La bibliothèque d'Allie

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24 février 2008

Mansfield Park

mansfield_parkMansfield Park - Jane Austen

10/18, 510 pages

Résumé:

On ne sait pratiquement rien d'elle, sinon quelques dates et les lieux où elle a vécu. Son iconographie est réduite à un portrait que fit d'elle sa soeur. Jane Austen (1775-1817) serait tombée dans l'oubli le plus total, n'étaient les six romans qu'elle écrivit, et qui sont parmi les plus étonnants du domaine romanesque anglais... Il ne s'y passe littéralement rien. Ils racontent principalement les rapports qui se tissent entre des demoiselles à marier et des épouseurs en puissance. Ils sont fait de dialogues et d'évocations brèves : mondanités, jardins, maisons de campagne, voilà pour le cadre. La cérémonie du thé, la préparation et le déroulement des bals, voilà pour les événements majeurs. Et pourtant, avec une matière d'une apparence si mince, Jane Austen a fasciné des lecteurs de la qualité de Virginia Woolf et de Henry James, et continue de fasciner un public important. -Hubert Juin, Le Monde.

Mon opinion:

Je vous mets la quatrième de couverture de cette édition de poche, qui ne raconte en rien l'histoire de Mansfield Park, mais parle de belle façon de l'univers d'Austen.
Mansfield Park raconte en fait l'histoire de Fanny, accueillie enfant chez son oncle et sa tante. Elle est traitée inférieurement à ses cousins et son statut oscille entre celui d'une domestique et d'une dame de compagnie. On la juge mal et on l'ignore souvent. C'est une sorte de Cendrillon effacée, empathique envers ceux qui l'entourent, même s'ils ne méritent pas toujours sa sollicitude. Fanny a un caractère docile, presque bonasse, mais peut, en certaines circonstances, faire preuve d'une lucidité et d'une certaine force de caractère. Comme dans tous les romans d'Austen, les jeunes filles cherchent un bon parti, les jeunes hommes les courtisent, on passe notre temps entre les salons, les promenades pour prendre un peu d'exercice, les bals et l'heure du thé. Avec Emma, c'est le roman le plus long d'Austen. Beaucoup ont trouvé en Fanny, une héroïne différente de ce à quoi Austen nous a habitué. C'est une jeune personne frêle, discrète, effacée, presque transparente par moment tellement elle se fond dans la masse pour qu'on ne la remarque pas. Il faut dire que sa tante Norris ne l'aide en rien à se faire une place au soleil. Et pourtant, j'ai beaucoup aimé Fanny. Elle n'a pas la force d'une Élizabeth Bennett par exemple, mais c'est un personnage féminin intéressant à creuser. Elle est douce, prend soin de tout le monde qui l'entoure. Elle donne beaucoup de son temps, de sa personne, de son écoute aux autres. Elle demande peu en retour. Sa relation avec Edmond est intéressante.
Mansfield Park contient moins d'humour et d'ironie, que l'on en retrouve par exemple dans Orgueil et préjugés. Il y en a, mais de façon beaucoup plus subtile. Ce roman me semble faire l'éloge de la droiture, des bons sentiments, de la bonne façon de se comporter et d'agir, des conventions... tout en mettant en garde le lecteur contre les aléas des mariages de convenance et les critères et préjugés sur ce qui produit un bon mariage.
J'ai passé de très bons moments à Mansfield Park. Je sais que beaucoup de Janéites ne portent pas ce roman parmi les meilleurs d'Austen. Pourtant, pour moi il a été une lecture fort agréable! Quels délicieux moments passés à lire Austen... découvertes que je poursuivrai au fil des mois, avec les autres romans qu'il me reste à lire.

