05 décembre 2007
Perdre le nord ?
Perdre le nord ? - Dominique Forget
Boréal - Névé, 264 pages
Résumé:
Les yeux tournés vers le Grand Nord et l’Arctique, on ne peut que s’interroger sur l’avenir de notre planète en entendant les plus grands scientifiques annoncer que dans moins de quarante ans il n’y aura plus de glace en été au pôle. En 2007 seulement, nous avons perdu plus d’un million de kilomètres carrés de glace dans l’océan Arctique, un record.
Alors que nous sommes aux premières loges, que font nos politiques? Avons-nous manqué de vision en ce qui concerne la préservation et la délimitation de notre territoire en Arctique? Même si le gouvernement canadien met soudainement les bouchées doubles – visites à répétition, plantations du drapeau canadien, annonces de la création de ports en eau profonde, de l’achat de frégates, de l’installation de bases militaires –, la communauté internationale, les Russes et les Américains en tête, ne l’entendent pas de cette façon. La division de ce territoire nouvellement accessible reste un enjeu planétaire, et notre pouvoir de négociation est bien mince. C’est le quart des ressources naturelles mondiales, métaux, pétrole, gaz, poissons, et plus encore, que reluquent nos voisins circumpolaires. Le réchauffement climatique vient bouleverser nos acquis. Le passage du Nord-Ouest ouvrira-t-il la voie à un nouvel eldorado pour le Canada ou sommes-nous menacés de perdre le Nord?
Mon opinion:
Cet essai de Dominique Forget et d'une poignée de collaborateurs est réellement intéressant. Abordant le grand nord Arctique d'un point de vue historique, social, économique, environnemental et politique, l'auteur nous offre un panorama de ce Pôle Nord et des enjeux qui y sont reliés. Le livre est simple, on saisi rapidement ce qu'il en est à travers les nombreuses illustrations explicatives, les tableaux et les croquis. Quelques pages en couleurs ont été insérées dans le volume et sont remplies de magnifiques photographies du Nord. L'essai nous explique d'abord ce qu'est le climat arctique et comment le comprendre. On en apprend sur l'effet de serre et l'effet albédo (à l'origine de la fonte des glaces). Un éventail biologique de l'Arctique nous est offert ainsi qu'un peu d'histoire sur la découverte de cette contrée glaciale et des "chicanes de clôture" des nombreux pays qui entourent le Nord. La souveraineté des îles arctiques pour le Canada est abordée, ainsi que l'ouverture éventuelle - et ses conséquences - d'un passage entre les glaces advenant la fonte des glaciers. Qu'en est-il également du protocole de Kyoto, des différents pays qui l'ont signés et des efforts qui ont été fait pour améliorer le sort de notre planète? Qu'adviendra-t-il des animaux et des communautés Inuits qui vivent dans l'Arctique? La fonte des glaces les affecte déjà...
On entend souvent parler de l'effet de serre et du réchauffement de la planète. Ce livre offre un résumé très simple des enjeux et des effets sur la planète - essentiellement le nord. C'est un livre très éclairant et qui se lit très bien. Il nous offre un regard un peu moins nébuleux sur ces grands changements climatiques. On constate aussi qu'il faut agir, rapidement, car le temps presse... et il est peut-être déjà trop tard.
La postface, un SOS, est de l'explorateur Bernard Voyer.
Un extrait:
"Dans l'Arctique, l'horizon effraie, raconte Bernard Voyer. On ne sait jamais ce qu'on va trouver au-delà. En même temps, la beauté des lieux nous pousse à aller plus loin. La lumière unique, la neige balayée par la brise, le silence déchiré par la banquise qui craque... [...] Si on désire connaître l'Arctique, il faut y rester longtemps, voyager loin, avoir froid aux pieds et aux mains. Alors seulement pourra-t-on entrevoir à quoi ressemble cette immensité et ce qu'elle a à offrir de plus merveilleux."
