09 avril 2008
Naufrages
Naufrages - Akira Yoshimura
Actes Sud, 190 pages
Résumé:
Dans un village isolé entre mer et montagne, une petite communauté tente d’échapper à la misère en entretenant d’étranges coutumes. Isaku n’a que neuf ans lorsque son père part se louer dans un bourg au-delà de la montagne. Devenu d’emblée chef de famille, Isaku se voit attribuer une responsabilité dont il ne peut imaginer les conséquences. Une tempête s’annonçant cette nuit-là, d’immenses feux sont allumés sur la plage. Chargé de surveiller ce rite ancestral, Isaku va assister à l’arrivée d’un navire qui, ayant repéré les feux depuis le large, s’approche de la plage pour échapper au naufrage. Mais une barre rocheuse déchire la mer aux abords du village, et le piège se referme sur ce bateau qui, sous les yeux horrifiés de l’enfant, sombre en offrant à la communauté sa précieuse cargaison.
Mon opinion:
Naufrages nous amène dans une petite communauté, perchée sur une terre aride face à la mer. Le roman nous raconte la vie et la survie de ce village au fil des saisons qui passent. Le père d'Isaku a dû se vendre au village voisin, pour trois ans. L'argent offert à la famille leur permet de survivre durant ce temps. Le roman débute lorsque le père d'Isaku quitte la communauté et se termine au bout des trois ans de son absence. Pendant ce temps, Isaku, l'aîné de la famille, doit démontrer ses talents de pêcheur et de travailleur pour subvenir aux besoins de sa mère, ses frère et soeurs. Nous sommes témoins des travaux qui passent au fil des saisons: les naufrages et la cuisson du sel, les sardines, les maquereaux et les encornets. Vient ensuite les travaux dans les bois, la cueillette de fruits et de légumes ainsi que le matériel qui servira à confectionner du tissu pour se vêtir. Les rituels concernant les morts, les naissances, le statut de chacun dans la communauté ou l'approvisionnement en nourriture, en sel, les coutumes, les offrandes, la pêche, tout nous est raconté dans le détail et c'est réellement captivant. Toute la vie de la communauté est reliée aux naufrages, d'une façon ou d'une autre. Leurs espoirs et leurs bonheurs sont dépendants du malheur des autres. Tout ne tient qu'à la survie et à la continuité d'une communauté qui existe depuis nombre d'années...
Un livre que j'ai beaucoup aimé, d'un style sobre et d'une écriture qui m'a tout de suite plu. Un nouvel auteur à ajouter à ma liste à découvrir de nouveau.
Quelques extraits:
"La mort d'un homme, sur le moment, attristait la famille et le reste du village, mais on croyait au retour des âmes et on se résignait vite. La vie était un don des dieux et des bouddhas, et quand venait la mort, l'âme humaine partait aux confins de la mer, pour ensuite revenir dans le ventre d'une femme afin de revivre dans le corps d'un bébé. La mort n'était pour l'âme qu'une période de profond repos précédant son retour, et les villageois croyaient que se lamenter trop longtemps troublait la paix de l'âme du mort. Dans le cimetière, on dressait les pierres tombales et les stûpas face à la mer pour favoriser le retour des âmes au village."
p.12
"Dès que les feuilles perdaient leur couleur et commençaient à tomber, la mer s'agitait. Après une brève accalmie, les flots déchaînés venaient battre les rochers pendant quelques jours, propulsant des paquets d'écume jusque sur les maisons. La mer démontée faisait don, parfois, de richesses insoupçonnées qui n'avaient rien à voir avec les maigres récoltes ou la pêche habituelle. Dans ce cas-là, et pour plusieurs années, les villageois n'étaient plus obligés de se vendre. Cela arrivait rarement, mais l'espoir persistait. Le rougeoiement des feuilles annonçait l'imminence de cette période."
p.18
29 mars 2008
Auprès de moi toujours
Auprès de moi toujours - Kazuo Ishiguro
Folio, 440 pages
Résumé:
Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d'adultes.
