16 novembre 2009
Tom chaton
Beatrix Potter
Gallimard
58 pages
Résumé:
L'histoire de trois chatons chahuteurs que leur maman aimerait habiller convenablement avant l'arrivée de ses amies.
Mon commentaire:
Beatrix Potter a de l'affection pour les petits personnages désobéissants. La dédicace qu'elle offre en page d'accueil de Tom chaton le démontre bien:
"Ce livre est dédié à tous les petits garnements, et particulièrement à ceux qui montent sur le mur de mon jardin."
Tabitha Tchutchut a trois chatons et tente de les habiller et les préparer convenablement avant l'arrivée de ses amies pour le thé. Tout de suite, on sent la scène typiquement victorienne des conventions et du bien paraître devant les autres. Sauf que Tabitha a trois garnements en guide de chatons et ils ne gardent pas leurs beaux habits bien longtemps! Ils vont jouer dans le jardin, se salissent, rencontrent d'autres animaux qui leur voleront leurs vêtements et désobéissent à leur maman.
Dans ces livres, c'est la vie qui se charge de montrer aux animaux que ce qu'ils font n'est pas toujours bien ou acceptable. Les contes de Beatrix Potter, sans glorifier la désobéissance, sont toutefois très impertinents. Ils vont à l'encontre de ce que l'on souhaite voir se produire dans la vie de nos enfants et c'est, je crois, ce qui les rends attrayants.
On retrouve comme toujours l'affront des plus jeunes sur leurs parents. Le jeu, l'amusement, le désintéressement face à ce que les adultes trouvent importants est toujours traité par Beatrix Potter comme étant chose convenue, même si la punition n'est pas bien loin.
Sauf que dans ce cas-ci, même punis, les chatons n'en font qu'à leur tête! Au grand plaisir des petits, toutefois...
12 novembre 2009
Le cadeau de Siméon
Julie Andrews Edwards
Emma Walton Hamilton
Illustré par Gennady Spirin
Gautier Languereau
40 pages
Résumé:
Siméon humble musicien, est fiancé à la noble Béatrice. Mais sans fortune et sans gloire, Il se sent indigne d'elle. Pour perfectionner son art et devenir un compositeur reconnu, il entreprend un long voyage à la découverte de nouvelles sonorités qui lui permettront, peut-être, de créer ses propres œuvres.
Mon commentaire:
Le cadeau de Siméon se passe au temps des Chevaliers. Les illustrations rendent bien cette époque et chaque page est remplie d'enluminures rappelant la romance, la musique, la nature et les sentiments. Cet album est très beau pour les enfants, mais plaira tout autant aux adultes. Le style y est classique, indémodable et c'est malheureux que ce très bel album ne semble plus édité. Vous pourrez probablement le trouver en bouquinerie ou à la bibliothèque.
L'histoire est celle de Siméon, un humble jeune homme qui aime profondément sa Douce, mais qui se sent indigne d'elle, puisqu'il n'a ni fortune, ni position. Il décide donc de partir à la conquête du monde, voir si ce voyage peut transformer son simple luth en un instrument duquel il réussira à composer les plus belles mélodies. Il aura la chance de voir toutes sortes de magnifiques choses, d'entendre les mélodies les plus sublime, mais ce voyage sera surtout un regard sur lui-même pour lui apprendre que l'amour, la volonté et le travail, sont le véritable chemin vers le bonheur.
Un très bel album, aux illustrations classiques, doux et lumineux. Une belle leçon de vie et d'amour.
À partir de 5 ans.
07 novembre 2009
Noisette l'écureuil
Beatrix Potter
Gallimard
58 pages
Résumé:
Mais Noisette s'assit sur un gros rocher plat et joua aux quilles avec une pomme sauvage.
Mon commentaire:
Ces petits livres de Beatrix Potter sont bien mignons. Le format est adapté aux petites mains des enfants. Les aquarelles de l'auteur apparaissent sur une page et sur la seconde, le texte. Les illustrations sont soignées, méticuleuses, avec la précision d'un naturaliste. L'histoire garde l'intérêt du lecteur jusqu'à la fin, qui veut savoir ce qu'il adviendra de Noisette et du Vieux Brun, un hibou...
