16 novembre 2009
Tom chaton
Beatrix Potter
Gallimard
58 pages
Résumé:
L'histoire de trois chatons chahuteurs que leur maman aimerait habiller convenablement avant l'arrivée de ses amies.
Mon commentaire:
Beatrix Potter a de l'affection pour les petits personnages désobéissants. La dédicace qu'elle offre en page d'accueil de Tom chaton le démontre bien:
"Ce livre est dédié à tous les petits garnements, et particulièrement à ceux qui montent sur le mur de mon jardin."
Tabitha Tchutchut a trois chatons et tente de les habiller et les préparer convenablement avant l'arrivée de ses amies pour le thé. Tout de suite, on sent la scène typiquement victorienne des conventions et du bien paraître devant les autres. Sauf que Tabitha a trois garnements en guide de chatons et ils ne gardent pas leurs beaux habits bien longtemps! Ils vont jouer dans le jardin, se salissent, rencontrent d'autres animaux qui leur voleront leurs vêtements et désobéissent à leur maman.
Dans ces livres, c'est la vie qui se charge de montrer aux animaux que ce qu'ils font n'est pas toujours bien ou acceptable. Les contes de Beatrix Potter, sans glorifier la désobéissance, sont toutefois très impertinents. Ils vont à l'encontre de ce que l'on souhaite voir se produire dans la vie de nos enfants et c'est, je crois, ce qui les rends attrayants.
On retrouve comme toujours l'affront des plus jeunes sur leurs parents. Le jeu, l'amusement, le désintéressement face à ce que les adultes trouvent importants est toujours traité par Beatrix Potter comme étant chose convenue, même si la punition n'est pas bien loin.
Sauf que dans ce cas-ci, même punis, les chatons n'en font qu'à leur tête! Au grand plaisir des petits, toutefois...
07 novembre 2009
Noisette l'écureuil
Beatrix Potter
Gallimard
58 pages
Résumé:
Mais Noisette s'assit sur un gros rocher plat et joua aux quilles avec une pomme sauvage.
Mon commentaire:
Ces petits livres de Beatrix Potter sont bien mignons. Le format est adapté aux petites mains des enfants. Les aquarelles de l'auteur apparaissent sur une page et sur la seconde, le texte. Les illustrations sont soignées, méticuleuses, avec la précision d'un naturaliste. L'histoire garde l'intérêt du lecteur jusqu'à la fin, qui veut savoir ce qu'il adviendra de Noisette et du Vieux Brun, un hibou...
Noisette est un petit écureuil bien impertinent. L'impertinence et l'idée de franchir les interdits posés par les adultes (ou par les règles en général) semblent des thèmes récurrents dans l'univers de Beatrix Potter. Peut-être parce que celle-ci vivait une relation étouffante avec ses parents, sa mère surtout, qui la surprotégeait? Noisette est donc l'incarnation d'un jeune sot impertinent, qui de travaille pas, ne pense qu'à s'amuser et à embêter les autres. C'est lorsqu'il met sa vie en danger que la panique de mourir le fera changer de comportement...
Ces petits albums ne sont pas si innocents qu'il n'y paraît. Dans celui-ci, l'auteur n'hésite pas à risquer la vie de son petit personnage afin de faire passer en quelque sorte un message. Ce n'est pas vraiment une leçon de morale, puisque Noisette doit affronter la conséquence de ses actes. Il n'y a pas de repentir en tant que tel mais plutôt, un changement d'attitude de l'écureuil. C'est ce qui différencie, selon moi, les oeuvres de Potter à ceux d'autres auteurs pour la jeunesse de son époque: il n'y a pas de morale à proprement parlée, ses personnage font à leur tête, mais ils doivent affronter ce qui résulte de leur comportement. Comme dans la vraie vie!
03 novembre 2009
Pierre Lapin
Beatrix Potter
Gallimard
62 pages
Résumé:
Quatre petits lapins partent en promenade. Leur maman leur a interdit d'entrer dans le jardin du terrible monsieur MacGregor, mais Pierre Lapin a envie de désobéir...