p.16
25 septembre 2007
Sorcières
Sorcières - Candace Savage
Seuil, 128 pages
Résumé:
Plus de cinq cents ans après que la première sorcière a sorti sa main squelettique de l'ombre, elle demeure avec ses descendantes l'incarnation de la fureur et de la rébellion féminines. Ce livre est le premier récit complet de leur histoire à travers les siècles, illustré par des peintures, des gravures sur bois, et des dessins qui dépeignent la sorcière sous toutes ses formes puissante, horrible, séduisante et même ridicule. Qu'elle soit attirante ou menaçante, la sorcière a toujours été une figure troublante. Maître légendaire de la métamorphose, elle a transformé son image afin de s'immiscer dans les rêves et les cauchemars de chacun des siècles écoulés. Tour à tour, elle fut la mère dévorante, la femme vengeresse, l'adoratrice " possédée " du diable, la vieille bonne femme rancunière, et enfin la grande prêtresse.
Mon opinion:
Sorcières est un essai sur ce personnage tant mis à l'écart de la société. Tantôt brûlées ou martyrisées, tantôt laissées dans des cachots jusqu'à ce que mort s'en suive, les sorcières ont de tout temps inspiré la crainte et la peur. Devenue le symbole de la fête d'Halloween, les jeunes enfants incarnent les sorcières sans savoir qu'elles ont longtemps représentées une menace pour les bonnes gens et des siècles d'oppression et de justice meurtrière. Ce volume, très bien documenté, retrace en mots et en images tirées des archives, le parcours du mythe de la sorcière à travers les siècles. La sorcière peut être vue comme un symbole du féministe avant l'heure, où ces femmes incarnaient une image singulière de ce que la société exigeait d'elles. Ou serait-ce seulement l'amplification et l'incompréhension de comportements différents? Qu'en est-il de l'image de la sorcière à travers la littérature et l'art? De nombreux documents et analyses (qui donnent froid dans le dos) ont été faites sur ces femmes qu'on disaient sorcières, par des médecins et autres "spécialistes" de l'esprit féminin. "Selon eux, les femmes devinrent des sorcières car elles étaient, du fait de leur propre nature, déficientes." p.34 En littérature, les frères Grimm offrirent aux enfants un recueil de contes qui fut sévèrement critiqué par la société. Afin de rendre plus conforme ces histoires, Wilhelm Grimm retravailla ses contes, en particulier la question de l'éducation des petites filles, pour rendre ses personnages féminins de plus en plus insipides, donnant deux images de la femme: la méchante ou l'idiote. Car ne disait-on pas justement, que "le seul pouvoir que la femme peut revendiquer en toute légitimité est celui de l'amour maternel" p.91 et que "si la sorcière sommeillant en chaque femme n'était pas maîtrisée, le bras qui berçait l'enfant pouvait perdre le monde." p.90 Comme l'a fait Laure Adler avec son livre sur les femmes et l'écriture ou les femmes et la lecture, Candace Savage nous offre un portrait de la femme à travers les époques. Toutefois, pour Candace Savage, l'histoire féminine nous est racontée en lien avec ce que représente l'image de la sorcière. C'est aussi un peu l'histoire de la condition féminine et la place (ou l'inexistance de place) que prenait la femme au sein de la société. Sorcières est un livre très riche pour quiconque s'intéresse à l'histoire des femmes qui ont été accusées de sorcellerie, mais aussi et surtout, à ceux pour qui l'histoire féminine est importante. Un très bon livre, bien documenté. Le travail de Candace Savage (elle n'en est pas à son premier livre) a souvent été récompensé par des associations de libraires canadienne et américaine, mais également par la Canadian Science Writers' Association ainsi que par le Rachel Carlson Institute.
