La bibliothèque d'Allie

Bienvenue dans ma bibliothèque! Auteurs, chroniques, littérature, extraits, dossiers, liens, etc. De tout pour vous donner le goût de lire!

04 juillet 2009

Marimé

marimeAnne Wiazemsky
Gallimard (Folio)
243 pages

Résumé:

Marimé, c'est une demeure familiale en Bretagne, tout au bord de la mer. Malgré son passé, malgré tant de jours heureux - ou de secrets drames familiaux -, la famille Chevalier s'en désintéresse. Seule Catherine ressent comme une intolérable blessure les menaces d'abandon de la vieille propriété de sa jeunesse. Catherine, photographe, se retrouve à Marimé avec son amie Annie, plus jeune, comédienne, « goinfre des choses ». À l'improviste, Florence viendra les rejoindre  ; Florence la lumineuse, la rassurante, la bien-mariée, l'heureuse mère. À peine est-elle là, d'ailleurs, que les menaces s'éloignent, que Marimé semble revivre. Et l'arrière-été est si beau...

Mon commentaire:

C'est avec beaucoup de difficulté que j'ai finallement terminé ce roman. Il est pour moi une grande déception. J'avais eu un coup de coeur pour un autre livre du même auteur, Une poignée de gens. J'attendais beaucoup de Marimé. Pour commencer, tout dans ce livre me plaisait. La très belle et très estivale couverture ainsi que le résumé de l'histoire (une maison en Bretagne, des portraits de femmes) auguraient bien pour la lecture qui suivrait. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. La maison est au centre du roman. Cette idée m'intéresse beaucoup. Cependant, je la trouve mal exploitée. La maison devrait être importante pour les femmes du romans. Parfois elle l'est. Parfois elle l'est trop. Les portraits de femmes auraient pu être inoubliables, un peu comme dans Avril enchanté par exemple.

Dans Marimé, Catherine, Annie et Florence n'ont fait que m'exaspérer. Je voulais m'attacher à elle, vivre une saison à Marimé avec elles. Elles ne m'ont pas laissé une bonne impression. Catherine est une enfant gâtée qui bat des pieds et des mains pour garder la maison dans la famille, ce que sa mère et son oncle ne veulent pas vraiment. Ils en sont les héritiers légaux. Ce qui place Catherine dans une position d'attente, inconfortable pour elle comme pour nous. Catherine se promène avec une carabine tronquée qui effraie Annie et tire sur des goélands au-dessus de l'eau. Elle a aussi des sautes d'humeur et un caractère qui m'insupporte totalement: elle passe du rire aux larmes, de la bonne humeur à la colère, en quelques minutes, pour tout ou pour rien. C'est plutôt étrange toutes ces colères qu'elle pique à propos d'un coq qui sème la pagaille dans la basse-cour, derrière la maison... Je ne vois d'ailleurs pas trop l'intérêt de telles scènes. Annie est effacée et semble toujours sur le point de s'excuser ou de fondre en larmes au gré des émotions des autres. Son couple bat de l'aile. Elle vit avec un homme depuis deux ans, homme qui la vouvoie encore (?)... Elle marche en permanence sur des oeufs et semble toujours à la merci de quelque chose. Voilà donc un autre portrait de femme qui ne m'a pas plu et pour lequel je n'ai jamais pu m'attacher. Florence elle, est étrange. Mère de famille, femme de carrière, ancien mannequin, les deux autres filles passent leur temps à l'observer et ça l'agace. Elle risque de se noyer et tout ce qu'elle trouve à faire c'est de fixer le vide, devant elle, pendant que les autres débattent sur ce qu'il convient de faire...

