La bibliothèque d'Allie

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12 mars 2008

Passion close

passion_closePassion close - Henri Laban

JCL, 249 pages

Résumé:

Il aura fallu une gifle du second mari de sa mère, armateur véreux, suivie d'une douche amoureuse avec Delphine, la sensuelle, pour que Nicolas décide enfin de prendre le large. Mais les eaux sordides du golfe de Guinée sont toxiques pour ces trop jeunes étrangers, inconscients du danger qui les guette à voyager dans ce noir conteneur sur le pont du Tombouctou.
Passion close nous offre une place de première à bord d'un rafiot pourri où va se jouer, dans les vingt-quatre heures prochaines, le destin de deux mondes trompeurs en mal de survie. Prière de garder bien attaché votre gilet de sauvetage...

Mon opinion:

Ce roman n'est pas sans rappeler les films d'action violents du style de ceux de Tarantino. D'ailleurs, un des personnages a justement ce nom comme surnom. Un clin d'oeil?
Passion close est un roman qui nous fait perdre nos repères. Le monde est noir, violent. Les personnages ont la rage au coeur pour toutes sortes de raisons. C'est cette rage, cette violence et l'incompréhension qui sert de toile de fond à l'histoire. Les relations entre les personnages sont définies dès le départ: la mère de Delphine l'aime trop, le beau-père de Nicolas le déteste. Les deux amoureux s'embarqueront dans un conteneur pour quitter la Côte-d'Ivoire où des attentats se produisent de plus en plus fréquemment.
Le roman est très prenant. Dès le début, on veut savoir ce qui se passera. Puis on tombe peu à peu dans un vrai cauchemar, mais on ne peut arrêter la lecture. On a sans cesse l'impression de deviner ce qui va se passer, alors qu'on n'y est pas du tout.
L'histoire est bien menée. Elle plaira à certains lecteurs. Le contexte historique et social de la Côte-d'Ivoire m'a plu, même si j'aurais aimé que l'auteur développe un peu plus. Cependant, c'est un roman cru, violent, certaines scènes sont bestiales. Personnellement, ce type d'histoire me heurte un peu trop, je n'ai qu'à penser à la scène entre Tarantino et Judith, qui me donne encore des frissons d'horreur. On aime ou non. Mais ça ne laisse toutefois pas indifférent...

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22 janvier 2008

Le festin des loups

festin_des_loupsLe festin des loups - Jean-Sébastien Gilbert

JCL, 403 pages

Résumé:

La vie est un long fleuve tranquille pour Samuel St-Germain et Félix Roche, deux collégiens désoeuvrés qui se vautrent jusqu'à l'indécence dans la doucereuse inertie d'une interminable adolescence. Du moins, jusqu'à cette grande vadrouille européenne et la rencontre, en Italie, de l'étonnante soeur Bernadette... et son mystérieux paquet. Voilà que commence alors pour les deux amis, naïfs et malhabiles, une incroyable enquête visant à lever le voile sur un pacte mortel scellé trente ans plus tôt.

Mon opinion:

Voici le premier roman de Jean-Sébastien Gilbert. L'histoire est intéressante. Située dans un cadre religieux et collégial, le roman met en scène deux jeunes qui se cherchent et tentent de se forger une place dans le monde des adultes. Félix et Samuel sont très attachants et l'auteur décrit de façon très réaliste le passage de la vie d'étudiant à celui d'adulte qui doit travailler et se débrouiller hors du cadre familial. C'est un voyage en Europe pour voir le monde qui sera à la base de toute l'histoire. L'intrigue, quoique un peu mince, reste toutefois bien intéressante et nous replonge dans un collège tenu par des Frères dans les années 50. J'aurais aimé que le cadre historique du monde collégial et religieux soit un peu plus abordé. J'ai toutefois eu beaucoup de plaisir à suivre Félix et Samuel. C'est un roman qui se lit très bien, même si le dénouement se découvre un peu trop tôt dans l'histoire. N'empêche que c'est un premier roman bien ficelé, dont le cadre est intéressant. L'auteur se permet une pointe d'humour avec le personnage très singulier et amusant de soeur Bernadette, qui aime la bière et le heavy metal! Elle ne s'impose pas de stricte convention et contourne les règlements si besoin est. Chapeau pour la création d'un tel personnage qui fait sourire, détonne un peu, mais ajoute de la fraîcheur et un peu d'humour à ce polar.

