10 septembre 2007
Le sentier des Roquemont tome 2: Le passage du flambeau
Le sentier des Roquemont tome 2: Le passage du flambeau - René Ouellet
Hurtubise HMH, 480 pages
Résumé:
Le second tome du Sentier des Roquemont prend place durant un quart de siècle déterminant pour le Québec, de 1950 à 1976, alors qu’il sort de la Grande Noirceur pour entrer de plein-pied dans la modernité, en quête de son identité et de ses ressources. À Saint-Raymond-de-Portneuf, les Roquemont aussi se voient confrontés au changement, à l’évolution, à l’innovation. Après la vente de sa boulangerie, Majel décide de démarrer une nouvelle entreprise plus ambitieuse, dans le domaine du bois d’œuvre. Au prix d’un travail acharné, sa compagnie devient florissante et fait de lui un personnage en vue dans la région. Anna, toujours présente, l’épaule de son mieux, tandis que les fils, Charles et Paul poursuivent des parcours académiques impressionnants. Un voyage en Norvège, offert à Majel en reconnaissance d’un service rendu à la famille royale du pays, est le point culminant d’un bonheur chèrement conquis. Puis la vie, avec ses aléas et ses ironies, ramène les Roquemont à la dure réalité. Revers de fortune, litiges juridiques, problèmes de santé, drames, rien n’épargne le couple, qui devra repartir à zéro. Mais c’est compter sans la volonté et le courage de Majel, et la détermination et l’altruisme de la nouvelle génération des Roquemont, qui affirme sa présence et prend résolument le flambeau de la lignée.
Mon opinion:
Ce deuxième tome de la saga des Roquemont se déroule à l'ère des changements. Le travail est plus difficile à trouver pour ceux qui manquent cruellement d'instruction. Majel en souffrira une grande partie de sa vie. Il devra changer souvent d'emploi, perdra ses acquisitions et aura souvent l'impression de ne rien avoir accompli. On parlera beaucoup de la création et de la mise en place d'une entreprise. Ce second tome est un peu plus à l'ère du changement et des entreprises. On quitte peu à peu de travail du bois pour créer des entreprises. La nature m'a semblée moins présente, mais certains passages sont particulièrement touchants. Il n'y a qu'à penser au camp de chasse lorsque toute la famille s'y retrouve... On voit également que Majel doit faire face à la dualité entre un emploi stable et rémunérateur et l'appel de la nature qui le pousse vers les grands espaces.
Chaque chapitre se termine toujours par une revue des faits saillants historiques de l'époque, tant sur la scène nationale qu'internationale. C'est très intéressant de se remémorer ces événements et de replacer l'histoire dans un contexte historique.
Ce second tome est plus émotif que le premier, avec beaucoup de péripéties pour la famille de Majel. On sent un changement d'atmosphère. On s'éloigne de la vie de bûcheron et d'homme des bois pour retrouver un Québec qui entre de pied ferme dans la modernité.
L'illustration de la couverture est toujours aussi magnifique que celle du premier tome!
Le site web officiel de l'auteur.
11 janvier 2007
Le château à Noé tome 2: La chapelle du diable (1925-1943)
Le château à Noé tome 2: La chapelle du diable (1925-1943) - Anne Tremblay
Guy Saint-Jean Éditeur, 429 pages
Résumé:
Malgré la mort de son père, François-Xavier Rousseau coule des jours paisibles avec Julianna. Mais le bonheur ne durera pas. Bientôt, les barrages construits sur le bord du lac Saint-Jean provoquent la catastrophe. Des villages sont inondés, des terres entières sont noyées, des dizaines de cultivateurs se retrouvent ruinés. François-Xavier et Ti-Georges ne sont pas épargnés. Durant ces années difficiles, chacun cherche un peu d'espoir à travers un avenir qui semble trop sombre. Les cultivateurs lésés tenteront d'obtenir justice, mais le combat sera rude. La famille Rousseau vit bien des hauts et des bas, allant de l'espérance à la déception. Des drames se produiront et des secrets se dévoileront. Une importante page d'histoire se dévoile sous nos yeux. On assiste à des événements qui ont marqué notre société, de la crise économique en passant par l'avènement au pouvoir de l'Union Nationale de Duplessis jusqu'à la mort du célèbre frère André.
Comment les personnages feront-ils leur place au milieu de toutes ces péripéties? Que restera-t-il de ce que François-Xavier a bâti?