Finallement, que dire de l'histoire, de la façon de la raconter? Rien de spécial à vrai dire. L'histoire se passe essentiellement dans la maison et autour d'elle, elle peint par petites touches des instantanés de vie des trois femmes, qui sont à Marimé pour fuir en quelque sorte, leurs vies respectives et leurs problèmes... La fin m'a exaspérée et ne m'a pas surprise. Je m'attendais à un récit de vacances, à une lisaison presque charnelle avec une maison à laquelle on revient, car elle a marqué de longs pans de notre vie. Je n'y ai retrouvé rien de tout ça. Quelques passages sont intéressants, sans plus. C'est un roman d'une infinie tristesse, une tristesse qui ne m'a pas touchée et que je ne comprends pas. Au fil de ma lecture, je regardais sans cesse le nombre de pages qu'il me restait à lire avant la fin. C'est très mauvais signe. Un livre qui m'a beaucoup déçue et qui n'est vraiment pas pour moi.

Un extrait:

"Marimé a toujours été la propriété de ma grand-mère. Elle y a quasiment vécu jusqu'à son mariage. Elle y est revenue ensuite tous les étés et souvent à l'automne et au printemps. Son mari et ses enfants suivaient. À la mort de mon grand-père elle a failli s'y installer définitivement. Mais il aurait fallu tout refaire, mettre un chauffage centra. Ce n'est pas une maison pour l'hiver..." p.21

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01 juillet 2009

Le Loup des Îles

loupdesilesClaudine Douville
Série La louve des mers tome 2
Libre expression
589 pages

Résumé:

1711. Marie Galligan coule des jours tranquilles à la baronnie de La Rochelle, tandis que son époux, le capitaine Étienne de Beauval, court les océans pour le compte du roi à bord du Gergovie. Mais un drame forcera Marie à retourner en mer, malgré l’interdiction royale. Une nouvelle quête la conduira à traverser l’Atlantique, à découvrir de nouveaux horizons et à poursuivre son ennemi implacable, Marek, le corsaire du roi qu’elle croyait enchaîné aux  travaux forcés dans les colonies françaises. Elle pourra compter sur l’appui de son fidèle ami Julien Legoff et sur celui du troublant capitaine Simon Vercoutre. Que ce soit à cheval à travers la France, sur le pont du Fleur de lys ou dans l’atmosphère tropicale des îles des Antilles françaises, l’action ne manque pas autour de la jeune femme, fermement déterminée à sauver son bonheur. Étienne, ignorant du drame qui a touché son épouse, arrivera-t-il à temps pour la sauver… et sauver leur amour ? Qui, de Marek ou de Marie, aura le dernier mot ?

Mon commentaire:

L'an dernier j'avais lu avec beaucoup de plaisir La louve des mers, qui est le premier tome des aventures de Marie. J'avais aimé cette lecture et le portrait de femme que dépeint l'auteur. Cette suite est à la hauteur du premier et le plaisir de lecture était au rendez-vous. Dans ce deuxième tome, Marie part sur les routes de France afin de retrouver son petit garçon Thierry, enlevé par Marek, l'ancien corsaire du roi. Marie étant responsable de son bannissement, Marek veut se venger de la belle. Marie, accompagnée de son compagnon de toujours Julien Legoff, sillonnera les routes de France puis s'embarquera sur un navire pour tenter de retracer son fils. Cependant, les choses ne seront pas faciles pour eux...

Marie est un beau portrait de femme. Forte, vaillante, une vraie pirate, qui aime la mer et les bateaux. Elle a de bonnes connaissances en herboristerie et se passionne pour les plantes et leurs vertus. La vie confinée dans son domaine lui est difficile, elle a le sentiment de s'enliser et l'ennui se pointe bien vite. Elle a l'habitude des batailles, des tempêtes et de vivre auprès des hommes, même si les pirates des années 1700 sont souvent très attirés par elle, vu le peu de femmes sur les bateaux...

Le Loup des îles est un bon roman d'aventure, qui allie tous les ingrédients nécessaires à en faire une belle lecture de vacances: amour, naufrage, survie en forêt, rencontre avec des tribus hostiles, batailles navales... Le tout est bien dosé, le suspense progresse bien d'une page à l'autre et l'aventure, l'exotisme et le soleil nous attend au tournant. L'auteur connaît très bien son sujet, est bien documentée sur la navigation, la vie en mer, les îles françaises de l'époque.

La Louve des mers et Le loup des îles sont donc de bonnes lectures d'été, parfaites pour glisser dans les valises et s'offrir dépaysement et aventures!