Visitez le site officiel du livre.

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25 novembre 2007

Le parasite

parasiteLe parasite - Georges Lafontainecoeur

Guy Saint-Jean éditeur, 251 pages

Résumé:

Alain Royer est un homme à qui tout réussit: sa carrière d'architecte bat son plein; sa douce Florence et lui ont uni leurs destinées et filent le parfait bonheur dans la maison de leurs rêves. Si la vie était un conte, tout s'arrêterait là...
Or, tout bascule, alors qu'un chauffard provoque un accident laissant Alain paralysé de la tête aux pieds, incapable d'émettre un son ou même d'ouvrir les yeux.
Frustré et terrifié à l'idée d'être définitivement spectateur de la vie des autres, Alain désespère de prouver au monde qu'il est toujours en mesure de voir et de ressentir. Les visites de Florence s'espacent et le sentiment d'abandon règne en maître dans l'esprit d'Alain.
C'est là que l'idée naît, obsédante, celle d'une vengeance, d'un retour coûte que coûte à la vie déjà connue. Alain profitera, pour ce faire, d'une faculté étonnante longtemps "oubliée". Curieusement, les offenses contre lui seront sévèrement châtiées...
L'enquêteur Tomassi talonnera de près l'entourage de Royer, tentant de comprendre l'inexplicable: Comment un homme cloué dans son lit impose-t-il sa volonté? Mais pire encore: Qui tue au nom de Royer?

Mon opinion:

J'aime décidément beaucoup ce que fait Georges Lafontaine. J'avais adoré Des cendres sur la glace et Des cendres et du feu qui sont deux livres qui parlent de belle façon de la nature et de l'amour. Ce troisième livre de l'auteur, Le parasite, est dans un tout autre registre. Et pourtant, l'auteur tisse tranquillement la toile d'une histoire qui fait frémir. D'une enfance difficile et marquante à une vie d'adulte anéantie, l'histoire d'Alain Royer se lit en un souffle. Il est difficile de lâcher ce roman et il inaugure à merveille cette nouvelle collection, Adrénaline. C'est une histoire prenante et terriblement effrayante. L'amour, sous différentes formes, prend toujours beaucoup de place dans les romans de Georges Lafontaine, mais ce n'est jamais à l'eau de rose. Il sait cerner les sentiments humains - positifs comme négatifs-  et c'est ce que j'aime dans ses personnages. Il sait aussi très bien raconter une histoire, qu'elle soit empreinte de douceur ou beaucoup plus noire. Avec le plaisir que j'ai eu à lire ce roman et ses précédents, l'auteur fait définitivement partie de mes écrivains favoris. Vivement la parution d'un prochain livre!

Un extrait:

"Une peine sévère? Mon oeil. Non, pas mon oeil... mon cul! Je bouillais en entendant le verdict. Je n'avais rien fait, j'avais toujours été un bon citoyen, et pourtant, j'avais écopé d'une condamnation à vie dans une prison beaucoup plus étroite que les cachots d'une institution carcérale. Pas de jeux de carte pour passer le temps et pas de promenade à l'extérieur pour garder la santé ni de gymnase pour se faire les bicepts en attendant la sortie. Ma prison est si étroite que je ne peux me retourner, et pour ce qui est de l'air que je respire, il est contrôlé par une machine. Jamais je ne sortirai de ma prison, le médecin l'a décrété. Le gars aurait dû prendre la perpétuité. Ce juge était aussi salaud que celui qu'il venait de condamner. Je rageais, prêt à exploser."
p.25

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09 novembre 2007

Winterkill

winterkillWinterkill - C.J. Box

Seuil policier, 385 pages

Résumé:

Fin décembre, tombée de la nuit, énorme tempête de neige annoncée sur le massif des Bighorn. Le garde-chasse Joe Pickett a garé son 4x4 en lisière de la forêt et surveille un troupeau de wapitis lorsque les premiers coups de feu retentissent. Très vite c'est le massacre, les animaux tombant sous les balles les uns après les autres. Beretta en main, Joe s'approche du tueur et, stupéfait, s'aperçoit qu'il s'agit de Lamar Gardiner, le superviseur du district pour la Twelve Sleep National Forest. Il l'arrête, mais celui-ci réussit à s'enfuir. Pas pour longtemps : quelques instants plus tard, Joe le retrouve sauvagement assassiné. Mais par qui ? Déjà difficile, l'enquête devient carrément impossible lorsqu'un groupe de marginaux, les Citoyens souverains, vient s'installer dans les montagnes, ajoutant à la confusion... et à la violence.

