29 février 2008
Prudent Landry: Le roi de la mâchoire
Prudent Landry: Le roi de la mâchoire - Raymond Desbiens
JCL, 248 pages
Résumé:
Il semble que le Québec ait engendré plus d'hommes forts que bien d'autres peuples. Landry la Mâchoire est de cette famille au même titre que ses concurrents qui ont été davantage reconnus dans la faveur populaire jusqu'à présent. Même si la légende collée aux êtres exceptionnels cherche à les grandir plutôt qu'à les diminuer, ce roi de la mâchoire a maintes fois démontré, même devant les Delamarre, Cyr, Cabana, Lanteigne et Buffalo Bill, que son titre n'était pas usurpé. Ce Gaspésien de descendance acadienne, de taille pourtant modeste, a découvert très jeune ses surprenantes capacités physiques, en même temps que les quelques principes qui régentent les forces du corps humain, points d'appui, levier, équilibre, etc. Véritable produit de l'époque héroïque, Landry prend place aujourd'hui au Panthéon des hommes forts qui ont surtout marqué l'imaginaire québécois.
Mon opinion:
Cette biographie de Prudent Landry n'est pas racontée comme un roman. C'est plutôt à un parcours chronologique que nous convie l'auteur et à une compilation de faits, d'anecdotes, de photos et de croquis. Ce n'est pas inintéressant, au contraire! Prudent Landry était un homme d'exception, issu de l'époque héroïque au Québec, où les hommes forts et leurs exhibitions étaient prisés du public. Il ne reste que peu d'archives du passage de Landry en Europe et aux États-Unis, de sa collaboration avec Buffalo Bill et Flossy Lablanche (une femme (!) forte). À cette époque, Landry n'avait pas de domicile fixe et se promenait beaucoup sur les routes américaines. Sa valise qui contenait toutes les archives de ses performances a brûlée dans l'incendie d'un hôtel. L'auteur retrace tout de même le parcours de Landry à travers les années. Il a voyagé de par le monde et reçu des défis à relever des hommes les plus forts. Sa vie était singulière. Il suffit de penser à sa carrière, la rencontre avec sa femme, ses capacités physiques, la fin de sa vie, tout chez Landry est impressionnant. Il en est de même pour son gabarit: petit homme d'environ 53 kilos qui soulevait des tonneaux remplis de fer, avec ses dents... Jusqu'à sa mort, il conservera sa forme physique et son tonus musculaire.
Cette biographie s'attarde principalement sur sa vie professionnelle, même si le livre est agrémenté de quelques photos familiales.
Une lecture fort agréable, qui nous fait revivre un pan de notre passé, celui des hommes forts du Québec.
16 janvier 2008
Sept hivers à Dublin
Sept hivers à Dublin - Elizabeth Bowen
Anatolia / Le Rocher, 82 pages
Résumé:
"Petite fille, je croyais que c'était toujours l'hiver à Dublin et que l'été ne finissait jamais dans le comté de Cork."
Fille unique de parents anglo-irlandais, Elizabeth Bowen vit le jour à Dublin, au mois de juin 1899. Son enfance fut partagée entre la résidence d'hiver dublinoise et Bowen's court, demeure estivale et propriété des Bowen depuis son établissement en Irlande sous Cromwell.
Ce livre est le récit de ses sept premiers hivers à Dublin, vus à travers les yeux d'une enfant qui ne sut lire qu'à sept ans et dont l'imagination n'était nourrie que par ce qu'elle voyait et entendait.
Mon opinion:
Je n'avais jamais lu de livres d'Elizabeth Bowen. Celui-ci est un peu différent de ses romans. Il s'agit en fait d'un collage de souvenirs d'enfance. Enfant unique, c'est entre la nursery, ses promenades avec ses gouvernantes et la relation avec ses parents que se créent la majorité de ses souvenirs de jeunesse. Avant d'avoir pu ouvrir et lire un livre, c'est en observant ce qui l'entoure qu'Elizabeth commence à forger ce qui deviendra ses romans.