Un extrait:

"La crête de la montagne était pelée, comme la tête d'un homme qui n'aurait plus qu'une couronne de cheveux comme parure. Lorsqu'ils atteignirent le sommet, les compagnons eurent droit à un spectacle à couper le souffle. Ils avaient une vue extraordinaire sur l'île. Pas un nuage ne voilait le soleil et on pouvait distinguer avec précision les plus et replis du terrain. À l'ouest se découpait la côte sous le vent et on voyait les bateaux danser dans la crique qu'ils avaient quittée quelques heures plus tôt. La mer, d'un bleu profond au large, prenait des nuances turquoise au bord des plages." p.567

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30 avril 2009

Une affaire de charme

affairedecharmeEdith Wharton
J'ai lu
157 pages

Résumé:

L'épouse d'un professeur respecté d'une ville universitaire et puritaine entrevoit le grand amour avec un jeune Anglais de passage... Une femme du monde confond le jour de sa permanente avec celui du départ en bateau de son amant... Un homme demande à un ami peintre de faire le portrait de la femme dont il est amoureux... Tout l'art d'Edith Wharton est présent dans ces sept nouvelles.

Mon commentaire:

J'aime beaucoup Edith Wharton. J'ai lu d'elle des romans et des novellas, mais jamais de nouvelles. Il faut croire que Wharton excellait dans tous les genres littéraires car ces nouvelles sont toutes de bonne qualité et très intéressantes à lire. Le recueil en contient sept, qui mettent toujours une femme au centre de l'histoire. Qu'elle soit personnage principal ou secondaire, tout vient et provient de son rôle à elle. Beaucoup de nouvelles parlent du couple ou de la séduction et quelques autres sont remplies de touches d'humour ici et là. La première nouvelle fait un peu office d'exception puisqu'elle raconte le quotidien d'une femme bien seule. Voici quelques mots sur chacune des histoires de ce recueil:

La vue de Mrs Manstey
Probablement l'histoire la plus triste, celle d'une vieille dame qui a pour toute compagne, qu'une grande fenêtre qui lui offre une vue magnifique sur un coin de jardin et une parcelle de ciel... Touchant. Aimant la nature, je me suis beaucoup retrouvée chez elle...

La plénitude de la vie
Une femme décède et rencontre l'Esprit. Elle fait le point sur sa vie et fait un choix très spécial. C'est une petite histoire sur la vie et une morale sur les choix qu'on fait.

Le tableau mouvant
Une nouvelle très très étrange sur un homme qui fait peindre le portrait de sa femme. Ce tableau le suivra tout au long de sa vie... Je ne peux en dire plus de crainte de vendre le dénouement qui est assez bizarre et surprenant.

Le prétexte
Mrs Ramson tombe amoureuse d'un jeune anglais qui séjourne chez elle et son mari. Sa rigide morale la tourmente tout le temps que dure cette "relation". Cependant, bien après les événements, elle apprend certains faits qui la laissent ébahie. Certaines scènes sont assez cocasses.

Le diagnostic
Une histoire de couple et d'un diagnostic médical qui va tout gâcher... Assez amusant aussi, si on aime l'ironie.

La permanente
Une femme confond le jour de sa permanente avec le départ de son amant. Le revirement de situation est assez intéressant!

Une affaire de charme
La nouvelle qui termine le recueil et lui donne en même temps son titre est bien amusante car elle met en scène un mari aux prises avec la famille de son épouse. Une belle-famille dont les membres semblent croître à la vitesse de l'éclair et prendre toute la place (et l'argent) disponible!

Edith Wharton est toujours égale à elle-même avec ces nouvelles. Elle nous offre le quotidien de gens de la bourgeoisie américaine, aux prises avec leurs petits problèmes de coeur, d'argent, de tourments qui nous paraissent à nous bien légers. Elle égratigne au passage ce qu'elle connaissait elle-même de ce monde et nous offre l'occasion de rire un peu de ses personnages. J'aime beaucoup son écriture. Une auteure dont je poursuis la découverte avec grand plaisir.

