La bibliothèque d'Allie

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19 octobre 2006

Miles et Isabel

miles_et_IsabelMiles et Isabel - Tom Gilling

Éditions Alto, 327 pages

Résumé:

Sydney, à l’apogée de l’ère victorienne. La comédienne Eliza McGinty crée un scandale considérable en interprétant le rôle d’Hamlet alors qu’elle est glorieusement enceinte et, de surcroît, célibataire. Devant une salle bondée, elle accouche au beau milieu d’une représentation, déclenchant la même réaction chez Louisa Dowling, une riche spectatrice présente ce soir-là.
Leurs rejetons, Miles McGinty et Isabel Dowling, vivront longtemps des vies parallèles aussi excentriques que l’avait laissé présager leur naissance : alors que l’un est embauché comme assistant d’un magicien spécialisé dans la lévitation, l’autre devient accidentellement la première jeune fille à s’envoler en montgolfière. Chacun à leur manière, ils défieront les conventions de leur époque, mais aussi celles qui régissent la gravité.

Mon opinion:

Miles et Isabel est un roman rempli de fraîcheur, léger mais sans être futile, qui nous amène à la fin de l'époque Victorienne en Australie. L'auteur a une plume à l'image de son roman, légère, comme l'envol d'une montgolfière. Qu'il nous parle du Sydney Victorien, du théâtre, de la lévitation, de la magie et des premiers balbutiements de l'envol des hommes dans le ciel, Tom Gilling est toujours captivant. C'est un roman aéré qu'il nous livre, tant par la mise en page que par le ton employé. Les protagonistes sont bien définis en peu de lignes et autour de Miles et d'Isabel gravitent des personnages-phénomènes intéressants, qu'on pense à Tobias Smith, à Wolunsky le magicien ou à l'oncle d'Isabel, médecin et collectionneur de machines modernes. Miles et Isabel quant à eux, sont deux jeunes personnes au caractère fonceur, rêveur, différents de ce que leur époque attends d'eux. Il vivent en parallèle l'un de l'auteur et leurs vies se croiseront à plusieurs reprises, sans parfois même qu'ils le sachent. Il sont animés des mêmes sentiments et vivront des événements semblables. C'est un roman qui m'a beaucoup plu et dans lequel je me suis laissée portée avec grand plaisir.

Quelques extraits:

"Je ne vous dirai donc pas où je vais, mais soyez assurés que je vous écrirai chaque fois que j'en aurai l'occasion. Ne vous faites pas de soucis, car j'ai plein d'argent et aussi un atlas, il n'y a donc ausun danger que je m'égare. Vous ne devez pas non plus me croire folle, ni que je me suis sauvée avec le garçon d'écurie, ni que j'ai été attirée par autre chose que le besoin de bouger, qui sont très acceptables chez un garçon, que rien n'empêche d'acheter un cheval et de partir en exploration, mais très frustrantes chez une fille, dont on s'attend à ce qu'elle s'étende sur la causeuse jusqu'à ce que ça lui passe."
p.167

"Elle ne gardait sur elle que les souvenirs les plus discrets: fragments de roches colorées, deux noix d'eucalyptus, une plume d'un rouge lustré qui avait appartenu à un grand cacatoès. Rien que ce qu'elle pouvait transporter facilement au fond de sa valise. Elle devait parfois se débarrasser d'un objet pour faire de la place à un autre. C'était pareil dans sa mémoire: elle gardait d'un endroit le souvenir le plus vif et d'un autre, presque rien. Le pays était trop grand pour qu'elle s'en fasse une image cohérente. Mais ce qu'elle n'oubliait jamais, c'était le ciel."
p.170

En complément:

  • Le site officiel du livre
  • Vous pouvez télécharger le premier chapitre du livre ici (format PDF)

8.5/10

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Posté par Allie à 09:08 - Roman Australie - Océanie - Commentaires [4] - Permalien [#]

23 septembre 2006

Le faucon des neiges

faucon_des_neigesLe faucon des neiges - Stuart Harrison coeur

Albin Michel, 397 pages

Résumé:

À Little River, on avait presque oublié Michael. Lui, pourtant, n'a rien oublié: on n'enterre pas si facilement son passé.
Et lorsqu'il recueille un faucon des neiges blessé par un braconnier, Michael est prêt à tout pour le sauver. Même braver la haine et le mépris des habitants de Little River. Dans ce combat, il n'a que deux alliés: une femme et un enfant.
Si Michael réapprends à l'oiseau à voler, c'est sa propre liberté qu'il peut recouvrer.