Quelques extraits:

"Quant à Lady Bertram, elle n'accordait pas la moindre attention à l'éducation de ses filles. Elle n'avait guère de temps à consacrer à de pareilles préoccupations. C'était une femme qui passait ses journées assise sur un sofa, parée de tous ses atours, travaillant à quelques travaux d'aiguille dépourvus tant de beauté que d'utilité, songeant plus à son carlin qu'à ses enfants..."
p.24

"...après quelques jours, le souvenir des livres [...] devint si puissant et si vif qu'il incita Fanny à essayer d'en trouver à nouveau. Il n'y en avait aucun dans la maison de son père; mais la richesse aime le luxe et montre de la hardiesse, aussi une certaine partie de son argent trouva-t-elle le chemin de la bibliothèque de prêt. Elle y prit un abonnement, et fut stupéfaite d'avoir quelque chose qui lui appartînt en propre, stupéfaite à tous égards de cette action; devenir celle qui louait et choisissait des livres!"
p.428

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01 février 2008

Avec vue sur l'Arno

avec_vue_sur_LarnoAvec vue sur l'Arno - Edward Morgan Forster

10/18, 287 pages

Résumé:

Lucy Honeychurch n'aurait jamais pu partir à la découverte de l’Italie comme toute jeune Anglaise de bonne famille sans la surveillance d’un chaperon zélé, sa cousine Charlotte. A leur arrivée à Florence, les deux voyageuses constatent avec dépit que la chambre qui leur a été réservée n’a pas de vue sur l’Arno. En violation de toutes les convenances, deux inconnus, M. Emerson et son fils George, leur proposent de leur échanger la leur qui, elle, donne sur le fleuve. L’attitude cavalière de George envers Lucy et le peu de résistance qu’elle lui oppose poussent Charlotte à décider d’abréger leur séjour. Mais le hasard va à nouveau réunir les Emerson et les Honeychurch, en Angleterre cette fois…

Mon opinion:

Avec ce roman, Forster trace le portrait d'une société bourgeoise anglaise coincée dans les préjugés et les conventions sociales. Lucy remet par moment en question cette éducation beaucoup trop encrée dans la mentalité familiale, de ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas. Ce roman m'a beaucoup fait penser à ceux de Jane Austen. L'humour y est plus subtil, mais les scènes sont toutes aussi délicieuses. Le cadre est enchanteur, que ce soit en Italie, tout près de l'Arno ou dans la campagne anglaise, les descriptions donnent envie d'y être.
Lucy est un personnage ambivalent, coincée dans les conventions, mais qui découvre les premiers émois de l'amour et remet certaines choses en perspective... Miss Bartlett est assommante, alors que George m'a tout de suite plu. Certains personnages comme celui du père de George, voient la société avec un oeil critique, perçoivent le rôle de la femme comme étant différent de ce qui est établi. Il passe aussi pour un joyeux illuminé!
Ceux qui aiment Austen ont des chances d'apprécier Forster. Pour ma part, je relirai ce roman. C'est un livre, je crois, qu'on peut découvrir différemment à une relecture. Inutile de dire qu'il m'a beaucoup plu et que je compte bien lire d'autres romans du même auteur!

Un extrait:

"Si magnifique que soit la vie, elle est difficile. La vie, a écrit un de mes amis, c'est jouer du violon en public et apprendre à en jouer en même temps."
p.274

L'avis de Lilly qui m'avait donné envie (et qui du coup, m'a offert le livre! Merci Lilly!)

Posté par Allie à 12:05 - Roman Angleterre - Commentaires [14] - Permalien [#]

29 janvier 2008

Arthur et George

arthur_et_georgeArthur et George - Julian Barnes coeur

Mercure de France, 552 pages

Résumé:

" Arthur est en retard pour son rendez-vous avec George Edalji au Grand Hotel, Charing Cross ; des affaires à régler à sa banque l'ont retenu plus longtemps que prévu. Il entre d'un pas vif dans le grand hall, et regarde autour de lui. Il n'est pas difficile de repérer celui qui l'attend : le seul homme au teint foncé est assis de profil à une douzaine de pas. Arthur est sur le point d'aller vers lui et de s'excuser de son retard, quand quelque chose le retient... " Ce quelque chose qu'a vu Arthur va être d'une importance capitale dans l'histoire de George, une histoire bien réelle qui s'est passée en Angleterre à la fin du XIXe siècle. Arthur et George n'auraient jamais dû se rencontrer : origines très différentes, milieux très éloignés, études et caractères à des années-lumière les uns des autres. Et. pourtant... Victime d'une terrible erreur judiciaire, emprisonné plusieurs années, relâché sans explication et sans avoir été innocenté, George, fragile, effacé, maladroit - la victime idéale - va faire appel à Arthur, alors un des hommes les plus célèbres d'Angleterre : c'est en effet le créateur de Sherlock Holmes. A partir de là... Extraordinaire tableau de la société victorienne, ce nouveau roman de Julian Barnes est aussi le plus haletant des thrillers.