Ernest, son père, n'est plus là pour l'aider. Sa maison, sa fromagerie, son pays et son lac représentent maintenant sa stabilité. Il s'est construit une famille et des repères. Les perdra-t-il?
Mon opinion:
Beaucoup d'émotions dans ce second tome où en plus de 400 pages, il s'en passe des choses! Anne Tremblay a toujours autant de talent pour décrire ses personnages auxquels le lecteur s'est attaché dans le premier tome. Toutefois, elle nous livre un tome plus noir, une vie plus difficile où le ciel menace beaucoup et où souvent, l'orage éclate. La vie est difficile, les gens ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Sous fond de crise économique, de politique et de l'émancipation des femmes, les personnages d'Anne Tremblay tentent de se faire une place au soleil, de conserver les liens qui les unissent même si ce n'est pas chose facile. Il y a beaucoup de déceptions et d'injustice. Je n'ose pas trop en dire de peur de dévoiler l'intrigue, mais c'est avec un pincement au coeur que j'ai refermé ce second tome. J'attend maintenant avec impatience la suite!
Il n'y a pas à dire, Le château à Noé est vraiment une belle saga historique, qui nous replonge dans le Québec des années 1900. Une vraie belle découverte! Vivement la suite!
Le château à Noé tome 1: La colère du lac (1900-1928)
Le château à Noé tome 2: La chapelle du diable (1925-1943)
Un extrait:
"Julianna ouvrit le cahier, le feuilleta, s'arrêta sur la chanson intitulé "Voulez-vous danser Grand-mère.", s'installa sur le banc, plaça le livret sur son appui et déchiffra silencieusement la mélodie. Après un moment d'hésitation, elle se concentra et le joua. C'était un air facile et elle l'interpréta parfaitement du premier coup.
Ses enfants l'écoutèrent d'un air ravi. Ensuite Julianna passa à quelque chose de plus sérieux. Elle étira ses doigts, prit une grande inspiration et entama "Le clair de lune" de Debussy. Elle joua avec tout l'amour qu'elle portait à son époux la mélodie romantique la plus belle du monde. Les notes s'élevèrent et furent transportées par le vent jusqu'au chantier où la forêt la répéta en réponse au coeur d'un homme, qui, la hache à la main, se languissait de savoir si sa princesse l'aimait encore..."
p.386
9/10
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08 janvier 2007
Le château à Noé tome 1: La colère du lac (1900-1928)
Le château à Noé tome 1: La colère du lac (1900-1928) - Anne Tremblay ![]()
Guy Saint-Jean Éditeur, 285 pages
Résumé:
La colère du lac nous met sur les traces d'une jeune femme de Chicoutimi, la chère Joséphine, à qui l'on confie la tâche de prendre soin d'un marin irlandais de passage. Entre deux attentions destinées à faciliter la rémission du malade, naîtront secrètement de tendres regards, de furtives caresses, suivis quelques mois plus tard par la naissance d'un petit être, François, dont Joséphine ne pourra ouvertement partager l'existence. Quelques dures années passent dans la vie de François à l'orphelinat avant qu'il suive à contrecoeur une famille de la Pointe-Taillon venue pour l'adopter. Entre un père qui se révèlera travaillant et aimant, et une mère irritable et malade d'avoir trop perdu d'enfants, François cherchera à faire sa place dans cette maison de la Pointe, ainsi que dans ce qu'il considère désormais comme son nouveau royaume... les abords du majestueux lac Saint-Jean. La splendeur du décor et son amitié nouvelle avec un petit voisin nommé Ti-Georges viendront-elles à bout de ses premières réticences?
Mon opinion:
Je viens de tourner la dernière page du roman et je suis toujours sous le charme des personnages créés par Anne Tremblay. L'auteur a une belle plume imagée, une douceur dans son écriture qui m'a beaucoup plu. L'isolement des familles de colons au bord du Lac-Saint-Jean, leur dur labeur sur les terres, la beauté du Lac et du paysage qui les entoure sont des éléments si bien rendus qu'on s'y croirait! L'auteur trace des portraits de femmes solides, qui vivent des choses tellement difficiles... Une relation père-fils tellement belle. La relation de François avec le lac, son lac, qui lui a fait accepter son adoption et sa nouvelle vie. Il lui parle, il l'aime et c'est très émouvant. Le prologue et l'épilogue sont réservés au lac, qui nous donne matière à réflexion...
