12 novembre 2007
Une maison de poupée
Une maison de poupée - Henrik Insen
Le livre de poche, 156 pages
Résumé:
Dans cette maison où la femme est et n'est qu'une poupée, les hommes sont des pantins, veules et pleutres. Sans doute Nora incarne-t-elle une sorte de moment auroral du féminisme, alors qu'être, c'est sortir, partir. Et Ibsen, grâce à ce chef-d'oeuvre, accède au panthéon de la littérature mondiale. Mais si sa poupée se met, sinon à vivre, du moins à le vouloir, au point de bousculer au passage l'alibi de l'instinct maternel, c'est qu'autour d'elle les hommes se meurent. Ibsen exalte moins Nora qu'il n'accable le mari, l'avocat Helmer, ou Krogstad par qui le chantage arrive.
Mon opinion:
Nora est en quelque sorte un objet, une poupée qui suit son mari et fait tout selon son bon vouloir. On parle souvent d'elle comme étant une petite chose, un petit oiseau fragile. C'est une impression de malaise constant pour le lecteur face à cette relation qui ne tien finalement à pas grand chose. Maison de poupée est une pièce où la femme prend peu à peu conscience de sa position, de ce qu'elle est, du besoin de se réaliser en tant que femme et non pas simplement en tant que mère ou qu'épouse. La pièce met en relief deux côté de la morale. Nora a commis un "crime" aux yeux de son mari et il la condamne sans pitié. Cet événement lui fera reprendre possession d'elle-même. Une maison de poupée est une des pièces les plus connues de la Norvège et a été jouée partout dans le monde.
Ma version comptait également la pièce Revenants. Cette pièce parle en quelque sorte du retour du fils prodigue dans une famille bourgeoise. Ce retour sera l'occasion de faire surgir des secrets du passé... J'ai plutôt bien aimé cette pièce également.
Je dirais que Revenants et Une maison de poupée se ressemblent sur quelques points: le rôle de la femme, de la mère. Dans le cas de Nora, c'est sa relation avec son mari qui est au coeur de la pièce, alors que pour Revenants, c'est la relation mère-fils qui est au coeur de l'histoire.
Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.
15 août 2007
Six personnages en quête d'auteur
Six personnages en quête d'auteur - Luigi Pirandello
Folio, 250 pages
Résumé:
Pirandello invite le spectateur à assister à ce qui lui est généralement caché : ce qui se passe sur une scène lorsque la salle est vide; ce qui se passe dans l'esprit du metteur en scène aux prises avec des personnages qui lui sont confiés; et plus encore, tout ce qui se passe dans le cœur d'un auteur lorsque s'imposent à lui des personnages, et qu'il les sent plus forts qu'il n'est.
Mon opinion:
Ce livre contient deux pièces de théâtre de l'auteur: Six personnages en quête d'auteur suivi de La volupté de l'honneur. La première raconte l'étrange histoire de six personnages qui sont sortis de l'imagination de leur auteur, ont pris vie et qui ont été délaissés par leur auteur. Ils se cherchent donc maintenant un autre auteur et iront déranger un directeur de théâtre, en pleine répétition. Cette pièce parle de la création, de l'espace que peut prendre pour un écrivain ses personnages. Où s'arrête la fiction et où commence la réalité? La fin est particulièrement réussie. J'ai bien aimé cette pièce pour la réflexion qu'elle apporte, tout en faisant jouer sous nos yeux un véritable drame. Cependant, il y a quelques longueurs dans les discours des personnages, surtout lorsqu'ils tentent de prouver aux autres qu'ils existent à part entière...
La seconde pièce parle d'un mariage arrangé à la convenance d'une famille riche, pour échapper au scandale qui menace de les écorcher au passage. Ils font donc entrer dans la famille un étranger, qui prendra une place très importante. J'ai préféré cette pièce-là, qui est d'un style plus vif. L'action coule bien et elle est légèrement plus courte que l'autre.
Dans l'ensemble, je crois que c'est un auteur intéressant qui mérite qu'on le découvre. Je lirai sûrement autre chose de lui éventuellement.
Ce livre a été lu pour le Challenge 2007.
À noter que l'auteur a reçu le Prix Nobel de la littérature en 1934.
18 septembre 2006
Oncle Vania
Oncle Vania - Anton Tchékhov
Le livre de poche, 154 pages
Résumé:
L'hiver à la campagne, le thé à sept heures du matin, les soirées interminables, le dégoût des autres et surtout de soi-même... L'ennui est là, comme une espèce de boue gluante dans laquelle on s'enlise, comme des sables mouvants qui les engloutiront tous, Vania, Sonia, Astrov... Dans un dernier sursaut, ils sortent la tête, essaient de haïr, d'aimer, de tuer, de se tuer... Ils n'en ont plus la force, ni l'envie. Rien que de penser à tout ce qu'ils auraient pu être, à tout ce qu'ils auraient pu faire... Oui, mais quoi ? Ailleurs, sans doute, il existe autre chose, une autre vie... En Afrique, il fait chaud...
Mon opinion:
Cette pièce de théâtre en quatre actes (sous-titrée Scènes de la vie de campagne), se termine sensiblement comme elle commence. Un événement perturbateur pour les personnages remettra enfin les choses en ordre et la vie reprendra son cours, comme elle aurait toujours dû se dérouler. La pièce parle de l'ennui, le démontre et on aurait tendance à penser qu'il ne s'y passe pas grand chose. Pourtant, Tchékhov réussis à parler de l'ennui, à rendre l'atmosphère lourde, à démontrer la langueur de ses personnages, sans ennuyer le lecteur. J'ai surtout aimé les personnages d'Astrov (et ses longs discours sur la nature) ainsi que celui d'oncle Vania, qui n'est pas le personnage principal de la pièce, même si celle-ci porte son nom.