Cette petite plaquette n'est pas dépourvue d'intérêt puisqu'elle nous permet de visiter la ville de Dublin au début des années 1900. Naturellement, tout passe à travers les souvenirs d'une enfant. Cependant, c'est très court, peint par petites touches et les lecteurs qui connaissent déjà Bowen y trouveront probablement plus de plaisir que les autres.
24 février 2007
Les secrets de Norah
Les secrets de Norah - Norah Shariff
Éditions JCL, 290 pages
Résumé:
Autobiographie de Norah Shariff qui risque de créer des remous, le livre Les Secrets de Norah nous amène dans un monde dur, remplis d’obstacles s’interposant entre sa famille immédiate et la liberté. En effet, elle a grandi dans un enfer créé à la fois par les comportements abusifs et violents d’un père dégénéré, les stricts préceptes de ses grands-parents, et dans un système religieux opprimant. Elle-même victime des conjonctures, Norah cherche malgré tout à constamment épauler, voire surprotéger sa mère, qui subit quotidiennement un véritable calvaire où la violence tant physique que psychologique est de mise. Avec le temps, Norah se rend bien compte qu’elle est en train d’y laisser sa vie en entier. Cependant, sa force de tempérament et son audace seront ses deux clés maîtresse pour se libérer de ses horribles entraves.
Mon opinion:
La mère de Norah, Samia Shariff a publié son autobiographie en 2006: Le voile de la peur. Pour s'aider à affronter son passé, Norah a choisis à son tour de raconter sa vie, ses peurs, ses craintes, ses cauchemars, ses secrets difficiles et ses espoirs. Bien que le sujet soit essentiellement le même que sa mère, je n'ai pas du tout eu l'impression de relire le même livre. On y apprends beaucoup de choses sur la famille et Norah fait le point sur leur vie au Québec. C'est très agréable de savoir ce que cette famille qui a tant souffert est devenue. Même si le sujet est dur, le livre de Norah Shariff est aussi un message d'espoir. Les secrets de Norah est une autobiographie très émouvante, la jeune femme nous offrant par ses yeux à elle, un monde difficile et éprouvant...
9/10
21 octobre 2006
Jane Austen
Jane Austen - Carol Shields
Fides, 234 pages
Résumé:
La grande romancière canadienne, Carol Shields, retrace le parcours fascinant d'une femme dont les oeuvres continuent de séduire des générations de lecteurs depuis plus de deux cents ans.
Shields suit Jane Austen depuis son enfance au presbytère de Steventon jusqu'à ses derniers moments à Winchester; elle se penche sur ses relations familiales, ses liens privilégiés avec sa soeur Cassandra, ses amitiés, ses espoirs matrimoniaux déçus. Au fil des pages, elle révèle aussi bien la femme privée que l'écrivain de génie, l'auteur de classiques tels Le cœur et la raison, Orgueil et préjugés et Emma. Ponctué des fines observations d'une romancière chevronnée sur le processus créatif, ce magistral portrait de Jane Austen constitue également une réflexion sur la façon dont naissent les grandes oeuvres.
Mon opinion:
Jane Austen est née le 16 décembre 1775. Il est difficile pour les biographes de produire une biographie se concentrant uniquement sur elle, puisqu'il existe peu de documents et de lettres ayant survécut au passage du temps. La soeur de Jane, Cassandra, a détruit la majorité des documents qui auraient pu laisser voir qui était vraiment l'auteur. On suppose qu'à la mort de Jane, Cassandra voulait conserver l'image sans faille de sa soeur, pour la postérité. Basé sur des témoignages et des suppositions d'après ce qui a subsisté (il ne reste que 160 lettres écrites par Jane Austen, ce qui est peu quand on pense aux courriers échangés à l'époque), la biographie fait également la comparaison entre ce qu'on suppose savoir de Jane et ce qu'on retrouve dans ses romans qui peuvent être basés sur sa propre vie.
