La bibliothèque d'Allie

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29 novembre 2007

Jane Austen: lettres illustrées

Jane_Austen_lettres_illustreesJane Austen: lettres illustrées - Penelope Hugues-Hallett

Herscher, 160 pages

Résumé:

Derrière les intrigues amoureuses de Raison et sentiments ou d' Orgueil et préjugés, Jane Austen évoque la vie de l'aristocratie terrienne de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles anglais. Derrière son humour scintillant se cache une analyse aigue et lucide, étonnamment moderne de la société. Jane Austen (1775-1817) en effet ne décrit que ce qu'elle connaît bien. Elle était la septième et la seconde fille des huit enfants d'un clergyman. C'est dans le cadre de sa propre vie, parmi ses propres relations qu'elle puisait les éléments de ses romans. C'est pourquoi ses lettres font beaucoup plus que révéler sa personnalité: on y trouve les sources de son inspiration, et son ton inimitable où la pudeur prend la forme de l'ironie.

Mon opinion:

Inutile de préciser que ce livre m'a beaucoup plu! Nous plongeons dans les villes où a vécu Jane, dans l'Angleterre qu'elle connaissait, à travers des extraits de sa correspondance, essentiellement avec sa soeur Cassandra, mais aussi à travers des extraits de ses romans, des gravures et illustrations de l'époque, des images des vêtements portés lors de telle ou telle occasion. C'est un livre intéressant car il nous plonge dans le monde de Jane Austen. Il plaira naturellement à ceux qui aiment son univers. À la fin, une annexe "Sur les pas de Jane Austen" nous décrit un circuit à visiter en Angleterre, qui retrace les endroits exacts où ont vécus les Austen. Un circuit que je ferais bien, si l'Angleterre serait un peu plus proche ;)

Cette collection, Lettres illustrées, est pratiquement introuvable aujourd'hui car les livres sont épuisés chez l'éditeur. Personnellement, je dois les faire venir de la bibliothèque nationale qui me les envoie au compte-goutte et avec de longs délais. Mais ma patience est récompensée: ce sont des livres magnifiques! Celui-ci est le premier d'une série que je vous présenterai au fil des mois car dès que j'en reçois un, j'en commande un autre!

Un livre qui devrait plaire entre autres à Mélodie qui est en Angleterre et à Lilly, si elles réussissent à mettre la main dessus... Chimère l'a lu aussi et vous en offre quelques extraits.

Posté par Allie à 08:24 - Correspondance / Journal - Commentaires [22] - Permalien [#]

21 septembre 2005

La duchesse de Bloomsbury Street

duchesse_de_bloomsbury_streetLa duchesse de Bloomsbury Street - Helene Hanff

Lu: septembre 2005

Résumé:

"Imaginez un croisement entre madame de Sévigné et Woody Allen : vous obtiendrez Helene Hanff (1917-1997), qui doit son passeport pour l'éternité à un talent unique d'épistolière joint à une perfusion d'humour juif new-yorkais et à un amour immodéré pour la littérature anglaise. Son best-seller, 84, Charing Cross Road, est né de vingt ans de correspondance (1949-1969) avec le personnel d'une librairie londonienne spécialisée en livres rares. " Après toute une vie d'attente ", Helene arrive enfin à Londres en juin 1971. L'ami libraire, Frank Doel, est décédé sans qu'elle l'ait jamais rencontré, mais sa veuve, sa fille et une foule de personnages hauts en couleur l'accueillent lors de ce séjour, ses premières vacances à l'âge de cinquante-quatre ans. S'adressant cette fois directement au lecteur, Miss Hanff nous offre un pèlerinage unique en son genre émaillé de points de vue savoureux sur des sujets aussi divers que le fonctionnement des douches, la prostitution, la famille royale, la préparation du martini, Shakespeare et George Bernard Shaw, deux des guest-stars littéraires de ce journal intime."