Mon opinion:
Comment bien parler de ce livre sans en dire trop et gâcher tout le plaisir? Ce roman est construit en trois parties. La première parle de Hailsham et de la vie là-bas. La seconde parle de la vie aux Cottages et la troisième partie, du travail d'accompagnant et de la vie après Hailsham et les Cottages. Tout ça ne vous dit probablement rien du tout si vous n'avez pas lu le livre et c'est normal. L'auteur nous décrit un endroit étrange, mystérieux, un monde anticipé, mais qui se trouve toutefois dans le passé, soit dans les années 1990. J'ai aimé ma lecture. J'ai apprécié tout ce qui est soulevé dans le roman. Je ne reproche qu'une chose à ce livre: ses longueurs. Surtout le milieu, qui s'éternise un peu. Est-ce à l'image des vies des personnages qui sont si vides de sens?
C'est un livre qui plaira beaucoup ou alors pas du tout. J'ai beaucoup aimé, pour la construction de l'histoire et la réflexion qu'elle impose.
L'auteur nous tient intentionnellement dans l'incompréhension. Le style est méthodique, tranché. Kath nous raconte ce qui s'est passé avec une sorte de détachement qui donne froid dans le dos. Elle relate des faits. Ne remets pas grand chose en question et nous expose simplement sa vie et celles des autres jeunes d'Hailsham. L'auteur nous tient dans le secret jusqu'à la fin de la première partie. On ne sait pas trop de quoi il parle, mais on écoute ce que Kath a à nous raconter. Puis, tout à coup, les pièces du casse-tête se mettent en place pour révéler une étonnante histoire d'anticipation. Ce roman soulève une question importante sur notre société de progrès, de contrôle. J'ai été bouleversée par ce qu'on apprend dans la troisième partie. C'est une vision effrayante sur laquelle on pourrait discuter longtemps. Si on s'attarde à ce que l'auteur nous offre comme tableau, on peut se demander comment tout ça serait disposé dans la "vraie" vie. Est-ce qu'en tant que société on pourrait accepter que des endroits comme Hailsham existent un jour? Au train où vont les choses, la réponse me fait malheureusement bien peur...
Un gros merci à Loutarwen qui m'a offert ce roman. Il me donne envie de lire à nouveau Ishiguro!
27 janvier 2008
L'annulaire
L'annulaire - Yôko Ogawa
Actes Sud, 94 pages
Résumé:
Dans un ancien foyer de jeunes filles transformé en laboratoire, M. Deshimaru, taxidermiste du souvenir, prépare et surveille des "spécimens", tandis que la narratrice de ce récit, assistante et réceptionniste, accueille les clients venus confier au mystérieux spécialiste d’insolites bribes de leur histoire : des ossements d’oiseau, quelques champignons microscopiques, une mélodie, une cicatrice…
Amputée d’une infime partie d’elle-même depuis un accident du travail, la jeune assistante tombe peu à peu sous le charme du maître de ce lieu de mémoire malsain et fascinant.
Mon opinion:
Yôko Ogawa a le don d'envoûter son lecteur. J'avais beaucoup moins aimé Parfum de glace à l'époque, mais je me reprends avec L'annulaire qui est une plaquette vraiment fascinante. L'histoire ne dit pas tout. On a l'impression de flotter en plein mystère. C'est un texte étrange qui nous est livré, une histoire d'amour presque malsaine. Le livre baigne dans le mystère. Le laboratoire fascine et donne le frisson à la fois. Certaines parties du livre sont vraiment belles (quand la dame apporte au laboratoire une partition de musique par exemple) alors que d'autres parties sont découpées au scalpel, froidement, méticuleusement. C'est un récit un peu flou qui met presque mal à l'aise. Toutefois, l'auteur a le talent de rendre, en quelques phrases, une atmosphère si réelle de froideur, de tension, de mystère, mais aussi de pousser le lecteur à continuer la lecture.
Il n'en reste pas moins une histoire fascinante qui me réconcilie avec l'auteur et me donne envie de pousser plus loin la découverte. J'ai beaucoup aimé ce court récit!
24 janvier 2008
Pour qui te prends-tu?