Un extrait:

"Elle était certaine qu'aucune de ses aïeules n'avait bouclé ses mèches ni favorisé une rougeur. Une rougeur, vraiment? Avaient-elles eu une seule occasion de rougir dans leurs vies figées? Et elle-même, grands dieux, qu'avait-elle donc? Elle s'assit dans le dur rocking-chair d'acajou, près de sa table d'ouvrage, et tâcha de se ressaisir. Dès l'enfance on lui avait appris à "se ressaisir" - mais il ne lui était jamais encore arrivé de sentir ses petites émotions et ses petites aspirations aussi largement dispersées, ni perdues de la sorte dans une étendue vague et inexplorée. Jusqu'alors, elles étaient restées soigneusement classées en catégories aisément accessibles sur les hauts rayonnages parfaitement rangés de sa conscience morale. Et maintenant... maintenant, pour la première fois, elles avaient besoin d'être remises en place..." p.56

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27 juin 2008

Naïla de Brume

fillesdelune1Élisabeth Tremblay
Série Filles de Lune tome 1
Éditions de Mortagne
431 pages

Résumé:

À vingt-cinq ans, la vie de Naïla bascule. Sous le choc de son double deuil, elle accepte d'aider sa tante à rénover la maison familiale. Voilà donc la jeune femme de retour dans ce petit village en bordure du fleuve Saint-Laurent, où les innombrables souvenirs de vacances devraient lui apporter du réconfort. Mais une trouvaille faite dans le grenier de la maison ancestrale empêchera Naïla d'y trouver la quiétude tant espérée. Les découvertes troublantes se succèdent, remettant en question non seulement ses origines, mais aussi ses croyances et convictions. À qui appartiennent tous ces livres traitant de sorcellerie et de mondes parallèles ? Qui est donc cette femme étrange, qui se prétend son aïeule, et dont la correspondance a été écrite dans une langue mystérieuse que seule Naïla peut déchiffrer ? Pourquoi le simple contact d'une pierre provoque-t-il chez la jeune femme des visions de gens qu'elle ne connaît pas ? Les réponses à ces questions en susciteront bien d'autres, plus troublantes encore. Naïla sombrerait-elle doucement dans la folie, comme sa grand-mère et sa mère avant elle ?

Mon commentaire:

Ce premier tome de la série Filles de lune offre de belles heures de lecture et en annonce d'autres à venir car la série doit comporter plusieurs tomes. Le premier, Naïla de Brume, nous place dans le contexte de la vie de Naïla. Les descriptions de la maison près du fleuve sont magiques. J'ai adoré les recherches que fait Naïla sur ses ancêtres, c'est passionnant! Naïla est aussi une jeune femme troublée et touchée par des événements tragiques et elle est plus que jamais réceptive à des vibrations et l'apprentissage d'une vie parallère en marge de la vie "normale" qu'elle mène. Nous apprenons donc en même temps qu'elle de quelle lignée elle est issue et quel destin extraordinaire l'attends. Nous sommes témoins de ses décisions et finallement, de son passage "de l'autre côté". Naïla est une jeune femme bien attachante, un personnage féminin à qui l'on peut facilement s'identifier.

Je trouve essentiellement que cette lecture fantastique est assez douce pour ceux qui ne sont pas habitués à ce type de lecture. C'est très accessible et ça mêle assez bien les légendes, l'amour, le fantastique à la vie contemporaine. Et ce sont tous ces aspects regroupés qui ont fait de ce livre une lecture que j'ai beaucoup apprécié! J'ai bien hâte de lire le tome 2 pour connaître la suite du dénouement!

En complément:

Le blog de l'auteur.