Partout, dans les livres et les documents, Jane est représentée par un croquis. On le doit à Cassandra, sans qui aucune image ne resterait de la maintenant très célèbre auteur. Il existe un portrait de tous les enfants Austen (8) mais pas de Jane, ni de son frère handicapé, George.
La biographie de Carol Shields s'appuie sur des ouvrages déjà parus dans le passé (une bibliographie est disponible à la fin du volume, indiquant également les titres parus en français) et la comparaison des romans de Jane et de sa propre vie complète le livre. Malgré le peu de renseignements dont dispose les biographes, Carol Shields a su en faire quelque chose de bien, d'intéressant qui donne envie de lire et relire Austen. On en apprend sur les conditions d'écriture de ses livres, de sa vie à l'époque, de ses goûts pour la littérature et de ses lectures. Par exemple, elle a écrit Lady Susan presque d'un d'un seul trait, à l'âge de 20 ans. Ce roman épistolaire ne fut pas publié de son vivant et reçu la critique de sa famille. Jane avait également accès à la bibliothèque paternelle sans restriction ni contrôle sur ses choix.
Un chapitre nous parle de ses oeuvres de jeunesse, tels que Histoire d'Angleterre (roman de meurtres et de duels) et Lesley Castle (roman épistolaire), deux histoires plus sombres que ce que l'on connaît de l'auteur d' Orgueil et préjugés. On ne parle pas si ces écrits existent toujours et s'ils ont été publiés ou le seront...
Dans la biographie, les titres des romans de Jane Austen on été francisés. Raison et sentiments devient Le coeur et la raison; Mansfield Park est Le parc de Mansfield; et Northanger Abbey est traduit par L'Abbey de Northanger. Je me demande si ces romans sont déjà parus sous ces titres en français, ou est-ce une lubie de l'éditeur de tout traduire? (Peut-être quelqu'un peut m'éclairer à ce sujet?)
Bref, cette biographie est très intéressante et lève un peu le voile sur Jane Austen, dont on ne sait, finalement, pas grand chose. Est-ce bien important? Les lecteurs sont curieux de connaître les auteurs, toutefois reste aujourd'hui ses romans qui nous permettent d'imaginer un peu, ce à quoi a pu ressembler la vie de Jane.
9/10
Ce livre vous intéresse?
Commandez-le via Amazon.fr ou Amazon.ca
!
21 juin 2006
Le voile de la peur
Le voile de la peur - Samia Shariff
Éditions JCL, 385 pages
Résumé:
"Samia est encore toute petite lorsqu’elle comprend qu’elle n’est pas la bienvenue dans cette riche famille musulmane où la présence d’une fille est une véritable punition d’Allah.
Son père la domine, sa mère la rejette et ses deux frères aînés, conscients du traitement injuste dont elle est victime, ne peuvent rien pour elle. Elle est seule au monde, et lorsqu’on daigne s’adresser à elle, ce n’est jamais pour la porter aux nues.
Elle n’a que seize ans lorsqu’on la marie malgré elle à un employé de son père. Un régime de terreur s’installe alors dans sa nouvelle demeure. Elle se tourne vers son père et sa mère pour obtenir de l’aide, mais elle reçoit toujours la même réponse: elle est une femme, et une femme doit respect et obéissance à son mari en n’importe quelle circonstance.
Battue et violée à répétition, Samia ne peut s’appuyer que sur elle-même pour se sortir de ce cauchemar qui n’en finit plus. Les années passent et la situation ne fait que se détériorer. De surcroît, l’Algérie a basculé dans l’intégrisme religieux; l’usage du chantage et de la peur est devenu quotidien.
Samia, maintenant mère de plusieurs enfants, n’a désormais qu’une seule idée en tête: fuir vers la liberté ; fuir pour respecter sa promesse faite à ses petits qu’un jour la lumière et la paix seront au menu tous les jours de leur vie. Mais sa route est jonchée de milliers d’obstacles et de dangers mortels…"
Mon opinion:
Je ne suis pas une lectrice très friande de cas vécus et de témoignages. Ça me bouleverse beaucoup et j'en reste profondément marquée.
