01 février 2007
Baudolino
Baudolino - Umberto Eco
Le livre de poche, 667 pages
Résumé:
Baudolino, un jeune paysan fantasque et menteur, fait la conquête de Frédéric Barberousse et devient son fils adoptif. Baudolino fabule, invente, et, comme par miracle, tout ce qu'il imagine devient histoire. Ainsi, il écrit la lettre mythique du Prêtre Jean, qui promettait à l'Occident un royaume fabuleux dans le lointain Orient gouverné par un roi chrétien, et qui fit rêver de nombreux voyageurs, dont Marco Polo. Aventure picaresque, roman-histoire d'où émergent en germe les problèmes de l'Italie contemporaine, récit fantastique, théâtre d'inventions hilarantes, ce livre célèbre la force du mythe et de l'utopie.
Mon opinion:
Je viens de terminer ce roman, mon premier Eco, et je cherche la bonne façon d'en parler. Ce roman m'a accompagné pendant quelques semaines. Par moments, je ne réussissais pas à en lire plusieurs chapitres à la fois, alors qu'à d'autres moments, j'engloutissais les pages afin d'en savoir plus sur ce qui allait se produire. À la fois roman-histoire, roman fantastique, épopée, quête, avec certains chapitres qui se rapprochent du roman policier, ce gros pavé médiéval nous raconte une histoire tellement complexe, des histoires dans l'histoire, qu'en faire un résumé est presque impossible.
Personnellement, ce n'est pas un livre que je peux refermer en passant rapidement à autre chose. J'ai eu parfois du mal à saisir toutes les subtilités du roman, surtout lorsque l'auteur nous parle des religions et des conquêtes de cette période de l'histoire, puisque je n'y connais pas grand chose. Toutefois, c'est un livre qui me reste en tête. Le dictionnaire m'a accompagné tout le long de ma lecture et pourtant, malgré certaines difficultés du texte, j'ai vraiment apprécié ce livre.
Je n'ai pas terminé de le digérer, d'y penser, d'en parler. Je ne peux passer tout de suite à une autre lecture. Baudolino et ses compagnons sont toujours avec moi.
Je ne connaissais pas vraiment Umberto Eco et son érudition me faisait très peur. J'ai même failli ne pas ouvrir ce roman. Ça aurait été bien dommage. Pour moi, ce roman a demandé un certain effort de concentration et quelques recherches. J'ai aussi dû faire quelques pauses pour être en mesure de réfléchir à ce que je lisais. Je pense que ce livre ne plaira pas à tous, mais moi j'ai aimé. J'ai aussi adoré la fin de l'histoire. J'ai aimé l'écriture d'Eco et j'ai bien l'intention de découvrir les autres romans de cet auteur, au fil du temps...
Un extrait:
"En bas, c'était un vrai fleuve de flammes, tombaient à terre les portiques, s'écroulaient les palais, se brisaient les colonnes, les globes de feu qui se détachaient du centre de cet embrasement consumaient les maisons lointaines, puis les flammes, poussées par les vents qui capricieusement alimentaient cet enfer, revenaient dévorer ce que d'abord elles avaient épargné. En haut, s'élevaient des nues denses encore rougeoyantes à leur base sous les reflets du feu, mais de couleurs différentes, savoir si par une illusion des rayons du soleil levant ou par la nature des épices, des bois et d'autres matières brûlées à l'origine. Non seulement: selon la direction du vent, de différents points de la ville provenaient des arômes de noix de muscade, de cannelle, de poivre et de safran, de sénevé ou de gingembre - c'est ainsi que la ville la plus belle du monde brûlait, certes, mais tel un brasier d'arômes exhalant leurs parfums."
8.5/10
Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.
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21 juillet 2005
City
Lu: juillet 2005
Résumé:
"D'abord le titrer. Une ville. Pas une ville précise. Plutôt l'empreinte d'une ville quelconque. Son squelette. Je pensais aux histoires que j'avais dans la tête comme à des quartiers. Et j'imaginais des personnages qui étaient des rues, et qui certaines fois commençaient et mouraient dans un quartier, d'autres fois traversaient la ville entière, accumulant des quartiers et des mondes qui n'avaient rien à voir les uns avec lkes autres et qui pourtant étaient la même ville. Je voulais écrire un livre qui bouge comme quelqu'un qui se perd dans une ville.
Des personnages - des rues - il y en a beaucoup : il y a un coiffeur qui le jeudi coupe les cheveux gratis, il y en a un qui est un géant, un autre qui est muet. Il y a un petit garçon qui s'appelle Gould, et une fille qui s'appelle Shatzy Shell (rien à voir avec celui de l'essence). Il y a aussi dans City deux quartiers, assez vastes, un peu décalés en arrière dans le temps. Il y a une histoire de boxe, et il y a un western. Le western, c'est quelque chose à quoi je pensais depuis des années. J'étais toujours là à essayer de m'imaginer comment diable on pouvait bien faire pour écrire la fussillade finale. Quant à la boxe, là c'est un monde dingue, superbe. Si en plus tu es qulqu'un qui écrit, tôt ou tard tu y viens. Mieux vaut tôt, me suis-je dit. » A.B.