19 septembre 2007
Lettres à Jean-Élie
Lettres à Jean-Élie - Suzie Robichaud![]()
JCL, 234 pages
Résumé:
Il y a longtemps que Suzie Robichaud boit à la source des philosophes qu'elle appelle ses "professeurs de vie". Elle a trouvé un moyen pratique de nous les faire connaître et aimer. Elle nous invite, notamment, à partager quinze lettres adressées à Jean-Élie, son père, dans lesquelles elle traite de la vie et de tout ce qui pourrait la composer pour la rendre meilleure. Bien sûr, ces épîtres intimistes ne sont qu'une entrée en matière pour mieux nous plonger dans la richesse inouïe du message livré par ses amis: Sénèque, Alain, Marc Aurèle, Épictète, Montaigne et bien d'autres. Car, comme le dit si bien Alain, "en toute chose, il faut apprendre à être heureux". Simplement.
Mon opinion:
Lettres à Jean-Élie est un essai teinté de philosophie. C'est un petit bijou de livre, très accessible, pour aborder la philosophie et en particulier, l'oeuvre de Sénèque, Marc Aurèle, Épictète, Montaigne et Alain. L'auteur nous offre aussi certaines réflexions tirées d'auteurs tels que Balzac, Goethe, Sand et Stendhal. J'ai étudié un peu de philosophie à l'école, cependant je trouve difficile de m'y remettre. On a souvent l'impression que ces textes sont peu accessibles, ardus, complexes. En lisant ce livre, j'avais un peu peur de me sentir perdue, mais ce n'est pas le cas du tout. À travers les lettres à son père, l'auteur nous parle de certains événements de la vie: le bonheur, la tristesse, les changements, les deuils. Elle puise dans les textes des philosophes pour trouver écho et réconfort à ces sentiments. Le livre est en deux parties. La première contient les lettres à Jean-Élie et l'héritage que l'auteur a reçu des grands philosophes et de son entourage. La seconde partie contient une courte biographie de chacun des philosophes, assortie des plus belles citations recueillies par l'auteur.
Pour moi, ce livre a été une très belle découverte! Un petit livre à méditer, qui fait du bien à l'âme et qui m'a donné très envie de (re)découvrir les grands philosophes.
Quelques citations:
"Nous craignons plus que nous souffrons."
[Alain]
"Que les choses à venir ne te tourmentent point. Tu les affronteras, s'il le faut, muni de la même raison dont maintenant tu te sers dans les choses présentes."
[Marc Aurèle]
"Souffrir avant qu'il soit nécessaire, c'est souffrir plus qu'il n'est nécessaire."
[Sénèque]
"Nager constamment dans la félicité, traverser la vie sans connaître la moindre angoisse, c'est ignorer une moitié de la réalité."
[Sénèque]
23 octobre 2006
Abolissons l'hiver!
Abolissons l'hiver! - Bernard Arcand![]()
Boréal, 114 pages
Résumé:
L’hiver nous tue. Quand ce ne sont pas sinusites et pharyngites qui nous emportent, c’est la glace noire, le verglas ou l’infarctus qui suit une séance de pelletage intensif, ou encore la piste de descente quasi olympique du mont Sainte-Anne. Comment échapper à cette fatalité?
Et si, tout simplement, c’était notre conception de l’hiver qui était fautive ? En effet, nous nous obstinons à mener une vie productive en hiver alors que les éléments – c’est le moins qu’on puisse dire – sont contre nous.
Pour retrouver le bon sens, il suffirait donc d’inverser la situation. Travaillons davantage l’été, et ainsi nous aurons tout l’hiver pour nous reposer, pour hiberner sous la couette, en remerciant le ciel de nous envoyer ce froid qui rend la maison si agréable. Faisons de l’hiver la saison morte, comme il se doit.
Mon opinion:
Bernard Arcand nous livre un brillant petit essai, qui se lit tout seul, rempli d'anecdotes. Il a un style d'écriture qui est enjoué, enlevant et fait souvent sourire. Son idée, abolir l'hiver, semble un peu loufoque au départ, mais en lisant ses arguments, ses idées, on adhère peu à peu à cette nouvelle façon de voir les choses. Abolir l'hiver? Et pourquoi pas! Nous en tirerions de nombreux avantages et tout le monde y gagnerait! Bernard Arcand nous propose une nouvelle vision de la société du travail et de celle des loisirs. Pourquoi ne pourrions-nous pas combiner les deux? J'adore l'idée de cet essai et j'en recommande la lecture, qui est fort agréable (et souvent amusante). À lire, assurément!