Noisette est un petit écureuil bien impertinent. L'impertinence et l'idée de franchir les interdits posés par les adultes (ou par les règles en général) semblent des thèmes récurrents dans l'univers de Beatrix Potter. Peut-être parce que celle-ci vivait une relation étouffante avec ses parents, sa mère surtout, qui la surprotégeait? Noisette est donc l'incarnation d'un jeune sot impertinent, qui de travaille pas, ne pense qu'à s'amuser et à embêter les autres. C'est lorsqu'il met sa vie en danger que la panique de mourir le fera changer de comportement...
Ces petits albums ne sont pas si innocents qu'il n'y paraît. Dans celui-ci, l'auteur n'hésite pas à risquer la vie de son petit personnage afin de faire passer en quelque sorte un message. Ce n'est pas vraiment une leçon de morale, puisque Noisette doit affronter la conséquence de ses actes. Il n'y a pas de repentir en tant que tel mais plutôt, un changement d'attitude de l'écureuil. C'est ce qui différencie, selon moi, les oeuvres de Potter à ceux d'autres auteurs pour la jeunesse de son époque: il n'y a pas de morale à proprement parlée, ses personnage font à leur tête, mais ils doivent affronter ce qui résulte de leur comportement. Comme dans la vraie vie!
03 novembre 2009
Pierre Lapin
Beatrix Potter
Gallimard
62 pages
Résumé:
Quatre petits lapins partent en promenade. Leur maman leur a interdit d'entrer dans le jardin du terrible monsieur MacGregor, mais Pierre Lapin a envie de désobéir...
Mon commentaire:
Pierre Lapin (Pierrot ou Peter selon les éditions) a été créé en 1893. Il s'adressait en premier lieu à un petit garçon malade de sa connaissance. Il fut imprimé pour la première fois en 1901 à compte d'auteur. Le succès fut immédiat! De nombreuses personnalités du monde littéraire et autre en achetèrent pour leurs enfants et les réimpressions se succédèrent. Il est intéressant de savoir que Beatrix Potter n'est pas allée à l'école et a appris sur la nature en l'observant et en travaillant. Son travail fut d'abord l'étude des champignons, dont elle publia un guide, puis les contes pour enfants mettant en scène des animaux.
Son univers est particulier. Précis, sans être académique et ennuyant. Son trait dénote une douceur enfantine qui plaît immédiatement. C'est pourquoi ses oeuvres sont toujours lues aujourd'hui et appréciées.
Pierre Lapin raconte une journée chez les petits lapins. La maman interdit à ses enfants d'aller s'amuser dans le jardin de Monsieur MacGregor. Beatrix Potter n'épargne pas ses personnages. On apprend que le Père Lapin est mort cuit dans une tourte par la famille MacGregor. Mais Pierre Lapin confronte l'interdit en s'y rendant quand même. On peut en quelque sorte voir le parallèle entre cette histoire et ce que Beatrix et son frère vivaient à la maison: des parents surprotecteurs qui ne laissaient aucune liberté à leurs enfants.
Pierrot Lapin raconte en quelque sorte l'histoire d'un enfant qui brise les interdits qui lui sont faits. Il expérimente la vie à sa façon, comme il l'entend, malgré l'interdiction de sa mère. C'est en quelque sorte l'étape de tout enfant pour apprendre et se forger une personnalité: défier l'interdit pour constater par lui-même ce qu'il en est. Pour l'époque, je me dis que ce livre est en quelque sorte subversif, tout en gardant ses allures de parfait petit livre pour enfant. Il est très intéressant d'en étudier les détails et l'histoire, tout en replaçant le livre dans son contexte. Même aujourd'hui, l'intérêt de cet album demeure.
Une jolie lecture, qui me donne envie de me pencher sur le reste de l'oeuvre de Potter, de ses travaux en mycologie jusqu'à la vingtaine d'autres albums qui suivront l'histoire de Pierre Lapin.
En complément:
Il est possible de rendre visite à Pierre Lapin et ses amis en visitant le site officiel. Je vous conseille fortement cette visite. Le site est de toute beauté (et disponible en français) et il contient de nombreuses informations et photos sur l'univers et la vie de Beatrix Potter.
Un très beau film sur la vie de Beatrix est paru en 2006, Miss Potter. C'est Renée Zellweger qui incarne Beatrix et son monde fantaisiste, film que je ne peux que conseiller pour en apprendre un peu plus sur Beatrix Potter, puisque malheureusement, la plupart des biographies, journaux et ouvrages la concernant ne sont pas traduits en français.
