12 novembre 2009
Le cadeau de Siméon
Julie Andrews Edwards
Emma Walton Hamilton
Illustré par Gennady Spirin
Gautier Languereau
40 pages
Résumé:
Siméon humble musicien, est fiancé à la noble Béatrice. Mais sans fortune et sans gloire, Il se sent indigne d'elle. Pour perfectionner son art et devenir un compositeur reconnu, il entreprend un long voyage à la découverte de nouvelles sonorités qui lui permettront, peut-être, de créer ses propres œuvres.
Mon commentaire:
Le cadeau de Siméon se passe au temps des Chevaliers. Les illustrations rendent bien cette époque et chaque page est remplie d'enluminures rappelant la romance, la musique, la nature et les sentiments. Cet album est très beau pour les enfants, mais plaira tout autant aux adultes. Le style y est classique, indémodable et c'est malheureux que ce très bel album ne semble plus édité. Vous pourrez probablement le trouver en bouquinerie ou à la bibliothèque.
L'histoire est celle de Siméon, un humble jeune homme qui aime profondément sa Douce, mais qui se sent indigne d'elle, puisqu'il n'a ni fortune, ni position. Il décide donc de partir à la conquête du monde, voir si ce voyage peut transformer son simple luth en un instrument duquel il réussira à composer les plus belles mélodies. Il aura la chance de voir toutes sortes de magnifiques choses, d'entendre les mélodies les plus sublime, mais ce voyage sera surtout un regard sur lui-même pour lui apprendre que l'amour, la volonté et le travail, sont le véritable chemin vers le bonheur.
Un très bel album, aux illustrations classiques, doux et lumineux. Une belle leçon de vie et d'amour.
À partir de 5 ans.
12 octobre 2009
Le violon: à la découverte d'un instrument
Barrie Carson Turner
Éditions Gautier-Languereau
48 pages
Résumé:
Un livre passionnant pour ceux que le violon fascine, mais aussi une véritable source d'information pour tous les jeunes musiciens, débutants ou initiés.
Mon commentaire:
Ce livre, classé jeunesse mais s'adressant plutôt à tous, est un magnifique ouvrage carré, coloré, accompagné d'un cd de musique. Il nous offre tout d'abord un aperçu de l'instrument en abordant la famille des violons et des instruments à cordes, les ensembles instrumentaux, la fabrication d'un violon, l'histoire de l'instrument en passant des luthiers aux interprètes.
La seconde partie du livre peut être accompagnée par le cd, qui contient douze pièces. Chacune d'entre elles est liée à son compositeur. Le livre nous offre donc une capsule "sur le cd" par compositeur, avec des informations sur la pièce que nous allons entendre. Une courte biographie du compositeur, des reproductions d'oeuvres, de partitions et de portraits complètent chaque page. Nous suivons donc le parcours de Vivaldi, Bach, Tartini, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Saint-Saëns, Tchaïkovski et Dvořák. À la toute fin, nous avons droit à un tour d'horizon des plus grands interprètes d'hier et d'aujourd'hui.
C'est un volume très intéressant pour quiconque souhaite s'initier au violon, en apprendre plus sur cet instrument et s'offrir également la musique. Le cd est de qualité et le choix des pièces, plutôt judicieux. J'aurais aimé retrouver plus de violonistes connus dans la section des interprètes (comme Angèle Dubeau par exemple), mais le livre se contente de survoler les biographies. C'est toutefois un très bel ouvrage, agréable à feuilleter pour s'initier. Il s'adresse aux jeunes et aux adultes.