Quelques citations tirées du texte:
"Vivre en ce pays, c'est comme vivre au nord de la Sibérie. Nous appartenons à cette classe d'humains étranges qui, à la manière des bédouins ou des Touareg, entretiennent un commerce intime avec la tempête."
p.23
"Nous habitons un pays qui se transforme périodiquement, quelques mois par an, en gigantesque congélateur. Mais à force de génie, nous avons construit des maisons confortables qui sont des îlots de chaleur. Et à l'intérieur de ces demeures, nous plaçons des congélateurs qui luttent courageusement contre le chauffage central pour fabriquer des cubes de glace. Dans ce pays-congélateur où le froid est pourtant gratuit, il faut désormais dépenser argent et énergie pour arriver à fabriquer de la glace parce que nous préférons patiner à l'intérieur."
p.56
"En boutade, certains disent parfois que nous sommes le seul pays du monde où les gens de la construction prennent leurs vacances durant les seules semaine où il est agréable de travailler à l'extérieur."
p.57
"En ce sens, il est assez inquiétant de songer au sort d'un peuple qui chante: "Mon pays, c'est l'hiver" et qui, du même souffle, ajoute que cet hiver est détestable."
p.108
9.5/10
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17 octobre 2006
L'amérique pauvre: comment ne pas survivre en travaillant
L'amérique pauvre: comment ne pas survivre en travaillant - Barbara Ehrenreich
Éditions 10/18, 334 pages
Résumé:
Comment peut-on survivre, lorsque l'on est payée moins de sept dollars de l'heure et que l'on vit au-dessous du seuil de pauvreté ? C'est pour répondre à cette question que Barbara Ehrenreich accepte de se lancer dans un grand reportage en s'interdisant tout recours à ses propres ressources. Abandonnant son statut confortable de journaliste, elle est successivement serveuse, femme de ménage, assistante dans une maison de retraite et employée de supermarché, et apprend à se battre pour trouver un toit quelconque - caravane, motel - en subissant, sans broncher, sous peine d'être jetée à la rue, des humiliations quotidiennes. Elle tire de son expérience une conclusion terrifiante, qui résonne aussi dans notre pays : l'immense majorité des citoyens a accepté que la richesse insolente des uns se nourrisse de la misère sociale des autres.
Mon opinion:
Émule de Naomi Klein et de Michael Moore, Barbara Ehrenreich est une journaliste et essayiste respectée aux États-Unis et a reçu plusieurs prix. Elle consacra quelques articles et ce roman, à l'Amérique pauvre, l'envers de la médaille américaine. Elle travaillera le temps de la mise en place de son reportage, dans des emplois pour des salaires de misère et la combinaison de plusieurs emplois pour réussir à survivre.
Même si j'ai toujours eu un toit au dessus de la tête et que je n'ai jamais connu de situations limites comme celles décrites parfois dans le livre, j'y ai retrouvé beaucoup d'aspects de mon expérience de travail passée, surtout mes premiers emplois. Même aujourd'hui, j'ai parfois du mal à comprendre comment les gens peuvent, avec un si petit salaire, arriver à faire vivre une famille avec des enfants...
Le premier tiers du livre, la mise en place de la situation et du projet est un peu moins intéressante mais nécessaire pour comprendre la motivation de l'auteur. Le reste du volume est séparé en différentes parties, selon les emplois effectués: Servir en Floride, Frotter dans le Maine et Vendre dans le Minnesota. Une conclusion sous forme d'évaluation termine le volume.