J'ai adoré ce premier tome et j'attaque tout de suite, avec impatience, la suite. J'ai cru lire quelque part que cette saga comporterait 4 tomes, mais je ne retrouve plus l'information... J'espère que je ne me trompe pas! Je conseille ce roman à tous ceux qui sont friands de romans historiques! Anne Tremblay a réellement le talent de raconter les choses. À découvrir!
À noter que ce titre a remporté le prix des lecteurs du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean 2006.
Un extrait:
"La colère est la plus traître des vagues... Elle est de celles qui vous roulent, vous broient, vous épuisent... vous noient..."
p.284
9.5/10
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04 janvier 2007
Le sentier des Roquemont tome 1: Les racines
Le sentier des Roquemont tome 1: Les racines - René Ouellet
Hurtubise HMH, 485 pages
Résumé:
1936, Saint-Raymond, comté de Portneuf. Le jour même de son mariage avec Anna Robitaille, la perle rare du canton, Majella Roquemont, jeune homme volontaire et courageux, se voit proposer une offre qu'il ne peut refuser. C'est ainsi que débute l'épopée de Majella qui, pour assurer la survie des siens, ne recule devant aucun défi, aucun métier: arpenteur, bûcheron, draveur, guide, contremaître, entrepreneur forestier, commerçant. La vie est rude, les embûches, nombreuses. Le couple jure que sa progéniture ne connaîtra pas les mêmes misères et se promet bien de la pousser vers les études. Que deviendront les petits Roquemont, Charles, Véronique et Paul?
Mon opinion:
Premier tome d'une série, écrit comme une saga familiale, ce roman de René Ouellet nous parle d'un Québec en plein développement: l'arrivée de l'école obligatoire, des allocations familiales et de l'aide gouvernementale, de la guerre et de ses conséquences, du travail des femmes, de l'arrivée du téléphone dans les foyers...
Les personnages créés par l'auteur sont attachants. Le style est franc, l'écriture simple. Ce livre m'a beaucoup plu. Il s'agit d'une lecture agréable, intéressante, qui retrace une partie de notre histoire en l'intégrant au récit et à la vie de la famille Roquemont. Majella (dit Majel) Roquemont est d'abord membre d'expédition d'arpentage dans le Nord, puis s'occupe de chantiers et de camps de bûcherons. Les conditions hivernales difficiles pour les hommes dans les chantiers sont bien rendues dans le roman, la nature y est très présente et j'ai beaucoup aimé cet aspect de l'histoire. J'ai très hâte de découvrir la suite, le premier tome nous laisse en attente d'un second volume.
L'illustration de la page couverture est de Luc Normandin et elle est vraiment magnifique. Elle démontre bien l'esprit du roman.
À noter que ce titre est le premier de trois tomes. Les autres volets sont à venir. L'auteur m'a gentiment transmit les dates de sortie de ses prochains tomes: le tome 2 devrait paraître en août/septembre 2007 et le tome 3, fin 2007 début 2008.
Un extrait:
"Bientôt, ce fut Noël "sur la ligne". Donaldson avait prévu une dinde et, contre toute attente, une bouteille de brandy. C'était certainement là un accroc au règlement, mais il se défendit en disant:
"C'est écrit dans le contrat, vous savez! Comme chef de l'expédition je dois fournir le boire pour les hommes... Mais à -40°F, il n'y a que cette sorte de liquide qui ne gèle pas!"
Tous les équipiers apprécièrent l'humour de l'anglophone, mais surtout, le goût réconfortant de cette boisson alcoolisée en ce jour de célébration."
p.176
8.5/10
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29 novembre 2006
Docteure Irma tome 1: La louve blanche
Docteure Irma tome 1: La louve blanche - Pauline Gill
Québec Amérique, 536 pages
Résumé:
À Saint-Roch de Québec, en 1883, la jeune Irma est témoin de la mort de son petit frère. De ce drame naît une hantise: l'urgence de soigner les petits malades qui bien souvent, avant l'âge de cinq ans, ne sont pas admis dans nos hôpitaux québécois. Mais pour accomplir cette mission, Irma devrai faire preuve d'une ténacité exceptionnelle: s'expatrier pour étudier la médecine et lutter contre des institutions et des individus réfractaires au changement. Première femme canadienne-française à avoir exercé la médecine au pays, Irma LeVasseur sera fondatrice de l'Hôpital Sainte-Justine et de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus. Femme de tête dotée d'une immense sensibilité, elle sera toute sa vie habitée par deux quêtes: arracher à la mort les enfants malades, oui, mais aussi retrouver sa mère, cantatrice de talent, disparue alors qu'elle n'avait que dix ans.