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16 juin 2008

La louve des mers

louvedesmersClaudine Douville
Série La Louve des mers tome 1
Éditions Libre expression
608 pages

Résumé:

Juillet 1704. La vie de Marie Galligan bascule lorsqu’elle est violée par le corsaire favori du roi et que son père se noie en partant à sa recherche. Dès lors, la jeune femme n’aura plus qu’une idée en tête : la vengeance. Elle quitte donc La Rochelle pour Saint-Malo où, sous l’apparence d’un garçon, elle s’embarque sur l’Imperator pour y apprendre à naviguer. Quand son identité de femme est découverte par le capitaine Philippe Saint-Yves, Marie vole le butin de l’armateur et prend la fuite vers le Maroc, aidée par Julien Legoff, quartier-maître mis aux arrêts qui deviendra son plus fidèle compagnon. Revenus sur la terre ferme, les deux amis doivent fuir devant leurs poursuivants et surtout devant Étienne Beauval, ami d’enfance de Marie et capitaine dans la marine royale. Après bien des péripéties, Marie et Legoff se retrouvent à Marseille, où la jeune femme pourra enfin mettre son projet à exécution : armer un bateau et sillonner les mers sous pavillon pirate pour y affronter son ennemi juré. Déchirée entre l’amour qu’elle ressent pour Étienne et sa mission de vengeance, la jeune femme ira au bout de son destin, au bout de ses passions, jusqu’à l’inévitable affrontement.

Mon commentaire:

L'auteur est une femme de tête, ayant participé à de nombreux événements sportifs. Elle est commentatrice au réseau des Sports, aux Olympiques et a été concurrente au Rallye Aïcha des Gazelles. On reconnaît un peu de la vie de l'auteur dans le personnage non conventionnel de Marie.

La louve des mers est un véritable roman d'aventures mettant en scène une jeune femme rêveuse, frondeuse, qui ne peut rester à la place qui est allouée aux femmes à cette époque dans la société. Elle s'embarque donc sur un bateau pour se venger, mais elle vivra nombre d'aventures palpitantes et pleines de suspense. Elle rencontrera beaucoup de gens qui seront parfois alliés, parfois ennemis. Ce roman combine tous les éléments pour garder l'intérêt du lecteur et mêle avec plaisir l'aventure, les difficultés, l'amour. Cette histoire est portée par un souffle d'aventure et d'exotisme sur les mers, qui nous pousse à en savoir plus. Les pages défilent rapidement. Un très bon roman d'aventures, qui livre ce qu'il promet et qui devrait plaire à ceux qui aiment les pirates et les histoires mettant en scène des personnages de femmes hors du commun.

Le tome 2, Le loup des îles, devrait paraître sous peu.

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16 mai 2008

Nuit et jour

nuitetjourVirginia Woolf
Flammarion
405 pages

Résumé:

Passions et réticences pour les quatre héros - dans la vingtaine, de milieux différents - du second roman de Virginia Woolf. Cette histoire évoque la prise de conscience féminine dans l'Angleterre du début du siècle (qui n'a pas encore reconnu aux femmes le droit de voter) et toutes les grandes questions posées par l'amour, la vie quotidienne, l'équilibre entre les sexes, la solitude.

Mon commentaire:

J'ai envie de parler de ce roman de Virginia Woolf, un de ses moins connu il me semble, même s'il fut pour moi une lecture difficile. Je l'ai abandonné avant la fin, mais j'ai tout de même envie de glisser quelques mots sur ce livre.

Nuit et jour (Night and day) est le deuxième roman de Virginia Woolf. Il a été publié en 1919 et a reçu en général une très bonne critique. L'histoire raconte en quelque sorte les échanges, les points de vue, la différence entre les hommes et les femmes à travers quatre principaux personnages: Katherine, Mary, William et Ralph. Le roman est en quelque sorte la recherche d'un équilibre entre les sexes, la réduction de l'espace qui tient les hommes et les femmes éloignés. C'est un roman sur la condition féminine, thème très cher à Virginia.

Virginia Woolf admirait beaucoup Jane Austen. Elle en parle régulièrement dans son journal. Il existe de nombreuses citations d'elle traitant de l'oeuvre et de la vie d'Austen. Nuit et jour, qui se veut une oeuvre romanesque, s'inspire directement de Jane Austen, tant par sa facture très classique, que par son sujet et son écriture. On peut donc voir ce roman comme une sorte d'hommage direct de Virginia Woolf à Jane Austen. J'aime beaucoup Woolf et j'adore Austen. C'est donc ce parallère qui m'a attirée vers ce roman. Alors, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné pour que je l'abandonne?