04 octobre 2009
Sonate en fou mineur
Eloi Paré
Guy Saint-Jean éditeur
337 pages
Résumé:
Pascal est un compositeur doué, rongé par le désir de composer une sonate, un chef-d'oeuvre qui le propulsera au sommet de son art. Pour y parvenir, il occupe plusieurs petits boulots jusqu'à ce qu'il décroche un emploi de rêve : gardien de nuit à l'institut Saint-Martin, un hôpital psychiatrique. Là, dans le silence de la nuit, son inspiration pourra éclore sans entrave, croit-il ; il n'aura plus qu'à la laisser courir sur son piano le matin venu. C'est dans cet endroit étrange, où les couloirs résonnent de bruits lugubres et sinistres, qu'il fait la connaissance de Tristan, un jeune homme interné à cause d'une histoire sordide. Prisonnier de l'hôpital depuis sept ans, celui-ci tente de convaincre Pascal qu'il est sain d'esprit et qu'il doit à tout prix être libéré. Intrigué, le musicien-gardien se fait prendre au jeu des questions que Tristan lui impose. Et chaque nuit, Pascal alimente le jeune homme d'anecdotes banales, tranches de vie sans intérêt, qui pourtant captivent son auditeur. Ainsi s'installe une relation toute particulière où chacun devient indispensable à l'autre. Puis, les récits du gardien prennent une dimension insoupçonnée lorsqu'ils révèlent l'existence d'Agathe Dumas. Pascal devient alors bien malgré lui l'instigateur d'une relation épistolaire entre le patient et la jeune femme, chacun envoûté par l'existence de l'autre. Et c'est parmi tous ces méandres que le compositeur trouvera la « clé » de l'inspiration qu'il espérait tant, à un moment aussi surprenant qu'inattendu...
Mon commentaire:
Quel roman intrigant! L'histoire de Sonate en fou mineur est remplie de voies différentes à explorer au cours de notre lecture, voies qui nous mènent à différentes parties de la vie de Pascal. C'est un roman touffu, complexe et très bien écrit. Surtout qu'il s'agit d'un premier roman! C'est étonnant, puisqu'on a l'impression de se frotter à un écrivain qui n'en est pas à son premier livre. L'histoire est bien menée et parfaitement maîtrisée, même si on se demande souvent où l'auteur nous mène.
À partir d'une trame qui pourrait paraître assez mince (celle d'un compositeur en manque de composition), Eloi Paré mêle plusieurs intigues à son histoire pour nous offrir un roman qui attise la curiosité. Pascal trouve un emploi alimentaire dans une institution psychiatrique. Il y est gardien de nuit et la description du lieu de son travail (et des mesures de sécurité qui y sont employées) donne le frisson. Il découvre, en même temps que nous, ses étranges patients. Il fait aussi la connaissance de Tristan, avec qui il développe une amitié qui le conduira à composer sa musique.
Autour d'eux gravitent une foule de personnages, une fille qui écrit un roman, des familles étranges et complexes, une riche mélomane, une maison délabrée et toujours, le travail à l'institut. Il est difficile de raconter ce qui s'y passe, puisque les événements s'enchaînent et que c'est un roman à lire pour vraiment découvrir ce qu'il en est. Tout est dans l'atmosphère et l'imagination des personnages. Difficile de tout inclure dans un simple résumé.
Sonate en fou mineur a été une lecture très prenante. Pascal en vient à un moment à créer dans sa vie des événements à raconter à Tristan. Ces rebondissements attisent ce qu'il faut de curiosité pour tourner rapidement les pages et plonger littéralement dans cette histoire atypique. L'écriture est fluide. Le traitement du sujet est original. Et surtout, c'est un bon roman qui traite de la création, qu'elle soit reliée à la musique, à l'écriture ou à l'art. En espérant que ce premier roman ne soit pas le dernier, un auteur à surveiller et pour moi, une très très belle découverte!
06 juillet 2009
La langue de chez nous
Yves Duteil, illustré par Christine Adam
Nathan
20 pages
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Résumé:
Un air connu et des mots suberbes pour tous les jeunes autour du monde...
La langue de chez nous belle à qui sait la défendre...
Une chanson de Yves Duteil qui traversera le temps et des images pour peindre les rêves d'enfants.