Augmentée d'un dossier et de plusieurs notes et commentaires, cette édition est parfaite pour en apprendre plus sur la pièce et pour aider ceux qui en font l'étude. On parle entre autre de l'originalité de l'oeuvre, du contexte, des personnages, des thématiques, du travail de Tchékhov, de la pièce sur scène et d'une biographie de l'auteur. À découvrir, assurément, si vous aimez le théâtre.
Un extrait:
"Astrov: Dans l'ensemble, j'aime la vie. Mais cette vie provinciale, russe, mesquine, maintenant je n'en peux plus, je la méprise de toutes mes forces. De toute mon âme. Pour ce qui est de ma vie privée, personnelle, mon Dieu, elle n'a décidément rien de bon. Vous savez quand on marche à travers bois dans la nuit noire... si à ce moment-là une petite lumière se met à briller au loin, alors on ne sent plus la fatigue, ni l'obscurité, ni les branches piquantes qui vous frappent le visage... Je travaille comme personne dans la province, vous le savez. Le malheur me frappe sans arrêt. Parfois, j'en souffre d'une façon insupportable. Mais pour moi aucune petite lumière au loin. Je n'attends plus rien. Je n'aime pas les gens... Depuis longtemps déjà je n'aime personne."
p.50
9/10
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25 juillet 2006
L'auberge des morts subites
L'auberge des morts subites - Félix Leclerc
Éditions Stanké, 218 pages
Résumé:
"L'Auberge des morts subites c'est quelque part au-dessus de Montréal, entre ciel et terre. Quand les gens meurent subitement, sans préparation, on les amène là et on les prépare pour l'éternité. On essaie de les débarrasser de cette maudite terre, collante, pesante.
Or quand la pièce commence, il en arrive une "batch" de quatre. Un député qui vient de se faire battre et qui meurt d'indigestion à un banquet de son parti. Une comédienmne qui allait donner son programme à six heures à la télévision. Un Français qui vient de se faire tuer dans une affaire de femme. Un gars qui vient de mourir dans une collision.
Le portier de l'Auberge s'appelle André mais tout le monde l'appelle Amédée. Y a le diable aussi et il y en a d'autres. À l'Auberge ils sont quatre pour préparer les morts. Et voilà quatre morts qui arrivent.
Les gens de l'Auberge essaient de faire oublier la terre aux nouveaux venus, mais eux autres ils font un complot pour ramener sur la terre les gens de l'Auberge..."
- pièce résumée par Félix Leclerc à un journaliste de La Presse, le 19 janvier 1963.
Mon opinion:
L'Auberge des morts subites est une pièce en deux actes. La première partie, celle qui m'a le plus intéressée, dépeint l'arrivée du groupe au ciel et leur consternation quand on leur apprends qu'ils sont morts. La seconde partie parle de la tentative de corruption des hommes pour "humaniser" un peu les Dieux. On y parle également des petits conflits entre anglais et français. La pièce est surtout drôle dans la première partie. Le sujet est original, mais la seconde partie traîne un peu et j'avais hâte de terminer la pièce. Probablement qu'une fois montée sur scène, on se laisse porter un peu plus par l'absurde de la situation.
Toutefois, cette lecture m'a quand même plue et ce n'est certainement pas mon dernier livre de Félix Leclerc.
7/10
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09 janvier 2005
Théâtre: La Nuit de Valogne, Le Visiteur, Le Bâillon, L'École du Diable.
Théâtre tome 1 - Eric-Emmanuel Schmitt ![]()
Lu: janvier 2005
Résumé:
"«La philosophie prétend expliquer le monde, le théâtre le représenter. Mêlant les deux, j'essaie de réfléchir dramatiquement la condition humaine, d'y déposer l'intimité de mes interrogations, d'y exprimer mon désarroi comme
mon espérance, avec l'humour et la légèreté qui tiennent aux paradoxes de notre destinée. Le succès rend humble :
ce que je croyais être mon théâtre intime s'est révélé correspondre aux questions de beaucoup de mes contemporains
et à leur profond désir de réenchanter la vie.» Eric-Emmanuel Schmitt."
Mon opinion:
Ce livre regroupe 4 pièces de théâtre de l'auteur:
La nuit de Valognes
Cette pièce raconte le procès de Don Juan, le grand séducteur, fait par un groupe de femmes qu'il a aimées et flouées.
Le visiteur
Il s'agit de la rencontre entre Freud, un athé, et Dieu, au temps du Nazisme et des camps de concentration.
Le Bâillon
est une pièce en un acte, un long monologue d'un homme atteint d'une maladie mortelle.
L'école du diable
cette pièce en un acte est une réflexion sur le mal. Le diable est en dépression car il trouve que le mal est désormais banalisé et que notre siècle ne fait plus grand cas de lui, comme dans le passé.
J'ai adoré ces pièces, principalement les deux premières. Mais le livre entier est très intéressant. Teinté de philosophie, ces pièces traitent de sujets toujours chers à Schmitt, des sujets assez difficiles: la mort, la justice, la guerre, le bien et le mal. Du théâtre qui se lit facilement, très accessible et pas très compliqué, malgré la richesse de ses réflexions.
Quelques extraits:
"Jusqu'à ce soir, tu pensais que la vie était absurde. Désormais tu sauras qu'elle est mystérieuse."
p.215, Le visiteur.
"Voyez, Monsieur, depuis que je suis ici, rien ne va plus. Je souffre. Car le mal, ce n'est pas la douleur - non, ça, c'est une idée de vétérinaire -, le mal, c'est l'imagination!"
p.230, Le bâillon.
9.5/10