Mon opinion:

Avec Arthur & George, Julian Barnes met en lumière un épisode méconnu de la vie d'Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes. Conan Doyle était un homme aux activités très variées. Ce qu'on connaît moins de sa vie, c'est qu'il a aussi suivi les traces de son célèbre détective et pris position dans des affaires criminelles injustement jugées. C'est le cas de l'affaire Edalji. Le roman alterne entre des passages sur Arthur et sur George. Nous les suivons de la petite enfance à l'âge adulte. Ce sont deux histoires complètement différentes, deux destins à l'opposés l'un de l'autre. Ces deux vies fort différentes ne se recouperont qu'au milieu du roman, pas avant. L'affaire Edalji est une sorte d'affaire Dreyfus à la sauce anglaise. La remise en question du jugement entraînera la création de la cour d'appel. Le roman est une sorte de parcours juridique, souvent injuste. La vie de George m'a touchée, alors que celle d'Arthur me donne envie de pousser plus loin ma découverte de cet écrivain que j'ai toujours bien aimé. L'histoire en est une d'innocence et de culpabilité, de jugement et de rédemption. Julian Barnes a puisé dans les archives pour nous offrir deux portraits d'hommes bien différents qui sont à la fois sympathiques et ambigüs, mais surtout terriblement humains.
Arthur & George est pour moi un coup de coeur. Certes, le livre contient quelques longueurs et il n'est pas parfait. Mais il est captivant! J'ai passé de si bons moments de lecture avec ce livre! Les personnages me resteront longtemps en tête et m'ont donnés envie de pousser plus loin la recherche sur Arthur Conan Doyle et sur cette affaire Edalji. Je n'avais pas envie de tourner définitivement ces 552 pages. J'avais envie de prolonger encore un peu le voyage. Il mérite donc amplement son coup de coeur.

Quelques extraits:

"La meilleure façon d'être résigné à son sort est de le vouloir..."
p.243

"Il y a de pire destins, décida George, que d'être une simple note dans l'histoire judiciaire."
p.488

Un petit article intéressant sur l'affaire (avec deux photos d'Arthur et de George)

Posté par Allie à 10:59 - Roman Angleterre - Commentaires [23] - Permalien [#]

10 août 2007

La saison des pluies

saison_des_pluiesLa saison des pluies - Graham Greene

Le livre de poche, 253 pages

Résumé:

Il n'en pouvait plus de vivre à côté de sa vraie vie, de ne plus aimer vraiment son Dieu, ses maîtresses, son métier. Il a pris le premier avion en partance et, au terme d'une longue navigation à travers la forêt vierge, il s'est retrouvé au bout du monde une léproserie au coeur de l'Afrique centrale. C'est la solitude. Ce pourrait être la paix, si un jour il n'était reconnu et si un journaliste, avide de sensationnel, n'entreprenait de faire de lui une sorte de héros. un « saint ».

Mon opinion:

La saison des pluies est un roman rempli de regrets. C'est aussi une histoire d'hommes qui n'ont plus rien à perdre. Par conviction religieuse, parce qu'on leur en a fait la demande ou par envie d'utiliser leurs vies pour quelque chose, les personnages principaux s'occupent d'une léproserie, en Afrique. Au début, le roman me plaisait beaucoup. Je trouvais intéressant d'en savoir plus sur cette communauté composées essentiellement de Religieux et de lépreux. Mais le roman met sans cesse en opposition la croyance et l'athéisme, le bien et le mal ainsi que des remises en question de pratiquement tous les personnages. Le livre se lit bien, mais il est truffé de longueurs qui m'ont, au fil des pages, fatiguée. J'avais hâte de terminer ma lecture. Pas que le livre soit mauvais. Le sujet est  intéressant, mais il émane du roman une certaine lourdeur, une lassitude face à toutes ces remises en question théologiques. Est-ce que le livre a mal vieillit? Je ne saurais dire, mais il manque définitivement un petit quelque chose pour nous accrocher jusqu'au bout.