26 octobre 2009
Ne le dites pas aux grands
Alison Lurie
Rivages
253 pages
Résumé:
Winnie l'Ourson n'est pas un ouvrage habituellement considéré comme subversif, pas plus que Les Aventures de Tom Sawyer, Alice au pays des merveilles ou Peter Pan. Néanmoins, si de tels classiques apparemment anodins connaissent un succès durable, c'est en partie parce qu'ils font la satire de la société adulte et de ses conventions. Si les enfants forment une tribu à part, possédant une culture propre, ces ouvrages en sont les textes sacrés. Avec les contes de fées, les comptines et les histoires drôles, ils constituent la littérature clandestine de l'enfance.
Mon commentaire:
Cet essai passionnant s'attarde essentiellement à la littérature enfantine anglo-saxonne, couvrant une large période, mais s'attardant sur la littérature victorienne. Les analyses y sont donc toujours en lien avec cette époque et avec les moeurs couramment acceptés, même si les oeuvres présentées vont aussi au-delà de cette période, jusqu'en 1975. Le livre nous parle d'auteurs différents, en accompagnant chaque chapitre d'une petite biographie ponctuée d'extraits d'oeuvre ou de notes. Certains auteurs ont aujourd'hui sombré dans l'oubli. Leurs oeuvres n'ont pas traversé le temps. Elles étaient soit beaucoup trop moralisatrices, de piètre qualité, ou alors essentiellement alimentaires. D'autres auteurs ont réussis à sortir de l'anonymat tout en voyant leurs oeuvres presque dénaturées au fil des années. C'est le cas de Winnie l'ourson de A.A. Milne (dont peu de gens se souviennent de l'apparence originale de l'ours - qui était une ourse - et la véritable histoire de sa création - la vraie Winnie, appelée en fait Winnipeg, est d'origine canadienne). C'est aussi le cas de Peter Pan et d'Alice aux pays des merveilles, dont on a adapté l'oeuvre initiale au temps et aux valeurs d'aujourd'hui, tout en édulcorant le personnage. Il y a aussi des auteurs, en avance sur leur temps, qui sont encore lus aujourd'hui: Beatrix Potter et son Pierre Lapin, Frances Hodgon Burnett et sa Petite princesse ou son Jardin Secret.
En lisant cet essai on constate que la littérature enfantine se classe en quelque sorte en deux types: la littérature enfantine trop parfaite et ennuyante, qui met en scène des petits enfants modèles, des adultes autoritaires et une morale se voulant édifiante. La majorité des autres oeuvres qui n'entrent pas dans cette catégorie se retrouvent dans la littérature subversive. Une littérature où les enfants se salissent, transgressent les lois établies, s'amusent beaucoup, vivent des aventures et remettent en question l'ordre établi par les adultes. Plusieurs de ces livres ont reçu un accueil assez froid à leur parution. Bousculer les valeurs et l'éducation est loin d'être socialement acceptable. Edith Nesbit, avec la parution d'une série de livres subversifs pour enfants, en est un bon excemple. Elle met en scène les deux extrêmes du livre pour enfants dans une scène qui paraît tout à fait inoffensive aujourd'hui, mais qui avait de quoi choquer les esprits d'adultes bien pensants de l'époque:
"[Mathilda qui refuse de visiter sa tante, explique pourquoi] On la questionnerait sur son travail scolaire, sur ses notes, on lui demanderait si elle a été sage. Je ne m'explique pas pourquoi les grandes personnes ne voient pas le côté impertinent de ces questions. Supposez que vous répondiez: Je suis la meilleure de ma classe, tata, merci. Et maintenant, parlons un peu de toi. Ma chère tante, combien d'argent possèdes-tu, as-tu encore sermonné tes domestiques, où t'es-tu efforcée d'être gentille et patiente comme il convient de la part d'une tante bien élevée, dis-moi un peu ma chère?" p.122
Les livres pour enfants véhiculent souvent des propos qui ne sont pas clairement acceptés dans la société. C'est étrange que des livres pour enfants, se permettent de la fantaisie et des éclats, alors que ces deux excès ne sont pas couramment admis dans l'univers des adultes. Heureusement qu'il en est ainsi! C'est aussi ce qui fait souvent le succès commercial d'un livre ou qui, au contraire, attire les foudres. Plusieurs auteurs utilisent la théosophie, la psychologie et l'écologie dans leurs livres. Certains sont aussi en avancent sur leurs époques et font office de devins, en prédisant par exemple, ce que deviendra le monde, ou en créant un univers qui n'est pas encore d'actualité aujourd'hui.
