La bibliothèque d'Allie

Bienvenue dans ma bibliothèque! Auteurs, chroniques, littérature, extraits, dossiers, liens, etc. De tout pour vous donner le goût de lire!

01 décembre 2009

Un Noël d'enfant au Pays de Galles

noelenfantpaysdegallesDylan Thomas
Lettres modernes (Passeport)
47 pages

Résumé:

Un texte qui raconte le Noël d'un enfant qui vit au Pays de Galles.

Mon commentaire:

Dylan Thomas est surtout connu pour sa poésie. Il meurt jeune, à l'âge de trente-neuf ans. Il buvait énormément. Son oeuvre est malgré tout très riche pour une si courte vie et il fut l'un des plus grands poètes de sa génération. Son travail se rapproche, dit-on, des poètes romantiques.

On dit de l'écriture de Dylan Thomas qu'elle est intraduisible. Il existe peu de ses oeuvres traduites en français. Quelques poèmes, les Lettres d'amour et un texte biographique, Portrait de l'artiste en jeune chien. Il existe aussi une traduction d'une toute petite histoire qu'on suppose inspirée des souvenirs de Dylan Thomas: Un Noël d'enfant au Pays de Galles.

Il existe trois versions de ce texte. Une version plus courte, commandée par la BBC et parue ensuite sous le titre Quite early one morning. Une version plus longue est parue en 1850 dans le Harper's Bazaar. Finallement, une version sous forme de dialogues a aussi été écrite sous le titre Conversations about Christmas. La version de mon exemplaire est un mélange des deux dernières versions et avait été éditée en 1954 sous le titre A Child's Christmas in Wales.

Un Noël d'enfant au Pays de Galles est en fait un tout petit livre qui raconte les jours entourant Noël du point de vue d'un enfant. La prose de Dylan Thomas est très lyrique, très imagée. On sent littéralement l'atmosphère qui baigne le pays dont parle le garçon (qu'on suppose être Dylan Thomas lui-même). On sent le froid et la neige, les odeurs de vêtements humides, de nourriture qui cuit sur le feu. Thomas ne nous décrit pas un Noël romantique, comme ceux que l'on s'imagine parfois, mais plutôt un Noël tout ce qu'il y a de plus normal dans une famille normale. Les enfants qui jouent dehors. Les histoires qu'on raconte. Les oncles et les tantes qui passent à la maison. C'est un tout petit livre très agréable à lire, d'autant plus que la plume de Dylan Thomas est une vraie découverte. Son écriture est très différente de ce à quoi je suis habituée.

Mon édition qui n'est plus toute jeune et date de 1967, comprend sur les pages de gauche la version originale en anglais et sur les pages de droite, la traduction que l'on doit à Monique Nathan. En faisant quelques recherches, j'ai constaté qui'il existe une version plus récente, traduite par Lili Sztajn et illustrée par Miles Hyman. J'ai réussis à le trouver et je l'ai lu. J'en parlerai demain.

Quelques extraits:

"Notre neige ne tombait pas seulement du ciel, secouée d'un seau de badigeon blanc, elle montait de la terre comme un châle, nageait, flottait, échappant aux bras, aux mains et au corps des arbres. La neige poussait en une nuit sur les toits des maisons, comme une mousse pure et ancestrale, elle sculptait minitieusement les murs de lierre blanc et s'amassait sur le facteur qui ouvrait la porte, comme un orage muet et gourd de blanches cartes de Noël déchiquetées." p.19

"Les poissons peuvent-ils voir qu'il neige?" p.39

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04 août 2009

La pêche blanche

pecheblancheLise Tremblay
Leméac
120 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Derrière les mots et les personnages de La pêche blanche se cache une dure lecture de la vie défaite, comme un désespoir fini où pour deux frères, l'un à Chicoutimi et l'autre à San Diego, l'hiver de février n'est plus une réalité mais un état qu'on porte en soi. État d'où surgissent, des forces souterraines et souvent muettes de l'appartenance et du déracinement, des êtres d'une force infinie et pourtant tranquille, écrasés sous le poids de vivre dans cette mémoire lumineuse d'une enfance dont on n'est jamais à l'abri.

Mon commentaire:

La pêche blanche est au centre du roman. C'est aussi elle qui réunit les deux frères Simon et Robert, qu'à peu près tout sépare. La pêche blanche est un livre sur la famille, la solitude et l'hiver. Simon et Robert ont vécu une enfance difficile au Saguenay. Leur père est un symbole très fort de ce qu'a pu être toute une génération de pères à cette époque: un pilier de roc, sévère, sans émotion. Dès qu'il a pu, Simon a prit la fuite. Dans plusieurs pays. Sur de nombreuses routes. Il voyage, sac au dos. Il vit un peu ici, un peu là. Robert, un enseignant, s'est résigné au froid, à la vie. Il rend visite à ses parents une fois aux deux semaines. Il n'y est jamais à l'aise. Simon est libre. Robert a épousé sur le tard une femme pleine de principes, qui ne comprend pas la sensibilité de Robert. L'enfance de Robert se poursuit dans sa vie d'adulte et n'est que résignation. Il se résigne à son sort, en rêvant de pêche blanche et de maison rouge avec vue sur le Saguenay.

