, c'est un méli-mélo de plusieurs genres à la fois, pour notre plus grand plaisir! L'ouvrage débute par une courte biographie d'Hitchcock en mentionnant particulièrement son rapport à la gastronomie tant dans son enfance (ses parents avaient une épicerie) que durant sa vie adulte. On retrouve son goût prononcé pour les restaurants, les bons petits plats que lui préparait sa femme Alma et la place de la nourriture dans son oeuvre. Le livre regroupe quatre-vingt recettes différentes, inspirées de l'univers d'Alfred Hitchcock. On en retrouve certaines qui proviennent de son bagage culinaire anglais et américain, d'autres sont issues de ses films, où l'on aperçoit souvent ses personnages attablés, dégustant toutes sortes de plats.
Le livre est divisé en plusieurs sections, inspirées par les différents lieux de vie d'Hitchcock. Un parcours qui nous amène de l'Angleterre à la Côte Est américaine, en passant par la Californie jusqu'à un petit tour du monde bien Hitchcockien! Chaque partie du livre est une escale dans la vie d'Hitchcock et l'occasion pour nous de goûter à différents plats. Le volume se termine avec la cinquième partie consacrée aux soirées thématiques à organiser à la Hitchcock. Films, décors, costumes, jeux et ambiances musicales sont proposées. Chaque section offre des informations biographiques diverses, selon l'endroit du monde qui est abordé. Le tout est agrémenté de belles photos des plats, mais aussi de photos d'archives d'Hitchcock et sa famille, ainsi que des images tirées de ses films et de son travail sur les plateaux.
La sauce était presque parfaite est un beau livre original qui m'a bien plu. Le seul inconvénient pour moi c'est l'utilisation du système métrique dans les recettes, qui est d'ailleurs le cas de tous les livres nous venant d'Europe. La beauté des photos, l'originalité et les pages qui sont gourmandes à souhait compensent largement cet état de choses. Un ouvrage qui mêle cinéma et gastronomie. Il plaira aux amateurs de bonne cuisine comme aux admirateurs du grand Hitchcock.
Un extrait:
"Vous savez, pour moi, un film n'est pas une tranche de vie, c'est une tranche de gâteau." p.132
Elinor Jones: le bal de printemps
Algésiras & Aurore
Série Elinor Jones tome 2
Soleil Blackberry
48 pages
Résumé:
La fin de l’hiver approche et la maison de couture Tiffany se penche sur une nouvelle collection. Le prochain bal aura pour thème la mythologie. Mais des tensions entre Bianca et Rachel jettent une ombre sur l’ambiance de l’atelier. Elinor, malgré sa fragilité, multiplie les initiatives et sait se rendre indispensable. Elle ignore que Bianca, qui se sent menacée dès qu’on conteste son autorité, peut faire lui payer cher ses audaces. Les secrets bruissent entre les étoffes et deviennent difficiles à dissimuler. Le temps des révélations approche, qui ne ménagera personne, pas même ceux qui se veulent innocents.
Mon commentaire:
Après Le bal d'hiver voici venu le temps de créer une nouvelle collection pour la maison Tiffany en prévision du bal de printemps. C'est l'occasion pour la maison de mettre en avant ses nouvelles collections. À côtoyer la caractérielle Bianca, une jeune prodige de l'aiguille, on constate que les couturières de la maison sont souvent impressionnées par la réputation des Tiffany, au péril de leur talent. Elinor en abîme sa santé à en faire beaucoup plus qu'il n'est humainement possible de travailler afin de faire sa place et d'impressionner.
Dans ce second tome, on sort un peu de l'atelier, même si le travail de l'aiguille est encore le centre de tout. Elinor a la chance d'aller au village et de rencontrer certaines personnes. On apprend certaines choses sur les secrets qui allient Abel et Bianca et sur la raison d'être de la société de couture. Mme Tiffany quant à elle, doit quelque chose à son valet et il lui fait clairement comprendre qu'il est temps qu'elle réagisse.
Les couturières commencent aussi à tenir tête à Bianca, qui se venge sur elles par la suite en dénigrant leur travail et en les faisant travailler inutilement. Bianca a un caractère difficile, c'est une petite peste qui ne peut supporter de ne pas être idolâtrée. Sans nécessairement le vouloir, Elinor trouve pleins d'idées novatrices pour diversifier la collection, ce qui n'est pas pour plaire à Bianca qui a le sentiment qu'on lui vole peu à peu sa place...
Comme le premier tome, les dessins ici sont tout à fait sublimes! Il y a beaucoup plus de détails de la vie quotidienne que dans le premier tome. On voit le village, le magnifique jardin de la propriété et beaucoup de scènes intérieures qui se déroulent dans la belle maison. Le souci du détail est présent dans les robes comme dans le mobilier et dans les scènes extérieures. C'est un charme pour les yeux.
Délicatesse, raffinement et féminité sont au rendez-vous dans cette belle bande dessinée qui est assurément l'une des plus jolies que j'ai pu lire ces derniers temps. Une série en trois tomes (dont le troisième reste à venir) qui est vraiment très intéressante!





