Mon commentaire:
J'aime profondément la chanson magnifique de Yves Duteil sur la langue française. Cette musicalité des mots m'émeut aux larmes et fait vibrer en moi toutes sortes d'émotions. En collaboration avec l'illustratrice Christine Adam, Nathan a publié les mots de Duteil en album, il y a de cela plusieurs années. Ce livre est dans ma famille depuis toujours. Lorsque nous étions petits, ma mère en fredonnait la mélodie en nous offrant au fil des pages les merveilleuses illustrations qui l'accompagne. L'album est tout simplement splendide, avec des images à couper le souffle. On sent les paroles, le voyage de la langue jusque dans les illustrations. Les couleurs sont douces, agréables à l'oeil. Maintenant adulte, cet album est un petit bijou que je conserve précieusement dans ma bibliothèque. Il me rappelle de doux souvenirs d'enfance. Et la chanson de Duteil prend aujourd'hui toute son importance...
Un album incontournable. Un petit bijou à lire aux petits et à relire pour les adultes, qui apprécieront pour des raisons différentes... Magnifique!
Quelques extraits:
"C'est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre les trésors de richesses infinies
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie"
En complément:
Une vidéo de la chanson de Yves Duteil avec de belles images du pays.
28 mars 2009
La suppléante
Anne Bonhomme
Stanké
264 pages
Résumé:
Mathilde abandonnée par son amoureux, perd sa place dans le groupe rock dont elle faisait partie avec lui. Heureusement, une école a beaoin de ses services pour remplacer la prof de musique. Convaincue que ce changement de cap l’aidera à oublier son chagrin, Mathilde saute sur l’occasion. Elle met donc toute son energie à survivre dans cette jungle pédagogique où évoluent des personnages saugrenues aux habitudes particulières. Si elle les observe généralement avec humour, elle ne peut s’empêcher de grincer des dents chaque fois que le directeur lui annonce une nouvelle fonction en lui disant «Ça fait partie de ta tâche», ou lorqu’elle entend une enseignante tutoyer au pluriel: «Les amis, tu vas aller à ton cours de musique…» Pendant que Mathilde s’adapte à son nouveau travail et tente d’oublier ses frustrations, le destin lui met sous le nez la trahison dont elle est victime: son ancien groupe va lancer un album avec la musique qu’elle a composée! Révoltée, elle concocte avec sa meilleure amie un plan machiavelique: sa vengeance sera terrible! Mais si mathilde retrouve une certaine assurance face à ces plagiaires elle en manque totalement devant Paul, le séduisant –et marié-père d’un de ses élèves. Un amour impossible, est-ce vraiment ce qu’il lui faut?
Mon commentaire:
Coincée dans une sorte de jungle de paperasse et de règles à suivre, Mathilde vivra malgré toute une année riche en rebondissements. Ce roman se veut un clin d'oeil au système scolaire, tout en étant amusant par les situations parfois absurdes qu'il met en scène. Les jeunes enseignants devraient s'y retrouver, mais on peut très bien transposer le décor du roman, le système scolaire, dans n'importe quel système hiérarchique. Mathilde est sympathique, on se retrouve dans ses questionnements et son étonnement face à une jungle scolaire où il est difficile de se faire une place quand on n'est qu'une simple suppléante... Une lecture fort agréable et une auteure à surveiller! J'ai beaucoup aimé! C'est un petit roman frais et sympathique dans lequel on se laisse rapidement happer.
09 mars 2009
Le violoncelliste sourd
Francis Malka
Hurtubise HMH
195 pages
Résumé:
Un jeune violoncelliste ambitieux se brouille avec son maître. Un projecteur se détache du plafond lors d'un concert et le blesse à la tête. Une surdité soudaine met fin à une carrière prometteuse. Fin? Pas tout à fait...