Les deux frères s'écrivent à l'occasion. Robert envoie des boîtes de livres à son frère. Leurs deux univers sont à des lieues l'un de l'autre. La pêche blanche est un livre sur l'enfance et sur les souvenirs qui unissent deux frères. C'est aussi un livre plein de tristesse et de résignation, où l'hiver de février n'en fini plus de neiger, jetant un baume glacé sur toutes les douleurs du coeur. Ou peut-être les exacerbe-t-il?

Dans le roman, il est fait mention à plusieurs reprises de romans que Robert envoie à Simon et de ces mêmes romans que Robert fait étudier à ses élèves. Il y a souvent une descriptions des livres, mais il y a peu de précision quant aux titres. J'aurais aimé savoir si ces livres sont une invention de l'auteur où s'ils existent réellement. Il n'y a aucune précision à cet effet. C'est bien dommage, j'aurais apprécié trouver un glossaire des livres dont il est fait mention, toujours s'ils existent, naturellement!

La pêche blanche est le troisième livre de Lise Tremblay que je lis. J'avais adoré son recueil de nouvelles La héronnière. Je n'avais pas été très sensible à L'hiver de pluie, même si je réalisais la qualité de l'écriture. La pêche blanche est un roman quelque part entre les deux. Il possède tous les ingrédients qui me plaisaient de La héronnière, mais reprend aussi des thèmes de L'hiver de pluie. C'est un excellent livre que j'ai beaucoup aimé. Mon seul regret est que j'aurais dû me garder cette lecture pendant les longs mois d'hiver. L'auteur offre de magnifiques passages sur la saison froide et l'atmosphère est neigeuse, remplie du froid de février qui s'étire et ne se termine pas.

Quelques extraits:

"Je lis un roman que je pose souvent devant moi, pour le lire moins vite. Je le fais toujours avec les livres que j'aime. C'est une histoire qui me prend à la gorge. Une histoire du Nord. Un homme désoeuvré parcourant des États entiers pour aller combattre des incendies de forêt. J'avais moi aussi une histoire du Nord mais je n'y pensais jamais. Je me réfugiais dans celles des autres. Celles des Américains surtout, pour qui le nord était le Michigan. J'aimais la lenteur de ces romans. La langueur de l'automne permanent qui y règne. L'automne y est une très longue saison avant l'arrivée de la neige. Mon nord à moi était différent, il y avait les camions, l'alcool, mais en plus, le silence, le froid, la désespérance. Le mot venait de me traverser. La désespérance est un mot du nord, un mot qui se colle au nord, à l'inconfort qui dure des mois, au poids des vêtements, au vide, aux villages fantômes sur les rives du fleuve et que le vent traverse maintenant sans résistance, parce qu'il faut des hommes pour résister et que c'est dans cette résistance qu'ils trouvent leur raison de vivre. J'ai déserté depuis longtemps, mais l'état d'hiver, lui, est revenu s'installer chaque année. Je sais qu'on n'y échappe pas." p.14

"Je suis content d'être revenu en hiver. Ce qui m'a le plus étonné, c'est la lumière, la qualité de cette lumière. C'est inexplicable. Ça traverse tout, même l'âme." p.106

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22 juin 2009

Paul à Québec

paulaquebecMichel Rabagliati
Série Paul tome 6
La Pastèque
187 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Sixième tome des aventures de Paul.  L’achat d’une première maison et la mort d’un proche sont au cœur de ce nouvel opus.

Mon commentaire:

J'aime le travail de Michel Rabagliati. Depuis le tout début. Ses bandes dessinées sont des instantanés de vie dans lesquels on se reconnaît assurément. Paul à Québec ne fait pas exception et en plus, c'est une histoire très touchante qui m'a fait verser quelques larmes. Cependant, dans l'univers de Paul il y a toujours place à l'humour, même si le sujet abordé n'est pas rose tous les jours. Ici, l'auteur nous parle d'une famille, celle de la femme de son alter-ego, Paul. Les retrouvailles entre les membres de la famille, les repas, les fêtes, on s'y retrouve beaucoup. Les petites blagues entre les membres d'une même famille, les activités qui les unissent, on retrouve l'esprit familial dans cette bande dessinée. Jusqu'à ce que Paul et sa conjointe soit confronté à l'inévitable: le vieillissement d'un parent, la maladie, le deuil.

Comme d'habitude, Michel Rabagliati sait doser à la perfection l'humour qui se glisse ici ou là, même dans les moments les plus difficiles. Comme dans la vie. Des fous rires imprévisibles aux larmes qu'on ne peut retenir, c'est une bande dessinée remplie d'émotions, comme je les aime. Lire Paul c'est aussi se retrouver un peu. Et c'est ce que j'aime profondément du travail de Rabagliati. Il nous parle de lui, mais aussi de nous. Il réussit toujours à venir me chercher, que ce soit par la nostalgie, le rire ou l'émotion.