Pour qui te prends-tu? - Li Chi
Actes Sud, 154 pages
Résumé:
Convoqué à un conseil de famille mouvementé, Lu Wuqiao, aîné de quatre enfants, est chargé de trouver une solution rapide et efficace aux problèmes de ses frères et sœurs : l’infortunée Lu Zhangzhu, abandonnée par son mari mais qui refuse le divorce ; la délicieuse Lu Wuli, dépendante et immature ; Lu Jianshe, qui gagne sa vie en escroquant les naïfs au bonneteau. Divorcé, en situation précaire, Lu Wuqiao, qui fait face à d’innombrables difficultés professionnelles, tombe, de surcroît, amoureux d’une étudiante semblant vraiment venue d’un autre monde…
Mon opinion:
Ce roman peint un portrait de la Chine qui entre dans l'ère moderne. On voit que les plus âgés ont du mal à comprendre les bouleversements qui les entourent alors que les plus jeunes, dépendent tous un peu des autres. Par son sujet, ce roman m'a un peu fait penser à La cage entrebâillée de Lao She. Le style d'écriture est néanmoins différent. Dans Pour qui te prends-tu? nous sommes témoins de l'évolution des moeurs chinoises, le divorce est chose plus courante, mais difficilement accepté par les familles et les parents âgés. Le travail et les conventions ainsi que la famille est au coeur de l'histoire. Lu Wuqiao est au centre de la famille. Il a "bien" réussis et sera le pourvoyeur des uns, le soutient des autres, celui vers qui ont se tourne pour régler les problèmes. C'est essentiellement sa vie qui nous est racontée.
C'est un roman que j'ai bien aimé puisque l'histoire est racontée avec finesse. C'est court mais en quelques chapitre l'auteur nous parle de la Chine d'un point de vu social et économique et c'est ce qui est intéressant. On voit la différence de classes sociales, la classe ouvrière qui arrive difficilement à joindre les deux bouts (plusieurs sont sans emploi) alors que les plus riches s'enrichissent de plus en plus.
Je relirai assurément cet auteur que je découvre tout juste.
21 janvier 2008
Et tout ce qui reste est pour toi
Et tout ce qui reste est pour toi - Xing Xu
De l'Olivier, 217 pages
Résumé:
Pékin. Le narrateur est sommé par le comité de quartier de surveiller l’entrée de l’immeuble. Le voici installé sur un petit banc, où il préfère regarder passer les filles. Une antenne de télévision est volée sous son nez. Il la retrouve quelques jours plus tard sous le bras d’une vague connaissance avec qui il sympathise et qu’il suit dans le milieu marginal des « artistes » pékinois. Jusqu’à ce que tous ces peintres, acteurs et « intellectuels » provoquent chez lui un peu de dégoût et beaucoup d’ennui. Il est temps de changer d’air. À tout hasard il laisse tomber son doigt sur une carte : le Tibet !
Mon opinion:
Je n'arrive pas à parler correctement de ce livre. J'écris quelques phrases, je les efface. Je n'arrive même pas à me faire une idée concrète de ce que j'ai lu, ni si j'ai aimé ou non. Le roman m'a laissé de marbre. Les personnages ne sont pas attachants. Le sujet me laisse froide. La quatrième de couverture parle d'un auteur phare pour la jeune génération. J'imaginais une sorte de Jack Kerouac chinois. J'ai été bien, bien déçue... Certes, le roman se lit bien. Il trace le portrait d'une jeunesse perdue qui n'a pas vraiment confiance dans le système et se tient en marge de la société. Les jeunes du roman rêvent d'une vie de facilités, de menus larcins et de la loi du moindre effort. Ils contestent la société. C'est aussi un portrait de la Chine en changement... Mais pour moi, il manque vraiment quelque chose pour que ce soit vraiment intéressant. J'ai ouvert le livre, je l'ai refermé. Et il ne m'en reste rien.
Danaée a lu ce roman et en parle beaucoup mieux que moi.
01 décembre 2007
Les belles endormies
Les belles endormies - Yasunari Kawabata
Le livre de poche, 124 pages
Résumé:
Dans une mystérieuse auberge, de jeunes femmes sont endormies par un puissant narcotique afin que des vieillards en mal de plaisirs puissent à leurs côtés, sans qu’elles en aient conscience, y passer une nuit : ce sont les Belles Endormies.
Mon opinion:
Il s'agit de ma première lecture d'un roman de Kawabata et sûrement pas la dernière. Ce petit livre m'a beaucoup plu! Le sujet aurait pourtant quelque chose de dérangeant, mais c'est si bien écrit que ça coule de source et qu'on lit avec plaisir ce roman quelque peu étrange. Situé entre l'amour et l'érotisme, c'est aussi une sorte de méditation sur la vieillesse et la jeunesse. Ce roman n'est jamais vulgaire. Un vieil homme fréquente les Belles endormies. C'est l'occasion pour lui de revenir sur ses relations amoureuses et ses relations avec les femmes en général. L'écriture est très dépouillée, très simple, mais en même temps remplie d'une certaine tendresse et d'une fascination pour le passage du temps, de la jeunesse à la vieillesse et à la mort. J'ai très envie de découvrir d'autres romans de l'auteur, dont Pays de neige qui m'attire beaucoup!