Mon commentaire:
Pierre Lapin (Pierrot ou Peter selon les éditions) a été créé en 1893. Il s'adressait en premier lieu à un petit garçon malade de sa connaissance. Il fut imprimé pour la première fois en 1901 à compte d'auteur. Le succès fut immédiat! De nombreuses personnalités du monde littéraire et autre en achetèrent pour leurs enfants et les réimpressions se succédèrent. Il est intéressant de savoir que Beatrix Potter n'est pas allée à l'école et a appris sur la nature en l'observant et en travaillant. Son travail fut d'abord l'étude des champignons, dont elle publia un guide, puis les contes pour enfants mettant en scène des animaux.
Son univers est particulier. Précis, sans être académique et ennuyant. Son trait dénote une douceur enfantine qui plaît immédiatement. C'est pourquoi ses oeuvres sont toujours lues aujourd'hui et appréciées.
Pierre Lapin raconte une journée chez les petits lapins. La maman interdit à ses enfants d'aller s'amuser dans le jardin de Monsieur MacGregor. Beatrix Potter n'épargne pas ses personnages. On apprend que le Père Lapin est mort cuit dans une tourte par la famille MacGregor. Mais Pierre Lapin confronte l'interdit en s'y rendant quand même. On peut en quelque sorte voir le parallèle entre cette histoire et ce que Beatrix et son frère vivaient à la maison: des parents surprotecteurs qui ne laissaient aucune liberté à leurs enfants.
Pierrot Lapin raconte en quelque sorte l'histoire d'un enfant qui brise les interdits qui lui sont faits. Il expérimente la vie à sa façon, comme il l'entend, malgré l'interdiction de sa mère. C'est en quelque sorte l'étape de tout enfant pour apprendre et se forger une personnalité: défier l'interdit pour constater par lui-même ce qu'il en est. Pour l'époque, je me dis que ce livre est en quelque sorte subversif, tout en gardant ses allures de parfait petit livre pour enfant. Il est très intéressant d'en étudier les détails et l'histoire, tout en replaçant le livre dans son contexte. Même aujourd'hui, l'intérêt de cet album demeure.
Une jolie lecture, qui me donne envie de me pencher sur le reste de l'oeuvre de Potter, de ses travaux en mycologie jusqu'à la vingtaine d'autres albums qui suivront l'histoire de Pierre Lapin.
En complément:
Il est possible de rendre visite à Pierre Lapin et ses amis en visitant le site officiel. Je vous conseille fortement cette visite. Le site est de toute beauté (et disponible en français) et il contient de nombreuses informations et photos sur l'univers et la vie de Beatrix Potter.
Un très beau film sur la vie de Beatrix est paru en 2006, Miss Potter. C'est Renée Zellweger qui incarne Beatrix et son monde fantaisiste, film que je ne peux que conseiller pour en apprendre un peu plus sur Beatrix Potter, puisque malheureusement, la plupart des biographies, journaux et ouvrages la concernant ne sont pas traduits en français.
22 octobre 2009
Cerise Griotte
Benjamin Lacombe
Seuil Jeunesse
17 pages
Résumé:
Cerise adore les romans, le chocolat et le gorgonzola, et déteste les cerises. Lorsqu'à la fourrière où travaille son père on recueille une petite chienne, Cerise la surnomme Griotte et elles deviennent inséparables. Après un mois, si personne ne vient la réclamer, Cerise pourra la garder. Mais un jour, devant la grille de la fourrière, la famille de Griotte arrive...
Mon commentaire:
Cerise Sullivan est une petite fille solitaire, qui aime profondément les livres et qui vit avec son papa qui travaille dans une fourrière. Elle a l'habitude d'être seule. Les autres élèves ne sont pas très gentils avec elle. Dans son monde, il y a Angelo avec qui elle va à l'école et qui lui plaît bien. Il y a aussi Griotte, un Shar-pei pour qui elle se prend d'affection à la fourrière de son père et dont elle s'occupe dès qu'elle a un moment. Dans un mois, si personne ne vient la réclamer, Griotte sera à elle. Mais les choses ne se déroulent pas toujours comme on le souhaiterait...