Contrairement à beaucoup d'auteurs, je trouve qu'au fil des oeuvres de Michel Rabagliati, son travail prend de plus en plus d'ampleur, de qualité. Ses parutions sont toujours à surveiller, elles sont excellentes. J'ai beaucoup aimé la fin de cette histoire-ci, qui traite le deuil et la mort avec une infinie tendresse et un grand respect...

Michel Rabagliati est un incontournable. À lire absolument!

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09 mai 2009

Les filles

fillesLori Lansens
Éditions Alto
577 pages

Résumé:

Nées au plus fort d’une tempête dans le sud de l’Ontario en 1974, Rose et Ruby Darlen mènent une vie à la fois exceptionnelle et tout ce qu’il y a de plus ordinaire, entourées de leurs parents adoptifs, oncle Stash et tante Lovey. L’une aime la télé, l’autre le baseball; l’une se passionne pour les artefacts amérindiens, l’autre pour les lettres et la poésie. À l’approche de leur trentième anniversaire, les plus vieilles jumelles reliées par la tête toujours vivantes entreprennent de livrer le récit de leur existence hors du commun. Au fil de réflexions graves et drôles, d’une justesse émouvante, se dessinent deux destins unis par la fatalité, mais aussi par un amour inconditionnel, plus grand que soi. Lori Lansens nous révèle, à travers leur histoire singulière, une part d’humanité où chacun se reconnaîtra. Ni monstres, ni merveilles, ni phénomènes de foire, Rose et Ruby sont tout simplement « les filles ».

Mon commentaire:

Cette histoire est un roman. Une autobiographie fictive, écrite d'abord par Rose, l'une des jumelles, sur son ordinateur portable. Sous son insistance, sa soeur Ruby y joindra quelques feuillets écrits à la main, qui s'intercalleront entre les chapitres où Rose raconte leur histoire. Nous entrons dans ce roman un peu étrange en visitant la vie des deux soeurs dans leurs plus intimes détails. De leurs sentiments, la façon dont elles vivent leur différence, les événements de leur vie, des anecdotes sur elles mais aussi sur ceux et celles qui les entourent. Elles nous racontent la vie à la ferme orange, les voisins, l'école, tous les événements, petits et grands, qui font d'une vie ce qu'elle est. Ce roman plaira beaucoup, ou pas du tout. Il s'agit en fait d'un collage de souvenirs et d'événements, qui ne sont pas présentés en ordre chronologique. Ils arrivent sur papier au gré de l'inspiration des deux soeurs et des souvenirs qui en enchaînent d'autres. D'une visite au zoo à un goûter d'anniversaire, des visites aux médecins, jusqu'au regard curieux des autres, tout est raconté, et évoque jusqu'à l'odeur des choses, les souvenirs reliés aux événements de leur vie, de la colère, la tristesse, l'impuissance, l'acceptation, la joie et l'amour. Le destin de Rose et Ruby a tout de l'extraordinaire: leur naissance est triste mais belle à la fois, leur vie de jumelles conjointes suscite les regards et la curiosité, leur goûts, leurs pensées et leurs aspirations diffèrent, même si elles ont appris très jeunes à faire des compromis. Elles n'ont pas le choix puisqu'elles vivent en permanence l'une collée à l'autre.

Le roman est si bien documenté et si bien écrit qu'on croirait réellement lire une véritable autobiographie. Les souvenirs des filles sont si réels qu'on y croit tout de suite. C'est une lecture que j'ai bien aimé, troublante pour tout ce qu'elle a d'humain. La simplicité de ce qui nous est raconté est une leçon de vie, de courage, d'humanité et de compréhension face à la différence. Rose et Ruby sont des personnages très difficiles à oublier... Au fil de l'histoire, les différentes confidences des filles nous apprennent quantité de secrets et de choses qui ont remplies leurs vies. En tournant la dernière page, on se dit que, mit bout à bout, ces événements ont créés un destin extraordinaire pour Rose et Ruby.

Les filles est un roman qui laisse des traces et qu'on n'oublie pas de sitôt...

Quelques extraits:

"Je n'ai jamais regardé ma soeur dans les yeux. Je n'ai jamais pris mon bain toute seule. Je n'ai jamais tendu les bras vers une lune ensorceleuse, la nuit, les pieds dans l'herbe. Je ne suis jamais allée aux toilettes dans un avion. Je n'ai jamais porté de chapeau. On ne m'a jamais embrassée comme ça. Je n'ai jamais conduit une voiture. Ni dormi d'une seule traite du soir au matin. Je n'ai jamais eu un entretien en privé. Je n'ai jamais marché en solitaire. Jamais grimpé dans un arbre. Je ne me suis jamais perdue dans une foule. Tant de choses qui ne me sont pas arrivées et pourtant j'ai été aimée, ô combien aimée. Et si l'occasion m'en était donnée, je vivrais mille vies comme celle que j'ai vécue pour être aimée de façon aussi absolue." p.9