Ce livre-ci m'a beaucoup touchée. D'une vie marquée par la violence et la souffrance, dans un contexte où, au nom de la religion, on brime les droits des femmes, Samia Shariff a tout fait pour s'en sortir et offrir à ses enfants une vie meilleure, un espoir possible. Cette femme a énormément de courage et une force intérieure admirable.
Révoltant, impensable pour mes yeux de Nord-Américaine, ce témoignage est bouleversant. Il nous fait d'autant plus apprécier la vie que nous menons ici.
Je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour cette famille et je souhaite de tout coeur que leur vie ici soit maintenant plus douce que tout ce qu'ils ont pu connaître auparavant.
9/10
12 juin 2006
La face cachée d'un génie: La vraie vie d'Alfred Hitchcock
La face cachée d'un génie: La vraie vie d'Alfred Hitchcock - Donald Spoto
Éditions Albin Michel, 615 pages
Résumé:
Si tout le monde connaît les films d'Alfred Hitchcock (Les Trente-Neuf Marches, La Mort aux trousses, La Main au collet, Psychose, Fenêtre sur cour, Les Oiseaux...), aucune biographie n'avait évoqué jusqu'ici les liens étroits qui existent entre la vie privée du cinéaste, ses bizarreries, et ses films, ni la genèse singulière d'une œuvre incontournable dans l'histoire du cinéma. Enfance, éducation, vie à Londres et départ pour l'Amérique ; à partir d'un matériel documentaire très riche, de documents, d'interviews et de correspondances absolument inédites, Donald Spoto a écrit la grand biographie que l'on attendait sur Hitchcock. Il éclaire ses relations avec des grandes stars du cinéma : John Gielgud, Ingrid Bergman, Laurence Olivier, Cary Grant, Montgomery Clift, Marlene Dietrich, James Stewart Grace Kelly... généreux, patient avec les acteurs, plein d'humour, Hitchcock est aussi un créateur cynique, manipulateur, habité par de noires obsessions : la légende hitchcockienne a sa face sombre. Émerge un portrait inattendu, parfois iconoclaste, mais qui modifie définitivement notre regard sur les films d'Hitchcock. Son œuvre, à laquelle on a parfois reproché sa froideur, nous apparaît alors hantée, extraordinairement incarnée.
Mon opinion:
L'univers d'Hitchcock a peuplé mon adolescence. J'ai vu la majorité de ses films, j'ai lu beaucoup de livres sur ce grand cinéaste. Je suis tombée sur mes notes concernant cette biographie et j'ai eu envie de les partager avec vous.
Hitchcock est né en 1899. C'était un jeune homme solitaire. Il a d'abord été dessinateur d'intertitre pour le cinéma puis a tourné son premier film complet en 1926.
Le livre nous parle des deux périodes d'Hitchcock, sa période anglaise er sa période américaine, lorsqu'il s'établit aux États-Unis. Le livre alterne entre l'histoire du cinéma en général et la vie d'Hitchcock ainsi que son implication dans l'univers cinématographique.
Il est donc plutôt intéressant d'avoir quelques connaissances en cinéma (de l'époque, surtout) afin de mieux situer la vie du cinéaste. Ce n'est pas indispensable, mais sûrement plus agréable à la lecture. Par exemple, on parle souvent du film Le dernier des hommes dans le livre. Ce film semble avoir marqué Hitchcock. Il s'en ait peut-être inspiré. Ce film allemang innovait à l'époque (1924) car il était tourné en caméra mobile.De nombreuses photos agrémentent le livre et celui-ci comprends la filmographie complète d'Hitchcock, incluant les films en co-production ou ses films inachevés. Les aspects historiques sur le cinéma m'ont bien intéressée, comme par exemple la censure qui avait lieue en 1930-1950 sur la longueur des baisers au cinéma, qui était réglementé, ou la façon de mourir du héros.
