25 juin 2009
La Grosse île: terre de chagrin et d'espoir
Anne Renaud
Les éditions Homard
24 pages
Résumé:
De 1832 à 1937, plus de quatre millions de personnes ont traversé l’Atlantique jusqu’au port de Québec dans le rêve de se créer une vie meilleure dans le Nouveau Monde. Durant cette période, une petite île appelée la Grosse-Île, située à 50 kilomètres en aval du port, a servi de station de quarantaine. Elle avait pour mission d’éviter que les passagers des navires ne répandent des maladies sur le continent. Ce livre retrace l’histoire de l’île qui a servi à la fois de porte d’entrée et de cimetière pour les milliers de gens qui ont accosté sur ses rives, et des ouvriers de l’île dévoués qui les ont accueillis.
Mon commentaire:
Cet album, d'abord conçu pour la jeunesse, est très intéressant pour tous. Le texte est assez concis, mais le livre peut être lu avec plaisir pour les jeunes à partir de 8 ans environ. Les adultes y trouveront leur compte dans la mise en page soignée et l'occasion de voir en images un peu de la vie des émigrants irlandais qui ont quitté leur pays en quête d'une vie meilleure de ce côté-ci de l'océan. Des guerres Napoléoniennes jusqu'au lieu de mémoire qu'est aujourd'hui Grosse-Île, l'auteur nous plonge sur les mers et nous explique les débuts de l'île. À l'époque, la traversée en bateau jusqu'ici dure en moyenne de six à dix semaines. Les irlandais quittent en masse leur pays avec l'espoir au coeur, car le mildiou attaque leurs récoltes. Grosse-Île est d'abord une station de quarantaine pour les bateaux arrivant au Canada. Le choléra sévit sur les navires et les médecins ne savent pas comment se transmet la maladie. Ils examinent rapidement les passagers et délivrent un certificat sanitaire au navire. Mais plusieurs passagers tombent malades après avoir franchit le poste de quarantaine et la propagation augmente dans les colonies.
Le livre est très intéressant puisque c'est l'occasion de voir des affiches de l'époque, des objets utilisés par les émigrants, d'en apprendre plus sur les moeurs et coutumes, sur la médecine, mais aussi sur les différents narives. On apprend entre autre que le Jeanie Johnston avait à son bord un médecin aux aguets, qui insistait sur l'hygiène et le grand air. Il fera 16 traversées et aucun de ses passagers ne sera malade. Ce qui est d'autant plus rare que de nombreux navires sont rebaptisés les "navires-cercueils"...
Un fait qui m'a également étonnée et auquel je n'avais jamais pensé, c'est que de nombreux employés travaillent dans l'île et qu'une douzaine de familles, avec leurs enfants, y vivent. Ils ont une école, entretiennent les bâtiments et élèvent des animaux. Après le passage des émigrants, l'île aura plusieurs vocations, avant de devenir un site historique en 1974. Les dernières pages du livre y sont consacrés.
Lieu de tristesse, de mort pour plusieurs, étape vers une nouvelle vie pour d'autres, Grosse-Île est un lieu chargé d'histoire que je souhaite ardemment pouvoir visiter un jour...
En complément:
Pour d'autres livres sur Grosse-Île, cliquez ici. Des nouveaux titres s'ajouteront au fil du temps.
Faites une visite virtuelle de Grosse Île.
23 juin 2009
Anne... la maison aux pignons verts
Lucy Maud Montgomery
Série Anne tome 1
Québec Amérique
374 pages
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Résumé:
Sur le quai de la gare, Marilla et Matthew attendent l'orphelin qui les aidera sur leur ferme. C'est une rouquine aux yeux pétillants qui se présente... Jouir de la magie des mots, rire de ses propres défauts, s'émerveiller face à la nature, découvrir un coin de pays pittoresque, voilà ce qui nous attend dans ce roman inoubliable.