Yasunari Kawabata a remporté le Prix Nobel de littérature en 1968.
Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.
11 septembre 2007
Violon
Violon - Anna Moï
Flammarion, 196 pages
Résumé:
C'était le jour de la Baleine, et aussi le dernier jour de son enfance, mais cela, Adèle ne le savait pas encore.
Mon opinion:
Violon parle de deux soeurs. Adèle est polyglotte. Garance a un don pour la musique. Leur famille est singulière et fantasque. Un père retiré. Une mère qui collectionne la couleur rouge. Une grand-mère peu gentille. Les deux jeunes filles sont entourées de gens étranges. Le roman l'est tout autant. Je m'attendais, en l'ouvrant, à un livre où le violon prendrait une grande importance. C'est très vrai au début, avec certains beaux passages, c'est moins vrai à la fin, alors que l'auteur en parle peu. Violon, c'est le récit de l'enfance d'Adèle et Garance. Le roman ne raconte rien en ordre chronologique. Par bribes, à travers les événements, nous découvrons ce qu'a été l'enfance et la perte d'enfance de ces deux jeunes filles. Un roman un peu étrange, ponctué de monceaux de conversations qui s'incrustent dans le récit. Une balance qui oscille à travers le temps et partage au lecteur, certains moments du passé. Est-ce que j'ai aimé? Oui, surtout au début, un peu moins vers la fin.
Quelques extraits:
"Je suis luthière. C'est un métier de peu de mots, presque un métier du silence. Ou alors, je dirais que je suis une ventriloquesse du bois. Mais ce serait un peu une injure à la ventriloquie. Il ne faut pas oublier que les vrais magiciens sont les musiciens..."
p.15
"Tu vois, beaucoup de violonistes sont juifs et russes ou juifs et ukrainiens, le violon leur convient, c'est un instrument qui embrase les froidures"
p.44
"Le vide, matrice du son, reste une matière furtive. Quand on colle son oreille aux ouïes d'un violon, on n'entend pas la mer. Ni la forêt d'où vient l'arbre."
p.52
09 mai 2007
Funérailles célestes
Funérailles célestes - Xinran ![]()
Éditions Philippe Picquier, 190 pages
Résumé:
Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a préparée - le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.
Mon opinion:
Funérailles célestes est un livre qui m'a profondément touchée. Il raconte une histoire tragique, une vie de recherches, de quête, une vie consacrée au grand amour perdu. Certains passages sont touchants et très beaux, que ce soit l'amour que se porte Wen et Kejun ou l'apprentissage de la vie Tibétaine. Wen est confrontée aux différences de culture, de vie et de croyances et doit apprivoiser une nouvelle façon de voir les choses, de vivre et de communiquer. Ses bases durement acquises dans sa vie chinoise ne lui servent pratiquement à rien dans la vie nomade tibétaine. Les passages de la vie des nomades m'ont d'ailleurs fascinée. On suit leur périple au rythme des saisons et c'est cette partie du récit qui m'a le plus intéressée. La façon qu'ont ces gens de communiquer entre eux (par messages laissés sur les montagnes ou aux voyageurs rencontrés le long du chemin) me semble à la fois essentielle et si précaire. Les descriptions des repas, des rites et des coutumes m'ont donné envie d'en apprendre plus sur ce peuple. On apprend également ce que sont des Funérailles Célestes. Aux yeux d'un Occidental, ce rituel vers la mort est plutôt confrontant (voire horrifiant) par rapport à nos convictions, alors que pour les Tibétains, il s'agit d'une harmonie du corps du défunt avec la terre et le ciel...
La postface remet les choses en perspective et m'a enlevée quelques illusions laissées par le récit. J'aurais préféré ne pas la lire et me laisser bercer par l'histoire de Wen que j'ai envie de croire, telle que l'a décrite Xinran, même si l'auteur semble avoir pris quelques libertés avec l'histoire.