Hitchcock est mort en avril 1980. Il a tourné 9 films muets, 46 films parlant, 20 téléfilms, il a produit 266 épisode de la série Alfred Hitchcock présente (1955-1962) et a regroupé sous son nom, dans des anthologies, plus de 400 nouvelles de suspense.
Une biographie indispensable pour tout amateur d'Hitchcock qui se respecte! ;)
Plus d'informations:
Un site Internet intéressant, avec images, sons et vidéos.
Hitchcock sur le portail Wikipedia.
9/10
03 février 2006
Charles M. Schulz: 40 ans de vie avec Snoopy
Charles M. Schulz: 40 ans de vie avec Snoopy - Giovanni Trimboli
Lu: février 2006
Résumé:
"40 ans de vie avec Snoopy ça se fête!"
Mon opinion:
Ce livre est d'abord très beau visuellement, en papier glacé et de grand format, il est rempli de photos et de planches en couleur et en noir et blanc. Ce livre retrace les début de Charles M. Schulz, créateur de Snoopy et compagnie. On apprends comment la série a commencé, de qui certains personnages ont été inspirés, d'où vient Snoopy... Pour quelqu'un comme moi qui se passionne pour ces dessins depuis fort longtemps, c'est une belle découverte et un plaisir de plonger dans ce livre qui contient de nombreuses planches des Peanuts et leur évolution à travers les années. On voit également l'évolution des personnages qui ont bien changés depuis leurs débuts dans le monde des "comics strips". J'aurais toutefois aimé avoir cette chronologie pour chacun des personnages et un peu plus de détails sur leur création, ce qui manque dans ce livre. Toutefois on apprends bien des choses, les photos sont très belles et c'est un plaisir de se (re)plonger dans cet univers épuré, qui transmet si bien l'émotion des personnages depuis autant d'années. Des années après leurs débuts, les Peanuts sont connus mondialement, l'auteur a remporté nombre de prix, plusieurs sites webs lui ont été consacré, des films, des séries télé, des produits dérivés, un camp Snoopy, un centre commercial au Japon, des spectacles sur glace, une comédie musicale, un musée... En 1969 Apollo 10 a même donné les noms de Charlie Brown et Snoopy à leur module de contrôle et au lem d'atterrissage... Pour un dessinateur qui n'avait même pas réussis à faire accepter ses dessins par le journal de son école, Charles M. Schulz en a fait du chemin!
Un extrait:
"Le bonheur est un petit chien affectueux."
p.39
8/10
21 janvier 2005
Virginia Woolf
Virginia Woolf - Nigel Nicolson
Lu: janvier 2005
Résumé:
"La vie de Virginia Woolf, membre du cercle avant - gardiste de Bloomsbury, ne laisse pas d'intriguer. Nigel Nicolson, le fils des écrivains Harold Nicolson et de Vita Sackville - West - l'une des plus proches amies de Virginia Woolf - , puise dans ses souvenirs pour raconter l'histoire de Virginia. Nicolson évoque son enfance avec Virginia, ses promenades autour de la propriété ancestrale, son ébauche d'Orlando ou encore la création des célèbres Mrs. Dalloway et Vers le phare. Cet ouvrage explore notamment les positions de Virginia Woolf sur le féminisme et la nature de la guerre, et révèle la profonde admiration de l'auteur pour cet incomparable écrivain."
Mon opinion:
J'aime beaucoup le format de cette petite collection de biographies de Grands Écrivains parue chez Fides. Le livre sur Virginia Woolf est intéressant à bien des égards: l'auteur est le fils de l'amante de Virginia Woolf. J'ai appris beaucoup de choses sur le vie de Virginia. Ses parents sont décédés lorsqu'ils étaients assez jeunes. Les enfants Stephen (nom de famille de jeune fille de Virginia) ont vécus longtemps ensembles dans une maison qu'ils louaient, jusqu'à ce que chacun se marie ou décède. Virginia a toujours été faible et fragile émotionnellement. Avec son mari, elle créera une petite "maison d'édition", la Hogart Presse, et imprimera ses propres livres ainsi que ceux d'écrivains réputés: Vita (la mère de l'auteur de ce présent livre), Freud, T.S. Eliot et R.M. Rilke.