Mon commentaire:
Je connaissais Anne à travers la télévision, mais je n'avais jamais abordé le classique de Lucy Maud Montgomery. C'est chose faite et c'est un véritable coup de coeur! Anne est une enfant pétillante, remplie de magie, qui continue de s'émerveiller même à l'aube de l'âge adulte. Anne c'est l'enfant qui sommeille en chacun de nous, c'est le feu d'artifices de notre imagination, c'est la beauté de la nature et des réflexions qui charment tout le monde, y compris Marilla qui, à contrecoeur au début, décide finallement de garder Anne près d'elle. L'univers d'Anne est féérique.
Anne est une fillette bourrée d'imagination, romantique à souhait, qui sait rendre intéressant une simple anecdote ou donner un côté théâtral à la vie, tout simplement. Elle sait se faire aimer de tous, même en étant incroyablement maladroite et en enchaînant les bévues et les oublis. Elle donne le sourire à ses détracteurs, qui finissent par la prendre en affection avec ses manières spontanées et son bavardage incessant. Puisant dans son imagination débordante, c'est ce qui lui a permit de survivre d'une famille d'accueil à une autre, en passant par l'orphelinat, jusqu'à se retrouver à Green Gables (Pignons verts). Là-bas, elle fait le bonheur de Matthew et même de Marilla, qui ne veut se laisser aller à ses sentiments, mais qui tombe elle aussi sous le charme de la petite rouquine.
L'univers d'Anne est rempli de poésie, de notes sur la nature, les fleurs, la vie à Green Gables. Anne aime les livres et rêvasser en regardant par la fenêtre du pignon est, là où se trouve sa chambre. En quelques phrases, Lucy Maud Montgomery nous rend tout de suite sympathique sa jeune héroïne et nous plonge dans un univers enchanteur, à Avonlea. L'écriture est limpide, rafraîchissante, à l'image d'Anne. On a l'impression d'être nous aussi à Green Gables et de partager la vie d'Anne et des siens. Certains chapitres sont drôles et amusant, d'autres sont plus émouvants.
Les histoires d'Anne se poursuivent à travers plusieurs autres tomes et l'univers d'Avonlea nous est raconté à travers quantité d'autres romans et recueils de nouvelles que je compte bien lire au fil du temps. Cette rencontre avec Lucy Maud Montgomery en est une magnifique, sa petite Anne étant une enfant magique qui a su me charmer dès ses premières interventions dans le roman.
À découvrir, à lire, assurément! Un grand classique magnifique!
Quelques extraits:
"Vous ne vous imaginez jamais que les choses sont différentes de la réalité?", demanda Anne, les yeux écarquillés.
"Non."
"Oh!" Anne poussa un profond soupir. "Oh, mademoiselle, oh Marilla, si vous saviez ce que vous perdez!" p.65
"Marilla sentait confusément, sans rien y pouvoir changer, que tout cela méritait les plus sérieux reproches, mais elle était incapable d'en faire, car, incontestablement, certaines choses qu'Anne venait de dire, en particulier à propos des sermons du pasteur et des prières de M. Bell, correspondaient exactement à ce qu'elle avait toujours pensé, en son for intérieur, depuis des années, sans jamais osé le dire. Il lui sembla même que ces pensées critiques intimes qu'elle n'avait jamais exprimées venaient de prendre une forme concrète et accusatrice, en la personne de ce petit bout d'humanité abandonnée qui ne manquait pas d'audace." p. 98
"... espérer quelque chose, c'est déjà ressentir la moitié du plaisir que cette chose vous procurera", s'exclama Anne. "Il se peut qu'elle ne se produise pas, mais il vous restera toujours le plaisir de l'avoir espérée. Mme Lynde dit "Bienheureux ceux qui ne s'attendent à rien, car ils ne seront pas déçus." Mais je pense, moi, qu'il est pire de ne s'attendre à rien que d'être déçu." p.114
"Il y a en moi beaucoup d'Anne différentes. Je pense, parfois, que c'est pour cette raison que je cause tant de problèmes à tout le monde. Si j'étais une seule et unique Anne, ce serait certainement plus pratique pour les autres, mais ce ne serait pas aussi passionnant." p.196
"Marilla, n'est-il pas merveilleux de penser que demain commence une journée dépourvue de bêtises?