Mon commentaire:
Second roman de l'auteur qui a été entre autre violoniste, ce roman ne pouvait que me plaire. J'aime définitivement l'écriture et la construction des romans de Francis Malka, qui sont originaux. Celui-ci raconte la vie d'un violoncelliste qui, lors d'un concert reçoit un projecteur sur la tête et devient sourd. Sa carrière est terminée. Cependant, le musicien retrouve peu à peu l'ouïe et suivant les conseils de son impresario, il cache son rétablissement au monde entier avant de relancer sa carrière. Le violoncelliste sourd connaît alors un succès inespéré et sera à la tête de la plus grande supercherie du monde musical. On s'en doute, le narrateur vivra de nombreux bouleversements, d'autant plus que son secret est très lourd à porter... Un roman captivant qu'on lit d'un trait, pour en connaître la fin! Comme toujours, Malka me laisse pantoise face à son talent de créer des intrigues assez spectaculaires. À découvrir, ainsi que son premier livre, Le jardinier de Monsieur Chaos, qui a été pour moi un véritable coup de coeur!
Un extrait:
"On peut berner tout le monde de temps en temps, et certaines personnes tout le temps, mais on ne peut pas berner tout le monde tout le temps." p.94
03 janvier 2009
Au son du violon
Cécile Gagnon, illustré par Bruce Roberts
Les 400 coups
54 pages
Résumé:
Comment Fifi Labranche, sollicité par les hommes du camp, fit danser non seulement les bûcherons, mais aussi les aurores boréales... Comment Arthur, le violoneux, réussit à sauver sa peau en jouant de son instrument devant deux grands loups affamés! Enfin comment Ti-Jean, grâce à son violon, réussit à faire sortir ses frères de prison et à épouser la princesse!
Mon commentaire:
Au son du violon est un album classé jeunesse, mais qui plaira aussi bien aux adultes. Illustrés par Bruce Roberts, qui utilise l'encre et l'aquarelle, et réunis par Cécile Gagnon, les contes de cet album de la collection Billochet ont tous pour thème le violon. Qu'est-ce qu'un billochet? C'est la bûche de bois réservée au conteur dans les camps de bûcherons. La collection Billochet regroupe nombre d'albums tirés de légendes ou de la tradition orale. Il s'agit d'une de mes collections favorites en matière d'albums. Souvent classés "jeunesse" ils offrent toutefois un monde merveilleux d'histoires de toutes sortes pour petits et grands et sont accessibles à tous. L'album Au son du violon quant à lui, regroupe trois contes:
Le violon ensorcelé de Louis Fréchette
Les "marionnettes" sont, en langue populaire, les aurores boréales, ces étranges lueurs qui apparaissent dans le ciel et que les bûcherons voyaient régulièrement dans le grand nord. Elles annoncent, dit-on, les grands froids ou le vent du nord. Au siècle dernier, on croyait que l'on pouvait faire danser les "marionnettes" en chantant, dansant ou en jouant du violon!
Le conte de Louis Fréchette se passe dans un camp de bûcherons. Les hommes s'ennuient et demandent à Fifi Labranche de jouer du violon. Les hommes dansent un moment, mais ce n'est pas suffisant au goût de Fifi. Un des bûcherons propose alors de faire danser... les "marionnettes". Car, comme La chasse-galerie d'Honoré Beaugrand, qui se frotte au diable et aux événements fantastiques risque de ne pas en sortir indemne...
Les loups n'aiment pas la musique est un conte issu du Périgord
Cette histoire a voyagé et a revêtue des habits québécois. Ce conte raconte la rencontre d'un musicien et de deux loups affamés qui lui volent les brioches qu'il destinait à sa famille. Grimpé dans un arbre pour échapper aux féroces animaux, le musicien fera par mégarde vibrer les cordes de son violon...