Au XVIIIe et au XIXe siècle, plusieurs sommités du monde de l'enfance et de l'éducation voient dans les contes de fées et les livres pour enfants l'enseignement de la violence et de l'immoralité. Le désir de s'élever au-dessus de sa condition (les petits enfants pauvres deviennent riches, les jeunes filles sans le sou épousent des Princes avec de grandes fortunes, etc) n'est pas bien vu. Les contes de fées ont souvent une avance du point de vue social sur le reste du monde. Ce qui n'est pas acceptable dans la vie réelle, du moins selon les moeurs de l'époque (une femme qui travaille, qui a de l'ambition ou qui fait de l'exercice physique n'est pas bien vue) est tout à fait présent dans les livres dits "subversifs" pour la jeunesse.
L'essai aborde aussi le goût du fantastique chez les adolescents et la présence de lectures classiques comme ceux de Tolkien ou de Stevenson. Winnie l'ourson, par exemple, est populaire aujourd'hui même chez les adultes, qui même s'ils n'ont pas lu les livres originaux, connaissent le personnage et portent souvent toutes sortes d'objets à son effigie.
La majorité des textes qui composent cet essai sont captivants, que l'auteur nous parle d'auteurs toujours bien connus aujourd'hui ou non. Les petites biographies des auteurs sont remplies d'anecdotes intéressantes. Kate Greenaway par exemple, a entretenu une relation très étrange avec John Ruskin. Ce qui la motivait à dessiner des fillettes bien belles et bien sages est assez étonnant.
Beaucoup d'oeuvres sont analysées selon les motivations ou la vie de leur auteur. Plusieurs d'entre eux ont vécu des enfances malheureuses, difficiles ou ont subies des pertes pénibles. Leurs vies ne sont pas toujours un chemin de croix, mais elles sont suffisamment remplies d'événements malheureux pour forcer l'imagination des auteurs et le goût de prolonger l'enfance encore un peu. Certains comme James M. Barrie et Ford Madox Ford perdent en quelque sorte leurs illusions lorsque le public à qui s'adressent en premier lieu leurs livres - souvent leurs enfants ou les enfants dont ils s'occupent - grandissent et délaissent les univers qui ont été créés pour eux.
Ne le dites pas aux grands est un intéressant essai, très abordable, sur la littérature enfantine, essentiellement anglo-saxonne. Le livre parle d'auteurs variés, de toutes les époques, mais se concentre sur l'époque victorienne, où beaucoup de choses ont changées. La seule chose qui m'attriste, c'est que certains auteurs ne sont pas traduits en français alors que d'autres, ne sont connus aujourd'hui qu'à cause des adaptations édulcorées qui ont popularisé les personnages. Les livres originaux (les Winnie l'ourson par exemple, ceux de A.A. Milne et non pas ceux de Disney) sont difficiles à trouver.
Ne le dites pas aux grands est bien écrit, facile à lire. La construction par chapitres traitant d'auteurs différents et de genre m'a beaucoup plu. Une très belle découverte, qui me conforte dans mon goût pour la littérature jeunesse et mon plaisir d'en lire régulièrement.
Un extrait:
"Les livres d'enfants sont depuis longtemps la brebis galeuse de la littérature dite sérieuse; tout comme les romans policiers et les westerns, c'est essentiellement l'affaire de spécialistes, de folkloristes ou de sentimentaux souffrant de la nostalgie du passé. Dans les bibliothèques, ces ouvrages sont rassemblés dans une pièce séparée ou mis en quarantaine sur des rayons portant la rubrique: Divers." p.205
"Trop souvent, en laissant derrière nous la culture tribale de l'enfance, avec ses récits et ses poèmes volontiers subversifs, nous perdons tout à fait ces joies instinctives: l'imagination créatrice, l'émotion spontanée, la libre expression et le pouvoir de percevoir notre monde comme un monde merveilleux." p.231
22 octobre 2009
Cerise Griotte
Benjamin Lacombe
Seuil Jeunesse
17 pages
Résumé:
Cerise adore les romans, le chocolat et le gorgonzola, et déteste les cerises. Lorsqu'à la fourrière où travaille son père on recueille une petite chienne, Cerise la surnomme Griotte et elles deviennent inséparables. Après un mois, si personne ne vient la réclamer, Cerise pourra la garder. Mais un jour, devant la grille de la fourrière, la famille de Griotte arrive...