"Je te fais confiance pour remédier à cela", dit Marilla, "tu n'as pas ta pareille pour commettre des bêtises, Anne."
"Oui, je ne le sais que trop bien", admit Anne, tristement. "Mais Marilla, n'as-tu pas remarqué quelque chose d'encourageant? Je ne fais jamais la même bêtise deux fois."
"Je me demande où est l'avantage, puisque tu en inventes toujours de nouvelles."
"Mais, oh, Marilla, ne comprends-tu pas? Il doit bien y avoir une limite au nombre de bêtises qu'une personne peut inventer, et, quand j'aurai atteint cette limite, ce sera terminé. Tu ne peux savoir à quel point cela me réconforte." p.214
En complément:
Un site web en français sur Lucy Maud Montgomery.
Le site officiel d'Anne of Green Gables.
Celui sur les 100 ans de l'histoire d'Anne.
Un dossier d'archives et plusieurs vidéos sur le phénomène Anne .
17 juin 2009
La mystérieuse Frances Rain
Margaret Buffie
Éditions Pierre Tisseyre
293 pages
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Résumé:
Lizzie a quinze ans, un nouveau beau-père qu'elle déteste et une famille qui se dispute sans arrêt. Comme chaque année, elle rejoint le chalet de sa grand-mère au bord du lac, où elle doit passer l'été. Le site est enchanteur. Pour échapper à sa famille, Lizzie part explorer une petite île oubliée. La découverte qu'elle y fera est étonnante!
Mon commentaire:
Ce roman est l'un de mes livres jeunesse préférés. Je l'ai lu vers l'âge de l'héroïne, peut-être même un peu plus jeune. Il m'avait fait voyager au bord d'un lac le temps d'un été en ville caniculaire. Je l'ai relu depuis à quelques reprises et c'est une histoire qui me plaît toujours beaucoup. Ce roman n'est malheureusement plus très connu et pourtant il le devrait. L'écriture est très simple, agréable.
L'histoire raconte la vie de Lizzie, une adolescente à la croisée des chemins. Trop jeune pour certaines choses, trop vieille pour d'autres, elle se cherche et se découvre tranquillement. Elle n'a plus trop envie de passer tout l'été près de sa famille et décide de s'échapper vers le lac et ses îles. C'est un roman sur le détachement que tout jeune doit faire avec ses parents un jour ou l'autre. Sauf que sur l'île, la découverte qu'elle fera l'amènera à jeter un autre oeil sur elle et sa famille et à comprendre certaines choses...
L'auteur utilise un brin de fantastique et un peu d'histoire pour agrémenter son roman et pour faire rêver ses lecteurs. Le chalet de la grand-mère semble tout simplement idyllique et donne envie d'être en vacances. Lizzie est un personnage intéressant et attachant, avec ses questionnements et ses rêves. Son exploration de l'île est une vraie aventure!
Un livre moins connu aujourd'hui, à découvrir assurément car il réserve de beaux moments de lecture! À noter que ce livre a remporté une panoplie de prix largement mérités.
En complément:
Le site web de l'auteur (en anglais)
09 mai 2009
Les filles
Lori Lansens
Éditions Alto
577 pages
Résumé:
Nées au plus fort d’une tempête dans le sud de l’Ontario en 1974, Rose et Ruby Darlen mènent une vie à la fois exceptionnelle et tout ce qu’il y a de plus ordinaire, entourées de leurs parents adoptifs, oncle Stash et tante Lovey. L’une aime la télé, l’autre le baseball; l’une se passionne pour les artefacts amérindiens, l’autre pour les lettres et la poésie. À l’approche de leur trentième anniversaire, les plus vieilles jumelles reliées par la tête toujours vivantes entreprennent de livrer le récit de leur existence hors du commun. Au fil de réflexions graves et drôles, d’une justesse émouvante, se dessinent deux destins unis par la fatalité, mais aussi par un amour inconditionnel, plus grand que soi. Lori Lansens nous révèle, à travers leur histoire singulière, une part d’humanité où chacun se reconnaîtra. Ni monstres, ni merveilles, ni phénomènes de foire, Rose et Ruby sont tout simplement « les filles ».