Virginia n'aimait pas les enfants et n'en voulait pas. Le médecin l'interdit d'ailleurs d'en avoir à cause de sa santé chancelante. Virginia traversera de nombreuses crises de panique et de folie à travers sa vie, pour finalement, après plusieurs tentatives de suicides, des hallucinations auditives et une grande détresse psychologique, se suicider. Elle se jettera dans la rivière, des cailloux dans les poches et se laissera couler...
J'ai mis plusieurs jours à terminer le livre de Nicolson, alors qu'il ne s'agit que d'une biographie d'un peu plus de 200 pages. Le livre me laisse l'impression d'une femme pleine de préjugés, qui avait des opinions très arrêtées sur des sujets qu'elle ne connaissait pas. Elle n'aimait pas l'Amérique alors qu'elle n'y était jamais allée et méprise ceux qui y sont natifs, ne leur reconnaît aucune culture ni littérature. Le livre me laisse aussi le sentiment que Virginia était une femme pleine de paradoxes. Elle entretenait des relations homosexuelles (très mal vues à l'époque et encore aujourd'hui) alors qu'elle condamnait beaucoup de gens ou d'opinions sans vraiment les connaître. Je pense que le livre de Nigel Nicolson nous laisse sur une impression un peu négative de l'auteur. En lisant d'autres livres d'elle, je crois que je pourrais m'en faire une idée un peu plus claire.
6.5/10
18 janvier 2005
Dashiell Hammett: une vie
Dashiell Hammett: une vie - Diane Johnson ![]()
Lu: janvier 2005
Résumé:
"Lillian Hellman, la compagne de Dashiell Hammett, a ouvert ses archives à Diane Johnson, révélant ainsi des aspects inconnus de la vie de cet immense écrivain, décédé en 1961, miné par l'alcool et la tuberculose. Dashiell Hammett; originaire d'un comté rural du Maryland, quitte l'école à quatorze ans pour excercer divers métiers. C'est à la parution de son cinquième livre, L'introuvable, qu'il connaîtra le succès. Après avoir fréquenté les milieux du cinéma à Hollywood, il subira lors de son retour de la Seconde Guerre mondiale les attaques violentes du maccarthysme, et connaîtra la prison, victime de son soutien à l'URSS.
Son œuvre a révolutionné la littérature de notre époque, et Dashiell Hammett, l'inventeur du «polar noir», est considéré aujourd'hui comme l'égal des plus grands."
Mon opinion:
Une biographie des plus captivantes! Depuis quelques temps j'entends beaucoup parler de Dashiell Hammett, auteur de romans policiers que je ne connaissais que de nom et que je n'ai encore jamais lu. C'est par le livre "Histoire des maîtresses" qui parlait de sa compagne Lillian Hellman que je me suis intéressée à Hammett. La biographie est très complète, avec des tonnes d'extraits de lettres, de romans, de dépliants, d'articles de journaux, etc. L'auteur connaît son sujet et on le voit bien. La lecture de cette biographie est très riche. On en sait beaucoup sur Hammett quand on referme le livre... Il y a certains passages qui m'ont un peu perdue, surtout ceux qui traitent du communiste. N'en connaissant pas grand chose mis à part les grandes lignes, j'avais un peu de difficultés à suivre. Mais le reste est très bon. Si vous avez déjà lu Dashiell Hammett et que vous avez aimé, cette biographie est toute trouvée. Car l'auteur, a eu une vie extraordinaire et il parle énormément de son écriture dans les extraits des lettres qui nous sont présentés.