"Rose espère drôlement faire publier ces pages. Elle refuse de l'avouer, mais c'est la vérité. Si aucun éditeur n'est intéressé, elle le publiera sur Internet. Je n'y comprends rien, mais elle soutient que c'est possible. Je suis plus réaliste, moi. Qui a envie de lire l'histoire de deux soeurs qui travaillent à la bibliothèque d'une petite ville ennuyeuse comme la pluie, même si elles sont soudées par la tête?" p.116

"Rose a dit que le livre était terminé. J'écris donc pour dire adieu. Elle a dit qu'un récit devait être comme la vie, c'est-à-dire trop court, peu importe la durée de l'existence. Rapiécé, en somme, en non achevé, la fin renvoyant au commencement." p.568

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18 février 2009

L'exploitation

exploitationJane Smiley
Rivages
461 pages

Résumé:

En 1979 , dans l'Iowa , Larry Cook , un fermier orgueilleux et exigeant, décide un beau jour de partager son vaste domaine entre Ginny, Rose et leur cadette. Caroline, jeune avocate ayant quitté la ferme depuis longtemps. Pour les deux aînées, ce don ne représente qu'une juste récompense pour des années de travail pénible. Pour la cadette, c"est une mauvaise idée. Furieux, son père la déshérite. Les soeurs se déchirent. les couples se défont. Les secrets apparaissent. C'est la fin d'un monde, la mise à nu d'un homme, le père.

Mon commentaire:

Il y a bien longtemps, quelqu'un m'avait conseillé ce roman. Je ne me souviens plus dans quelles circonstances, mais il trônait dans ma bibliothèque depuis des années. J'ai soudain eu très envie de le lire. L'exploitation est un roman dur. Une histoire de famille, sur une exploitation agricole, qui perdure depuis des générations. On se concentre essentiellement sur les Cook. Le père, ses filles et leurs familles respectives qui vivent toutes sur l'exploitation. Entre les descriptions de travaux agricoles qui m'ont enchantée (j'en rêve), la famille Cook se déchire, les gens se disputent, se réparent, les couples ne sont plus unis, les familles s'éloignent... et tous cachent de très lourds secrets. Mais à vivre dans la proximité, les secrets percent au grand jour et laisse des traces profondes... L'exploitation est un roman que j'ai beaucoup apprécié, même s'il n'est pas joyeux du tout. Il a été adapté au cinéma sous le titre Secrets avec Michelle Pfeiffer et Jessica Lange.

Le roman a remporté le Prix Pulitzer en 1992.

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13 janvier 2009

Guerre et Paix

guerretpaix1guerretpaix2Léon Tolstoï
Folio en deux tomes
2078 pages

Résumé:

- Ah ! enlevez ces... enlevez donc ces... (Elle désignait les lunettes.)
Pierre les enleva. Son regard n'était pas seulement étrange comme l'est d'ordinaire celui des gens qui enlèvent leurs lunettes, il était apeuré et interrogateur. Pierre voulut se pencher sur la main d'Hélène et la baiser, mais d'un mouvement rapide et brutal de la tête, elle s'empara de ses lèvres et y appuya les siennes. Le visage d'Hélène frappa désagréablement Pierre par son expression égarée.

«Lisez, relisez ces pages éternelles. N'espérez pas en trouver ailleurs l'équivalent» (Alain).

Mon commentaire:

Guerre et Paix est un monument. Au sens littéral comme au sens figuré. C'est un momument par le pavé qu'il nous offre (ou plutôt les pavés...) et par son contenu qui est tellement riche qu'il mériterait, selon moi, une relecture. Oui, je viens de passer à travers plus de 2000 pages de descriptions de batailles napoléennes et je parle déjà de relecture. Mais pas pour tout de suite, dans quelques années probablement.. Car Guerre et Paix, même s'il s'agit d'un roman touffu, complexe, descriptif, détaillé qui pourrait être indigeste, est tout simplement passionnant. Il faut cependant y mettre le temps et être motivé.

Léon Tolstoï a écrit des chapitres relativement courts et ses deux volumes sont séparés en nombreuses parties, ce qui facilite assurément la lecture. Mon édition (Folio) est agrémentée de dossiers, d'une préface, de notes et d'une notice qui m'ont beaucoup aidée dans ma compréhension de l'époque et de tout ce qui entoure l'écriture (et la traduction) de l'oeuvre. J'ai également fait plusieurs recherches pendant ma lecture, à différentes parties du roman. Je pense que c'est une lecture qui doit être active, sinon elle en devient très complexe. On doit comprendre ce que l'on lit et replacer l'histoire dans le cadre historique où elle se déroule. Tolstoï a investi beaucoup de lui-même dans ce roman. Ses écrits méritent donc qu'on y prenne le temps.