Un violon à la rescousse de Marius Barbeau
Ce conte est issu de la tradition orale et a été recueilli en 1915 dans la Beauce. Il s'agit d'une histoire classique de princesse à marier et de prétendants qui lui font la cour. Le roi veut quelqu'un a la hauteur de sa fille, qui saura lui tenir tête. Il emprisonne tous ceux qui ne correspondent pas à son choix. Jusqu'à ce que Ti-Jean se présente à son tour...
Ces contes sont intéressants à plusieurs points de vue, tant au niveau de la présentation de l'album, qu'aux notes de fin de pages et à l'accessibilité de l'ouvrage afin de faire découvrir des histoires de notre passé aux jeunes. Le conte de Louis Fréchette est mon préféré, puisqu'il se rapproche de La chasse-galerie que j'aime beaucoup. Il reste ancré dans la tradition québécoise des camps de bûcherons, des violoneux et des conteurs qui égayaient les soirées froides d'hiver, tout en offrant un langage imagé et coloré. Une jolie découverte que ce bel album regroupant trois contes d'ici.
Un extrait:
"Je n'ai jamais été un peureux, mes amis, mais là, en voyant ce qui se passait, j'ai pris mes jambes à mon cou et j'ai couru me cacher dans la cabane. Cinq minutes après, quatre hommes ramenaient Fifi sans connaissance. Il fut une journée sans parler et trois jours sans pouvoir lever sa hache. Toute cette semaine-là, il bougonna tout seul dans son coin, sans nous adresser la parole. On aurait dit qu'il avait le sac à sentiments viré à l'envers." p.18
06 décembre 2008
Casse-Noisette: la musique en images (piano facile)
Catherine Storr & Dianne Jackson
Éditions Van de Velde
32 pages
Résumé:
Casse-Noisette, c'est la magie de la fête, l'éclat des bougies, l'odeur du sucre d'orge et le mystère de la nuit. Cette belle histoire, avec ses mots qui dansent et ses illustrations qui émerveillent, a été réinventée pour faire briller des étoiles dans les yeux des enfants, grands et petits. Un album-partition pour apprendre à jouer la musique de ce ballet.
Mon commentaire:
Casse-Noisette est sûrement le ballet le plus connu et le plus apprécié par les petits comme les grands lorsque approche Noël. C'est un ballet abordable pour tous et un spectacle magique. Ce ballet a été présenté pour la première fois en décembre 1892, à St-Petersbourg. Il s'inspire de la version du Casse-noisette d'Alexandre Dumas d'un conte d'Hoffman. La musique avait été confiée à Tchaïkovski. Pour l'anecdote, ce dernier doutait un peu de la popularité qu'aurait cette histoire. S'il vivrait aujourd'hui, je crois qu'il n'en reviendrait tout simplement pas!
Ce livre de la collection La musique en images, reprend les grandes lignes de l'histoire de Clara et de son Casse-noisette. Il s'agit d'un album adapté pour les enfants. Mais ce qu'il y a de plus beau, c'est qu'entre les différentes scènes, les auteurs nous offrent la musique de Tchaïkovski qui y correspond, des portées claires, pour les jeunes pianistes qui souhaitent jouer la musique de ce célèbre ballet. Ce sont des extraits, naturellement, mais je trouve que c'est une très belle façon d'aborder une pièce célèbre. Dans la même collection, il existe également Le lac des cygnes et La Belle au bois dormant. Je loue l'initiative de ce bel album, aux dessins de pastel tout en douceur, car il existe peu de beaux livres de musique pour jeunes ou pour débutants, afin d'aborder les grandes pièces. Je trouve souvent moi-même, qui débute seulement en musique, plus facile d'aborder les choses avec des livres dits "pour enfants", qui sont régulièrement illustrés et bien expliqués, qu'avec ceux pour adultes qui m'apparaissent souvent bien hermétiques!