Mon opinion:
J'ai aimé ce livre mais j'ai quelques réserves. Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé certains chapitres, certains passages, mais je ne suis pas aussi enthousiasme que tous les avis que j'ai pu lire sur ce livre. La vie d'Irma LeVasseur m'a captivée. Sa persévérance, l'oubli d'elle-même dont elle fait preuve est louable à tous les niveaux. C'était une grande dame, un personnage hors du commun qui a travaillé très fort et a beaucoup fait pour qu'aujourd'hui nous ayons les connaissances et les hôpitaux pour enfants que nous avons. Cependant, j'ai trouvé le livre trop long. Il me semble qu'on aurait pu l'épurer un peu... Surtout que ce n'est que le premier tome! On apprend beaucoup sur la vie personnelle d'Irma, ses relations familiales, amicales, ses collègues. Cependant, j'aurais aimé en apprendre plus sur la médecine de l'époque, sur les études d'Irma en Europe, alors que le livre nous apprend seulement qu'elle y est allée et revenue. Deux ans de sa vie qui tiennent en une petite phrase. Ça m'a agacée. Est-ce parce qu'on en sait rien? Est-ce parce qu'il ne reste pas de traces de ce passage là-bas? J'aurais apprécié avoir un mot de l'auteur qui nous explique un peu ses sources, qui décortiquent la réalité du roman, un peu comme l'avait fait Sergine Desjardins à la fin de son roman historique Marie Major. Les lettres que l'on retrouve dans Docteure Irma sont-elles réelles? Une amie qui a lu le livre se posait aussi la question.
Je tourne la dernière page du livre en me posant beaucoup de questions. J'en sais énormément sur sa vie de famille et sur les recherches qu'Irma faisait pour retracer sa mère. On nous en parle en long et en large. Parfois, j'avais une impression de redondance. Par contre, on survole souvent des moments de son histoire comme étudiante ou médecin (le dernier tiers est plus étoffé à ce sujet) alors que c'est justement ce que j'espérais de ce livre. Un portrait d'Irma, mais aussi, un portrait d'elle dans son époque, à travers l'histoire médicale. J'avais peut-être trop d'attentes? Je ne sais pas. Le second tome apportera peut-être réponse à certaines de ces questions...
Malgré tout, j'ai appris quelques petits faits qui m'ont tour à tour étonnée, surprise, déçue. Les femmes aspirantes à la médecine, se voyaient refuser l'entrée dans la plupart des Universités. Lorsqu'elles réussissaient à suivre le cours, on leur interdisait les stages, indispensable à l'obtention de leur diplôme. Des postes alimentaires leur était souvent proposé pour les écarter de la profession. À l'époque, les enfants de moins de deux ans étaient refusés dans tous les hôpitaux du pays. Ils mourraient souvent de maladies infantiles et les parents, manquant de ressources et de connaissances, restaient impuissants face à leur mort. Une scène du roman, où Irma entre chez la famille Brisebois, la famille d'une fillette rencontrée à l'école lors de ses visites aux écoliers, m'a tiré les larmes. De plus, vers 1900, Montréal est décrite comme une ville "dangereuse" où le taux de mortalité est le plus élevé par rapport aux autres villes Nord-Américaines. De quoi faire frissonner...
Quelques extraits:
"La santé, c'est un cadeau de Dieu et il n'y a qu'une façon de l'en remercier: c'est d'en prendre soin tous les jours."
p.448
"De toutes parts, on tire le tapis de sous mes pieds. Même lorsque je les appuie, mes confrères médecins demeurent sceptiques comme leurs pairs face aux capacités de la femme à exercer une profession et à assumer des rôles qu'ils se réservaient. Même si mon expérience et ma formation dépassent celles de nombre d'entre eux, je suis perçue et traitée comme une novice. Mon plus grand défaut, c'est d'être une femme. Par surcroît, une femme qui refuse de ramper."
p.518
7.5/10
27 septembre 2006
La louve des Terre-rompues
La louve des Terre-rompues - Bernard Couët
Éditions JCL, 499 pages
Résumé:
Témoin du massacre de ses parents par les hommes de main d'un riche entrepreneur forestier, la jeune Clara est sauvée in extremis par des Indiens montagnais. Adoptée et protégée par la famille du chef, l'orpheline grandira en cultivant sa haine pour les meurtriers et en mûrissant sa vengeance. Elle devra cependant exercer cette vendetta sans mettre en péril la mission capitale qui, au XIIe siècle, a été confiée à une longue lignée de femmes aux yeux émeraude dont elle fait partie. Y parviendra-t-elle? Réussira-t-elle à survivre pour que s'accomplisse la prophétie qui a guidé les actes de toutes celles qui l'ont précédée?