Mon commentaire:
Cette histoire est un roman. Une autobiographie fictive, écrite d'abord par Rose, l'une des jumelles, sur son ordinateur portable. Sous son insistance, sa soeur Ruby y joindra quelques feuillets écrits à la main, qui s'intercalleront entre les chapitres où Rose raconte leur histoire. Nous entrons dans ce roman un peu étrange en visitant la vie des deux soeurs dans leurs plus intimes détails. De leurs sentiments, la façon dont elles vivent leur différence, les événements de leur vie, des anecdotes sur elles mais aussi sur ceux et celles qui les entourent. Elles nous racontent la vie à la ferme orange, les voisins, l'école, tous les événements, petits et grands, qui font d'une vie ce qu'elle est. Ce roman plaira beaucoup, ou pas du tout. Il s'agit en fait d'un collage de souvenirs et d'événements, qui ne sont pas présentés en ordre chronologique. Ils arrivent sur papier au gré de l'inspiration des deux soeurs et des souvenirs qui en enchaînent d'autres. D'une visite au zoo à un goûter d'anniversaire, des visites aux médecins, jusqu'au regard curieux des autres, tout est raconté, et évoque jusqu'à l'odeur des choses, les souvenirs reliés aux événements de leur vie, de la colère, la tristesse, l'impuissance, l'acceptation, la joie et l'amour. Le destin de Rose et Ruby a tout de l'extraordinaire: leur naissance est triste mais belle à la fois, leur vie de jumelles conjointes suscite les regards et la curiosité, leur goûts, leurs pensées et leurs aspirations diffèrent, même si elles ont appris très jeunes à faire des compromis. Elles n'ont pas le choix puisqu'elles vivent en permanence l'une collée à l'autre.
Le roman est si bien documenté et si bien écrit qu'on croirait réellement lire une véritable autobiographie. Les souvenirs des filles sont si réels qu'on y croit tout de suite. C'est une lecture que j'ai bien aimé, troublante pour tout ce qu'elle a d'humain. La simplicité de ce qui nous est raconté est une leçon de vie, de courage, d'humanité et de compréhension face à la différence. Rose et Ruby sont des personnages très difficiles à oublier... Au fil de l'histoire, les différentes confidences des filles nous apprennent quantité de secrets et de choses qui ont remplies leurs vies. En tournant la dernière page, on se dit que, mit bout à bout, ces événements ont créés un destin extraordinaire pour Rose et Ruby.
Les filles est un roman qui laisse des traces et qu'on n'oublie pas de sitôt...