J'aurais aimé présenter un extrait du récit, mais j'en aurais sélectionné beaucoup trop. Je préfère vous laisser découvrir ce livre par vous-même. J'espère que vous aurez autant de plaisir que moi à le lire.
Plusieurs ont lu ce livre dernièrement et les avis pleuvent sur la toile. Cependant, ma lecture a coïncidée avec celle de Cathe, je vous invite donc à aller lire son avis!
9.5/10
Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.
04 mai 2007
La cage entrebâillée
La cage entrebâillée - Lao She
Folio, 436 pages
Résumé:
Dans les années 30, un mot nouveau fait fureur à Pékin tout le monde parle de divorce. Victimes du système traditionnel des mariages arrangés, tous aimeraient bien profiter de la nouvelle législation pour voler de leurs propres ailes. Lao Li, qui a fait venir sa famille de la campagne, et ses collègues de bureau voient leurs épouses se liguer contre eux. Seul Zhang, l'entremetteur, se croit à l'abri de la contagion; en réalité, d'autres dangers le guettent.
Mon opinion:
Satire de la société chinoise des années 30, La cage entrebâillée tourne au ridicule plusieurs situations familiales, matrimoniales et sociales. Lao She dresse un portrait de la Chine, des mentalités de l'époque et de ce pays, de la façon de concevoir le mariage, la vie de couple et les enfants. Le divorce est une nouveauté à la fois souhaitée par certains et méprisée par d'autres. Chaque personnage du roman remet en question sa condition de mari ou de femme. Veut-on toujours de ces mariages arrangés qui n'arrange en fait que les autres? Au-delà de la vie de couple, il y a les convenances et les conventions sociales qu'on se doit de respecter. La honte peut nous tomber dessus à tout moment et il n'y a qu'un pas à traverser pour être méprisé et exclus du cercle social. Lao She a beaucoup d'humour. Ses personnages sont intéressants. L'histoire fait parfois sourire, parfois grincer des dents quand on constate le fossé qui sépare les mentalités d'aujourd'hui à celle d'autrefois. Le roman nous offre également un voyage en Chine avec ses différents quartiers de Pékin et sa gastronomie. J'ai beaucoup aimé cet aspect culturel du roman. Pour quelques heures, j'ai eu l'impression de faire un saut dans le temps et dans l'espace. J'ai donc beaucoup apprécié ce livre! Je relirai d'autres romans de Lao She qui m'a plu pour son humour et pour l'impression d'y être un peu, moi aussi, dans la Chine des années 30.
Un extrait:
"Le silence entre époux est un peu comparable à une théière qui n'aurait pas de bec: on ne peut rien en tirer, mais si on l'agite trop fort et qu'on la renverse, on ne peut empêcher les feuilles qui sont à l'intérieur de sortir et on répand du thé sur toute la table."
p.195
Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.
09 avril 2005
Parfum de glace
Parfum de glace - Yôko Ogawa
Lu: avril 2005
Résumé:
"À la mort de son compagnon, Ryoko réalise qu'elle ne savait rien de lui. Le jeune homme, prénommé Hiroyuki, s'est suicidé dans son laboratoire de parfumeur, où il composait des senteurs exceptionnelles en mettant en pratique son incomparable mémoire olfactive et ses capacités scientifiques. En retournant sur les lieux du drame, Ryoko espère comprendre les raisons de cet acte désespéré, mais elle ne trouve rien si ce n'est quelques phrases énigmatiques enregistrées sur une disquette.Incapable de faire le deuil de cet homme étrange, Ryoko recompose lentement son passé. Et c'est à Prague, où il serait venu quinze ans plus tôt, que la mémoire et les parfums se répondent..."
Mon opinion:
Un roman dont j'ai lu la première moitié avec beaucoup d'attention. On se laisse facilement entraîner dans l'histoire qui est assez mystérieuse. On veut naturellement en savoir plus sur Hiroyuki. Cependant, passé la moitié du livre, le roman est un peu mélangeant, passant de la vie de Ryoko avec la famille de son compagnon, à son voyage à Prague et à un homme rencontré dans une grotte... La première partie a des airs de romans policier et la seconde partie, d'un roman plutôt étrange dont on ne sait où l'auteur veut nous amener... Je voulais lire ce livre de Yôko Ogawa depuis longtemps. J'ai été plutôt déçue en tournant la dernière page.
6/10