Cette grande et belle épopée nous fait aussi partager le destin de ces femmes animées par le courage et l'abnégation. Du Morvan au Saguenay, en passant par La Rochelle, Salem, Grand-Pré, Louisbourg, Gaspé, Rivière-Ouelle et Tadoussac, elles ont, pendant des centaines d'années, bravé tous les dangers pour sauver l'humanité d'un terrible désastre.
Mon opinion:
Ce roman est trop court!! Avec près de 500 pages, l'auteur nous livre un roman historique digne des plus grandes épopées. La fin a laissé la lectrice dévoreuse que je suis un peu sur sa faim: j'aurais aimé avoir encore une bonne centaine de pages à lire! Je dois avouer que la quatrième de couverture et l'illustration ne m'attirait pas vraiment. Ne vous y fiez pas! Elle ne rend pas justice au roman. Derrière, se cache un très bon roman, qu'on doit lire vite, car la cadence de l'écriture et des événements le demande. Le lecteur est happé par le récit et ne peut, de toute façon, faire autrement que d'enchaîner les pages l'une après l'autre. Il y a beaucoup de personnages, énormément d'action, ça bouge. L'auteur nous parle d'histoire, naturellement, de déportation, d'Indiens, de crimes, de batailles navales et de conquêtes, de chasse aux sorcières, de prophétie et d'un brin de mystère. L'histoire est un véritable récit de voyage à travers de nombreuses villes et villages, presqu'un récit d'aventures. C'est un roman étoffé, qui mène deux histoires en parallèles qui se recoupent pour n'en former qu'une seule. L'idée est très intéressante. Je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, mais il s'agit d'un roman historique particulier. Un auteur dont j'ai bien envie de découvrir son polar, L'étrange histoire de Monsieur Paul.
9/10
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09 septembre 2006
Marie Major
Marie Major - Sergine Desjardins ![]()
Guy Saint-Jean Éditeur, 484 pages
Résumé:
Sur la toile de fond de la seconde moitié du XVIIe siècle, est recréée la vie tumultueuse d'une femme hors du commun: Marie Major.
L'esprit indépendant et le désir d'apprendre de celle-ci, à un moment où l'on considérait qu'il suffisait aux femmes de savoir juste ce qu'il faut de l'art de plaire en plus de l'art ménager, la conduiront des rues du faubourg Saint-Germain aux couloirs de la Salpêtrière, puis à la longue traversée par bateau qui la mènera avec un espoir renouvelé jusqu'en Nouvelle-France.
Comme la plupart des Filles du roi chargées de venir peupler la colonie, elle prendra mari, Antoine Roy dit Desjardins, dans les quelques jours suivant son arrivée. Or, quelques années plus tard, à une époque encore tout axée sur l'honneur et l'institution sacrée du mariage - le pillier de la colonie - un assassinat troublant perpétré contre Antoine dans un contexte scandaleux ternira grandement la réputation de Marie Major et de son fils Pierre.
Peu importe que les mariages aient été de raison plutôt que d'amour, "il allait de soi qu'une bonne épouse devait pouvoir détourner son mari de la prison et des autres femmes [...] la responsabilité, aux yeux de la majorité des gens, incombait à Marie".
À la suite de ce meurtre, basculera aussis violemment le destin de l'amante d'Antoine, Anne, coupable aux yeux de tous d'une des pires trahisons pour une femme, l'adultère. Mais qu'adviendra-t-il de l'assassin d'Antoine - celui qui, somme toute, aurait commis la pire des fautes aux yeux du lecteur d'aujourd'hui? Est- il possible qu'il s'en sorte mieux que tous dans cette histoire?