Pourtant cet album se termine bien. Il est aussi magnifique que son titre est évocateur. Les illustrations sont sombres, jolies et transmettent à merveille la solitude qui entoure Cerise. Elle n'a pas vraiment d'amis. Elle vit dans son monde de livres et d'animaux. Je me suis tout de suite prise d'affection pour ce petit personnage différent, un peu sombre. Elle semble souvent traîner avec elle une certaine tristesse et c'est Griotte qui remettra un peu de bonheur dans sa vie.
Cet auteur jeunesse est absolument merveilleux! C'est le second album que j'ai la chance de lire de lui et je suis tout simplement sous le charme. Ses histoires sont variées, magnifiques, les illustrations nous plongent carrément dans des univers merveilleux, différents, un peu sombres. Je suis enchantée par son travail, qui ne s'adresse pas qu'aux jeunes. Ses illustrations, son univers un peu sombre charmera nombre d'adultes. Un auteur à découvrir, assurément!
Un extrait:
"Les livres sont décidément bien plus intéressants que les enfants!"
26 juillet 2009
La traduction est une histoire d'amour
Jacques Poulin
Leméac / Actes Sud
131 pages
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Résumé:
Un vieil écrivain, monsieur Waterman, vit à Québec dans une tour. Sa traductrice, la jeune Marine, est une Irlandaise aux cheveux roux et aux yeux verts; elle habite un chalet à l'île d'Orléans, parmi les chats, les ratons laveurs, les hérons bleus et les chevaux de course à la retraite. Entre ces deux personnages se tisse une relation amoureuse peu ordinaire: elle naît sur la Piste de l'Oregon, grandit avec leur passion commune pour la musique des mots et atteint sa maturité dans une enquête sur une mystérieuse adolescente qui leur met le coeur à l'envers.
Mon commentaire:
Avec ce livre, j'ai fais les choses dans le désordre. J'aurais dû lire celui-ci, avant de lire L'anglais n'est pas une langue magique. Ce dernier est en fait un beau complément à La traduction est une histoire d'amour. On y retrouve les mêmes personnages, mais un narrateur différent.
La traduction est une histoire d'amour est un livre magnifique, comme seul sait les écrire Jacques Poulin. Plus je lis ses romans, plus j'aime son univers, son écriture tout en finesse, en douceur. Il fait vivre une atmosphère qu'il décrit en quelques lignes, quelques pages. Ses personnages sont tous profondément humains, avec cette touche de poésie qui les caractérise. Poulin manipule les mots avec une douceur infinie et nous livre des histoires qui laissent une marque et qu'on ne peut oublier.
Jacques Poulin a ses détracteurs qui lui reprochent de toujours écrire le même livre. Mais Poulin a aussi ses inconditionnels, dont je fais partie, qui l'aiment d'amour. Retrouver ses livres c'est retrouver des chats, d'autres livres, l'acte profond de l'écriture et la ville de Québec, ou ses environs. Poulin voit dans les petites choses de la vie, matière à de grandes choses. C'est son regard qui me fascine et me rejoint et que je retrouve chaque fois avec un plaisir infini.
Beaucoup d'éléments dans ce livre m'ont fait réfléchir et sourire aussi. Jack Waterman étant l'alter égo de Jacques Poulin, j'ai souvent le sentiment que l'auteur nous parle de lui à travers Waterman. Ici, quelques notes qui me font penser tout de suite à Poulin, surtout lorsqu'on sait que c'est un écrivain qui se tient dans l'ombre et n'aime pas être au premier plan.