Mon opinion:

Ce récit de l'épopée de Helene Hanff en Angleterre, voyage rêvé pendant des années suite à ses échanges avec les employés du 84, Charing Cross Road, est une suite logique au livre du même nom. Helene Hanff nous raconte son voyage, ses impressions, sa plongée dans un univers mondain, dont le retour à la vie "normale" n'a pas dû être facile. Au-delà de ses rencontres, de ses invitations et des visites des divers endroit d'Angleterre, sur la piste de nombreux écrivains, c'est un peu l'auteur que nous apprenons à connaître. Parfois drôle, parfois cinglante, ce livre est une intéressante suite à ses correspondances. On y découvre une Angleterre littéraire, un voyage historique intéressant. Peut-être moins touchant que 84, Charing Cross Road, un peu moins magique que ses correspondances, n'empêche que La duchesse de Bloomsbury Street reste un complément agréable à lire, pour quiconque est tombé amoureux des échanges de Helene Hanff et Frank Doel.

Quelques extraits:

"84, Charing Cross Road. En entendant l'adresse, j'ai eu l'impression de rêver. Pendant vingt ans, j'avais acheté des livres au 84, Charing Cross Road. Je m'y étais fait des amis que je n'avais jamais rencontré. La plupart des volumes envoyés par Marks & Co. étaient probablement disponibles à New York. Des années durant, des proches m'avaient conseillé d'"essayer O'Malley's" ou d'"essayer Dauber & Pine". Je n'ai jamais suivi leurs recommandations. Je voulais un lien avec Londres, et j'ai su le créer."
p.34

"Vous ne pouvez imaginer combien je suis amusée chaque fois qu'on évoque mon élégance. J'ai porté le même genre de vpetements toute ma vie, et des années durant on m'a fait comprendre que j'avais tout d'une bohémienne. [...] Ce qui fait que pendant des années j'ai été cette petite horreur qui courait de tous côtés en talons plats, pantalon et sac à bandoulière. Aujourd'hui je n'ai toujours rien changé à mes habitudes, mais après une vie entière de disgrâce mon style est salué dans les pages de L'Evening Standard."
p.41

"J'en ai plus qu'assez d'entendre dire combien il est effrayant de vivre à New York, surtout venant de gens qui n'y ont jamais vécu."
p.126

8/10

Posté par Allie à 12:31 - Correspondance / Journal - Commentaires [2] - Permalien [#]

11 juillet 2005

84, Charing Cross Road

84_charing_cross_road84, Charing Cross Road - Helene Hanff  coeur36

Lu: juillet 2005

Résumé:

"Par un beau jour d'octobre 1949, Helene Hanff s'adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l'intime, presque à l'amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l'objet, depuis les années 1970, d'un véritable culte des deux côtés de l'Atlantique."

Mon opinion:

84, Charing Cross Road m'a été suggéré par plusieurs personnes, toujours avec le même enthousiasme. C'est donc avec beaucoup d'attente que j'ai lu ce livre, une sorte de recueil de correspondances entre Helene Hanff habitant aux États-Unis et une librairie Londonienne. On s'attache à tout le groupe de la librairie (d'où le 84, Charing Cross Road). C'est un livre rafraîchissant, intéressant, qui se passe pendant la guerre. Helene et ses correspondants échangeront plusieurs petits cadeaux au cours de leur correspondance. C'est avec plaisir qu'on découvre la vie de chacun à travers ces lettres. J'ai voulu lire ce livre tranquillement, en prenant des pauses durant la lecture, pour étirer et savourer ce livre le plus longtemps possible. Livre qui est malheureusement un peu trop court à mon goût! On en voudrait beaucoup plus! Parfois émouvantes, parfois amusantes, les lettres qui compose le livre sont un vrai régal. Bref, un petit bijou pour tous ceux qui aiment les livres et la forme littéraire d'une correspondance.