J'avoue avoir été souvent ébahit par certaines informations, par exemple certains règlements sans scrupule d'employeurs, les méthodes d'embauches, le fonctionnement de certaines entreprises, etc. Les deux dernières sections sont les plus complètes, avec des informations plus poussées et plus de notes en bas de pages. On apprend entre autre la difficulté de se loger, alors plusieurs familles vivent en permanence dans des motels, s'entassant dans une ou deux pièces, sans cuisinette. L'humour de l'auteur donne un peu de légèreté au livre, qui se lit facilement et ne tombe pas dans le mélodrame (par exemple, quand elle décrit les consignes de nettoyage sur cassette d'une entreprise de ménage, je n'ai pu m'empêcher de rire un peu tellement c'est grotesque).
Bref, un bon essai, si vous aimez les critiques sociales et les livres du genre de ceux de Michael Moore et de Naomi Klein. Il est horrible de penser qu'en 2006, nous en sommes là, à savoir les riches toujours plus riches et les pauvres, toujours plus pauvres...
Quelques extraits:
"Personne ne va me dire, après que j'ai passé l'aspirateur dans dix pièces et frotté le sol de la cuisine: "Bon sang, Barbara, tu travailles vraiment bien!". Le travail est censé vous sauver de la condition d'exclu [...] mais ce que nous faisons est un travail d'exclu: invisible et dégoûtant."
p.181
"Quand je regarde la télévision pendant mon dîner, je découvre un monde dans lequel chacun ou presque gagne 15$ de l'heure et plus.[...] Les feuilletons et les séries parlent de créateurs de mode, d'avocats ou d'instituteurs. Il est donc facile pour une employée de fast-food ou une fille de salle de conclure que sa vie est une anomalie - qu'elle est la seule ou presque à ne pas avoir été invitée à la fête. Et, en un sens, elle aurait raison: les pauvres ont disparu de la culture en général..."
p.182
8.5/10
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11 novembre 2004
Une histoire des maîtresses
Une histoire des maîtresses - Elizabeth Abbott ![]()
Lu: novembre 2004
Résumé:
"Au XVIIIe siècle, la princesse indienne Pocahontas tourne le dos aux forêts de l’Amérique du Nord pour suivre son amant anglais dans les rues de Londres. Dans la France du XVIIe siècle, Madame de Montespan ne jouit pas seulement des faveurs du Roi-Soleil, mais à titre de maîtresse royale se révèle une figure clé de Versailles. Avant d’être l’un des philosophes les plus importants du XXe siècle, Hannah Arendt fut aussi, en son temps, la disciple et la maîtresse du philosophe Martin Heidegger. De nos jours enfin, chacun peut suivre dans les journaux la patiente conquête du cœur du prince Charles par une certaine Camilla Parker-Bowles, puissante rivale contre laquelle même la beauté et la jeunesse d’une Lady Di n’ont pu rien faire.
Qu’ont en commun toutes ces femmes? Elles font partie de cette catégorie qui, suivant les époques, a hanté les coulisses de l’histoire, en a récrit à sa façon le déroulement ou a fait les délices des journaux à potins. On les appelle des maîtresses, parfois des concubines. Avec fougue et conviction, Elizabeth Abbott évoque leur vie mouvementée, souvent douloureuse. Même près du pouvoir, ces femmes l’ont-elles jamais détenu? Suivons-les et relisons l’histoire à travers leur regard. Cela change tout."
Mon opinion:
Cette "histoire des maîtresses" est un gros pavé, qui se lit pratiquement comme un roman. À travers les époques, les différentes périodes, que ce soit dans la Rome antique, le Japon des Geishas, les maîtresses et la religion, durant l'Holocauste ou au cinéma américain, les maîtresses sont partout et à travers toutes les époques. L'auteur nous raconte leurs histoires mais c'est aussi l'histoire de l'évolution de la femme et des mentalités. J'ai appris pleins de choses, certaines pas toujours des plus joyeuses! Par exemple, dans la Rome antique, lors de la naissance d'un enfant, le bébé était déposé aux pieds du père. Si celui-ci prenait l'enfant, il lui accordait le droit de vivre. Dans le cas contraire on abandonnait l'enfant dans la nature et il finissait par en mourir (de faim, de froid ou attaqué par des bêtes sauvages). Dans l'aristocratie, les mariages comme on le sait étaient arrangés (pour affaires ou par convention sociale). Les femmes devaient donner un héritier (enfant mâle) au Roi ou au Duc. Par la suite elles pouvaient prendre un amant, étant libérées de leurs obligations d'épouses.