"Dès le début, monsieur Waterman était sur ses gardes. S'il acceptait de répondre aux questions, c'était uniquement parce que son éditeur lui avait tordu le bras; il aurait préféré ne pas s'immiscer entre le lecteur et le livre." p.85
Si j'étais écrivain, probablement que je serais comme ça. Je suis trop sauvage pour devenir un personnage public. Jacques Poulin a une réputation semblable, mais quand il nous adopte, il est d'une bonté infinie. Comme en témoigne un journaliste dans un billet que j'aime beaucoup ou encore dans un autre, ici. D'ailleurs, on entend parler beaucoup des romans de Jacques Poulin, mais très peu de l'écrivain. Étant un peu comme lui, préférant rester à l'écart, je comprends l'idée qu'il se fait d'un roman, d'un écrivain. Je me sens proche de lui, ou de ses personnages, c'est selon. Jacques Poulin, tout comme son personnage Jack Waterman, sont tout ce qu'il y a de plus simples. Ses romans le sont aussi, tout en véhiculant la petite musique des mots qui vient me chercher chaque fois. La traduction est une histoire d'amour ne fait pas exception. Et quel titre magnifique, tout comme L'anglais n'est pas une langue magique.
Un roman que j'ai énormément aimé, dont j'ai étiré la lecture pour faire durer le plaisir.
En quatrième de couverture, on décrit ce roman en deux phrases. Je vous les partage, car je trouve qu'elles correspondent tout à fait à l'idée que j'ai de ce livre (et de Poulin, également):
"L'écriture de Jacques Poulin est toujours une rencontre heureuse. Ce nouveau roman, tout félin, est porté par la chaleur d'une émotion contenue, la douceur d'une amitié silencieuse."
Quelques extraits:
"Ma chambre étant petite et envahie par le bruit des voisins, j'ai pris l'habitude de travailler dans les bibliothèques publiques. La plus proche était celle de l'Institut Canadien, dont l'entrée se trouvait rue Sainte-Angèle. Juste à côté, il y avait également la bibliothèque du Morrin College, paisible et très émouvante avec ses boiseries couleur de miel, l'odeur des vieux livres, l'escalier en colimaçon, la longue mezzanine en bois verni, le bureau ayant appartenu à sir George-Étienne Cartier. L'immeuble était une ancienne prison et, lorsque le nordet faisait gémir les murs, je croyais entendre les détenus qui avaient croupi dans les cellules du sous-sol." p.25
"En cas de doute, fonce tête baissée!" p.83
20 juillet 2009
Dewey
Vicki Myron avec la collaboration de Bret Witter
Jean-Claude Gawsewitch
346 pages
Résumé:
Comment un chat abandonné est-il devenu le symbole de l'Amérique d'aujourd'hui ? Comment a-t-il pu redonner vie à des dizaines d'enfants ? C'est cette histoire vraie, émouvante et rocambolesque que nous conte l'auteur. Par un matin d'hiver, Vicki Myron, attirée par des cris déchirants, découvre un chaton frigorifié dans la boîte aux lettres de la bibliothèque où elle travaille. Après l'avoir réchauffé, Vicki et ses collègues, conquis, décident de l'adopter. Dewey deviendra vite la mascotte de la bibliothèque et l'emblème de la ville de Spencer. Pendant 19 ans, Dewey, grand amateur de cheesebugers, d'ailes de poulet et fan de télévision, va révolutionner cette petite ville ! Il va apprendre à sourire aux enfants handicapés, attendrir les hommes d'affaires... et devenir le chouchou des médias, au point que les télés du monde entier viendront le filmer ! Vicki Myron, la bibliothécaire qui a partagé sa vie, nous raconte l'aventure extraordinaire de ce chat hors du commun. Dewey est décédé en 2006 d'une tumeur à l'estomac.