Quelques extraits:

"...j'en suis réduite à écrire des notres interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l'autre ils s'apercevront que c'est moi qui ai fait le coup et ils me retireront ma carte."
p.16

"Envoyez-moi aussi l'Anthologie d'Oxford de la poésie anglaise, s'il vous plaît. Ne vous soucier jamais de savoir si j'ai trouvé quelque chose ailleurs. Je ne chercher plus ailleurs. Pourquoi irais-je courir jusqu'à la 17e Rue pour acheter des livres crasseux et mal fichus quand je peux en acheter chez vous des tout beaux tout propres sans même quitter ma machine à écrire? Londres et bien plus près de mon bureau que la 17e Rue."
p.23

"Le Newman est arrivé il y a presque une semaine et je commence à peine à m'en remettre. Je le garde sur mon bureau auprès de moi, toute la journée, et de temps en temps j'arrête de taper à la machine pour allonger la mains vers lui et le toucher. Pas parce que c'est uen édition originale, mais juste parce que je n'ai jamais vu un livre aussi beau. Je me sens vaguement coupable d'en être le propriétaire. Un livre comme â, avec sa reliure en cuir luisant, ses titres dorés au fer, ses caractères superbes, serait à sa place dans la bibliothèque lambrissée de pin d'un manoir anglais; on ne devrait le lire qu'assis dans un élégant fauteuil en cuir, au coin du feu - pas sur un divan d'occasion dans un petit studio minable donnant sur la rue et situé dans un immeuble en grès brun délabré."
p.25

"Je me souviens, il y a des années, un type que je connaissais m'a dit que les gens qui vont en Angleterre y trouvent exactement ce qu'ils sont venus y chercher. Je lui ai dit que j'irai y chercher l'Angleterre de la littérature anglaise, il a hoché la tête et il a dit: "Elle y est bien"."
p.105

10/10

Posté par Allie à 13:20 - Correspondance / Journal - Commentaires [18] - Permalien [#]

15 octobre 2003

Le journal de Ma Yan

journalmayanLe journal de Ma Yan: Vie quotidienne d'une écolière chinoise - Pierre Haski

Lu: octobre 2003

Résumé:

"Ma Yan, fille de paysans pauvres du nord-ouest de la Chine, dans la province du Ningxia, apprend un jour que sa famille n'a plus les moyens de l'envoyer à l'école. Elle a quatorze ans, et tous ses rêves s'effondrent. Pour crier sa révolte, elle écrit à sa mère. Celle-ci, bouleversée par ce désespoir, confie la lettre, ainsi que trois carnets contenant le journal intime de sa fille, à des Français de passage dans ce village du bout du monde. Parmi eux, le journaliste Pierre Haski... La bouteille à la mer est arrivée à bon port !
Dans son journal, Ma Yan raconte sa vie quotidienne, à l'école ou dans son village, pendant deux ans. Avec des mots simples, elle trace l'histoire d'une enfance éprouvante, la misère de sa famille, le sacrifice de sa mère qui se tue au travail pour que ses trois enfants connaissent un avenir différent. « II n'est pas possible de décrie le sentiment d'avoir faim », écrit Ma Yan, dessinant le caractère «faim » deux fois plus gros que les autres. Pour acheter un stylo, elle s'est privée de pain pendant quinze jours. «Mes difficultés pour avoir ce stylo sont à l'image de toutes nos difficultés. Ma mère m'avait donné de l'argent pour que je puisse acheter du pain. Depuis des jours, je n'avais que du riz jaune à manger. J'ai préféré avoir faim et économiser, et j'ai pu acheter ce stylo. Pour ce cher stylo, combien j'ai souffert ! Mais ce stylo-là m'a donné un sentiment de force, il m'a fait comprendre ce qu'est une vie difficile, ou une vie heureuse. »

Mon opinion:

Le journal de Ma Yan est un document intéressant et émouvant sur la vie de jeunes chinois en pleine campagne. Coupés du monde, ils vivent parfois dans des conditions inacceptables, doivent faire des choix pénibles. Le journal est parfois un peu redondant mais le texte et le témoignage qu'il contient est assez rare. C'est malgré tout une lecture simple, assez facile, mais émouvante. Elle donne au lecteur le sentiment de plonger littéralement dans une Chine ancrée dans les valeurs anciennes, qui n'a pas la possibilité d'accueillir le vingtième siècle comme tant d'autres.

8/10

Posté par Allie à 11:14 - Correspondance / Journal - Commentaires [20] - Permalien [#]



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