Mon commentaire:
Cerise Sullivan est une petite fille solitaire, qui aime profondément les livres et qui vit avec son papa qui travaille dans une fourrière. Elle a l'habitude d'être seule. Les autres élèves ne sont pas très gentils avec elle. Dans son monde, il y a Angelo avec qui elle va à l'école et qui lui plaît bien. Il y a aussi Griotte, un Shar-pei pour qui elle se prend d'affection à la fourrière de son père et dont elle s'occupe dès qu'elle a un moment. Dans un mois, si personne ne vient la réclamer, Griotte sera à elle. Mais les choses ne se déroulent pas toujours comme on le souhaiterait...
Pourtant cet album se termine bien. Il est aussi magnifique que son titre est évocateur. Les illustrations sont sombres, jolies et transmettent à merveille la solitude qui entoure Cerise. Elle n'a pas vraiment d'amis. Elle vit dans son monde de livres et d'animaux. Je me suis tout de suite prise d'affection pour ce petit personnage différent, un peu sombre. Elle semble souvent traîner avec elle une certaine tristesse et c'est Griotte qui remettra un peu de bonheur dans sa vie.
Cet auteur jeunesse est absolument merveilleux! C'est le second album que j'ai la chance de lire de lui et je suis tout simplement sous le charme. Ses histoires sont variées, magnifiques, les illustrations nous plongent carrément dans des univers merveilleux, différents, un peu sombres. Je suis enchantée par son travail, qui ne s'adresse pas qu'aux jeunes. Ses illustrations, son univers un peu sombre charmera nombre d'adultes. Un auteur à découvrir, assurément!
Un extrait:
"Les livres sont décidément bien plus intéressants que les enfants!"
18 octobre 2009
Les amants papillons
Benjamin Lacombe
Seuil Jeunesse
31 pages
Résumé:
Le jour de ses quatorze ans, Naoko, une jeune Japonaise, apprend qu'elle doit quitter son village natal pour l'immense ville de Kyoto. Son père a prévu qu'elle y complète son éducation pour devenir une 'jeune fille convenable'. Mais l'art de servir le thé, de jouer du luth ou de faire danser les éventails n'intéressent pas Naoko...
Mon commentaire:
Ce livre de Benjamin Lacombe est un magnifique album, pas seulement réservé aux enfants. D'ailleurs, je me demande si un jeune enfant saurait y apprécier et y déceler toutes les subtilités de cette véritable oeuvre d'art qui est un véritable enchantement pour les yeux. Le format de l'album est d'ailleurs beaucoup plus grand que ce à quoi nous avons l'habitude. Un grand format tout en longueur. Des illustrations magnifiques et un peu tristes, qui représentent bien l'amour, l'attente, la solitude, la tristesse.
Les amants papillons est une histoire d'amour tragique, dans le Japon où les mariages forcés sont encore de mise. Naoko est une jeune femme à l'esprit remplie de liberté, fonceuse, qui souhaite faire ses propres choix, dont celui d'épouser celui qu'elle aime et de faire des études littéraires, ce qui la passionne vraiment. L'histoire de Naoko est à la fois belle et tragique, triste et magnifique, rempli de poésie. Un album pas (que) pour les jeunes, qui se laisse regarder et lire comme un véritable enchantement!
C'est le premier album de Benjamin Lacombe que je lis et ce ne sera pas le dernier, même s'ils sont plus difficiles à trouver ici.
À découvrir.
12 octobre 2009
Le violon: à la découverte d'un instrument
Barrie Carson Turner
Éditions Gautier-Languereau
48 pages
Résumé:
Un livre passionnant pour ceux que le violon fascine, mais aussi une véritable source d'information pour tous les jeunes musiciens, débutants ou initiés.
Mon commentaire:
Ce livre, classé jeunesse mais s'adressant plutôt à tous, est un magnifique ouvrage carré, coloré, accompagné d'un cd de musique. Il nous offre tout d'abord un aperçu de l'instrument en abordant la famille des violons et des instruments à cordes, les ensembles instrumentaux, la fabrication d'un violon, l'histoire de l'instrument en passant des luthiers aux interprètes.
La seconde partie du livre peut être accompagnée par le cd, qui contient douze pièces. Chacune d'entre elles est liée à son compositeur. Le livre nous offre donc une capsule "sur le cd" par compositeur, avec des informations sur la pièce que nous allons entendre. Une courte biographie du compositeur, des reproductions d'oeuvres, de partitions et de portraits complètent chaque page. Nous suivons donc le parcours de Vivaldi, Bach, Tartini, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Saint-Saëns, Tchaïkovski et Dvořák. À la toute fin, nous avons droit à un tour d'horizon des plus grands interprètes d'hier et d'aujourd'hui.