Mon commentaire:
Dewey est le système de classification des livres en bibliothèque. Un nom tout trouvé pour un chat récupéré dans une boîte aux lettres, qui a passé sa vie dans une bibliothèque. De sa découverte, à son adoption, de sa présence dans la ville de Spencer durement touchée par la récession jusqu'à sa popularité et ses derniers jours, Vicki Myron, ancienne responsable de la bibliothèque nous raconte la vie de ce chat hors du commun. Dewey n'avait pas une vie extraordinaire. Il était chat de bibliothèque. Il y a passé sa vie. Mais il a fait une différence pour beaucoup de lecteurs et son histoire a su toucher des gens du monde entier.
Le livre de Vicki Myron nous raconte la vie de Dewey, en parallèle avec la sienne et avec l'histoire de la petite ville de Spencer. On comprend alors toute la place qu'a pu prendre le chat Dewey dans l'existence de Vicki, dans celle des responsables de la bibliothèque et dans la petite ville qui l'a adopté. C'est aussi l'occasion pour Vicki de nous raconter son histoire très personnelle (et difficile) et de son parcours aux côtés de Dewey. Quiconque aime les animaux et partage sa vie avec une petite bête se sentira concerné par l'histoire de Dewey. On comprend alors l'attachement que toute une ville a pu avoir pour cette boule de poil rousse. Dewey a vécu 19 ans. Ses derniers moments nous sont racontés et ils m'ont émue aux larmes, ayant moi aussi perdu un animal qui m'était cher il y a peu.
Le livre est parsemé de listes en tout genre, des tâches incombant à Dewey en tant que chat de bibliothèque, jusqu'à ses repas favoris. Nous avons aussi droit à plusieurs photographies. La lecture est bien intéressante puisqu'elle combine deux de mes passions: les livres (et mon travail en bibliothèque) et les animaux. Ce livre avait donc tout pour me plaire! L'écriture est simple, à la fois biographique (lorsque Vicki parle d'elle-même ou de Dewey) et historique (lorsqu'il s'agit de la ville de Spencer et de son évolution).
Une lecture que j'ai bien aimé et qui m'a permis de faire la rencontre de Dewey, un chat de bibliothèque bien particulier!
Quelques extraits:
"Quand les temps sont durs, soit vous formez un front uni pour vous en sortir, soit vous vous effondrez. C'est vrai pour les familles, les villes et même les peuples." p.84
"Une bonne bibliothèque n'est pas nécessairement grande ou belle. Elle n'a pas besoin des meilleurs équipements, du personnel le plus efficace ou du plus grand nombre d'utilisateurs. Une bonne bibliothèque est prévoyante. Elle est impliquée dans la vie de sa ville au point de se rendre indispensable. Une bonne bibliothèque n'est jamais remarquée par personne, simplement parce qu'elle est toujours là, et qu'elle fournit toujours ce dont on a besoin." p.151
"Trouvez votre place. Soyez heureux de ce que vous avez. Traitez tout le monde avec gentillesse. Ayez une bonne vie. Ce ne sont pas les choses matérielles qui comptent, mais l'amour. Et on ne peut jamais prévoir l'amour." p.341
En complément:
Il existe deux sites web sur Dewey.
Celui sur Hachette, qui parle du chat mais aussi du livre. Et le site web officiel de Dewey, avec même un fan club! Les deux offrent un beau complément à la lecture puisqu'on peut y voir des photos de Dewey, tel qu'on le décrit dans le livre! Sur le site web officiel, on peut également voir une sculpture en bronze de Dewey, absolument magnifique! (J'en voudrais bien une pour ma bibliothèque!)
On peut aussi trouver sur IronFrog, une carte des chats de bibliothèque dans le monde! Avant la lecture de ce livre, je ne savais même pas que ces chats existaient et surtout, qu'il y en avait autant!