Mon opinion:

C.J. Box semble reconnu dans le domaine du roman policier. Je n'ai entendu que du bien de cet auteur. Alors je me suis lancée dans ce roman qui parle d'un garde-chasse qui fait une macabre découverte. Dès les premières pages, on a l'impression de connaître Joe, sa famille, ses craintes, ses problèmes, son vécu. Box a du talent pour rendre vivants ses personnages. L'atmosphère glaciale et de grand air qui se dégage de ce roman est vraiment bien rendue. Ce n'est pas un polar au suspense à tout casser, mais les événements se déchaînent dans les derniers chapitres. Le reste du temps, la nature et surtout la neige, tient une grande place dans l'histoire. Joe et sa petite famille sont très attachants. On se plaît à adorer les gentils et à haïr les méchants. Certains personnages sont sans pitié et si peu patients face à l'injustice. J'ai bien aimé cette lecture. Je ne sais pas par contre si je relirai d'autres romans du même auteur. Ce n'est pas un coup de coeur, mais malgré tout, une lecture agréable. Winterkill reste un bon polar.

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01 octobre 2007

La trace de l'escargot

trace_de_lescargotLa trace de l'escargot - Benoît Bouthillette

JCL, 364 pages

Résumé:

Benjamin Sioui, d’origine montagnaise, daltonien de son état, consommateur occasionnel de cocaïne, fan de Kurt Cobain et amoureux d’un médecin légiste à laquelle il trouve une ressemblance avec la star Laetitia Casta, enquête sur une série de meurtres.
Il a toutefois affaire à un tueur génial, minutieux, dément et sadique, qui s’inspire savamment des tableaux du peintre britannique Francis Bacon pour élaborer la mise en scène de ses crimes.
Au cœur d’un Montréal nocturne et marginal, on assiste alors à une lente plongée dans l’esprit de l’inspecteur, à une incursion dans l’univers tourmenté de ce héros romantique. Benjamin Sioui est un homme épris de justice et d’absolu, un homme capable d’amour, qui croit en l’amour et en un monde meilleur. Mais tous les jours son travail lui rappelle qu’il y a la laideur et la folie. Une folie si outrancière qu’il a parfois l’envie irrésistible de verser pour de bon dans le cynisme et la désillusion.

Mon opinion:

La trace de l'escargot est le premier roman de Benoît Bouthillette. Tout comme dans le roman jeunesse La nébuleuse du chat, nous retrouvons le personnage de Benjamin Sioui. Cet inspecteur à la personnalité singulière, est un personnage très fouillé que le lecteur a l'impression de connaître dès les premières pages. Les crimes décrits dans le livre sont crapuleux, avec l'impression d'un tueur morbide à la Seven. Le lecteur nage en plein roman noir. Toutefois, la sensibilité de Benjamin et Laetitia donne un peu d'humanité à cette enquête et j'ai beaucoup apprécié les personnages créés par l'auteur. Ils sont différents, on apprend beaucoup à les connaître, à les cerner. Le roman ne se contente pas de l'enquête mais vit également à travers ses personnages. L'écriture de Benoît Bouthillette est touffue, foisonnante de détails, de réflexions, d'un style parlé. On est séduit ou bien on n'accroche pas. J'ai personnellement beaucoup aimé ce roman, encore plus que le roman jeunesse de l'auteur paru récemment. On en oublie bien vite les quelques longueurs ici et là, ainsi que les passages où l'auteur s'éparpille un peu. La trace de l'escargot est quant à moi différent des polars que j'ai lu jusqu'à maintenant. C'est un roman qui part dans toutes les directions, si bien qu'il demeure difficile à classer. Je surveillerai les autres écrits de l'auteur, en espérant qu'il remette en scène Benjamin Sioui, qui est, à sa façon, un inspecteur touchant et attachant.