Quelques extraits:
"La vie était d'une tranquilité rare sur ces îlots pelés qui forment la partie la plus inaccessible de l'Alaska. Hammett s'y adapta vite. [...] Il travaillait à la station de radio de la base; on l'avait chargé de la rubrique littéraire; et cela lui convenait très bien."
p.264 (éditons Payot et non celle imagée)
"Il était plus actif que jamais, car il entendait bien montrer que la prison ne l'avait nullement brisé. Il n'avait pas changé d'opinion, et il voulait le clamer haut et fort. La liberté de penser était sacrée pour lui. S'il avait une conviction vraiment profonde, ça ne pouvait être que celle-là."
p.377
"N'importe quel écrivain a ses bons jours, les jours où il voit tout en rose. Et ses mauvais, ceux où rien ne va, qui le rendent morose, abattu, dépressif."
p.381
"Je me réjouis que tu ne sois pas comédienne (écrit-il à Lillian Hellman): ces gens-là sont capables de gamineries que le reste du monde n'imagine même pas, et si jamais je m'aperçois que je me goure et que le reste du monde est aussi puéril que les comédiens, je renoncerai à toute activité politique destinée à l'amélioration de la race humaine et je me mettrai au tricot."
p.400
"Réaliste. Rigoureux. Plein de sève. Cynique. Amoral. Immoral. Brutal. Dur-à-cuire. Ce sont des épithètes que l'on a accolées au nom de Hammett à divers moments de sa carrière. Mais il en est une qui lui va mieux que toutes les autres: authentique."
p.431
9/10
06 septembre 2004
Amélie Nothomb de A à Z
Amélie Nothomb de A à Z - Michel Zumkir
Lu: septembre 2004
Résumé:
"Mais qui est vraiment Amélie Nothomb ? Depuis douze saisons, elle est présente à chaque rentrée littéraire. Adaptée au cinéma, au théâtre, à l'opéra, elle est traduite dans le monde entier. Tous ses romans sont de grands succès de librairies. Son personnage intrigue autant qu'il fascine ou irrite. D'interview en interview, elle sème le mystère plus que la confession. Que sait-on d'elle au fond ? A travers cette enquête, l'auteur a voulu dépasser les clichés et pénétrer dans l'univers réel de la seule star française actuelle de la littérature. Enrichi d'entretiens avec des proches, des membres de sa famille, des acteurs du monde du livre, illustré de photos personnelles, ce portrait, construit sous forme d'abécédaire, aide à mieux comprendre celle qui assume de se définir comme un monstre littéraire."
Mon opinion:
J'étais contente de ne pas avoir acheté ce livre car sa lecture est assez agaçante. L'intérêt de ce livre réside dans le seul fait qu'il est le seul livre de référence qui jette un peu de lumière sur le mystère Amélie Nothomb. Construit comme un abécédaire, la lecture est souvent entrecoupée et ne suit pas d'ordre chronologique. On reste donc souvent dans le noir et on n'a pas l'impression d'apprendre grand chose. J'ai trouvé aussi très agaçant les notes de l'auteur à pratiquement chaque mot ou nom dont il parle. Il nous envoie à une autre lettre de l'abécédaire sans arrêt (ex: voir tel nom, voir tel mot...).
Cependant, j'ai trouvé intéressant d'apprendre qu'Amélie avait aussi publié un autre volume dont on n'en voit guère la trace dans sa bibliographie rédigée sur la couverture des livres publiés par Albin Michel. Il s'agit d'un recueil de contes illustrés, "Brillant comme une casserole" paru aux éditions Pierre d'Alun.
L'auteur nous dit à quelques reprises, en parlant d'un membre de la famille d'Amélie ou de sa vie personnelle: "Je n'élaborerai pas..." ou bien "Un tel que je ne nommerai pas..." À quoi bon dans ce cas écrire une biographie si on ne peut parler de rien? On a aussi droit dans ce livres à des interview de gens (peu intéressants) et jamais ou presque de commentaires d'Amélie. On nous submerge d'une foule d'information qui n'est finalement pas très appropriée.
5.5/10