Mon opinion:
Roman historique merveilleusement bien documenté, Marie Major nous raconte l'histoire de l'ancêtre de l'auteur. Ce roman n'est toutefois pas construit comme les autres romans historiques que j'ai lus. Faisant la part belle aux faits historiques, aux données sociologiques de l’époque, ce roman traite des moeurs, coutumes et croyances des premiers habitants de la Nouvelle-France. L'auteur ne se contente pas de nous raconter la vie de Marie Major, mais fait le parallèle avec ce qui fut le drame de la vie de cette femme et les crimes et châtiments en Nouvelle-France. De quoi étonner plus d'un lecteur!
On connaît rarement cette partie de l'histoire, soit les dessous des procès, procédures et jugements. En Nouvelle-France à cette époque, la victime était souvent aussi coupable que le criminel et était jugée en conséquence. Les humiliations publiques étaient encouragées pour punir les crimes et servaient d'exemple aux autres colons. Les pendaisons et les humiliations étaient de vrais "spectacles" auxquels assistait la foule. Il arrivait parfois qu'on utilise la pendaison par effigie (pendre une image du criminelle) lorsque celui-ci s'était enfuit. Les châtiments corporels étaient choses courantes: un enfant qui avait volé un pain était marqué au fer rouge de la lettre V (voleur). On coupait la langue à ceux qui blasphémaient, après une septième offense.
Les femmes cachaient régulièrement leurs connaissances, si elles avaient eu la (mal)chance de faire des études. Elles signaient d'une croix les documents relatifs à leur mariage par exemple, pour ne pas éveiller les soupçons et être montrée du doigt comme étant une "précieuse ridicule". La femme qui démontrait le désir d'apprendre était alors taxée d'orgueilleuse. Marie était alors vue comme une extravagante, en avance sur son temps. On parle beaucoup de son métier de sage-femme et j'ai trouvé intéressant d'en connaître plus sur les méthodes utilisées alors. Pour pratiquer légalement la profession, la sage-femme devait avoir en sa possession un certificat de bonnes moeurs. La morale valait beaucoup plus en ce temps que les connaissances et l'habileté à exercer le métier...
Le roman est augmenté d'une annexe volumineuse qui est très intéressante et qui complète bien le roman. On nous livre la généalogie d'Antoine Roy dit Desjardins et de Marie Major, sa femme, ainsi que ceux dont les noms de famille sont susceptibles d'être leurs descendants. Par exemple Alphonse Desjardins, fondateur des caisses du même nom est un de leurs descendants.
Dans l'annexe, une initiative que j'ai beaucoup apprécié: une section pour dénouer le vrai de l'imaginaire, la vraie vie de la fiction dans ce roman. Je trouve intéressant que l'auteur nous explique un peu ses recherches car après la lecture d'un roman historique je me pose souvent la question: "est-ce vraiment ainsi que les événements se sont passés? Quels événements ont pu être vérifiés?". L'auteur donne beaucoup de pistes pour le lecteur avide d'histoire: des livres à lire et des sites Web à visiter pour consulter des documents historiques et en apprendre plus.
L'auteur parle du préjugé entourant le statut de Filles du roi, qui sont souvent vues comme des filles aux moeurs légères, des prostituées. Certes, il y en avait. Cependant, ces filles étaient envoyées en Nouvelle-France pour peupler le pays. Le roman donne envie de se documenter sur cet aspect de l'histoire. J'ai bien envie de lire le livre de Yves Landry sur les Filles du roi.
Si cet aspect de l'histoire vous intéresse, ce roman est assurément à découvrir!
Un extrait:
"Platon [un esclave] était sans nom et sans voix. Il n'avait pas d'existence légale. Il ne pouvait rien revendiquer. Il pouvait, très exceptionnellement témoigner devant le juge, mais son témoignage valait moins que celui d'un homme libre. Il ne pouvait se plaindre d'éventuels mauvais traitements de son maître. Il ne pouvait contester s'il était vendu à un autre.