Quelques extraits:
"Je n'ai jamais regardé ma soeur dans les yeux. Je n'ai jamais pris mon bain toute seule. Je n'ai jamais tendu les bras vers une lune ensorceleuse, la nuit, les pieds dans l'herbe. Je ne suis jamais allée aux toilettes dans un avion. Je n'ai jamais porté de chapeau. On ne m'a jamais embrassée comme ça. Je n'ai jamais conduit une voiture. Ni dormi d'une seule traite du soir au matin. Je n'ai jamais eu un entretien en privé. Je n'ai jamais marché en solitaire. Jamais grimpé dans un arbre. Je ne me suis jamais perdue dans une foule. Tant de choses qui ne me sont pas arrivées et pourtant j'ai été aimée, ô combien aimée. Et si l'occasion m'en était donnée, je vivrais mille vies comme celle que j'ai vécue pour être aimée de façon aussi absolue." p.9
"Rose espère drôlement faire publier ces pages. Elle refuse de l'avouer, mais c'est la vérité. Si aucun éditeur n'est intéressé, elle le publiera sur Internet. Je n'y comprends rien, mais elle soutient que c'est possible. Je suis plus réaliste, moi. Qui a envie de lire l'histoire de deux soeurs qui travaillent à la bibliothèque d'une petite ville ennuyeuse comme la pluie, même si elles sont soudées par la tête?" p.116
"Rose a dit que le livre était terminé. J'écris donc pour dire adieu. Elle a dit qu'un récit devait être comme la vie, c'est-à-dire trop court, peu importe la durée de l'existence. Rapiécé, en somme, en non achevé, la fin renvoyant au commencement." p.568
28 avril 2009
La valise d'Hana
Karen Levine
Hurtubise HMH
150 pages
Résumé:
Un jour, à Tokyo, Fumiko Ishioka, la directrice du Centre de l’Holocauste, reçoit une valise du camp de concentration d’Auschwitz. On peut y lire : Hana Brady, 16 mai 1931, et un mot allemand Waisenkind signifiant orpheline. Du coup, les questions surgissent : qui était cette mystérieuse Hana? Comment est-elle devenue orpheline? Et que lui est-il arrivé? Du Japon, Fumiko entreprend alors une enquête qui la conduit en Europe et au Canada. Elle refuse d’abandonner ses recherches, même quand celles-ci semblent aboutir à l’impasse. Sa ténacité se trouvera récompensée par une découverte aussi bouleversante qu’inattendue...
Mon commentaire:
Ce tout petit livre, accessible tant pour les jeunes que pour les adultes, recèle un petit bijou de compassion et de fraternité. Il raconte l'histoire vraie d'Hana, dont la valise a été retrouvée et envoyée au Japon à la demande d'une dame, Fumiko, qui souhaite apprendre aux petits japonais ce qu'est l'holocauste. Ce qui est le plus étonnant dans cette histoire, c'est que la valise d'Hana regroupera des gens de trois pays différents, de cultures différentes, mais tous unis par la même pensée: celle d'une petite fille, Hana, qui aimait le patinage et le ski... C'est un livre touchant d'humanité, raconté en alternance entre le présent, soit le travail et les recherches de Fumiko; et le passé, soit l'histoire personnelle d'Hana. L'ouvrage est agrémenté de différentes photos d'Hana et sa famille et de Fumiko et son groupe Les petites ailes. Une très belle façon de raconter l'holocauste aux plus jeunes, basé un peu sur le travail de recherche de Fumiko, et un émouvant récit sur ce que fut la guerre et le nazisme pour les enfants... Indispensable, pour ne pas oublier.
07 décembre 2008
Lunik et Mira: un conte de Noël
Robin Muller
Éditions Scholastic
32 pages
Résumé:
La veille de Noël, au magasin de jouets, Lunik le chien voit une cliente emporter une petite chatte de porcelaine, son bibelot préféré. Lunik ferait tout pour récupérer sa précieuse compagne, mais hélas! tout semble jouer contre lui. Qu’il garde espoir; la nuit de Noël n’est-elle pas propice aux miracles?
Mon commentaire:
Lunik, un chien à l'oeil orné d'un clair de lune, vit dans un magasin de jouets. Sa maîtresse décore le sapin pour ses clients, qu'elle agrémente de tous les plus beaux jouets de la boutique. Lunik est un bon chien, doux, agréable avec tous. Il adore Mira, une petite figurine de porcelaine en forme de chaton. La nuit, quand sa maîtresse dort, Lunik la prend près de lui et s'endort, pelotonné contre elle. La veille de Noël, une dame vient chercher un jouet dans la boutique. Elle décide d'acheter Mira. Lunik grogne et n'est pas content. La dame prend quand même la figurine pour l'offrir à son garçon, un enfant égoïste au coeur froid. Mécontent de son cadeau, le garçon lance Mira contre le mur. La figurine éclate en morceaux... Lunik, qui a tout vu, hurle de tristesse. Mais c'est la nuit de Noël, la nuit magique par excellence où tout peut arriver...