À noter que ce roman a remporté le Prix Saint-Pacôme 2005 du roman policier

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26 septembre 2007

Coule la Seine

coule_la_seineCoule la Seine - Fred Vargas

J'ai lu, 122 pages

Résumé:

" Ton collègue blond est assez emmerdant mais je l'aime bien, et puis il est généreux. Il se pose des questions sans fond, il s'inquiète et ça fait le bruit des vagues. Toi en revanche, tu fais le bruit du vent. Ça se voit à ta manière de marcher, tu suis ton souffle. Ton ami blond voit une flaque. Il s'arrête, examine la chose et il la contourne, il prépare bien son affaire. Toi, tu ne vois même pas cette flaque mais tu passes à côté sans le savoir, au flair. Tu piges ? T'es comme un magicien... " Il a raison ce clochard, le commissaire Adamsberg est un véritable magicien. Trois nouvelles pour le prouver, trois enquêtes du commissaire, à Paris, là où coule la Seine.

Mon opinion:

Ces histoires ont été regroupées car elles ont toutes en communs de mettre en scène un vagabond et de se situer près de la Seine. J'ai choisi ce livre surtout par désir de compléter mon challenge, car, je dois l'avouer, j'avais un a priori très négatif par rapport à l'auteur. A priori essentiellement dû à son livre Sous les vents de Neptune, qui se passe au Québec et dont l'auteur a défendu bec et ongle l'usage du langage employé comme étant québécois (et qui sonne terriblement faux...). Bref, j'ai donc débuté ce recueil avec beaucoup de préjugés négatifs et je dois avouer que j'ai finalement bien aimé. Le personnage d'Adamsberg est intéressant. Le recueil comprend trois nouvelles: Salut et liberté, La nuit des brutes et Cinq francs pièce. Salut et liberté parle de Vasco, ce tailleur vagabond qui apporte avec lui une patère et un lampe près de son banc public où il s'installe toute la journée. La nuit des brutes est la nuit de Noël, où tous les crimes sont commis. Cinq francs pièce est une histoire de crime et... d'éponges. Un recueil, donc, qui se laisse lire agréablement. Je lirai probablement un autre roman de l'auteur, mais je ne crois pas que je tenterai Sous les vents de Neptune. Juste les extraits sur le web m'agacent prodigieusement...

Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.

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24 septembre 2007

Trois souris

trois_sourisTrois souris - Agatha Christie

Édition du Masque, 189 pages

Résumé:

Dans l'obscurité d'une maison endormie, un cri déchire le silence... Un crime vient d'être commis... Ainsi se lève le rideau sur l'un des plus grands succès de la scène internationale, "La Souricière", succès qui a tenu l'affiche sans interruption depuis plus de trente ans. Adaptée par Agatha Christie d'une nouvelle écrite en 1949, jouée pour la première fois à Londres en 1952, cette mésaventure de trois petites souris porte la marque de son auteur : humour et suspense sont au rendez-vous. Et comme tous les grands maîtres du suspense, Agatha Christie préférait que ses spectateurs ignorent la clef de l'énigme avant de pénétrer dans le théâtre... Le secret fut bien gardé, puisque c'est aujourd'hui seulement, pour première fois, que ce texte "interdit" est enfin publié...

Mon opinion:

Pour avoir vu cette pièce au théâtre il y a quelques années, j'étais très curieuse de lire le livre. Il s'agit en fait d'un recueil de nouvelles, dont Trois souris a inspiré la pièce qui a tenue l'affiche pendant des années. Le livre regroupe six histoires. Trois souris est un huis clos dans une pension de famille ensevelie sous la neige. Meurtre sur mesure met en scène Miss Marple qui enquête sur un crime commit dans une petite bourgade. Une perle est une histoire où Miss Marple s'attaque cette fois à un problème de domesticité. Malédiction est un puzzle à résoudre pour aider Miss Marple à sortir de sa déprime.. L'appartement du troisième raconte une histoire de monte-charge et met en scène Hercule Poirot. Pour terminer, L'enlèvement de Johnnie Waverly est une sombre histoire d'enlèvement, résolue à nouveau par Poirot. J'ai beaucoup aimé cette lecture, c'est la première fois que je lisais un recueil de nouvelles d'Agatha Christie et je considère que celui-ci est un très bon cru!