Mon opinion:

Quel beau roman! Tout à fait le roman de transition à lire entre deux lectures difficiles ou pour passer un excellent moment! Si vous aimez la nature, les animaux et les récits à l'atmosphère d'une petite ville américaine, l'hiver, ce livre est pour vous.
Roman de rédemption, Le faucon des neiges retrace la réinsertion sociale d'un prisonnier, sous fond de nature qui est toujours bien présente dans le livre. L'auteur raconte le regard des autres sur le passé de Michael, le jugement que les gens peuvent avoir sur notre vie. C'est une histoire remplie d'espoir, de douceur. La nature est omniprésente, le déroulement de l'histoire prend place dans un cadre enchanteur. La relation homme-animal décrite dans le livre, pour moi qui est très proche des animaux, m'a beaucoup touchée. L'auteur décrit l'élevage et l'affaitage du faucon, nous parle des différentes façons de réapprendre à l'oiseau à regagner le ciel. Les personnages utilisent à leur façon, pour toute sortes de raisons, la venue du faucon à Little River pour expier certains remords, certaines actions, pour effectuer un retour sur eux-mêmes et pour certains, se rapprocher et régler certaines choses. Une belle leçon de courage, un roman positif, malgré tout.

9.5/10

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Posté par Allie à 20:56 - Roman Australie - Océanie - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 janvier 2006

Traversée

traverseeTraversée - Nikki Gemmell

Lu: janvier 2006

Résumé:

"Fin, une jeune journaliste de Sydney, fatiguée de sa vie citadine et des faits divers sordides, saisit l'occasion qui lui est offerte de couvrir une expéditionscientifique en Antarctique. Ce désert blanc, le plus inhospitalier de tous, continent de légendes et de souffrances, n'est-il pas l'une des dernières frontières de notre monde ? Durant la traversée, elle apprend à vivre dans la promiscuité du bateau, dans cette micro-société cosmopolite et essentiellement masculine où le regard de l'autre prend une importance considérable. Le monde clos du bateau et des campements à ses règles et ses tabous que Fin met à mal lorsqu'elle tombe amoureuse. La vie sur le continent sauvage se révèle à la fois dure et enthousiasmante, âpre et enrichissante. L'immensité nue et grandiose de la glace la pousse à se défaire de tout ce qui l'encombre pour revenir à l'essentiel."

Mon opinion:

Mon histoire avec ce roman a bien mal commencée. Tout d'abord, sans trop savoir pourquoi, je repousse sa lecture depuis le moment où je l'ai acheté. Entre-temps, j'avais commencé un autre livre du même auteur, Les noces sauvages, dont je n'ai même pas pu me rendre à la moitié. Les personnages m'énervaient, je n'aimais pas trop le style d'écriture. Pour Traversée, le début me donnait la même impression que Les noces sauvages, si bien que j'ai reposé et repris le livre plusieurs fois. Il m'a fallu plus de 70 pages pour entrer dans l'histoire. Après, lorsque le bateau quitte les terres, on a droit à de très beaux passages sur la vie dans l'Antarctique, les réflexions des membres de l'équipage, les expéditions et recherches qu'ils entreprennent. J'ai beaucoup aimé ces parties du livres. Cependant, ce qui m'a particulièrement agacée pendant la lecture, ce sont les passages sur les relations de couples. Je peux comprendre que des couples puissent se former quand on part en expédition aussi longtemps, toutefois l'impression que tous les membres de l'équipage ne cherchaient qu'à se sauter dessus et à terminer la journée dans une couchette enlevait tout le côté grandiose de l'expédition. J'aurais apprécié plus de détails sur les différentes expéditions, sur le mode de vie sur le bateau, que l'auteur ne fait que survoler. C'est cependant un roman d'apprentissage de la vie, de ces moments qui vous touchent et vous changent. Pour toujours. Le roman n'est pas inoubliable mais il est bien. Mais il manque un petit quelque chose à l'histoire pour en faire une vraie traversée mémorable pour le lecteur...

En épigraphe:

"Au-delà de ce point, domaine des dragons..."
-Avertissement figurant au bord des cartes anciennes pour signaler la fin du monde connu.

Quelques extraits:

"Comme de l'acide, l'Antarctique a laissé sa marque sur mon esprit. Je ne pourrai jamais y retourner. Je ne crois pas que ce soit un lieu conçu pour les humains."
p.13

"Et maintenant, l'Antarctique. [...] Le pays des tragédies mythiques. [...] C'est l'endroit le plus isolé du globe. Le plus froid et venteux. La plus basse température jamais relevée est -89.6°c."
p.31

"Un peloton d'oiseaux suit le bateau comme les enfants d'Hamelin ont suivi le petit joueur de flûte. Il se régalent du krill que la coque fait jaillir en fendant la glace. Parfois il y en a tellement qu'on croirait que Hitchcock est passé par là."
p.90

"J'ai l'impression que tout le monde, ici, se sent obligé de remplir son existence de vétilles, de s'affairer sans cesse, de ne jamais rien goûter de cette vie. Alors qu'en ce moment je me sens tellement vivant, ils me trouvent probablement improductif en me voyant passer tout ce temps à boire du café et à regarder dans le vide."
p.162

7.5/10

Posté par Allie à 18:36 - Roman Australie - Océanie - Commentaires [4] - Permalien [#]



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