C'est un volume très intéressant pour quiconque souhaite s'initier au violon, en apprendre plus sur cet instrument et s'offrir également la musique. Le cd est de qualité et le choix des pièces, plutôt judicieux. J'aurais aimé retrouver plus de violonistes connus dans la section des interprètes (comme Angèle Dubeau par exemple), mais le livre se contente de survoler les biographies. C'est toutefois un très bel ouvrage, agréable à feuilleter pour s'initier. Il s'adresse aux jeunes et aux adultes.
09 octobre 2009
Le sport vu par Schouster
Hélène Vachon
Série Les carnets de Schouster -3
Foulire
92 pages
Résumé:
Que dois-je privilégier, le corps ou l’esprit?... Pourquoi pratiquer un sport?... Quel sport pratiquer?... Quel genre de sportif suis-je?... Autant de questions existentielles épineuses auxquelles Schouster répond sans ambages, y prenant même un certain malin plaisir.
Mon commentaire:
Après le carnet 1 que j'avais beaucoup aimé et le carnet 2, quelque peu dans la même veine, voici le troisième carnet de Schouster, cet hybride philosophe, qui écrit des carnets humoristiques sur les choses essentielles de la vie. Dans ce nouveau carnet, Schouster nous parle du sport. L'auteur tente de répondre à différentes questions autour du sport: la différence entre le corps et l'esprit, quel sport choisir?, pourquoi faire du sport?, quel sportif est-on?
Ce carnet (qui comme les deux autres en a aussi le format) est dans le même style que les précédents. C'est un essai en quelque sorte sur le monde du sport, surtout en lien avec le corps humain et l'esprit sportif, en philosophie et en humour. J'aime beaucoup, comme d'habitude! L'auteur a un humour particulier, qui me plaît. Il est aussi intéressant de lire les livres dans l'ordre, puisque certaines blagues reviennent d'un carnet à l'autre. Vivement le prochain!
Un extrait:
"L'aspirant sportif est doué d'un sens inné du sacrifice. C'est un obsessif en quête d'absolu, manie qui se traduit par une profonde aversion pour le vide. Chaque minute non consacrée à l'exercice est une minute perdue. En hiver, l'aspirant fait du ski, du patin, de la raquette, de la motoneige, de la planche à neige; en été, il fait du ski nautique, du patin à roues alignées, du vélo, de la moto, de la course à pied, de la natation, de la plongée sous-marine... En automne, il attend l'hiver, aiguise ses skis, cire ses patins, lubrifie ses raquettes et farte sa motoneige; au printemps, il attend l'été, nettoie sa piscine, dort dans sa piscine, fait du vélo dans sa piscine, s'achète de nouvelles palmes et débouche son tuba." p.47
08 octobre 2009
Mon papa ne pue pas!
Andrée Poulin, illustré par Jean Morin
Isatis
24 pages
Résumé:
Dans la classe de Madame Montjoie, chaque élève présente le métier de son papa. Quand Margot annonce que son papa est éboueur, plusieurs enfants se mettent à rire. À la récréation, les garçons la taquinent: "Ton père sent le fromage moisi...", "Ton père sent le poisson pourri...". Margot a beau répéter que son papa ne pue pas, personne ne l'écoute.
Mon commentaire:
Ce joli petit album présente une thématique d'intérêt: les préjugés et les moqueries des enfants entre eux. C'est aussi l'occasion d'aborder les différents métiers et de comprendre que chaque métier est utile et apporte beaucoup, même si on croit qu'ils ne sont pas honorables. Dans cette histoire, le père de Margot trouve une belle idée afin d'aider sa fille à se sentir mieux face à son métier et à faire comprendre aux enfants qu'il est essentiel.
L'album est amusant, avec une bonne dose d'humour. Les illustrations sont colorées, vivantes et expressives. Il est matière à discussion avec les enfants, que ce soit autour du bricolage, du recyclage, du respect et des différents métiers.
À découvrir. À partir de 4 ans.
Un extrait:
"- Eugène Poubelle a demandé aux gens de mettre leurs ordures dans des boîtes avec des couvercles. La ville est devenue plus propre et le choléra a disparu.
Margot murmure à l'oreille de Manuel: -Si mon père ne ramassait pas tes déchets, tu mourrais du choléra et ce serait bon débarras. "
En complément:
L'auteur, fort sympathique, a son site web et son propre blogue. Le tout accessible ici.