Un extrait: 

"Giles s'était empressé de refermer la porte sur les éléments déchaînés. Mr. Wren posa sa valise, retira son chapeau et dénoua son cache-nez, se révélant ainsi être un jeune homme pourvu d'une crinière de cheveux d'un blond roux, avec des yeux pâles, extrêmement mobiles, et une voix haut perchée.
-Épouvantable! s'écria-t-il. L'hiver anglais dans toute son horreur! On se croirait reporté à l'époque de Dickens, avec Scrooge et cie! Il faut avoir du coeur au ventre pour ne pas se laisser abattre par un temps pareil!"

p.15

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06 septembre 2007

Au service du diable

au_service_du_diableAu service du diable - Martin Daneau

JCL, 351 pages

Résumé:

Alexandre Verne, un policier apparemment sans histoire, se fait tuer dans sa maison, sous les yeux horrifiés de son épouse qui voit ensuite le meurtrier s'immoler par le feu. Même si Vincent Auger est chargé de l'enquête, où rien ne cadre avec la thèse du meurtrier suicidaire, il n'est pas seul sur la poste. En effet, Kerri Aubrey, également policier, s'efforce de comprendre pourquoi Verne, son partenaire et meilleur ami, s'est fait assassiner. Violent et impassible, Aubrey ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Ce meurtre abject dérange beaucoup de monde et, rapidement, le défi, pour les protagonistes, n'est plus d'élucider cette affaire, mais de rester en vie...

Mon opinion:

Martin Daneau nous livre un polar bien ficelé, intéressant au niveau psychologique (rencontres avec des psychologues, traitements aux patients, etc). La dualité entre le bien et le mal et les similitudes entre le meurtrier et l'enquêteur trouble ce dernier qui ne peut voir que des tranches de son passé à travers le criminel. Il s'agit d'un roman très fort psychologiquement et plutôt original. Nous sommes très loin du "happy end" et de l'adage "tout est bien qui fini bien". Et c'est plutôt crédible. Le contraire aurait été un affront au lecteur. L'auteur nous offre un polar dur, cruel, rempli de rebondissements. Il nous donne l'impression de faire un voyage dans les méandres de la folie. Et quelle folie! Les nouveaux éléments qui s'ajoutent à l'enquête semblent parfois sortis de nulle part et le lecteur se demande bien où l'auteur veut en venir... et tout à coup, tout se met en place et on est littéralement fasciné. Une excellente surprise que ce roman! Même le titre prend tout son sens lorsqu'on tourne la dernière page...

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04 septembre 2007

Le club des veufs noirs

club_des_veufs_noirsLe club des veufs noirs - Isaac Asimovcoeur

10/18, 286 pages

Résumé:

Les six membres du Club des veufs noirs ne sont pas nécessairement veufs ni même célibataires mais ils se réunissent chaque mois entre eux pour boire, dîner et... résoudre des énigmes, grâce, le plus souvent, au concours de l'inégalable Henry, leur maître d'hôtel. À travers ces "pièces de conversation" sans équivalent on retrouve le grand Asimov: astucieusement rationnel, logique avec humour, merveilleusement intelligent.

Mon opinion:

Le club des veufs noirs est un club composé uniquement d'hommes (les femmes en sont totalement exclues) qui se réunissent chaque mois pour boire et manger et, accessoirement, pour résoudre quelques énigmes. Point de scènes sanglantes, d'hémoglobine ou de meurtres crapuleux. Ce sont surtout des énigmes cérébrales qui s'offrent au lecteur. En compagnie d'Henry, leur maître d'hôtel (exactement comme on imagine les maîtres d'hôtel des romans), les veufs reçoivent un invité à chaque rencontre et le mettent sur la sellette. C'est l'heure des interrogatoires!
J'ai découvert ces recueils de nouvelles lorsque j'étais adolescente. Je les ai tous lu (la série compte plusieurs tomes) et j'adorais. Mon plaisir ne s'est pas étiolé avec les années. C'est toujours aussi agréable à lire. Les chutes sont intéressantes et Henry est vraiment un personnage très attachant! Le livre regroupe douze nouvelles donc, une année de rencontre du club. Chaque histoire fait partie d'un tout: on retrouve les mêmes personnages, les mêmes événements qui sont parfois repris d'une nouvelle à l'autre, certaines allusions reviennent aussi. Les rencontres des veufs noirs sont toujours sophistiquées et les moqueries qu'ils se lancent les uns aux autres sont empreintes, malgré tout, d'un grand respect. Et tout ça fait sourire, bien entendu.
Les nouvelles sont ponctuées de remarques de l'auteur sur la publication et sur l'écriture des histoires. On y apprend, en tre autre, que le Club des veufs noirs s'inspire d'un club qui a réellement existé: Les araignées de la trappe.
Les veufs noirs plairont à un public adolescent et adulte. C'est bien écrit, amusant et agréable. Les amateurs de devinettes et d'histoires de déductions seront ravis.
Les recueils n'ont pas été réédité depuis quelques années. Ils sont plus difficilement trouvables en librairies mais il devrait être facile de mettre la main dessus en bibliothèque ou alors d'occasion.

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25 juillet 2007

Le réseau Corneille

reseau_corneilleLe réseau Corneille - Ken Follett

Le livre de poche, 599 pages

Résumé:

28 mai 1944, Sainte-Cécile, France occupée. Tout est prêt, Betty, la grande espionne anglaise, attend l'heure dite pour appuyer sur le détonateur qui fera exploser le quartier général de la Gestapo et tout son système de communication. Elle sait que Dieter, un espion allemand en charge de démanteler le réseau résistant de la région, est dans les parages… L'opération échoue : les Résistants dénombrent plusieurs morts, Michel, le mari de Betty, est blessé, Betty échappe de justesse aux Allemands. Elle est tenue pour responsable de cet échec. Ses supérieurs qui commencent à douter d'elle lui offrent une dernière chance. Betty monte un nouveau et ultime plan. Elle demande aux services secrets britanniques de recruter cinq jeunes femmes parfaitement non professionnelles, mais dont les personnalités hors du commun seront décisives pour la réussite du grand sabotage. Nom de code : le Réseau Corneille…

Mon opinion:

L'auteur dédie son roman aux femmes agents secrets envoyées par les services spéciaux britanniques en France, durant la Seconde Guerre mondiale. Certaines ont survécues, d'autres ont sacrifié leur vie. Inspiré de ce fait réel, Ken Follett a écrit Le réseau Corneille. J'ai entendu énormément de commentaires plutôt mitigés ou négatifs sur ce roman. Je n'ai pas lu les autres livres de l'auteur, celui-ci étant ma première approche de ce qu'il a écrit. Personnellement, j'ai passé un très bon moment de lecture. Le roman est bien écrit, on s'y sent réellement en temps de guerre et ça m'a d'autant plus touchée que l'histoire parle essentiellement des femmes. Je ne peux que m'imaginer à leur place: qu'aurais-je fais, moi, justement? C'est un roman, mais une partie de ce qui y est raconté me semble plausible. Plusieurs choses se sont sûrement passées comme l'auteur le raconte. L'histoire nous montre les deux côtés de la médaille. Les chapitres alternent entre Dieter, un Allemand et Betty, qui est à la tête d'un groupe dans la résistance. Certaines scènes de torture m'ont donné le frisson et souvent, j'ai ressenti une sorte d'écoeurement face à ce que l'homme peut accomplir en temps de guerre. Ce n'est qu'un roman, mais on y décrit parfaitement l'ampleur du pouvoir qu'un homme peut avoir sur un autre. Le plaisir de torturer un autre être humain qu'on s'est tellement conditionné à voir en ennemi. On peut voir entre les lignes toute l'absurdité de la guerre, ce qui en fait un roman partagé entre l'histoire, le roman social et le roman d'espionnage. J'ai donc apprécié cette lecture et je lirai dans le futur d'autres romans de Ken Follett.

8/10

Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.

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