Un extrait:

"Je ne sais rien de vous, dit le docteur Colin, mais nous sommes tous faits à peu près sur le même modèle. Vous avez tenté une expérience impossible. Un homme ne peut pas vivre sans rien posséder que lui-même."
p.64

Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.

Posté par Allie à 10:24 - Roman Angleterre - Commentaires [2] - Permalien [#]

25 mai 2007

Leela

leelaLeela - Hari Kunzru

Plon, 360 pages

Résumé:

Arjun Mehta a deux passions : l'informatique et une jeune star de Bollywood, Leela Zahir. Pour accomplir son rêve de réussite et d'amour, il commence par s'installer au paradis technologique de la Silicon Valley. Hélas, l'entreprise qui vient de l'engager ne tarde pas à le licencier et l'image du mythe américain s'écroule devant lui. Décidé à se venger, il met au point un virus et ne trouve rien de mieux que de le baptiser Leela. Mais la situation lui échappe.
Voilà sa créature propagée dans le monde entier et Arjun poursuivi par le FBI. S'ensuit une série d'imbroglios désopilants d'où il ressort qu'il n'est pas recommandé de confondre virus informatique et vedette de l'écran.

Mon opinion:

J'avais très envie de lire ce roman. Et il m'a déçue. Dans un style semblable, j'ai de loin préféré Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup. Plus attachant. Plus intéressant. Dans Leela, Hari Kunzru plane sur la superficialité de ses personnages. Il ne pousse pas très loin les choses si bien qu'on dirait simplement un roman ordinaire très américain, jet-set, se déroulant en Inde. Et c'est essentiellement ce qui m'a déçue car je m'attendais à découvrir un peu plus l'Inde et sa culture. Le début du roman est prometteur. On suit Arjun qui quitte l'Inde pour un travail en Amérique. Désenchantement, choc des cultures, ça promettait. J'ai adoré la première moitié du roman. On parle aussi beaucoup d'informatique et ça m'intéresse souvent dans les romans. Par la suite, on quitte Arjun pour de courts ou de trop long moments, et de nombreux personnages s'accrochent au passage. L'histoire de chacun est développée en long et en large et j'ai eu chaque fois le sentiment d'attendre qu'un événement spécial survienne. Même si chacun des personnages a un certain lien avec les autres, l'auteur va dans plusieurs directions à la fois et c'est ce qui a étiolé mon plaisir de lecture.
Leela est un roman somme toute agréable, mais pas inoubliable, qui aurait gagné à être quelque peu élagué. J'ai toutefois entendu beaucoup de bien de son premier roman, L'illusionniste. Je le tenterai peut-être.

6.5/10

Posté par Allie à 13:31 - Roman Angleterre - Commentaires [10] - Permalien [#]

01 décembre 2006

Sa majesté des mouches

sa_majestee_des_mouchesSa majesté des mouches - William Golding

Folio, 245 pages

Résumé:

Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L'aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances: ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s'organiser et, suivant les meilleures traditions des collèges anglais, ils élisent un chef...

Mon opinion:

J'ai débuté ce livre avec enthousiasme et je l'ai terminé avec une grande déception. Tous les avis que j'ai lu sur ce roman abondent dans le même sens: troublant, marquant, un chef-d'oeuvre. J'ai donc débuté ma lecture avec un préjugé favorable. Sorte de roman d'aventures qui tourne vite au cauchemar, William Golding a démontré dans ce livre que même les jeunes enfants, laissés à eux mêmes, tentent de recopier le modèle de vie en société dans lequel ils ont été élevé et que, comme dans la vraie vie, cette société est loin d'être toujours rose... C'est cruel, le sang coule et la soif de tuer de ces jeunes m'a sidérée. Je suis bien consciente que ce roman est une sorte de critique de la société. Toutefois, j'ai trouvé ces 245 pages trop longues... J'avais souvent envie de sauter des pages. Je n'ai pas vu en ce roman, le génie tant attendu... et malgré sa cruauté, je trouve que ces passages sont tellement englués dans les longues descriptions que ça ne m'a pas vraiment marquée...
Le roman me rappelle vaguement La plage d'Alex Garland. J'ai toutefois beaucoup plus apprécié ce dernier.