04 mai 2009
Tous les chiens de ma vie
Elizabeth von Arnim
Salvy
220 pages
Résumé:
"Parents, maris, enfants, amants et amis ne manquent certes pas de mérites, fort grands même, mais enfin ce ne sont pas des chiens. Je sais de quoi je parle, je vous l'assure, car au cours de ma vie, j'ai rempli chacun de ces fonctions - dans sa version féminine, s'entend. Oui je connais les intermittences du coeur, et ces sautes d'humeur qui, de jour en jour - voire d'heure en heure pour peu qu'on ait l'âme sensible - accompagnent inévitablement les amours humaines. Les chiens, ignorent pareilles variations. Quand ils aiment, c'est avec une constance qui ne prend fin qu'avec la vie. Il me plaît que l'on m'aime ainsi. Aussi est-ce de mes chiens que je vous entretiendrai." -Elizabeth von Arnim
Mon commentaire:
Après avoir lu et adoré Avril enchanté, c'est avec un immense plaisir que j'ai découvert Tous les chiens de ma vie. Récit autobiographique, Elizabeth nous raconte sa vie avec les chiens qui ont été ses compagnons de route. Du petit chiot, alors qu'elle était trop jeune pour vraiment réaliser la présence, jusqu'aux derniers chiens qui l'ont suivis pendant sa vie, elle nous raconte par chapitres l'existence qu'elle a menée auprès d'eux. J'adore les chiens et je me suis beaucoup retrouvée dans les sentiments qui animent Elizabeth lorsqu'un chien exceptionnel entre dans sa vie. Avec leurs manies, leur caractère bien différent, ils laissent des traces de leur passage et façonnent notre quotidien. Naturellement, Tous les chiens de ma vie parle de chiens. Cependant, ce récit va au-delà. Il nous parle aussi de la vie d'Elizabeth, même si elle le répète elle-même régulièrement, "elle n'écrit pas une autobiographie mais l'histoire de ses chiens". À travers la vie de ses chiens, nous vivons un peu celle d'Elizabeth, puisque pour la compréhension du temps qui passe, elle nous trace les grandes lignes de sa vie de jeune fille, son mariage, sa vie de mère, celui de veuve, son second mariage, son départ et sa vie de solitude. Le volume nous offre également à chaque chapitre, d'anciens portraits de chacun des chiens, en noir et blanc. Ce livre est à nouveau une jolie lecture. Il me fait aimer Elizabeth de tout coeur et je m'attache peu à peu à elle, comme la personne qu'elle était et comme l'écrivain, qui me plaît de plus en plus! Heureusement, il me reste encore de belles oeuvres d'elle à découvrir.
Quelques extraits:
"On peut poser en principe que nul ne devrait avoir de chien qu'il ne soit prêt non seulement à en prendre grand soin, mais à l'aimer de tout son coeur." p.45
"Pincher m'avait ramenée à Londres, Knobbie me la faisait quitter. Je commençais à me faire mener par mes chiens, comme mes amis et connaissances ne manquèrent pas de me le faire remarquer. Ils étaient tristes pour moi. Je m'étais, disaient-ils, "coiffée" de mes chiens, qui me faisaient faire leur quatre volontés. Mais je me gardais de les écouter. Si on devait écouter les bons conseils des amis et connaissances, on n'arriverait jamais à rien." p.172
07 avril 2009
Le festin de l'orque
Stuart Harrison
Albin Michel
347 pages
Résumé:
Saint George. Une île au large des côtes du Maine, un lieu préservé où l'on vient chercher la paix, où l'homme vit en harmonie avec une nature à la fois généreuse et redoutable. Un fragile équilibre, rompu par un coup de feu dans la nuit et la mystérieuse disparition d'un marin pêcheur. Derrière le doute et la suspicion qui peu à peu rongent la petite communauté; se cache un terrible secret, partagé par deux femmes et un homme bien décidé à élucider le mystère. Tandis que la tension monte et que s'exacerbent les passions, les thons bleus qui sont la richesse de l'île reviennent dans le golfe, suivis de leurs prédateurs naturels: les orques.