La situation de Marie était semblable. Elle était sans voix. Une fois mariée, elle ne pouvait prendre aucune décision concernant leurs biens sans la permission écrite de son mari. Elle ne pouvait rien revendiquer. Elle pouvait témoigner devant le juge, mais son témoignage valait moins que celui d'un homme. Elle ne pouvait se plaindre d'éventuels mauvais traitements de son mari, sauf s'il mettait sa vie en danger et que ses cris empêchaient les voisins de dormir. Elle était le "bien" de son mari. Marie était une Fille du roi qui, comme l'avait clairement exprimé le curé, serait bientôt livrée à un maître."
p.104
En complément:
Le site web de l'auteur
9/10
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16 juin 2006
Coeur de Gaël tome 4 : La rivière des promesses
Coeur de Gaël tome 4 : La rivière des promesses - Sonia Marmen
Éditions JCL, 660 pages
Résumé:
Au milieu du XVIIIe siècle, Alexander Macdonald est soldat de l’armée anglaise en terre de Nouvelle France tout récemment conquise. Amoureux d’une Canadienne française de Québec, Isabelle, il ne peut en aucun cas unir sa destinée avec celle qu’il considère comme la femme de sa vie. Les chemins retors du destin ont fait en sorte que, malgré des sentiments réciproques brûlants, tout les sépare cruellement, inexorablement.
C’est un amour impossible, qui condamne Alexander à devenir un «chien errant». À l’instar de Pierre-Esprit Radisson quelques années plus tôt, il se retrouve malgré lui chez les Iroquois où il développe une tendre relation avec Tsorihia, une magnifique jeune femme qui l’aime puissamment tout en sachant qu’une autre hante les jours et les nuits d’Alexander.
Non, il n’a jamais oublié Isabelle, jamais, pas un seul instant depuis que les lois des hommes les ont séparés.
Tourmenté, obsédé par le besoin de retourner vers celle dont l’absence le consume à petit feu, finira-t-il par quitter la tribu qui l’a adopté ? Cette passion qui le dévore aura-t-elle raison du regard bouleversant de la lumineuse Tsorihia ?
Mon opinion:
Ouf! Un quatrième tome riche en rebondissements! Il se passe tellement de choses que le lecteur est littéralement happé par l'histoire. On voudrait lire plus vite pour connaître la fin! C'est avec joie que l'on retrouve les personnages du tome 3, mais aussi avec un peu de tristesse qu'on quitte tout ce petit monde.
Un regard sur la série...
En terminant ce dernier tome, j'ai eu l'impression de quitter ces personnages qui ont peuplés mes soirées depuis quelques semaines. L'auteur a une belle plume et sait raconter des histoires, qui nous gardent en haleine. Elle manie bien les faits historiques qui se fondent au roman et qui ne l'alourdissent pas.
Le quatrième tome, avec le deuxième, est probablement mon préféré. J'ai toutefois eu beaucoup de plaisir à entrer dans cette histoire et je souhaite que Sonia Marmen publie autre chose...
Coeur de Gaël, une belle série à découvrir!
Tome 1: La vallée des larmes
Tome 2: La saison des corbeaux
Tome 3: La terre des conquêtes
Tome 4: La rivière des promesses
9/10
13 juin 2006
Coeur de Gaël tome 3 : La terre des conquêtes
Coeur de Gaël tome 3 : La terre des conquêtes - Sonia Marmen
Éditions JCL, 580 pages
Résumé:
Au milieu du XVIIIe siècle, Alexander MacDonald, dit Alasdair, fils de Marion et Duncan, petit-fils de Caitlin et Liam, porte en lui un secret terrible concernant la mort de son grand-père. Comme il se sent rejeté par sa famille, il quitte sa lande natale et son village Glencoe. Errant et vivotant, il finit par être capturé par l’ennemi anglais qui le jette en prison. Alexander est encore tout juste un adolescent et ne doit qu’à sa jeunesse le fait qu’il soit encore vivant tellement sont atroces les conditions de vie au Tollbooth. Par bonheur, il réussit presque par miracle à s’en évader et poursuit son errance pendant quelques années. Son destin, fait de passions dévorantes et de terribles tragédies, le conduit à la fin de la vingtaine dans l’armée anglaise. C’est ainsi qu’en 1758, il débarque en sol nord-américain et participe à la conquête de la Nouvelle-France. Là il rencontre l’amour de sa vie, Isabelle. Mais Isabelle est une Canadienne française, elle personnifie l’ennemi !
Depuis toujours, Alexander a trouvé le moyen de faire face à l’adversité la plus cruelle et de la surmonter. Mais cette fois, son cœur, prêt à éclater de désir pour cette femme, ne risque-t-il pas de le mener pour de bon à sa perte ?