Le comte Lev Nikolaïevitch Tolstoï, francisé en Léon Tolstoï (comme c'était la coutume de l'aristocratie russe de franciser les noms et de parler français) est né le 9 septembre 1828 à Iasnaïa Poliana. Ses parents sont décédés à quelques années d'intervalle, alors que les jeunes Tolstoï étaient encore en bas âge. En 1844, Léon Tolstoï entre à l'université, en faculté des langues orientales. Il modifie son parcours scolaire en passant à la faculté de droit avant d'abandonner ses études en 1847. Il partagera ensuite la vie des officiers d'artillerie, écrira des récits caucasiens de son expérience et travaille à son autobiographie romancée, Enfance. Plus tard, il est promu sous-lieutement à l'armée du Danube et affecté à l'armée de Crimée. En 1856, Tolstoï prend sa retraite de l'armée. Il s'installe dans sa ville de naissance, puis ouvrira une école où il instruit lui-même les enfants de ses paysans. Il faut savoir qu'en Russie à cette époque, le servage existe toujours, l'aristocratie ayant souvent de nombreuses terres et des paysans à son service. J'aime à penser que le conte pour enfant que Tolstoï a écrit, intitulé Philipok, est inspiré de son travail auprès des jeunes paysans russes. Mais sa vie pédagogique sera de courte durée. L'école est rapidement fermée. Tolstoï voyagera un peu à l'étranger, avant d'épouser, en 1862, la fille d'un médecin de Moscou, Sophie Andréïevna Bers. Elle a 20 ans. Tolstoï en a 34. La période qui suit est probablement la plus calme dans la vie tourmentée de Tolstoï. Il vit en campagne, apprécie la vie calme qu'il mène, se passionne pour l'agriculture et débutera l'écriture de Guerre et Paix. Tolstoï a été, toute sa vie durant, tourmenté par diverses questions existentielles. Il en est question dans ses écrits. Il a été critiqué à l'époque pour avoir pris position pour ses paysans, qu'il affranchit et a été surveillé par les autorités à quelques reprises pour ses prises de positions et ses écrits. L'église excommunie Tolstoï après la parution de Résurrection, un texte qui critique la religion et ses établissements. Tolstoï a toujours mis à profit son écriture pour comprendre le monde qui l'entourait et pour critiquer ce qu'il croyait injuste. C'était un homme difficile à cerner, aux croyances nombreuses et à contre-courant de son époque. On ressent son questionnement et sa quête spirituelle dans son écriture. C'était un solitaire excessif, qui était contre la peine capitale, pour la vie et deviendra même végétarien sur le tard. Il pronait la non-violence et le respect de la vie. En 1910, en route vers une destination qui nous est inconnue, Tolstoï tombe malade et mourra 10 jours plus tard.

Guerre et Paix est une fresque historique, racontant en quelque sorte les Guerres Napoléoniennes du point de vue russe. Alternant entre la société aristocratique de l'époque et les épisodes de guerre où tentent de survivre ceux qui sont envoyés au front, Tolstoï mêle à son histoire des considérations philosophiques et spirituelles sur la vie et la place de chacun dans le monde, ainsi que sa perception des Guerres et l'histoire qui les entoure. Il s'agit donc d'un récit touffu et complexe. À travers cinq familles aristocratiques nous assistons à des bals, des liaisons, des problèmes financiers, des jeunes filles qui fréquentent le monde à la recherche d'un mari, des hommes aux prises avec le jeu, l'alcool, des vies désincarnées ou au contraire, très riches. Nous fréquentont le beau monde, les dessous de la franc-maçonnerie, les relations d'une famille à l'autre, que vient perturber l'arrivée de la guerre et le départ au front pour plusieurs jeunes hommes de l'époque. À partir de ce moment, il y a la vie à la guerre, dictée, programmée; et celle de l'aristocratie, empreinte de faux-semblants, où il faut régler des problèmes, jongler avec les finances, gérer un domaine et faire un beau mariage. Tolstoï travaillera de 1863 à 1868 à l'écriture de ce livre. Considéré aujourd'hui comme un roman, il n'en était pas un à l'époque. Tolstoï lui-même ne souhaitait pas qu'on le considère comme tel.

"Qu'est-ce que La Guerre et la Paix? Ce n'est pas un roman, moins encore un poème, moins encore une chronique historique. La Guerre et la Paix est ce qu'a voulu et pu exprimer l'auteur dans la forme où cela s'est exprimé."

On a reproché à Tolstoï sont fatalisme historique, sa théorie qui dit que les décisions personnelles de chacun n'ont pas beaucoup d'importance dans le cours des événements. Guerre et Paix n'est pas un roman où règne la gaieté. Les couples se font et se défont, les mariages sont mal assortis, les Guerres sont difficiles, les intentions ne sont pas toujours très nobles. L'aristocratie cache son lot de zones sombres où il ne fait pas toujours bon aller. Face au comportement de certains de leur contemporains, on peut donc percevoir et comprendre les grands questionnements de certains des personnages face à leur spiritualité et à la place qu'ils ont ici bas. Paru tout d'abord en feuilleton dans la revue Le Messager Russe de 1865 à 1868, Guerre et Paix s'intitulait alors 1805. On constate que Tolstoï savait parfaitement ce qu'il adviendrait de son histoire et quelle ligne il souhaite lui donner, car l'écriture et la parution en feuilleton se faisait simultanément. Le livre paru en six volumes en 1869 et fut réduit à quatre volumes en 1873. Dès le début, certains volumes sont déjà épuisés et connaissent des rééditions successives. En 1970 une traduction allemande du texte paraissait déjà. Le succès est instantané. On lit Guerre et Paix partout, on en parle partout, même dans les milieux qui ne sont pas très lettrés. Les critiques et les opinions sur ce livre sont dythirambiques. Mais Tolstoï s'en détourne vite, en disant "...qu'il n'écrira plus jamais de telles sornettes."