J'aime le style un peu tortué de Woolf. Ses grandes questions sur l'existence, sur la femme. J'aime l'humour et la société telle que la dépeint Austen. Je m'attendais un peu à une contraction des deux, ce qui n'est pas tout à fait ça. Je dois l'avouer, j'ai eu du mal à m'habituer à un tel roman venant de Woolf. Trop classique, il ne colle pas à l'idée que j'ai de Woolf ni à ce que j'aime de ses oeuvres. Et même s'il s'agit d'un hommage à Austen, je n'y ai pas non plus retrouvé ce qui me plaît chez elle. J'avais trop d'attentes, je m'étais fait une fausse idée du roman. Je n'étais pas dans une condition propice à l'apprécier, même si l'idée de Nuit et jour me séduit toujours et que je reprendrai probablement ma lecture un de ces jours.

Je garde donc ce billet ouvert, en quelque sorte, afin de le reprendre, un jour, quand j'aurai le temps et le courage de me réattaquer à Nuit et jour...

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31 mars 2008

Tout ce qui brille

toutcequibrilleJennifer Tremblay
Éditions de la Bagnole
150 pages

CoupdeCoeur

Résumé:

Une jeune mère s'exile pour écrire. Elle entame deux manuscrits, achève deux lettres d'amour, et tient un journal de voyage, dans lesquels elle prend à témoin son mari, seul et unique lecteur de ce réquisitoire contre l'abandon. Ces écrits épars constituent un récit à la fois intime et imaginaire, éclaté et fragmenté, fidèle reflet des personnages mis en scène par une narratrice aussi empathique qu'impitoyable.

Mon commentaire:

Une jeune mère de famille s'exile loin de son conjoint et de ses enfants. Sa relation avec Alexandre bat de l'aile. Elle lui écrit, lui envoie une vieille lettre d'amour et deux manuscrits pour tenter d'expliquer pourquoi elle sent le besoin de partir. Les manuscrits parlent de sa grand-mère et de son père, de leur vie, du temps qui a érodé les petits bonheurs et de leur déchéance. Les figures de femmes, surtout, dans les histoires de Jennifer Tremblay ne sont jamais très heureuses. Elles portent souvent le poids de leurs responsabilités, des enfants, du conjoint, de la maison, de la famille, jusqu'au moment où tout craque et qu'elles doivent agir différemment.
Je constate que l'écriture de l'auteur me plaît de plus en plus. J'avais adoré La liste, j'ai tout autant aimé ce roman un peu étrange constitué d'écrits singuliers qui, mis bouts à bouts racontent une histoire. Avec une économie de mots remarquable, elle met en place un univers complexe, les maux, les rares joies et la tristesse d'une galerie de personnages. Ses mots me troublent et m'apaisent à la fois. Un univers qui reste longtemps en tête, une écriture sobre qui ne raconte que l'essentiel, tout en racontant tout. J'adore!

Un extrait:

"Je te laisse pour retourner à mon exil, au silence désespérant de cet exil. J'ai tant voulu être toujours parfaite et je n'aurai finalement été que déçue et décevante. Je te demande pardon."
p.21

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29 décembre 2007

Une histoire des Québécoises en photos

histoirequebecoiseenphotosHélène-Andrée Bizier
Fides
331 pages

Résumé:

Après le retentissant succès d’Une histoire du Québec en photos, c’est un étonnant «album de famille» que propose ici Hélène-Andrée Bizier.Cette fois-ci, délaissant la stricte trame chronologique, elle retrace l’existence des femmes québécoises à chacune des étapes de la vie. Son fil conducteur reste la photographie, dont elle exploite les archives, depuis son invention jusqu’au grand tournant de la Révolution tranquille. Femmes célèbres ou inconnues, femmes de tête ou femmes de cœur, mères de famille, religieuses, ouvrières, fermières, infirmières ou institutrices, Hélène-Andrée Bizier nous les fait redécouvrir dans toute leur diversité et leur charme. Elle montre comment elles ont, chacune à leur manière, contribué à façonner le Québec d’aujourd’hui.