Lunik et Mira est un joli album de Noël. Il m'a attirée parce qu'il met en scène un chien. Les illustrations sont très jolies, toutes en tendresse et en douceur. Le magasin de jouets ferait rêver n'importe quel petit (ou grand!) avec ses étagères magnifiques et son sapin de Noël gigantesque. Les images sont remplies de détails fabuleux, qui donnent tout de suite le ton à l'histoire. Lunik est un chien adorable, très attachant. La magie de Noël est là, pas très loin... il suffit d'y croire un peu! Un bel album tout beau, tout simple, non moralisateur, pour rêver un peu à la nuit magique qu'est Noël... où tout peut arriver!
À partir de 4 ans. On peut voir un extrait de l'album ici.
Un extrait:
"Quand j'étais enfant, dit la vieille dame à Lunik, on racontait que le jouet qui se trouvait en haut de l'arbre surveillait les autres jouets et s'assurait que chacun allait à la personne qui l'aimerait le plus." p.9
29 novembre 2008
La chasse-galerie
Roch Carrier et Sheldon Cohen
Livres Toundra
24 pages
Résumé:
Baptiste, un jeune garçon de 11 ans, est le héros de cette nouvelle adaptation d'une légende du folklore québécois. Une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir ce grand classique.
Mon commentaire:
Baptiste a onze ans. Il vit normalement en Beauce, mais cette année, il a dû partir dans les chantier de bûcherons avec d'autres hommes, pour aider sa famille. Les hommes partent avant le gel, en canot d'écorce, où ils longent les forêts jusqu'au camp. Ils ne redescendent qu'après l'hiver, lorsque les rivières ont dégelées et permettent la navigation. Baptiste s'ennuie. Il est le plus jeune du groupe et trouve le temps long. Il s'ennuie aussi surtout de sa famille et de sa petite voisine, la belle Odélie. La veille du Jour de l'An, les hommes montent dans un canot et à l'aide d'une formule magique, s'envole dans le ciel pour se rendre jusqu'en Beauce...
"Acabris, acabras, acabram,
Canot, emporte-nous par-dessus les montagnes!"
Ce très bel album est une nouvelle version de la légende de la Chasse-Galerie d'Honoré Beaugrand, adapté aux plus jeunes. Bien écrit, il peut être une belle façon de faire connaître cette histoire aux enfants. L'album est coloré, à l'image de la couverture, et attire l'oeil. En image, l'illustrateur, Sheldon Cohen, a bien rendu l'esprit de la légende et de la magie qui entoure la Chasse-Galerie. La légende originale parle beaucoup du Diable et de la peur de lui vendre son âme, en faisant un pacte avec lui. Les auteurs, à travers cet album, ont réussit à rendre l'histoire plus abordable, amusante, digne d'une belle aventure, remplie de magie.
À partir de 8 ans.
26 octobre 2008
Déserteurs et insoumis: Les canadiens français et la justice militaire, 1914-1918
Patrick Bouvier
Éditions Athéna
149 pages
Résumé:
Ce volume analyse pour la première fois le phénomène de la désertion des Canadiens lors de la Première Guerre mondiale, tout en posant un regard sur le processus judiciaire enclenché pour punir ces " criminels ". Combien de militaires ont été condamnés ? Quelles furent les peines encourues par ceux qui ont défié la loi militaire ? Ces peines étaient-elles en relation avec ce que les différents codes et lois militaires prévoyaient ? Seuls 61 Canadiens français ont été reconnus coupables de désertion ou de tentative de désertion. de ce nombre, sept ont été fusillés par un peloton d'exécution après avoir été condamnés à la peine capitale. Que représente aujourd'hui ce petit nombre ? Ne permet-il pas d'infirmer les rumeurs persistantes voulant que les militaires francophones aient déserté en très grand nombre ?