Dès le début de ma lecture, ce ne sont pas les considérations politiques ou les grands discours spirituels qui m'ont posés problème, mais bien les personnages. Tolstoï met en scène dans Guerre et Paix une panoplie de personnages, tous partiellement ou abondamment décrits. Ils sont si nombreux qu'il faut parfois s'y reprendre à deux fois avant de savoir qui est qui. Il faut savoir que Tolstoï a mit en scène 559 personnages dans les deux tomes de Guerre et Paix, de la noblesse aux soldats en passant par les valets, des Princes, des pauvres, des commis, des aristocrates, des hommes, des femmes, des enfants, des paysans, etc.
Dans ce roman, les plus importants comme les plus insignifiants ont droit à une description, une mise en contexte, des informations sur leur famille, leur passé, leur apparence physique. Tolstoï élabore abondamment sur chacun d'eux, si bien qu'il est parfois difficile de savoir qui exactement est au centre de l'histoire. Certains ne nous sont présentés qu'une seule fois, alors que d'autres reviennent sporadiquement. Une poignée de personnages sont au coeur du récit. Plusieurs portent également le même prénom et à l'occasion, comme c'était la coutume en russie, on utilise des "surnoms" affectueux pour désigner l'autre. Ce qui fait énormément de noms à se rappeler avant d'avoir suffisamment entamé le roman pour savoir où l'on va et surtout... avec qui! Pour être en mesure de suivre correctement le roman, j'ai collé au début de mon volume une liste des principaux personnages. Cette liste m'a été d'un grand secours au début de ma lecture, avant de me familiariser avec chacun. Je vous la transmet plus bas, si vous souhaitez à votre tour vous lancez dans la lecture de Guerre et Paix. Entre parenthèses, vous trouverez les autres noms et surnoms de ces personnages. À noter qu'il peut y avoir de légères différences selon la langue et l'édition que vous avez entre les mains, mais l'essentiel est là. En italique, il s'agit du lien familial qui unit les personnages au chef de famille.

Liste des principaux personnages de Guerre et Paix

Famille Bezoukhov
Comte Kiril Vladimirovich Bezoukhov
Pierre Bezoukhov (Pyotr, Pétia, Pétroucha, Pétrouchka, Pétegnka) son fils

Famille Kouraguine
Prince Vassili
Prince Anatole, le fils aîné
Prince Ippolite, le fils cadet
Princesse Hélène (Elena, Liolia) sa fille

Famille Bolkonsky
Prince Nicolas Anreyevich (Nikolai, Andrei Bolkonsky)
Prince André (Andrioucha, Andrei, Andreich) son fils
Princesse Marie (Macha, Machégnka) sa fille
Princesse Lise (Lisa), la femme d'André
Prince Nicolas Andreyevich (Nikolai) le fils d'André et Lise

Famille Rostov
Comte Ilya
Comtesse Natacha Rostov (Nathalie, Nathalia, Natachka) sa femme
Comte Nicolas Ilych (Nicolégnka, Nicolouchka, Kolia) le fils aîné
Comte Pierre (Pétia, Pyotr, Pétroucha, Pétrouchka, Pétegnka) le fils cadet
Comtesse Véra, la fille aînée
Comtesse Natacha (Nathalie, Nathalia, Natachka) la fille cadette
Sonia (Sophie) la cousine

Famille Droubetskoï
Princesse Anna Mikhaïlovna Droubetskoï
Prince Boris Droubetskoï, son fils

Les scènes de Guerre mettent également en scène Alexandre 1er et Napoléon, ainsi que d'autres personnages qui ont réellement existés. Lors de la parution de l'ouvrage, nombreux lecteurs tentaient de découvrir qui se cachaient derrière le Prince André par exemple ou derrière d'autres personnages. Derrière la comtesse Natacha se cache Tatiana Bers, la jeune belle-soeur de Tolstoï. Pierre Bézoukhov sera en quelque sorte l'alter-égo de Tolstoï. On ressent bien d'ailleurs toute la réflexion de Tolstoï à travers les questionnements de Pierre et à travers le journal que celui-ci écrit dans le roman. Tolstoï a tenu également son journal, à partir de 1847. Mais pour les autres personnages, comme le dit Tolstoï lui-même:

"André Bolkonsky, comme tout personnage de roman, n'est personne."