Mon commentaire:

"Le mérite de la femme est de faire des hommes" affirmait le philosophe français Joseph de Maistre en 1808. Au Québec, au début du XXe siècle, cette phrase qui fait grincer des dents aujourd'hui était pourtant l'idée qu'on se faisait du rôle des femmes et de l'accueil réservé à la naissance d'un garçon par rapport à celle d'une fille. Très tôt initiées par leur éducation à devenir des filles "bonnes à marier", les petites québécoises affichaient très jeunes des responsabilités qui n'étaient pas de leur âge. Dès 10 ans, elles prenaient fréquemment en charge la maisonnée (surtout si la mère était décédée en couches), elles participaient à l'éducation de leurs frères et soeurs plus jeunes, savaient faire les repas et tenir une maison.
Le rôle des femmes était déjà tout tracé dès la naissance: mère de famille, "vieille fille" ou religieuse. L'instruction a longtemps été refusée aux filles. L'adolescente doit être pure, propre et sourire. Elle doit faire honneur à ses parents.
Pendant la guerre, les femmes sont envoyées dans les usines et sur les champs de bataille pour donner des soins aux soldats. Elles découvrent alors un autre monde que celui de nettoyer la maison et de faire des enfants. Lorsque la guerre se termine, les femmes veulents désormais mener plusieurs rôles de front: mère, épouse, travailleuse et parfois, femme de carrière.
De la naissance de la fillette, à ses jeux innocents qui la préparent à devenir une "femme accomplie", ce livre regroupe des centaines de photographies en noir et blanc qui marquent l'évolution de la femme au Québec.
Une histoire des Québécoises c'est aussi un hommage à la femme. À celle qui a été mère de famille nombreuse et s'est éreintée à la tâche. À celle qui a prit soin des malades ou de l'instruction des enfants. À celles qui a fait bouger les choses pour que le statut de la femme change au fil du temps...
Il y a peu de texte dans ce très beau livre sur les femmes, l'essentiel y est toutefois raconté et des légendes accompagnent les photos. Le reste se lit à travers les photographies. Une image ne vaut-elle pas mille mots?

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12 novembre 2007

Une maison de poupée

maisonpoupeeHenrik Insen
Le livre de poche
156 pages

Résumé:

Dans cette maison où la femme est et n'est qu'une poupée, les hommes sont des pantins, veules et pleutres. Sans doute Nora incarne-t-elle une sorte de moment auroral du féminisme, alors qu'être, c'est sortir, partir. Et Ibsen, grâce à ce chef-d'oeuvre, accède au panthéon de la littérature mondiale. Mais si sa poupée se met, sinon à vivre, du moins à le vouloir, au point de bousculer au passage l'alibi de l'instinct maternel, c'est qu'autour d'elle les hommes se meurent. Ibsen exalte moins Nora qu'il n'accable le mari, l'avocat Helmer, ou Krogstad par qui le chantage arrive.

Mon commentaire:

Nora est en quelque sorte un objet, une poupée qui suit son mari et fait tout selon son bon vouloir. On parle souvent d'elle comme étant une petite chose, un petit oiseau fragile. C'est une impression de malaise constant pour le lecteur face à cette relation qui ne tien finalement à pas grand chose. Maison de poupée est une pièce où la femme prend peu à peu conscience de sa position, de ce qu'elle est, du besoin de se réaliser en tant que femme et non pas simplement en tant que mère ou qu'épouse. La pièce met en relief deux côté de la morale. Nora a commis un "crime" aux yeux de son mari et il la condamne sans pitié. Cet événement lui fera reprendre possession d'elle-même. Une maison de poupée est une des pièces les plus connues de la Norvège et a été jouée partout dans le monde.
Ma version comptait également la pièce Revenants. Cette pièce parle en quelque sorte du retour du fils prodigue dans une famille bourgeoise. Ce retour sera l'occasion de faire surgir des secrets du passé... J'ai plutôt bien aimé cette pièce également.
Je dirais que Revenants et Une maison de poupée se ressemblent sur quelques points: le rôle de la femme, de la mère. Dans le cas de Nora, c'est sa relation avec son mari qui est au coeur de la pièce, alors que pour Revenants, c'est la relation mère-fils qui est au coeur de l'histoire.