5/10

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31 octobre 2006

Le treizième conte (The thirteenth tale)

treizieme_conteLe treizième conte - Diane Setterfieldcoeur

Éditions Plon

Résumé:

Le Treizième conte est le titre d’un chapitre manquant dans un livre écrit par la plus célèbre romancière d’Angleterre, Vida Winter. Malgré sa célébrité, personne ne connaît la véritable histoire de sa vie car Vida est toujours restée très mystérieuse et évasive avec les journalistes. Un jour, la libraire Margaret Lea reçoit une lettre de la romancière lui demandant d’écrire sa biographie. Margaret partage sa vie entre le magasin de livres rares de son père et sa passion pour la lecture de romans du 19e siècle. Se laissant convaincre non sans difficulté, Margaret finit par accepter la proposition qui lui est faite car Vida réussit à éveiller sa curiosité en lui parlant de fantômes et surtout de gémellité. Margaret plonge alors dans l’histoire mystérieuse des jumelles Emmeline et Adeline qui grandissent sans parents, au domaine d’Angelfield, dans le Yorkshire...

Mon opinion:

Qualifiée de roman gothique, cette histoire est menée de main de maître afin que le lecteur n'y perde pas son latin à travers des péripéties complexes. Le roman est constitué de nombreux retours dans le passé, d'extraits de journal, de tranches de vie présentes et passées, de fantômes, de contes, de réel et d'irréel. Un roman touffu, qui garde éveillée la curiosité et la soif d'en connaître toujours plus sur ce récit d'une enfance au domaine d'Angelfield. J'ai eu l'impression de plonger avec Margaret dans ce récit qui lui était conté. De me questionner tout comme elle, sur les propos de Vida, de vivre un peu dans ce monde étrange, le temps de ma lecture. Un livre que j'ai beaucoup de mal à décrire, car il parle de nombreux personnages, noue et dénoue plusieurs fils et intrigue. Toutefois, l'atmosphère qui se dégage de l'histoire est très spéciale. On y croit à ces descriptions de domaine sombre, de maison (hantée?), de landes désertiques et surtout, on a l'impression d'y être. Une impression parfois oppressante, parfois qui donne le frisson. Un roman à découvrir, pour un excellent moment de lecture et pour pénétrer une atmosphère lourde de secrets et de fantômes...

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11 octobre 2006

Vous descendez?

vous_descendezVous descendez? - Nick Hornby

Plon, 310 pages

Résumé:

La veille du nouvel an, à Londres, quatre individus se retrouvent, par coïncidence, sur le toit d'un immeuble de quatorze étages, tous avec la ferme intention de sauter pour mettre un terme à une vie devenue intolérable. Arrive d'abord Martin, présentateur vedette de la télévision, dont la carrière et la famille ont été brisées par un scandale sordide et retentissant ; puis Maureen, femme simple, fervente catholique néanmoins prête à commettre le plus grand des péchés, car elle n'en peut plus de s'occuper, seule, d'un fils handicapé ; ensuite Jess, 18 ans, souffrant d'une grosse peine de cœur, pleine d'amertume (et d'alcool) ; Et enfin J J, jeune Américain dont les rêves de devenir rock star ont disparu, et qui se trouve anéanti par une situation précaire de livreur de pizzas. Ce quatuor n'a en commun que le désespoir... et une petite faim. Et voici deux pizzas, apportées par J J... Les langues se détient, chacun raconte sa vie, ses déceptions ; Finalement, l'aube venant, ils décident de différer, et se donnent rendez-vous à la Saint-Valentin, au même endroit.

Mon opinion:

Nick Hornby a le don de parler de sujets graves - le suicide et le mal de vivre dans ce cas-ci - tout en insufflant à son histoire juste ce qu'il faut pour ne pas créer de malaise et parfois, même, faire sourire. J'ai assez aimé cette facette du livre. Le roman est construit de façon à donner la parole à chacun des protagonistes. On s'y retrouve facilement. Ce qui m'a un peu dérangée c'est le langage utilisé. Une grossièreté à toutes les phrases, surtout lorsque c'est Jess ou JJ qui parle, ça alourdit un peu l'histoire et ça devient agaçant. Je comprends que l'auteur a voulu tracer le portrait de personnages bien caractéristiques et provenant de divers milieux, toutefois il aurait pu alléger un peu son texte. Vous descendez? n'en demeure pas moins un bon roman, qui se lit rapidement, mais j'ai préféré À propos d'un gamin du même auteur.