Guerre et Paix m'a accompagné pendant de nombreuses semaines. Lire ce pavé prend du temps et de l'énergie. Ce n'est pas un texte nécessairement facile, même si l'écriture m'a énormément surprise. Elle est relativement simple à aborder. Le traducteur de mon édition, Boris de Schloezer, qui signe d'ailleurs une brillante préface, a effectué un travail colossal dont on ne peut que louanger le résultat. Des notes réfèrent en fin de volume afin de comprendre toutes les nuances du langage, allant des précisions géographiques aux surnoms donnés familièrement aux personnages. Les passages sur la guerre ou sur les nombreux questionnements de l'existence méritent, malgré leur aspect parfois difficile, qu'on s'y attarde. Tolstoï était un fin psychologue et un écrivain doué pour rendre à merveille les sentiments humains. Il puise au plus profond de l'âme de ses personnages pour en ressortir ce qu'il y a de plus sombre, de plus beau, de plus ambigü, les sentiments les plus vils, l'honneur, la honte et le courage. Le questionnement aussi, surtout. Qu'est-ce que la vie? Que nous apporte-t-elle? Vaut-elle la peine d'être vécue? On ressent à travers Guerre et Paix, les questionnements personnels de Tolstoï. Peut-être parce que lui-même avait une existence difficile, qu'il est à même de décrire merveilleusement bien les tourments de l'âme de ses personnages. Car rien n'est plus difficile à comprendre et à analyser que l'homme. Ce que Tolstoï, à travers plus de 2000 pages, a réussis à faire avec brio.

Quelques extraits:

"Un pas seulement au-delà de cette ligne semblable à celle qui sépare les vivants des morts, et c'est l'inconnu, la souffrance, la mort? Et qu'y a-t-il là-bas?" p.240

"...que dois-je faire si je n'aspire à rien d'autre qu'à la gloire et à l'amour des hommes" p.435

"Qui pouvait être là et parler de lui, cela lui était à cette minute complètement indifférent; il était simplement heureux que des gens se fussent arrêtés auprès de lui, et désirait seulement qu'on le secourût, qu'on le fît revenir à la vie, cette vie qui lui semblait si belle, parce qu'à présent il la comprenait tout différemment." p.479

"Anna Pavlovna continuait à donner des soirées comme seule elle savait en organiser, des soirées où se réunissait, selon sa propre expression, la crème de la véritable bonne société, la fine fleur de l'essence intellectuelle de la société de Pétersbourg. L'attrait de ces soirées ne tenait pas seulement au choix exquis des invités mais à ce qu'Anna Pavlovna leur offrait chaque fois, comme sur un plateau, quelque nouvelle personnalité intéressante, et aussi à ce que nulle part ailleurs on ne pouvait se rendre compte aussi nettement, aussi sûrement, de la température que marquait le thermomètre politique dans les milieux légitimistes de la cour." page 596

"Nicolas suivit le premier traîneau; les autres s'ébranlèrent à leur tour en grinçant. Sur le chemin étraoit, on prit d'abord le petit trot. Tant qu'on longea le parc, les ombres des arbres dénudés coupaient fréquemment la route et voilaient la clarté de la lune; mais dès qu'on eut franchi la clôture, la plaine neigeuse , étincelant, comme des diamants aux reflets bleuâtres, s'étendit de toutes parts à l'infini, inondée de lumière." page 858

"...il n'y a rien de certain que le néant de tout ce que je comprends et la grandeur de quelque chose d'incompréhensible mais d'essentiel!" p.482

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30 septembre 2008

À table en famille

atableenfamilleMarie Breton & Isabelle Emond
Flammarion Québec
192 pages

Résumé:

Manque de temps, conflits d’horaire, les familles d’aujourd’hui ont du mal à se réunir chaque jour, à heure fixe, autour d’une table pour manger un repas sain et équilibré dans une atmosphère détendue. Trop souvent on oublie que manger ensemble, c’est bien plus que s’alimenter.

Mon commentaire:

Après avoir parlé de Boîte à lunch emballante, je ne pouvais pas laisser dans l'autre un autre de leur excellent livre sur la cuisine familiale. Comment cuisiner en famille? Comment faire participer petits et grands et surtout, à l'époque des familles éclatées, comment manger tous ensemble aux repas? Tout comme Boîte à lunch emballante, À table en famille est un livre très complet, intéressant en ce qui concerne le contenu des recettes. Les choix de plats proposés sont soignés, les recettes toujours juste et les goûts, variés. Et surtout, c'est simple à faire, avec des ingrédients qu'on a sous la main la plupart du temps. Pour ceux qui ont des enfants, les recettes sont aussi conçues pour faire participer les petites mains!

Cette fois, mes incontournables: les carrés aux dattes à l'orange (qui adoucit le goût des dattes et réinvente un dessert classique) et le pudding à l'érable, bien meilleur et aussi facile à faire que ceux que l'on peut acheter dans le commerce! Ce soir, mettez-vous à table en famille!