Mon commentaire:
Cet essai est extrait d'un mémoire de maîtrise intitulé Première Guerre mondiale, justice militaire et désertion des Canadiens français. Il existe très peu de livres sur le sujet de la désertion au Canada, principalement en ce qui concerne les francophones. L'auteur du livre a eu du mal à trouver de l'information. Beaucoup de dossiers de militaires sont incomplets ou alors, inexistants. Le "personnage" du déserteur est encore pourtant bien présent dans l'imaginaire collectif québécois. C'est un héros, puisqu'il défie les lois militaires; mais c'est aussi un lâche, puisqu'il déserte et ne veut ou ne peut faire face à la guerre. Je pense qu'entre les deux, extrêmes, il y a beaucoup à connaître. Les Canadiens français n'étaient pas à proprement parler contre la guerre. On comprenait que chacun devait faire sa part. Plusieurs jeunes se sont enrôlés, avides d'aventure ou pour changer un peu de vie. Ce sont en fait surtout des événements internes, sans lien apparant avec la guerre, qui ont braqués les francophones contre la guerre.
"Les Canadiens français n'ont jamais partagé l'enthousiasme de leurs compatriotes anglophones pour la guerre; ils n'éprouvent aucune affection particulière pour la Grande-Bretagne et leur lien avec la France séculière est bien ténu." extrait d'Une histoire générale du Canada, éditions du Boréal, 1990, Craig Brown
Dans la tête des Canadiens français, cette guerre est la guerre des autres et non pas la leur. Aller se faire tuer au front pour les autres, ne les tente pas beaucoup... Je crois aussi que, de par notre situation démographique et par notre culture, nous sommes en général moins prompt à faire la guerre. C'est à partir du peu d'enthousiasme des Canadiens de faire la guerre, qu'a été créée la loi concernant le service militaire. Les hommes sont appelés à se présenter aux autorités militaires, ce qu'on appelle la conscription. Partout au pays, cette nouvelle est assez mal accueillie. Des manifestations violentes sont organisées. Un bureau d'exemption est mis en place, mais il croule sous les demandes. Les hommes ne veulent pas aller à la guerre. Environ 93% d'entre eux font une demande d'exemption. Suite à cette insoumission de la population, une loi sera adoptée, mettant fin aux demandes d'exemption et annulant celles déjà accordées. Les raisons de désertions sont nombreuses. On ne croit pas à la cause. On ne veut pas se soumettre à ces lois. On ne veut pas faire la guerre, quitter ses parents, sa famille, une amoureuse ou son pays. Certains souffrent aussi de chocs nerveux, qui n'ont pas été traités. Des cours martiales sont instaurées. On juge les déserteurs et les insoumis de façon inadéquate. Les sentences ne sont pas les mêmes pour tous et pour les mêmes fautes, différentes sentences sont appliquées. Les gens qui jugent en cours ne sont pas toujours compétents pour le faire. Certains hommes seront fusillés, mesure extrême prêchant par l'exemple. Ces épisodes sont de tristes taches dans notre histoire. Mais, malheureusement, quelle guerre ne l'est pas?
L'essai de Patrick Bouvier est très didactique. Il rappelle des faits, des chiffres et des données. Il s'agit toutefois d'une lecture éclairante sur la désertion. Comme l'auteur, je souhaite qu'un jour des historiens creusent le sujet pour nous offrir leur travail, à travers des cas vécus et des faits historiques tirés du peu d'archives disponibles.
Dans un tout autre médium, mais traitant du même sujet, je vous suggère le film de Simon Lavoie, Le déserteur. Un film émouvant, magnifique, puissant, dont la photographie est très belle.
05 septembre 2008
Ne t'inquiète pas pour moi
Alice Kuipers
Albin Michel
242 pages
Résumé:
Bonne chance pour ton contrôle aujourd'hui, ma chérie.
Désolée de ne pas être là pour le petit déj'.
La cage de Jeannot a besoin d'être nettoyée.
A ce soir. Bises, Maman.
P.-S. : N'oublie pas ta clé !
Une correspondance par Post-it sur le frigo entre une mère et sa fille. Lorsque la mère tombe malade, le temps presse mais l'espoir demeure. Un livre comme un trésor qui chuchote à l'oreille l'importance de ceux qu'on aime...