Mon commentaire:
Les romans de Stuart Harrison parlent toujours de la nature. Les hommes et les animaux sont toujours très proches et les grands espaces, qu'ils soient marins ou de glace, font partis prenante du roman. J'avais beaucoup apprécié ma lecture du premier roman de l'auteur, Le faucon des neiges. Ce roman-ci est dans la même veine, même si le premier demeure mon préféré. Nous abandonnons les espaces glacés et les oiseaux pour côtoyer la mer, les pêcheurs et des bancs de thons et d'orques. Le roman est construit comme une enquête dont les fils se dénouent à la toute fin de l'histoire. En arrière-plan, nous sommes témoins de la vie d'un petit village de pêcheurs, déchiré entre le progrès qui mènerait à la construction d'hôtels de vacanciers qui pourraient leur donner un gagne-pain plus profitable, et l'amour de la pêche, de la nature, de la tranquilité, qui n'a aucun prix pour certain. Même si le poisson se fait rare. Même si des amis de longue date se déchirent et se querellent sur l'avenir de leur village. Un bon roman, un décor enchanteur et un suspense qui conserve bien l'intérêt. Vivement un prochain roman de Stuart Harrison!
Une citation:
"Peu importait le tournant que prendrait sa vie personnelle, elle aimerait toujours son île, et la mer. Son refuge c'était le paysage, la solitude des criques boisées qui bordaient la côte, l'océan aux mille costumes qui la nourrissait et qui changeait de couleur avec les saisons, les jours, et même avec le passage d'un nuage. Elle respectait l'océan, le cycle de la vie en son sein et alentour, et elle avait toujours su que, si elle le traitait avec respect, si elle ne lui prenait que ce qu'il pouvait se permettre de perdre, il la protégerait." p.122
24 février 2009
Le petit prince retrouvé
Jean-Pierre Davidts
Les Intouchables
85 pages
Résumé:
Dans son célèbre livre, Le petit prince, Antoine de Saint-Exupéry ouvrait la porte à une suite: "Si alors un enfant vient à vous, s'il rit, s'il a les cheveux d'or, s'il ne répond pas quand on l'interroge, vous devinerez bien qui il est. Alors soyez gentils! Ne me laissez pas tellement triste: écrivez-moi vite qu'il est revenu..." Au delà d'un demi-siècle plus tard, avec Le petit prince retrouvé, Jean-Pierre Davidts exauce ce voeu en redonnant vie à un des personnages les plus attachants de la littérature.
Mon commentaire:
Le petit Prince de Saint-Exupéry se termine sur une note ouverte. L'auteur demande aux lecteurs, si un jour ils croisent eux aussi le petit Prince, de lui écrire pour donner des nouvelles. Ce que fait Jean-Pierre Davidts en écrivant son histoire à Saint-Exupéry. Car Davidts a lui aussi rencontré le petit prince. C'est donc en quelque sorte une "suite", qui reprend essentiellement les éléments de l'histoire originale en les adaptant. C'est un exercice intéressant comme travail, même si le texte n'a pas la profondeur du premier. Une lecture toutefois agréable, pour retrouver l'un des personnages le plus célèbre de la littérature. Le texte est agrémenté des illustrations de Marie-Claude Favreau.
23 février 2009
Le petit prince
Antoine de Saint-Exupéry
Folio Junior
120 pages
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Résumé:
Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! Hein ! - Dessine-moi un mouton... J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre.
Mon commentaire:
Le petit prince est un classique, qui défie le temps, les âges et qui raconte une histoire profondément humaine. C'est une histoire magnifique, très touchante, très belle et émouvante, qui parle de la vie, de l'amour et de l'amitié, de la responsabilité qu'elle engendre et aussi de l'émerveillement. Je suis toujours très sensible aux histoires qui nous parlent de l'émerveillement, une faculté trop souvent occultée par les adultes aujourd'hui. Le petit prince est à la fois un conte, une légende, un texte poétique, une réflexion. Une histoire magnifique, intemporelle, à découvrir si on ne l'a jamais lue. Le conte est agrémenté des très douces illustrations de l'auteur. Un livre indispensable, pour petits et grands.






