La main verte
Hervé Bourhis
Éditions Futuropolis
72 pages
Résumé:
France, dans un futur (très) proche. La crise économique bat son plein. Après la nationalisation du secteur bancaire, la pénurie d'essence est devenue une réalité. Cette crise, Herbert Boris va désormais devoir l'affronter. Devenu vélo-taxi, il rencontre une veuve qui l'engage pour restaurer un tableau... et plus si affinité. Il trouve chez elle un jerrican d'essence. Il décide alors d'aller retrouver son père, pour qu'il lui apprenne à jardiner. Il part alors avec son fils dans un voyage à travers la France en déclin...
Mon commentaire:
C'est à l'émission La semaine verte que j'ai entendu parler de cette bande dessinée. J'ai tout de suite eu envie de la lire. Comme l'agriculture et l'environnement me tiennent à coeur, je l'ai commandé.
La main verte raconte une France où le pétrole n'existe plus. Les citadin, un peu blasé, doivent faire face à une pénurie grandissante. Plus de pétrole veut aussi dire difficultés d'approvisionnement. Les épiceries se vident, la nourriture se vend à prix d'or et les gens sa battent pour une botte de carottes.
Herbert Boris est l'alter égo de l'auteur. Il est bédéiste et vient d'apprendre qu'il n'a plus de boulot. Dans le monde où il vit, les librairies ferment leurs portes. Les gens n'achètent plus de livres car ils mettent leur argent sur ce qui est essentiel à la survie: la nourriture, le logement.
Les gens font face à ce qu'ils ne connaissent plus: la survie. La femme d'Herbert casse le béton de la cour pour tenter de faire un jardin. Ils doivent continuer de manger, même s'ils n'en ont plus les moyens. Le jardin leur procurera l'essentiel. Le problème, c'est qu'ils ne savent pas faire un jardin. Ils viennent de tout perdre ce qu'ils avaient tenté de semer. Retour à la case départ.
Cette histoire parle de l'héritage des connaissances ancestrales qui se perd de plus en plus. Ce que nos ancêtres savaient faire quotidiennement nous échappe totalement aujourd'hui. Comment survivrait-on dans une situation similaire? Alors adolescent, Herbert regrette de ne pas avoir écouté son père qui souhaitait lui apprendre à jardiner. Alors qu'il trouve un bidon d'essence, il décide de traverser la France avec son fils, pour apprendre à cultiver lui-même son coin de terre. Il en va de la survie de sa famille.
Le coup de crayon de Bourhis va de paire avec son sujet. Il est moderne, réussit à rendre certaines scènes quelque peu apocalyptiques et donne vraiment le sentiment de se retrouver dans un monde où les personnages se sentent démunis. L'auteur insère toutes sortes de choses dans sa bd, du dessin pour enfant en passant par un jeu et des devinettes.
Ce qu'il voit en cours de route lui fait prendre conscience du nouveau monde dans lequel on vit. Les autoroutes sont désertes, les gens font des kilomètres à vélo et les denrées sont férocement défendues par les gens qui les détiennent. C'est un monde un peu effrayant, mais en même temps qui pourrait tout à fait être le nôtre, dans quelques années.
La main verte est la quête d'un homme qui doit apprendre à devenir autosuffisant, dans un monde où ces valeurs se sont perdues. Avec son fils, il cherche à retrouver ces connaissances devenues vitales. Une lecture que j'ai trouvé particulièrement intéressante puisqu'elle permet de se questionner sur notre avenir, en tant que pays industrialisé. Industrialisé, oui mais à quel prix?
Un extrait:
"Quand la région a proposé une aide pour devenir vélotaxi, je me suis lancé. Enfin, moi je m'en tire bien. J'ai des collègues qui ont fini SDF ou dealers de crack.
-Et que faisiez-vous avant?
-Auteur de bandes dessinées. Un petit métier disparu, comme pompiste, rémouleur ou éleveur de mammouths." p.15
Commentaires sur La main verte
- Ça semble très intéressant comme livre! J'ai toujours été en faveur de l'auto-suffisance. Dernièrement, j'ai commencé mon tout premier jardin sur mon balcon. J'ai aussi commencé par fabriquer le plus d'aliments possible par moi-même (condiments, confitures, sauces, etc). Mais, n'empêche, je sais très bien que c'est impossible d'être auto-suffisant en pleine ville. L'eau arrive par le robinet, le réfrigérateur garde les aliments frais, l'électricité permet de survivre l'hiver et l'épicerie demeure malgré tous mes efforts un bien essentiel.

Malgré tout, chaque fois que je vois mes voisins tondrent leur gazon garni de blé, de pissenlits et de toutes ces autres mauvaises herbes qui sont en fait comestibles, j'ai un petit pincement au coeur... - @Emmyne: je pense que le propos devrait te plaire!

@Mascha: En ville ou à la campagne il y a moyen je crois (et tu le prouves bien) de se faire un beau petit jardin
J'aimerais aussi être auto-suffisante mais c'est pratiquement impossible aujourd'hui. Il faut avoir beaucoup de terres pour pouvoir cultiver de tout... mais bref, c'est quelque chose qui m'intéresse beaucoup!
@Mélusine: J'en suis ravie!
- Je l'ai lu et je n'en garde pas de souvenirs marquants, hormis le fait que le sujet m'avait paru survolé ! Du coup, j'avais apprécié cette lecture et son côté amusant mais le sujet m'en avait paru "amoindri". Dans le même genre, sur l'état de notre planète, j'ai repéré Saison brune de Squarzoni, qui me parait plus sombre mais plus réaliste et mieux documenté !












