Si vous le pouvez, je vous suggère d'assister à une représentation de Casse-Noisette en salle. Ce ballet est un pur ravissement. La musique est splendide. Les costumes sont toujours à couper le souffle. Le décor est somptueux. La chorégraphie présentée par les Grands Ballets Canadiens a été créée en 1964 par Fernand Nault. C'est un spectacle inoubliable. Pour l'avoir vu il y a quelques années à la Place-des-Arts, j'en garde un souvenir magique! La Souris du jour offre également la chance à un enfant présent au conte avant la représentation, par tirage au sort, de monter sur scène et d'incarner une petite souris au premier acte du ballet. Une jolie façon d'offrir à un enfant une expérience inoubliable!
07 novembre 2008
Les variations Perlman
Brooks Hansen
Denoël & d'ailleurs
453 pages
Résumé:
Londres, 1906. Le psychiatre August Perlman - né dans la Moravie de Mahler, formé dans la Vienne de Freud, habitué des salles de concert et des maisons closes - s'apprête à assister à une soirée Sibelius, lorsqu'on lui amène une adolescente cataleptique. Souffrant d'un dédoublement de personnalité, la jeune fille - enfant hystérique ou prophétesse inspirée ? - semble possédée par l'esprit d'une aristocrate russe. Et l'hypnothérapie du très rationnel docteur Perlman reste sans effet. Mais n'est-il pas lui-même sous influence, mesmérisé par la séduisante poétesse Hélène Barrett ?
Mon commentaire:
Les variations Perlman est un étrange roman. Ai-je aimé? Je n'en suis pas certaine. Il faut savoir que Brooks Hansen est philosophe et mélomane. Comme ce roman. Comme ses personnages. L'auteur met en scène un personnage qui a déjà existé: August Perlman. Né en Moravie, Perlman qui n'était pas très bon pianiste, a abandonné cette voie pour devenir médecin, plus précisément spécialiste en thérapie suggestive. Autrement dit, hypnotiseur, dans un cadre médical. Au moment où commence le roman, Perlman a déjà une bonne réputation dans son domaine. La suite place donc Perlman en personnage de roman et nous offre huit jours de sa vie, une fiction plutôt étonnante. Nous sommes à Londres, en 1906. Perlman est un mélomane accomplit, qui se passionne pour la musique classique, les compositeurs, les pianistes, les pièces. Il collectionne, note et rêve d'écrire un jour un livre regroupant toutes ses notes sur la musique, qu'il consigne au fil des concerts auxquels il assiste. Alors qu'il se prépare à assister à une soirée Sibelius, un compositeur finlandais, l'hôpital où est en quelque sorte affiliée sa clinique privée, lui amène une patiente, Sylvie Blum. Endormie sous une forte dose de drogues qui lui a été donnée à son arrivée à l'hôpital, la jeune fille souffre de dédoublement de personnalité et a une phobie de l'eau, qui l'amène à ne plus boire, ne plus se laver. Elle souffre d'une sévère déshydratation. Perlman tente de l'hypnotiser, de venir à bout de sa seconde personnalité, "Nina", qui a une amie imaginaire, Ouna. Le lecteur est témoin des efforts de Perlman pour arriver à faire quelque chose avec la jeune fille et la sortir de l'emprise de tout un monde imaginaire. Entre ces séances, nous assistons Perlman qui assiste à des concerts de musique, à ses rencontres mondaines, sa passion pour les notes et pour un compositeur décédé relativement jeune, Alexandre Barrett. Un jour, Perlman rencontre la soeur de Barrett, Hélène, qui fait aussi la connaissance de "Nina". C'est à partir de cet instant que le récit devient difficile à résumer...