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25 septembre 2007

Sorcières

sorcieresCandace Savage
Seuil
128 pages

Résumé:

Plus de cinq cents ans après que la première sorcière a sorti sa main squelettique de l'ombre, elle demeure avec ses descendantes l'incarnation de la fureur et de la rébellion féminines. Ce livre est le premier récit complet de leur histoire à travers les siècles, illustré par des peintures, des gravures sur bois, et des dessins qui dépeignent la sorcière sous toutes ses formes puissante, horrible, séduisante et même ridicule. Qu'elle soit attirante ou menaçante, la sorcière a toujours été une figure troublante. Maître légendaire de la métamorphose, elle a transformé son image afin de s'immiscer dans les rêves et les cauchemars de chacun des siècles écoulés. Tour à tour, elle fut la mère dévorante, la femme vengeresse, l'adoratrice " possédée " du diable, la vieille bonne femme rancunière, et enfin la grande prêtresse.

Mon commentaire:

Sorcières est un essai sur ce personnage tant mis à l'écart de la société. Tantôt brûlées ou martyrisées, tantôt laissées dans des cachots jusqu'à ce que mort s'en suive, les sorcières ont de tout temps inspiré la crainte et la peur. Devenue le symbole de la fête d'Halloween, les jeunes enfants incarnent les sorcières sans savoir qu'elles ont longtemps représentées une menace pour les bonnes gens et des siècles d'oppression et de justice meurtrière. Ce volume, très bien documenté, retrace en mots et en images tirées des archives, le parcours du mythe de la sorcière à travers les siècles. La sorcière peut être vue comme un symbole du féministe avant l'heure, où ces femmes incarnaient une image singulière de ce que la société exigeait d'elles. Ou serait-ce seulement l'amplification et l'incompréhension de comportements différents? Qu'en est-il de l'image de la sorcière à travers la littérature et l'art? De nombreux documents et analyses (qui donnent froid dans le dos) ont été faites sur ces femmes qu'on disaient sorcières, par des médecins et autres "spécialistes" de l'esprit féminin.

"Selon eux, les femmes devinrent des sorcières car elles étaient, du fait de leur propre nature, déficientes." p.34

En littérature, les frères Grimm offrirent aux enfants un recueil de contes qui fut sévèrement critiqué par la société. Afin de rendre plus conforme ces histoires, Wilhelm Grimm retravailla ses contes, en particulier la question de l'éducation des petites filles, pour rendre ses personnages féminins de plus en plus insipides, donnant deux images de la femme: la méchante ou l'idiote. Car ne disait-on pas justement, que "le seul pouvoir que la femme peut revendiquer en toute légitimité est celui de l'amour maternel" p.91 et que "si la sorcière sommeillant en chaque femme n'était pas maîtrisée, le bras qui berçait l'enfant pouvait perdre le monde." p.90 Comme l'a fait Laure Adler avec son livre sur les femmes et l'écriture ou les femmes et la lecture, Candace Savage nous offre un portrait de la femme à travers les époques. Toutefois, pour Candace Savage, l'histoire féminine nous est racontée en lien avec ce que représente l'image de la sorcière. C'est aussi un peu l'histoire de la condition féminine et la place (ou l'inexistance de place) que prenait la femme au sein de la société. Sorcières est un livre très riche pour quiconque s'intéresse à l'histoire des femmes qui ont été accusées de sorcellerie, mais aussi et surtout, à ceux pour qui l'histoire féminine est importante. Un très bon livre, bien documenté.

Le travail de Candace Savage (elle n'en est pas à son premier livre) a souvent été récompensé par des associations de libraires canadienne et américaine, mais également par la Canadian Science Writers' Association ainsi que par le Rachel Carlson Institute.

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