Quelques extraits:

"Pourquoi la lecture fait-elle tellement flipper les gens? D'accord, je n'ai pas toujours été très convivial sur la route, mais j'aurais fait de la Gameboy pendant des heures, tout le monde m'aurait fichu la paix. Dans mon milieu, exploser des putains de monstres de l'espace est socialement acceptable, mais pas lire La pastorale américaine."
p.183

"Vous savez que les choses ne vont pas bien pour vous quand vous ne pouvez même pas raconter aux gens les faits les plus simples de votre vie, simplement parce qu'ils penseront que vous leur demandez de vous plaindre."
p.189

7/10

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30 septembre 2006

La maison du sommeil

maison_du_sommeilLa maison du sommeil - Jonathan Coe

Folio, 459 pages

Résumé:

De bien curieux événements se déroulent à Ashdown, inquiétante demeure perchée sur une falaise des côtes anglaises. Naguère, c'était une résidence universitaire, où se sont croisés Sarah la narcoleptique, Gregory le manipulateur, Veronica la passionnée, Robert l'amoureux transi, Terry le cinéphile fou. Leurs destins ont divergé, mais les spectres du passé continuent de hanter Ashdown, devenue une clinique où le sinistre docteur Dudden se livre à de monstrueuses expériences sur les troubles du sommeil. Par quelles mystérieuses coïncidences tous les personnages vont-ils s'y retrouver ? Et quelles transformations vont-ils subir ? Une fresque foisonnante et rigoureuse où l'illusion amoureuse va jusqu'à l'extrême limite de sa réalisation, et où la vérité sort toujours des rêves.

Mon opinion:

J'aime définitivement Jonathan Coe. Si vous voulez lire des romans originaux, c'est l'auteur tout désigné à découvrir. Du moins, ce que j'ai lu de lui jusqu'à maintenant. J'ai autant aimé Les nains de la mort du même auteur que La maison du sommeil qui nous fait passer un excellent moment de lecture. Et c'est une histoire très étrange.
Chaque chapitre correspond à une phase du sommeil, puisque c'est le thème principal du roman. Coe mélange les genres, les styles et chaque fois, je ne vois rien venir au dénouement de l'intrigue. Ou devrais-je dire des intrigues. Ce roman contient des histoires dans l'histoire et en fait presqu'un livre à part, une histoire pratiquement indescriptible. Lorsque l'auteur dénoue enfin les fils de son récit, il me laisse toujours pantoise. Et j'en redemande. Ses livres ne sont pas assez long (près de 460 pages quand même, mais ça ne me suffit pas). La maison du sommeil raconte deux histoires en parallèle, qui n'en font qu'une seule en fait et trouvent leur finalité dans les mêmes événements.
Un auteur à découvrir si vous ne le connaissez pas! Et que vous aimez ce qui sort un peu de l'ordinaire!

9/10

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30 juillet 2006

Lady Susan

lady_susanLady Susan - Jane Austen

Folio 2€, 115 pages

Résumé:

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...
Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

Mon opinion:

Lady Susan est un court roman construit sous forme de lettres. J'ai été un peu déstabilisée au début avant de saisir qui écrivait à qui et le lien qui unissait ces personnages. Toutefois, c'est un court roman qui m'a beaucoup plu, pratiquement autant qu'Orgueil et préjugés. La majorité des lettres parlent de Lady Susan, une femme qui utilise les autres pour avoir ce qu'elle veut et parfois, pour s'amuser un peu. Elle m'est plutôt antipathique, quoique un personnage assez intéressant. On la critique, on la juge. Alors que l'autre grand sujet de conversation est Frederica, la fille de Lady Susan, que sa mère souhaite marier "de force". Bref, saul petit bémol: j'aurais aimé un roman un peu plus long! Mais comme toujours, Jane Austen a le don de la plume et sait nous toucher avec des sujets à l'apparence plutôt frivole. Un bon roman.

8.5/10

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