Il y a beaucoup de détours à la trame principale du roman. On élabore sur la vie, on parle musique et philosophie. Il y a donc plusieurs romans dans le roman. L'auteur extrapole sur les livres, sur des questions philosophiques et existentielles, sur le spiritisme, sur l'Atlantide, les mythes, la religion, les livres et surtout sur la musique, qui est là, toujours, en toile de fond. Certaines scènes sont délectables, principalement celles des concerts, de l'amour profond pour la culture et l'apprentissage qu'ont les personnages, pour l'élévation de l'esprit. Au fil des pages, "Nina", quant à elle, devient de plus en plus difficile à contrôler. Perlman perd peu à peu l'emprise qu'il avait sur sa patiente pour se perdre lui-même dans sa fascination pour Hélène Barrett. Car ce livre, même s'il est extrêmement touffu, fouillé, érudit, même difficile à aborder, demeure fascinant. Au même titre que "Nina" ou Hélène le font avec le docteur Perlman, l'auteur fascine et nous guide littéralement dans les méandres de l'esprit. On en ressort perplexe. Soucieux. Indécis. Mais certainement pas indemme.
Les variations Perlman est un roman étrange. Qui demande beaucoup au lecteur, puisqu'on peut perdre le fil, mais qui nous fascine tellement qu'on poursuit. Nous sommes très loin du texte linéaire. Il s'agit plutôt d'un roman à tiroirs, où il y aurait énormément de tiroirs. Il faut donc être prêt à s'accrocher si on choisit de lire ce roman. J'en ressors beaucoup plus fascinée que sous le charme. Cependant, après réflexion, je suis tout de même heureuse de cette lecture.
Un extrait:
"N'était-ce pas l'essence même du progrès humain? Faire face à ce qui se présentait d'abord sous un aspect chaotique pour, en appliquant l'esprit, parvenir à y démêler un sens." p. 57
23 septembre 2008
Les violons du roi
Jean Diwo
Folio
476 pages
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Résumé:
Voici le roman d'une poignée d'artisans de génie installés à Crémone, dont Antonio Stradivari, le plus grand luthier de tous les temps, qui achève de transformer le violon vulgaire et grinçant des ménétriers en instrument royal. Durant plus de soixante ans, l'atelier de Stradivari livre aux rois et aux princes des violons aux sons et aux vernis magiques, jamais égalés depuis.
Mon commentaire:
Nous sommes en Italie, plus précisément à Crémone, en 1660. Antonio Stradivari est apprenti chez Niccolo Amati. Il apprend l'art de la lutherie chez un des grands luthiers de son temps. Nous sommes témoins de son apprentissage comme luthier, avant de l'accompagner dans sa bottega où il installe son atelier, épouse une jeune femme qu'il aime depuis longtemps et fonde sa famille en même temps qu'il commence à créer les plus beaux violons de tous les temps, sous son nom latin: Stradivarius. Ce fabuleux roman mêle l'histoire de Stradivari à celui de la musique baroque italienne, de l'histoire des grands luthiers et de leur recherche de la perfection musicale, à celle des grands compositeurs comme Vivaldi. C'est un voyage fantastique à travers le temps et la musique que nous offre Jean Diwo. Roman magique, roman musical, roman historique, Les violons du roi nous parle de génies qui ont oeuvrés il y a de cela près de quatre siècles.
Des notes en bas de pages complètent l'information sur les violons dont on parle dans le récit, d'autres donnent des précisions sur tel compositeur ou telle période de l'histoire. J'aurais aimé que l'auteur nous livre dans un dossier à la fin, quelques informations complémentaires ou des notes sur ses recherches. Pas que ça manque réellement au roman, cependant pour ma curiosité personnelle et mon désir d'en savoir plus, c'est un ajout qui m'aurait beaucoup intéressée!
J'ai cependant trouvé sur internet, des informations très intéressantes sur Stradivari, sur le site Wikipedia.
De nombreux violonistes connus ont joués des stradivarius. Il n'y a qu'à penser à Yehudi Menuhin qui a joué sur le Milanollo, ou encore, plus près de nous, Angèle Dubeau, qui possède le Des Rosiers.
Un autre roman de Jean Diwo sur les violons, Moi, Milanollo, fils de Stradivarius, est paru il y a quelques mois. Je compte bien le lire bientôt!