Mon opinion:
City est un drôle de roman. J'avais entendu plusieurs commentaires négatifs sur ce livre mais je l'avais quand même acheté. Mon opinion ne diffère pas beaucoup des autres commentaires, malheureusement. J'ai été un peu déçue car j'avais beaucoup aimé Soie du même auteur. City n'est pas un si mauvais livre en soi. L'idée est originale et l'histoire est constituée d'une sorte de collages de situations, de personnages, de vies, comme les rues labyrinthiques d'une ville. Plusieurs personnages entre en scène, des réels, des imaginaires, et ce qui m'a le plus agacée au niveau de la lecture est que l'auteur passe d'un à l'autre sans nous avertir. Il faut être très alerte pour ne pas perdre le fil! À travers les personnages, le lecteur a droit à un combat de boxe, l'histoire d'un petit garçon qui est un génie, une jeune femme qui le garde, un western (assez intéressant), un discours sur les Nymphéas de Monet, un autre sur les vérandas... Il ne faut pas s'attendre à lire un roman uniforme, avec une histoire continue. Ce n'est pas le cas et c'est très déstabilisant. Je dois avouer qu'aux trois quarts du livre, j'ai commencé à sauter des pages, ici et là. En général j'ai aimé le contenu du livre mais c'est sa forme cahotique qui m'a dérangée. Et les longues descriptions de combats de boxe... Si on aime le genre, parfait, sinon ce livre n'est peut-être pas pour vous.
Quelques extraits:
"L'arbitre siffle mais le sifflet, plein d'eau, ne fonctionne pas, l'avant-centre tire avec le coup-de-pied, l'arbitre siffle de nouveau mais le sifflet s'enraye encore, le ballon vient se planter en pleine lucarne, l'arbitre essaie de siffler dans ses doigts mais ne réussit qu'à se baver dans la main, l'avant-centre part comme un possédé vers le piquet de corner, enlève son maillot, prend appui sur le piquet, esquisse quelques pas d'une dans brésilienne imbécile avant de finir réduit en cendres par un éclair venu frapper en plein ledit piquet."
p.118
"Contrairement à ce qu'une consommation naïve pourrait le suggérer, les Nymphéas ne montrent pas des nymphéas, mais le regard qui les regard. [...] ...Les Nymphéas présentent une absence de coordination, autrement dit qu'ils apparaissent flottant dans un espace sans hiérarchie, où il n'y a ni proximité ni éloignement, ni dessus ni dessous, ni avant ni après. Techniquement parlant, c'est le regard d'un oeil impossible. Le point de vue qui les regarde n'est pas au bord de l'étang, il n'est pas en l'air, il n'est pas à fleur d'eau, il n'est pas loin, il n'est pas dessus. Il est partout."
p.145
"Moi j'aime bien aller sous l'eau. Là-dessous c'est pas pareil. Il n'y a pas de bruit, tu ne peux pas faire de bruit, même si tu veux, tu ne peux pas le faire, c'est sans bruit, là-dessous. Tu bouges lentement, de toute façon tu ne peux pas faire des gestes brusques, ou je ne sais pas, des gestes rapides, tu dois bouger lentement, tout le monde est obligé de bouger lentement. Tu ne peux pas te faire mal, personne ne peut t'envoyer ces grandes claques stupides dans le dos, ou des choses de ce genre, c'est un bel endroit."
p.173
"Les gens du chemin de fer réfléchirent un peu à la question. Ils dirent que ce n'était pas l'idéal de faire passer une voie ferrée sur une terre où le temps n'existait plus. Probablement s'imaginaient-ils des trains qui s'évanouissaient dans le néant, et se perdaient à jamais. Ils revendirent les terrains et firent passer la voie ferrée plus à l'ouets. Ici, personne n'en fit un drame. Qui est habitué à vivre sans destin peut bien vivre sans une voie ferrée."
p.404
6/10
10 septembre 2003
Soie
Lu: septembre 2003
Résumé:
"Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains.
Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable."
Mon opinion:
Soie est un roman émouvant, tant par l'histoire qu'il raconte que par la beauté des mots qui coulent doucement. Un court roman qui marque, qui porte le lecteur très loin, dans le Japon de 1860. C'est selon moi un des meilleurs romans de Alessandro Baricco. On en voudrait toutefois un peu plus et on étire la lecture pour garder avec soi, un peu plus longtemps le monde de Baricco. À découvrir!
9.5/10