Mon opinion:
Ce troisième tome met en scène Alexander, le fils de Duncan et Marion. Les deux premiers tomes avaient une fin en soi mais ce troisième tome laisse place à beaucoup de questions, à un suspense qui garde le lecteur en haleine... l'histoire se poursuit dans le tome 4, que je débute à l'instant. L'histoire se passe majoritairement au Québec, pendant les événements qui se sont déroulés sur les Plaines d'Abraham. J'ai apprécié de connaître un peu "l'envers de la médaille" de ces faits historiques, même s'il s'agit d'un roman, l'histoire est très bien documentée. Elle est d'ailleurs un peu différentes des deux premiers volets, mais toujours aussi enlevante. Les faits historiques se fondent à merveille dans le récit si bien qu'on s'y croirait dans cette Nouvelle-France des années 1750-1760. La suite avec le quatrième et dernier tome!
Un petit extrait:
"Caitlin contemplait son petit-fils qui, hochant la tête, se mordillait la lèvre pour ne pas pleurer. Cet enfant était d'une sensibilité à fleur de peau. Son besoin d'amour était si grand... La vie s'annonçait bien difficile pour lui.
-Tu sais, lui chuchota-t-elle doucement, tu ressembles beaucoup à ton grand-père Liam.
Il la regarda visiblement bouleversé par ce compliment.
-Vraiment?
-Vraiment.
Liam aussi avait cette sensibilité qui l'avait touchée dès leur première rencontre. Ce besoin de faire bercer son âme par des bras solides. Plusieurs hommes du clan y verraient une forme de faiblesse. Mais Caitlin y avait plutôt décelé une maturité sprirituelle consistant justement à savoir reconnaître ses points faibles."
p.31
8.5/10
31 mai 2006
Coeur de Gaël tome 2 : La saison des corbeaux
Coeur de Gaël tome 2 : La saison des corbeaux - Sonia Marmen
Éditions JCL, 570 pages
Lu: mai 2006
Résumé:
"Pendant vingt ans, Liam et Caitlin Macdonald ont coulé des jours heureux dans la vallée de Glencoe avec leurs trois enfants, Duncan Coll, Ranald et Frances. Mais leur vie simple est bouleversée en 1715 par le deuxième soulèvement jacobite qui replonge l’Écosse et les Highlands dans le chaos. L’enjeu : remettre un Stuart sur le trône. Les clans sont appelés aux armes, et celui de Glencoe n’y échappe pas. Ironiquement, il se voit obligé de se battre aux côtés de son pire ennemi, le clan Campbell de Glenlyon. Les aléas de la guerre et ses conséquences frappent cruellement le foyer des Macdonald. Caitlin apprend la mort de son fils Ranald et surprend son mari dans son propre lit avec une autre. Par ailleurs, Duncan Coll tombe follement amoureux de Marion Campbell, petite-fille du laird de Glenlyon qui, jadis, a commandé le massacre du clan de Glencoe. Les souvenirs de cette période maudite sont encore vifs dans la mémoire des survivants, et la haine est tenace, même chez ceux qui n’étaient pas encore nés lors de cette épouvantable nuit.
Mais la passion qui unit envers et contre tous le fils de Liam et la flamboyante Marion serait-elle un signe qu’il est peut-être enfin temps pour ces ennemis jurés d’enterrer la hache de guerre ?
Le destin n’a pas dit son dernier mot, bien entendu. Caitlin en est quitte pour l’apprendre douloureusement à ses dépens, obligée qu’elle est, impuissante, d’assister à l’accomplissement de la malédiction jetée plusieurs années auparavant par Meghan Henderson sur la tête de son fils aîné.
Intrigues, déchirements, traîtrises. Les remous des dures et terribles réalités de la guerre et la résurgence de vieilles rancunes risquent d’engloutir chaque membre de la famille Macdonald. Jusqu’au dernier."
Mon opinion:
Il s'agit du second tome de la série Coeur de Gaël. Je dois avouer que normallement, je ne raffole pas des séries. Les livres sont souvent inégaux et après un moment, je me lasse. Cependant, je suis de plus en plus surprise par cette série de Sonia Marmen. Les romans sont très bien construits, captivants et on a hâte d'enchaîner avec la suite. J'ai particulièrement aimé ce tome-ci, même un peu plus que le premier! J'ai vu dans l'histoire quelques parallèles entre la vie de Caithlin et Liam et celle de leur fils et Marion. Jusqu'à maintenant, les fins des deux premiers tomes sont remplies de suspense et annoncent très bien les tomes suivants. Bref, je suis toujours sous le charme des personnages et je vous recommande cette formidable saga. À suivre avec le tome 3!
9/10