Saviez-vous qu'avant l'an 325 le mariage des prêtres catholiques étaient permis? Afin de laisser plus d'argent dans les caisses des églises (un prêtre seul coûte moins cher qu'une famille complète) et pour soi-disant laisser plus de temps au prêtre pour s'occuper de sa paroisse, le mariage fût banni. Les hommes déjà mariés n'avaient alors plus le droit d'avoir des relations sexuelles avec leurs épouses!
À l'époque des premiers colons d'Amérique, les mariages inter-raciaux étaient impensables. Les colons prenaient les femmes indigènes pour maîtresses jusqu'à ce qu'une femme blanche "bonne à marier" se pointe. Alors il laissait tomber l'indigène (et ses enfants) qui elle, croyait être sa femme. La compagnie de la Baie d'Hudson du temps de la traite des fourrures interdit tout d'abord les mariages inter-raciaux, avant de les tolérer, alors que la compagnie du Nord-Ouest les encourageait.
Autres vies, autres moeurs! Toutefois, ce livre est une source d'informations intéressante et j'en ai adoré la lecture! Je compte bien m'attaquer au premier bouquin de l'auteur: "Histoire de la chasteté et du célibat". Sa façon de raconter est captivante, je suis sûre que celui-ci est intéressant aussi!
9.5/10
16 août 2004
Écrire pour inquiéter et pour construire
Écrire pour inquiéter et pour construire - Jean-Jacques Pelletier
Lu: août 2004
Résumé:
«Car un roman fonctionne d'abord à l'imagination et à la vraisemblance. À l'impression de vérité. Impression : c'est le maître mot. Ce qui ne veut pas dire que la vérité de l'information est sans importance. Mais elle doit toujours être subordonnée à la vraisemblance. Dans bien des cas, il faut même éliminer des éléments vrais mais qui ne sont pas vraisemblables et qui, par conséquent, nuiraient à la crédibilité générale de l'histoire.»
Mon opinion:
Jean-Jacques Pelletier nous convie avec ce livre, à une réflexion sur l'écriture et le besoin d'écrire, ainsi que du parallèle avec sa propre écriture. Il est bien intéressant de connaître le processus de création de l'écrivain, principalement car j'admire beaucoup le travail de cet auteur. Ses livres sont captivants et on a du mal à les laisser. Un essai dans la collection Écrire publié aux éditions Trois-Pistoles. À découvrir, surtout si comme moi, vous aimez l'auteur!
9/10
29 juillet 2004
Dégraissez-moi ça!
Dégraissez-moi ça! - Michael Moore
Lu: juillet 2004
Résumé:
"Petite balade dans le cauchemar américain
« Vers la fin du deuxième millénaire, des millions de Terriens commencèrent à disparaître. Au début, on a appelé ça « dégraissage ». On croyait que c’était la faute des riches. Ce qu’on ne savait pas, c’est que ces êtres connus sous le nom de « P-DG » étaient en fait de envahisseurs venus d’une autre planète. (…) Bientôt, tout le monde a fini par être « dégraissé ». Je fais partie de quelques survivants susceptibles de témoigner du sort atroce de notre civilisation… »
Mon opinion:
Ce premier livre de Michael Moore rassemble plusieurs sujets dont il parle également dans son second livre. Intéressant à lire pour ceux qui aiment l’auteur, comme moi. Mais ici aussi c’est la traduction qui m’a un peu dérangée. Traduit en français par La Découverte (maison d’édition française) le livre est moins adapté pour un public québécois que ses autres volumes (traduits par Boréal, maison d’édition québécoise). J’ai toutefois préféré « Mike contre-attaque… ».