À table en famille a remporté le Trophée Or de Cuisine Canada 2007, catégorie livres de cuisine en français.

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18 septembre 2008

La vraie vie goûte les biscuits

vraieviegoutelesbiscuitsGuy Marchamps
Soulières
80 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

On peut jouer avec les mots, les accorder, les faire chanter... Quand on les lit, on peut les dévorer !

Mon commentaire:

Ce recueil de Guy Marchamps, son premier recueil jeunesse, est tout simplement fantastique pour présenter de la poésie de qualité aux non initiés. Le livre contient une quarantaine de poèmes, tantôt amusants, tantôt qui donnent à réfléchir, toujours rafraîchissants et inventifs. Un auteur qui gagne à être découvert et un livre à être offert aux enfants! Mais pas seulement. C'est une lecture amusante et remplie de douceur. À mettre entre toutes les mains!

À noter que ce recueil a été finaliste 2008/2009 au prix Hackmatack.

Un extrait:

«Je me pose plein de questions
Assis devant le four
Et la chaleur m’enveloppe
Et mon estomac galope
Et puis soudain
La clochette de la minuterie
Me sort de mes rêveries
La vraie vie goûte les biscuits»

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05 septembre 2008

Ne t'inquiète pas pour moi

netinquietepasAlice Kuipers
Albin Michel
242 pages

Résumé:

Bonne chance pour ton contrôle aujourd'hui, ma chérie.
Désolée de ne pas être là pour le petit déj'.
La cage de Jeannot a besoin d'être nettoyée.
A ce soir. Bises, Maman.
P.-S. : N'oublie pas ta clé !

Une correspondance par Post-it sur le frigo entre une mère et sa fille. Lorsque la mère tombe malade, le temps presse mais l'espoir demeure. Un livre comme un trésor qui chuchote à l'oreille l'importance de ceux qu'on aime...

Mon commentaire:

Claire a quinze ans. Elle vit sa vie d'adolescente normale, qui va à l'école, garde des enfants, vit un premier amour et sort avec ses amies. Claire vit avec sa mère, qui travaille dans un hôpital. Les deux ne se voient pas beaucoup et communiquent par petits billets laissés sur le frigo, de là le titre anglais du livre, Life on the refrigerator door, que je préfère à celui en français. À travers de nombreux petits messages - des notes sur ce qu'elles se proposent de faire comme repas, sur les tâches quotidiennes, jusqu'aux lettres qui clament la frustration, la tristesse et la joie - le lecteur est témoin de la relation mère-fille qu'entretient Claire et sa mère. Jusqu'au jour où LA nouvelle frappe: la mère est atteinte d'un cancer...

Espoir, tristesse, peur, culpabilité, impuissance, ce sont toutes les émotions que vivent Claire et sa mère qui font de ce court roman un petit bijou de justesse. Un peu courte, l'histoire est toutefois très poignante. J'ai adoré l'originalité de ce roman qui réinvente le style épistolaire, d'une façon très contemporaine.

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31 mars 2008

Tout ce qui brille

toutcequibrilleJennifer Tremblay
Éditions de la Bagnole
150 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Une jeune mère s'exile pour écrire. Elle entame deux manuscrits, achève deux lettres d'amour, et tient un journal de voyage, dans lesquels elle prend à témoin son mari, seul et unique lecteur de ce réquisitoire contre l'abandon. Ces écrits épars constituent un récit à la fois intime et imaginaire, éclaté et fragmenté, fidèle reflet des personnages mis en scène par une narratrice aussi empathique qu'impitoyable.

Mon commentaire:

Une jeune mère de famille s'exile loin de son conjoint et de ses enfants. Sa relation avec Alexandre bat de l'aile. Elle lui écrit, lui envoie une vieille lettre d'amour et deux manuscrits pour tenter d'expliquer pourquoi elle sent le besoin de partir. Les manuscrits parlent de sa grand-mère et de son père, de leur vie, du temps qui a érodé les petits bonheurs et de leur déchéance. Les figures de femmes, surtout, dans les histoires de Jennifer Tremblay ne sont jamais très heureuses. Elles portent souvent le poids de leurs responsabilités, des enfants, du conjoint, de la maison, de la famille, jusqu'au moment où tout craque et qu'elles doivent agir différemment.
Je constate que l'écriture de l'auteur me plaît de plus en plus. J'avais adoré La liste, j'ai tout autant aimé ce roman un peu étrange constitué d'écrits singuliers qui, mis bouts à bouts racontent une histoire. Avec une économie de mots remarquable, elle met en place un univers complexe, les maux, les rares joies et la tristesse d'une galerie de personnages. Ses mots me troublent et m'apaisent à la fois. Un univers qui reste longtemps en tête, une écriture sobre qui ne raconte que l'essentiel, tout en racontant tout. J'adore!

Un extrait:

"Je te laisse pour retourner à mon exil, au silence désespérant de cet exil. J'ai tant voulu être toujours parfaite et je n'aurai finalement été que déçue et décevante. Je te demande pardon."
p.21

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