Mon commentaire:
Claire a quinze ans. Elle vit sa vie d'adolescente normale, qui va à l'école, garde des enfants, vit un premier amour et sort avec ses amies. Claire vit avec sa mère, qui travaille dans un hôpital. Les deux ne se voient pas beaucoup et communiquent par petits billets laissés sur le frigo, de là le titre anglais du livre, Life on the refrigerator door, que je préfère à celui en français. À travers de nombreux petits messages - des notes sur ce qu'elles se proposent de faire comme repas, sur les tâches quotidiennes, jusqu'aux lettres qui clament la frustration, la tristesse et la joie - le lecteur est témoin de la relation mère-fille qu'entretient Claire et sa mère. Jusqu'au jour où LA nouvelle frappe: la mère est atteinte d'un cancer...
Espoir, tristesse, peur, culpabilité, impuissance, ce sont toutes les émotions que vivent Claire et sa mère qui font de ce court roman un petit bijou de justesse. Un peu courte, l'histoire est toutefois très poignante. J'ai adoré l'originalité de ce roman qui réinvente le style épistolaire, d'une façon très contemporaine.
14 août 2008
Au clair de l'amour
Kit Pearson
Série Norah et Gavin tome 2
Éditions Pierre Tisseyre
310 pages
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Résumé:
Norah, jeune invitée de guerre avec son frère, passe l'été avec une famille canadienne au bord d'un lac.
Mon commentaire:
Ce roman jeunesse raconte l'été d'une jeune invitée de guerre, Norah, qui vit au Canada avec son petit frère Gavin. Les deux jeunes anglais ont été invités pour échapper un peu à la guerre qui fait rage dans leur pays. Ils sont accueillit par deux femmes, issues de la bourgeoisie, et partent en vacances avec elles. Elles rejoignent toute leur famille dans une grande maison au bord d'un lac. Norah et Gavin sont donc entourés d'adultes, d'enfants et de jeunes de leur âge. Pour Norah, c'est l'été des découvertes. Au bord de l'eau, elle apprivoise la nature, mais aussi la vie dans une famille nombreuse, entre les vieilles dames qui paressent au lit, les conseils des uns et des autres, les secrets, les amours d'été... Norah découvre sa féminité et les tourments d'un premier amour.
Ce roman, avec la seconde guerre mondiale qui fait rage en toile de fond, nous parle du conflit du point de vue européen, à travers les yeux de Norah, mais aussi du point de vue canadien à travers les idées des Drummond, la famille qui accueille Norah. Même s'il a été écrit il y a de nombreuses années, ce roman est actuel dans le questionnement des adolescents. C'est une lecture agréable, parfaite en vacances, qui sent l'été, l'eau et la nature. Kit Pearson nous happe dans son histoire et on ne ferme le roman que lorsqu'on a tourné la dernière page. Malheureusement, ce livre est plutôt difficile à trouver en français, puisqu'il ne semble plus édité. Il peut être trouvé plus ou moins facilement en bibliothèque ou alors en anglais, sous le titre Looking at the moon.
Ce livre a remporté le Manitoba Young Readers' Choice Award, alors que plusieurs autres volumes de Kit Pearson ont remporté de nombreux et prestigieux prix.
J'ai appris tout récemment que le livre Au clair de l'amour fait parti d'une trilogie. J'ai lu et relu ce livre lorsque j'étais plus jeune et je ne me suis jamais rendue compte qu'il y avait des suites. Au clair de l'amour est en fait le deuxième tome de l'histoire de Norah et Gavin, mais peut se lire séparément sans aucun problème.
Les titres de la trilogie, pour s'y retrouver:
Tome 1: Le ciel croule (The sky is falling)
Tome 2: Au clair de l'amour (Looking at the Moon)
Tome 3: Le chant de la lumière (The Lights Go on Again)
La trilogie complète a aussi été publiée en anglais sous le titre The guests of war trilogy.
Le site web très intéressant de l'auteur.