6/10
07 juillet 2004
Mike contre-attaque!
Mike contre-attaque! - Michael Moore
Lu: juillet 2004
Résumé:
"Le Bandit-en-chef George W. Bush, dit « George II », et son gang, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et cie, gouvernent l’Amérique. Ultraconservateurs et richissimes (leur fortune est liée au big business du pétrole, de l’informatique ou des biotechnologies), ils ont fait main basse sur le pays, et partent maintenant en guerre contre l’«Axe du Mal."
Mon opinion:
Provocateur, ironique, pourfendeur de vérité, d'égalité, Michael Moore est un justicier des temps modernes. On aime ou on aime pas. Pour ma part, j'adore! Le style vindicatif, l'humour un peu noir et teinté d'ironie. Le livre se lit comme un roman. Moore parle des maux cachés de l’Amérique : l’analphabétisme et l’alcoolisme, le racisme, la libre circulation des armes, la peine de mort, la pauvreté... Je cherche d'ailleurs en ce moment d'autres livres de cet auteur.
8.5/10
30 avril 2004
No logo (La tyrannie des marques)
No logo (La tyrannie des marques) - Naomi Klein![]()
Lu: Avril 2004
Résumé:
"Aujourd'hui, le village est « planétaire », l'adolescent « mondial » et la société de consommation dominée par les marques. Les espaces publicitaires traditionnels qu'elles se sont de tout temps montré promptes à coloniser - panneaux d'affichage, télévision, cinéma, presse écrite - sont désormais devenus trop restreints pour des logos frappés d'expansionnisme galopant. En plantant leurs drapeaux sur des territoires jusqu'à présent vierges de toute publicité, en substituant au simple objet de consommation une image capable de le faire accéder à la dimension du mythe, les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l'économie de nombreux pays.
Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l'art de bafouer les doits de l'homme : l'esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains États du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisant, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent. Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l'urgence d'une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s'organisent sur l'Internet : ils veulent récupérer l'espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d'acheter des produits pour lesquels d'autres, à des milliers de kilomètre de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois même du sang.
Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l'ont prouvé : il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques."
Mon opinion:
On apprends beaucoup dans un livre comme celui-ci qui traite de mondialisation, de la publicité et des marques, omniprésentes dans nos vies. On peut voir comment de grosses compagnies comme Nike, Adidas, WallMart, Sears, Starbuck, Tommy Hilfiger, etc. traitent leurs employés, emploient des jeunes dans des pays comme l'Afrique ou la Chine, dans des conditions tellement sales et horriblent que nous on ne laisserait même pas un chien vivre là-dedans... Ils font parfois 90h de travail par semaine, à l'année, au salaire ridicule de 0.13$ de l'HEURE! Ils font travailler des jeunes femmes enceintes, de 8h à 2h du matin (ça fait 18h dans une journée!!!) qui finissent par perdre leur bébé ou même, des gens malades qui finissent pas MOURIR dans ces conditions là, pour que nous, Nord-Américain puissions acheter des vêtements sport...C'est réellement révoltant, ça nous fait comprendre beaucoup de choses et on voit le monde avec des yeux plus réfléchis. Certaines des choses dont l'auteur parle se passent dans NOS ÉCOLES ici ou dans NOS ateliers de travail... Ça change notre façon de consommer et on y pense deux fois avant d'acheter quelque chose... Même si le livre est volumineux et peut en rebuter plus d'un, je pense qu'il est important de le lire pour entretenir notre conscience sociale. L'auteur a fait de longues recherches et a foulé le terrain de ces pays ou la mondialisation est omniprésente, cercle fermé qu'il est difficile de franchir. Ce livre a changé ma perception de beaucoup de choses.
9.5/10
Complément: Le site officiel de No Logo







